N/A : Rien ne nous appartient, à nouveau, sauf la fanfiction. Tout le reste est à Namco
Chapitre 7
Au moment de quitter la pièce, Yuan m'avait arrêté en me prenant le poignet. C'est avec surprise et incompréhension que je m'étais retourné pour y lire une solitude immense dans les yeux de mon ami. J'étais resté figé pendant quelques secondes, les yeux du policier créant un sentiment inconnu en moi. Un sentiment qui ressemblait à de la nostalgie et de la compassion, mais c'était aussi autre chose dont je n'arrivais pas à identifier.
Puis, je me rassis tranquillement près de lui, lui offrant ce qu'il désirait tant, l'observant alors qu'il détournait le regard. Je ne comprenais pas; pourquoi semblait-il si gêné de sa requête? Il était normal qu'il veuille de la compagnie, non?
Il m'affirma alors que je ne le dérangeais point et que jamais je ne le dérangerais. Ce qu'il ne saisissait pas, par contre, c'est qu'il n'était pas aisé pour moi de montrer ne serait-ce qu'une petite partie de mes émotions. J'étais tellement habitué de garder un masque d'impassibilité maintenant… Même si je voulais le retirer, sachant que je ne le dérangerais pas, je n'y arriverais pas. De toute façon, il m'offrait déjà beaucoup comme il le disait lui-même. Je ne pouvais certainement pas l'importuner avec plus et encore plus de mes problèmes!
Yuan me sortit de ma torpeur lorsqu'il jeta une partie de sa couverture sur moi. Je fixai la nouvelle source de chaleur un moment, stupéfait, ne sachant que dire. Encore une fois, il me donnait pour combler mes besoins. J'eus un léger sourire amer, mais il disparut rapidement. Je ne devais pas penser ainsi. Simplement le remercier et trouver la meilleure occasion pour lui rendre la pareille. J'avais effectivement eu froid jusqu'à maintenant, alors la couverture était la bienvenue. Autant bien l'utiliser dans ce cas.
Alors que nous parlions, il m'avoua qu'il ne se ferait jamais à la solitude et que, pourtant, il n'aimait pas aller vers les gens qu'il connaissait. Mais alors, pourquoi est-ce que ma compagnie semblait le tranquilliser ainsi? Ce point m'intriguait, mais je devais avouer que j'en étais touché. Est-ce que cela voulait dire qu'il me faisait plus confiance qu'à tous ses amis? Chose étrange puisque jusqu'à quelques jours, nous étions de parfaits étrangers.
Soudain, sa tête se retrouva alors sur mon épaule et je me raidis sous la stupéfaction et un peu d'inconfort. Qu'est-ce que…? Était-ce simplement la fatigue qui le faisait agir ainsi? Ou alors était-ce… Non, je ne voulais pas y penser. C'était complètement stupide, premièrement, et je n'avais pas le droit de penser à une telle chose alors que je venais à peine de dire adieu à ma femme.
Lorsque je posai mon regard sur Yuan, pourtant, je ne pus m'empêcher de sourire avec bienveillance et me caler plus confortablement dans le sofa. Il était si paisible! Il était clair que ma présence lui faisait du bien et je me rendis enfin compte que ce pouvait être une façon de le remercier. Alors doucement, alors qu'il était sur le point de s'endormir, je passai un bras autour de sa taille et le rapprochai de moi afin qu'il soit plus confortable. Je me surpris à agir ainsi, à être si doux. Après tout, je ne m'étais jamais conduit ainsi envers quelqu'un sauf Anna et Lloyd. Alors de le faire avec Yuan en ce moment même… étais-je en train de trahir ma femme? La pensée me fit grimacer et je me dis que je devrais sûrement le lâcher. Pourtant, je ne pouvais m'y résigner. Son visage si serein lorsqu'il dormait était suffisant pour faire fondre toutes mes inquiétudes. De toute façon, je ne faisais que le prendre ainsi pour le rassurer, simplement parce qu'il était un ami. Il n'y avait absolument aucune autre raison.
J'étouffai un bâillement et fouillai pour trouver la télécommande que je trouvai sur le bras du divan du côté de Yuan. Doucement, je m'y rendis en tentant de ne pas réveiller mon compagnon, puis fermai la télévision. Et enfin, dans le silence complet, je fus capable de m'endormir en gardant le policier contre moi, me sentant tout aussi rassuré d'avoir sa présence tout près.
Le lendemain matin, je me réveillai alors qu'un frisson me parcourait le dos. Une source de chaleur venait tout juste de me quitter et, bien que la couverture ait gardé une partie de cette chaleur, elle n'était pas suffisante. J'ouvris donc un œil, bientôt suivi du deuxième, et vit Yuan se diriger vers la cuisine. Sur le mur du salon où se trouvait la fenêtre étaient visibles quelques rayons de soleil qui s'infiltraient au-delà de l'épais rideau, me prouvant que c'était déjà le matin. Mon regard se tournant vers l'horloge, je vis qu'il n'était que 6h du matin et je grognai doucement. Je n'avais pas tant dormi et Yuan non plus d'ailleurs. Alors comment avait-il fait pour se lever si tôt?
Mais bon, malgré l'heure précoce, je devais tout de même me lever pour aller travailler. Déjà que j'avais réussi à obtenir un congé la journée précédente, je ne pouvais certainement pas me permettre plus ou Yggdrasil serait suspect envers moi.
Je m'étirai et grimaçai, mon corps complètement raqué. Dormir en position assise sur un divan ne me faisait pas. Je crois bien que s'il renouvelait l'expérience, je le guiderais vers le lit avant, sachant que nous pourrions y dormir sans crainte de se retrouver avec des courbatures le lendemain matin.
J'allai chercher mes vêtements et me changeai rapidement, puis me rendis par la suite à la cuisine où Yuan s'affairait déjà à préparer quelque chose de rapide. M'assoyant à la table, je l'observai faire distraitement. « Tu dois te rendre au poste de police ce matin? » Demandai-je alors. C'était la seule solution que je voyais pour qu'il se lève aussi tôt. Après tout, il ne retournait voir Rodyle que le lendemain. À la seule pensée de cet homme, je grimaçai. Je devais avouer que j'avais peur pour Yuan. Car non seulement Rodyle pouvait facilement se débarrasser de lui, autant pouvait-il profiter de lui et le prendre dans sa collection comme Yuan l'avait si bien mentionné la journée précédente. Je devrais faire attention à l'homme en face de moi, peut-être le faire suivre par quelqu'un de confiance qui m'avertirait si quelque chose lui arrivait. Et j'avais justement la personne en question en tête.
« Oui, les preuves ont été analysées, je vais donc aller voir ce que nous avons eu comme résultat. » Je fus retiré de mes pensées et me tournai vers lui légèrement avec choc. J'avais complètement oublié qu'ils avaient trouvé des preuves qui permettraient de trouver le principal assassin de ma famille. Et comment avais-je pu? Ce devait pourtant être ma priorité!
Je soupirai et hochai la tête. « Je vois. Si jamais je peux aider, fais-moi signe. » Dis-je avec sérieux. Je voulais trouver ce criminel et le faire payer autant qu'Yggdrasil. Je n'avais aucune idée de qui il aurait pu envoyer, mais j'espérais le savoir bientôt.
Yuan me sourit alors qu'il me tendait une assiette contenant deux toasts. « Bien sûr. » Il s'assit près de moi et se mit à mâchouiller sa propre toast, maintenant pensif. « Mais dis-moi, si jamais Anji n'a aucune idée de qui est ce Forcystus, n'y aurait-il pas quelqu'un à qui nous pourrions demander dans l'organisation sans en parler à Yggdrasil? Je ne voudrais pas parler de ça maintenant au cas où ce serait une fausse piste ou quelque chose de totalement inutile. » Dit-il alors avec renfrognement. Aussitôt, une personne me vint en tête. Enfin, personne… elle n'en était pas vraiment une, mais il le découvrirait plus tard. « Oui, il y a bien quelqu'un en fait. Passe au quartier général cet après-midi, je te la présenterai. Je t'attendrai devant ma chambre. » Il semblait étonné qu'il y ait effectivement quelqu'un qui pourrait peut-être l'aider, mais sembla tout aussi ravi. « Et qui est-ce? L'ai-je déjà croisée? » Demanda-t-il avec curiosité. Il fut un peu déçu quand je secouai la tête. « Elle se nomme Tabatha. C'est la secrétaire d'Yggdrasil. »
Il faillit s'étouffer avec son morceau de toast. « Je viens de te demander de voir quelqu'un autre qu'Yggdrasil! Et, personnellement, je compte sa secrétaire comme étant lui! » S'exclama-t-il, irrité. Je roulai les yeux vers le plafond devant son changement d'attitude soudain. « Ne t'inquiète pas. Tabatha est un peu… spéciale. Il n'y a pas vraiment de chance qu'elle le lui dise si on lui demande de ne pas le faire. Et puis, son bureau n'est pas si près de celui d'Yggdrasil. Disons qu'il… lui arrive de ne pas supporter de la regarder. » Expliquai-je et il me regarda avec confusion, maintenant intrigué. Cependant, je secouai la main comme pour chasser le sujet. « Je t'expliquerai une fois que tu l'auras vu. Tu comprendras mieux. » Et je le déçus à nouveau, bien que sa curiosité soit piquée à vif.
En fait, je tenais vraiment à ce qu'il rencontre Tabatha. Car Yuan m'avait dit que sa femme décédée se nommait Martel. Et Martel n'était certainement pas un nom courant. Alors si vraiment elle s'avérait être la femme que je pensais, je le saurais immédiatement une fois que Yuan verrait Tabatha.
Je terminai de manger mon déjeuner avant de me lever après avoir jeté un coup d'œil à l'horloge. « Bon, je vais y aller avant d'être en retard. Rejoins-moi cet après-midi à 1h, d'accord? » Et sans un mot de plus, je quittai rapidement l'appartement. Ce n'était pas que je fuyais l'endroit, loin de là, mais plutôt que j'avais quelqu'un que je voulais voir absolument. Et cette personne n'était habituellement au quartier général que très tôt le matin. Le reste du temps, elle se promenait souvent de quartier en quartier dans tout Osaka, devenant introuvable.
Lorsque j'arrivai à destination, je ne perdis pas de temps et me dirigeai vers l'endroit où je savais être sa chambre. Je ne pus empêcher une légère exclamation de soulagement avant de replacer mon masque lorsque je la vis justement refermer la porte derrière elle alors qu'elle sortait de sa chambre. Avec ses deux longues couettes roses sur chaque côté de sa tête, elle se tourna en m'entendant arriver et me fixa de ses yeux bleus quasi inexpressifs. Elle portait un simple complet noir un peu serré sur sa frêle taille d'une jeune fille de seize ans.
« Bonjour M. Aurion. » Me salua-t-elle d'une voix égale, comme si elle avait été créée mécaniquement sans aucune émotion dans le processus. Elle avait toujours été ainsi : ses émotions étaient plus rares que les miennes. Je crois que c'est le fait de vivre parmi les yakuza depuis enfant qui l'avait endurcie de cette façon. Après tout, elle était exactement comme moi : recueillie et forcée à travailler dans un tel endroit sans avoir son mot à dire. Elle avait gravi des échelons parmi les rangs elle aussi et avait atteint la confiance d'Yggdrasil, mais pas assez pour être tout près de lui comme Zelos et moi l'étions.
« Bonjour Presea. » Lui répondis-je avec un hochement de tête. « Tu as quelques minutes, dit moi? J'aurais à discuter avec toi, mais ce couloir contient certainement beaucoup trop d'oreilles indiscrètes. » Bien que mes paroles pouvaient sembler suspectes, j'agissais toujours ainsi avec les membres importants de notre 'famille'. C'était le meilleur moyen de parler des projets d'Yggdrasil sans être entendu par les moins hauts gradés et c'était le meilleur moyen de faire croire que je parlais toujours de tels projets. C'était cependant loin d'être le cas avec Presea. Car tous les deux, nous voulions sortir de cet endroit infâme pour reconstruire nos vies. En voyant que nous avions le même but, nous nous étions mis d'accord pour nous entraider. Elle avait donc obtenu toute ma confiance depuis quelques années déjà et moi la sienne.
Elle hocha la tête. « J'ai du temps. Votre bureau? » Demanda-t-elle alors qu'elle se dirigeait vers le côté opposé du couloir d'où j'étais arrivé. Je la suivis rapidement sans répondre. Je n'avais pas besoin de le faire. Nous étions tellement habitués de nous y réunir après tout. Nous arrivâmes rapidement, ne perdant pas de temps à parler en chemin. Nous n'étions pas du type bavard de toute façon.
Lorsque j'entrai dans la pièce, j'allai m'asseoir derrière le bureau proche de la fenêtre dont les rideaux étaient ouverts. Ce devait certainement être l'une des rares pièces qui semblaient moins sombres avec le soleil qui pénétrait à l'intérieur. Je ne pouvais pas dire que j'adorais cette pièce, mais je ne m'y sentais pas trop inconfortable non plus.
Presea s'assit en face de moi après avoir refermé la porte, m'observant, attendant que je prenne la parole. Ce que je fis sans délai. « J'aurais un service à te demander. » J'allai droit au but. « Tu as certainement entendu parler de Sano Nagano, le nouvel espion d'Yggdrasil? » Elle hocha la tête et je continuai. « Eh bien je suis inquiet pour lui. Comme première mission, Yggdrasil l'a envoyé voir Rodyle pour qu'il trouve des informations face à sa trahison. Et tu connais la fourberie de Rodyle : s'il ne se débarrasse pas de Sano, alors il tentera certainement d'en faire l'un de ses objets. » Elle hocha de nouveau la tête avant de me devancer dans mes paroles. « Compte tenu du fait que M. Nagano semble être un bel homme, les chances sont plus grandes que Rodyle veuille le prendre sous son aile de force. » Analysa-t-elle avec un visage complètement neutre.
Je soupirai. « Effectivement, et c'est ce qui m'inquiète. C'est donc là que mon service entrerait en jeu. Connaissant tes talents en infiltration tout en passant complètement inaperçue, j'aimerais que tu suives Sano et m'appeler si jamais il lui arrive quoi que ce soit. Il y retourne demain. Serait-ce possible? » J'étais beaucoup trop inquiet pour laisser Yuan aller là-bas seul. Il ne connaissait pas Rodyle comme Yggdrasil et moi le connaissions et il pouvait lui arriver tant d'horreurs. Je ne pus empêcher un bref frisson avant de reporter mon attention sur l'adolescente.
« Je peux m'arranger. » Déclara-t-elle alors en sortant un petit agenda d'une poche à l'intérieur de son veston pour y écrire à l'intérieur. « Cependant, j'aimerais savoir pourquoi vous tenez tant à protéger cet homme. N'est-il pas exactement comme Magnius, Pronyma et tous les autres espions qu'Yggdrasil a eus? »
Comme eux? L'envie d'éclater d'un rire jaune se fit présente, mais je me retins. Il était loin d'être comme eux, que ce soit au niveau du travail ou du comportement. Yuan était tout simplement beaucoup trop innocent dans toute cette histoire. Ce pour quoi j'étais toujours aussi amer qu'il ait décidé de s'infiltrer. Ce monde était certain de souiller cette pureté que j'aurais de loin préféré garder intacte. « Non. Il est comme nous. » Répondis-je plus bas cette fois, au cas où quelqu'un écouterait au-delà de la porte. Les chances étaient minces, mais on ne sait jamais.
Ma réponse arracha un mince sourire à la jeune fille et elle se releva. « Je vois. Dans ce cas, je vais m'occuper de lui sans problèmes. » Son sourire disparut aussi vite qu'il était venu et elle s'inclina devant moi. « Je vous souhaite une bonne journée, M. Auri – » Elle fut aussitôt coupée par une porte qui s'ouvrait et par un jeune homme aux cheveux orangés qui entrait dans la pièce. Il arborait un de ses charmants sourires aux lèvres alors qu'il toisait Presea. « Oh, bonjour ma beauté! J'ignorais que tu te trouvais ici! » Susurra-t-il gentiment. Cependant, la beauté en question l'ignora complètement. Elle me souhaita au revoir pour de bon cette fois et quitta le bureau sans un regard pour Zelos. Ce dernier eut un soupir las et baissa la tête comme un chien piteux. « Quelle froideur. » Se plaignit-il dramatiquement, une main sur son front.
Il m'agaçait fortement.
« Je croyais t'avoir déjà dit de cogner avant d'entrer, Zelos. » Grognai-je avec une pointe de découragement. Mais en mon for intérieur, j'étais irrité et, surtout, effrayé. Avait-il tout entendu? Après tout, il était entré tout juste au moment où nous finissions notre conversation, Presea et moi. Et cette conversation pouvait sembler louche pour quelqu'un qui écoutait de l'extérieur.
Mais en voyant son regard meurtrier face à mon commentaire, je constatai avec soulagement que ce n'était pas le cas. Si vraiment il avait tout entendu, il m'aurait regardé avec un sourire moqueur pour me provoquer. Il serait aussi parti dans les plus brefs délais pour en parler à Yggdrasil.
« Eh bien veuillez me pardonner, ô grand Kratos! » Déclara-t-il avec sarcasme en roulant les yeux vers le plafond. « Cependant, j'apporte des nouvelles importantes de la part d'Yggdrasil, je n'en voyais donc pas l'utilité. » Il m'observa d'un air hautain en rejetant une mèche de cheveux rouges vers l'arrière d'un mouvement sec.
« Je te ferai remarquer que ce que je te demande n'est que la politesse, ô imbécile! De plus, dois-je te rappeler que tu es mon subordonné? Alors, tu me dois automatiquement cette politesse. » Lui rappelai-je non sans un mince sourire moqueur, ce qui me valut un nouveau regard meurtrier. « Pourquoi est-ce que tu dois tenir les rôles du Saiko-komon et du Waka-gashira?! Yggdrasil ne pourrait-il pas au moins m'en laisser un? Pourquoi te fait-il plus confiance à toi qu'à moi? Je ne l'ai pas trahi, moi, au moins! »
Alors qu'il se plaignait, je venais d'ouvrir mon ordinateur pour commencer à travailler.
J'avais effectivement les deux postes que Zelos venait tout juste de nommer. Alors non seulement je m'occupais de tout ce qui s'appelait finances, comptabilité, business, mais en plus de cela, je m'occupais des meilleurs assassins de notre 'famille'. Il était clair que puisque j'avais passé mon enfance avec Yggdrasil, j'étais l'homme en lequel il avait le plus confiance. Et le Saiko-komon avait toujours l'oreille du 'père' de la famille. Je m'étais donc vu attribuer le rôle.
Cependant, Yggdrasil avait dû croire que je m'ennuierais à simplement faire de la comptabilité et à n'avoir aucun pouvoir sur les hommes, si l'on puisse dire ainsi, puisqu'il m'avait accordé le poste de Waka-gashira, sachant pertinemment que j'avais fait mes preuves depuis fort longtemps. Le Saiko-komon tire les ficelles, mais ne donne pas les ordres. Le Waka-gashira, quant à lui, a les pouvoirs sur les hommes les plus forts de la maison. J'avais donc écopé des deux à mon plus grand regret.
« Nous avons déjà eu ce genre de conversation et ce n'est pas à moi de te répondre. Si Mithos tient à ce que tu gardes ce poste, alors restes-y sans rechigner. Tu dois déjà t'avérer chanceux d'avoir un si haut grade. » Lui rappelai-je avec des yeux sombres avant de les retourner vers mon écran. Je savais que je le provoquais et que je le mettais en colère, mais je ne portais pas Zelos dans mon cœur non plus. Alors pourquoi devrais-je faire des efforts pour lui? « Et je ne vois pas de quoi tu parles, je n'ai jamais trahi Mithos. » Je savais pertinemment de ce qu'il parlait, mais je préférais agir comme si je n'en avais aucune idée. Une main sur la souris d'ordinateur, je venais d'ouvrir les rapports financiers, avec toutes les commandes d'armes qui venaient d'entrer, et je les faisais défiler, les observant vaguement.
L'adolescent venait de se pencher sur mon bureau, m'observant avec un énorme sourire narquois, les yeux brillants avec malveillance. Les deux mains sur le meuble en bois, il reprit la parole, « Une jolie dame aux fins cheveux noisettes dont les yeux devaient certainement pétiller d'un petit quelque chose qui ferait fondre n'importe qui. Elle ressemblait à une vraie déesse! » Entama-t-il en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Je fus surpris qu'il ne se mette pas à l'insulter comme Yggdrasil l'avait fait, mais c'était de Zelos que l'on parlait ici. Après tout, il était un vrai coureur de jupons. Et pourtant, même s'il parlait d'elle en bien, il m'irritait. « J'ignore comment elle a pu terminer avec quelqu'un comme toi. » S'exclama-t-il avec dédain et je me retins de tiquer. « Elle aurait pu trouver beaucoup mieux! Il lui aurait fallu un Dieu, un Apollon, quelqu'un comme moi! » Avait-il oublié la différence d'âge? « Mais moi, au moins, je l'aurais refusé. Car je ne trahis pas Yggdrasil! » Il m'agaçait sérieusement. « Mais toi, toi! Non seulement tu t'es amouraché de quelqu'un, bien qu'elle soit une véritable déesse, tu as même eu un petit monstre. » Ses derniers mots avaient été prononcés avec dégoût. « Comment as-tu pu oser faire faire une telle chose au corps si frêle de cette déesse? » J'en avais plus qu'assez! S'il continuait à parler ainsi de mon enfant, je savais qu'il se retrouverait en dehors de ce bureau avec son si beau visage plus qu'amoché!
« Je ne vois pas de quoi tu parles. » Je me surpris encore une fois de mon calme et mon indifférence à ces mots. Je me sentais coupable d'ailleurs, car je devrais défendre Lloyd. Mais si je le faisais, Zelos aurait ce qu'il voulait.
Ce dernier fronça les sourcils face à mon manque de réaction et il fit une moue déçue. Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais je le coupai. « Et Yggdrasil t'a envoyé ici pour me confier quelque chose. Si tu traînes, il sera furieux. » Cela sembla faire son effet puisque l'adolescent se redressa après être revenu à un état sérieux. Enfin… le plus sérieux que Zelos pouvait être.
« Yggdrasil a des raisons de croire que Dorr est en train de nous trahir. Apparemment, le fait que nous pourrions avoir les médicaments pour sa femme s'il travaille pour nous ne suffit plus comme raison. » Je haussai un sourcil et tournai mon regard vers Zelos. « Le ministre des Relations internationales? » Eh bien, ce n'était pas si surprenant. Bien que ce ministre soit un véritable trouillard, son homme de main était quelqu'un de bon. Il avait dû réussir à le convaincre que ce qu'il entreprenait n'était pas la chose à faire.
Zelos acquiesça à ma question en roulant des yeux. « Oui. Yggdrasil pense qu'il serait temps de s'en débarrasser. » Je grimaçai intérieurement. Je devrais encore tuer quelqu'un. Mes mains étaient déjà très sales, mais je n'aimais quand même pas les salir encore plus.
Je soupirai en regardant de nouveau mon écran d'ordinateur. « Très bien, j'enverrai quelqu'un. Ce devrait être fait d'ici quelques jours. » Comment… comment pouvais-je être si froid devant un assassinat qui allait se produire? Comment pouvais-je causer un assassinat, même!?
« Mouais, je n'en doute pas. » Maugréa le jeune homme tandis qu'il me toisait d'un regard hautain que j'ignorai. Ce fut après une expression d'agacement qu'il quitta enfin la pièce sans un mot de plus. Une fois qu'il fut sorti, mon visage devint las et je l'enfouis dans mes mains. Comme j'avais hâte que Yuan trouve toutes les preuves nécessaires pour qu'Yggdrasil soit enfin mis sous les barreaux! J'en avais assez! Assez de devoir prendre la vie de gens innocents parce qu'ils n'étaient plus utiles à Yggdrasil, assez d'être un meurtrier sans merci! Je voulais une vie normale, qu'une simple vie… Mais ça n'arriverait jamais, n'est-ce pas?
Je regardai de nouveau les rapports financiers, soupirai longuement, puis les fit imprimer avant de les placer sur le coin de mon bureau pour pouvoir les donner plus tard à mon supérieur. Puis je quittai mon bureau pour partir à la recherche d'un de mes hommes de main afin qu'il se mette à la tâche. J'avertirais Yuan plus tard lorsque nous serions de retour chez lui. Peut-être qu'il pourrait demander à quelques-uns de ses collègues d'aller protéger le ministre et qu'il survivrait.
Le dos accoté au cadre de porte derrière moi, mes yeux voyageaient de gauche à droite, surveillant de quel côté Yuan arriverait. Je me demandais d'ailleurs comment ça s'était passé au poste de police. Est-ce que les preuves seraient suffisantes pour trouver le meurtrier? Ou pour au moins donner une bonne piste? Malheureusement, je savais pertinemment que je ne pourrais lui demander une fois qu'il arriverait. C'était loin d'être l'endroit pour en parler.
L'officier arriva enfin en m'envoyant la main et en me souriant gentiment. Je me remis sur pieds en équilibre avant d'aller le rejoindre. Je n'osais même pas lui demander si tout s'était bien passé le matin même, de peur de m'échapper. « Alors, Anji a-t-il pu t'aider? » J'allai droit au but, ne voyant pas la peine de faire la conversation avec 'un petit nouveau '. Mes mots eurent leur effet et un air renfrogné se peignit sur son visage. « Non. » Grogna-t-il tout bas, soudainement de mauvaise humeur. C'est donc qu'il l'avait appelé et avait essayé d'en savoir plus sur ce Forcystus. D'ailleurs, cet homme m'intriguait moi aussi. Qui donc pouvait-il être pour que je n'aie aucune idée de qui il s'agisse? Pour que Rodyle le passe avant Yuan, qui était le subordonné d'Anji après tout, c'était qu'il devait nécessairement être important. Et s'il était important, il était étrange que je n'en aie pas entendu parler, car je connaissais toutes les personnes qu'Yggdrasil connaissait. Cela voulait donc dire qu'Yggdrasil n'aurait pas plus d'idée sur qui était ce personnage.
Vraiment étrange…
Je lui tapotai l'épaule pour le réconforter. « Très bien, allons voir Tabatha dans ce cas. » Et sans un mot de plus, je me dirigeai vers le bureau de la secrétaire d'Yggdrasil. Je constatai que la porte était déjà ouverte et je pénétrai la pièce en même temps que Yuan, lui jetant un bref coup d'œil pour voir quelle serait sa réaction après avoir fermé la porte.
Devant nous, assise derrière le bureau de bois franc, ce qui ressemblait à une jeune femme tapait sur le clavier de son ordinateur, ses yeux vers rivés sur l'écran. Ses longs cheveux vert pomme, assemblés en une tresse, tombaient jusqu'au bas de son dos. Elle portait un chapeau tout le long de sa tête, ne révélant que le toupet carré sur son front dont deux mèches plus longues cachaient ses oreilles. Ses vêtements se consistaient d'une simple robe courte dont le col blanc aux bordures noires se rattachait au reste du vêtement noir. Sur la jupe étaient visibles deux lignes vertes qui étaient cachées par le bureau. Cependant, bien qu'elle ressemble à une véritable femme, la secrétaire avait quelque chose qui semblait inhumain. Peut-être était-ce le mouvement mécanique de son corps, le manque de réaction lorsqu'ils étaient entrés, ou alors un certain manque de lueur dans ses yeux.
Yuan stoppa net en la voyant, ses yeux s'écarquillant de stupeur, mais surtout d'horreur. Et je compris aussitôt que mes suspicions avaient été exactes. « M – » Commença-t-il, mais je le coupai en m'avançant vers la jeune femme.
« Voici Tabatha, la secrétaire d'Yggdrasil. Comme tu peux le constater, elle ressemble à une femme, mais il y a quelque chose qui cloche. C'est parce qu'elle est un robot. Elle a été créée par Altessa, un scientifique qui travaille pour notre supérieur. » Yuan me regardait maintenant avec une véritable confusion et je comprenais parfaitement la question présente dans ses yeux. Comment est-ce qu'un robot avait pu être créé à l'image même de sa femme? Il observa de nouveau l'androïde qui n'avait aucunement bougé de sa position première. « Mais c'est Mar – » Commença-t-il de nouveau, mais je fronçai les sourcils et le coupai. « Ne prononce pas son nom! » M'exclamai-je durement et il figea sur place. Je soupirai et plaçai mes mains sur le bureau derrière moi, m'y accotant. « Sano… je n'ai qu'une question pour toi. Le nom de famille de ta femme, était-ce Kimura? » Ses sourcils froncèrent et sa confusion grandit. « Comment le sais-tu? » Après tout, il ne me l'avait jamais mentionné.
Je soupirai de nouveau. Et voilà, j'avais la dernière confirmation qu'il me fallait. « Kimura était le nom de famille de la mère d'Yggdrasil. Et non seulement elle avait un fils, mais elle avait aussi une fille, Martel Yggdrasil. » Le visage de Yuan se décomposa lorsqu'il comprit la gravité de mes mots. « Un jour, cependant, elle a décidé de quitter son mari pour quitter ce monde de fou et a amené sa fille avec elle. Elle n'aimait pas son fils, alors elle l'a laissé vivre dans ce monde en l'y abandonnant, malgré les protestations de sa fille. C'est donc pourquoi Martel Yggdrasil est devenue Martel Kimura et que tu n'as jamais été au courant de rien. » Je tournai la tête vers Tabatha qui n'avait toujours pas quitté son travail des yeux. « J'ai grandi avec Yggdrasil et sa sœur, c'est pourquoi j'ai eu des doutes lorsque tu avais prononcé le prénom de ta femme et pourquoi je t'ai amené voir Tabatha. Car Tabatha a été créée dans le but de remplacer la sœur d'Yggdrasil. Malheureusement, bien qu'elle ait une sorte de conscience, elle reste un androïde et ne sera jamais sa sœur. Il arrive donc à Yggdrasil de ne pas supporter de la voir, ce pour quoi son bureau est si éloigné. Ainsi, il ne peut pas la détruire sous un excès de colère. » Un sentiment de nostalgie s'empara de moi alors que je me rappelais des jours où j'avais grandi avec Mithos et Martel. Ces jours où je pouvais vivre paisiblement me manquaient.
Yuan s'avança à mes côtés, détaillant l'androïde devant lui. Je savais qu'il était troublé; après tout, il avait la réplique exacte de son épouse devant lui. S'il y avait eu une réplique d'Anna devant moi, j'aurais eu le même genre de réaction. « Je comprends maintenant. » Entama-t-il alors tout bas. « Elle me parlait souvent de son petit frère, un garçon mignon qu'elle adorait. Elle m'avait dit qu'elle ne pouvait cependant plus jamais le revoir et elle ne m'avait jamais mentionné son nom. Chaque fois que je le lui demandais, elle évitait le sujet. Tout est clair maintenant. » Il eut un léger rire sans joie et je plaçai une main réconfortante sur son épaule. « Tu sais donc à présent que ce nom est tabou dans un tel endroit. Si jamais Yggdrasil devait apprendre que tu as été son époux, tu ne t'en sortirais pas indemne. » Yuan devait trouver étrange que je dise ces mots alors que je venais tout juste de parler de tout avec le risque de m'être fait entendre. Cependant, personne ne passait dans ces couloirs. Yggdrasil avait interdis à toute la famille d'y passer, car il ne voulait pas faire connaître ce précieux androïde, pas même à Zelos. J'étais le seul qui pouvait venir ici avec Yggdrasil et si vraiment il nous avait entendus, il se serait déjà montré depuis plusieurs minutes. De toute façon, aux dernières nouvelles, il était dans une passe où voir Tabatha le mettait dans une colère noire. Je doutais donc qu'il vienne la voir aujourd'hui. C'était donc un endroit sécuritaire pour parler.
« Bon, Tabatha? »
La jeune femme releva enfin la tête vers moi et me regarda avec un sourire charmant. Pauvre Zelos, je suis certain qu'il serait jaloux de moi parce qu'il ne pouvait pas la rencontrer alors que je le pouvais. « Oui, M. Aurion, que puis-je faire pour vous? » Demanda-t-elle d'une voix qui semblait totalement humaine. Je devais avouer qu'Altessa l'avait très bien réussie. Si on lui jetait un simple coup d'œil, on avait vraiment l'impression qu'elle était humaine. Il fallait vraiment le savoir qu'elle n'était qu'une machine. « J'aurais besoin que tu cherches pour moi un homme du nom de Forcystus. Vérifie si tu as son nom quelque part dans les données, que ce soit des fournisseurs, acheteurs ou simples clients. Ne te limite pas au Japon, vérifie un peu plus loin dans l'Asie de l'Est. » Elle acquiesça et, soudainement, ses yeux qui semblaient au moins vivants devinrent sans vie. Des bruits de chargements se firent entendre et des données défilèrent dans ses yeux. Maintenant, elle ressemblait à un véritable androïde.
Je savais qu'elle cherchait premièrement dans les données les plus importantes que l'on gardait dans son propre disque dur. Comme ça, si Forcystus était connu de notre famille et quelqu'un de vraiment important, elle saurait le trouver.
Il se passa quelques minutes avant qu'elle ne revienne à nous. « Je suis désolée, je n'ai personne du nom de Forcystus dans mes données. Je vais vérifier sur l'ordinateur, un instant. » Et aussitôt dit, aussitôt fait : ses mains tapaient sur les touches du clavier à une vitesse phénoménale. Elle fit le tour de ses dossiers avant de s'arrêter définitivement et de secouer la tête. « Non, je n'ai vraiment rien. Veuillez m'excuser, M. Aurion. » Yuan soupira avec défaite, déçu qu'elle n'ait rien du tout sur cet homme elle non plus. « Tant pis, je me débrouillerai. » Maugréa-t-il.
« Merci beaucoup, Tabatha. Maintenant, je veux qu'une fois que nous serons sortis d'ici, tu détruises les données de ce qui s'est passé ici depuis notre entrée dans le bureau, me suis-je bien fait comprendre? » En faisant ainsi, Tabatha ne se souviendrait pas de nous avoir vus, ni d'avoir cherché des données sur ce Forcystus.
Elle acquiesça et, satisfait, je me retournai pour me diriger vers la porte et quitter la pièce avec Yuan derrière moi.
Tandis que nous longions le couloir, je fis part à Yuan d'une règle importante, « Ne parle à personne de ce que tu as vu aujourd'hui, suis-je clair? Personne à part Yggdrasil, Altessa et moi n'a le droit de rencontrer Tabatha. Encore une fois, si Yggdrasil apprend que tu l'as vu, tu peux dire adieu à ta vie et moi, la mienne. » Le policier hocha la tête avec sérieux sans un mot. Ce silence resta entre nous deux tandis que nous marchions dans les couloirs du quartier général et il dura jusqu'à ce que nous arrivions à mon bureau. Je m'assis derrière le meuble de bois, prêt à retourner à mon travail, tandis que Yuan regardait l'heure. Par contre, avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, Yggdrasil pénétra la pièce. « Kratos, te voilà, je te cherchais. » Il s'arrêta lorsqu'il aperçut Yuan et ses yeux se plissèrent de façon malveillante. Aussitôt, Yuan figea à moitié de façon inconfortable, bien que son regard reste déterminé. Il ne voulait pas avoir honte d'être dans le bureau d'un de ses supérieurs et il était hors de question qu'il se soumette gentiment à son supérieur. Enfin… c'est ce que je croyais lire en lui.
L'expression amère d'Yggdrasil se transforma alors pour un sourire malveillant. « Hmm… Sano, c'est bien cela? Mais que fais-tu donc ici? Ne me dis pas que tu es venu demander de l'aide à Kratos! T'aurais-je finalement donné une tâche trop difficile? » Susurra-t-il avec moquerie. « Fais attention, ce n'est pas ce que j'attends de toi! » Il gloussa tout bas, gloussa méchamment. Aussitôt, le corps de Yuan se tendit, mais avec détermination cette fois, et son regard se mit à briller de mille feux. « Ce n'est pas du tout le cas, Seigneur Yggdrasil. Je n'avais besoin que des informations sur les autres endroits que Rodyle occupe et puisqu'Anji était occupé en ce moment même, je suis venu voir M. Aurion. Je n'étais pas pour vous déranger pour si peu, après tout. » Je devais avouer qu'il s'était bien rattrapé là-dessus. Yggdrasil laissa échapper un 'Hmph ' dédaigneux, déçu par le manque de réaction, avant de se retourner vers moi, ignorant maintenant complètement la source d'ennui. « Kratos, n'oublie pas que nous allons à Kyoto cette fin de semaine et que nous partons ce soir. » Je ne fis que hocher la tête. « Je t'attendrai à mon bureau vers 7h, sois-y sans faute. »
Une fois Yggdrasil partit, je grognai. J'avais complètement oublié que nous partions pour Kyoto. Avec tous les événements qui s'étaient bousculés les derniers jours, ce voyage avait été le moindre de mes soucis. Mais maintenant qu'il revenait me frapper de plein fouet, l'idée de passer une fin de semaine seul avec Yggdrasil ne m'enchantait guère.
Yuan s'avança près de mon bureau, les sourcils froncés. « Tu ne m'avais pas dit que tu partais toute la fin de semaine. » Me reprocha-t-il avec quelque chose dans la voix comme… de la déception? Ou alors de la colère? Je crois qu'il y avait aussi de l'inquiétude…
Je secouai ma tête pour chasser de telles pensées et fixai mon attention sur Yuan. « J'avais oublié. » Fut ma seule réponse. Je toisai l'horloge sur le mur et me rendis compte qu'il était déjà 5h30. Je n'avais plus beaucoup de temps pour aller préparer mes affaires. Malheureusement, cela voulait dire que je n'aurais pas le temps de lui parler de Dorr. Tant pis, je lui enverrais un courriel et détruirai toutes les traces par la suite « Bon, j'ai quelques petites précisions à t'apporter sur ton travail et, comme je n'ai pas le temps de t'expliquer maintenant, je t'enverrai un courriel ce soir. Vérifie-les ce soir, suis-je clair? » Surpris, il acquiesça, se demandant quel genre de précision je pouvais apporter. Il le verrait s'il le lisait ce soir, et j'espérais qu'il agirait vite. Je ne voulais pas d'une autre mort sur les épaules. « Je dois y aller maintenant. Je devrais être de retour dimanche après-midi. D'ici là, sois prudent avec Rodyle, je t'en prie. » Déclarai-je avec des yeux durs. Je ne voulais pas qu'il fasse de folies non plus. Qui sait ce qui pouvait arriver?
Il leva les yeux au ciel avant d'acquiescer. « Oui, oui, ne t'inquiète pas. Mais… » Il s'arrêta un instant, regarda dans la direction par laquelle Yggdrasil était parti. « Toi aussi, sois prudent. » À voir son regard légèrement inquiet, je sus aussitôt que je n'étais pas le seul qui avait remarqué les regards étranges que me lançait notre supérieur. Je soupirai. « Oui, je ferai mon possible. » Grommelai-je. Disons qu'être prudent face à Rodyle était dix fois plus facile que d'être prudent face à Yggdrasil.
Je quittai finalement mon bureau, le barrai derrière moi une fois que Yuan fut sorti, puis me dirigeai vers ma chambre après un dernier au revoir.
Cette fin de semaine s'annonçait un véritable cauchemar.
N/A : Eh bien, j'espère que tout va bien aller pour Kratos durant ce weekend *sourit méchemment* Nah, je rigole. Mais vous allez quand même devoir attendre deux chapitres pour voir ce qui va lui arriver!
Mais sérieusement, j'espère que vous avez aimé ce chapitre malgré le fait qu'il était très technique. Surtout avec les rangs des yakuza et tout le tralala. Aussi, ce n'est peut-être pas exact comme informations, mais j'ai fait ce que j'ai pu. Ce n'est qu'une fanfiction, je ne voulais pas me mettre à chercher profondément pour avoir tout correctement xD En espérant que vous me pardonniez.
Merci encore à nos chères revieweuses (oui, j'invente des mots, et alors xD) très fidèles, vous ne savez pas à quel point on vous adore! Et merci aussi à tous ceux qui lisent et qui aiment!
Attendez le chapitre de Little Rosebud avec impatience, et à la prochaine!
