Chapitre 7
Bonjour à toutes, je suis heureuse de voir que cette histoire cous plaise toujours. Je vous remercie Amazing-Destiny, Olicity-love, LulzimeVelioska, Ally84, aphrodite161701, Jessyjess35, Delicity-Unicorn, Evy47, NaDaViCo, Angy et guest.
Olicity-love: merci pour ton commentaire.
Ally84: merci pour ton commentaire.
Angy: Al Sah Him a appris à ne pas faire confiance, il s'est construit dans un monde de violence et de douleurs. Sa famille face à lui n'attend que de retrouver Oliver mais il n'existe plus... Bien sûr il se sent coupable avec ce qu'il apprend et il va devoir apprendre à vivre avec ça.
guest : voici la suite
Encore un mot pour ma beta adorée Delicity-Unicorn. Merci pour ta présence et ton avis. Je t'embrasse fort.
Maintenant qu'Oliver est de retour dans sa famille il va devoir retrouver ses marques et apprendre ce qu'il s'est passé dans sa vie.
Bonne lecture...
Oliver debout observait la pièce dans laquelle il se trouvait. Une chambre avec tout le confort qu'il n'avait plus connu depuis longtemps et décorée avec goût. Cette chambre avait été la sienne et il se rapprocha des photos encadrées qui trônaient sur la commode près de la porte. Il prit le premier cadre dans lequel il apparaissait avec sa sœur. Ils étaient jeunes et semblaient très proches comme il avait pu le comprendre avec la réaction que la jeune fille avait eue. Il le reposa pour prendre celui posé à côté où il se tenait à côté d'une jeune femme encadrée entre un jeune homme brun et lui. Ces visages n'évoquèrent rien pour lui, comme tout ce qu'il avait découvert jusqu'à maintenant sur son ancienne vie.
Il se tourna pour embrasser la pièce du regard se sentant mal à l'aise dans un lieu qui n'était plus le sien, et qu'il ne reconnaissait plus comme faisant partie de sa vie. S'il croyait cet homme qui se présentait comme son père, il avait été enrôlé dans une secte et il s'était éloigné de sa famille. C'était la seule chose maintenant qui l'obsédait, c'était lui qui avait décidé de partir, sa famille ne l'avait pas abandonné, il n'avait pas été enlevé… il leur avait tourné le dos. Il sentit sa gorge se nouer à cette idée. Il avait vécu l'enfer ces dernières années car il n'avait pas su voir qu'on l'avait endoctriné.
Il s'assit au bout du lit sans oser s'y allonger, repoussa la capuche sur sa tête et resta immobile en essayant de forcer ses souvenirs. Il n'y connaissait rien aux sectes, il savait qu'elles arrivaient à isoler les membres peu à peu de leur famille et de leurs amis, qu'elles leur imposaient une façon de vivre et de penser, mais pas qu'elles allaient jusqu'à effacer les souvenirs de leurs adeptes. Il n'avait pas eu à faire à une simple secte pour avoir de telles séquelles et s'être retrouvé dans la ligue. Il resta assis longtemps perdu dans ses pensées et ses questionnements.
Il avait maintenant l'impression de vivre dans un monde différent. Il n'était plus entouré de violence et de haine, il n'avait plus à avoir peur qu'un assassin de la ligue ne vienne s'attaquer à Felicity ou à lui. Nyssa avait ce qu'elle voulait et elle lui avait concédé la liberté. Ils ne seraient pas poursuivis par les hommes de la ligue, pas sur les ordres de Nyssa en tout cas. Quand il releva la tête, la nuit était avancée et il se retrouvait dans le noir. Il était fatigué après tout ce qu'il avait vécu, la rencontre avec sa famille et la découverte de ce qui lui était en partie arrivé mais il était trop nerveux et angoissé pour se détendre. Il pensa à Felicity dans la chambre à côté, elle était en sécurité et il en était rassuré mais elle n'avait pas encore retrouvé sa vie à cause de lui.
Il se leva sans y réfléchir, replaça sa capuche et sortit dans le couloir pour s'arrêter devant la porte de la chambre de Felicity. Il hésita un instant, il retint sa respiration pour se concentrer sur les bruits qu'il pouvait entendre de l'autre côté. Seul le silence régnait, elle devait dormir mais il appuya sur la poignée et pénétra sans un bruit dans la chambre. Il fut surpris de la trouver assise au bout du lit comme lui l'était jusqu'à maintenant, la veilleuse dispensant une lumière tamisée autour d'elle.
Felicity releva la tête et se raidit en entendant la porte de sa chambre s'ouvrir. Elle se trouvait sur le sol américain, dans une demeure magnifique mais ses souvenirs ne voulaient pas la laisser en paix. Sa chambre n'avait rien à voir avec la pièce où elle avait vécu ces derniers mois, mais elle se sentait enfermée et cette sensation bien qu'infondée ne la lâchait pas. Dès qu'elle fermait les yeux, elle revoyait les murs en pierres grises de Nanda Parbat, ressentait les mains de ce monstre sur elle, son souffle se raccourcissait et sa gorge se serrait.
Elle n'avait qu'une envie, aller frapper à la porte de la chambre voisine, retrouver Oliver et s'allonger contre lui. Durant leur périple, elle n'avait jamais ressenti autant de difficultés,mais toujours rassurée par sa présence. Mais seule maintenant elle se sentait incapable de faire face à ses cauchemars. Elle sourit doucement, rassurée, en le voyant pénétrer dans sa chambre.
- « Tu ne dors pas ? », lui demanda-t-il doucement en s'approchant tout en gardant une certaine distance.
Il ne savait plus comment se comporter avec elle. Il l'avait aidée et protégée, il avait pris toutes les décisions et elle l'avait écouté sans mettre une seule fois en doute ses choix mais maintenant le contexte avait changé. Felicity devrait être chez elle, mais elle avait choisi de rester près de lui après qu'on lui ait appris qu'il avait une famille. Il avait été perturbé par cette nouvelle mais elle avait su le rassurer et lui faire comprendre qu'il devait rejoindre les siens. Il se sentait démuni et perdu et son premier réflexe était de se tourner vers elle.
- « Je n'y arrive pas… toi non plus ?
- Je ne suis pas à l'aise dans cette chambre… C'est trop… différent » souffla-t-il.
- « Je comprends. Moi aussi j'ai cette impression », sans lui avouer que ce qui la gênait c'était de ne plus le sentir contre elle pour la rassurer et la protéger.
- « Viens », en lui tendant la main.
Felicity se redressa pour la lui attraper et le suivit quand il l'entraîna derrière lui dans le couloir. Elle n'avait pas mémorisé tous les couloirs mais Oliver avec sa formation avait tout enregistré et sans hésitation, il les conduisit au rez-de-chaussée, traversa le salon, le jardin d'hiver puis sortit dans le jardin. Il avança avec prudence, l'environnement seulement éclairé par la faible clarté de la lune. Il trouva ce qu'il cherchait et se tourna vers Felicity.
- « Ce sera plus proche de nos habitudes ».
Felicity se pencha et aperçut un transat double. Oliver avait trouvé ce qui leur fallait, ils ne se sentiraient pas mal à l'aise enfermés dans une pièce et ils seraient ensemble. Ils s'allongèrent, Felicity près de la haie et ils prirent leur place l'un contre l'autre, Felicity se serrant contre son dos.
Oliver, les yeux ouverts, observant son environnement, se détendit peu à peu en retrouvant des sensations connues. Le corps de Felicity contre le sien l'apaisait et il s'endormit réconforté par une habitude dont il ne pouvait plus se passer.
Oliver, la capuche relevée sur sa tête, traversa le manoir en surveillant les moindres bruits. Il avait réussi à éviter les membres de sa famille la plupart du temps et il allait continuer. Il s'arrêta près de la table basse du salon. Cette maison était remplie de photos de lui, il avait abandonné sa famille mais ils n'avaient pas cessé d'espérer le revoir. Il ne méritait pas d'être aussi bien accueilli parmi ces personnes après ce qu'il leur avait fait subir.
- « Monsieur Oliver ? », il sursauta au bruit de la voix et à l'utilisation de ce nom qu'il avait du mal a considéré comme le sien. Il se tourna rapidement pour se trouver face à la gouvernante, une petite femme d'un certain âge qui le regardait avec tendresse. « Je suis heureuse de vous revoir monsieur ».
Elle garda ses distances et il lui fit un signe de tête pour lui répondre.
- « Si vous avez besoin de quoi que ce soit vous pouvez me demander… même s'il s'agit d'informations concernant votre vie… Je vous ai gardé depuis votre plus jeune âge et je sais beaucoup de chose que vos parents ignorent », en lui faisant un sourire doux, « particulièrement les bêtises avec votre meilleur ami.
- Mon meilleur ami ? », lui demanda-t-il.
- « Oui, monsieur Tommy Merlyn. Lui aussi est impatient de vous revoir. »
Oliver se tendit à l'idée qu'il y avait encore d'autres personnes qu'il devait apprendre à connaître.
- « Mais tout ceci viendra en son temps Oliver ». Robert avait arrêté de l'appeler son fils car à chaque fois il lui donnait l'impression de s'éloigner encore plus, se sentant toujours aussi étranger à ce lieu et en les évitant. Il n'y avait qu'avec la jeune femme qui l'accompagnait qu'il semblait tranquille.
Robert gardait une distance pour qu'Oliver ne se sente pas mal à l'aise et à chaque fois qu'il posait un regard distant sur lui, il sentait son cœur se tordre. Son fils n'était avec eux que depuis la veille, il avait espéré que le simple fait de se retrouver entouré l'aiderait, mais aucun souvenir n'avait encore fait son apparition. Robert garda le silence le temps qu'ils se retrouvent seuls et après le départ de Raisa, il s'approcha d'Oliver lentement alors qu'il le sentait se tendre légèrement.
- « Tu as rendez-vous avec le psychiatre ce matin. Je te conduirai et on pourra en profiter pour faire un tour… », il s'arrêta dans sa phrase alors qu'Oliver rabattait instinctivement sa capuche plus près de son visage. Il tendit la main vers lui mais quand Oliver se recula il figea son geste.
Il avait mal au plus profond de lui de voir ce que son fils endurait en ce moment et imaginait tout ce qu'il avait pu subir. Oliver releva les yeux et vit le visage de son père retrouver les marques de compassion alors que son regard brillait d'une nouvelle détermination. Robert quitta la pièce après avoir rappelé à Oliver l'heure de son rendez-vous en ayant décidé avec tous les moyens que sa famille avait à disposition qu'il s'occuperait des personnes qui avaient torturés son fils quand il leur raconterait qui ils étaient. Il les effacerait de la surface de ce monde.
Oliver reporta son attention sur la pièce, passa en revue les autres photographies disposées dans ce lieu et il se retourna brusquement en sentant une présence. La jeune femme brune qui l'avait pris dans ses bras la veille l'observait, le surveillant sans esquisser le moindre le geste. Oliver lui jeta un regard attentif alors qu'elle se tenait de façon rigide.
- « Tu avais une autre famille ? Là où tu étais ? », précisa-t-elle quand elle vit qu'il ne comprenait pas.
- « Non… mais j'ai été marié ». Il vit la surprise marquer les traits de la jeune femme.
- « Avec Felicity ?
- Non. Elle… elle est très différente.
- Pourquoi elle n'est pas venue avec toi ?
- Parce que ce monde là-bas est le sien.
- Et pas le tien ? », d'une voix rassurée.
- « Non plus maintenant », alors que son regard était attiré par Felicity qui entrait dans la pièce.
- « Je ne veux pas vous déranger », en lançant un regard d'excuse à Thea « mais ton père te demande pour ton rendez-vous ».
Oliver suivit Felicity et quand il rejoignit Robert pour se rendre chez le psychiatre, Felicity lui lança un regard effrayé. C'était la première fois depuis près d'un mois qu'ils allaient être séparés. Oliver était aussi inquiet qu'elle et il se baissa vers elle en posant ses mains sur ses épaules. Il avait envie qu'elle l'accompagne mais il ne voulait pas lui imposer ça en plus de tout le reste.
- « Ne t'inquiète pas, la ligue ne nous pourchasse plus », lui murmura-t-il en surveillant Robert Queen pour qu'il ne l'écoute pas.
- « Tu en es sûr ? », lui demanda-t-elle-même si sa crainte résidait plus dans le fait d'être éloignée d'Oliver que de voir débarquer ces assassins.
- « Nyssa en a pris la tête, c'est tout ce qu'elle voulait… elle n'a aucun intérêt à nous traquer. », en plongeant son regard dans le sien pour la convaincre. Elle hocha la tête lentement et le regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'elle perdre de vue la voiture.
Felicity sortit dans le jardin, debout sur la terrasse, elle observait les fleurs. Elle avait l'impression d'avoir manqué de soleil durant les mois de sa captivité et dès qu'elle le pouvait, elle venait passer du temps ici, à l'arrière de la maison. Elle se tourna en sentant une présence et découvrit Moira qui la regardait avec douceur.
- « Je suis désolée, je voulais juste profiter de cet endroit, je…
- Ne vous excusez pas Felicity. Vous êtes ici chez vous, vous pouvez aller où bon vous semble ».
Elle lui sourit pour la remercier et passa sa main dans son cou. Elle se rendit compte du regard de Moira qui se posait sur la cicatrice qu'elle portait au poignet. Elle cacha la marque en posant sa main dessus et croisa ses bras sur sa poitrine en signe de protection. Elle reporta son regard sur les roses qui fleurissaient, gênée de ce que la mère d'Oliver avait vu. Elle ne craignait pas son jugement, les gens ne savaient pas ce qu'ils avaient traversés. Ils ne pouvaient pas savoir.
- « C'est la deuxième fois où Oliver m'a sauvé la vie », expliqua-t-elle d'une voix frêle. Moira se rapprocha d'elle et garda le silence un instant. Felicity sentait qu'elle voulait lui parler et qu'elle cherchait les bons mots pour le faire.
- « Je suis heureuse qu'il ait été là pour vous… et que vous soyez là pour lui maintenant.
- Je ne serais sans doute plus vivante à ce jour s'il ne m'avait pas protégé », en lui souriant tristement et en lui jetant un regard rapide. Moira hésita encore un instant en voyant ses yeux larmoyant avant de lui poser la question qui lui brulait les lèvres.
- « Vous avez quel type de relation avec mon fils ? » A sa voix légèrement hésitante, Felicity compris que la question de Moira n'était pas méfiante, elle cherchait seulement à connaitre un peu plus le fils qu'elle retrouvait et à le comprendre. « Je vous ai surpris endormis l'un contre l'autre, vous ne manifestez aucun geste amoureux l'un envers l'autre mais vous semblez avoir un lien très profond. »
Felicity savait qu'elle devait sa vie à Oliver mais il n'y avait pas que ça. En traversant ces épreuves ensemble, ils avaient appris à se connaitre et à se faire confiance. Et avec tout ce qu'avait appris Oliver sur son passé leur lien continuait d'être toujours aussi fort. Elle se tourna vers la mère d'Oliver et lui raconta une partie de son histoire.
- « J'ai été enlevée et offerte à un homme », en murmurant. « Le chef de la ligue où Oliver vivait. J'ai tenté de m'enfuir dès le premier jour, Oliver m'a surprise dans un couloir et m'a ramenée dans ce qui me servait de cellule. » Elle déglutit difficilement à ce souvenir, « Je l'ai accusé d'être comme ce monstre mais quand il nous a surpris ensemble, Oliver a menti pour moi. » Elle se souvenait encore de cette incompréhension et de cette rage qu'elle ressentait contre lui. « Il a subi une punition pour avoir menti et cet homme lui a donné la responsabilité de me surveiller ». Elle parlait de ces souvenirs et toutes les odeurs et les sensations revenaient la hanter. Elle serra ses bras autour d'elle avec plus de force pour contrôler les tremblements qu'elle sentait se réveiller. « Je n'avais qu'une idée en tête m'enfuir, alors j'ai décidé d'utiliser Oliver,… », en se sentant gênée, « lui faire croire que j'acceptais ma condition pour pouvoir sortir de la pièce où je vivais, repérer les lieux et m'échapper ». Felicity fit une pause pour reprendre son souffle. « Mais en faisant ça j'ai appris à le connaitre, je suis restée longtemps méfiante mais il n'était pas comme les autres. Et un soir il est venu me chercher et on s'est enfuis. Il a dit qu'il s'était promis de me protéger, qu'il avait échoué une fois », en caressant la cicatrice sur son poignet alors que ses yeux se remplissaient de larmes, « mais que ça n'arriverait plus », en se tournant enfin vers Moira les yeux remplis de larmes. « Sans lui je ne seraisplus là ».
Moira referma ses bras doucement autour de Felicity et celle-ci, après s'être raidie au contact des autres qu'elle craignait maintenant, plongea son visage dans son cou et laissa libre cours à ses larmes.
Oliver assis dans le fauteuil face au médecin, surveillait les gestes de l'homme et tous les bruits qu'il percevait dans le couloir et dans la rue en contrebas. John Diggle n'avait pas la carrure d'un médecin et ne ressemblait en rien à un psychiatre. Une blouse par-dessus son costume, assis derrière son bureau, il l'observait en silence. Le silence échangé avec son père dans la voiture était gênant, alors que celui-ci n'avait pas arrêté de parler pour lui raconter tout ce qu'il s'était passé dans leur ville mais ici, avec ce médecin, le silence était plutôt réconfortant. Il ne le forçait pas à parler et n'attendait pas à ce qu'il se comporte normalement ou selon ce qu'il avait été.
Au début de l'entretien, il lui avait expliqué qu'ils étaient là pour discuter, essayer de réveiller des souvenirs mais pour l'instant il était incapable de lui parler. Il ne le connaissait pas, ne lui faisait pas confiance et de toute façon il ne pouvait pas parler de la tête du démon sans courir le risque de réveiller trop de mauvais souvenirs avec lesquels il avait réussi à prendre de la distance.
- « Monsieur Queen », en s'avançant sur son bureau pour s'y accouder, « je sais que ce que vous avez traversé est difficile…
- Non vous ne savez pas », l'interrompit-il d'une voix froide.
- « Mon passé militaire me permet de comprendre bon nombres de traumatismes. Et même si je ne sais pas encore ce que vous avez pu endurer ou faire pour rester en vie, je veux que vous sachiez que rien de ce que vous pourrez me raconter ne me choquera, il y a de grandes chances que je l'ai déjà entendu… ou vécu. »
John observait son patient en espérant que ces quelques mots suffiraient à établir un début de confiance entre eux. Il avait appris par son confrère qui avait déjà vu Oliver Queen, qu'il portait de nombreuses cicatrices sur tout le corps, qu'il défendait avec force son amie qu'il avait ramenée chez elle et qu'il restait sur ses gardes à tous instants. Au premier coup d'œil, il s'était rendu compte qu'il avait eu une formation militaire, il avait analysé la pièce dès qu'il avait mis un pied à l'intérieur et surveillait ses moindres gestes.
- « Vos parents m'ont appris que vous aviez été enlevé par une secte… vous voulez m'en parler.
- Je ne m'en souviens pas.
- De quoi vous souvenez vous ?
- De choses que je préférerais oublier », alors que les souvenirs de Nanda Parbat et de Ra's al Ghul assombrissaient avec plus de force son esprit.
- « Il faut être en paix avec ses démons pour pouvoir les lier au silence. Et pour cela il faut parler…
- Vous voulez m'injecter des drogues pour me faire obéir », lui cracha-t-il alors que les mots du médecin prenaient un peu plus de poids.
- « C'est ce qui vous est arrivé ?
- Je ne sais pas », répondit-il après un silence. « Je ne me souviens pas.
- Il semble que ce soit la façon de procéder de cette secte. Ils approchent des jeunes gens un peu perdus et leur donnent un but ». Oliver sentit une solitude se réveiller dans son torse et une sensation de désœuvrement qui s'estompèrent presque immédiatement. « Ils ont pu avoir recours à un produit pour vous effacer la mémoire et vous modeler ensuite », il sentit sa gorge se serrer, on lui avait volé sa vie et on l'avait utilisé.
John fit une pause en voyant le regard d'Oliver devenir plus brillant alors qu'il cherchait à masquer tout ce qu'il ressentait. Il avait vécu de nombreux bouleversements en peu de temps et il devait affronter maintenant cette vie dont il ne se souvenait pas.
- « Monsieur Queen », pour avoir son attention, « vous ne vous souviendrez peut-être pas de votre passé, mais vous pouvez apprendre à connaitre la famille que vous retrouvez.
- « Tout ce que je retiens c'est que c'est moi qui ai voulu m'éloigner de ma famille et qu'ils se porteront sans doute mieux sans moi », en se levant les poings serrés. Il ouvrit la porte pour sortir du bureau et la fit claquer derrière lui.
John sortit du bureau à sa suite et trouva Robert Queen debout dans le couloir alors que son patient avait déjà atteint le bout du couloir. Ils échangèrent un regard et John souffla pour se préparer à ce qu'il allait dire à ce père qui espérait retrouver son fils.
- « Ça va demander du temps et de la patience pour que monsieur Queen se réadapte à votre vie, mais je dois vous dire que le jeune homme que vous avez perdu n'est pas l'homme qui est revenu. Il a subi des traumatismes et son caractère a pu profondément changer pour réussir à survivre ». L'homme face à lui hocha la tête et il vit briller l'espoir au fond de ses prunelles. Il était prêt à tout pour revoir son fils disparu mais ne mesurait pas encore ce qu'il venait de lui dire. « Il faudra que je le vois régulièrement, il ne doit pas partir à la dérive.
- Ma famille et moi-même feront tout ce qu'il faut pour Oliver. Il a été enlevé par des monstres et je me battrai pour le retrouver ». Ce fut à son tour de hocher la tête et il le regarda rejoindre son fils qu'il ne connaissait plus.
Moira frappa à la porte d'Oliver et la poussa doucement sans avoir eu de réponse. Il s'était enfermé sans attendre à son retour de chez le psychiatre et elle voulait lui parler pour vérifier qu'il allait bien. Oliver entendit un bruit étouffé et se retourna pour surprendre sa mère la main sur la bouche pour étouffer son cri. Moira n'avait pu réprimer la tristesse et l'horreur à voir le dos de son fils parsemé de cicatrices.
- « Les médecins m'ont dit que tu avais des cicatrices mais… », d'une voix brisée.
- « Mais tu ne t'attendais pas à ça.
- Je suis désolé Oliver », d'une voix vibrante des larmes roulant sur ses joues.
- « Pourquoi ? Tu n'y es pour rien » sur la défensive face à ces émotions qu'il ne savait pas gérer. « C'est cet homme qui m'a blessé et je l'ai tué ». Il croisa son regard meurtri mais ne vit aucune trace de haine ou de dégoût dans ses yeux clairs. « Je suis sûr que tu n'as pas élevé un meurtrier… tu as la preuve que je ne suis plus le même », sa voix pleine de regrets.
- « Felicity m'a raconté que tu l'avais sauvée plusieurs fois et que tu avais été puni en tentant de la protéger. Tu n'es pas un tueur. Tu as fait ce qu'il fallait pour rester en vie », en posant sa main sur le côté de son visage abîmé. Oliver ferma les yeux et sentit le pouce de sa mère caresser avec tendresse son profil difforme. « J'ai par moment l'impression qu'on aurait pu faire plus, qu'on aurait pu te ramener parmi nous plus tôt… et je me sens terriblement coupable de ne pas t'avoir tenu tête avec plus de force ».
- « Je ne suis plus le même », murmura-t-il la voix serrée par les sanglots de ne pas pouvoir trouver sa place dans cette famille.
Il avait l'impression qu'il n'avait plus le droit de vivre parmi ces gens respectables de la bonne société de la ville après tout ce qu'il avait fait. Ses dernières années n'avaient été emplies que de ténèbres et de douleurs, d'asservissement et de violence. Il ne savait pas s'il était capable d'être tendre, d'avoir des relations amicales ou d'éprouver n'importe quelles émotions positives mais il ferait l'effort. Pour avoir une chance de retrouver ses souvenirs, sa famille et de ressembler plus à l'homme que Felicity voyait en lui. Ils croyaient tous en lui mais il savait que sa part d'ombre ne s'effacerait pas aussi facilement que ce qu'ils espéraient.
Oliver a du mal à se faire a cette nouvelle vie car il se sent trop different et tout ce qu'il a pu faire pese sur sa conscience.
J'en profite pour faire un peu de pub à la fiction "Un combat personnel" de choup37. Pas de olicity mais une histoire centrée sur Malcolm et Tommy qui vaut le détour.
Merci pour votre lecture, à la semaine prochaine. Je vous embrasse.
