Je sais, ça fait longtemps, mais ces derniers mois ont été très chargés ! :D

Kisous : On ne dresse pas une femme ;)

Lala : Mais si, Tobirama est cool :D

Kagome D : Merci :D Les menaces ne vont pas à Izuna ? Vraiment ? Il y a de quoi être anxieuse, en tous cas ^^

Fuyuki417 : Tu peux ! :D Et Tobirama .. Bref :D

Angel : Meuh t'inquiète ! Tu me connais ^^ J'adore les bad endings ;) Et je pense que le prochain chapitre sera le dernier ;)

Sonnyus : Tu verras, ça ira mieux ! :)


À l'abri d'un chêne centenaire, alors que les alentours étaient seulement éclairés par la lueur de la lune, un couple se retrouvait. Comme de vieux amants, ils savaient aller droit au but. Pas de chichi, pas de paroles échangées, seulement des gestes précis, des baisers, des soupirs.

L'homme portait sa maitresse contre le tronc, la pénétrait avec un peu plus d'envie à chaque mouvement. C'était comme une libération, pour lui, comme si la vie devenait tellement plus simple, que les contraintes n'existaient plus et depuis quand attendait-il ce moment ? Trop longtemps, à présent.

Et sa peau brûlait, comme si elle s'embrasait sous le soleil de minuit, comme si le contact seul avec la peau de cette femme suffisait à le faire chavirer. Il détestait ce sentiment autant qu'il le chérissait, et il le recherchait, encore et encore.

Un grognement retentit dans la nuit et il comprit qu'un point de non retour venait d'être dépassé. Il la serrait contre lui, murmurait enfin son prénom et ouvrit les paupières.

Mais le rêve prit fin, et Tobirama se redressa dans son futon, honteux. Ses draps portaient les traces de son rêve, imprégnés de sueur, de sa semence et même déchiré à certains endroits. Ça n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre de rêve. Au contraire, depuis son arrivée, toutes les nuits devenaient le théâtre de son désir pour elle.

Ou plutôt, ces rêves avaient été beaucoup plus tranquilles, au début. Il la voyant lui sourire, la serrait dans ses bras, la complimentait, de temps en temps, parce qu'elle le méritait. Puis, la légèreté avait laissé place au désir, violent, animal et il se contrôlait à peine quand il la voyait. Pourquoi ne lui avait-il pas encore fait comprendre que leur relation n'était pas ce qui lui convenait ? Son frère le lui avait interdit.

En effet, une nuit alors qu'une urgence venait d'être annoncée, Hashirama Senju avait pénétré dans la chambre de son frère pour le réveiller, parce qu'il avait besoin de lui et il avait trouvé Tobirama en train de soupirer, le corps couvert de sueur, une main glissée dans ses pantalons, et un nom aux lèvres.

Cependant, Hashirama n'avait rien dit. Il n'avait pas voulu déranger son frère dans un instant pareil et avait préféré attendre un moment plus opportun pour ça. La conversation fut difficile, Tobirama niant en bloc ce que son ainé avait pourtant vu de ses propres yeux, jusqu'à ce que le cadet cède, qu'il finisse par avouer que son faible pour la maitresse du clan le plus puissant du pays était la cible de ses désirs. Et de son amour.

Oh, il l'aimait. Autant qu'un homme pouvait aimer une femme mais comment lui dire ? Elle refusait de lui adresser la parole, de le regarder, même. Les conversations forcées qu'ils avaient, parfois, étaient désagréables. Pour n'éveiller aucun soupçon, Tobirama continuait de la piquer à vif, sur des sujets sensibles, en lui rappelant par exemple que Madara n'avait jamais répondu à sa lettre. Et Kagami y répondait toujours de la même façon. Elle lui lançait un de ces regards empoisonnés et l'ignorait.

Les mains dans ses cheveux, Tobirama contemplait à présent le plafond. Ça ne pouvait plus durer. Il ne pouvait plus subir ce traitement, qu'elle lui infligeait, et que son corps et son esprit ne faisaient qu'amplifier plus longtemps. Il voulait une réponse concrète et il allait la lui demander. Aujourd'hui. Et il ne ferait pas demi tour.

Pas cette fois.

Un sourire léger prenait possession de ses lèvres, à ces pensées et Tobirama cherchait la meilleure façon d'aborder Kagami. S'il débarquait chez elle sans crier gare, pour lui faire une déclaration enflammée, il allait certainement se prendre une veste et il préférait d'abord tâter le terrain. Mais il était décidé, et Kagami, dans sa chambre, ne se doutait de rien.

Cela faisait à présent plusieurs mois que la jeune femme avait élu demeure dans le village du clan Senju. Et d'après Hashirama, l'accouchement était tout proche. Son ventre, aussi gros qu'une pastèque, gênait chacun de ses mouvements et elle avait hâte que ça se termine. Parce qu'en plus d'être physiquement exténuée, l'attitude de Tobirama à son encontre l'usait psychologiquement.

Pourquoi ne pouvait-il pas la laisser en paix ?

Que lui avait-elle fait pour mériter un traitement de ce genre ? Dès qu'il en avait l'occasion, il lui rappelait que Madara l'avait abandonnée, qu'il n'avait donné aucune nouvelle, pas même un espion avait été repérer, ce qui aurait indiqué qu'il s'inquiétait peut être pour elle. Non, le calme plat et elle se demandait si Izuna n'avait pas révélé son petit secret à l'ainé Uchiha.

Après un soupir, Kagami prit appui sur ses mains pour se redresser, pour repousser le sommeil et elle bailla, longuement, avant de sourire en voyant Aiji lui dire bonjour d'un petit jappement alors qu'il s'approchait d'elle en remuant la queue. Le loup veillait sur elle, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit et il était devenir un garde parfait. Personne qu'il ne connaissait pas ne pouvait approcher Kagami, à part si elle lui donnait le feu vert.

Puis, comme à son habitude, elle se leva, alla se préparer un bon petit déjeuner, une main toujours en contact avec son ventre. Elle se demandait, comme tous les jours, si c'était un garçon ou une petite fille, si elle allait bientôt accoucher, si Madara allait venir rencontrer son enfant, au moins une fois.

À cette pensée, la jeune femme soupira longuement, en caressant son ventre rond et elle ferma les yeux. Tout ça lui faisait terriblement mal au coeur.

Il lui fallut cependant plusieurs minutes pour se reprendre, puis Kagami sortit de la petite maison qui lui avait été prêtée jusque là, pour rejoindre les terrains d'entrainement, où elle avait passé énormément de temps depuis son arrivée au village. Non pas pour encourager les élèves, ni pour se changer les idées mais bien pour pratiquer.

Parce que même si son ventre ralentissait à présent tous ses mouvements, si ses pieds étaient enflés et douloureux et qu'elle devait éviter de faire des mouvements trop brusques, Kagami avait demandé à Hashirama de l'entrainer, et même s'il ne le faisait pas personnellement, qu'il devait avant tout s'occuper de son clan, il avait ordonné à Toka Senju, une jeune femme stricte mais compréhensive, de se charger de ça. Et même si elle n'était pas une shinobi, Kagami appréciait, tous les jours, de se défouler, de penser à autre chose qu'à sa situation.

Mais aujourd'hui, Toka n'était pas là et c'était surprenant, venant de la commandante Senju. Celle ci détestait les retards, et les excuses bidons à ses yeux. Mais à sa place habituelle se trouvait Tobirama, dans une tenue relaxée. Il la toisait comme à son habitude, lui rappelant sans cesse qu'elle n'était rien à ses yeux, à peine un moustique qu'il comptait bien écraser et Kagami ne résista pas longtemps avant de soupirer et se détourner, avec l'intention d'aller demander des explications à Hashirama.

- Je peux savoir où tu vas comme ça, Uchiha ?

Sa voix la rappela à l'ordre et Kagami se figea. C'était un nom qu'il ne prononçait pas souvent. Il le crachait, de temps en temps, quand il avait besoin d'un coupable, qu'il grognait en grimaçant, comme si le simple fait de le dire l'empoisonnait mais cette fois, son ton était amusé, presque joueur et intriguée, Kagami ne se retint pas plus d'une seconde avant de regarder par dessus son épaules.

Les pupilles ambrées de Tobirama la scrutaient avec attention. Son masque était tombé et il ne ressemblait plus à la personne qu'elle connaissait depuis tout ce temps. Même s'il gardait les bras croisés sur son torse, sa position était relaxée et sans son habituel happuri, il semblait humain, ce que Kagami avait toujours nié.

Un homme aussi mauvais ne pouvait pas être humain.

Mais Tobirama lui fit signe de s'approcher, et quand Kagami fut à quelques pas de lui, l'air toujours abrutie par ce changement de personnalité, Tobirama jeta un léger regard à son ventre, visible sous le tissu tendu de son tee shirt et secoua la tête :

- Et tu arrives encore à t'entrainer avec tant de poids inutile ?
- Ne parle pas de mon fils de cette façon.
- Ah .. ? Tu connais le sexe, déjà ?

Agacée, la jeune femme lança un regard sombre à son vis-à-vis, décidée une fois pour tout de lui montrer de quoi elle était capable mais Tobirama eut un sourire en coin, amusé mais pas moqueur.

- Madara serait heureux que tu lui donnes un fils.

Prise de court par la remarque, Kagami baissa un instant les yeux avant de se laisser aller à un sourire.

- Suis moi.

À ces mots, et sans un regard supplémentaire, Tobirama prit la direction du village, s'éloignant ainsi des terrains d'entrainement et la jeune femme hésita un long moment avant de le suivre, en se disant qu'au pire, elle avait un moyen infaillible de se défendre, enseigné avec soin par Toka.

Mais, en restant sur ses gardes, elle se décida tout de même de le suivre et se retrouva bientôt à sa hauteur, Aiji sur ses talons et un regard intrigué posé sur le Senju. Cependant, celui ci n'ouvrit aucunement la bouche, jusqu'à ce qu'ils entrent dans l'auberge principale du village.

Chose étonnante, que Kagami avait rapidement apprise, les commerces n'étaient pas rares dans le village et même si les tarifs étaient très bas, de l'argent circulait dans le clan. Mais elle s'y était fait.

Pourtant, elle n'aurait jamais imaginé se retrouver dans un des salons privés de l'auberge, accompagnée uniquement par Tobirama Senju, en milieu de journée. Encore moins qu'il lui serve un saké tiède, pêcher mignon qu'elle avait développé depuis qu'elle était arrivée. Après tout, Hashirama avait indiqué qu'un peu d'alcool, à titre exceptionnel, ne pouvait pas nuire à la santé de son enfant et ça lui permettait parfois d'oublier certaines choses. Comme le fait que le père de son enfant ne l'ait jamais contactée.

Sans attendre que son hôte ne prenne la parole, la jeune femme leva son verre à ses lèvres, les paupières closes alors que l'alcool venait déjà apaiser son esprit et elle en avala une légère gorgée, sous le regard attentif du Senju.

- Hashirama m'a chargé de t'informer que ton entrainement devenait trop dangereux pour la santé de ton enfant. C'est pour cela qu'il a envoyé Toka en mission.
- Pourquoi passer par toi ? Il sait que nous nous haïssons.

Une main dans ses cheveux argentés, Tobirama haussa un sourcil avant de répliquer, sans trop le vouloir :

- Et j'ai sûrement mieux à faire.
- Je n'ai pas besoin d'être surveillée, souffla Kagami en se concentrant sur sa boisson. Va donc t'occuper ailleurs.

Au fond de lui, Tobirama savait que ça n'était pas ce qu'il voulait, qu'il avait exprès demandé à son frère de le laisser prendre soin de Kagami, exceptionnellement mais elle l'ignorait à nouveau et ca en devenait douloureux. Poser les yeux sur elle, alors qu'elle portait le fruit de son amour avec un Uchiha était déjà horrible, mais la voir le rejeter aussi durement, sans lui donner une chance était pire que le reste. Et il savait qu'il finirait par abandonner.

Il était peut être un guerrier reconnu et craint, il n'en était pas moins un homme et voire la femme qu'il aimait de tout son coeur le repousser avec tant d'ardeur le rendait malade.

Mais il ne pouvait pas lui renvoyer la balle, Hashirama le lui avait formellement interdit. Kagami était proche du terme de sa grossesse et un stress trop important nuirait à la santé de l'enfant, et même si celui ci était le rejeton d'un Uchiha, Kagami ne le lui pardonnerait jamais. Elle aimait trop son enfant à naitre pour ça.

Alors, Tobirama soupira longuement, tandis qu'il s'éloignait d'elle mais il avait déjà la prochaine étape de son plan. Et si tout se déroulait comme il l'avait prévu, Kagami finirait par accepter sa présence.

Depuis des heures, la jeune femme cherchait de quoi s'occuper mais quoiqu'elle fasse, peu importe l'endroit où elle se rendait, il fallait qu'elle tombe sur Tobirama. D'abord au lavoir, pour nettoyer ses vêtements, et le Senju était déjà installé, accompagné d'une jeune femme magnifique, en train de nettoyer son armure, puis aux réserves de nourriture où elle avait dû récupérer un peu de riz, et Tobirama semblait avoir eu la même idée. Et même quand Kagami était allée voir un des menuisier, pour s'assurer que le berceau de son enfant serait bientôt terminé, Tobirama vérifiait que la malle qu'il avait demandée était prête.

À un instant, Kagami se demanda sérieusement si elle était maudite pour tomber sur lui aussi fréquemment. Jusqu'à ce qu'elle croise son regard. À ce moment, elle comprit. Il y était pour quelque chose, elle pouvait le voir dans ses yeux. Elle pouvait y lire une certaine fierté, teintée d'une légère culpabilité mais le léger sourire qu'il lui adressa, quand elle leva les yeux au ciel, malgré tout amusée par son comportement, fit comprendre à la jeune femme qu'il ne la lâcherait pas de si tôt. Mais pour l'instant, elle n'avait pas envie de lui parler. Pas à un endroit où tout le monde pourrait les voir.

Alors elle lui fit un léger signe, lui indiquant qu'ils se retrouveraient plus tard et se rendit chez Mito, qui l'accueillit de la même façon qu'elle en avait l'habitude. En posant les mains sur son ventre.

De son côté, Tobirama attendait leur prochaine rencontre avec impatience, mais Hashirama l'avait fait appeler. Et quand le cadet arriva dans le bureau de son frère, l'ainé lui indiqua de prendre place.

Un silence s'éternisa un long moment, alors qu'Hashirama ne savait pas par où commencer, jusqu'à ce qu'il se lance enfin.

- J'ai trouvé les lettres, murmura-t-il sans émotion.

L'air impassible, Tobirama releva les yeux vers son frère.

- Tu n'avais pas le droit de faire ça, ajouta Hashirama en soupirant.
- Je sais.
- Tu comptes lui dire ?
- Pour quoi faire ? S'il tenait réellement à elle, il serait venu.
- Tu les as lues .. ?
- Non mais …
- Tobirama, grogna l'ainé en se levant. Tu ne peux pas t'interposer entre deux personnes de cette façon.
- Pourquoi pas ?

La question du jeune Senju prit un peu Hashirama par surprise et les mots lui échappèrent.

- J'aime cette femme, souffla Tobirama en tendant la main vers la direction où se trouvait Kagami. Tu n'as pas idée à quel point je peux l'aimer et je suis obligé de la voir s'autodétruire à cause d'un homme qui ne la mérite pas.
- Tobirama …
- Tu sais ce que Mito m'a dit ? Que Kagami avait décidé de garder son enfant pour ne plus se sentir seule. Et tu me demandes de rester là, et accepter ça ?

Hashirama soupira. Il ne pouvait rien faire d'autre. Il n'avait jamais vu son frère dans un état pareil, et encore moins aussi passionné à propos d'une femme. Il savait qu'il souffrait, qu'il ne pouvait rien y faire mais tout de même, cacher des lettres envoyées par Madara était terriblement risqué.

Et si l'Uchiha, excédé de ne pas recevoir de réponses, venait et découvrait que Tobirama était à l'origine de ce silence ? Une guerre éclaterait, ça ne faisait aucun doute. Les espions ne cessaient de rapporter que les Uchiha étaient agités, depuis le départ de leur maitresse de clan, que Madara entrait parfois dans des rages folles et que seul Izuna pouvait encore l'approcher quand c'était le cas.

Cependant, le chef de clan Senju ne chercha pas plus loin. Son frère avait ses raisons, mais il n'allait certainement pas laisser les choses empirer de cette façon.

- Je veux que tu lui dises.
- Hors de question, grogna Tobirama en toisant son frère.
- Fais le. Et n'essaye pas de me mentir. Tu en as déjà assez fait comme ça …
- Hashirama ..

Mais le regard que lança Hashirama coupa le cadet dans son élan et il lui fit signe qu'il en avait terminé, lui faisant ainsi comprendre qu'il n'avait pas intérêt à se louper, sur ce coup.

Grognon parce qu'il savait qu'il allait devoir s'y plier, Tobirama sortit du bureau, la pile de lettres à la main et pensa d'abord les brûler. Il ferait passer ça pour un malheureux incident auprès de Kagami, même si ça devait lui attirer les foudres de son frère mais il savait que la jeune femme en avait besoin, dans un sens.

Alors, il fourra les lettres dans sa veste, à l'abri le temps qu'il décide quoi faire et patienta. La nuit allait tomber, et il pourrait retrouver Kagami, parler enfin sérieusement avec elle. C'était tout ce qui lui importait, en cet instant.

Kagami avait pris l'habitude de se rendre, tous les soirs, sur toit de l'un des murs d'enceinte du village. Étant donné que celui ci se trouvait loin, au fond du village et derrière les terrains d'entrainement, les gardes n'y passaient jamais et ainsi, la jeune femme pouvait se retrouver seule, réfléchir en toute sérénité sans qu'on ne vienne la déranger. Elle pouvait murmurer les paroles d'une berceuse de son enfance en caressant son ventre, et en pensant à Madara.

Celui ci lui manquait, d'ailleurs, mais de moins en moins. Elle ne savait pas comment interpréter ce sentiment, mais c'était comme si l'attente apportait la lassitude et son esprit ne cessait de répéter la même chose. S'il l'avait réellement aimée, elle n'aurait pas été obligée à partir, et il serait venu la voir, ou aurait au moins pris des nouvelles d'elle. Et elle ne voulait pas que son enfant grandisse sans un père, mais c'était mal parti pour ça.

- Kagami …

La voix de Tobirama la fit sursauter violemment, la sortant ainsi de ses pensées et Kagami se tourna brusquement vers lui, les sourcils froncés alors que l'homme se retenait de rire. Il n'avait pas caché sa présence, n'avait même pas fait attention aux bruits qu'il pouvait faire en se déplaçant et elle avait dû être sacrément loin dans ses pensées pour ne pas le remarquer.

Sans un mot, et sans la lâcher du regard, Tobirama prit place à côté d'elle, les pieds dans le vide et la jeune femme souffla longuement.

- Tu m'as fait une peur bleue ..
- Je pensais que tu m'aurais entendu.

La jeune femme secoua la tête, en se disant qu'elle ferait plus attention, la prochaine fois et Tobirama soupira avant de fouiller dans sa veste et sortir les lettres à l'intention de Kagami. La jeune femme n'eut pas grand chose à faire pour comprendre d'où elles venaient, et en ouvrit plusieurs qu'elle lut en diagonale, d'un air absent, avant de les faire brûler d'un léger katon que Toka lui avait appris, quelques jours plus tôt.

- Kagami .. Qu'est ce que tu fais ? S'exclama Tobirama, choqué par sa réaction.
- Je ne veux pas lire des excuses, ni des remontrances, souffla la jeune femme. Si Madara voulait vraiment me parler, il aurait pu venir et m'affronter.
- Mais …
- Tu as intercepté ses lettres ?

Ne voulant plus lui mentir, le Senju soupira, avec lassitude.

- Je ne voulais pas qu'il te fasse souffrir.
- Pourquoi ? Murmura Kagami.
- Parce que tu ne le mérites pas.

Ne comprenant pas ce que Tobirama voulait dire par là, Kagami releva les yeux vers lui, le coeur lourd et le Senju força un sourire.

- Ne m'oblige pas à te le redire. Tu l'as assez mal prit la dernière fois, rappela-t-il, amèrement.
- Et tu avais dit que tu ne serais pas aussi clément.
- Chaque homme à ses faiblesses.

Il fallut plusieurs secondes à la jeune femme pour comprendre exactement ce que Tobirama voulait dire par là, mais quand elle sentit ses doigts glisser doucement sur sa main, Kagami eut un sourire léger mais gêné. C'était trop, pour elle. Qu'il lui confirme aussi sincèrement ce qu'il avait à peine évoqué, quelques mois plus tôt était exaltant, et elle sentait son coeur battre la chamade dans sa poitrine, sans parler du frisson qui remontait lentement le long de sa colonne vertébrale.

Un coup de pied, au niveau de son ventre, la ramena cependant à la réalité et elle posa vivement les mains dessus, en riant.

- On dirait qu'il n'est pas d'accord. Je crois que mon fils est méfiant.
- Tu es persuadée que c'est un garçon, déclara Tobirama, septique.
- Je le sens. C'est un garçon, et il sera un shinobi exceptionnel.

Un sourire aux lèvres, Tobirama leva lentement la main pour l'approcher du ventre de la jeune femme, demandant ainsi sa permission de le toucher et Kagami la posa elle même sur son abdomen arrondi, guidant les doigts du Senju sur le tissu de son kimono afin qu'il sente les petits coups que le bébé lui mettaient.

Un silence inconfortable s'installa entre eux et Tobirama se pinça les lèvres.

- Je serais un père pour lui, si tu me le demandes, affirma-t-il. Je t'aiderais à l'élever.
- Je ne sais pas ….
- Tu n'auras pas à te lever toutes les nuits, je le ferais aussi. Et je m'en occuperai autant que tu veux pour que tu puisses te reposer.

Touchée, Kagami releva les yeux vers son vis à vis, qui lui adressa un regard bienveillant.

- Il sera toujours un Uchiha, rappela-t-elle sans ciller. Et moi aussi.
- Tu n'as jamais été une Uchiha.
- Ne te voile pas la face. Je suis toujours mariée à un homme qui n'en a rien à faire de moi.
- Annule le mariage et vis ta vie.

La jeune femme soupira, las, passa une main dans ses cheveux en baissant la tête.

- Mon premier mari est mort, tué par le second. Si je divorce, si j'apporte la honte une nouvelle fois sur moi, qui voudra de …

Elle s'interrompit cependant en sentant un regard insistant sur elle et n'osa plus relever la tête. Peut être Tobirama voudra d'elle, effectivement.

Non, elle ne devait pas penser à ça. Il n'était rien. Un ami, tout au plus, et rien était fait, encore. Elle ne pouvait pas compter sur lui comme elle comptait sur Hashirama, qui prenait soin d'elle depuis son arrivée au village, qui s'assurait qu'elle ne manquait de rien. Depuis le début, Tobirama n'avait été là que pour lui rappeler à quel point elle avait raté tout ce qu'elle avait entreprit et il n'avait rien fait pour elle. Rien.

Tobirama, de son côté, saisissait à peu près le débat qui faisait rage dans l'esprit de la jeune femme et voulait absolument dire quelque chose à ce propos, pour lui faire comprendre qu'il était comme ça, qu'il ne changerait pas comme Madara avait semblé changer pour elle mais la seule chose qui lui venait en tête était sûrement la plus gênante. Cependant, il n'avait d'autre choix que de lui en parler, s'il ne voulait pas la perdre.

- La première nuit que tu es arrivée ici, quand tu t'es effondré dans les bras d'Hashirama … Ca n'est pas chez un des généraux que tu as dormi. Mon frère t'a amenée à moi, parce qu'il savait que je prendrais soin de toi. Et d'Aiji, ajouta-t-il en jetant un coup d'oeil au loup qui somnolait au pied du mur.

Surprise par cette révélation, Kagami releva les yeux et Tobirama ajouta :

- J'ai veillé sur toi. J'ai passé la nuit à surveiller les bruits venant de ta chambre.
- Tobirama …
- Et je m'en suis voulu d'avoir eu raison.

Cette fois, Kagami posa doucement une main sur ses lèvres, pour les cacher à l'homme qui lui faisait face. Elle ne voulait pas qu'il les voit trembler, qu'il se rende compte qu'elle était sur le point de pleurer. Pas parce qu'elle était touchée par ce qu'il lui disait, mais parce qu'elle se haïssait d'avoir aussi mal jugé un homme avec autant de coeur que lui. Et ce coeur, il venait de le lui exposer, sans gêne, sans condition.

Sous ses mèches argentées, Tobirama adressa un sourire à la jeune femme, espérant grandement qu'elle n'allait pas se mettre à pleurer, parce que là, il ne saurait rien faire d'autre que la prendre dans ses bras et préféra changer de sujet :

- Tu as déjà pensé à des prénoms, pour ton fils ?
- O-oh euh, souffla-t-elle en se détournant. Eiko.
- C'est le genre de prénom que Madara donnerait à un de ses fils, ça ne fait aucun doute.
- Oui, acquiesça Kagami en riant. Kazuki.

Un sourire en coin aux lèvres, Tobirama répéta plusieurs fois le prénom d'un air pensif avant d'affirmer :

- Je crois que ça serait un très beau prénom.
- Je pense aussi, murmura la jeune femme. Mon fils sera un héros.
- Ça ne fait aucun doute. Et si c'est une fille .. ?
- C'est un garçon, souffla Kagami. J'en suis certaine.

La jeune femme allait ajouter que de toutes façons, elle l'aimerait, peu importe les circonstances mais elle fut interrompue par un bâillement intempestif qui l'obligea à se détourner un instant.

- Je devrais te raccompagner chez toi, affirma Tobirama en se redressant.
- Je ne suis pas fatiguée.

Mais un nouveau bâillement confirma que Kagami était bien trop fatiguée pour rester plus longtemps à cet endroit et Tobirama allait la soulever afin de la ménager, pour descendre du mur mais Kagami repoussa ses mains pour sauter, sans peur, en bas de l'enceinte. Sa position était d'ailleurs d'un ridicule sans nom, et Tobirama se serait moqué, dans d'autres circonstances mais elle faisait ce qu'il fallait pour que son enfant soit en sécurité, et c'était remarquable.

Ils marchèrent ensuite en silence, l'un à côté de l'autre, jusqu'à la maison de Kagami, de l'autre côté du village. Les curieux étaient peu nombreux mais la rumeur comme quoi Tobirama Senju et Kagami Uchiha passaient du temps ensemble sans mutuellement s'insulter se répandrait comme une trainée de poudre dans le village. Mais en cet instant, aucun d'eux ne voulaient vraiment penser à ça. Ils ne voulaient pas penser aux conséquences.

Ainsi, quand ils entrèrent chez Kagami, qu'ils se retrouvèrent à nouveau en face à face, il y eut un silence inconfortable, jusqu'à ce qu'elle remarque le meuble qui avait été déposé là, près de l'entrée, et qu'elle s'en approche rapidement, des étoiles dans les yeux.

Le berceau de son bébé était enfin prêt ! Depuis le temps qu'elle l'avait commandé ! Mais le menuisier n'était pas un ami des Uchiha, et il n'avait cessé de le lui rappeler, jusqu'à ce qu'elle parle de ce traitement à Hashirama qui avait immédiatement touché un mot à l'artisan. Puis, le Senju s'était excusé, en affirmant qu'il y avait bien plus important à construire qu'un berceau de bébé, et ainsi, Kagami avait dû attendre plusieurs mois pour enfin obtenir le meuble indispensable pour sa nouvelle vie.

Du bout des doigts, elle caressait le cadre en bois de cerisier en se disant que son bébé pouvait enfin arriver en paix, et Tobirama s'approcha d'elle, pour poser les mains sur son ventre. Ce geste simple suffit à Kagami à comprendre qu'il avait été honnête avec elle, qu'il ne voulait pas se moquer, ni l'amadouer et, les paupières closes, elle se laissa aller à cette étreinte.

Et Tobirama ne pouvait s'empêcher de penser que si elle continuait comme ça, si elle se laissait faire, il ne résisterait pas plus longtemps avant de l'embrasser. Il se retenait déjà depuis qu'il l'avait rejointe, depuis qu'il s'était senti tellement proche d'elle et là, elle semblait se donner à lui. Mais il ne voulait pas qu'elle lui tombe dans les bras, il voulait qu'elle fasse le premier pas.

- Tu crois que je suis trop jeune ?

La question de Kagami le ramena à la réalité et Tobirama l'observa avec attention alors que la jeune femme s'écartait de lui pour prendre place à table.

- Trop jeune ? Répéta-t-il, pour tenter de retrouver une certaine contenance.
- Pour être mère.
- Je ne suis pas un spécialiste en la matière, tenta Tobirama, diplomate.
- Madara disait que j'étais trop jeune. M-mais je me sens prête, et ..
- Si tu te sens prête à ça, personne n'a le droit de te juger. Mais je pense sincèrement qu'il aurait été mieux d'attendre.
- Je n'ai pas fait exprès de tomber enceinte, grogna la jeune femme en soupirant.
- Je sais.
- Madara … voulait que je m'en débarrasse. Mais je ne pouvais pas.

Alors qu'il avait pris place à côté d'elle, à une distance raisonnable, Tobirama s'approcha de Kagami pour glisser un bras dans son dos et l'embrasser sur la tempe. Et sur le moment, il ne savait pas ce qui lui faisait le plus mal au coeur. Quand elle le repoussait, le haïssait, ou de la voir aussi fragile, prête à se briser.

Un frisson remontant le long de son dos, Kagami se laissa étreindre par l'homme à ses côtés, le laissa la rassurer, comme elle en avait besoin depuis des mois. Ses conversations avec Mito étaient souvent à ce propos, sur Madara, son absence, et l'avenir mais ça n'était pas pareil. Mito cherchait à ce que son amie aille mieux, qu'elle pense à autre chose, mais se retrouver dans les bras d'un homme, d'un autre homme que son mari était différent.

Son odeur de mâle, sa façon de la tenir, de la rassurer était quelque chose que Kagami avait espéré, sans se l'avouer, depuis trop longtemps déjà.

Puis, leurs regards se croisèrent, et Tobirama eut ce genre de sourire. Une mimique, un sourire en coin plein d'arrogance qui n'inspirerait sûrement rien de bon à un observateur extérieur. Mais quand il se pencha vers elle, son bras se serrant autour des épaules de la jeune femme qui attendait avec appréhension ce qui allait se passer, tous leurs doutes s'envolèrent et Tobirama embrassa Kagami à pleine bouche.

Elle n'eut d'ailleurs pas le temps de réagir qu'il fourrait déjà la langue dans sa bouche, avide de gouter ce qu'il convoitait depuis trop de temps déjà et Kagami hoqueta, au début, incertaine, mais la chaleur qui se dégageait de cette étrange, et ce sentiment de bien être qui la prenait était supérieur au reste. Et elle rendit son baiser à Tobirama, les mains agrippées sur son haut, se penchant vers lui pour se perdre un peu plus dans cette danse sensuelle et quand elle s'écarta de lui, à bout de souffle, qu'il passa une main dans ses cheveux, Kagami baissa la tête.

Que faisait-elle ? Elle était pourtant mariée, et avait aimé Madara de tout son coeur mais tandis que Tobirama la tenait dans ses bras, qu'il la regardait avec tendresse, la jeune femme se sentait bien, et elle ne voulait pas s'écarter de lui. Les doigts de Tobirama glissèrent à nouveau dans ses cheveux et Kagami souffla légèrement avant de s'approcher à nouveau de lui, pour l'embrasser, encore.

Elle ne pouvait même pas s'en empêcher, et les baisers s'enchainaient, et la chaleur montait, entre eux, jusqu'à ce que Tobirama, n'y tenant plus, s'arrache de son haut, dévoilant un torse musclé, barré de plusieurs cicatrices, qu'il penche Kagami sur le dos pour l'allonger là, directement sur les tatamis. Le ventre contre celui de son amante en devenir, du moins, il l'espérait, Tobirama caressait avec douceur son visage, l'embrassait, déposait des baisers envieux au creux de son cou tandis que la jeune femme, envahie par tellement d'émotions différentes, ne pouvait que haleter, le coeur battant fort et le visage rouge de gêne.

Madara avait été le seul homme à lui faire ça, à lui montrer à quel point il avait envie d'elle et même si les gestes du Senju étaient semblables, leurs nuances étaient différentes. Madara avait toujours été plus durs, moins tendres et la jeune femme ne savait plus où donner de la tête. Et à la simple pensée qu'elle allait faire l'amour avec un homme différent que son mari, un homme qu'elle avait haït de tout son coeur, elle en rougissait de plus belle.

Cependant, et Tobirama apprit à haïr les Dieux pour ça, Kagami hoqueta en serrant immédiatement les genoux et se redressa vivement en repoussant l'homme qui la retenait au sol. La honte prenait le dessus, mais en se rendant compte qu'elle ne pouvait rien faire à l'écoulement qui était en train de détremper les tatamis, elle comprit. Une main sur son ventre, elle reprit une respiration saccadée et releva les yeux vers Tobirama alors que sa première contraction arrivait.

La douleur était intense, et vive, et elle ne savait pas quoi faire pour la calmer, mais la main du Senju vint se poser sur la sienne, alors que la jeune femme se gémissait sous les sensations, et un seul mot, une supplication lui venait aux lèvres.

- Madara …


Eiko : Gloire

Kazuki : Espoir de paix/d'harmonie. Premier d'une nouvelle génération