THE EVAN'S COMPANY

Posté le : o4 Avril 2011. Comme Promis.

Rating : MA, semblerait-il

Genre : Romance, puisqu'il faut vraiment en donner un... UA. Slash. Blablabla.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K Rowling Ce que j'en fais, sort tout droit de mon imagination complètement loufoque.

Note d'auteur : J'aime dormir chez moi le vendredi soir et que, quand il rentre de sa chambre universitaire, vers o2 ou o3 heures du mat' mon grand frère se glisse dans mon lit pour me faire un câlin. Ensuite, on écoute Elvis.

Ceci dit, j'espère que ce chapitre vous plaira. Ce n'est pas forcément celui que tout le monde attend, mais en même temps, comment réagir quand la personne avec qui vous venez de couchez s'enfuit ? Bonne question. Celle-là et puis le pourquoi aussi. Vous avez été nombreux à me demander, je ne suis pas sûre que ce chapitre vous apportera toutes les réponses, mais bon...

Je suis une espère de sadique, névrosée, au cerveau défaillant, qui écrit des cochonneries au lieu de faire ses devoirs. Mes résultats de partiels ont amenés Maman à vouloir me confisquer mon notebook. Puis a trouvé cela plus drôle de me priver de sortie. Sauf que, merde, je suis majeure. « J'ai payé les frais d'entrée à l'université », m'a-t-elle répondue. Et quand je lui ai donné le montant des frais universitaire ( Un quart de ma ridicule paye ! ) elle s'est mise à hurler.

Conclusion : Selon elle, je suis un rat. Selon moi, sa réaction disproportionnée m'a évité d'avoir à acheter ma liberté. Fucking Perfect. Ah et aussi j'ai atteins les 100 reviews. Merci:D

Ma vie ressemble à une pièce de théâtre absurde. Et j'aime ça.

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Ode aux anonymes : [ Ouais, enfin réponses aux reviews, quoi ! ]

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Ano nym : Oui Draco est méchant. Il l'a toujours été et le sera toujours. À mes yeux du moins. J'ai bien essayé les fictions où il est gentil et mielleux... Mais, y'a pas à dire, moi c'est en méchant que je le préfère ! Je suis contente que ce chapitre t'ai plu. Je t'embrasse !

Jude Goyave : Hum je suis bien contente que cette fiction te plaise. C'est toujours un plaisir pour moi quand quelqu'un prend quelques minutes de son temps pour me dire ça ! Personnages attachants ? On ne s'ennuie jamais ? Mon Dieu, tu ne pouvais me faire un plus beau compliment. Merci. Merci beaucoup. Je t'embrasse, toute flattée et rougissante que je suis, en espérant que ce chapitre te plaira lui aussi ! Et encore un énorme merci !

Archangel69 : Effectivement, plein de question. Est-ce que je l'ai fait exprès ? Oui. Bien sur. Je suis une sadique en puissance :) En tout cas, je suis contente que le chapitre t'ai plu. J'espère qu'il en sera de même pour celui-ci ! Je t'embrasse. Et à très vite j'espère !

Vicky : Vicky. Ma Vicky. L'utilisation du possessif devient obligatoire. Tu es à moi. Je l'ai décidé. Haha ! ( Non ce n'était pas un rire niais ! ). Pour revenir au chapitre, hum ouais, leurs hormones les travaillaient, on va dire ça comme ça. C'est mignon ;) mais pas d'amour pour tout de suite. N'exagérons pas !

Ensuite, tu as vu juste. Et c'est assez gênant. C'est comme savoir qu'on est observé 24h/24. En gros tu transformes ma vie en une espèce de grosse télé réalité... VDM, non ? Il y a beaucoup de moi dans ce chapitre. Oui. Tu m'as démasqué. Même si j'avoue que je ne suis pas touchée en écoutant des vieux s'envoyer en l'air. Ça, ça sort tout droit de mon imagination. Et je ne suis pas sûre que ça soit franchement mieux, aux vues de ma santé mentale... Mais bon ! Mais pas mal d'autres trucs, en revanche, sont vrais. Je me suis laissée aller à être un peu Draco. Et un peu Harry. C'est peut-être pour ça aussi que j'aimais tellement ce chapitre...

Ceci dit, revenons à l'essentiel... Je me lance dès à présent à la recherche de l'anneau qui délivre Whisky ET Dom Perignon ;)

Pour finir, le destin veut que, moi aussi j'arrive à toucher mon nez avec ma langue. C'est un signe :P Par contre le poing dans la bouche j'arrive pas. C'est frustrant ! Ceci dit, je t'embrasse GOULUMENT ! [ Laisse, elle débloque...]

P.S. : J'aime particulièrement tes « review de la taille d'un pavé et qui donne le sentiment que tu es 24h/24 shootée au LSD. ». Elles sont jouissives, alors n'arrête pas ! Merci !

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Septième chapitre : Ne te mouches pas dans ma robe.

( Pas cette fois, relèves-toi ! )*

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Bristol, le 23 Juin 2010...

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- Tu n'auras qu'à la chanter en petite culotte, tu verras, tout le monde oubliera que tu es une chanteuse à texte.

- Certainement pas ! Répond Anna en riant. Surtout que je ne pense pas être une chanteuse « à texte » comme tu dis.

- Tes textes sont bons Anna. Réellement. J'ai rarement vu ça, pour une chanteuse de ton âge. Je veux dire, je n'ai aucune sorte de préjugés débiles sur la jeunesse, mais quand on sait que tu les écris toi-même, à seulement dix-sept ans, c'est impressionnant. Certains artistes, bien plus âgés, seraient incapables de faire ça. Je t'assure ! Si tu ne réussis pas tu pourras toujours finir par écrire des textes pour des jeunettes qui acceptent de chanter en culotte.

Anna ne peut s'empêcher de se sentir flattée, elle laisse échapper un petit rire, avant de l'arrêter de façon brutale.

- J'écris des textes touchants parce que je me base sur ce qui m'est arrivé de dur dans la vie..., murmure-t-elle.

- Vraiment ? Demande Harry d'une voix où la moindre once de plaisanterie a disparu.

- Non, je jouais à la pauvre petite fille riche.

Harry lui donne une petite tape sur l'épaule, avant de relancer l'enregistrement d'Anna qu'ils viennent de faire.

Ils sont tous les deux assis côte à côte dans le studio. Anna est en tailleur sur son fauteuil, vêtue d'un short ridiculement petit et d'un collant jaune plus ou moins fluo. Ses longs cheveux blonds sont attachés en une haute queue de cheval.

Harry, quant à lui, a une cigarette à la bouche et ferme les yeux quand il écoute la musique. Comme à chaque fois, il semble dans un autre monde.

Ils ressemblent à deux enfants. Quand il est parfaitement détendu, comme à cet instant, le visage d'Harry semble perdre toute trace des années qui ont passées. Quand à Anna, elle rayonne, tout simplement.

L'horloge derrière eux affiche dix-huit heures trente. Ils s'étaient retrouvé en début d'après-midi, comme souvent depuis quelques jours, et avait travaillé à mettre les textes d'Anna en chanson, avec l'aide de quelques musiciens de confiance avec lesquels la compagnie avait l'habitude de travailler. D'habitude, Hermione participait à cette opération, mais elle était partie pour quelques jours aux États-Unis, assister à plusieurs festivals en compagnie de Luna Lovegood, une des premières chanteuses que la Evan's Company avait produit et qui, au fil du temps, était devenue très proche d'Hermione. Cependant, elle refusait de quitter son pays natal, et Hermione se faisait un plaisir de lui rendre visite aussi souvent qu'elle le pouvait.

Par conséquent, Harry et Anna travaillaient tous les deux, et leurs séances ressemblaient plus à des après-midi à la garderie qu'à de réelles séances de travail.

Blagues, fausses bagarres, insultes en tout genre et parfois même petites danses, tout y passait. Anna était une adolescente facile à vivre, drôle et qui savait ce qu'elle voulait. Sûrement un trait de caractère typiquement Malefoyen, le seul d'ailleurs dont elle semblait avoir hériter.

- Je crois qu'on pourrait peut-être essayer le refrain un tout petit peu plus aigu, mais l'essentiel y est, déclare Harry lorsque la chanson touche à sa fin.

- Hum, les musiciens ont vraiment fait du bon travail, répond la blonde d'une voix rêveuse.

- Ouais, surtout le brun avec les petites lunettes..., se moque Harry.

- Daren ? Oui. Enfin, il n'y a pas que lui. Ils sont tous très... Merde, ça se voit tant que ça ? Demande Anna.

- Qu'il t'a tapé dans l'œil ? Complètement. D'ailleurs, en tant que patron je devrais vous dire de ne pas mélanger sexe et travail. Quoi que, sexe, à ton âge ?

- J'ai presque dix-huit ans, alors oui, sexe. Du moins j'espère. Étant donné que tu ne nous interdira rien. Tu n'es pas ce style de patron.

- Ah oui ? Tu crois ? Et je suis quel genre de patron alors ? Demande Harry en allumant une nouvelle cigarette.

- Hum... Plutôt cool. Drôle. Qui ne se prend pas la tête. J'ai même du mal à t'imaginer te prendre la tête en dehors du travail. Malgré ton âge avancé, je pense que tu es plutôt du genre à te fumer un joint pour te détendre, plutôt qu'à crier. Ensuite hum... Je pense que tu te fous royalement de la vie privée et/ou sexuelle de tes employés, du moment qu'elle n'interfère pas dans ton travail. Y a pas à dire, t'es plutôt cool comme patron.

- C'est très gentil tout ça, mais premièrement je n'ai pas un « âge avancé », et deuxièmement, la flatterie ne te mènera nul part avec moi !

La jeune fille se laisse aller à rire, et Harry la suit quelques instants plus tard.

Cependant, lorsque la pièce est à nouveau plongée dans le silence, ils entendent le bruits de pneu qui crissent sur le gravier, plus haut, bientôt suivit par le bruit de la porte d'entrée et de pas dans le couloir. Aucun des deux ne bougent ou ne laisse montrer sa curiosité, pourtant, ils se demandent tous deux qui vient leur rendre visite.

- Bonsoir Élisa, déclare une voix qu'Harry est presque sur de reconnaître.

- Bonsoir Mr Malefoy, répond la voix de la jeune femme, au grand dam du brun.

Depuis le petit incident qui avait eu lieu chez lui près d'une semaine auparavant, Harry avait fait tout son possible pour éviter Malefoy. Ce n'était pas tellement une question de honte, il n'avait pas grand chose à se reprocher après tout. Mis à part d'avoir payer à boire au blond. Et de l'avoir ramener chez lui alors qu'il était saoul. Et qu'il avait dit avoir une folle envie de lui tailler une pipe. Bon, très bien, il était évident qu'il n'avait pas été des plus futé sur ce coup là. Mais, de toute façon, ce n'était pas le problème. Pas seulement en tout cas.

Le fait est que Draco avait quitté précipitamment la maison d'Harry après avoir couché avec lui. Peut-être voulait-il lui faire comprendre qu'il regrettait déjà son acte ? Qu'il avait agit sur un coup de tête. Ou qu'il n'avait pas envie d'en parler ? Peut-être même s'était-il réveillé dans son lit le lendemain, sans aucun souvenir de ce qu'il avait bien pu faire la veille au soir, mis à part une petite douleur à l'arrière train.

À vrai dire, c'était le doute qui avait poussé Harry à éviter le blond. Le doute de « l'après ».

Et, le doute faisant son chemin, il avait pris la peine de vérifier précautionneusement chaque matin que la voiture de Draco avait quitté l'allée et qu'il ne risquait pas de le croiser. Il avait inventer des rendez-vous divers et variés, à l'heure pile où le blond devait venir chercher sa sœur. Il l'avait clairement évité. Soit. Jusqu'à ce soir en tout cas.

- Merde..., marmonne la jeune blonde.

Harry se retourne vers elle. Merde ? C'est plutôt lui qui devrait dire ça. Lui et pas elle. Elle n'avait aucune raison valable de vouloir éviter son grand frère. Ou au moins, aucune raison capable de rivaliser avec la sienne. Car lui en avait une. Une des plus importante.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'entend murmurer Harry sans réellement s'en rendre compte.

- Mon frère.

- J'ai entendu. Serait-ce trop demander que d'exiger un léger développement ?

- Il est venu me chercher, explique-t-elle. Il va surement vouloir m'emmener manger avec lui je ne sais pas trop où...

- C'est plutôt sympa de se faire inviter au restaurant, enfin moi ça me plait quand on m'invite, lance Harry, plus concentré sur une façon de partir sans se faire voir que sur le pseudo problème de la jeune fille.

- Oui. D'ailleurs Daren l'a fait. Draco va me tuer.

Harry laisse échapper un petit rire avant que tout son corps ne se fige à l'entende de quelqu'un frappant à la porte. La panique s'empare de lui. Il veut éviter cette confrontation à tout prix, mais la porte s'ouvre quelques secondes plus tard à peine, sur la personne de Draco Malefoy.

- Bonsoir, déclare-t-il.

- Bonsoir, murmure en retour Harry, cherchant à tout pris à éviter son regard.

- Vous avez bientôt fini ? Je meurs de faim Anna, demande le blond.

La jeune fille lance un regard désespéré à son patron, avant qu'un étincelle de malice se mette à briller au fond de son regard. Quelque chose qui, de l'avis du brun, se présage rien de bon.

- Je ne peux pas venir manger avec toi, Daren m'a invité, et j'ai oublié de te prévenir. Mais Harry a proposé de te tenir compagnie à ma place, déclare la blonde à toute vitesse.

- Vraiment ? Demande Draco en haussant un sourcil, tandis qu'Harry se recroqueville, espérant tant bien que mal se faire avaler par son fauteuil.

Harry se tait. Il ne sait absolument pas quoi dire. Il n'a aucune idée de la façon dont il doit gérer cette situation. À croire que les Malefoy s'étaient ligués afin de lui pourrir la vie.

Devant l'absence de réponse de son patron, Anna se laisse aller à penser que l'arrangement dont elle a décidé lui convient. Elle répond donc à la place du brun.

- Oui, vraiment. Il m'a dit que ça lui ferait plaisir ! Et puis il sait à quel point c'est important pour moi.

Penser à tuer cette stupide adolescente.

- Hum... Très bien, déclare Draco après avoir fait mine de réfléchir. Oh ! Mais qui est Daren au fait ?

- Un des musiciens qui travaille sur mes chansons !

- Dis moi que je n'ai pas besoin de te parler sexualité, sida, hépatite et grossesse, marmonne le blond.

- Mon Dieu non Draco. Ne fais pas ça ! Je ne rentrerai pas trop tard. Tu es le meilleur, déclare la jeune fille avant de déposer un bisou sur chacune de ses joues. À lundi patron ! Passez une bonne soirée, ajoute-t-elle à l'intention d'Harry avant de quitter le studio en courant, sa longue chevelure se balançant derrière elle.

Sans savoir ce qu'elle vient de créer, la jeune fille disparaît, laissant Harry et Draco en tête à tête avec une discussion qu'il n'ont pas envie d'avoir.

- Alors comme ça, tu as très envie de diner en ma compagnie, il parait ? Se moque le blond.

Pour la première fois depuis l'arrivée de Malefoy, Harry relève la tête et croise son regard. Bizarrement, il a l'air de s'amuser de la situation. De s'amuser de la gène d'Harry et cela l'agace au plus haut point.

- Ce n'est pas mon idée. Je n'ai jamais rien dit de tel, marmonne-t-il.

- Oh..., répond Draco faussement déçu. Et est-ce que cette invitation tient quand même ?

- Vingt-et-une heure chez moi. Ramène des bières. Je m'occupe de la nourriture, lui répond Harry avant de se lever d'un coup et de disparaître, lui aussi.

Ce n'est qu'une fois arrivé en haut des escaliers qu'il se rend réellement compte qu'il vient d'inviter Draco à diner chez lui. C'était toujours mieux que de se faire inviter au restaurant par le blond. Oui ? Non ? Il n'en avait pas la moindre idée. Quoi que, la seule et unique fois où Malefoy était venu chez lui... Mieux valait ne pas y penser. Surtout pas. Les membres de la famille Malefoy était tous plus fous les uns que les autres. Ils allaient surement finir par le tuer. Et Hermione qui n'était pas là... Sa vie était foutue !

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La voiture de Draco était immobile au bout de l'impasse qui donnait sur l'immense maison d'Harry Potter. La blond jette un regard à sa montre. Vingt heures et quarante-cinq minutes. Il était en avance. Et pas qu'un peu, puisque sa voiture était arrêtée depuis déjà dix minutes au moins. Et il ne savait même pas pourquoi. Après tout, il avait eu ce qu'il voulait. Il avait eu Potter. Ou plutôt il s'était offert à Potter. Peu importe. Ils avaient couché ensemble. Ou ils avaient baisés plus vraisemblablement...

À vrai dire, Draco ne pensait pas que cela arriverait si vite. Il ne pensait pas qu'il lui suffirait de quelques verres pour faire la pute devant Potter. Plus il y pensait, plus il se disait que tout cela ce n'était pas lui. Que ce qu'il avait fait était tout sauf à la hauteur de classe Malfoyenne dont il faisait preuve en temps normal. Et puisqu'il avait eu ce qu'il voulait, pourquoi ne se contentait-il pas de reprendre une vie normal ? C'est ce qu'il faisait toujours d'habitude. Il trouvait une proie. Il la mettait dans son lit, et ensuite il passait à autre chose. Très simplement. Il était un homme sans réelles attaches. Il profitait pleinement. Il agissait toujours comme lorsqu'il avait vingt ans. Et cette vie lui convenait parfaitement.

Cependant, la réponse à ses questions lui semble soudain d'une simplicité désarmante. Il en voulait encore. Son obsession pour Potter ne l'avait toujours pas quitter. Mais, peut-être que s'il recommençait, ça passerait. Peut-être. Sottises. Ça passerait. Obligatoirement. Fichues hormones.

Malefoy se fou soudain d'être en avance. Il met le contact, roule jusqu'à la « villa Potter », se gare devant, attrape le pack de bière posé sur la banquette arrière, et s'avance, son assurance retrouvée, vers l'entrée.

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Harry sort à peine de sa douche lorsqu'il entend sonner à la porte. Il jette un coup d'œil à la pendule, exaspéré d'être encore et toujours en retard, mais celle-ci n'affiche que vingt heures et cinquante minutes. Bordel. Malefoy était en avance.

Incroyable.

Harry attrape sa serviette, l'enroule autours de sa taille et s'empresse d'aller ouvrir la porte. Ce n'est pas comme si Malefoy ne l'avait jamais vu à poil. Merde. Ne surtout pas penser à ça. Une serviette de bain, ne cache absolument rien d'une quelconque excitation.

- Tu essayes de me charmer, Potter ? Se moque Malefoy, quand Harry lui ouvre la porte seulement vêtu de sa serviette.

- Pas vraiment. Je pensais que tu étais du genre en retard. Pas trop, mais juste un peu. Du genre, qui aime se faire désirer. Ça me semblait évident. À croire que je me suis tromper sur toi.

Pas vraiment, pense Draco. Il était tout à fait comme ça en temps normal. Et avec toutes les autres personnes de son entourage. Il n'y avait qu'avec lui qu'il perdait toutes ses bonnes habitudes. Déroutant.

- Hum et bien fais comme chez toi, déclare Harry. Je vais m'habiller. Je... Enfin, j'arrive. Je me dépêche.

Et il disparaît dans ses escaliers, laissant Draco seul au beau milieu de son salon. Celui-ci pose sa veste sur le dossier d'un chaise, et se lance dans la découverte de ce salon qu'il n'a qu'entraperçu la dernière fois qu'il est venu chez Potter. Il lance un regard mauvais au canapé témoin de leurs ébats, puis décide de l'ignorer complètement.

Il observe les photos qui trainent dans le salon. Beaucoup d'un petit garçon brun. Le sosie de Potter. En plus jeune. Beaucoup plus jeune, une dizaine d'années sur la photo où il semble le plus vieux. Ce petit garçon devant un gâteau d'anniversaire, à la plage ou jouant au baseball. Des photos de ce garçon avec Harry. Le même regard. Le même sourire. Le même problème de coiffure. Son fils, sans aucun doute. Quelques photos d'Harry et Hermione également. D'Hermione seule. Des photos de jeunes à ce qui semble être des concerts, des festivals. Un peu partout. Harry et Hermione entourés de ces jeunes. Des artistes qu'ils ont produit. Sûrement.

Quelques CD, quelques films. La maison normale, d'un gars typiquement normal, finalement.

- Tu aimes la nourriture italienne j'espère ? Déclare Harry en réapparaissant faisant sursauter le blond. J'ai commandé dans un endroit que je connais bien. C'est toujours mieux que si c'est moi qui me met aux fourneaux !

- Hein ? Oh oui, bien sur ! J'ai ramené les bières, je les ai posé sur la table.

- Hum. Je vais les mettre au frais, répond Potter.

Discussion insignifiante. Sans le moindre intérêt. La gène faisait son chemin. Lentement, mais sûrement. Ruinant tout ce qui avait été construit durant ces longues soirées au bar. Toutes les confidences. Et ce début de ce qui ressemblait à de l'amitié.

- Je pensais que tu aurais plus de CD que ça, murmure Draco, décidant que lancer Harry sur la musique ne pouvait être qu'une bonne chose.

- Oh, en fait il y en a un peu partout. La plupart sont dans mon bureau. La discographie de Nirvana est dans ma chambre, celle des Doors dans la chambre d'ami. J'ai même quelques CD des Beatles entre deux bouteilles, dans mon bar. Ceux là sont ceux qu'Hermione m'a offert en espérant que je jetterais mes vieux vinyles. Enfin c'était il y a quelques années déjà, maintenant elle veut que j'informatise tout. Elle me traite sans arrêt de vieux machin..., répond Harry pensif.

Draco sourit. Il est impressionnant de voir avec quelle facilité Harry se met à parler de sa vie. Comme il se laisse entrainer par une simple petite question.

- Et alors, tu fais une petite place à la nouvelle technologie, ou pas du tout ?

- Certainement pas. Je ne comprend pas comment on peut aimer écouter de la musique sur Internet. Maintenant il suffit de quelques clics pour dire que l'ont est fan de tel ou tel chanteur. J'ai peut-être l'air vieux jeu, mais pour moi, rien ne remplacera jamais un vieux vinyle.

- Alors quoi ? Demande Malefoy. Tu n'as pas de MP3, tu ne télécharges pas, légalement j'entends ?

- Non, répond Harry, comme s'il n'avait pas l'impression d'être en décalage avec son temps.

- Incroyable, murmure Draco.

- Pas tant que ça, marmonne le brun. Bon, assez parlé de mon problème avec la technologie. Viens, je meurs de faim !

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- Ce sont tes parents ? Demande Malefoy, ses yeux tombant soudain sur une photo qu'il n'avait pas vu jusque là.

Ils sont tous les deux assis autours de la table. Les restes de leur repas entre eux deux. Harry fume une cigarette, tandis que Draco laisse ses yeux curieux se promener dans la pièce.

La photo en question représente un couple. Une femme, rousse, la vingtaine, une robe mi-longue et un magnifique sourire. Elle tient la main d'un jeune homme qui doit avoir un ou deux ans de plus qu'elle. Les cheveux en bataille, les yeux pétillants et moqueurs. Là encore, une forte ressemblance avec Harry. En un peu plus jeune. Le Harry que Draco n'a pas connu.

- Hum, acquiesce Harry tout en faisant signe au blond de le suivre au salon.

Draco s'assoit sur le canapé et Harry s'assoit en tailleur sur le tapis, juste devant lui.

- Je n'ai aucun souvenir d'eux. Parfois je regarde des photos d'eux et moi, et j'essaye de me rappeler, mais évidemment rien ne vient. Alors je m'invente des souvenirs. J'en veux tellement que j'essaye de me convaincre que les trucs que j'imagine sont réels. Bah... ça ne dure jamais bien longtemps. Des fois je donnerai tout pour me souvenir. D'autres fois, je me dis que c'est sûrement mieux comme ça. Ils ne peuvent pas réellement me manquer. Tu vois ce que je veux dire ?

- Pas vraiment. Mais continue, murmure Draco, surpris de la tournure que prend la conversation.

- Ils m'ont manqué. Évidemment. Toute mon enfance. À chaque fois que je voyais ma tante embrasser mon cousin. Dès que je l'entendais, lui, l'appeler Maman. J'ai toujours voulu savoir ce que ça faisait. Mais, d'un autre coté, je suis content de ne pas avoir de souvenirs. De ne pas me dire « C'était tellement bien quand mes parents et moi on faisait ça... ». Mais ce n'est qu'un détail finalement. Je me suis longtemps dit que j'aurais mieux fait de mourir avec eux. Que tout aurait été plus simple. Et puis, ça aussi, ça m'est passé. Je me suis rendu compte que j'avais une chance folle de pouvoir vivre. Qu'eux, ils auraient sûrement tout donné pour être encore là. Que Sirius, mon parrain, aurait tout donné pour que ces meilleurs amis soient encore là. Il me parlait souvent d'eux quand j'étais petit et qu'il me prenait pour un week-end. On sortait, il m'emmenait voir la mer et il me parlait de mes parents. Je crois... Il essayait de me construire des souvenirs. Il voulait être un homme bien. Il a survécu dix ans avec le fantôme de ses meilleurs amis, puis il a sombré. C'est pour ça que je me dit que j'ai eu de la chance de ne pas avoir à vivre avec leur souvenir. J'ai mis du temps à le réaliser, mais quand je l'ai fait je me suis mis à vivre pour eux. J'ai vécu pour trois, et ça n'a pas toujours été très simple, déclare Harry en riant doucement. J'ai voulu vivre ma vie à cent mille à l'heure. J'ai voulu tout faire. J'ai voulu me dire que s'ils me voyaient de là-haut, ils soient heureux de me voir pousser ma vie jusque dans ces derniers retranchements. La coke, la clope, l'alcool, conduire sans ceinture, traverser sans regarder, le saut à l'élastique, en parachute, les orgies, les partouzes... Tout. Absolument tout y est passé. Et c'est quand je met ma vie à l'épreuve que je me sens pleinement vivant. Je nargue la mort. Je la nargue car elle m'a enlevé les personnes dont j'avais le plus besoin.

Harry fait une pause, juste le temps de remarquer que sa cigarette est finie. Il en allume une nouvelle, boit une gorgée de bière et lance un regard à Draco, pendu à ses lèvres, avant de reprendre.

- Aujourd'hui, bien sûr, tout est différent. Je suis différent. Je fais attention. Pour mon fils. Pour Hermione. Pour la musique, parce qu'elle m'a sauvé. C'est à ça que je me suis raccroché quand plus rien n'allait. Pour tous ces jeunes dont j'essaye de réaliser le rêve. J'ai, comme qui dirait, trouvé un sens à ma vie. Je travaille chaque jour à ma rédemption. J'essaye de devenir quelqu'un de bien. Un bon père. Une belle personne. J'essaye de me racheter de tout ce que j'ai bien pu faire de mal. De tout ce que j'ai foiré. Comme avec Ginny, mon ex femme. Avec elle j'ai vraiment tout foiré. Tu vois, fille ou garçon, je ne m'étais jamais vraiment posé la question. Mon cousin s'amusait à dire que j'étais asexué. Ça le faisait énormément rire. Et je crois qu'au fond, il y avait un peu de vérité la dessous. Je savais que Ginny était belle. Tout le monde le disait. Et puis même, je n'étais pas aveugle. Grande, rousse flamboyante, à forte poitrine. Même celle qui étaient qualifiées de moches, ne s'intéressaient pas à moi au lycée - Merci Dudley d'avoir ruiné ma vie sociale - alors quand elle m'a dit que je lui plaisais, j'ai foncé. Je n'ai jamais compris. Je n'ai pas cherché longtemps non plus. J'avais seize ans et je pensais que Kurt Cobain me faisait fantasmer pour la seule et unique raison qu'il était une star. Il faudra que j'attende vingt-cinq ans pour comprendre qu'en réalité c'est juste parce que c'est un homme. Un très bel homme. La logique voulait qu'un homme aille avec une femme. Pourquoi pas ? À seize ans on se bécotait, à dix-sept on couchait ensemble et à vingt elle m'annonçait qu'elle était enceinte.

Harry s'interrompt un instant, jette un regard à une photo de son fils accrochée un peu plus loin, et reprend.

- Cette époque de ma vie est un grand bordel. Elle était si heureuse. J'ai pensé que je pouvais la laissé l'être pour deux. Évidemment, ça n'a jamais marché. Avec Hermione on venait de monter le label, on passait notre temps dans des festivals rock, je buvais beaucoup trop. Je fumais comme un pompier et je prenais un rail quand mon moral était au plus bas. Et j'allais avoir un gosse. Rien de bien compatible. Surtout quand on sait que j'étais, moi-même, encore un gosse. Faut le dire, même si aujourd'hui j'en ai honte, j'ai été un père de merde. Je ratais les échographies ou bien j'arrivais totalement défoncé. Je me disais que j'aurais le temps quand il serait là. Tu parles ! J'ai raté ses premières dents, ses premiers pas, ses premiers mots... Tu sais ce qu'il a dit en premier ? Son premier mot ? Demande Harry, amer.

- Non, répond Draco quasi immédiatement, pendu à ses lèvres et impatient d'entendre la suite de son histoire.

- Papa. Papa alors que je n'étais jamais là. Papa alors que je détestais devoir vivre avec sa mère. Je l'ai aimé. Je crois. Et sans même m'en rendre compte, j'ai commencé à la détester. Elle et tout ce qu'elle représentait. La famille, la maison à une heure en voiture de Londres, l'amour dégoulinant, les surnoms débiles. Tout ce que je voulais depuis que j'étais petit. Tout me donnait envie de vomir. Quel coup du sort... je travaillais de plus en plus tard. Je ne dormais plus dans mon lit. Je ne faisais plus l'amour à ma femme. Et puis tout s'est enchainé à une vitesse monstre. Un premier artiste qui connait le succès. Les soirées mondaines s'enchainent. Un type m'embrasse. Il me fait l'amour dans un garde manger. J'aime ça. Je suis gay. Je trouve certains hommes beaux. Je me surprend à fantasmer sur eux. Chose qui ne m'est jamais arrivée avec ma propre femme. J'ai peur de ce qu'il m'arrive. Comme quand j'étais petit. Pour la première fois depuis longtemps, je ne sais plus quoi faire. Et puis je recommence. Manque de bol, elle me surprend. Et dire que certains hommes trompent leurs femmes pendant des années... Le divorce. Un fils que je connais à peine. Et qu'on m'enlève, qui plus est. Et puis Ron. Ce salop...

La voix du brun se brise et Draco à une soudaine envie, folle, de le prendre dans ses bras. De le consoler. De lui dire que maintenant tout irait bien...

- J'ai détruit Ginny. Jamais elle ne se remettra de m'avoir trouvé à quatre pattes dans le salon, la queue d'un autre mec entre les fesses. Jamais. Elle. La dernière d'une famille bien trop nombreuse. Cette jeune fille qui rêvait d'argent, de luxe, d'un bon petit mari bien sous tout rapport. Elle s'effondre. Elle perd dix kilos, couche avec n'importe qui. Elle souffre. Et ça c'est tout ce que voit mon meilleur ami. Il se met à me haïr. Et moi je ne vois rien. J'ai bien trop de mal à comprendre le reste de ma vie. Il soupçonne Hermione de coucher avec moi parce que c'est la seule qui essaye de me comprendre. Il lui demande de choisir entre nous deux et elle refuse de le faire. Alors c'est elle qui paye. Parce que c'est une cible facile et que, lui, vire aussi névrosé que sa sœur. Il la demande en mariage. Puis la détruit. De la même façon que j'ai détruit sa sœur. Il couche avec une jeune chanteuse. Hermione s'effondre. Elle sombre et j'essaye de nous ramener à la surface. Sauf que c'est elle qui finira par le faire. Parce que moi je n'en ai pas la force.

Sans réellement savoir pourquoi il agit de cette façon, Draco se laisse glisser du canapé afin d'atterrir aux côtés du brun. Celui-ci, surpris, relève la tête vers lui, et le blond en profite. Il glisse une main derrière la nuque de son hôte, tend son corps vers lui, et vient poser sa bouche contre la sienne. Le baiser, à l'origine doux, devient plus insistant. Le blond entrouvre la bouche et sa langue vient se poser contre les lèvres d'Harry qui ne tarde pas à céder. Sa bouche s'ouvre, elle aussi, et leurs langues se rencontrent, arrachant un gémissement à Malefoy. Les deux hommes poursuivent le baiser aussi longtemps qu'il leur est possible, puis, le besoin de respirer oblige, ils se séparent, les joues et les lèvres rougies.

- Je ne t'ai pas raconté tout ça pour ça tu sais, murmure Harry.

- Je sais, répond le blond. J'en avais juste envie.

- N'espère pas que je te dise que j'en avais besoin.

- Mais je crois que tu en avais besoin en réalité, réplique Malefoy.

- Peu importe. De toute façon, la seule et unique raison pour laquelle tu le fais, c'est pour ne pas avoir à, toi, me raconter quelque chose de trop intime. Pas à moi. Surtout pas à moi ! S'emporte le brun.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? S'étonne Draco.

- Je veux dire que tu ne me fais pas confiance. Tu ne veux pas que j'en apprenne plus sur toi alors que j'ai l'impression que toi tu connais déjà tout de moi. Tu ne veux pas te confier. Baiser, ça, par contre, tu veux bien. Mais après ?Tu vas faire comme si de rien n'était, comme pour la dernière fois ?

- C'est toi qui m'évites depuis la dernière soirée chez toi, je te signale, murmure le blond qui sent que la conversation est sur le point de dégénérer.

- Malefoy, tu t'es foutu à poil, tu as voulu qu'on couche ensemble, et ensuite tu t'es barré. Sans un mot. Sans une explication. Sans rien. Comment veux-tu que je réagisse ?

- Je ne sais pas. Mais en tout cas, je sais que je ne veux pas que tu me rejettes quand je t'embrasse, murmure Draco.

- Et moi je sais que je ne veux pas être ton jouet Malefoy. Quand j'avais onze ans, je te laissais faire tout ce que tu voulais. Tu cachais mes fringues après les cours de sport, tu te moquais ouvertement de moi, tu déchirais mes devoirs ou tu me volais mon déjeuner. Toi ou les autres. Peu importe. Mais je ne suis plus ce petit garçon qui se laissait faire. J'ai arrêté de laisser les autres faire ce qu'ils voulaient de ma vie. Et je ne te laisserai pas recommencer ! Alors, quand tu saura ce que tu veux, quand tu me fera assez confiance pour arrêter de te voiler la face quand on est ensemble, on en reparlera. En attendant, bonne nuit Malefoy. Pas la peine que je te raccompagne, tu connais la sortie je suppose !

Le brun se lève, attrape son paquet de cigarettes et une bière au passage, et se dirige vers les escaliers sans même un dernier regard pour le blond.

Draco, lui, reste assis sur le tapis, le goût des lèvres de Potter toujours sur les siennes. Et il tente de comprendre. De comprendre pourquoi Harry avait réagit de cette façon. De comprendre pourquoi lui avait agit de cette façon. Pourquoi il fallait toujours qu'on interprète mal ses intentions. Il avait juste voulu le réconforter. Lui dire qu'il voulait être là pour lui. Qu'il voulait être son ami. Enfin c'est ce qu'il pense en tout cas.

Mais à trop crier au loup, plus personne ne nous vient en aide quand il s'avère que c'est vrai. Et quand on passe son temps à jouer avec les autres, plus personne ne nous prend au sérieux, quand il s'avère que l'on veut être honnête.

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À suivre...

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* Je crois que je ne t'aime plus, Cali.