Voilà le chapitre 6, vous l'avez bien mérité!! Merci pour toutes vos reviews, j'ai été trop émue, mdr!! Je crois en avoir eu 31 juste pour le chapitre 5, et par la même occasion, j'ai dépassé le seuil des 100 REVIEWS!! Alors MERCI, et surtout, CONTINUEZ!!

Chapitre 6 :

-Que comptez-vous faire ? Demanda la voix posée de Carlisle dans mon dos.

Je m'arrêtai un instant et me tournai vers lui.

-Quel âge as-tu, Carlisle ?

-Trois cents soixante-deux ans.

-Non. En années humaines.

-Vingt-trois ans.

-J'en ai dix-sept. Inutile de me vouvoyer.

Il hocha la tête, et sourit. Je lui rendis son sourire, puis dis :

-Ce que je vais faire ? Continuer comme j'ai fait jusque là, j'imagine.

-La solitude doit te peser… Peut-être pourrais-tu essayer notre mode de vie… Sédentaire.

-On ne regrette pas ce que l'on n'a jamais eu, murmurai-je alors que l'ombre d'un visage passait derrière mes paupières. Puis, enregistrant soudain la deuxième partie de la phrase, je relevai la tête, brutalement : Tu veux dire… une maison ?

Il acquiesça, et je vis des sourires se former sur les lèvres de sa famille à l'ouïe de mon exclamation. Puis, j'éclatai de rire. Ce fut leur tour d'avoir l'air perplexe.

-Carlisle… Carlisle… Carlisle, gloussai-je. Si jeune et déjà si spécial ! (Je m'interrompis un instant, songeuse, puis repris) Pourquoi ne pas jeter un coup d'œil, après tout ? Ce doit être très étonnant… une maison de vampires…

Ils sortirent tous, et j'éteignis les murs de la caverne avant de ressortir en trombe. Je saisis leur trace, et la suivis jusqu'à une éclaircie du bois, où trônaient trois magnifiques véhicules, l'un noir, et les autres jaune et rouge flamboyant. L'odeur des Cullen était partout autour d'eux.

-Ma voiture est un peu plus loin, fit une voix douce et inconnue derrière moi. Je frissonnai, et me retournai pour me retrouver face à Edward, ses yeux couleur or sombre fixés sur moi. Il désignait du doigt un sentier, et nous nous éloignâmes ensemble. Effectivement, quelques mètres plus loin était garée une Volvo argentée de toute beauté. Je m'en approchai, et posai le bout de mes doigts sur la carrosserie immaculée, que j'effleurai avec douceur, savourant le contact du métal lisse sous ma peau dure.

-Elle est belle, soupirai-je.

Il eut un sourire, et m'ouvris la portière. Je me glissai dans l'habitacle, et le regardai faire le tour du véhicule. La seule chose qui me vint à l'esprit en voyant à quel point sa démarche était gracieuse et souple fut que je ne l'avais pas raté. Remarque qui fit naître un sourire narquois sur mes lèvres. On aurait dit une humaine parlant de ses enfants. Mais il était vrai qu'étant la créatrice d'Edward… On pouvait me considérer comme sa mère… Non… un sentiment d'inexactitude me submergea. Non, Edward n'était pas, ne serait jamais mon fils. Il était et serait toujours celui d'Elizabeth et Edward Masen. Lorsqu'il ouvrit la portière, j'inspirai, et sursautai brutalement, pour me retrouver aussitôt dehors. Les paupières closes, j'inhalai profondément l'air frais, essayant de me débarrasser de la multitude d'odeurs qui avaient tenté de s'accrocher à ma peau dès que j'avais inspiré.

-Ça va ?

Je rouvris les yeux avec un sourire d'excuse à l'adresse d'Edward qui, toujours assis derrière le volant, m'observait avec inquiétude, penché par-dessus le siège du passager pour voir par ma portière. Hésitante, je fis un pas vers le véhicule, puis un autre, serrant les poings pour maîtriser mes tremblements. Avec précautions, je me penchai et pris une bouffée de l'air de l'habitacle. Je relevai brusquement la tête à l'air libre, et recommençai l'expérience après quelques instants. Cette fois, je me forçai à inspirer profondément, et à analyser les différentes odeurs. Cuir, bois… Vampires… Rien de menaçant… me répétai-je, tentant de me persuader de monter dans la voiture sans plus faire de difficultés. Rien de menaçant. Serrant un peu plus les poings, enfonçant mes ongles dans mes paumes, je me rassis à la place du mort et refermai précautionneusement la portière sous le regard mi-étonné mi-méfiant d'Edward.

-Ce n'est rien, expliquai-je, j'ai juste été surprise. Je ne suis pas habituée… A une telle concentration d'odeurs dans un endroit aussi confiné.

Il hocha la tête et démarra. Le trajet fut silencieux. Je fermai les yeux, m'appliquant à respirer profondément et avec régularité, m'imprégnant au passage de l'odeur de l'enfant près de moi. Il avait gardé le merveilleux parfum qui m'avait tant séduite alors qu'il était encore humain. Mais il s'était teinté de soleil. Un léger sourire étira mes lèvres malgré moi. La voiture infléchit sa trajectoire, et j'ouvris les yeux, pour rencontrer le regard d'Edward fixé sur moi. Gênés, nous détournâmes les yeux, puis il demanda :

-Carlisle… Il ne connaît même pas ton nom.

-Bella, murmurai-je, on m'appelle Bella.

-Quel âge as-tu ?

Je compris aussitôt de quoi il parlait, mais feignis le contraire.

-Dix-sept ans.

Sa mâchoire se crispa légèrement, et ses jointures blanchirent encore sur le volant, ce que j'observai avec tristesse. Mais lui dire la vérité ne ferait que le mettre en danger. J'effleurai son bras dans un geste d'excuse, mais il ne se détendit pas. Ou à peine.

-J'ai… plusieurs siècles, dis-je alors. Ne m'en demande pas plus.

Il acquiesça sèchement, mais je pouvais encore voir toute l'ampleur de sa frustration. De sa méfiance.

-Tu te défies de moi ? Repris-je d'un ton peiné malgré moi.

Il ne répondit pas. Bizarrement affectée par cet aveu silencieux, je me tournai vers la fenêtre et appuyai ma joue sur mon poing. Je n'aurais pas dû venir. Ça avait été une erreur monumentale que de céder à la curiosité et au désir de discuter avec Carlisle. La seule pensée du jeune médecin suffit à me remonter le moral. Sa compagne et lui semblaient extrêmement tolérants, intelligents. Emerveillés. Ceux-là au moins méritaient que je reste un peu. Par politesse. Quant à Edward… je n'allais pas lui imposer ma présence. Je l'avais déjà fait suffisamment souffrir comme ça, lui imposant, bien qu'inconsciemment, au-delà de l'atroce douleur de la transformation et de sa condamnation à une existence solitaire et sans espoir, des souffrances que je n'imaginais qu'à peine, au vu du javelot acéré qui avait agressé mon cerveau quelques minutes plus tôt.

De nouveau, la voiture changea de direction, puis s'arrêta. J'ouvris les yeux, et ne laissai pas Edward me tenir la portière, estimant que si nous devions être distants, autant l'être ouvertement. Les autres voitures étaient déjà sagement garées à leur emplacement dans le garage.

La maison était immense, de style victorien… et surtout très blanche. J'en fis le tour en une fraction de seconde. La façade Sud était entièrement faite de verre, ce qui m'éblouit. Jamais je n'avais vu quelque chose d'aussi ouvert. J'avançai vers l'entrée, suivie par les pas légers d'Edward, et me retrouvai dans une gigantesque salle de séjour décorée avec beaucoup de goût. Près d'une immense fenêtre, sur une estrade, trônait un splendide piano à queue. Il jouait du piano, était très prometteur… Les mots de Carlisle, prononcés tout ce temps auparavant, me revinrent. Je me tournai vers Edward, et, désignant le piano :

-C'est à toi, n'est-ce pas ?

Il acquiesça, mais je distinguai une lueur de surprise dans ses yeux.

-Je peux ? Continuai-je. Cela fait longtemps…

Nouveau hochement de tête. Sec et froid. Je m'obligeai à rester impassible, et m'installai au piano. Les doigts errants, je laissai courir mes mains sur les touches, émerveillée par la beauté de l'instrument et de son bois verni. Puis, lentement, je commençai à jouer. Un peu hésitante d'abord, puis avec plus de confiance, jusqu'à retrouver l'ancienne transe dans laquelle jouer de cet instrument me plongeait à chaque fois… avant… Une vieille Romance Sans Paroles de Mendelssohn. Une Rêverie de Debussy. Un nocturne de Chopin. Totalement immergée dans l'enchaînement des notes et des arpèges, je ne pris conscience des sept vampires debout derrière moi que lorsque, le dernier accord de Chopin plaqué avec douceur, j'autorisai mes sens à se détourner de l'instrument et à scanner à nouveau les alentours.

Je me retournai, et rencontrai sept paires d'yeux admiratifs. Gênée, je descendis de l'estrade et regardai autour de moi, prenant conscience que la fascination exercée par le piano sur moi avait été telle que je n'avais même pas vu ce qui entourait l'instrument. Un coup d'œil me suffit pour noter l'entrée de la cuisine, les escaliers, l'écran plasma et la chaîne hi-fi.

Edward fut soudain près de moi, et me fit signe de le suivre tandis qu'il grimpait les marches. Une mosaïque de chapeaux de remises de diplômes m'arracha un sourire, puis je tombai en arrêt devant une grande croix de bois. Edward ne perçut rien ou il décida d'ignorer le fait que je ne suivais plus, car il continua son chemin le long du couloir. Je fixai l'objet, fascinée. Le bois était manifestement ancien, au moins trois-cent ans. Je levai la main, et caressai le chêne.

Immédiatement, les images affluèrent.

Un homme d'une quarantaine d'années, les cheveux noirs, les yeux bleus, parlait avec animation, ses vêtements trahissant sa qualité de pasteur.

Le même homme, vociférant sur un jeune homme de belle prestance, aux cheveux blonds et aux yeux noirs.

Un vieillard, agenouillé devant cette même croix…

Des hurlements, des silhouettes humaines se tordaient dans les flammes infernales d'un gigantesque bûcher…

-Bella ?

Eh oui, il était plus court, dsl, mdr!!

REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW! REVIEW!