Le lendemain, les Serdaigle se retrouvèrent au petit déjeuner, au même endroit que la veille. De toute évidence, ils étaient installés pour toute l'année. Emma achevait de raconter l'histoire de la soirée à un Swan enthousiaste.

-Pam ! s'exclama-t-il quand la née-moldue arriva là où Etaine avait évoqué son ascendance. Ça a dû lui faire mal ça, à cette sale prétentieuse.

-Ne juge pas trop vite, lui conseilla Emma.

-Bah, elle c'est claire : elle insulte les gens qui lui viennent en aide.

-Takara m'a fait le même coup, commenta la Fourchelang qui était en train de chatouiller Saernel depuis quelques minutes. A croire qu'elles m'en veulent plus qu'autre chose.

Le serpent se tordait dans tous les sens sans pour autant chercher à lui échapper. En période de mue, ils se livraient souvent à ce petit jeu ; cela aidait à faire partir les écailles.

-Bah, depuis que Warrington lui a envoyé des Doloris, elle hait tout ce qui est rattaché aux Serpentard, dit Swan. Mais quand même, j'avoue que c'est pas bien.

Flitwick passa à ce moment-là, distribuant les emplois du temps. Autre avantage d'être proche de la table des professeurs : on les recevait en premier. Etaine s'empara du sien et le parcouru.

-Métamorphose, sortilèges, botanique, repas, et cet après-midi défense contre les forces du Mal, perm, potions et runes, énuméra Emma. Ils l'ont chargée, cette journée.

Etaine se retint de loucher sur l'heure de permanence suivant le cours de Rogue. Il y en avait toujours une et c'était cette heure-là qui servait aux leçons particulières qu'il lui avait donné jusqu'à l'année dernière, quand l'arrivée d'Ombrage avait forcé leur interruption. Allait-il recommencer, comme elle l'espérait, cette année ?

-Surtout que j'ai pas d'heure de perm mais soutien métamorphose, gémit Swan. Enterrez-moi tout de suite.

-Attention, certains seraient capable de le prendre au premier degré, le taquina Emma.

Etaine vit qu'Anne aussi surveillait les deux du coin de l'œil. Les deux filles échangèrent un regard avant de détourner la tête, un léger sourire aux lèvres.

-Au fait, demanda la sang-pure. Comment ça se passe avec Gemma ?

Swan se tourna vers elle.

-Bien, comment est-ce que tu veux que ça se passe ?

-Je ne sais pas, mais tu as fait le voyage avec nous et tu n'es pas allé lui parler ni hier ni ce matin…

-Ça va bien, je te dis, déclara l'hyperactif en plantant sa fourchette dans son plat avec une force exagérée pour les pauvres pommes de terres qui se fendillèrent sous le choc.

Anne décida de changer de sujet. De toute manière, la réponse était claire comme de l'eau de roche.

-Donc, Etaine, reprit-elle et la Fourchelang lui adressa un regard sombre méfiant.

-Il n'y a rien entre moi et Revan, ce n'est pas parce que j'ai revu Blaise que je sors avec lui, je n'ai pas parlé à Severus, je ne vois rien d'intéressant chez Slughorn et les filles ne m'intéressent toujours pas. Cela répond-il à l'une de tes questions ?

-Pas à toutes, déclara la sang-pure. Maintenant qu'Ombrage est partie, est-ce que tu vas reprendre les leçons particulières ? C'est vrai que Rogue n'est plus prof de potion, mais…

-J'aimerais bien, répondit la légilimente, mais ce n'est pas à moi que reviens la décision.

La Fourchelang attendit quelques secondes puis se pencha.

-Tu as fait exprès de me demander ça juste quand il passait ?

-Bien sûr, dit Anne comme si elle était indignée qu'elle en ait douté. Il fallait peut-être le lui rappeler, après un an.

Etaine secoua la tête comme si elle était consternée mais un sourire en coin sur son visage le démentait.

Après quelques minutes de plus, les cinquièmes années se rendirent à leur cours de métamorphose qu'ils avaient en commun avec les Gryffondor. Une fois tous installés à leurs places de l'année précédente, ils attendirent que les lions pointent le bout de leur nez en discutant des devoirs d'été qu'ils avaient eu à faire. Ce fut l'occasion pour Swan d'une ultime correction sur un parchemin qui, s'il faisait la longueur demandée, contenait plus de circonvolutions que de faits.

-Bien, déclara le professeur McGonagall une fois que tous furent installés et silencieux. Vous entrez à présent dans votre cinquième année d'étude à l'issue de laquelle vous devrez passer vos Brevets Universels de Sorcellerie Elémentaire. Vous en avez certainement déjà entendu parler sous le nom de Buses, déclara-t-elle quand Swan leva un sourcil interrogateur. Vos réussites ou vos échecs aux épreuves détermineront les matières que vous pourrez choisir d'étudier pour votre sixième année, et donc votre avenir futur après votre départ de Poudlard. Je ne saurais donc trop insister sur leur importance.

Quelques rangs avant Etaine, l'hyperactif écoutait l'enseignante dans une immobilité religieuse. Pas le moindre petit geste, pas même l'habituel tapotement de doigt qui avait failli rendre folle Ombrage.

-Il est terrifié, siffla la vipère en baillant, avant de revenir à ses propres préoccupations ; Je crois que j'ai les écailles qui commencent à se décrocher.

Le professeur McGonagall discouru ainsi pendant une demi-heure sur les Buses et leur importance avant de leur dire qu'ils allaient étudier ce semestre les sortilèges de Disparitions. Etaine retint un sourire. Elle avait appris cette technique en première année, voulant se lancer en quête des ouvrages de la Réserve. Elle n'avait découvert qu'après que, si on ne lisait pas les runes, cela n'avait dans la majorité des ouvrages pas grand intérêt.

La Fourchelang s'appliqua à ne pas réussir avec trop de facilité : elle fit disparaître les escargots à sa première tentative, mais les souris semblèrent lui poser quelques problèmes avant qu'elle n'en vienne à bout à la fin de l'heure. Quand on savait que seules trois autres personnes avaient réussi à faire de même avec leurs escargots, on comprenait que tous n'avaient pas la même notion de difficulté. Une fois encore, la légilimente s'étonna de leur incapacité à lancer ce sort. Certes, elle-même avait bloqué un mois entier dessus mais c'était en première année. Elle avait fait disparaître un stylo en quelques tentatives à peine. Là, les étudiants enchaînaient les échecs. Etaine ne réalisa qu'alors que ce qu'elle avait fait pouvait être considéré comme un exploit. Mais quand même, c'était des cinquièmes années… Ce ne pouvait pas être si dur. Pourtant cela semblait l'avis général, puisque le professeur McGonagall la récompensa de quinze points.

-La vache, s'exclama Swan en sortant du cours. Ce truc est horrible !

Et il tomba à terre, bousculé par Scott qui sortait derrière lui.

-Tu pourrais faire attention où tu mets les pieds, grommela le fan de quidditch sans s'excuser.

-Toujours aussi sympa, marmonna l'hyperactif sur le même ton en se remettant tout seul debout.

-Il avait l'air furieux, remarqua Emma.

-Ça c'est parce que : un, il n'a pas été repris dans l'équipe de quidditch ; deux, sa petite amie qui était une supportrice l'a laissé tomber ce matin même, énuméra Anne, toujours au courant des ragots.

-Tant mieux, murmura Etaine si bas que personne d'autre que Saernel ne l'entendit.

Celui-ci ne commenta pas. La Fourchelang avait la rancune facile et en voulait tout particulièrement à Scott pour ce qui apparaissait désormais comme une broutille. Mais, à l'époque, cela avait bien failli lui coûter la vie. Elle ne l'avait pas oublié. Elle n'oubliait jamais et pardonnait rarement. Mais cela lui arrivait, contrairement à ce qu'on pouvait croire.

Au cours de sortilèges, Flitwick aussi passa la première demi-heure de son cours à parler des Buses. Swan paraissait plus terrifié que jamais. A la fin du cours, le professeur de sortilège le prit à part pour lui proposer des cours supplémentaires de rattrapage. L'hyperactif, visiblement au-delà de l'angoisse vu sa réaction, acquiesça, profondément soulagé. Il partit un peu moins anxieux pour le prochain cours. Malheureusement pour lui, le professeur Chourave, qui enseignait la botanique, passa également une grande partie de son cours à les entretenir sur les examens, insistant sur leur importance. S'ils voulaient leur faire peur, c'était réussi. Les élèves se jetaient des regards pour voir la réaction des autres et tout le monde affichait un air détendu tout à fait fictif, sauf Swan qui semblait au bord de l'apoplexie. Même Etaine cachait une certaine angoisse sous son attitude nonchalante. En même temps, elle se fustigeait d'avaler aussi facilement ce qui lui était dit ; son niveau était bien supérieur à celui des autres, les Buses ne lui poseraient aucun problème. Enfin, elle l'espérait !

Au repas de midi, les Serdaigle se jetèrent des coups d'œil un peu tendu et passèrent la majorité du repas en tournant leur fourchette dans une nourriture qu'ils ne mangeaient que par petite bouchée. Seul Saernel était détendu et mangeait comme quatre en essayant de réquisitionner le service des autres pour l'aider à sa mue. Le ventre noué, Etaine fit de son mieux pour faire bonne figure, sentant un regard perçant et haineux posé sur elle. S'agissait-il de Melanie, Scott ou Terry, elle l'ignorait et ne se tourna pas pour le savoir, feignant l'indifférence. Même Luna était un peu tendue, ce qui se traduisait chez elle par une avalanche d'informations sur des créatures imaginaires dont personne n'avait jamais entendu parler avant autrement qu'en conte qu'elle déversait sans s'adresser à personne en particulier. La légilimente l'écouta distraitement, glissant de temps en temps un mot pour faire signe qu'elle l'écoutait. Swan abandonna son repas après seulement une dizaine de minutes pour dire qu'il allait se changer les idées avant le cours de défense contre les forces du Mal. Cela revenait surement à dire qu'il allait arpenter le château dans tous les sens jusqu'à ce qu'il soit suffisamment épuisé pour que les discours des enseignants ne l'atteignent plus. Etaine s'excusa à son tour et fit un saut à la bibliothèque où l'atmosphère silencieuse la calma avant de retrouver les autres au prochain cours.

Le Maître des potions et désormais professeur de défense contre les forces du Mal avait posé sa marque très personnelle sur la salle de classe. Severus avait, aussi longtemps qu'Etaine avait pu remonter, toujours été passionné par les Forces du Mal. Les murs de la pièce avaient été tapissés d'illustrations représentant les résultats de divers sortilèges et il avait placé de lourds rideaux devant les fenêtres pour les obstruer, empêchant la lumière d'entrer dans la salle. L'atmosphère obscure n'était pas sans rappeler celle des cachots où le Maître des potions officiait précédemment.

La Fourchelang, qui avait appris à connaître au moins une partie de sa personnalité, esquissa une moue vaguement amusée. Il était évident que le professeur de défense contre les forces du Mal voulait continuer de tenir sa classe par la terreur. Et vu les regards que les étudiants jetaient autour d'eux, l'effet était réussi. Certains étudiants avaient les yeux fuyants et évitaient les photographies, d'autres les détaillaient avec un intérêt morbide, les yeux au contraire écarquillés.

Les Gryffondor, avec qui ils avaient aussi ce cours en commun, ne semblaient pas non plus rassurés. La légilimente jugeait cette répartition heureuse : les lions et les serpents ne s'étaient jamais supportés et ce, depuis des temps immémoriaux. Hors, Rogue était précisément le directeur de la maison Serpentard. Il était évident qu'il allait enfoncer les Gryffondor et si pour cela il devait avancer les Serdaigle, il le ferait sans aucun doute. C'était un bon calcul pour sa maison. De plus, elle avait toujours comptée parmi ses élèves préférés. C'était justement là le sujet d'inquiétude de la Fourchelang. Certes, c'était le cas l'année précédente, mais après les événements du ministère et sa confrontation avec Voldemort, serait-ce toujours le cas ? Ne devrait-il pas la reléguer au même plan que les lions, pour assurer sa propre survie ? Elle était toujours en train de s'interroger là-dessus quand Rogue fit son entrée. Elle le sut au silence soudain qui se fit dans la pièce.

-Miss Knightley, descendez de ce perchoir, ordonna-t-il en passant dans les allées, vers son bureau.

Docilement, la légilimente obéit et se coula de la fenêtre à sa chaise, remarquant qu'il n'avait pas ôté de points à Serdaigle. C'était plutôt bon signe, mais elle devait vérifier pendant la suite du cours.

Une fois installé derrière son bureau, le professeur de défense contre les forces du Mal se tourna vers la classe qu'il balaya du regard. Ses yeux noirs étaient froids, inexpressifs, et son visage blafard encadré de ses cheveux sombres gras n'arborait pas la moindre expression. Un des regards qu'il était actuellement en train de leur adresser suffisait généralement à calmer le plus agité des élèves, si celui-ci n'avait pas passé le point de non-retour. Même Swan s'immobilisa sur sa chaise, ce qu'il semblait faire avec de plus en plus de facilité à mesure que le temps passait.

-Bien, déclara Rogue de sa voix à peine plus haute qu'un murmure, toujours pleine d'ironie et de sarcasme, comme on a peut-être déjà dû vous le mentionner, vous passerez cette année vos Buses, un examen particulièrement rigoureux. Votre enseignement en défense contre les forces du Mal comporte des lacunes béantes du fait des différents professeurs qui se sont succéder pour enseigner cette matière. Ceci, poursuivit-il avec désormais une pointe de menace, ne sera toutefois pas une raison valable à votre potentiel échec.

Son regard sombre balaya une fois de plus la classe et tous se dirent qu'ils n'avaient aucune envie d'échouer. Le Maître des potions savait se montrer particulièrement intimidant quand il le désirait et c'était par bien des côtés un exemple pour Etaine qui fut la seule à soutenir son regard sans broncher.

-C'est pourquoi, je vous conseille de vous mettre au travail dès à présent avec toute l'énergie et l'intelligence dont vous disposer.

Insulte subtile, de nouveau, avec la façon dont il avait prononcé les deux mots énergie et intelligence. Mais personne ne réagit. La Fourchelang parce qu'elle ne se sentait nullement concernée, les autres parce qu'ils avaient peur et n'étaient pas assez idiots pour ça. Bien sûr, le leur faire admettre était impensable ; ils répondraient plutôt qu'ils avaient l'habitude des sarcasmes de Rogue avant de l'accabler de reproches derrière son dos.

-Les Forces du Mal, continua le Maître des potions en commençant à marcher dans la salle, sont multiples, changeantes et sans cesse en mouvement. Les combattre, c'est affronter un ennemi invincible qui dès qu'on lui inflige dommage revient à la charge avec plus d'efficacité encore.

La cape de l'enseignant bruissait légèrement au rythme de ses pas tandis qu'il arpentait les couloirs entre les bureaux, caressant le bois de sa baguette. Sa voix était identique à cela. On voyait qu'il appréciait ses forces dont il était censé leur apprendre à se défendre.

-De tous temps les mages noirs ont peaufinés leurs techniques afin de devenir les plus redoutables possibles, sachant que de leur dangerosité dépendait leur survie. Et c'est cette recherche constante de perfection qui a amené la magie noire à ce qu'elle est aujourd'hui : une des formes les plus destructrices qui soit. Puis-je savoir ce que vous attendez pour prendre des notes ?

Il y eu aussitôt des froissements de parchemin et des bruits de plumes qu'on sortait de son sac ou qu'on aiguisait en vitesse. Les élèves furent bientôt tous penchés sur leurs parchemins, résumant les propos de Rogue qui continuait de discourir.

-Les techniques de magie noire sont en perpétuelle évolution et il n'est pas rare qu'elle soit entièrement révolutionnées en l'espace d'une vie seulement pourvu que se présente un mage noir doué avec suffisamment d'intuition. Il n'existe donc pas de liste précise des sorts exécutés, mais nous pouvons toutefois apprendre à nous défendre contre les plus courants, ce qui sera notre objectif cette année. Pourquoi n'écrivez-vous pas, miss Knightley ?

-Je sais déjà ce que vous venez de dire, professeur, répondit Etaine avec politesse.

-Dans ce cas, peut-être pourrez-vous nous citer quelques-uns des maléfices les plus couramment utilisés par les mages noirs ?

-Les maléfices Impardonnables, commença sans hésitation la légilimente avant de poursuivre : le sortilège de Crucifixion, la Flamme Obscure, les Nuées Noires, les Feudeymons, les…

-Cinq points pour Serdaigle, l'interrompit Rogue en la regardant dans les yeux sans pour autant tenter d'utiliser la légilimentie, vous feriez bien de noter.

Nouveaux crissements frénétiques de parchemins. Le professeur de défense contre les forces du Mal la regarda un instant encore puis il se détourna et reprit ses pérégrinations, laissant la Fourchelang s'interroger. Elle avait reconnu une lueur de fierté dans ses yeux, pourtant, ces maléfices, c'était elle qui les avait trouvés seule. Et il lui avait donné des points… Cela signifiait-il que, malgré son duel avec Voldemort, il la soutenait toujours ? C'était suicidaire… A moins que ce ne soit précisément le Seigneur des Ténèbres qui le lui ait demandé… Mais ça ne tenait pas debout et son grand-oncle ne pouvait plus ignorer son existence, maintenant…

Etaine passa la suite de l'heure à se poser des questions sur l'attitude du professeur de défense contre les forces du Mal. Tantôt distant, tantôt à lui donner des points pour les bonnes réponses, ce comportement était inexplicable. Autant se suicider tout de suite. A moins que… Et une bonne centaine de raisons lui venaient, plus farfelues les unes que les autres. La Fourchelang ne savait que penser.

Ce qui ne l'empêcha pas de participer activement au cours, répondant aux questions et participant aux exercices pratiques. Severus s'avérait être un bon enseignant de défense contre les forces du Mal. Il entrecoupait prises de notes et duels où les sorts étudiés devaient apparaître. De fait, Swan ne se mettait pas à gigoter en tous sens. La seule chose qui perturbait les élèves, c'était le ton presque amoureux qu'utilisait Rogue pour parler des Forces du Mal. Etaine par contre le comprenait tout à fait et les deux passèrent au moins cinq minutes à se répéter l'un l'autre. Ils avaient exactement le même point de vue. Anne lui fit passer un papier en milieu de cours, sur lequel était inscrit : « message de Swan : tu fais flipper grave. D'Emma : depuis quand vous vous comprenez à demi-mot ? C'est zarb, comme dirait Swan. De moi : si tu veux le draguer, tu ne pourrais pas éviter ce sujet ? Je suis d'accord avec l'hyperactif là-dessus, Anne ». La légilimente détruisit le papier en y mettant le feu avant que Rogue ne le repère et ne le confisque. Ce n'aurait pas été bon pour la maison Serdaigle, même s'il était parfaitement au courant des insinuations régulières d'Anne et s'en amusait plus qu'autre chose. Cela dit, les Gryffondor semblaient d'accord avec elle et lui jetaient des regards étranges. Ginny paraissait presque dégoûtée. « Fayot », lui glissa Colin. Le regard qu'elle lui envoya le fit baisser les yeux et instantanément reconsidérer ses opinions. Elle ne cherchait pas à amasser des points, elle était juste étonnée qu'ils aient exactement le même avis.

Le Maître des potions avait beau avoir changé de matière, si l'on excluait sa passion pour la magie noire, il restait exactement le même. Avec un caractère des plus décourageants ; pas quelqu'un qu'on aurait aimé avoir dans ses amis. Et encore moins dans ses ennemis. Il donna tellement de devoirs que, cela avait beau être le premier jour, les Serdaigle surent qu'ils passeraient l'heure de permanence suivante à la bibliothèque pour faire des recherches sur les sortilèges de magie noire mineure. Aussi, quand la cloche sonna, la ruée était aussi générale que quand il donnait des cours de potions. Seule Etaine rangea calmement ses affaires, en attendant que les autres quittent la salle. Anne, qui avait évidemment compris ce qu'elle voulait faire, se chargea d'entraîner les retardataires. Elle prit soin de fermer la porte derrière elle.

Une fois les derniers bruits de pas éloignés, elle attendit que le Maître des potions finisse de classer ses notes.

-Miss Stevens est toujours persuadée, à ce que je vois, fit-il remarquer en se retournant. Elle facilite agréablement les choses.

Etaine se tendit en entendant ce commentaire, d'autant que l'espion mangemort tenait à la main sa baguette négligemment pointée sur elle.

-Non, siffla la vipère en se contractant, prête à sauter.