Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à Yana Toboso. Sauf Holmes, Watson et les autres qui sont, eux, à Sir Arthur Conan Doyle. Même si je me suis plus inspirée de la version un peu exagérée de Guy Richie dans son film Sherlock Holmes. Pour le passé de Sherlock Holmes, Doyle n'en parlant quasiment pas dans l'œuvre originale, je me baserai principalement sur La Jeunesses de Sherlock Holmes de Shane Peacock. En bref, rien est à moi, à part cette fanfiction.
Notes d'auteur : Ce chapitre est arrivé extrêmement rapidement. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais pendant ces trois derniers jours, j'ai été prise par l'inspiration et j'ai passé mon week-end prolongé sur mon ordinateur à écrire. J'ai jamais écrire aussi vite. J'en ai mal aux doigts. Mais bon voici avec beaucoup d'avance la dernière partie du chapitre 2. Ça compensera avec le retard du précédent. Par contre, ne vous attendez pas à ce que le troisième chapitre soit aussi rapide. Je bosse non-stop jusque samedi 19h maintenant. Donc, je ne pourrais pas vraiment écrire avant dimanche. Comptez deux semaines pour la suite.
Réponse à la review : Eglaladiel : Pour Lau, tout le monde le voit venir à des kilomètres à chaque fois,mais les personnages se font toujours avoir. Pour sa trahison, Lau est un opportuniste à mes yeux. Il va là où ça l'arrange et n'est fidèle qu'à lui-même. Comme dans la saison 1 où il se retrouve contre Ciel en fin de compte.
Pour Doyle, c'est vrai que ça peut faire bizarre, mais on va dire qu'il existe pas. C'est moins bizarre. Surtout que j'avais commencé à écrire cette fic avant de lire l'arc de Conan Doyle.
La grande question : Holmes va t-il découvrir le secret de Sebastian ? Oui ou non ? Je n'en dirai pas plus. Tu le verras en lisant la fic.
Merci pour ta review !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 2 : Le Majordome mène l'enquête (3/3)
Fred Abberline quittait tranquillement Scotland Yard. Cela faisait quelques temps qu'il n'y avait pas eu d'enquêtes extraordinaires, dirait-il. Quelques vols et meurtres sordides, faciles à résoudre. Justice était faite. Mais le frisson qu'il avait pris la mauvaise habitude de ressentir quand il collaborait avec Holmes lui manquait. Avec Carter, ils n'hésitaient pas à aller demander le secours de leur ancien collègue quand le besoin s'en faisait ressentir. Et voir un homme tel que Holmes enquêter était une chose à laquelle ils n'auraient jamais cru pouvoir assister en entrant dans la police. Tout paraissait si simple si logique quand il résolvait les plus sombres mystères. Sa tendance à aller au devant du danger sans trembler, avec autant d'assurance pimentait le tout. Cet homme possédait de multiples facettes. Ce côté impertinent et associable que tout le monde connaissait, mais surtout ce charisme, ce pouvoir qu'il montrait quand il enquêtait irradiait les personnes autour de lui. Rien ne lui résistait. Décidément, Holmes le fascinait. Abberline s'en inquiétait parfois. Où était passé son amour de la justice, ses espoirs d'un monde meilleur quand il fréquentait le détective ? Il ne le saurait le dire. Sans compter, cette petite voix qui murmurait dans son esprit que cela allait mal finir. Le jeune homme secoua la tête, chassant ces sombres pensées. Il avait fini son travail, il rentrait chez lui rejoindre sa femme et leur fille. Il ne devait plus rien penser à part à sa famille. C'était primordial. Ne pas mélanger vie professionnelle et privée. C'était un coup devenir fou.
Le pas plus léger, il traversa un pont pour atteindre les rives en face. Il n'habitait pas loin, cela lui évitait de devoir dénicher et payer un cab matin et soir. Arrivé de l'autre côté, il longea les bord de la Tamise, le nez en l'air, profitant des derniers rayons du soleil. Soudain, une poigne de fer lui saisit le coude. Il sursauta, s'empêchant de crier. Il fit volte-face, la main sur son revolver. C'était qu'il devenait paranoïaque avec le temps. Mais ce n'était qu'un mendiant. Voûté, les cheveux grisonnants, un bandeau sur un œil, il tendait une longue main maigre et tremblante.
-La charité, mon bon monsieur, pour un vieil homme maudit par la vie, gémissait-il.
Abberline soupira de soulagement et lâcha son arme pour fouiller dans sa bourse. Il donna quelques shillings au clochard. Ce dernier eut un maigre sourire en les empochant.
-Merci, vous êtes trop bon.
Le policer lui sourit en hochant la tête et s'apprêta à s'éloigner. Mais la voix rocailleuse du vieux le retint.
-Mais je n'en ai pas vraiment besoin, vous savez.
Le ton devenait plus assuré au fur et à mesure qu'il parlait, plus clair et plus jeune. Lentement, le jeune homme se retourna. Son mendiant s'était redressé, ses yeux vifs fixés sur lui, le visage détendu.
-Vous savez ce dont j'ai besoin, Abberline ? D'un petit coup de main. Tenez, je vous les rends.
Comme dans un rêve, le policier reprit ses pièces.
-Holmes, souffla t-il. Qu'est-ce que vous voulez dire par un « coup de main » ?
Le détective émit un claquement de langue agacé.
-Pas ici. Rejoignez-moi au bar Fox Hood dans une heure et on en discutera.
Aussitôt, son dos se plia à nouveau et il partit le pas incertain en s'appuyant sur sa canne. Abberline le regarda partir en silence. Quand Holmes se déguisait, il ne parvenait jamais à le reconnaître bien qu'il le connaissait depuis des années. Il avait raté sa vocation au théâtre comme acteur, costumier et maquilleur, cet homme-là. Mais pourquoi s'était-il ainsi grimé pour l'aborder ?
Une heure plus tard, Abberline passait la porte du bar indiqué par Holmes. Il aperçut l'homme au fond de la salle, avec son vrai visage cette fois. Le jeune inspecteur slaloma entre les tables et les clients puis s'assit face au détective.
-Qu'est-ce que vous voulez ? demanda t-il aussitôt.
Holmes avala une gorgée de la choppe de bière devant lui. Il dévisagea un moment son vis-à-vis comme s'il l'évaluait. Enfin, il répondit :
-Vous montez rapidement les échelons de Scotland Yard. Vous êtes sûrement le plus proche de Randall à l'heure qu'il est. Vous savez qu'il me déteste. Et c'est largement réciproque. Il me vendra dès qu'il aura l'occasion de le faire. C'est peut-être déjà fait. À vrai dire, je m'en fous. Mais mon but n'a jamais été de m'opposer à la police. Au contraire. Vous le savez, non ? Je veux être sûr que qu'importe ce qu'il se passera, j'aurai toujours au moins un allié sur place.
-Vous pouvez compter sur moi, l'assura Abberline. Mais sur la rive tout à l'heure, vous m'avez parler d'un coup de main. D'ailleurs, pourquoi étiez-vous déguisé ? Pourquoi toutes ces précautions pour me parler ?
-Je suis étroitement surveillé. Et je ne tiens pas à ce que celui qui me surveille ne connaisse tous mes contacts.
-Qui vous surveille ?
-Je doute que vous le connaissez. Je fais des recherches sur lui. J'ai passé le dossier à Carter. Il n'a rien trouvé dans les archives du Yard.
-Pourquoi cette surveillance ?
-Je ne sais pas encore. Je cherche. Mais le nombre de mes ennemis s'agrandissent et ils ont de l'influence dans les hautes sphères, on va dire.
L'inspecteur fronça les sourcils, comme s'il tentait de retrouver un mauvais souvenir. Il hésita puis parla.
-Aurait-ce un lien avec le comte de Phantomhive ?
Holmes releva la tête brusquement.
-Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
-Lui et son majordome sont venus à Scotland Yard, il y a quelques jours pour interroger tout le monde sur vous. Randall était au courant, mais il n'a rien voulu me dire.
-Il était au courant ? Vous êtes sûr ?
-Oui.
-Qu'ont-ils demander sur moi ?
-Des détails sur votre carrière, sur vos méthodes de travail, sur votre caractère, marmonna Abberline en cherchant. Ils sont restés assez flous. Vous avez dû avoir les oreilles qui sifflaient ce jour-là.
-J'imagine que mes anciens collègues n'ont pas été de main morte avec moi.
-Non. Mais vous désirez mon aide en quoi ?
-Mon surveillant est le majordome Phantomhive. J'espère l'avoir mis hors jeu pour quelque temps, mais j'en doute. Une veille... connaissance m'a envoyé un télégramme ce matin pour me prévenir qu'il lui avait parlé. Posé des questions sur moi. Ce qui est assez étonnant étant donné que je n'avais plus entendu parler d'elle depuis deux ans. Phantomhive fouille mon passé très consciencieusement. Mais moi j'ai un blanc d'un mois dans le sien. C'est là où tout a basculé.
-Après la mort de ses parents ?
-Oui, jusqu'à l'arrivée de Michaelis. Michaelis qui semble bien caché son passé aussi.
-Vous voulez que je fasse des recherches ?
-Inutile. J'ai déjà des pros sur l'affaire.
-Alors, quel sera mon rôle dans tout ça ?
-Petit mais essentiel. Vous serez mon effet papillon.
-May-Linn Eagleye, née en 1866, recherchée pour meurtres. Ancienne tueuse à gages. A disparu de la circulation il y a quatre ans, lut Holmes, de nouveau installé dans son fauteuil de Baker Street. Et bien, c'est du joli. Le reste est sans intérêt.
Il jeta nonchalamment le dossier à terre et s'attaqua au suivant.
-Voyons le cuistot maintenant. Bardroy Blast, né en 1852 à Philadelphia. Il s'est engagé dans l'armée américaine à vingt-et-un ans. Il a disparu il y a quatre ans après que son régiment ait été décimé en Égypte. Il est déclaré officiellement mort. Ensuite, Finnian Wood, né en 1872 dans la banlieue de Manschester, orphelin de naissance, a disparu à l'âge de douze ans. Il a subitement réapparu il y a quatre ans et a été engagé par Phantomhive comme jardinier. On ne doit pas s'ennuyer chez eux avec un tel personnel. Rien qu'avec Eagleye, j'ai de quoi en faire pendre la moitié.
Avec satisfaction, il regarda les trois dossiers étalés devant lui. Il n'y avait pas grand chose, mais c'était amplement suffisant. Le comte avait bien caché ses serviteurs. Ses contacts avaient eu beaucoup de mal à les trouver. Holmes trouvait étonnant que la tueuse n'ait pas changé son nom. Comment Phantomhive avait-il pu laisser passer cela ?
Leur apparition ou disparition était arrivée quelques semaines après le retour du comte et l'arrivée de Michaelis. Ce n'était pas un hasard. Une fois revenu d'entre les morts, Ciel s'était cherché de nouveaux serviteurs. Ceux de ses parents étant morts ou travaillant ailleurs. Mais c'étaient plus que des cuisiniers ou femmes de ménage qu'il s'était procuré. C'était une mini armée entièrement dévouée. Des garde du corps. Être le limier de la reine comportait des risques et le petit l'avait vite compris. D'où ce recrutement. Il avait pris beaucoup de risques en engageant May-Linn Eagleye. Autant Blast, c'était logique. Mais, avec elle, il jouait avec le feu. Cela faisait une nouvelle carte contre le comte en sa possession.
Mais le principal intéressé de ces recherches, Sebastian Michaelis, restait introuvable. Rien n'avait été trouvé sur lui pas même un acte de naissance. Comme s'il n'avait aucune existence. C'était un faux nom. Ce n'était pas possible autrement. Après pourquoi cacher sa véritable identité ? Qu'avait-il à se reprocher ? Quelque chose de très grave pour en arriver à de telles extrémités. Il sourit. S'il coinçait le majordome, le comte perdrait sa pièce maitresse. Il avait fait commencé des recherches sur les assassins et autres criminels correspondant à Michaelis. Il finirait bien par le retrouver. Il devait bien sortir de quelque part. Il n'avait pas dû passer inaperçu avec son physique d'une manière ou d'une autre.
Il restait encore l'intendant de la maison, le dénommé Tanaka. Étrangement, c'était le seul à être normal dans cette équipe. Fils d'émigrés japonais, il avait été le majordome de Vincent Phantomhive. Après la mort de ce dernier, il était revenu au service du fils à son retour. Holmes était presque déçu.
Mais le problème le plus important restait le même. Qui était Sebastian Michaelis ? Pas un enfant de chœur, cela il en était certain. Mais aussi : quel était son lien avec Phantomhive ? Comment s'étaient-ils rencontrés ? Le comte avait-il rencontré son majordome avant ou après sa disparition ? Quel rôle Michaelis avait-il joué dedans ? Et dans le retour inattendu du comte ? Que s'était-il passé pendant ce mois ? Holmes avait fouillé, interrogé, cherché, mais il n'avait rien trouvé. Que s'était-il passé ? Qui avait tué les Phantomhive ? Il n'avait laissé aucune trace derrière lui. Le crime parfait. Trop parfait. Où était la faille ? Il était sûr au fond de lui que la clé du mystère était toute proche. Michaelis doit la posséder ou du moins une partie.
Il gémit de frustration. Il se leva d'un bond, fauchant de ses pieds les dossiers à terre. Il se prit la tête entre les mains. Cette affaire le rendait fou. C'était inexplicable et il détestait ne pas comprendre. Jamais il ne s'était retrouvé bloqué de cette manière. Il était touché dans sa fierté. Il découvrirait la vérité coûte que coûte.
Sebastian était revenu la veille au soir au grand soulagement de Ciel qui craignait sérieusement pour la survie de son manoir. Le lendemain matin, quand il s'éveilla, le majordome avait tout remis en ordre et réparé les petits accidents. La maison était redevenue parfaite comme à son habitude.
Quand Sebastian lui fit le compte rendu de sa visite à New York chez Mme Norton, alias Irène Adler, le jeune comte se dit que tout cela n'avait été qu'une perte de temps. La matinée s'écoula et l'heure du déjeuner sonna. Ciel s'assit à sa place habituelle pour manger. Mais il n'était pas seul. Il eut un sursaut en apercevant Lau installé à l'autre bout. Exaspéré par le sourire candide du chinois, il lança :
-Qu'est-ce que vous fabriquez ici, vous ? Je ne vous ai pas invité à ce que je sache.
-Et bien, comte, qu'est-ce que ces manières ? Moi qui venais avec de bonnes intentions. On ne peut même plus faire une visite de courtoisie sans se faire agresser, ma foi.
-Vos visites de courtoisie, Lau, équivalent plus à du parasitage. Qu'est-ce que vous voulez ? À part manger gratuitement.
-Vous raconter une petite mésaventure qui m'est arrivée il y a de cela quelques jours.
-En quelle langue dois-je vous dire que je ne veux rien savoir sur vos divers trafics ?
-Mais ça n'a rien à voir avec mon commerce, s'indigna Lau. Il s'agit de deux gentlemen qui sont venus me parler de vous. Enfin, gentlemen, il faudrait que je vérifie la signification de cette appellation.
-Qui étaient-ce ? Que voulaient-ils ?
-Ils ont dit s'appeler Sherlock Holmes et John Watson. Ça vous dit quelque chose ?
À l'entente de ces noms, Ciel laissa échapper son verre. Il se serait fracassé sur le sol si Sebastian en l'avait pas rattrapé in-extrémis.
-Apparemment, oui, conclut Lau.
-Qu'est-ce qu'ils voulaient ? demanda Ciel d'une voix blanche.
-Excusez-moi, comte, mais je ne vous entends pas très bien. J'ai quelques problèmes de surdité ces derniers temps. M. Holmes m'a montré des méthodes d'interrogatoires des plus originales. Pourriez-vous parler plus fort, je vous prie ?
-D'interrogatoires ? répéta Ciel. Qu'est-ce qu'il vous a demandé ? Qu'est-ce que vous lui avez dit ?
-Tout, répondit Lau, contrit.
-Comment ça « tout ?
-Tout ce que je savais sur vous.
Ciel se sentit blêmir. Toute couleur avait disparu de son visage, le rendant plus pâle que Sebastian. De ses mains tremblantes, il empoigna le bord de la table. Lau l'avait trahi. Au fond de lui, il savait que le chinois était un opportuniste. Mais il pensait le tenir suffisamment pour ne pas avoir à faire face à une trahison. Après tous les arrangements et affaires qu'ils avaient eu ensembles. Il suffisait que Holmes le bouscule un peu et, lui, il déballait tout.
-Mais que vous a t-il fait ou promis pour que vous... ?
Il ne parvenait même pas à terminer sa phrase. Il refusait de se sentir touché par les actions de Lau. Mais il ne supportait pas de voir un de ses pions se retourner aussi facilement contre lui.
-Comme je vous l'ai dit, il m'a montré des techniques que je ne connaissais pas. J'ignorais que un simple klaxon de voiture pouvait se révéler aussi douloureux. Son compère a tué un de mes hommes et lui il a mis KO un autre ainsi que Ran-Mao.. Ce n'est pas rien. J'avais déjà eu affaire à lui par le passé. J'ai purgé deux jours de prison par sa faute. Il m'a attrapé une fois, il est tout à fait capable de me remettre sous les verrous une seconde fois. Et je n'aurais pas toujours la même chance. Pour tout vous dire, je n'ai pas voulu tenter le Diable et j'ai sauvé mon dernier tympan rescapé. J'ai besoin d'entendre dans mon métier.
Ciel étouffa un grognement de rage, s'empoigna les cheveux. Il sentait son corps trembler. Il frappa violemment la table de ses poings, faisant trembler la vaisselle.
-Je suis vraiment entouré d'incapables ! clama t-il. Sebastian, aurais-tu remarqué d'autres mouvements de ce genre de la part de Holmes avant qu'une autre surprise du genre n'arrive ?
-Non, monsieur, répondit calmement le démon. Je vous ai dit tout ce que je savais. Je puis vous assurer que j'ignorais totalement qu'il avait pris contact avec Lau.
-C'est bien ce que je disais : je suis entouré d'incapables.
Les yeux de Lau s'ouvrirent en grand, dévisageant le majordome qui avait baissé la tête en signe de pardon. C'était bien la première fois qu'il était traité d'incapable, qu'il ratait quelque chose. Surtout si comme il l'avait bien compris, il avait été chargé d'espionner Holmes pour le comte. Il eut un sourire devant cette constatation inédite.
-Si j'étais vous, monsieur le comte, je me méfierai de ce Holmes. C'est un petit malin, croyez-moi. Je dirais même, poursuit-il en baissant d'un ton, qu'il est bien plus malin que vous.
-Ah ! cracha Ciel avec dédain. Alors, là, j'aimerais bien voir ça.
-Je suis persuadé que vous le verrez plus vite que vous ne le voudrez.
-En ce cas, voyons ! décréta le comte. Et quitte à voir, autant choisir le moment.
Lau eut un frisson d'excitation. Le noble allait-il faire ce qu'il pensait ?
-Cessons ce jeu stupide du chat et de la souris, continua Ciel. Jouons cartes sur table. Nous perdons du temps. Nous n'avons pas agi comme il le faut. Sebastian !
Le majordome releva a tête et se tourna vers son maitre, attendant les instructions. Lau sourit. Il avait bien deviné.
-Envoie un message à Sherlock Holmes. Dis-lui que je souhaite le rencontrer.
-Monsieur ? s'étonna Sebastian.
-Cesse de discutailler et exécute-toi. Maintenant.
-Yes, my Lord.
Le démon s'inclina, la main sur le coeur et disparut de la salle à manger. Lau sautillait presque sur son siège à l'idée du spectacle qui allait suivre prochainement.
-Je pourrais venir avec vous, comte ? demanda t-il, avide.
-Non, répondit-il. Vous, vous finissez votre assiette et vous disparaissez de ma vue. Et surtout, faites-vous oublier pendant quelques semaines. Minimum.
Déçu, le commerçant baissa la tête. Pendant ce temps, le comte ruminait. Rien pour le moment ne s'était passé comme prévu avec cet Holmes. Il devait changer complétement sa façon de faire et aller en première ligne. Lau prétendait qu'il était plus intelligent que lui. On allait voir ça. Voir qui était cet homme qui mettait en échec Sebastian, qui faisait tant parler de lui au point de faire trembler la couronne. Il s'était montré trop prudent et cette enquête s'étirait. Il changerait de technique et réussirait bien alors à coincer son adversaire. Et même, si Holmes était aussi malin qu'on le disait, avait-il un démon à son service, entièrement dévoué ? Non. Sebastian était sa pièce majeure et il le resterait. Une pièce que Holmes ne possédait pas et ne pouvait pas voir arriver.
De Ciel Phantomhive à Sherlock Holmes
Le 22 novembre 1890
Monsieur Holmes, j'ai souvent entendu parler de vos aventures et ce serait un honneur pour moi d'enfin pouvoir vous rencontrer. Daignerez-vous accepter une invitation à diner? CP
De Sherlock Holmes à Ciel Phantomhive
Le 22 novembre 1890
Monsieur le Comte, j'ai été aussi étonné qu' «honoré» par votre singulière invitation. Soyez en sûr que j'en serais ravi. Cependant, j'aimerais choisir le lieu de ce diner. Un lieu avec beaucoup de témoins. SH
De Ciel Phantomhive à Sherlock Holmes
Le 23 novembre 1890
Monsieur Holmes, où souhaiteriez-vous que l'on se rencontre ? CP
De Sherlock Holmes à Ciel Phantomhive
Le 23 novembre 1890
Connaissez-vous le Bentley Hotel ? Vous ne serez pas dépaysé et il est toujours plein. Si vous le permettez, je viendrai avec un ami. SH
De Ciel Phantomhive à Sherlock Holmes
Le 24 novembre 1890
J'ai réservé pour quatre personnes lundi prochain à huit heures. Soyez à l'heure. CP
De Sherlock Holmes à Ciel Phantomhive
Le 24 novembre 1890
Parfait. J'y serai. SH
Le lundi qui suivit, Ciel, accompagné de Sebastian, passèrent les portes du luxueux restaurant proposé par Holmes avec dix minutes d'avance. Au moins, son nouvel ennemi avait du goût. Arrivé dans la salle, le comte annonça son nom et le serveur lui demanda de le suivre. Sa table se trouvait au fond, à l'abri des regards et des oreilles. C'était parfait. En traversant les lieux, Ciel vit que le détective avait raison. L'endroit était bondé. Beaucoup de témoins comme il le désirait donc. La confiance ne régnait pas. Il faisait preuve de prudence et de raison. En s'avançant, il finit par voir deux hommes assis à leur table. En les apercevant à son tour, Sebastian haussa un sourcil étonné et sourit.
-Et bien, notre ami est à peine reconnaissable. Aurait-il rencontrer votre tante Frances ? souffla t-il.
Effectivement, le démon avait été surpris en voyant Holmes. Ce dernier s'était rasé de près et coiffé soigneusement ses cheveux en arrière. Vêtu avec goût sans être voyant, il ressemblait à n'importe quel gentleman du restaurant. L'homme à ses côtés, le docteur Watson, avait sorti ce qui était certainement son plus beau costume. Mais Sebastian remarqua sa canne contre sa chaise. Lau lui avait soufflé qu'il dissimulait une épée à l'intérieur. Ils étaient vraiment sur leurs gardes.
-C'est lequel des deux ? demanda Ciel.
-Celui de droite avec la veste bordeaux. L'autre en noir avec une moustache est son colocataire le docteur Watson. Un ancien militaire. Il est armé. Et je soupçonne Holmes de l'être également.
-Tout comme toi et moi.
Le serveur s'arrêta devant la table et salua les deux hommes déjà assis avant d'annoncer les nouveaux arrivants. Holmes daigna quitter sa montre à gousset des yeux afin de regarder le comte. Sa bouche tressaillit comme s'il s'était empêché de sourire. Watson les salua poliment, mais ne semblait pas l'aise pour autant. Ciel s'assit, suivi de Sebastian qui prit place à côté du docteur.
-Alors, voici le terrible Ciel Phantomhive, débuta Holmes. On se rencontre enfin.
-Oui, en effet, répondit le comte. Il était plus que temps.
-Vous me surprenez, Phantomhive. J'aurais pensé que vous continuerez à vous cacher derrière votre majordome. Mais vous voilà et de votre propre initiative.
-J'ai compris qu'avec vous, je devais bousculer mes habitudes.
-Oh, je suis désolé de vous avoir bousculé, ricana Holmes. Mais vous ne vous perturbez pas trop encore. Votre chien de garde n'est jamais loin.
-Vous craigniez de ne pas me revoir, M. Holmes ? intervint Sebastian d'une voix doucereuse.
-Je n'avais aucune crainte de ce côté. Je me questionnais seulement sur la date de nos retrouvailles.
-Je vous manquais ?
-Pas le moins du monde.
-Pourtant, vous m'avez préparé un accueil particulièrement chaleureux. Un Reichsrevolver?
-Non, répondit Holmes. Un Webley 455.
Apercevant le froncement de sourcils du comte, il se tourna vers lui, sans se départir de son sourire ironique.
-Inutile de prendre votre air offusqué, monsieur le Comte. Vous aussi vous êtes armé et je parierais même pour un revolver de poche comme un British Bulldog. Facilement dissimulable et transportable adapté à la taille de vos mains. Surtout si vous optez pour la version 9mm.
Ciel se mordit la lèvre inférieure. C'était exactement l'arme qu'il portait à sa ceinture. Sebastian la lui avait offerte dès le premier mois de leur contrat, décrétant qu'il se devait de posséder une arme « au cas où » et que celle-ci lui correspondrait tout à fait. Le sourire de Holmes s'agrandit.
-Avant que les suspicions se poursuivent, sachez que mon ami Watson est également armé d'une canne-épée et d'un revolver. Et vous, M. Michaelis, votre choix s'est porté sur quelle arme ?
-Nous avons manifestement les mêmes gouts, puisque j'ai de même un Webley.
-C'est important la confiance, annonça le détective. Elle rassure et instaure un climat. Mais lorsqu'elle est absente, il faut bien la remplacer. Maintenant que les choses sont claires, passons au vif du sujet.
-J'allais vous le proposer, fit Ciel.
-C'est vous qui avez décidé cette rencontre, monsieur. À vous l'honneur. Pourquoi une telle décision ?
-Inutile de se voiler la face, on ne ferait que perdre du temps. Nous savons tous les deux – enfin tous les quatre – où nous en sommes. Vous avez découvert que j'enquêtais sur vous et vous avez inversé la situation. Notre ami, Lau, est venu me conter votre petit tête-à-tête.
-Quel ami fidèle et sûr que ce Lau ! Même si cela peut vous paraître puéril : c'est vous qui avez commencé. Je n'ai fait que me défendre.
-Si vous vous voulez jouer à cela, c'est vous qui avait commencé, il y a des années de cela.
-Non. J'enquêtais sur votre père, pas sur vous. Le seul moment où je m'étais concentré sur vous, c'était lors de votre disparition. Je tiens à ajouter qu'à Scotland Yard, j'étais le seul à vous rechercher. Mais vous vous êtes très bien débrouillé sans moi visiblement. Sinon, pourquoi soudain vous êtes vous intéressé à moi ?
-On m'a parlé de vous, avoua Ciel. Et pas forcément en termes élogieux.
-Qui ? Randall ? C'est pour ça qu'il était au courant de votre petite inspection au sein de la police.
-On va dire qu'il fait parti d'un lot. Je vois que vous avez toujours vos sources au sein du Yard.
-Encore et toujours. C'est pour ça que Randall a parlé. Il a fini par comprendre que ses hommes ne le suivaient pas aveuglement. Il a voulu savoir qui gardait des liens avec moi. Non, se reprit Holmes. Ce n'est pas cela. Ou du moins c'est juste une petite partie. Vous ne vous serez pas déplacé juste pour Randall et son problèmes d'ego.
-Disons que j'ai également des sources. Mais vous, avec votre activité de privé, vous semblez avoir votre petit succès.
-Je commence à me faire un nom.
-Auprès de personnes extrêmement influentes.
-Serait-ce cela qui gêne ? Mes anciens clients ?
-On peut se demander ce qu'ils trouvent pour vous avoir donné une telle réputation en si peu de temps.
-Quelqu'un de compétent et de discret. Parce que voyez-vous, on ne peut pas dire que les gens intelligents courent les rues. Quel dommage pour notre époque ! Au vu de votre position, vous devez connaître l'incompétence presque maladive des forces de l'ordre.
-Vous en faisiez parti avant.
-Ne trouvez-vous pas que les missions que la reine vous envoie ont beaucoup augmenté depuis mon renvoi ?
Ciel devait avouer que depuis qu'il avait réussi à arrêter Jack l'Éventreur, la reine l'envoyait plus souvent en mission. Mais il pensait juste que c'était ses succès et la confiance de sa Majesté qui jouaient en sa faveur. Holmes avait-il raison ? Était-ce parce qu'il n'était plus là que la police avait plus de mal qu'avant ?
-Vous avez une haute opinion de vous-même, Holmes.
-Je suis réaliste face à mes capacités. Mais vous ne semblez guère complexé non plus.
-Si j'en suis là aujourd'hui, ce n'est pas pour rien, répondit Ciel.
-C'est pour quoi alors ? Et où êtes-vous ? À la tête de la société de votre père. Vous l'avez développée d'une manière aussi inattendue qu'efficace ces quatre dernières années. Apparemment, vous avez aussi suivi ses traces au service la reine. Mais le hic au tableau : votre âge. Quel est-il d'ailleurs ? Quatorze ans. C'est très jeune. On peut douter de vos exploits. Vous parlez bien, mais de quoi êtes-vous réellement capable ? Avez-vous vraiment fait tout ce dont je viens d'énumérer ? Personnellement, j'ai des gros doutes. Je soupçonne d'autres personnes d'être derrière vous. Ne serait-ce que votre disparition puis votre réapparition amènent à se poser des questions. Mais ce qui m'intrigue le plus dans cet enchevêtrement est votre majordome. Oui, vous M. Michaelis. Même si cela n'est pas votre nom, puisque Sebastian Michaelis n'a jamais existé. Vous n'avez aucune existence administrative.
-Vous ne semblez pas me tenir en très haute estime, reprit le comte. Sinon, je vois que vous avez fait des recherches.
-Évidemment. J'ai trouvé beaucoup de choses intéressantes par ailleurs. Notamment sur vos serviteurs. Saviez-vous que M. Blast Bardroy est déclaré mort dans son pays d'origine ? Bien sûr qu vous le savez ! Je suppose également que votre ami Randall sera ravi d'apprendre que votre femme de chambre n'est autre que la redoutable tueuse May-Linn Eagleye. Quant à vous, je ne vous traite pas d'idiot. Il est évident que vous ne l'êtes pas. Mais je ne peux concevoir qu'un enfant – aussi doué soit-il – peut faire de telles choses seul.
-Qu'étiez-vous à quatorze ans ?
Sherlock Holmes s'autorisa un temps de réflexion.
-Ça ne date pas d'hier.
-De 1868. Vingt-deux ans, si je ne m'abuse.
-Oui. J'allais à l'école comme une partie des enfants de mon âge, je crois.
-Mais vous ne viviez plus chez vos parents, mais chez l'inspecteur Lestrade.
Holmes sourit.
-Savez-vous pourquoi j'étais chez Lestrade justement ?
-Non.
-Ma mère est morte quand j'avais treize ans. Peu de temps après, j'ai eu une dispute avec mon père et il m'a mis dehors. L'inspecteur m'a recueilli. Voilà toute l'histoire.
-Pourquoi me dire cela ? s'interrogea Ciel.
-Vous auriez fini par le découvrir et je préfère connaître vos sources. Mis à part cela, j'ai eu une enfance normale.
Sebastian ne disait rien, mais observait avec attention. Son maitre et Holmes étaient totalement concentrés l'un sur l'autre. Watson les écoutait tout en surveillant le majordome du coin de l'œil. Le détective lui avait sûrement dit qu'il était potentiellement dangereux ou autre. S'il savait ! Le démon ne manqua pas l'étonnement qui marqua ses traits quand il entendit Holmes parlait brièvement de son enfance. Visiblement, il ne devait pas faire de telles confidences souvent si son colocataire ignorait cela. Ce qui fit dire à Sebastian qu'il n'avait pas tout dit. Il devrait faire des recherches sur la mort de Mme Holmes ainsi que sur le père. Était-il toujours vivant et si oui où habitait-il ?
-Mais malgré cette conversation fort intéressante, reprit Holmes en soupirant. Nous n'avons pas avancé d'un pouce. Je ne sais toujours pas ce que vous avez à me reprocher ni pour qui.
-La discrétion fait parti de mes fonctions, se contenta de répondre Ciel.
-Nous refusons de dire quoique ce soit, mais nous voulons faire parler l'autre. Nous sommes dans une impasse. Il vaudrait mieux que pour cette première rencontre nous nous en tenons là.
-Première ? Comptez-vous en avoir d'autres ?
-Ce pays est trop petit pour que deux personnes telles que nous ne se revoient pas. Nous jouons dans les mêmes sphères. C'est obligé qu'on se retrouve à nouveau face à face. Même si je doute que le cadre soit aussi agréable.
Le petit groupe sortit sans un mot ni un regard échangé du restaurant. Ciel s'arrêta devant sa voiture. Sebastian ouvrit immédiatement la porte. Au moment de monter, Ciel regarda son majordome droit dans les yeux et ses lèvres formèrent son nom. D'une vitesse surnaturelle, Sebastian se retourna, son arme à la main. Sentant le coup venir, Holmes avait déjà commencer à dégainer et les deux revolvers identiques se retrouvèrent canon contre canon.
-Et maintenant, que fait-on ? On va s'entretuer ? demanda Holmes.
-Personnellement, je ne suis pas contre, répondit Sebastian avec un sourire.
-Mais qu'en est-il du petit comte ?
Pris d'un doute affreux, Sebastian se retourna et vit Ciel sous la menace de l'arme de Watson. Sa canne bloquait les avant-bras du garçon, l'empêchant de sortir son pistolet. Le majordome se retourna aussitôt vers Holmes. Il le sentait tout à fait capable de tirer pendant qu'il regardait ailleurs. Et c'était lui qui commandait Watson, donc qui contrôlait la situation. Sebastian grimaça comme s'il venait d'avaler un citron entier. Dans quel guêpier le comte s'était-il encore fourré ?
-On range nos armes ? proposa t-il. Une petite trêve ?
-C'est ce qu'il y a de plus raisonnable, consentit Holmes.
Mais personne ne rengaina.
-La confiance règne. C'est beau à voir, observa ironiquement le détective. En même temps.
Doucement, sans se quitter des yeux, Sherlock et Sebastian rangèrent leur arme d'un même mouvement. Dès que ce fut fait, Watson délivra Ciel et retourna aux côtés de son ami. Rapidement, le démon enferma son maitre dans la voiture, hors de portée. Il monta à la place du conducteur.
-Bonne soirée, messieurs. Au plaisir de vous revoir, salut-il avant de faire démarrer les chevaux.
Holmes et Watson les regardèrent s'éloigner.
-Et bien Watson, comment avez-vous trouver cette petite soirée ? demanda le détective en prenant la direction de Baker Street.
-Elle n'a pas comblé nos espoirs. Nous n'avons rien appris sur ce Phantomhive.
-Personnellement, je l'ai trouvée assez riche. Le but n'était pas de faire parler le gamin. Je savais que ce serait une perte de temps. Lau est suffisamment bavard pour deux. Il suffisait juste de lui faire croire que je voulais le faire parler.
-Quel était votre but alors ?
-L'observer, mon cher Watson ! Observer aussi les réactions du majordome. Leurs liens. Ils sont plus proches qu'ils ne devraient. Ils réagissent au quart de tour selon les regards et mimiques de l'autre. Michaelis est très observateur aussi. Mais, surtout, il cache bien son jeu. Le môme est persuadé de tout contrôler, que son serviteur lui est entièrement dévoué. En vérité, c'est ce dernier qui mène la danse et le comte ne serrait rien sans son ombre. Après, à quel jeu joue Michaelis ? Pourquoi une telle attitude de soumission alors qu'il rêve d'être définitivement sur le devant de la scène? Il pourrait aisément se débarrasser de son maitre.
-Comment avez-vous pu découvrir cela rien qu'en discutant ce soir ?
-J'ai observé et déduit comme toujours.
-Moi aussi j'ai observé, mais je n'ai rien vu.
-Erreur, Watson, le corrigea Holmes d'un ton sec. Vous regardez, vous ne voyez pas. Par exemple, quand j'ai parlé de son arme au comte, comment a t-il réagi ?
-Il s'est mordu la lèvre.
-Et ?
-Je ne sais.
-Il a regardé Michaelis. Une fraction de seconde, mais il l'a regardé. Donc, c'est le majordome qui lui a dit d'emmener son arme, voir qui lui a fourni le Britsih Bulldog. Autre exemple, quand je lui posais des questions sur la personne qui l'a chargé de l'enquête, c'était une de ses bagues qu'il regardait. La bleue qu'il avait à son pouce. Elle appartenait à son père avant. Un héritage. Comme la fonction de limier de la reine.
-Vous soupçonnez la reine d'avoir envoyé Phantomhive vous espionner ?
-Je ne soupçonne pas, j'en suis sûr. Personne d'autre ne peut se servir des Nobles du Mal. Après, Michaelis. Il avait le regard partout. Il jaugeait les pions que nous sommes en train de débattre. C'était juste une manière de nous évaluer. Aussi bien vous et moi que le comte. Il paraissait bien s'amuser. Quand nous avons sorti les armes et pris son maitre en otage, il était enragé. Il avait perdu le contrôle de la situation et ça l'a blessé dans son orgueil. C'est lui le maitre du jeu. Pas Phantomhive. Même si le petit pense le contraire.
-Je vois.
-Vous ne voyez pas. La plus grande faiblesse de Phantomhive est aussi sa plus grande force. Le jour où le serviteur se retournera contre le maitre – et cela arrivera, croyez-moi – le comte sera fini. Sûrement enterré dans un coin. Dans tous les sens du termes.
-Vous comptez en profiter.
-Évidemment. Mais si je veux avoir la prétention de manipuler Michaelis, j'ai intérêt à y aller doucement et avec finesse. Il ne se laissera pas avoir facilement. Peut-être est-ce enfin l'adversaire qu'il me faut ?
Ciel était frustré. Il n'y avait pas d'autre mot. À quoi avait mené cette rencontre ? Il avait juste fait face à un mur. Il s'était juste fait insulter par Holmes. Il en avait même trop dit. Et qu'avait-il eu en échange ? Juste une anecdote sur l'enfance de Holmes. Il s'était disputé avec son père et sa mère était belle affaire ! l n'allait pas aller loin avec cela. Ce maudit détective l'avait manipulé du début à la fin. Il s'était fait avoir comme un débutant. Comment rattraper cela maintenant ? Holmes avait-il compris que c'était la reine qui l'avait envoyé ? Comment avait-il deviné pour son pistolet ? Frustration, voilà ce qu'était le comte Phantomhive.
À la place du cocher, Sebastian souriait. Plus le temps passait, plus il trouvait ce Sherlock Holmes fascinant. Il pensait que personne ne pouvait arriver à la cheville de son maitre. Il s'était trompé. La partie allait intéressante. Il espérait qu'elle ne se terminerait pas trop tôt, qu'il ait le temps de s'amuser.
Les noms des serviteurs, je les ai inventés, ainsi que leurs dates de naissance. Puisqu'on a rien dans le canon à ce sujet. Concernant, les armes citées, elles datent des années 1880. Pour en savoir plus, consultez ce site : http: / / perso. numericable. com / georgesmcrei / Armes %20 Victoriennes . htm (enlevez les espaces)
A suivre dans le chapitre 3 : Le Majordome s'incline. Qui sera publié dans deux semaines.
Une nouvelle enquête commence et la rivalité entre Ciel et Holmes va s'accentuer. Des révélations vont éclater en plein jour. Avouez que ça donne envie, hein ? Non ? Ma mise en bouche est nulle ? Bon, d'accord.
A bientôt !
