Hello … it's me. Yeah, me. SilverPlume17. Do you remember ? Good news : i'm not dead ! Very good news : the sith chapter of this fanfic is now out ! Yeah ! I know it's incredible ! I'm as surprise as you are !

So … As usual, i would like to apologise for the long break between chapter five and chapter six. I'm suffering from anxiety and it's sometimes really difficult for me to write things : i'm perfectionnist as hell, and when you're also very anxious, it's sometimes quite a big deal.

Anyway, I would like to thank all of you for your patience and i hope you will enjoy this chapter as much as i like it.

I also want to dedicate this chapter to my most enthusiastic and loyal readers out there : Héloïse and Eurus Ventus.

Hope you'll like it guys ! (even if it is way shorter than usual)

See you soon for a seventh chapter ! xx

Chapitre six : « La race humaine était parfois détestable »

02 décembre 1995,

Dans un camion de livraison estampillé Hermès Express,

En face de l'hôpital de New Heaven,

Massachusetts,

10h05.

« Hermès, Zeus sur la douze. », annonça Martha d'une voix hésitante.

« Dis-lui de rappeler plus tard, Martha. »

« Mais cela fait déjà ... »

« J'ai dit plus tard, Martha ! », s'exclama Hermès, d'un ton froid et autoritaire.

Et comme pour mieux manifester son mécontentement, le dieu des messagers donna un coup de poing sur le volant. Un geste qu'il regretta aussitôt.

Il n'était pas dans sa nature de s'énerver d'une telle façon. Ces coups de colère capricieux et violents, c'était d'ordinaire Arès qui les avait. Jamais, ô grand jamais, Hermès n'avait pour habitude de s'adresser de cette manière à qui que ce soit. Pas même à ses subordonnés, comme George et Martha, qui lui devaient obéissance à toute épreuve. Non. Hermès était d'avantage connu pour sa gentillesse et sa bienveillance. De tous les Olympiens, il était généralement le plus apprécié de tous car considéré comme le plus aimable, le moins arrogant et le moins lunatique car pour énerver Hermès, il fallait le faire ! Les autres dieux, comme Zeus, Arès ou encore Poséidon, pouvaient parfois faire preuve de susceptibilité et pouvaient ainsi s'emporter à une vitesse toute à fait délirante.

Mais Hermès. Hermès n'était pas un sang chaud. On pouvait même dire que, tout comme ses deux fidèles serpents, il était doté d'un sang particulièrement froid. Qu'il était bien difficile de faire bouillir. D'ailleurs, rares étaient ceux qui arrivaient à le faire. Et lorsqu'ils y arrivaient, c'était à force d'usure. Ou parce qu'Hermès était déjà énervé ou préoccupé par autre chose.

Et aujourd'hui, était un jour comme celui-là.

Aujourd'hui, si le dieu des voyageurs s'était ainsi énervé contre Martha – et s'en mordait maintenant les doigts –, ce n'était pas parce que celle-ci l'avait offensé ou mis en colère. Martha faisait son travail, et ce n'était pas sa faute si Zeus ne comprenait pas qu'Hermès n'était pas d'humeur à lui parler pour le moment. Non. S'il s'était énervé ainsi contre elle, c'était parce qu'il n'en pouvait plus. Il n'en pouvait plus des appels quasi incessants de son père alors qu'au premier appel, il avait fait savoir à ce dernier qu'il n'était réellement pas d'humeur et qu'il ferait mieux de rappeler plus tard. Peut-être dans trois cents ans, quand tous les deux seraient calmés. Mais surtout, surtout, il n'en pouvait plus de cette angoisse et de cette tristesse qui lui nouaient l'estomac et lui pesaient sur les épaules. Parce qu'en soit, ce n'était pas réellement Zeus qui le mettait en boule. Zeus n'était qu'une petite partie de l'équation, un grain de sable qui s'était immiscé dans la machinerie et qui ne faisait que chatouiller d'avantage Hermès. Non. Le dossier « Zeus » était minuscule face au véritable problème auquel faisait face Hermès.

Que dis-je, un problème. Cela fait trop mathématique. Trop superficiel. Le terme « problème » ne rend absolument pas justice à l'ampleur de la situation dans laquelle se trouvait alors Hermès. Ce n'était pas un « problème ». C'était bien pire que cela. Bien plus important. Qualifier la situation de « problème » n'aide en rien à vous faire comprendre et à vous faire visualiser l'état dans lequel Hermès était ce jour-là. Sa détresse, aussi pure que la neige qui vient de tomber et dont la blancheur n'a pas encore été souillée par une quelconque trace de pneu ou de pas. Sa détresse, son désarroi, sa tristesse, son immense douleur, le trou béant qui commençait à se former dans son coeur et qui le faisait de plus en plus mal au fil des heures.

Hermès avait mal. Comme peu d'humains ou de dieux ont mal au cours de leur vie.

Il avait mal, à en hurler. À en s'arracher les cheveux et le coeur.

Parce que depuis un peu moins de vingt-quatre heures, l'un de ses plus grands amours était enfermé dans une pièce avec camisole de force. Et seul Chronos savait ce qu'elle devait subir à l'heure actuelle.

Car, depuis qu'elle avait été prise d'une crise dans les bureaux de la police de New Heaven, depuis que l'esprit de Delphes avait encore fait des siennes et l'avait tourmentée devant des policiers effrayés, May Castellan avait été emmenée dans un état second à l'hôpital de New Heaven où, après un rapide examen, elle avait été transférée au sein du secteur psychiatrique et mise à l'écart des autres résidents. Elle était sous très haute surveillance et, à chaque nouvelle crise, son traitement était modifié et augmenté sans aucun scrupule. Moins elle était en état de bouger, et mieux le personnel soignant se sentait : avec ses drôles de crises dont personne ne connaissait l'origine ni même le déclencheur, May était maintenant crainte de tout le monde et personne ne souhaitait s'en approcher de trop près.

Ce qui signifiait – et les poings d'Hermès se serrèrent avec force à cette simple pensée –, ce qui signifiait que, non seulement, elle était bourrée de médicaments à en empoisonner son sang mais aussi que, lors des fins de crises, la jeune femme était seule. Toute seule. Sans rien ni personne à qui se raccrocher. Sans personne pour la rassurer, la réconforter.

La race humaine était parfois bien détestable.

Mais le pire, oui, parce qu'il y avait pire, le pire, c'était que l'affaire avait fait grand bruit au sein de la ville : dès que les premiers passants avaient aperçu les ambulanciers extraire May Castellan sur une civière, cou, mains et pieds immobilisés, pour l'emmener à l'hôpital, toute sirène hurlante et escortés par les voitures du shérif et de ses adjoints, tous les journaux de New Heaven et des villes alentours s'étaient empressés venir de les interroger, les sens éveillés par une histoire qui s'annonçait bien croustillante.

Et des détails croustillants, les témoins de la scène et quelques policiers un peu trop bavards, n'avaient pas manqué d'en donner : d'avantage que les simples faits qui s'étaient déroulés sous leurs yeux, ils avaient profité de la situation pour donner leur avis tout à fait personnel sur la situation : non, celle-ci ne les étonnait pas vraiment. Après tout, May Castellan avait toujours paru étrange aux yeux de bon nombre d'habitants toujours isolée, rarement le nez dehors et un air assez perdu sur le visage ... et puis, cette affaire avec son fils mystérieusement disparu … Non, vraiment, la voir être transportée à l'hôpital psychiatrique dans de telles conditions n'était pas événement à les étonner. À vrai dire, ils s'y attendaient un peu. Elle était si étrange et si peu sociable. C'était juste assez malheureux qu'on ne se soit pas rendu compte plus tôt de ses problèmes mentaux cela aurait peut-être permis à son fils d'être encore présent. Dieu seul savait ce que ce petit avait dû vivre … peut-être même n'était-il désormais plus en vie, tué des mains même de sa mère.

Et là, la main sur le coeur, témoins et policiers prenaient un air à la fois dévasté et tourmenté et, après un long soupir qu'ils voulaient à fendre le coeur, ils détournaient leur regard larmoyant du groupe de journalistes, murmurant d'un air douloureux qu'ils n'étaient plus en état de poursuivre l'interview.

Ainsi donc, en moins de temps qu'il n'en fallait pour attraper la gastro, des tas de rumeurs plus négatives les unes que les autres s'étaient répandues dans l'ensemble de la ville et de ses alentours. Du statut d'habitante discrète de New Heaven, May Castellan était désormais passé à celui de schizophrène meurtrière. Toutes les grand-mères et les femmes au foyer amatrices de potins ne pensaient qu'à et ne discutaient que de cela. Par duo, dizaine ou trentaine, elles se réunissaient dans leur salle à manger ou leur salon et, tout en se gavant de petits gâteaux secs et en sirotant du thé glacé, elles se lançaient dans des débats et des conversations enflammés au sujet de la malheureuse May, commentant les dernières rumeurs, les soupesant, les décortiquant, tout en en lançant de nouvelles, sous le regard parfois perdu et perplexe de leur mari ou de leurs enfants.

Une douleur foudroyante se propagea le long du bras gauche d'Hermès tandis qu'il frappait encore son volant d'un coup de poing rageur. Mais loin de se soucier de cela, ou de regretter son geste, le dieu des Messagers réitéra celui-ci avant d'enfouir sa tête dans ses mains, des larmes de rage et de désespoir coulant le long de ses joues.

Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu laisser faire une chose pareille ? Comment avait-il pu laisser les choses évoluer ainsi ? Lui ! Lui qui avait été l'amant de May pendant de nombreuses années ! Lui qui l'avait serré dans ses bras à de nombreuses reprises en lui promettant monts et merveilles, sécurité et affection ? Lui qui s'était toujours juré de veiller sur cette jeune femme si fragile et si forte à la fois ! Comment avait-il pu laisser autrui lui faire du mal ? La détruire aussi violemment ?

Et ce n'était pas la première fois …

Oh non, ce n'était pas la première fois … des dizaines de fois Hermès avait fait l'erreur de baisser un peu trop sa garde. Des dizaines de fois, il ne s'était pas montré à la mesure de ce qu'il lui avait promis au creux de l'oreille. Sécurité ? Allons bon, mon vieux. Et cette fois où May a été prise en otages par un groupe de monstres qui voulaient tout simplement te faire la peau et te voir autant souffrir qu'eux avaient souffert lorsque tu leur avais ôté la vie ?

Et ce moment où tu as réalisé que ta chère et tendre se faisait harcelée depuis des mois à l'université et que tu n'avais absolument rien vu de tout ça jusqu'à ce qu'elle rentre dans votre appartement avec un œil au beurre noir ?

Et cette fois … nom d'un caleçon de slip de bain d'Hadès, il y en avait tellement ! Il y avait tellement de moments où il avait manqué d'attention envers May ! Et ces douze dernières années, on pouvait dire qu'il battait les records !

… Bah oui ! Il n'y avait pas d'autre expression possible ! Comment avait-il pu la laisser se porter volontaire pour devenir le potentiel nouvel oracle, malgré les énormes risques qu'elle encourait ? S'il avait réussi à lui tenir tête, s'il en avait vraiment eu envie, s'il avait insisté ne serait-ce qu'un tout petit peu plus … peut-être que May n'aurait jamais été malade. Peut-être que Luke n'aurait jamais eu peur de sa mère. Peut-être que la mère et le fils auraient pu grandir et vieillir ensemble dans le calme, la joie et l'amour familial.

Au lieu de quoi … au lieu de quoi, Luke avait fui. May continuait de perdre l'esprit et … et lui, il préférait se noyer dans le travail et flirter avec d'autres jeunes femmes plutôt que de voir la réalité en face. Plutôt que d'admettre ce qu'il avait fait à cette jeune blonde qu'il avait un jour rencontré dans un salon de thé. Et ce qu'il continuait à lui faire vivre.

Il n'y avait pas que la race humaine qui était parfois détestable. Lui aussi, l'était.

Il l'était pour avoir laissé l'un de ses plus grands amours perdre la raison. Il l'était pour le laisser endurer les horribles visions qui se manifestaient à lui chaque jour et chaque nuit. Il l'était pour laisser l'un de ses fils affronter des dizaines de monstres par jour sans même lui donner un coup de main. Il l'était pour avoir été absent de la vie de Luke et de ses autres enfants pendant la plus grande partie de leur existence. Il l'était pour laisser des cons de flics accuser celle qui aurait pu être son épouse d'avoir supposément tué leur fils. Il l'était pour laisser de stupides médecins assommer May de calmants et discuter entre eux d'un possible placement longue durée de la jeune femme en hôpital psychiatrique.

May Castellan vivait l'enfer et lui, il ne bougeait pas d'un pouce.

« Bien sûr que si, Hermès., lui murmura Martha d'une voix douce, alors que le dieu éclatait soudain en sanglots. George et moi en sommes témoins. Tu restes toujours autant fidèles aux mortelles que tu as fréquentées. Et tu veilles sur elles et sur vos enfants bien mieux que le font certains dieux. Mais tu sais très bien qu'avec les lois instaurées par Zeus, tes mouvements sont plus que limités … »

« Zeus ! »

Coupant la parole à Martha par cette exclamation teintée de tristesse et de fureur, Hermès se redressa d'un coup, la tête désormais contre l'appuie-tête du siège conducteur. Des larmes continuaient de glisser le long de ses joues mais, dans son regard, la tristesse avait laissé place à un éclat de colère.

« Zeus !, reprit le dieu d'une voix tout aussi forte que précédemment, les mains agrippées au volant du camion, Zeus n'est qu'un … ! »

Les traits déformés par une subite colère, Hermès s'interrompit brusquement, de peur que la foudre ne s'abatte sur son camion. Ou pire, sur une personne chère à son coeur : proférer des injures sur le dos de Zeus n'était jamais une très bonne idée, sauf si vous aimiez particulièrement souffrir. Et Hermès avait, pour l'instant, son compte de souffrances. Alors il se tut.

Un silence à la fois tendu et oppressant s'installa alors dans l'habitacle, tandis qu'Hermès et ses deux serpents semblaient tous trois absorbés par leurs pensées.

Est-ce qu'Hermès continua à injurier son père dans ses pensées ? Nul ne le sait, bien que cela soit plus que probable : dans ses mauvais jours, le dieu des Messagers aimait à qualifier le dieu des dieux de patriarche prétentieux et arrogant, un dieu comme un autre qui avait un peu trop pris le melon et qui se considérait à tord comme supérieur aux autres. C'était vrai, quoi. Qui avait décidé qu'il fallait à tout pris un chef parmi eux ? Qui avait décidé qu'il était nécessaire que le dieu de la Foudre prenne toutes les grandes décisions à leur place et leur dise quel comportement adopté dans telle ou telle circonstance ? Pourquoi tout le monde prenait-il cela pour acquis ? Pourquoi personne ne s'indignait-il pas plus que cela ? …

Hermès avait-il eu les mêmes pensées à ce moment-là ? Cela était bien probable. Mais comme je l'ai déjà dit, personne, encore aujourd'hui, ne pouvait en être sûr. Alors, je ne l'affirmerai pas. Pour ne pas nuire à Hermès.

Non. Tout ce que je peux vous dire, tout ce qui est certain, ce fut qu'après un long moment de silence et d'immobilité, le dieu s'anima de nouveau, faisant sursauter au passage George et Martha : Les prunelles drôlement scintillantes, Hermès se redressa sur son siège, attacha sa ceinture de sécurité et, tout en allumant le moteur de son camion, murmura d'une voix déterminée :

« L'union fait la force. On va te sortir de là, mon amour. Je te le promets. »