\ PDV Marie-f /
Je rentrai dans ma chambre et m'assurai que la porte était bien fermée, j'étais troublée, la voix grave de Thorin résonnait encore en moi, je devais me ressaisir. Je sortis la boussole et montai sur le lit, j'attrapai la carte que j'avais caché sous les oreillers. Ma décision était prise, je prenais la fuite pour Fondcombe. Pas question que je rencontre les trolls et les orcs, de toute façon je finirai bien par les revoir, à moins que je ne sois partie avant. Gandalf souhaitait montrer la carte qu'il avait confiée à Thorin au roi Elrond. Je fini par faire le point de ce que j'avais dans mon sac : des barres de céréales, gourde d'eau, sac de couchage, mon I-Phone batterie pleine pour écouter de la musique. Je plaçais la boussole sur la carte pour être sûre de prendre la bonne direction.
Le plus dur va être de leur fausser compagnie, monter à cheval n'était pas un problème mais il devait être rapide pour ne pas être suivi par une bande de nains en colère et un Gandalf kidnappeur. J'avais vraiment envie de le trucider pour le tour qu'il m'avait joué.
On frappa à la porte c'était Fili et Kili qui me demandaient si j'étais prête, le départ approchait.
- « Je viens dans une minute. »
Une pointe de stress s'emparait de moi, je ne devais rien montrer.
La porte était grande ouverte et les nains faisaient des vas et viens pour charger les poneys, Bilbo n'était pas encore debout mais je savais quel choix il allait faire son aventure était en marche. Je sortais à mon tour pour voir quel animal on allait me confier je croisais les doigts pour que ce soit un cheval et pas un poney. Je voyais Gandalf discuter avec Thorin et tous les nains s'immobilisèrent pour me regarder.
- « Ha ma chère vous voilà ! » Me dit Gandalf, « Comment vous sentez-vous ce matin ? Thorin nous a tout raconté. »
Je piquais un fard et je faillis m'étouffer avec ma salive.
- « Il nous a dit pour le dragon », poursuivit-il, « les deux couronnes ainsi que le berceau, quelle bonne nouvelle n'est-ce pas? »
Je regarde Thorin, il incline la tête pour me dire bonjour et que le reste ne regarde que nous deux.
- « Ha oui, oui bien sûr. » Dis-je sur un ton gêné.
Gandalf s'approcha de moi et avec un grand geste de la main il dit :
- « Une présentation s'impose tout de même, Thorin Oakenshield et compagnie des maîtres nains, je vous présente Marie-f, pour ceux qui n'aurait pas entendu son prénom. »
Les frères s'approchent de moi et ils s'inclinent : « Marif, bienvenue dans la compagnie de notre oncle. »
- « Heuuu, non, c'est pas Marif mais Marie-f. Mes parents adoptifs ne savaient pas quoi choisir comme second prénom alors ils ont mis juste une lettre, le F. » Il n'y avait pas plus simple comme explication sur mon prénom.
Tous s'inclinent devant moi en signe de bonjour, je fis de même par politesse. Gandalf me montre la monture qu'il m'a choisi, c'est un cheval, houff! Je fais le tour de l'animal, il a l'air fort et robuste, je sangle mon énorme sac sur son dos.
Tous les nains sont sur leurs poneys, il ne manque plus que moi, Thorin me regarde d'un air bizarre, comme s'il avait deviné mes intentions (non tu te fais des idées ma fille, pas possible).
Nous prenons la route pour sortir d'Hobbitbourg, le soleil pointe ses premiers rayons, le ciel est magnifique dans cette campagne, un décor de carte postale.
J'étais la dernière de la troupe, j'avançais lentement pour mettre de la distance entre eux et moi. J'attendais le bon moment pour agir. Le décor changea, après les champs et les bosquets une large plaine fit place enfin c'était le moment propice pour partir, il n'y pas d'obstacles pour me barrer la route.
Je prends une grande inspiration, je cale bien mes talons sur les étriers, je tire sur les rênes de mon cheval pour partir à toute vitesse sur la gauche. L'effet de surprise fût total, je me penchais en avant pour être au plus près de ma monture qui file comme le vent. J'en profite pour me retourner et voir si je ne suis pas suivie.
- « Elle s'enfuit ! » cria Dwalin.
Thorin était surpris et furieux à la fois par ce que je venais de faire.
Gandalf ordonna : « Thorin avec moi et vous tous restez ici, il ne faut pas qu'elle s'échappe, nous ne devons pas la perdre. »
La chevauchée commença, Gandalf qui avait un cheval plus rapide que le poney de Thorin partit à ma poursuite, je fus vite rattrapée il poussa son cheval contre moi, m'obligeant à me rabattre sur Thorin, mais j'esquivais son attaque. Je continuais à avancer mais mon pauvre cheval montra des signes de fatigue, il perdait de la vitesse. Gandalf repoussa encore une fois son cheval contre moi et il me percuta, ma pauvre monture tomba sur le flanc et il me renversa sur le côté, c'est d'un coup de pied contre la selle que je pus me dégager et très vite je me suis remise debout pour piquer un sprint.
Je criais : « Au secours, à l'aide ! » dans un dernier espoir de liberté sans me retourner, je pouvais entendre les pas lourds mais rapides de Thorin, sa respiration se faisait de plus en plus proche, je courais à perdre haleine, je criais de désespoir encore une fois pour une aide qui ne viendrait pas.
Thorin était juste là à me talonner, il tendit la main pour attraper ma capuche et voulu tirer un coup sec mais j'anticipais son geste, j'ouvris ma veste et lorsqu'il tira dessus je me libérai, laissant un Thorin avec une veste vide.
\ PDV général /
S'en était trop, cette humaine était une vraie anguille, il fallait que cette poursuite cesse, il ne tiendrait plus longtemps (les nains sont imbattables sur de courtes distances), il donna un dernier coup de rein pour lui faucher les jambes, son geste fit mouche. Elle tomba en avant, ce qui ne l'empêcha pas de continuer à ramper, Thorin n'avait jamais rencontré quelqu'un avec autant de détermination dans la survie, ni homme et encore moins une femme. Elle s'accrochait à des touffes d'herbes tout en pleurant.
\ PDV Marie-f /
Je continuais à pleurer et hurler à l'aide lorsque je sentis qu'il m'avait attrapée par la cheville, c'était fini de moi et de ma liberté. Il me retourna sur le dos, il avait le souffle court il avait attrapé mes mains et les avait remontées au-dessus de ma tête, je me débattais de toutes mes forces mais Thorin était bien plus costaud. J'étais essoufflée, ma poitrine montait et descendait à un rythme saccadé, du coup elle tapait contre le torse musclé de Thorin qui n'en pouvait plus non plus.
- « Arrêtez de crier, personne ne viendra pour vous aider, les secours c'est nous! Et comment voulez-vous survivre sur ces terres sauvages ? »
- « Ca ne vous regarde pas, lâchez-moi sale brute, vous me faites mal. »
Il posa sa main sur ma bouche pour m'empêcher de hurler. Il resserra son étreinte sur moi pour m'immobiliser. Il m'obligea à le regarder dans les yeux, il y avait de la colère et une certaine admiration pour ma fougue à vouloir lui échapper. Ma respiration avait repris un rythme à peu près normal, donc je me calmais et je ne bougeais plus.
- « C'est bon vous êtes calmée, je peux vous relâcher, vous ne tenterez rien ? »
Je fis signe que non de la tête, j'entendis Gandalf courir vers nous. Thorin se redressa et je pus me relever sur mes fesses.
\ PDV général /
L'action fut rapide, Thorin n'en croyait pas ses yeux, elle venait de lui prendre la petite dague qu'il portait à sa botte. Elle se releva et en un éclair se projeta sur Gandalf, qui tomba sur le dos.
- « Je vais vous tuer Gandalf, tout ça c'est de votre faute ce qu'il m'arrive ! »
On eût dit une vraie folle. C'est à ce moment-là que Dwalin arriva voyant l'humaine menacer le magicien, il lui donna un coup sur la tête, et elle s'effondra sur Gandalf, assommée.
- « On a eu chaud. » Dit Dwalin.
Gandalf la repoussa, inanimée, et dit:- « Je n'avais jamais rencontré quelqu'un qui avait autant de détermination ! Ha! Si, vous Thorin, voilà un point commun de plus avec elle. »
