Disclamer : Harry Potter appartient à JKR , mais cette histoire est à moi.

Correction chapitre : AnitaBlake93100


RAR :

Alisa-kun : Merci pour ton com.

Adenoide : Merci pour ton com. Nom la mère d'Harry n'était pas une Drow dans cette version. Sinon, il n'y a pas à s'inquiéter pour Lucius, il est en sécurité pour l'instant. Dans certaine fics, les Malfoy me font penser à un ancien ami à moi. Ce mec prenait tellement soin de lui que j'avais parfois l'impression que c'était lui la fille et moi rien d'autre qu'une souillon face à lui. C'était rageant, surtout quand il me sortait son : non, je ne suis pas gay, je suis un Métrosexuel ! Je crois que j'ai voulu me venger de lui à travers Lucius. Bref, sinon, pour Dumbledore, on va en apprendre un peu plus sur ce qu'est l'esprit dans le chapitre 11.

Lysa Sucre : Merci pour ton com. Alors, tu vas en apprendre un début de réponse sur ce chapitre.


Chapitre 6

Quand Harry comprit que Dumbledore avait annoncé sa mort à tout Poudlard, quelque chose se brisa dans son esprit. Il fut alors pris d'une douleur effroyable qui se rependit dans tout son corps comme une trainée de poudre lui broyant les entrailles. Cela le plia en deux, alors qu'un tourbillon venu d'on ne sais où, vint s'abattre sur lui, l'écartant de son père et du Lord noir.

Harry sentit tous les os de son corps se briser avant de se réassembler d'une façon différente. La douleur fut tellement forte, que le jeune homme pensa perdre l'esprit. En plus de la douleur produit par la brisure de ses os, sa tête n'avait pas arrêté une seule seconde de le faire souffrir. C'était intolérable. Inhumain. Harry n'avait pas souvenir d'avoir autant souffert lorsqu'il était aux mains du cercle de barbares qui l'avait acheté à son oncle. Non ! Rien n'était comparable à ce qu'il était en train d'éprouver. Absolument rien. L'adolescent ne savait pas depuis combien de temps son calvaire avait commencé, mais à un moment donné, il entendre une voix venant du fin fond de sa tête lui demander s'il était assez fort pour prétendre au statut de Drow.

Harry ne savait pas ce qu'était un Drow, cependant une chose était claire : il ne voulait pas mourir. Et d'après l'intonation de la voix, c'est ce qui risquait de lui arriver s'il n'était pas suffisamment fort pour en devenir un. Donc, quoi que soit un Drow, il devait tout faire pour en devenir un. Voilà pourquoi il répondit avec assurance à la voix venant du fond de son esprit : "Je le suis ! ". Après cette déclaration, le sorcier se retrouva dans un paysage grisâtre où il n'y avait ni bruit, ni végétation, ni âme qui vive.

Quelques secondes après son apparition sur ces lieux étranges, les contours d'une ombre se dessinèrent devant lui. Petit à petit, elle prit la forme d'un jeune homme, mais pas n'importe qui. L'apparition était sa réplique parfaite, si ce n'est que ses yeux étaient d'un blanc neigeux.

Le clone d'Harry le regarda avec de la convoitise dans les yeux. Il avait un air prédateur sur le visage. Tout en s'approchant d'Harry, il étira ses lèvres en un sourire de rapace. Harry fit inconsciemment un pas en arrière. En réponse, son sosie stoppa sa marche et fixa intensément Harry dans les yeux.

« As-tu peur de moi, fils de Eressëa Fëanturi ? » Lui demanda l'apparition. « Certainement pas ! » Lui rétorqua Harry en faisant un pas en avant pour bien le lui montrer. « Bien. Alors, dans ce cas, prépare-toi à défendre ta vie. »

Et sans laisser le temps à Harry de comprendre ce que cela voulait dire, sa réplique lui sauta dessus en poussant un cri de guerre. Au beau milieu de son saut, une épée très simple et fine apparut dans sa main droite. Il brandit l'arme en direction du sorcier avec l'intention évidente de le blesser ou même de le tuer.

Ce fut par simple réflexe qu'Harry évita l'attaque in extremis. Son instinct de survie le poussa à se laisser tomber à terre et à rouler sur le sol pour échapper à son assaillant. Cependant, son adversaire suivit son mouvement et parvint à lui planter la lame de son épée très profondément dans l'épaule gauche. Harry poussa un hurlement d'agonie. Sa réplique retira l'épée lentement de la plaie et du sang en coula.

« Si c'est ainsi que tu comptes défendre ta vie, autant me laisser te transpercer le cœur maintenant. De cette façon, tu feras gagner du temps. » Railla la réplique avec mépris.

« C'est facile de crâner avec une arme à la main, lui dit Harry avec colère. »

« Il ne tient qu'à toi de t'en procurer une, fils d'Eressëa Fëanturi. »

« Et comment je fais ça moi ? interrogea Harry. »

« Ce n'est pas à moi de te l'apprendre, fut la réponse moqueuse du sosie. Mon rôle est de juger ton aptitude à devenir ou non un Drow, pas à te former. »

« C'est quoi un Drow de toute façon ? » demanda Harry en se redressant péniblement.

« Je te le dirais, commença le double, mais à la seule condition que tu puisses survivre à cette épreuve, ajouta-t-il. »

« À quoi rime cette épreuve ? Où est-ce qu'on est ? Et pendant que j'suis, t'es qui toi ? »

« Nous sommes dans ton subconscient, lui répondit son sosie. Et cette épreuve sert à déterminer, comme je te l'ai déjà dit, si tu as les aptitudes pour devenir un Drow. Et enfin, en ce qui me concerne, je suis toi. »

« C'est quoi à la fin un Drow ? s'énerva Harry. Et comment peux-tu être moi ? C'est complètement insensé. »

« Tout ce que je peux te dire, c'est que cela à un rapport avec ta mère et ton héritage magique. Il semble que ton père t'en a déjà parlé, mais ce qu'il ne sait pas, c'est de quoi tu vas hériter. Enfin, si tu survis à mon épée, se moqua le sosie avant d'ajouter cruellement : Je te préviens toutefois que si par miracle tu viens à sortir vivant de notre combat, il n'est pas sûr que ton père apprécie la nature de ton héritage. »

« Qu'entends-tu par-là ? »

« Si tu survis, tu le sauras. » Se contenta de lui répondre sa réplique.

« En gros, pour avoir des réponses, je dois te tuer ? conclut Harry. »

« Me tuer est un bien grand mot, fils d'Eressëa Fëanturi. Tu ne pourras jamais y parvenir même avec une centaine d'années d'entrainement. Ce qu'en revanche tu dois faire, c'est de me prouver que tu es digne de moi. Digne de devenir le prochain Drow.»

« Je ne comprends pas. Et tu ne m'as toujours pas dit c'est quoi le truc avec ton : ''toi, c'est moi''. »

« C'est simple, je suis toi. Et toi, tu es moi."

« Je ne comprends toujours pas. »

« Ce qui ne m'étonne pas venant de toi, soupira le sosie. Pour faire simple, quand ta mère a été adoptée par des sorciers, tous ses gènes elfique (magie comprise) ce sont retirer dans les coins les plus reculés de son subconscient afin d'éviter l'activation de la malédiction qu'un elfe avait placée sur elle le jour de sa naissance. Une malédiction qui devait s'enclencher le jour de son onzième anniversaire.

« Ma mère était victime d'une malédiction ? s'étonna Harry. De qui et pourquoi ? »

« C'est à toi de trouver la réponse à ces questions, si tu survis. Quoi qu'il en soit, toujours dans le but de protéger ta mère, la magie de cette dernière à effacer des mémoires des sorciers qui l'on recueillit toute trace de l'apparence physique de cette. Tout ce que les parents adoptifs de ta mère savaient d'elle, était qu'elle appartenait au peuple elfe. Lorsque ta mère est tombée enceinte de toi, la magie elfe qui était en elle s'est déplacée dans ton corps. Et cette fois aussi, pour ta sécurité, elle s'est faite discrète de la même manière qu'elle l'avait faite avec ta mère auparavant. Un peu trop discrète même. Ton père pense que c'est de sa faute si votre lien père/fils a été estropié; cependant, la vérité est tout autre. Au moment où l'héritage qui te venait de ton géniteur voulut fusionner avec celui provenant de ta mère afin de faire de toi un elfe à part entière, la magie de ta mère qui ne voulait prendre aucun risque en ce qui concerne ta sécurité a délibérément perverti le lien qui te reliait à ton père. Voilà pourquoi il n'a pas pu accomplir sa tâche correctement, expliqua tranquillement la réplique. »

« De quel danger voulait-elle nous protéger au juste ? Et si je peux me permettre, pour la protection qu'elle m'a soi-disant fournie, elle aurait pu s'en passer, car je ne l'ai jamais remarqué ou vu. »

« Cela aussi, tu le sauras si tu survis, rabâcha la réplique. Ce que je peux te dire, c'est que la magie de ta mère ne te protégeait pas contre les sorciers ou les moldus, mais contre une menace bien plus dangereuse. »

« Tu n'en as pas marre de redit cette foutue phrase ! s'écria Harry. Et puis, comment ça se fait que le lien se soit réactivé du jour au lendemain ? »

« Comme tu approchais de l'âge où tu devais recevoir ton héritage, la magie elfe que t'a léguée ton père s'est rebellée et est parvenue à mutiler ce dernier, car elle craignait pour ta vie. À trop vouloir te protéger d'un danger, la magie héritée de ta mère en avait oublié les autres dangers. »

« Eh ben ! Merci à Snape dans ce cas, dit Harry. »

« Maintenant que cela est réglé, prépare-toi à mourir, lui dit sa réplique en se mettant en position de combat. »

« Attends un peu ! Tu ne m'as toujours pas dit ce que voulait dire : ''moi, c'est toi et toi c'est moi ". »

« Je suis la réunion des magies de ton père et de ta mère. Pour faire simple, je suis ce que tu aurais dû devenir sans tout ça. Tout hormis cette apparence cela va s'en dire. Et pour gagner cette dernière, tu dois te montrer digne de moi. »

« Est-ce que cela veut dire qu'en recevant mon héritage tu vas prendre ma place et que moi je vais disparaître ? »

« Hahaha ! T'es un marrant toi. Non, je ne vais pas prendre ta place et tu ne vas pas disparaitre. Nous allons tout simplement fusionner. Tu resteras toi-même. Cependant, avec quelques différences dirais-je. »

« C'est à dire ? »

« Ce qui auparavant te semblait inconcevable va te paraître normal. Bien, trêve de bavardage inutile, car tout cela ne te sera possible que si tu me prouves que tu en es digne. »

La réplique sauta brusquement sur Harry, l'épée en avant. Harry réussit à éviter le premier coup, mais pas le deuxième ni le troisième. Le jeune sorcier chercha un moyen de se défendre dans son environnement, mais il n'y avait rien autour. Alors que sa réplique lui enfonçait une fois de plus son épée dans le corps, Harry eut l'idée saugrenue de faire venir à lui une épée par la force de son esprit. Le jeune homme n'y croyait pas vraiment, pourtant, cela marcha.

Deux dagues en forme de phœnix de trente centimètres de longueur et de cinq centimètres de largeur apparurent dans ses mains. Ce n'était pas exactement ce que voulait Harry, mais c'était mieux que rien. Sa réplique parut très surprise par l'apparition des deux armes. À partir de là, le combat devint plus équitable. Ils se battirent pendant ce qui sembla des heures avant que la réplique ne décrétât qu'Harry avait gagné. Il s'approcha ensuite de celui-ci et lui donna un tendre baiser sur les lèvres. Une lumière aveuglante les engloba tous les deux.

Quand Harry ouvrit les yeux, ils se posèrent directement sur son père. Et sans trop savoir pourquoi, il lui fit un sourire carnassier en lui demandant d'une voix provocatrice : ''Bonjour père, comment me trouvez-vous ?'' Pour toute réponse, son père se recula de lui en chuchotant d'une voix remplie de peur : " C'est impossible !'' Cette réaction fit très mal au jeune homme.

_Que se passe-t-il Severus ? Qu'est-ce qui ne va pas avec ton fils ? Pourquoi sa peau est-elle aussi sombre ?

_Donc, je ne rêve pas, dit Snape en se reprenant.

_ Si c'est au sujet de la couleur de sa peau, non effectivement, tu ne rêves pas.

Voldemort dit cela alors même que son regard se trouvait incapable de se détourner de la vision enchanteresse qui se dressait devant lui. Le mage avait trouvé le père magnifique, cependant, il ne trouva pas de mot suffisamment méritant pour qualifier le fils.

_ C'est incroyable, s'exclama soudainement Snape en s'approchant de son fils et en ayant miraculeusement oublié sa peur ! Je croyais la race disparue depuis des années. Depuis près d'une trentaine d'années, personne n'a eu l'occasion d'en voir un. Comment est-ce possible ? Dit-il en tournant autour de son fils qui ne bougea pas d'un cil.

_ Je peux avoir une explication, demanda Voldemort qui n'avait toujours pas quitté l'apparition des yeux.

_ Tu vas bien fils ? demanda Snape au lieu de répondre à son maître.

_ Il m'a dit que tu allais avoir peur de moi en me voyant, chuchota Harry de sa voix voluptueuse.

_ Qui cela ?

_ L'autre moi.

_Oh, ton côté elfique, dit Snape en l'inspectant minutieusement.

_ Tu savais cela et tu ne m'as pas prévenu ! s'indigna Harry.

_ Je n'avais pas le droit de te le dire. Cela va à l'encontre des lois elfiques, fils.

_Et il y a en a beaucoup de ces lois ?

_Quelques-unes, mais tu finiras par toutes les connaitre.

_Pourquoi l'autre m'a dit que tu ne serais pas heureux de connaitre la nature de mon héritage ?

_ Pour un autre elfe que moi, cela aurait été le cas. Mais heureusement pour toi, ton père à l'esprit large et non étriqué comme ceux de notre espèce. Se vanta Snape.

_ Cela a-t-il à voir avec ma nouvelle apparence, car d'après les dires du vieux serpent qui te sert de maître, je ne ressemble en rien à l'une des descriptions que tu as faites des différentes races d'elfes.

Voldemort, qui s'était une fois de plus retrouvé exclu de la conversation, émit un bruit de gorge coléreux dont Harry ne fit pas grand cas. Son père suivant le mouvement, choisit de répondre à la question posée au lieu se soucier de son maître.

_Oui, en effet. La couleur de ta peau ne fait pas partie de celle dont je t'ai fait mention, mais c'est uniquement parce que j'ai omis de te parler de la cinquième race elfique.

_Quoi, il y aurait une autre race d'elfe ! s'étonna Harry. Mais pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ?

_ Effectivement, il existe une cinquième race : les elfes noirs. Si je ne t'ai pas parlé d'eux, c'est parce que c'est une race taboue. Et ils sont supposés avoir disparu depuis près de trente ans maintenant. Nous ne parlons jamais d'eux. Ce sujet est évité par tous les elfes.

_Pourquoi ?

_De toutes les communautés elfiques, les elfes noirs étaient les plus doués au combat et en magie. Ils étaient aussi doués d'une cruauté inimaginable. D'après les anciens, ils ne vivaient que pour combattre et pour la terreur qu'ils inspiraient aux autres. Et avant la montée au trône de leur premier roi, leur passe-temps favori était de prendre l'apparence de rois humains et de manigancer des guerres aux quatre coins du globe. Quand leur but était atteint, ils allaient gentiment vendre leurs services de mercenaires aux pays en guerre. Les elfes noirs étaient craints de tous les autres elfes, car non seulement c'étaient de redoutables guerriers, mais ils avaient aussi une résistance incroyable à la magie. Ils étaient donc extrêmement laborieux à tuer. Ils avaient aussi une sainte horreur des sorciers et ils s'amusaient à en faire la chasse sous l'apparence de moldu. Ce sont eux qui sont à l'origine des chasses sorciers qui ont été menés par les Moldus par le passé.

_ Pourquoi haïssaient-ils autant les sorciers ?

_D'après ce que disent les légendes, Merlin aurait séduit une des leurs. Une dénommée Morgane, avant de lui briser le cœur en la quittant brusquement et sans explication. Morgane se serait donné la mort après cela. Il se trouve que pour les elfes noirs, les femmes tiennent une place très importante dans leur société. Morgane faisait partie de l'une des familles nobles et plus influentes du peuple souterrain. Elle était en fait, la seule fille de la famille. Sa mort a affecté plusieurs nobles, dont le roi et la reine. C'est son décès qui a engendré la haine des elfes noirs à l'encontre des sorciers.

_ Les femmes sont si importantes que ça pour les elfes noirs ? interrogea Harry avec intérêt.

_ Oui, elles le sont. En fait, d'après ce que je sais d'eux, contrairement aux autres peuples d'elfes, les elfes noirs étaient composés de quatre clans qui étaient gouvernés par des Ducs très puissants qui étaient eux-mêmes dirigés à leur tour par des Matrones cruelles et toujours avides de plus de pouvoir. Le seul elfe noir qui était plus haut placé que les Matrones était le roi.

_ Si les elfes noirs étaient aussi redoutables, comment ont-ils fait pour disparaitre ?

_ Je n'en ai pas la moindre idée. Tout ce que je suis parvenu à arracher aux anciens, c'est que cela avait un rapport avec le roi des elfes noirs. Et comme les elfes ne mettent rien à l'écrit, car tout se transmet oralement, fils, je ne suis pas prêt à le découvrir.

_ Ils n'écrivent rien ! s'étonna Harry. C'est con comme système, mais bon, chacun fait ce qu'il veut, ajouta l'adolescent en haussant les épaules. Sinon, pourquoi les qualifier de peuple souterrain ?

_ Dans la mesure où ils vivaient dans des grottes souterraines, je trouve que ce terme les désigne parfaitement.

_ Cela veut-il dire que je suis un être mauvais ? demanda ensuite doucement Harry en baissant la tête.

_ Non ! le détrompa Snape. Bien que l'on ait tendance à ranger les elfes noirs dans la catégorie des êtres malveillants, ils n'étaient pas tous mauvais. La preuve, depuis qu'un roi avait pris la tête des clans, les massacres qu'ils commettaient quotidiennement avaient complètement cessé. Et à en croire les anciens, avant leur disparition, le roi était parvenu à faire la paix avec l'ensemble des elfes de la surface. Le peuple souterrain allait même rejoindre la coalition des elfique.

_ Donc, je ne suis pas forcé d'être cruel ?

_ Non fils, tu ne l'es pas. Et puis, qu'importe ! Tu seras ce que tu voudras être. Bon ou mauvais, tu seras et resteras mon fils. Je t'aimerais quoiqu'il advienne.

Harry regarda son père. Oui, son père, car il en était convaincu maintenant. Donc, Harry regarda Snape en tortillant une mèche de ses cheveux. Il le fixa avec tant d'insistance que Snape grogna un :

_Quoi ?

_ C'est quoi un Drow ?

_ Où as-tu entendu ce mot ? demanda Snape avec surprise.

_ L'autre moi me l'a dit.

_ Qu'a-t-il dit exactement ? demanda Snape fébrile.

_ Il m'a demandé si j'étais suffisamment fort et digne pour en devenir un. Et il m'avait promis une explication qui n'est jamais arrivée.

_ Par la barbe de Merlin ! Non seulement ta mère était une elfe noir, mais il semblerait qu'elle était apparentée à la famille royale.

_ Hein ? La famille royale ? C'est quoi cette histoire encore ? Je serais un genre de prince ou un truc comme ça ? demanda Harry complètement perdu.

_ Il se pourrait bien, car si ton autre toi t'a demandé si tu étais apte à devenir un Drow, c'est parce que tu dois avoir du sang royal dans tes veines.

_ Donc, tu sais ce qu'est un Drow ? redemanda Harry après être parvenu à digérer la nouvelle information.

On dirait que même en devant un elfe, il ne pouvait s'empêcher de se démarquer des autres encore une fois.

_ Je suis désolé, fils, mais je n'en sais pas plus que toi sur le sujet. Tout ce dont je suis au courant, c'est que le terme Drow est lié à la famille royale des elfes noirs. Je ne sais rien de plus que cela, soupira avec regret Snape.

Tout en regrettant l'absence d'écrits de son peuple, Snape se demanda comment les Potter étaient parvenus à adopter magiquement sa femme. Normalement, rien ne pouvait altérer aussi profondément l'aspect d'un elfe noir. Une adoption magique aurait dû être de l'ordre de l'impossible, surtout si l'elfe était de sang royal. Et cela même avec l'aide d'une potion. Alors, comment les Potter, de simples sorciers étaient-ils parvenus à réaliser l'impensable ?

_Qu'est-ce qui te tracasse Severus ? demanda Voldemort dont l'agitation de Snape commençait à porter sur les nerfs.

_ Je vous ai dit que les elfes noirs étaient groupés en quatre clans et qu'ils étaient très résistants à la magie.

_ Effectivement, approuva Voldemort.

_ Eh bien, ce que j'ai omis de vous dire, c'est que chaque clan avait une fonction bien précise. Cela allait du ravitaillement à la sécurité des clans. Et selon la fonction occupée et le nom du clan, les elfes étaient plus ou moins forts. Ce qui veut dire que leur résistance à la magie, et cela, sous toutes ses formes, varie en fonction de leur position sociale. Si les elfes noirs étaient si difficiles à tuer, c'était parce que très peu de sortilèges parvenaient à les affecter, et aussi, parce que leurs maléfices étaient tous très dangereux, presque impossibles à éviter et mortels une fois sur dix.

_ Où veux-tu en venir Severus ? questionna Voldemort avec impatience.

_ J'y viens. Donc, en sachant que si on devait dresser une chaîne alimentaire des clans, les membres de la famille royale seraient au-dessus de tout le monde. Alors, comment les Potter se sont-ils pris pour réaliser une adoption magique sur ma femme ?

_ La magie de ma mère l'a permis, répondit Harry d'une voix basse et fatiguée.

_ Que viens-tu de dire, fils ? demanda Snape à Harry en pensant avoir mal entendu.

_ Mon autre moi me l'a dit.

Harry résuma ensuite sa conversation avec son autre lui à son père et à Voldemort.

_D'après mon autre moi, c'est la magie de ma mère qui l'a autorisé dans le but de la protéger d'une malédiction qu'un elfe avait placée sur elle quand elle n'était encore qu'un bébé. Il m'a aussi dit que c'est de la faute de cette magie si le lien entre nous n'a pas fonctionné.

Snape reçut cette nouvelle avec un immense soulagement. De savoir que ce n'était pas de sa faute si son fils avait eu à endurer autant de souffrance, enleva un poids considérable de ses épaules. Et sans y avoir pensé, il prit Harry dans ses bras et le serra de toutes ses forces. Il lui promit dans un chuchotement presque inaudible de ne plus jamais le quitter et de toujours être là pour lui. Harry resta immobile dans les bras de son père complètement tétanisé, avant de lentement lever les siennes pour les passer autour de lui afin de profiter de son premier câlin paternel. Il posa ensuite sa tête sur la poitrine ferme de celui-ci et versa des larmes silencieuses. Ils restèrent ainsi de longues minutes, avant que Voldemort, prit d'exaspération, ne mette fin à cette chaleureuse étreinte.

_ Bon, c'est fini ces niaiseries dégoutantes !

Le père et le fils se séparèrent doucement. Harry, après avoir essuyé discrètement ses yeux, tira puérilement la langue à Voldemort avant de cacher sa tête dans les robes de son père en rigolant de sa bêtise. Le mage secoua la tête de désespérance devant tant de maturité. Alors qu'il s'apprêtait à dire sa façon de penser à Harry, celui-ci s'écroula de fatigue dans les bras de son père.

_Ce doit être les effets secondaires de la réception de son héritage, déclara inutilement Snape. Je vais le mettre au lit.

_ Attends ! stoppa Voldemort alors que Snape allait déposer son fils sur le petit lit se trouvant dans le laboratoire. Donne-le-moi, ordonna-t-il ensuite. Je vais le porter dans sa chambre.

_Il a une chambre ! S'étonna le maître des potions. Je ne le savais pas.

_Oui, je lui ai fait préparer une à la seconde où tu m'as appris son identité et par la même occasion ce qu'il est pour moi, dit Voldemort avec désinvolture.

_ Montrez-moi le chemin, je vous suis, lui dit alors Snape en resserrant sa prise sur son fils.

L'elfe ne voulait pas, enfin, il avait un mal fou à se séparer de son enfant retrouvé.

_ Je ne vais pas le manger, s'exaspéra le mage. Tu peux me le confier sans crainte Severus, ajouta Voldemort d'une voix qu'il voulait tendre, mais d'où ne perçait que l'agacement devant le comportement de papa poule de Snape.

_ Permettez-moi de douter de cette déclaration, lui répliqua Snape avec scepticisme. Je ne suis pas aveugle, maître, ajouta-t-il de sa douce voix railleuse en appuyant fortement sur le maître.

_ Te voilà reparti avec ton insolence Severus. Je pensais que tu devais faire quelque chose à ce sujet, lui rappela Voldemort sur un ton menaçant en s'avançant dans le but de prendre Harry dans ses bras.

Mais Snape, loin de le lui tendre, se recula de deux pas.

_ Mais je fais des efforts monstres pour me corriger sur ce point, maître, répondit Snape en ne semblant pas le moins du monde affecté par le ton menaçant du mage.

Il replaça correctement Harry dans ses bras en gardant un œil vigilant sur Voldemort dont le regard ne quittait jamais le jeune elfe dans les bras de Snape.

Voldemort avait le désir incontrôlable de plonger ses doigts dans la tignasse lisse et brillante d'Harry. Le mage n'avait encore jamais de sa vie, posé les yeux sur une telle beauté. Harry était un chef-d'œuvre de perfection. Le mage avait attendu des décennies pour pouvoir enfin faire la connaissance de son jumeau magique, et durant tout ce temps, il n'avait jamais envisagé que celui-ci serait son pire ennemi et encore moins qu'il serait d'une telle splendeur. Le mage comprenait parfaitement les réticences de Snape à lui confier son fils, même pour un si court trajet. Lui-même ne se faisait pas confiance sur ce point.

Quand Voldemort avait appris l'existence de son jumeau et de ce que cela allait engendrer pour lui, il avait été pris d'une rage et d'un sentiment d'injustice sans bornes. Pourquoi cela devait-il lui arriver à lui ? Pourquoi son ancêtre, cet imbécile de Salazar avait-il fait cela à sa descendance ? Même si c'était pour "le plus grand bien", ce maudit serpent aurait pu faire confiance à sa lignée. Mais non, monsieur avait préféré faire dans le dramatique.

Voldemort s'était souvent dit que dans son malheur, il avait eu plus de chances que le reste de sa famille. En effet, contrairement à ces derniers, lui n'était pas devenu un quasi cramol ou pire encore : un cramol comme certains de ses oncles, cousins et autres. Non ! Lui, il était bien plus puissant qu'eux tous réuni. Plus puissant que la majorité des sorciers même. Au cours des ans, le mage s'était souvent dit qu'il pourrait se passer de son jumeau et faire comme s'il n'avait jamais existé, mais l'avidité était bien trop grande pour renoncer à lui. Les premières années où il avait pris l'existence de son jumeau, Voldemort les avait passés à chercher un moyen de se libérer de ce dernier tout en gardant les avantages. Cependant, il avait dû se résigner à renoncer comme ses recherches ne menaient à rien.

Salazar avait pensé à toutes les éventualités avant d'accomplir l'enchantement. Le Lord noir avait donc fini par se résigner et s'était lancé à la recherche de son jumeau. Pour se consoler lors des moments de grandes déprimes, il tentait de se persuader qu'il n'était pas obligé d'honorer tous les termes du contrat magique rédigé par son imbécile d'ancêtre. Il se disait qu'il pouvait contourner certains tout en parvenant à ses fins. Même lorsqu'il avait appris l'identité de son jumeau magique, Voldemort n'avait pas changé ses plans. Or, en voyant ce qu'était devenu le jeune elfe, le mage noir se dit qu'il allait peut-être devoir revoir ses objectifs.

_ Alors, vous me montrez le chemin où dois-je l'allonger sur ce lit-là ? demanda Snape avec sa courtoisie habituelle.

_ Si je n'étais pas persuadé que ton fils m'en voudrait le restant de ma vie pour cela, je te transformerais en grenouille rose, t'enfermerais dans une boîte en fer percée de trous et irait te jeter dans une mare sans fond, lui grogna Voldemort qui venait de sortir de ses pensées. Suis-moi, lui dit-il ensuite en lui tournant le dos. Tu es certain que tu ne veux pas que je le porte pour toi ? demanda-t-il malgré tout en lui montrant le chemin.

_Non, je pense être capable de pouvoir porter mon fils sans une aide extérieure, refusa aimable Snape.

_Bien ! cracha de contrariété le mage.

Voldemort, agacé par le refus de Snape, se fit un malin plaisir à prendre le chemin le plus long et qui était comme par hasard, jonché d'escaliers, pour se rendre dans la chambre qu'il avait fait préparer pour Harry. Après plusieurs détours inutiles, ils arrivèrent dans un couloir débouchant sur trois portes. Le couloir était simple, mais très chiquement décoré avec quatre grands tableaux dont les occupants étaient absents.

_C'est l'aile de vos appartements, fit remarquer Snape qui ne semblait pas du tout essoufflé par toutes les marches qu'il venait de grimper en portant son fils dans ses bras.

_Effectivement.

_ Vous savez qu'il y avait un chemin plus court pour y parvenir depuis mon laboratoire, fit observer tranquillement Snape.

_ Vraiment ! Fit mine de s'étonner le mage noir. Je ne le savais pas. Habituellement, je prends toujours ce trajet.

_Hum, hum, fut la réponse de Snape. Pourquoi ne pas l'avoir installé dans les quartiers des invités ? Demande ensuite Snape.

_ Hors de question que mon jumeau traine avec des gens qui ne sont pas de sa condition, dit Voldemort indigné que Snape ait pu simplement suggérer une telle aberration.

Voldemort se dirigea ensuite vers la porte faisant face à la sienne et l'ouvrit d'un geste théâtral. Il laissa Snape pénétrer en premier dans la chambre. La pièce qu'il avait fait préparer était immense avec un vaste plafond reflétant le ciel. Il y avait une immense cheminée sur un des murs et trois grandes fenêtres. Un coin de lecture avec une petite bibliothèque et un lit pouvant facilement contenir quatre personnes. Un tapis à l'apparence très doux était posé au pied de la couche et les murs étaient argent et verts.

Snape traversa la pièce avec son paquet dans les bras. Il monta habilement les deux marches qui se trouvaient en bas du lit et posa avec délicatesse, son fils sur le confortable matelas. Il le recouvrit ensuite, soigneusement, avant de poser un léger baiser sur son front. Voldemort suivit tout le manège avec un écœurement se reflétant sur son visage.

_ Es-tu obligé de te montrer aussi mièvre ? Demanda-t-il à Snape les lèvres pincées.

_ Je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler, répliqua Snape en descendant les marches.

Voldemort tourna le dos à Snape et se dirigea vers le coin lecture, prit un livre et s'installa sur un confortable fauteuil avant d'ouvrir son ouvrage.

_ Que faites-vous ? s'enquit Snape avec surprise.

_Cela ne se voit donc pas, je lis. Lui répondit Voldemort en baissant les yeux sur la première page.

_ Pourquoi le faites-vous dans la chambre de mon fils ? précisa Snape.

_Parce que je compte attendre son réveil afin de m'assurer qu'il ne souffre pas d'autres effets secondaires liés à la réception de son héritage.

_Je peux le faire moi-même, lui dit Snape. Et vous n'avez pas des choses importantes à faire, par exemple : organiser une attaque contre l'ordre du phœnix ? demanda Snape en prenant à son tour place sur le fauteuil d'en face.

_ Non. Et toi, n'as-tu pas une quelconque potion à mijoter ?

_ Non, rien de prévu.

_ Puisque tu n'as rien à faire, va t'occuper du cadeau que je t'ai laissé aux geôles, suggéra Voldemort.

_ Non merci. Je préfère attendre le réveil de mon fils avec vous, répondit d'une voix mielleuse Snape en attrapant un livre. Je pense que le cadeau peut encore attendre un peu.

Les deux hommes se toisèrent en chien de faïence. Snape était à l'image d'une mère poule veillant férocement sur sa progéniture, alors que Voldemort avait tout du renard cherchant un moyen de soustraire le poussin de la surveillance de sa mère et de n'en faire qu'une bouchée. Les deux hommes faisaient semblant de lire, alors que chacun surveillait l'autre du coin de l'œil, sans oublier de garder l'autre œil sur le sommeil d'Harry.

LDD

Dans une vieille bâtisse aux allures lugubres, une réunion d'urgence était tenue. Une trentaine de femmes et d'hommes étaient assis autour d'une table. Au bout de celle-ci, un vieil homme portant une longue barbe, des lunettes en forme de lune et des robes que même un sans-abri aurait refusé de porter, présidait l'assemblée. Le sujet de la réunion était un certain garçon aux yeux verts portant une cicatrice en forme d'éclair au front.

_ Mes chers amis, je sais que la perte prématurée du jeune Potter est un coup très dur porté à notre cause, mais il ne faut pas perdre espoir pour autant, tenta-t-il de calmer les esprits. Je crois que le trépas du jeune Potter ne veut dire qu'une chose, poursuivit-il d'une voix dramatique.

_ Et que veut-il dire au juste, Albus ? demanda un homme d'un certain âge avec un œil en verre qui tournait dans tous les sens.

_ Que Harry n'était pas l'enfant de la prophétie.

_ Tient donc, releva le vieillard avec scepticisme. Et qui selon vous est cet enfant si ce n'était pas Potter ?

_ Je pense que c'est le jeune Londubat.

_ Neville ? Vous n'y pensez pas, Albus ! Ce jeune homme, même s'il est très méritant, n'a pas les aptitudes qu'il faut pour tenir ce rôle. Dans un combat contre vous-savez-qui, ce jeune sorcier ne tiendrait pas deux minutes. Et je suis généreux de lui donner deux minutes, déclara le même sorcier avec exaspération. Au lieu de nous raconter des balivernes comme à votre habitude, dites-nous plutôt comment est mort Potter, parce que je n'arrive pas à comprendre comment une telle chose a pu arriver, exigea le vieil homme à l'œil en verre.

_ Alastor, mon cher ami, je vous ai déjà dit que sa mort est arrivée durant un entrainement de magie, lui répondit Albus avec un sourire désolé et crispé.

_ Avec qui le jeune Potter s'entrainait-il ? voulut-il savoir.

_ Avec une personne de confiance, répondit Dumbledore.

_ Qui est-il ? insista le sorcier. Et êtes-vous certain que cette personne ne vous ment pas ?

_ Encore une fois, non. J'ai toute confiance en lui.

_ Vous peut-être, mais pas moi. Je ne sais pas pour le reste d'entre nous, mais je trouve toute cette histoire très suspecte. De même que le manque de contact avec Potter durant tout l'été. Il est vraiment étonnant qu'aucun des amis de ce jeune sorcier ou l'un d'entre nous n'ait reçu de ses nouvelles depuis la fin de sa cinquième année. Je trouve tout cela très louche, Albus, accusa Alastor. Qu'est-il vraiment arrivé à Potter, Dumbledore ?

_ Comme je n'ai cessé de vous le répéter mon ami, le jeune Potter est mort dans un accident. C'est malheureux, mais c'est la vérité. En ce qui concerne l'absence de contact avec Harry durant l'été, je l'avoue, c'est de mon fait. J'ai demandé à Harry de ne pas communiquer avec ses amis pour sa sécurité. En effet, d'après mes sources, Voldemort avait placé les amis d'Harry sous surveillance afin de tenter de localiser l'endroit où il vivait, expliqua patiemment Dumbledore.

_ Ce n'est pas que je ne vous crois pas Albus, mais mon instinct me dit qu'il y a quelque chose de louche derrière cette histoire. Et je vous promets que je vais tout faire pour découvrir ce que c'est. Je ne suis pas un idiot Albus, je sais que vous nous cachez quelque chose d'important.

_Qu'allez-vous chercher là, mon ami ? Je vous assure que je ne vous cache absolument rien. Ce que je vous ai révélé jusqu'à présent n'est que la simplement vérité. Le jeune Potter a reçu un sort fatal durant un entraînement avec un homme en qui j'ai toute confiance. L'histoire s'arrête là.

_ Qui nous dit qu'il n'a pas déguisé le meurtre de Potter en un accident, hein ? Et pourquoi tenez-vous tant à garder l'identité de cette personne secrète, même pour nous ? Je suis persuadé qu'il y a autre chose là-dessous et je vous promets de découvrir ce que c'est.

_ Cela suffit, Maugrey ! Harry est mort, cela est bien triste, mais ce qui est fait est fait. On ne peut pas retourner en arrière pour le sauver. Je me sens suffisamment coupable de ne pas avoir assez veillé sur sa sécurité, pour que vous veniez y rajouter des reproches et des accusations injustifiées. Si j'ai demandé à mon vieil ami, dont je ne peux pas encore dévoiler l'identité, car cela est bien trop risqué pour lui, de prendre Harry en apprentissage chez lui, c'est parce que je pensais que cela allait permettre au jeune Potter de s'endurcir et de devenir plus fort pour qu'il puisse se mesurer à Voldemort à force égale. Je regrette qu'Harry n'ait pas été à la hauteur de nos espérances et qu'il n'ait pas su survivre à son apprentissage, mais cela nous a appris au moins une chose, déclara Dumbledore en tentant de maîtriser sa colère.

_ Quelle est-elle ? demanda Alastor.

_ Que nous nous étions trompés de sauveur. Nous savons maintenant que ce n'est pas Harry qui est destiné à vaincre Voldemort, mais Neville Londubat. Notre priorité maintenant n'est pas de pleurer Harry, mais de faire notre possible pour préparer Neville à la tâche qui l'attend, débita Dumbledore avec conviction et force.

Durant l'échange des deux sorciers, les membres de l'ordre du Phoenix étaient restés silencieux et avait suivi celui-ci avec grand intérêt sans jamais intervenir. Beaucoup d'entre eux pensaient comme l'ancien Auror, mais ils n'osaient pas le dire. Après que la discussion entre Albus et Alastor fut close, la tablée discuta de ce que la mort d'Harry signifiait pour l'ordre et ce qui leur incombait de faire de la nouvelle position de Neville. Les débats se poursuivirent entrecoupés par de petites disputes entre Alastor et Dumbledore.

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Il était très tard quand la réunion prit fin. Albus était dans un état de rage et d'énervement pas possible. Alastor avait réussi à le sortir de ses gonds plusieurs fois dans la soirée. Et par la faute de ce sot, il avait été à deux doigts de se trahir en le réduisant au silence une bonne fois pour toutes. Heureusement pour lui, des centaines d'années d'entraînement lui avaient évité de faire une telle ânerie. En quittant le lieu de rassemblement de l'ordre, Dumbledore transplana directement dans la forêt interdite. Il atterrit dans une clairière éclairée par la lune. Il attendit cinq minutes appuyé à un arbre avant qu'une silhouette à l'apparence humaine et couverte de la tête aux pieds ne se présentât sur les lieux à son tour.

_ Tu es en retard, fut l'accueil que reçu le nouvel arrivant.

_ Je suis désolé mon roi, mais j'ai été retenu par une rencontre malencontreuse sur le chemin, lui parvient une douce voix.

_Je te pardonne pour cette fois, mais ne compte pas sur la prochaine, lui répondit Dumbledore avec sévérité.

_Je vous remercie de votre clémence, mon roi.

_ Où en sont les préparatifs ?

_ Nous sommes parvenus à convaincre deux des quatre clans à notre cause.

_Parfait, deux c'est déjà bien. Je vous laisse encore un peu de temps pour rallier les deux autres. Cependant, s'ils ne nous rejoignent pas à la fin de l'année, débarrassez-vous d'eux. Je n'ai pas de temps à perdre avec des froussards. J'ai une guerre à organiser et à gagner.

_ Êtes-vous certain que c'est la bonne chose à faire ? Nous passer de deux clans risque de nuire à notre démarche. Surtout s'il s'agit de ces deux clans. Sans eux, nous risquons de perdre le soutien des deux autres clans.

Le nouvel arrivant s'écroula subitement au sol en se tortillant de douleur.

_ Tu n'as pas à discuter mes ordres. Est-ce clair ? S'époumona Dumbledore en perdant toute patience.

_ Parfaitement mon roi, répondit le nouveau venu en se tordant de douleur. Pardonnez-moi mon impertinence, cela ne se reproduira plus.

_ Bien. Et n'oublie pas grâce à qui tu es devenu ce que tu es à présent. Les clans ne peuvent rien contre moi. Je suis leur roi! Leur roi légitime. Le seul qui représentait un danger pour ma personne a été réduit à néant par mes soins depuis des années. Ce n'est pas quelques misérables larves qui vont réussir à me barrer le chemin. Retourne là-bas et fait ce que je te dis. Mais avant cela, je voudrais que tu rendes une petite visite à un sorcier un peu trop curieux pour sa propre survie.

_ Comme il vous plaira, mon roi. Qui dois-je voir et pourquoi ?

_ Son nom est Alastor Maugrey, un ancien auror. Je voudrais qu'il ne puisse plus jamais ouvrir sa grande bouche.

_ Considérez cela comme fait, s'inclina le nouveau venu après s'être relevé. Bonne fin de soirée majesté, ajouta-t-il avant de disparaitre.

LDD

Alastor rentra directement chez lui après la réunion. Les différentes prises de bec qu'il avait eu avec Dumbledore l'avaient épuisé. En arrivant chez lui, comme tous les jours depuis des années, il inspecta minutieusement toutes les pièces de la cave au grenier. Il était à la recherche de présence non désirée qui se serait introduite chez lui sans invitation. Il faisait toujours le tour de la maison fait, car selon sa devise : ''Vigilance constante " on n'était jamais certain de ce qui pouvait arriver. C'est pourquoi l'ancien auror était toujours sur ses gardes. Les vérifications finis, il activa les sorts de protection qu'il avait dissimulés un peu partout sur son logis. Rassuré par eux, il prit une douche rapide avant de se mettre au lit.

Une heure après avoir glissé sous ses draps, l'auror fut tiré de son sommeil par une présence près de son lit. Son premier réflexe avant même d'ouvrir les yeux, fut de se saisir de sa baguette et de lancer deux sorts à la suite. Les deux charmes atteignirent de pleins fouets l'intrus. Mais alors que celui-ci aurait normalement dû être repoussé et blessé, l'inconnu ne recula que de deux pas. Et avant que l'ancien auror ne puisse lancer un troisième charme, il était déjà sur lui.

_ Mon roi m'a demandé de vous faire parvenir un message. Il vous fait dire que la curiosité est un très vilain défaut qui conduit inévitablement à la mort, lui susurra-il gentiment à l'oreille avant de lui ouvrir la gorge d'une oreille à l'autre.

Ensuite, l'assassin regarda le sorcier se vider de son sang avec indifférence.

Quand Alastor lâcha son dernier soupir, l'intrus leva la main au-dessus de sa tête. On put alors voir apparaitre au-dessus de la maison de l'ancien auror, une marque verte ayant la forme d'un crâne avec un serpent qui lui sortait de la bouche.