Coucou tout le monde !
Oui, je l'avoue, je suis un peu sadique sur les bords :D Et vous le penserez d'autant plus à la fin de ce chapitre…
Merci encore à Rose-Eliade pour les review et à ce mystérieux guest qui a laissé un commentaire ! D'ailleurs si tu as des questions sur l'histoire n'hésite pas (si quelque chose n'est pas clair…)
J'ai presque envie de passer la fic en T moi…
Alors, petit rappel : l'alcool c'est avec modération, la drogue c'est le mal, et la violence c'est nul.
Enfin, c'est mon opinion personnel à moi )
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 7 : Je vois noir
Un jour. Deux jours. Une semaine. Deux semaines. Je ne fais plus vraiment attention au temps depuis ce qui s'est produit dans cet aéroport minable.
Mes pieds bougent tout seul et me font déambuler dans la rue. Je crois que j'en ai pris l'habitude. Ca fait un petit moment que je prends ce passage. Autour de moi les gens courent. Ils sont surpris par la pluie et essaient de s'abriter comme ils le peuvent. Moi j'en ai rien à faire. Je prends mon temps, c'est pas comme si j'en manquais. Mon blouson en cuir est trempé et des mèches de cheveux collent sur mon front. L'eau dégringole sur mon visage. Les passants me regardent d'un sale œil. Je les comprends. Pour eux je dois ressembler à un chien errant. C'est ce que je suis au fond.
Les mains dans les poches, je m'embarque dans une petite ruelle. Elle est étroite, sombre, peu engageante. Je vois un homme qui s'abrite sous le peu de toit qui dépasse. Il est assis, emmitouflé dans un gros manteau et semble être dans un autre monde. Il ne me remarque même pas et ramène sa main à sa bouche. Il souffle une fumée blanche avant de laisser sa tête s'écraser contre le mur. Il est détendu et sourit inconsciemment. Je l'envie pendant une demi-seconde.
Je passe par une porte noire. Le bruit ambiant augmente, un brouhaha incessant qui bourdonne à mes oreilles. Je m'assois sur un tabouret et fixe les bouteilles qui ornent le mur en face de moi. Le barman essuie un verre avec un torchon. Je donne un coup de menton à son attention et il comprend. Il comprend ce que je veux : la même chose que d'habitude. En regardant le liquide alcoolisé je repense à Steve qui ne peut même pas se bourrer la gueule à cause de son sérum. Quel dommage. Je me force à ne pas penser à lui, ça me rappelle trop de chose et tout ce que je veux en ce moment c'est oublier. C'est ironique je trouve, pour un mec qui cherche à connaître son passé. J'enfile mon verre d'une traite et le barman me ressert dans la foulée.
Le temps passe et les verres défilent. C'est de pire en pire chaque jour j'en suis conscient. Enfin… Les deux premiers jours étaient chaotiques et après je me suis calmé mais les souvenirs ont été plus fort que la raison. J'ai merdé à l'aéroport. Je merde encore ici. J'ai rien à faire là mais je ne veux pas m'échapper. Ici c'est ma petite prison personnelle, ma torture de solitude.
Je viens à peine de me lever mais la nuit tombe déjà. La salle est de plus en plus bondée et les gens autour de moi rient entre eux. C'est de plus en plus bruyant. Un brun pose sans délicatesse sa pinte de bière sur le bar.
- Ah, la grosse truie ? Elle a aucune répartie, elle sert à rien. C'est juste une fille facile !
L'accent d'ici est rude, grossier, différents des personnes de la capitale. Il n'est pas du tout élégant. Ses amis rigolent de plus belle. A croire que la fille dont ils parlent est un clown. J'esquisse un sourire. Même leurs rires sont répugnants.
Je commence à ressentir l'alcool faire gonfler mes veines et je me sens revivre. J'oublie tout. Mes muscles se détendent et le barman me ressert. Encore.
- C'est comme l'autre blonde. Pur cliché cette fille, qu'est ce qu'elle était conne.
- Elle a vraiment cru que tu bossais au Vietnam ?
Il prend une gorgée et manque de s'étouffer en repensant à ses conneries.
- Ouais, avec la maison sur la plage et tout. Ca marche à tous les coups.
Oui, vraiment ignobles. Ils se moquent encore et finissent leurs pintes. Le brun se tourne vers le barman.
- Hé !? Qu'est que tu fous ? On est à sec !
Le serveur s'active mais pas suffisamment à leur goût. Un crachat atterrit sur le bar et les hommes s'esclaffent. Ils n'ont aucun respect.
- Qu'est ce que tu veux toi ?
J'ai dû les regarder un peu trop longtemps. Je souris en me moquant de ce connard et retrouve mon mur de bouteille en face de moi. J'entends son tabouret se reculer et l'impatience de ses amis se faire ressentir. Le brun pose une main sur mon épaule comme si on était des vieux amis, enfin presque.
- Ecoute mec, ça fait un petit moment que tu suis nos conversations et j'aime pas trop ça…
Tu parles trop fort, « mec ». La faute à qui.
- Tu ferais mieux de retourner à ta misérable vie. Bourre toi la gueule et laisse nous tranquille, on se passera de ton opinion.
Je ne dis rien et laisse filer. Ils sont insupportables, j'ai la tête qui chauffe en l'entendant retourner vers ses amis comme un vainqueur. Malgré ces quelques menaces, je reste à ma place et ils continuent leur petite discussion ridicule. Mes doigts abîmés par les frappes que j'ai pu données ces derniers temps se resserrent autour de mon verre et mes muscles se tendent.
Le bar se vide peu à peu et ils lèvent l'ancre. Le brun passe juste derrière moi et je l'entends me dire au revoir gentiment :
- Crétin.
Je souris et ris presque de son imbécilité. J'avale mon dernier verre et sors à mon tour. L'air s'est rafraichi, les rues sont désertes, il doit être tard. Mon souffle laisse un nuage blanc se former. Je passe devant le drogué qui n'a toujours pas bougé – on dirait qu'il est mort – et rattrape mes nouveaux amis.
Ma main se pose amicalement sur l'épaule du brun et il se retourne. Il est surpris de me voir apparemment. Mais il n'a pas assez de temps pour apprécier mon visage se déformer par la haine puisque mon poing d'acier s'écrase sur sa joue. Ses amis me sautent dessus. L'alcool me fait tourner la tête et leur donne un certain avantage. Ils en profitent pour me donner quelques coups mais ma volonté est plus forte. Je vais les crever.
J'essuie le sang qui coule de ma bouche et ne regarde même pas derrière moi alors que je m'éloigne dans la ruelle. Ils sont tous à terre, ils respirent par miracle mais ils sont brisés. Tant mieux.
- Il va bien, Steve.
Sam me sort de mes pensées. C'est vrai que Bucky a envahi ma tête, je ne pense plus qu'à lui. Je ne sais même pas où il est parti. Il nous a même pas prévenu. Ca se trouve il est dans un autre pays, ou même sur un autre continent. Je ne sais même pas s'il va bien, s'il vit, s'il est mort. On a aucune nouvelle, normal que je m'inquiète.
- Ca va bientôt faire un mois…
- Et alors ? Il peut très bien se débrouiller tout seul. C'est un grand garçon, il n'a pas besoin qu'on lui tienne la main.
- Il est encore trop instable.
- Rien ne lui arrivera Steve. Il reviendra, ne t'inquiète pas. Il lui faut juste un peu de temps.
Juste un coup de téléphone, c'est pas trop demandé ? Il n'a pas prit son portable. Il n'a rien pris à vrai dire. Il est parti les mains dans les poches, du jour au lendemain, sans un mot. Quand je suis revenu au centre de soin pour le voir, on m'a dit qu'on lui avait retiré la balle, qu'on l'avait bandé et qu'il était reparti dans la foulé. Ils lui avaient dit qu'il devait se reposer mais il n'en a fait qu'à sa tête. Comme d'hab.
Sam m'a raconté ce qui s'était passé à l'aéroport. Il devait être choqué, il l'aimait vraiment bien. Mais à quoi servent les amis ? J'étais là, moi ! Il ne m'a même pas donné assez de temps pour jouer mon rôle de soutient. Quelque part je m'en veux. Le plan était foireux.
Le punching ball sur lequel je m'acharne depuis tout à l'heure sous le regard inquiet de Sam se décroche et s'envole à l'autre bout de la pièce. J'entends mon ami soupirer en même temps que moi. Je vais chercher un nouveau sac et vois Sam assis en tailleur sur la table entrain de pincer les lèvres et remuer la tête de droite à gauche.
- Quoi ?
Il met ses mains devant lui comme pour se protéger.
- Oh molo Cap' ! J'ai rien fais. Et les sacs non plus, pas la peine de les martyriser comme ça. Ah, tu entends, tu entends ?
Il tend l'oreille vers le cadavre du punching ball qui vient de faire un vol plané.
- Tu l'entends ? Marguerite crie « souffrance » !
- « Marguerite » ?
- Oui, parfaitement. Et Edelweiss que tu tiens dans les bras demande ta pitié.
J'esquisse un petit sourire, le premier depuis un bon moment. Ce mec à toujours le mot pour rire.
- J'en ai marre de te voir comme ça. Viens, on sort de là. En plus ça pue le renfermé et la sueur ici. C'est limite si je tourne de l'œil.
Je tords la bouche et prépare Edelweiss au combat. J'ai pas vraiment envie de voir la lumière du jour, frapper des sacs ça défoule pas mal et ça fait du bien. Et j'ai que ça à faire. Bucky s'est vraiment bien caché, on l'a cherché pendant deux semaines, il n'a laissé aucune trace. Il ne veut pas être trouvé. Le SHIELD continue de fouiller mais chercher Bucky c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Il a joué au fantôme pendant des années, je crois qu'il est plutôt bon à cache-cache.
- Tu l'as vu le film d'espionnage dont je t'avais parlé ?
- Toujours pas.
- Et ben voilà ! C'est parti je vais acheter du pop corn et on se mate ça.
J'arrête de frapper Edelweiss et regarde Sam d'un air curieux. J'ai pas la tête à ça ! Je sais bien que j'ai du retard encore sur le 21ième siècle mais le septième art patientera.
- Mouais… tu préfères rester frapper tes petites copines les sacs c'est ça ?
- Sam…
- Non c'est bon t'inquiète j'comprends. C'est tellement plus fun de cogner du sable.
- J'ai d'autre chose en tête en ce moment.
- « Protocol fantôme » c'est pas la meilleure chose que t'ai loupé. On rattrapera tout ça une autre fois.
Il me sourit et je lui souris en retour avant de le voir franchir la lourde porte de sortie. J'aurais bien accepté son invitation, ça m'aurait changé les idées mais j'ai quelque chose à faire.
Mon portable sonne et je me précipite pour décrocher, mon cœur bat à toute vitesse. Enfin, le coup de fil que j'attendais est arrivé. Bien sûr j'aurais préféré entendre la voix de Bucky mais je suis quand même ravi de la nouvelle qu'on m'apprend. Je fonce dans la rue, hèle un taxi et monte à l'intérieur.
Chaque jour je me dis que j'aurais dû arriver à temps pour lui dire tout ce qui s'était passé à l'aéroport. Ce matin un peu fou qu'il a dû se ressasser inlassablement. Ce matin d'illusion. La voiture passe tout près du Capitole et traverse le fleuve Potomac. Je m'éloigne progressivement du centre de Washington. A ma grande surprise, il y a beaucoup de monde sur la route. La terre n'a aucune raison de s'arrêter, je sais, mais je reste surpris.
Mon taxi arrive très vite devant un immense bâtiment marron qui fait le coin de la rue. Je tends un billet à mon chauffeur et m'engage vers l'entrée. Je passe devant des enfants et des personnes âgées. Il y a beaucoup de visite aujourd'hui. A l'accueil, une jeune femme blonde raccroche tout juste son téléphone, j'en profite pour l'aborder.
- Bonjour, je viens voir Olivia Devon.
- Oui, une seconde.
Elle pianote sur son clavier et au bout de quelques secondes elle relève la tête pour m'inspecter avec la plus grande minutie. Son visage est sans expression et c'est déstabilisant. Sans même qu'elle me le demande, je sors ma carte d'identité et la lui tend. Elle compose un numéro à quatre chiffres et approche le téléphone de son oreille.
- Steve Roger, annonce-t-elle pendant que je pianote, impatient, sur le comptoir. […] Très bien.
La blonde raccroche enfin et relève le nez.
- Chambre 512, m'indique-t-elle avec un large sourire.
Je la remercie et m'engouffre dans un des ascenseurs un peu plus loin. Je n'aime pas ces couloirs, ils sentent la mort, ils sont tous blancs et les personnes font la gueule. L'espoir est dur à trouver dans le coin. Dans un sens, la guerre c'est moins affreux. Au front on sait que les gens sont décédés et on ne peut rien y faire. Ici, on attend qu'ils aillent mieux sans savoir si demain sera meilleur qu'aujourd'hui.
Dans le couloir du cinquième étage je remarque un homme assis sur un banc en bois entrain de lire un livre. Il me jette un coup d'œil discret. Un peu plus loin un deuxième homme patiente également, un journal dans les mains. Si je ne savais pas qu'ils avaient une oreillette, je ne l'aurais jamais deviné.
A côté de la porte de la douzième chambre je lis le nom de « Olivia Devon » et je pénètre dans la pièce. Une jeune femme brune est allongée sur le lit et un moniteur bat le rythme de son cœur. Elle est fatiguée mais son visage fait un effort pour exprimer sa joie lorsqu'elle m'aperçoit.
Je lui souris et m'assois sur le fauteuil à côté d'elle pour lui tenir la main.
- Salut… marmonne-t-elle avec le peu de force qu'elle a.
- Content de te retrouver.
Elle rit. Pour avoir passé presque un mois dans le coma, elle est plutôt en forme.
Rappelez-vous : l'alcool c'est avec modération, la drogue c'est le mal, et la violence c'est nul.
Kizzie
