Chapitre 7

Incapable de dormir plus longtemps, Mélissa sort de son lit et s'assoit à la fenêtre, observant la noirceur de la nuit. Une semaine s'était écoulée depuis son accident magique, provoquant chez elle de violents cauchemars et une insomnie fort peu désirée. Soupirant de lassitude, elle s'appuie sur ses coudes et s'étirant paresseusement. Jamais dans sa vie elle ne c'était sentie aussi éreinté, les muscles comme étirés et douloureux. Il faut dire que depuis son arrivée, elle n'arrêtait pas de jongler entre les heures de classe, les cours de rattrapage le soir et les réunions avec les membres de l'ordre. Ils avaient longuement débattu sur la confiance aveugle accordée à la nouvelle venue par le directeur de la maison. Justement, une rencontre spéciale avait lieu avant le diner. Les rencontre n'avaient jamais lieu le week-end, mais les enseignants demandaient des réponses et les heures de classes compliquaient le tout.

Roulant des épaule, Mélissa laisse s'écouler les minutes, muette devant le paysage de ce monde étrangement réel. Lorsque l'horloge sonna dix heures, elle se changea et alla au bureau de Dumbledore.

En marchant dans le corridor, elle se questionna de nouveau sur la certitude de devoir leur livrer tout ce qu'elle savait. Comment Dumbledore réagirait-il ? La croiront-elle ? Quel avenir a-t-elle dans ce monde, surtout après les bombes d'informations qu'elle compte leur lancer ? Rémus arriva à la porte du bureau de Dumbledore en même temps qu'elle, interrompant ses réflexions conflictueuses.

- Tout va bien, miss Tremblay ? Vous êtes toute pâle.

- Oh, bonjour Professeur Lupin. Oui, ça…

C'était trop facile pour son cerveau d'oublier à quel point Rémus partageait des similitudes avec son propre père. Chaque fois qu'elle croisait le professeur, un choc la secouait inévitablement. Toute cette histoire était vraiment trop étrange, Mélissa avait bien trop hâte que Dumbledore lui offre un début d'hypothèse. Comme si l'homme devant elle était vraiment son père, Mélissa se sentie incapable de mentir.

- En fait, pas trop, se corrige-t-elle en regardant le sol.

- Je sais que nous avons été plutôt… abruptes depuis votre arrivée, mais n'ayez crainte. Personne n'est méchant à Poudlard.

- Vous en êtes sur ?

Mélissa s'en voulu de parler avec cette intonation apeurée, mais elle se sentais vraiment inconfortable lorsqu'elle devait parler devant le corps professoral, qui n'a jusqu'à présent pas été très … diplomates depuis son arrivée. Elle avait beau connaître les personnages du livre, qui pouvait lui promettre que tout était identique ? Croyant qu'elle parlait spécifiquement d'un enseignant taciturne, Rémus serra l'épaule de Mélissa, lui offrant un doux regard réconfortant.

- J'ai un passé complexe avec le professeur Rogue et je sais qu'il terrorise facilement, mais il a la pleine confiance de Dumbledore. Nous sommes tous du même côté.

Un peu plus calme, Mélissa hoche de la tête et le suit dans le bureau. Les battements de son cœur, devenus plus réguliers grâce à Rémus, reprirent un rythme effréné. Tout le monde les attendait assis autour d'une table ovale. Les visages étais tous fermés et se sentis come Harry lorsqu'il du aller au conseil de la magie pour avoir utilisé sa baguette devant un Moldu. Sous le stress, son dos se redis et les mots se déversèrent sans avertissement.

- Je connais tous les horcruxes et leurs emplacements.

La bombe prit du temps à agir sur le comité. Seul Dumbeldore avait pensé à cette éventualité, Harry n'ayant pas encore reçu dans l'histoire la mission d'apprendre par la bouche de Slughorn ce que Tom Jedusor lui avait dit. Malgré tout, Mélissa attira l'attention de tous et chacun, ils étaient tous très curieux. Rémus lui tira une chaise et tous attendirent qu'elle parle.

- Vous êtes donc en possession de ces ''horcruxes'', Mademoiselle Tremblay ? Laissez- m'en douter ricana le professeur Rogue, un sourire glacial sur les lèvres. Il la trouvait bien prétentieuse, de jouer sur leurs émotions avec de la théorie de magie noire qu'elle ne pouvait vraisemblablement pas maitriser. Si c'était le cas, alors l'hypothèse qu'elle était envoyé par Voldemort lui-même refaisait surface à son plus grand agacement.

- Bien sûr que non, franchement, voir que je détiens ces trucs sur moi, vous avez de ces idées, Severus. Je sais où ils sont et comment ils ont été créés.

- Alors éclairez notre lanterne, jeune péronnelle, rétorqua McGonagall.

Loin de s'offusquer, Mélissa lève la tête, ne voulant plus se sentir martyriser par eux, déposant son regard sur chaque membre de l'assemblée.

- La mort de Mimi geignarde a permit la conception du premier horcruxes, le journal de Tom Jedusor qu'Harry a détruit avec un crochet du basilic. Une aventure très éprouvante à… eh bien à lire.Bref. Toussotant, la jeune femme replaça une de ses mèches de cheveux roux et poursuivit. Ce que je vais dire à propos du deuxième horcruxes est un avertissement pour vous, Dumbeldore.

Aussitôt, tous se penchèrent vers l'avant, anticipant la nouvelle que Mélissa lâcherait, encore un peu sonné par la nouvelle de l'existence d'autant d'horcruxes.

- Normalement, vous devriez trouver dans les décombres de la maison des Gaunt la bague d'Elvis Gaunt, un parent de Voldemort. Il a tué sa famille pour le créer et sa destruction, tentative par Dumbeldore, va vous endommager la main, une blessure mortelle à long terme.

Ses dernières paroles firent l'effet d'un silencio sur toute l'assemblée. Elle s'attendait vraiment à plus d'exclamation, ils étaient si électriques jusqu'à maintenant devant ses propos. Albus demanda à Mélissa d'enchainer avec les autres horcruxes, voulant toutes les informations avant de rentrer les détails. Il ne fit aucun commentaire sur ce qu'elle venait de dire.

- Il y a le troisième, celui que…

- Une minute Albus, interrompit McGonagall. Vous ne pensez tout de même pas la laisser dire une telle chose sans explication ! Je pense que tous ici, vous en particulier, veulent approfondir cette… affreuse révélation Sinon, comment empêcher la mort ?

Gênée, Mélissa reste interdite, ne voulant pas tout dire sur cet horcruxes et sur tout ce qu'il amènera comme malheur. Soupirant devant l'air sérieux et inquisiteur du directeur de Poudlard, elle pivota vers la gauche, scrutant Severus de son regard gris.

- Dumbeldore n'est pas le seul impliqué dans ce drame. Les faits dont je vais discuter avec vous risquent de vous paraître inconcevables et pour le professeur Rogue, fort douloureux à imaginer. Juste, faites attention, s'il-vous-plait, rien ne c'est encore déroulé.

Le fait qu'elle nomme Severus par son terme scolaire n'échappa à personne, leur faisant réaliser que la jeune femme demandait à l'homme une autorisation muette de continuer.

- Allez- y, je n'ai plus vraiment le choix, siffla-t-il, espérant toutefois trouver une façon de changer l'histoire afin de sauver Dumbeldore.

Elle ne savait tout bonnement pas par quoi commencer. En toute connaissance de cause, Mélissa plongea son regard dans celui de Severus, réalisant qu'elle allait lui dévoiler une vérité qui le blesserait plus qu'il ne pouvait être imaginé. Sans jamais quitter Severus du regard, la jeune femme débuta.

- Quand Dumbeldore va vouloir de détruire la bague, sa main sera brûlée par un maléfice aussi noir qu'ancien. Pour ne pas la perdre, il va la mettre à son doigt, ce qui propagera le maléfice dans son bras, comme un cancer. Dès qu'il verra une tache noire sur son doigt, il va comprendre qu'il est trop tard. Il sera très conscient de sa mort et Severus va lui confirmer que la nature du sortilège lui promettrait une mort lente et douloureuse.

Les professeurs regardèrent Dumbeldore avec effroi, sauf Severus, qui ne lâchait pas Mélissa du regard.

- Draco, comme tous le savent, devra un jour faire partie des Mangemorts, son père étant l'un des plus fervents défenseurs du Lord Voldemort. Lors de sa sixième année, il reçoit la mission de faire entrer les Mangemorts dans Poudlard. J'ai déjà mentionnée ce fait au directeur et vous avez détruit les deux armoires à disparaître. Une autre mission qu'on lui accordera sera…. De prouver sa loyauté en tuant le directeur

Pensif, Dumbeldore hoche de la tête, se rappelant ladite armoire que la jeune femme lui avait expressément demandé de détruire, un acte qu'il avait vite fait une fois qu'elle lui eue brièvement expliquée pour la venue de Mangemorts.

- C'est là que les deux versions de l'histoire se mélangent. Laissez-moi le temps de vous expliquer les deux avant de sauter à des jugements trop hâtifs, c'est vraiment important. Harry Potter va revenir de la chasse au troisième horcruxes avec le directeur lorsqu'ils vont voir la marque des ténèbres au-dessus de Poudlard. Une fois à l'intérieur, Harry et Albus vont entendre des Mangemorts approcher. Caché sous sa cape d'invisibilité, Harry sera immobilisé par un sort que Dumbeldore lui aura lancé pour s'assurer qu'il ne fasse rien de dangereux. Vous vous douterez de la suite des choses et donc vous allez protéger Harry de son propre courage, puisqu'il se serait vite acharné à vous aider, risquant sa vie si nécessaire. Draco, devant son directeur, sera finalement incapable de tuer. Il va manquer du type de courage que l'on reconnaît chez les meurtriers, mais toutes les personnes présentes pourront sentir qu'il risque de le faire malgré lui tant la menace de Voldemort pèse sur sa famille. C'est à ce moment que Severus entre en scène.

Arrêtant son récit un instant, Mélissa ferma les yeux et inspire longuement avant de poursuivre. Lorsqu'elle avait commencé son récit, elle voyait à mesure qu'elle parlait que les traits de Severus devenaient de plus en plus raides et que son teint se blanchissait à vue d'œil.

- Je… (toussotement) Vous avancerez, vous plaçant aux côtés de Draco et lui faisant comprendre de retenir son sort. Devant Dumbeldore, vous lèverez votre baguette, prêt à achever la mission de Draco.

Tous émirent un hoquet de stupeur, regardant Severus avec consternation. Seul Dumbledore réalisa à quel point il avait dû supplier Severus de faire un tel acte. Il ressentit la plus grande tristesse en sachant qu'il mourut en brisant le cœur de son meilleur ami.

- Je sais qu'en tant qu'espion tu es obligé de tuer pour sauver ta couverture, mais jamais je ne t'aurais pensé capable de commettre un acte aussi immonde, Rogue.

Le commentaire sec de Rémus ricocha sur les murs. Severus baissa son regard sur la table et serra les dents, soulignant ses veines le long de sa mâchoire. Sans répliquer, Mélissa lança un regard brûlant sur l'assemblée et poursuivit, la voix basse.

- Je vous avais dit d'attendre la suite. Devant Harry, vous avez soulevé votre baguette, laissant le temps passer, n'osant porter le coup fatal. La confusion du côté d'Harry s'est faite quand Dumbeldore vous a supplié.

- Je l'ai vraiment supplié de m'épargner ? Demanda Dumbeldore, surpris, ne se reconnaissant pas dans cet acte.

- Pas de vous épargner. Seuls vous et lui saviez que vous lui demandiez de vous achever, il vous l'avait promis.

- Comment… Jamais le professeur Dumbeldore n'aurait demandé une chose pareille !

- Minerva !

Le tumulte se calma rapidement devant la réprimande de Dumbledore. Tous se mirent aussitôt à scruter un Severus plus vert que jamais et demandèrent plus d'explications.

- Jusqu'à la fin, Harry vous haïra de façon encore plus vive, vous mettant la mort de Dumbeldore sur votre faute. Il n'apprit la vérité qu'à la fin de la guerre. Pour ne pas ruiner le futur de Draco, Dumbledore va vous faire promettre de le tuer, sachant fort bien la mission du jeune Malfoy. Severus ne saura refuser, et vous assassinera sans montrer la moindre douleur, devant les Mangemorts et Harry.

- Je ne suis plus certain de vouloir en entendre plus pour ce soir. La voix de Severus était neutre, mais si basse que seul Mélissa l'entendit.

- Pourrions- nous continuer demain, je commence à avoir faim, expliqua Mélissa en baillant.

- Bien sure, mon enfant, nous ne parlons pas de sujets très gaies, je pense qu'il serait difficile pour l'instant d'assimiler plus d'information. À la fin de la semaine, toutefois, il faudra tout nous dire, Mademoiselle, j'ai personnellement plusieurs spécifications à vous demander.

Un bruit de chaise reculées retentit, puis les pas se firent entendre dans l'entrée, continuant leur raffut loin dans le corridor. Seule avec Severus, Mélissa soupira bruyamment. Elle attendit qu'il franchise lui aussi la porte pour déposer sa tête dans le creux de ses bras . Elle tentait si fort de ne pas penser à sa vie d'avant, sans guerre, sans menace, avec ses parents, ses amis, mais aujourd'hui c'était impossible.

Sans s'en empêcher, une rafale de souvenir lui revint en mémoire. Le souffle court, la jeune femme se tordit soudainement de douleur, une nouvelle attaque magique prenant possession d'elle. Son réflexe fut de se lever brusquement pour aller cherche de l'aide, mais une secousse fut plus violente et elle renversa sa chaise, s'écroulant au sol.

Au moins, toute cette histoire sera finie, se prit-elle à penser et peut- être même que je me réveillerai chez moi, dans mon lit.

Les yeux clos, Mélissa gémit de douleur une dernière fois avant de sentir la douleur diminuer de moitié. Le transfert de douleur fut un choc fut si grand qu'elle sombra dans l'inconscience. Interdit, Severus, revenu en entendant la chaise tomber, là prit délicatement par la taille et la conduisit vers l'infirmerie, respirant doucement l'odeur de sa nouvelle élève plus que surprenante.

Fin chapitre 7