Les personnages appartiennent à S. Meyer

Je me tais, Have Fun ;)

Chapitre7 : Carpe Diem.

POV Jacob:

Putain ce que je peux haïr les mardis.

J'ai été le voir courir sur la plage ce matin. Ouais, je sais, c'est pathétique. J'avais pensé à mon prof toute la journée d'hier, je l'avais eu en cours et j'étais allé étudier chez lui le soir. Pourtant, ce matin j'étais à l'endroit habituel et j'attendais de le voir. Pathétique.

Après l'avoir quitté, la première fois où on s'est vu, j'avais besoin de m'éloigner un peu, de réfléchir seul. Et la conclusion de toute ma putain de réflexion ne m'avait pas exactement transporté de joie, sur le moment.

Ça faisait maintenant trois semaines que j'allais chez lui tous les soirs après les cours. Trois semaines que je me planquais pour le voir courir tous les matins à l'aube. Trois semaines que je passais à me rendre un peu plus dingue de lui chaque fois qu'il apparaissait quelque part. Parce que j'avais fini par me rendre compte que je l'avais dans la peau. J'avais fini par accepter mon état de manque.

Quand je ne le voyais pas, je devenais le pire cauchemar de mes potes. C'était dur de rester avec eux. Les répet' pour le bal de promo, les parties de Beach-soccer, les ballades dans la forêt, j'avais du mal. Parce qu'il n'était pas là. Parce que c'était des moments que je passais loin de lui.

J'avais besoin d'entendre sa voix, de sentir son odeur, de frôler sa peau.

Edward. Il jouait du piano pour moi. Souvent. Pendant que je potassais mes cours, il jouait. En fait, peut-être qu'il le faisait pas juste pour moi et je faisais bien gaffe à pas donner l'impression que je l'écoutais. Mais, j'étais là et ses doigts caressaient les touches noires et blanches. Alors, dans ma tête, je m'imaginais qu'il ne jouait rien que pour moi.

Parfois, il s'appuyait sur le dos de ma chaise et lisait par-dessus mon épaule. Son visage était si proche du mien que j'aurais pu poser mes lèvres sur sa joue rien qu'en tournant légèrement la tête. Dans ces moments-là, je cessais de respirer. Parce qu'un homme qui sent si bon, c'est un appel au viol. Et je devais mobiliser toute ma volonté pour rester immobile.

Moi, tout ce que je voulais à la base, c'était lui trouver des défauts. Bin je cherchais encore.

Edward était parfait. Et j'avais plongé comme un con. C'était un aller simple pour Désir-Island. Et je me battais très fort pour éviter d'emménager dans la capitale : Lovetown.

Putain, j'avais rien vu venir…

Deux semaines plus tôt :

_Bonsoir Jacob.

_Salut, mec.

J'étais arrivé chez lui directement après les cours. Essoufflé par la course à travers les bois, je me tenais sur le seuil de la villa. Il me fit entrer et comme d'habitude, on est monté dans sa chambre pour étudier.

_Tu es en avance, aujourd'hui. Un problème?

_Aucun. Sauf que j'ai un message de mon père pour toi. Le conseil se réunira à la fin du mois. C'est la pleine lune. On le fait toujours pendant la pleine lune. Et papa à accepter que tu viennes.

Je leur avais parlé du projet d'Edward. Je le lui avais promis après tout. Harry et mon père avaient finalement décidés d'inviter mon prof pour qu'Edward entende nos légendes. Papa me l'avait annoncé le matin même. Toute la journée, j'avais dû me retenir de le lui dire. Je voulais attendre d'être seul avec mon visage pâle.

_Je viendrais te prendre et on ira ensemble au conseil. Si t'es toujours d'accord, bien sûr.

J'ai vu son sourire. Et quand il souriait, j'avais l'impression que tous mes os se dissolvaient. Ça me rendait complétement dingue.

_J'en serais honorer, Jacob. Dis à ton père que je serais là. Et je te remercie de m'y accompagner.

Il avait posé sa main sur mon épaule et l'avait serré doucement sur ces derniers mots. Et la chaleur du contact s'est concentrée en boule compact dans mon ventre. C'était toujours comme ça quand il posait la main sur moi. Et bien-sûr, juste après, ça réveillait une partie bien plus au sud de mon anatomie. Inutile de préciser qu'une bosse pareille dans mon jeans, c'était pas le genre de truc facile à planquer. Je sais pas comment ça se passe pour les filles mais nous, les mecs, ça nous fait super mal de pas pouvoir nous soulager. Imaginez-vous vous payer une putain de crampe. Pas fun comme plan. C'est comme ça que j'ai commencé à aller régulièrement dans sa salle de bain. C'est pas la honte totale, ça? Edward devait penser que j'avais la vessie capricieuse. Mais j'avais vraiment pas le choix.

Je lui ai donc demandé la permission d'utiliser ses toilettes avant qu'il ne s'aperçoive de mon « petit » problème.

_Fais comme chez toi, Jacob. Tu connais le chemin.

Ouais, je connais merci bien. Je l'avais vu y aller prendre sa douche la première fois où j'étais venu à la villa. Et j'en gardais un souvenir très… humide. Seulement voilà, il n'y avait pas de porte et question discrétion, c'était pas le top non plus. Surtout que le seul mur entre lui et moi c'était une paroi en verre. Opaque et gravée mais quand même une putain de paroi en verre. Et si moi j'avais pu le mater sous la douche, lui, il serait aux premières loges pour me voir me caresser dans sa salle d'eau. Point positif? Debout devant les toilettes, on est dos à la chambre. Mais ça ne changeait absolument rien au fait qu'il devinera très bien ce que j'étais en train de faire si il jetait un œil de mon côté.

Je courais presque m'isoler aux toilettes. Je respirais un bon coup, histoire de me calmer un peu. Nada. J'étais si dur que j'avais la sensation d'avoir le sexe complètement engorgé. Et ça poussait fort comme si ça voulait se barrer tout seul de mon boxer. Je regardais ma braguette tout en maudissant copieusement mon membre récalcitrant. Comment j'allais me sortir de là? C'est à cet instant précis que je l'ai entendu jouer pour la première fois. De la musique classique. Quelque chose de tendre, de doux, me faisant ressentir un appel à la luxure.

J'ai fermé les yeux et baissé la tête. Je me suis laissé envahir par la musique. Elle m'a remplie. J'imaginais Edward penché sur le clavier. J'imaginais ses longs doigts fins créant la mélodie. Ma main s'est glissée d'elle-même vers le bouton que j'ai défais. Lentement, je me suis libéré et mes doigts se sont enroulés autour de ma chair dressé. Les mouvements furent lents. Je me caressais au rythme de la musique. Et c'est les doigts d'Edward que j'imaginais à la place des miens. J'imaginais son haleine chaude au creux de mon cou. Je m'appuyais contre le mur en face de moi et courbais le dos sous l'afflux des sensations qui m'assaillait. Je mordais mes lèvres si fort pour retenir mes gémissements. Je tentais de calmer mon souffle erratique. De la lave en fusion coulait dans mes veines, charriant un torrent de plaisir pur. J'aurais voulu hurler son nom. Parce que c'est lui que j'imaginais. C'est son visage que j'avais devant les yeux. C'est sa bouche qui m'engloutissait. C'était sa langue, ses dents sur moi et bordel, c'était tellement bon. J'allais de plus en plus vite, je me caressais de plus en plus fort. Tous les muscles crispés dans l'attente de la délivrance. Je bloquais ma mâchoire pour garder en moi la litanie suppliciée de son prénom, comme une prière qui me conduirait à la jouissance. Dans ma tête, c'était plein de « Edward, pitié… J'y suis presque. T'arrêtes pas. » Et il n'arrêta pas. Il jouait pour moi. Les notes s'égrenaient au rythme de mes poussés. J'aurais voulu m'enfoncer en lui et le faire hurler. Je voulais son corps contre le mien, je voulais sa peau glissant sur ma peau. Je le voulais. Je n'ai pas pu retenir la faible plainte qui franchît le seuil de mes lèvres. Ni la sueur qui perlait à mon front. Ni l'ouragan qui me dévasta et qui me fit exploser en longue giclée puissante sur le mur en face de moi.

Il me fallut quelques minute pour me reprendre et tout nettoyer. Effacer les traces du plaisir solitaire que je m'étais donné en pensant à Edward. Je me lavais les mains et passais un peu d'eau sur mon visage rouge. Il plaqua la dernière note de Moonlight Sonata quand je revins enfin m'assoir derrière le bureau.

Je me sentais mieux mais je n'osais pas le regarder. J'avais un peu peur d'avoir manqué de discrétion. Quand il s'agissait de lui, je n'étais pas vraiment silencieux.

Edward s'approcha et on s'est remis au boulot. Tout avait l'air normal. Comme s'il ne c'était rien passé.

Retour au présent :

J'en ai fait des pauses-pipi depuis. Quelques fois j'attendais qu'il se mette au piano avant d'aller me faire du bien, ou alors j'y allais et il se mettait à jouer dès que j'entrais dans la salle d'eau.

C'était un truc que je faisais souvent en tout cas. Quand il était près de moi, ma libido me la jouait Diable de Tasmanie. Je l'avais dans la peau, ce mec. Putain, je m'étais fait avoir comme un bleu et j'avais rien vu venir.

Je commençais mes devoirs en écoutant les conseils du prof le plus sexe de l'univers mais je peux pas dire que j'étais vraiment concentré. En fait, je fixais les yeux d'Edward. Ou ses lèvres. Il ne remarquait rien du tout. Je n'avais qu'à hocher la tête de temps en temps. Il faut dire que j'avais fait des putains de progrès en classe. Je n'avais plus besoin de son aide mais pour rien au monde je n'aurais voulu arrêter mes cours particuliers.

La raison en était simple:

Ça faisait pas mal de jours que je pensais à la nature de mes sentiments pour Mister C. Je voulais être seul pour y penser tranquille. J'avais quelques difficultés à parvenir à m'éloigner de mes potes mais j'y étais finalement arrivé. C'est déjà pas pratique d'écarter la bande de boy qui me colle au basque en temps normal. Alors pour une fois que je le pouvais, je n'hésitais pas une seconde à les planter pour réfléchir.

Pour être honnête, je ne fais pas parti de ceux qui rament pour ce trouver une copine. Ce serait même plutôt le contraire. Je plais. Que ce soit pour ma gueule ou pour ma position dans la tribu, les filles me tannent pour avoir un rencard. Je ne me plains pas, je suis à un âge où les mecs se foutent de savoir si une relation est superficielle ou intéressée. Si j'étais le genre d'homme à avoir un tableau de chasse, je serais le plus heureux des mâles. Sauf que je suis pas comme ça. Je ne lierais pas mon avenir à une femme qui ne pense qu'à devenir la future épouse du chef de la tribu, ou à une fille qui ne fait que baver sur ma plastique. Franchement, je ne sais pas quelle est la pire des deux situations. Mais côté sexe, je suis pas un noceur. La baise pour la baise, c'est pas ma came. Alors jusqu'à présent, je flirtais un peu, vaguement et basta. C'est la première fois qu'un mec me faisait de l'effet. Du coup, je me suis dit que ça ne devait être QUE sexuel, n'est-ce pas? Comme un genre de phase qu'on traverse à la puberté? Un espèce d'expérience homo qu'on fait tous au moins une fois à l'université. Ça pouvait être ça, non? J'avais envie de lui. Et si ça me prenait autant la tête c'est parce qu'on avait pas couché ensemble. Donc, en toute logique, si je passais à l'acte, Edward cesserait d'être mon obsession personnelle. Une fois que je l'aurais culbuté, je pourrais passer à autre chose. Comme redevenir moi. Simple, efficace, évident.

Il n'y avait qu'une seule solution et je la pris sans hésitation: Je décidais donc de séduire Edward Cullen.

OoOoOoOoOoOo oooooooOOOOOOOooooooo OoOoOoOoOoOo

POV Edward:

La nouvelle que venait de m'annoncer Jacob ne me surprenait nullement. Nous avions déjà eu cette conversation Bill, Harry et moi. Je n'attendais que l'occasion de participer à leur prochaine réunion. J'avais hâte d'entendre les légendes de la tribu Quilleute, mais bien plus encore, de voir Jacob parmi les siens. Je tenais à saisir l'expression de son visage, entendre sa voix entonner les chants traditionnels, être à ses côtés lors de ces assemblées nocturnes séculaires.

Cependant, ce fut la joie infinie qui éclairait ses traits qui me surprirent.

Nous avions appris à nous connaître. Nous parlions souvent ensemble de ses amis, de son enfance. Il avait quelques anecdotes croustillantes concernant la fille du Shérif du Comté. Nous riions beaucoup, discutions de tout et nous avions bon nombre de point commun. Parfois même, nous nous disputions en comparant les mérites respectifs de la pizza et des hamburgers. Ce garçon ne savait pas se nourrir. Mais depuis quelques temps, mon élève particulier se comportait étrangement en ma présence. Il était toujours aussi poli, il s'appliquait de manière évidente et ses notes s'en ressentaient. Néanmoins, Jacob semblait se contracter dès lors que je me trouvais près de lui. Il inspirait plus profondément quand je me trouvais à proximité. Je voyais bien souvent ses poings se crisper régulièrement. Sans raison aucune. Mais le plus étonnant restait les innombrables excursions qu'il faisait dans la salle de bain à chacune de ses visites. Il m'a fallu quelques jours pour réaliser la conduite singulière du Quilleute.

Une dizaine de jours plus tôt:

Une fois de plus, Jacob se précipitait derrière la paroi qui séparait la pièce. Il agissait comme si une armée d'Amazones le poursuivait et que sa priorité était de mettre sa virilité en lieu sûr en crainte d'une éventuelle castration. Je m'interrogeais. Ce garçon était-il malade? Une intoxication alimentaire peut-être? Je m'en voulais un peu de le faire travailler dans cette condition. Je me mettais au piano et commençais un morceau de Debussy qui avait ma préférence. Cette mélodie lui éviterait de se trouver dans l'embarras si d'aventure un silence trop important me renseignerait sur ses activités… humaines. Je lui accordais donc quelques instants pour lui permettre de se débarrasser de ce qui encombrait son estomac ou sa vessie. J'avais remarqué la sueur qui glissait sur sa tempe et ses épaules raides sitôt que je m'approchais de lui.

Ne le voyant pas revenir, je commençais malgré tout à m'inquiéter. S'était-il évanouit? Assis sur le banc de mon piano je me tournais légèrement dans sa direction pour m'apercevoir qu'il était toujours debout au fond de la pièce. Je distinguais vaguement sa silhouette mais ce fut suffisant pour reconnaître sa position alarmante au-dessus des toilettes. Il s'y tenait courbé, une main appuyée sur le mur, les épaules voutées et la tête basse. Sa main libre semblait crispée sur son ventre.

Seigneur, Jacob se sentait mal.

Instinctivement, je me levais pour lui porter secours. Sur le moment, je n'avais d'autre intention que de l'aider. Je m'approchais sans bruit, ne voulant pas lui faire peur et entrais discrètement dans la salle d'eau. Par tous les saints du paradis, que je sois damné si je m'attendais à un tel spectacle.

D'abord, j'ai entendu son souffle précipité. Puis une faible plainte. Je l'entendais déglutir péniblement et la partie objective de mon cerveau n'a pu interpréter ce qui se trouvait sous mes yeux. Probablement que je m'y refusais. Mais les mouvement saccadés de son poignet et le bruit de chair humide qui claque ne laissaient aucun doute sur les activités de Jacob. Mon élève, le Quilleute qui était pour moi la représentation du fantasme sexuel ultime se donnait du plaisir chez moi.

Cette découverte me fit perdre tous mes moyens. En une seconde, je me figeais.

Je ne pouvais détourner les yeux. Mes pieds se sont soudain enracinés au sol. Je restais là, les oreilles, la bouches et les yeux grands ouverts. Ce que je ne pouvais voir, je l'imaginais. Sa main immense aux longs doigts recourbés sur la colonne de chair qu'il massait frénétiquement. Les prémisses de la jouissance qui emperlait le gland rouge et frémissant. Sa paume qui l'enserrait dans un rapide va-et-vient le faisant gémir et se son rauque et sensuel me procurant des frissons sur la peau. J'imaginais ses paupières serrés, sa bouche entre-ouverte et son visage transformé par le feu du plaisir. J'imaginais tout cela et bien plus encore.

Comme j'aurais aimé l'aider à atteindre la délivrance. Sentir le fluide épais et blanc couler au fond de ma gorge. Fixer mes yeux dans les siens au moment où il se libérerait dans ma bouche et connaître enfin le goût intime de sa peau. J'humectais mes lèvres sèches et retenais mon propre gémissement. Lui, ne s'encombra pas de cet insignifiant détail:

_Putain, Ed…

Je vis sa main sur le mur se fermer et au grondement qui franchit ses lèvres, je compris qu'il avait jouis. Je m'éclipsais doucement des lieus et retournais à ma place. Ce n'ai qu'une fois aussi derrière mon piano que je me souvenais qu'il avait dit mon prénom.

Retour au présent:

Ce jour-là, j'ai su que Jacob me désirait autant que j'avais soif de lui.

Depuis, je ne cessais de le frôler et ces effleurements, même innocent, le faisait se précipiter dans la salle de bain. Toujours.

Je testais sa résistance, me demandant combien de temps il pourrait rester de marbre. Espérant en mon fort intérieur que le Quilleute ne possédait pas un sang-froid à toute épreuve. Et cela ne se faisait pas sans mal puisque je me mettais moi-même dans une situation pour le moins embarrassante. Mais je m'en arrangeais. Après tout, je me soulageais toutes les nuits en criant son nom.

Ce petit jeu durait depuis quelques temps maintenant. Jacob avait une volonté admirable. Il ne succombait pas. Je me délectais chaque jours de le voir si tendu. Je savourais la vue de son corps si parfait. Je l'observais quand il se croyait à l'abri de mon regard se mordre la lèvre et soupirer de frustration. Je jubilais. Cette entreprise de séduction nous procurait autant de souffrance que de plaisir. Nous nous étions rapprochés doucement. Naturellement. Nous étions maintenant des amis. Et la tension palpable qui crépitait souvent entre nous, ne faisait que rajouter à la montée du désir qui signerait bientôt notre reddition. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne finisse par céder.

Parce que Jacob Black s'était caressé en pensant à moi…

Les choses se précisent un peu pour nos deux bombes... Et ça va empirer, bien-sûr...

Combien de temps Jake tiendra avant de sauter sur Edward? Les paries sont ouverts!

Mes amies, à vos reviews! Prêtes? PARTE!