Chapitre 7
-Que comptes-tu faire, Edward? demandai-je.
J'attendis mais il ne répondit pas.
-Edward! insistai-je.
-Le tuer, dit-il froidement.
Je sursautai et lui lâché la main comme si j'avais été électrocutée. Une intense souffrance remplit mon cœur. Mais elle était différente de celle qui me tenaillait à cause de notre éloignement, à moi et à Anthony. Là, c'était la souffrance de m'imaginer sans lui, sans ses baisers. La peur de le perdre, tout simplement.
-Bella, calme-toi, me dit Jasper en utilisant son don en même temps.
-Je t'en prie, Edward, ne fais pas ça, le suppliai-je en me jetant à son cou.
Il ne me rendit pas mon étreinte. Je le lâchai, blessée.
-Alice, dis-je. Peux-tu me prêter ton portable s'il te plaît?
-Non, Bella, répondit-elle à mon plus grand étonnement. Désolé mais je ne peux pas te laisser l'appeler.
Bien sûr! Elle avait deviné grâce à son don que je comptais appeler Anthony.
-S'il te plaît, Alice, insistai-je.
-Restes au moins ici, aujourd'hui, Bella, dit Esmée.
Je regardai Edward puis dis:
-A une seule condition.
-Tout ce que tu voudras, répondit-il.
-Ne lui fais pas de mal, chuchotai-je.
Je lus la peine dans ses yeux.
-Laissez-nous, dit-il à sa famille.
-Daccord, répondit Carlisle. On va aller chasser.
-Cool! s'exclama Emmett.
Je souris. Il m'avait tant manqué. Toute la famille, à part Rosalie et Jasper, vint me serrer dans leurs bras. Jasper, lui, me sourit simplement. Je savais que dès qu'il quitterait la villa, je souffrirai encore plus. Ils sortirent de la chambre. Moins d'une minute plus tard, je sus qu'ils avaient quitté la demeure car la souffrance qui me déchira me coupa le souffle.
-Bella! Sa va? s'inquiéta Edward.
-Oui, répondis-je après plusieurs secondes. Ne t'inquiètes pas.
-Je vais rappeler Jasper, dit-il.
-Non, sa va aller. Qu'as-tu à me dire, Edward?
Il se leva et s'assit à côté de moi sur le lit. Puis, il me caressa la joue. A ce contact, un frisson me parcourut et je fermai les yeux. Des dizaines de souvenirs remontèrent à la surface. Lui, me souriant, me prenant dans ses bras, m'embrassant. Nous, main dans la main, riant, se regardant. A l'époque où nous sortions encore ensemble, nous pouvions nous regarder droit dans les yeux, pendant des heures, sans prononcer le moindre mot. Tout cela me manque. Sa gentillesse me manque, sa douceur me manque, son humour, son odeur, ses caresses, ses baisers, sa voix et par dessus tout son amour me manque. Il me manque. J'avais beau aimé Anthony, mon amour pour Edward était toujours là. Il était encré en moi.
-A quoi penses-tu? chuchota t-il.
J'avais oublié cela. J'avais oublié qu'il ne pouvait lire dans mes pensées. Je ne pouvais répondre à sa question. Je ne pouvais pas lui avouer que je l'aimais toujours alors que je savais pertinemment que mon amour n'était pas partagé. Il m'avait quitté, signe qu'il ne m'aimait plus. Plus jamais, je ne pourrais sentir ses lèvres contre les miennes, plus jamais je ne pourrais l'entendre me dire qu'il m'aime... Notre histoire était belle et bien terminé. Une larme glissa le long de ma joue avant que je ne pus la retenir.
-Bella? s'inquiéta Edward.
J'ouvris doucement les yeux et le regardai. Il me regardait avec inquiétude. Tout à coup, à ma plus grande surprise, je fondis en sanglots.
-Que se passe t-il? me demanda t-il en se rapprochant.
-Rien, chuchotai-je en baissant la tête.
-Alors, pourquoi pleures-tu? dit-il en me serrant dans ses bras et en commençant à me bercer.
Je ne répondis pas et tentai de me calmer.
-Chut...,murmura t-il. Calme-toi... Chut...
Au bout de plusieurs minutes, je commençai à m'endormir dans ses bras. Il m'allongea sur le lit,mit une couverture sur moi, m'embrassa sur le front et se dirigea vers la sortie.
-Edward! Attends! dis-je en attrapant son bras.
Il se tourna vers moi.
-Reste, murmurai-je.
Il me regarda surpris puis vint s'allonger à côté de moi. Il m'attira vers lui et je posai ma tête sur son torse.
-Dors, Bella,chuchota t-il.
-De quoi voulais-tu me parler? demandai-je.
-Je t'en parlerais quand tu te réveilleras, répondit-il.
-Promis?
-Oui... Dors maintenant.
Il commença à chanter ma berceuse. J'avais oublié comme il chantait bien. Cette berceuse me fit le même effet qu'auparavant. Mes paupières se fermèrent et je sombrai dans les bras de Morphée.
Quand je me réveillai, j'étais toute seule. Edward n'était plus là. La douleur était toujours là mais moins forte que quand je m'étais endormie. Jasper devait utiliser son don sur moi. J'essayai de bouger mais la douleur s'intensifia. Je poussai un petit gémissement et me recouchai. Au même moment, on frappa à la porte.
-Entrez, murmurai-je difficilement.
La porte s'ouvrit sur Esmée. Elle entra, chargée d'un plateau de nourriture.
-Bonjour, dit-elle en s'approchant du lit. Comment te sens-tu?
-Sa va, mentis-je.
-Je t'ai apporté à manger, ajouta t-elle.
-Merci mais je... n'ai pas faim. Combien... de temps... ai-je dormi? continuai-je pour changer de sujet?
-Deux jours, dit-elle. Il fait encore nuit.
Tout à coup, la faim se fit ressentir. Je sus de suite pourquoi.
-Jas...per, grondai-je.
-Il faut que tu manges, Bella, dit Esmée. Tu n'as rien avalé depuis trois jours.
-Où...est...Edward? demandai-je.
J'avais été surprise de ne pas le voir à mon réveil.
-Je suis là, dit-il en entrant dans la pièce.
-Je vous laisse, intervint Esmée.
Elle posa le plateau sur le bureau et sortis de la pièce, nous laissant seuls Edward et moi. Il s'approcha et s'assit sur le bord du lit.
-Qu'as-tu... à me... dire?
-Rien, répondit-il.
-Edward! insistai-je.
Il soupira puis se lança:
-Bella, tu ne peux pas rester avec Anthony. Tu ne peux pas continuer de vivre avec lui. Pas après tout ce qu'il t'a fait subir et ce que tu subis encore. C'est impossible! Certes, tu dis l'aimer. Mais il est des fois où l'amour est synonyme de folie. Et là, c'est le cas. Il est en train de te tuer à petit feu. Il ne t'aime pas. Il ne t'a jamais aimé.
-C'est faux, le coupai-je, les larmes aux yeux.
-Non!continua t-il. Il ne t'aime pas et il ne t'a jamais aimé. Tout ce qu'il cherche, c'est à te faire du mal. Tu ne penses pas que s'il t'avait aimé , ne serait-ce qu'un jour, il n'aurait jamais créé ces liens entre vous? Ne t'aurait jamais mordu? Ni même failli t'étrangler? Tu ne le penses pas? Quand on aime une personne, on ne lui fait pas ça. On ne...
-Pourtant, tu as fait pire, toi! le coupai-je une deuxième fois. Tu m'as abandonné! Tu as repris toutes les promesses que tu m'avais faîtes! J'ai cru mourir! J'ai cru que jamais plus, je ne pourrai rire ou même sourire!
Je lâchai tout ce qu'il me venait sur le cœur. Laissant ma souffrance prendre le dessus. J'étais en larmes. Ce qu'il venait de me dire m'avait blessé au plus haut point.
-Tu m'as quitté et je ne m'en suis jamais remise. Encore maintenant, cela me fait souffrir. Regarde toutes ces cicatrices sur mes poignets, dis-je en brandissant mon bras devant ses yeux. Regarde ce que je me suis infligée , à cause de toi. Après ton abandon, j'ai passé les pires mois de ma vie! C'est Anthony qui a su me reconstruire! Qui a su me redonner le sourire! Qui a su me rendre heureuse! Alors, je t'interdis de me dire qu'il ne m'a jamais aimé! Car c'est faux! Il m'aime plus que tout au monde! Je le vois aujourd'hui. Il m'aime plus que toi, tu ne m'ais jamais aimé! Et s'il me fait tout cela, c'est uniquement car il a peur de me perdre! Je n'imagine même pas dans quel état, il doit être depuis mon départ. Ni-même, depuis qu'il sait que je suis ici. Chez toi.
Je marquai une pause pour reprendre ma respiration.
-Maintenant, je m'en vais. Vous ne me retiendrez pas une minute de plus ici!
-Ne compte pas sur moi pour te ramener à lui, dit Edward d'une voix froide.
Sur ce, il sortit de la chambre à vitesse vampirique.
-Alice! appelai-je.
Elle fut dans la chambre moins d'une seconde plus tard.
-Oui, Bella? dit-elle
-Emmène-moi chez Anthony, s'il te plait.
Elle soupira, s'assit à côté de moi puis demanda:
-Tu es sûre de le vouloir?
-Je ne peux pas vivre sans lui, Alice. C'est impossible! Il avait raison. Depuis le début.
Je lus la peine dans ses yeux. Elle se leva et commença à marcher nerveusement dans la pièce.
-Il risque de te refaire du mal, Bella, me prévint-elle.
-Je m'en fiche, répondis-je. Je prends le risque. Même si je sais qu'il ne me fera plus jamais ce qu'il m'a fait ces derniers jours.
-Tu n'en sais rien! s'énerva t-elle.
-Alors, dis-moi, répliquai-je. Regarde mon futur et dis-moi!
Elle se figea, me regarda et détourna le regard.
-Qui a t-il? m'inquiétai-je. Ton don ne fonctionne plus?
-Si, il fonctionne mais...
Elle ne finit pas sa phrase.
-Mais quoi?
-Mais pas avec toi, Bella, continua t-elle. Je ne vois plus ton futur. Je ne le vois plus depuis que nous sommes partis.
-Tu plaisantes?!
-Non, soupira t-elle. Je ne vois plus rien te concernant.
-Pourquoi?m'étonnai-je.
-Je ne sais pas, chuchota t-elle.
Pourquoi ne me voyait-elle plus? Etait -ce parce que je n'avais plus d'avenir? Ou parce qu'à chaque seconde passé avec Anthony, ma vie était menacé? Quelque soit la réponse, je ne pouvais pas continuer de vivre sans Anthony.
-S'il te plaît, Alice, repris-je. Emmène-moi chez Anthony.
-Bella, chuchota t-elle avec tristesse. Je t'en prie, ne me demande pas de faire cela. Ne me demande pas de t'amener à lui.
-Alice, s'il te reste ne serait-ce qu'une once d'amitié envers moi,laisse-moi le retrouver. Laisse-moi être à ses côtés.
Elle baissa les yeux.
-Je suis désolée, chuchota t-elle. Mais je ne peux pas faire ça. Crois-moi, je tiens beaucoup à toi, Bella. Je te considère comme ma sœur. C'est pour cela que je ne peux pas faire ce que tu me demandes. Je suis désolée.
Puis elle disparu. Anthony... Ne pourrais-je donc jamais le revoir? Il me manquait tellement. Des larmes de tristesse mais aussi de colère, ,face à l'attitude d'Alice et d'Edward, se déversèrent sur mes joues. Comment pouvait-elle me faire cela? Comment pouvaient-ils tous me faire cela? Anthony. Mon amour. Si seulement, tu pouvais m'entendre. Si seulement, tu pouvais savoir l'amour que je te porte. Si seulement, je pouvais à nouveau être dans tes bras, sentir à nouveau tes lèvres sur les miennes, ton corps contre le mien. Si seulement, tu pouvais venir me chercher. Soudain, une onde de calme m'enveloppa. Jasper! Puis au fur et à mesure que les secondes
s'égrener, je sentis de la fatigue s'insinuer en moi et mes paupières commencèrent à se fermer.
-Stop! criai-je, faisant redoubler la douleur. Je ne veux pas dormir!
Ma fatigue s'évapora immédiatement. Soudain, je sentis ma douleur se renforcer comme jamais auparavant. Je me mis à crier, tellement la douleur me brûlait de l'intérieur. Toute la famille apparut dans la pièce.
-Bella, calme-toi, dit Carlisle en apparaissant à côté de moi.
Je bougeai dans tout les sens. Carlisle tenta de me maintenir immobile dans le lit.
-Emmett, viens m'aider à la tenir! dit le médecin.
Emmett s'approcha et me maintint au lit. Je ne pouvais plus bouger. La douleur était si forte. Que se passait-il?
-Anthony! criai-je entre deux cris de douleur. Anthony!
Je restai ainsi pendant plusieurs minutes. Quand soudain, plus rien. La douleur avait disparu. Toute la douleur avait disparu. Même le manque que je ressentais avait disparu. Je cessai de crier.
-Sa va, dis-je au bout de quelques secondes. Emmett, tu peux me lâcher.
Il me lâcha et se recula.
-Que c'est-il passé? demanda Carlisle.
Anthony... Je ne ressentais plus aucun manque d'être loin de lui. Plus de douleur, plus de vide au fond de moi. Je compris alors ce qu'il s'était passé. Et me remis à pleurer. Alice s'approcha et me pris dans ses bras.
-Chut..., murmura t-elle, chut.
-Je...je crois que... qu'Anthony a... a effacé les...les liens qu'il y avait entre nous, sanglotai-je. Je suis libre, Alice, ajoutai-je quelques secondes après. Il me laisse partir. Vivre ma vie.
Mes pleurs s'intensifièrent face à ce que je venais de prononcer.
-Je suis libre, répétai-je.
