Auteur Umbre77
Titre Guimauve.
Résumé Alors qu'il se croyait enfin en paix, Harry Potter va vite comprendre que les erreurs du passé sont les pires. Suite de Mœurs et Coutumes.
Note de l'auteur : Parce que Yami m'a demandé de la guimauve, parce que j'aime faire enragé Ryry et lui faire n'importe quoi (oooh, oui, n'impoooorte quoi… (Mode pervers qui parle)), Je vous présente Guimauve. Amusez-vous bien ! (Auteur qui se marre tout en courrant se cacher).
Dédicace A Dod. Merci pour ta correction ! Je ne sais pas ce que je ferais sans toi !
Particularité Le mot Guimauve est ici dit 'En français dans le texte'. Vous comprendrez quand on en parlera ! (Se marre toute seule)
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Chapitre 7 : Un signe d'Australie
Ce fut une main dans ses cheveux qui le réveilla. Péniblement, Harry ouvrit un œil fatigué pour tomber sur le visage de Draco, penché sur lui. Il papillonna des yeux un petit moment puis eut un grognement pour rabattre la couverture sur sa tête.
« Veux dormir ! gémit-il.
- Alors ça, je n'en doute pas, répliqua le blond, toujours près de lui. Mais Weasley vient d'arriver, prête à reprendre le travail, alors j'ai préféré venir te… »
Harry le fit taire en le tirant par le haut de sa veste pour le faire tomber dans le lit. Rapidement, il se débrouilla pour se retrouver assis sur lui et sourit en apercevant son air interloqué.
« Si je te séquestre ici en t'assommant, ai-je une chance de pouvoir dormir ? demanda-t-il, souriant.
- Si tu restes assis sur moi, tu n'auras aucune chance de m'assommer, » répondit très sérieusement Draco.
Harry rougit aussitôt et voulut se bouger. Le blond l'en empêcha en posant des mains larges sur sa taille.
« En outre, dit-il, pas perturbé du tout par la gêne du brun, je doute que la jeune Weasley attende patiemment que tu ais fini ta sieste. De ce fait, il va nous falloir bouger d'ici… »
Harry hocha de la tête, toujours aussi rouge. Draco rit et se redressa en une position assise, leurs visages se retrouvant bien proches.
« Tu n'as pas à être gêné, tu sais ? demanda-t-il. Nous n'y pouvons rien, si nous avons… une certaine attirance, dès que nous sommes trop proches… »
Harry perdit aussitôt son air gêné.
« Alors tu la ressens encore ? demanda-t-il. Toi aussi ? »
Draco lui sourit et hocha de la tête en réponse.
« Je n'ai jamais cessé de la ressentir, » confia-t-il.
Harry sentit sa gorge se nouer et il resta un long moment immobile. Il finit par enlacer Draco, à la surprise de celui-ci.
« Merci pour hier soir, murmura Harry à son oreille.
- De rien, » répondit le blond, avec nonchalance.
Ils restèrent un moment ainsi puis, tout à coup, Harry se retrouva par terre, les jambes en l'air.
« Aïe ! s'écria-t-il, outré !
- Ne faisons pas attendre la jeune Weasley, très cher ! Si tu as envie de faire joujou avec moi, nous en rediscuterons ce soir… Ou pendant notre pause-déjeuner… Habilles-toi et rejoins-nous ! »
Et avec un clin d'œil horripilant, Draco quitta la pièce.
Resté seul sur le sol, Harry mit un certain temps à réaliser que Draco venait de lui affirmer qu'il avait envie de lui et qu'il était prêt à 'faire joujou' avec lui quand il voulait. Une partie de lui – une partie qui lui faisait presque honte – se réjouit presque à cette idée. Malgré tous les amants qu'il avait eu, Draco restait le meilleur. Sans doute à cause de cette attirance qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre ou peut-être simplement à cause des sentiments…
'Des sentiments qui ne sont pas réciproques…'
A cette idée, Harry s'assombrit et se releva. Il regarda la porte close de la chambre et se dirigea vers les vêtements qu'il avait ramenés. Enlevant son pyjama, il le posa sur le lit pour ensuite enfiler un pantalon noir et un t-shirt de la même couleur. Quand il arriva enfin dans le salon, Ginny et Draco parlaient tout en regardant une carte de Londres.
« Te voilà enfin ! s'exclama le blond. Ton amie a eu une théorie très intéressante au sujet d'un des hommes que nous devons aller voir aujourd'hui et…
- Pour une fois que quelqu'un dit quelque chose d'intelligent, » coupa Harry, lui lançant un regard froid.
Le sourire qu'arborait Draco disparut et il sembla s'assombrir. Quelques secondes plus tard, il redevint jovial.
« Bref ! dit-il. C'est chez lui que nous irons en premier ! Vraiment, Ginny, tu as bien travaillé…
- Merci, répondit la jeune femme.
- Tiens, tu l'appelles par son prénom, maintenant ? demanda Harry, toujours cinglant. Il y a quelques minutes, c'était Weasley… »
Ginny et Draco échangèrent un regard perplexe.
« Tu es descendu de ton balai du côté gauche ? demanda la rousse, étonnée.
- Absolument pas, répliqua Harry. On y va ?
- Tu devrais déjeuner avant, fit remarquer Draco.
- Je n'ai pas faim du tout ! répliqua le brun. On m'a coupé l'appétit au réveil. On y va ? »
Le blond soupira lourdement et hocha de la tête. Il alla prendre sa veste et l'enfila pour ensuite quitter l'appartement d'un pas nerveux. Ginny fronça les sourcils et regarda Harry.
« Mais enfin, qu'est-ce qui te prend ? Tu l'as blessé !
- Pour le blesser, il faudrait qu'il ait un cœur, répliqua Harry. Allons-y ! »
Ginny grogna et sortit la première. Harry leva les yeux au ciel et attrapa sa propre veste avant de sortir de l'appartement surchargé de dossiers et de panneaux. Il suivit les deux autres qui attendaient l'ascenseur avec impatience. Jetant un coup d'œil au visage de Draco, Harry remarqua son expression sombre. La mâchoire serrée et les yeux brillant de colère ne laissèrent aucun doute à Harry : il l'avait vraiment blessé !
'C'est mieux ainsi, pensa-t-il. On était sur un territoire glissant, de toute façon…'
Après tout, il n'avait pas de temps à perdre en flirt idiot ! Son fils avait disparu, bon sang ! Et il n'avait aucune envie de flirter avec lui. Lui qui lui avait brisé le cœur, cinq ans plus tôt !
'Tu comprends, je t'aime bien, mais… Je ne pense pas que tu sois celui qu'il me faut.'
Les paroles dites froidement cinq ans plus tôt revinrent et il se crispa alors qu'ils entraient dans l'ascenseur. Quelques minutes plus tard, ils en descendirent, une tension nettement palpable régnant autour d'eux.
Pour rejoindre le logement du premier homme, ils durent prendre deux métros et pendant tout le voyage, ils n'échangèrent aucunes paroles. Tout juste Ginny osa-t-elle évoquer certaines choses mais face aux mines contrites des deux hommes, elle se tut. De temps en temps, Harry jetait un œil à Draco. Celui-ci fixait le vide d'un air indifférent, une moue sur les lèvres. Avec un peu d'imagination, il avait presque l'impression de revoir l'enfant qu'il avait rencontré dans la boutique de Mme Guipure, bien des années auparavant.
L'arrêt subi du métro les sortit tous de leurs pensées. Sans attendre, Draco sortit le premier et traversa le quai pour aller monter les escaliers. Ginny le rattrapa aussitôt en courant et Harry prit tout son temps. C'était juste pour l'agacer et il savait que c'était idiot, mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. Une sourde colère avait émergé en lui et il avait beau se traiter de gamin, il ne se contrôlait plus, dans ce genre de situation.
'Pensais-tu vraiment que nous deviendrions bons amis après ce que tu m'as fait ? pensa-t-il, tout en regardant Draco. Idiot !'
Quand il arriva près de ses deux collègues, il tourna la tête vers Ginny, n'accordant aucune attention au blond.
« Où allons-nous, déjà ? lui demanda-t-il.
- Heuuu…, répondit-elle, visiblement ignorante de la réponse.
- Vous n'avez qu'à me suivre, répliqua Draco. Je suis peut-être un incapable, mais je sais encore me guider dans Londres. »
Et sans leur laisser le temps de parler, il partit, avançant rapidement dans les rues sordides du quartier qu'ils avaient atteint. Ginny lança un regard lourd de reproches à Harry, mais aucun des deux n'émit le moindre commentaire. À quoi bon, de toute façon ? Le mal était fait ! Draco était très visiblement en colère et Harry n'avait aucune envie de le calmer. Bien au contraire. La partie qui prenait tant de plaisir à provoquer son ancien amant s'était réveillée et avait envie de le faire souffrir. Le faire souffrir autant que lui !
Tout comme la veille mais dans une ambiance bien plus sombre, ils s'aventurèrent dans les rues les plus glauques de Londres. En formation serrée, sous la demande de Ginny, ils avançaient tout en feintant de ne regarder qu'en face d'eux. En faite, les yeux de Harry et de la rousse voyageaient partout, notant les détails les plus insolites et les plus intéressants. Draco, lui, semblait se désintéresser de tout, mais Harry le soupçonnait de jouer la comédie, comme d'habitude.
Quand ils arrivèrent devant la maison du premier homme, un frisson d'excitation parcourut le dos du brun. Il sentait quelque chose. Quelque chose d'infime, mais de présent.
« Vous sentez ? demanda-t-il.
- Oui, répondit Ginny. Il y a eu de la magie, par ici… »
Ils hochèrent tous les trois de la tête. Dans le monde purement moldu, les sortilèges imprégnaient les murs et laissaient une trace évidente. Avec une assurance étrange, Harry s'avança et frappa à la porte de la maison. Il y eut un petit moment d'attente avant qu'enfin, on leur ouvre le montant de bois. Un homme sale à l'air hagard se présenta face à eux. La première chose qu'Harry remarqua était son état lamentable. L'homme avait l'air vieux et pourtant, il ne devait pas avoir plus de trente ans. Sa peau était grisâtre et ses cheveux coupés courts étaient couverts d'une épaisse couche de crasse. Sa seconde observation fut le léger tremblement qui le secouait. Il plissa un instant les yeux et la sentit. La peur. Elle suppurait de l'homme, plus encore que toutes les drogues qu'il prenait.
« Heu… Qu'est-ce que vous me voulez ? »
Il avait parlé avec hésitation, mais ses yeux, eux, cherchaient désespérément une échappatoire. Harry eut un sourire satisfait. C'était lui. Peu importait ce qu'il dirait, il savait que c'était lui. Et s'il n'était pas responsable de l'enlèvement de Guimauve, dans tous les cas, il savait quelque chose.
« Bonjour, monsieur Horace, dit Draco, juste derrière lui. Nous aimerions entretenir un brin de causette, avec vous, si ça ne vous dérange pas… »
Horace les regarda avec hésitation. Harry pouvait presque deviner son schéma de penser. Il pouvait leur refuser l'entrée et passer définitivement pour un coupable ou essayer de les tromper. Il finit par choisir la seconde option et dégagea l'entrée, leur permettant ainsi de pénétrer dans ce qui ressemblait à un séjour des plus déplorable. Harry ne pensait pas qu'il pouvait visiter des endroits plus glauques encore que ceux visités la veille, mais il se trompait. Les meubles étaient sales, troués et mités jusqu'aux ressorts. La table du salon était couverte d'immondices variables et douteuses et il se retint de soulever le col de son t-shirt pour le mettre devant son nez.
Devant eux, clairement mal à l'aise, Horace les regardait, attendant visiblement qu'ils commencent à parler.
« Et vous êtes ? dit-il, tentant de retrouver un peu d'assurance.
- Détective privé, répondit Draco, sans même prendre la peine de présenter Harry ou encore Ginny. Nous aimerions savoir ce que vous faisiez, ce 14 avril, dans les environs de… disons, vingt heures ? »
L'homme eut un hoquet léger et Harry, mine de rien, entreprit de se promener dans le salon, soulevant ici et là des immondices quelconques.
« J'étais ici, répondit Horace, de plus en plus hésitant.
- Et quelqu'un peut le prouver ? demanda Ginny.
- Heu… Ben nan… J'étais tout seul. Vous comprenez… J'ai pas beaucoup d'ami…
- Alors ça, j'en doute, répliqua Draco. D'après ce que je sais, vous avez beaucoup d'amis qui aiment vous donner beaucoup de choses… Des petites missions, par exemple. »
Harry se retourna et fixa le blond. Il avait quelque chose d'effrayant dans le regard. Quelque chose d'hypnotisant. Et visiblement, il n'était pas le seul à le penser. Horace le fixait, pétrifié.
« Ce sont… des gentilshommes de fortunes, répondit Horace, les yeux fixés sur ceux de Draco. Ils me donnent quelques boulots, pour arrondir mes fins de mois, c'est tout.
-Votre boulot du 14, c'était quoi ? demanda le blond, un léger sourire charmeur aux lèvres. Vol de voiture, n'est-ce pas ? »
Horace tremblait de plus en plus. Il était nettement incapable de résister au regard d'un Draco dont le magnétisme remplissait la pièce. Pendant un vague instant, Harry se demanda s'il n'était pas Veela. Près de la porte, Ginny semblait elle aussi être réactive aux effets produits par le détective. Elle le fixait, mi-étonnée, mi-fascinée.
« Je…, balbutia Horace. Je n'avais pas le choix ! Ils m'ont dit de voler la voiture et d'attendre dans la rue. J'ai juste fait ce qu'on me demandait… »
Il tremblait de plus en plus et de la sueur coulait le long de son front.
« Malfoy, appela Harry. Malfoy, qu'est-ce que tu lui fais ? »
Le blond ne répondit pas. Souriant toujours, il continuait de fixer Horace.
« Mais encore, Horace ? Après ? »
Celui-ci transpirait.
« Ils sont allés dans l'appartement de Mary. J'ai entendu des coups de feu… Je savais que Mary était pas là, sinon, ça aurait canardé bien avant, mais j'avais un peu peur quand même… Ensuite, ils sont revenus et ils m'ont dit de rouler vite… On est partis et ils m'ont dit d'aller dans les environs de Chelsea. Je devais y abandonner la voiture et les suivre…
- Vous êtes revenus ici, n'est-ce pas ? demanda Draco, toujours aussi doux. Avec l'enfant… »
Le visage de Horace blêmit plus encore et une goutte de sang tomba doucement de son nez. Il ne sembla pas réagir, continuant de regarder Draco.
« Il a fait que passer, répondit précipitamment l'homme. Il… Il est pas resté longtemps ici, ils l'ont emmené. Ils ont voulu le frapper, mais… il a été protégé par une drôle de lumière. »
Draco sourit et, tout en fixant Horace, sortit de sa poche une feuille blanche et un crayon. Il s'approcha de l'homme et les lui donna.
« Je veux les noms, Horace, dit-il. Écrivez-moi les noms… sur cette feuille, d'accord ? »
Face à lui, le pauvre homme semblait avoir du mal à respirer. Il hocha pourtant de la tête et, sans même regarder la feuille de papier qu'il posa sur un coin de table près de lui, se mit à écrire.
Non loin de là, Harry fixait la scène, pétrifié. Il ne savait pas ce que Draco était en train de faire, mais c'était effrayant. Les rayons magiques qu'il émettait étaient chargés d'une force de persuasion telle que l'air de la pièce s'était paré d'une odeur magnétique insupportable. Le visage de Horace était devenu rouge et chaque veine de sa peau transparaissait de plus en plus. Le sang coulait de son nez de plus en plus, mais il ne le remarquait même pas, hypnotisé par Draco. Celui-ci souriait toujours avec tranquillité. Une tranquillité effrayante. Quand Horace eut fini d'écrire les noms, il tendit la feuille à Draco qui lui sourit plus encore.
« Merci, Horace, dit-il. Dormez, maintenant… »
À peine eut-il dit ses mots que l'homme s'effondra. Ginny glapit et Harry eut un frisson en sentant la tension diminuer brutalement.
« Ce… C'était quoi, ça ? » demanda Ginny, haletante.
Draco se tourna vers elle, étonné.
« Ça quoi ? dit-il, pliant la feuille pour la fourrer dans la poche de sa veste.
- Ce que tu viens de faire, dit Harry, lui-même dans un piètre état.
- Simple sortilège de persuasion et de charme, Potter, répliqua le blond. Une petite tactique que la majorité des Mangemorts utilisaient pour interroger certaines personnes…
- De la magie noire, souffla Ginny. Mais… Bon sang, tu as du déclencher tous les capteurs du bureau d'Auror !
- Oh non, répondit Draco. Ce sortilège n'est pas détectable.
- Et tu t'en sers souvent ? siffla Harry, derrière lui.
- Non, dit le blond. Seul les Moldus à l'esprit faible y sont réceptifs. Dés que je suis rentré, j'ai senti que celui-ci était un spécimen tout à fait disposé à ce genre de sort… »
Harry gronda. Une sourde colère pointait son nez, pour une raison qu'il ignorait totalement.
« Tu me dégouttes, dit-il, crachant ses mots.
- La fin justifie les moyens, répliqua Draco. Et si tu n'es pas d'accord avec ça, je m'en fiche. C'est ton fils, que j'essaye de retrouver… Et contrairement à vous, les détectives ont le droit d'utiliser toutes les armes qu'ils ont en leur possession. Sans exception. À présent, fini de blablater. Il va se réveiller et ne se souviendra pas de nous avoir parler, sauf si nous sommes là. Alors partons. »
Et sans attendre, il quitta la pièce, marchant avec une assurance presque insupportable. Restés dans la pièce, Harry et Ginny échangèrent un regard.
« Il fallait s'y attendre, dit la rousse. C'est le fils de Lucius Malfoy, pas d'un Bisounours.
- Ce n'est pas excusable, dit-il, tout en se dirigeant vers la sortie. Je déteste la magie noire… Et toutes personnes qui l'utilisent ne méritent que mépris ! »
Il entendit vaguement Ginny souffler derrière lui. Alors qu'elle sortait après lui et fermait la porte, elle souffla :
« Je te conseille de régler tes comptes avec lui une bonne fois… C'est vraiment invivable, comme ambiance. »
Et sur ce, elle le dépassa pour marcher vers Malfoy. Celui-ci les attendait au bout de la rue. Quand il les vit arriver, il se mit à marcher avec tranquillité.
« Allons au commissariat, dit-il. On a besoin… de certains renseignements. »
À côté de lui, Ginny fronça les sourcils.
« Malfoy, tu vas bien ? dit-elle.
-Très bien, répondit-il, pâle. Dépêchons… On n'a pas toute l'année ! »
Il accéléra le pas, les doublant tous les deux. Restés derrière, les deux anciens Gryffondor échangèrent un regard.
« Je vais me renseigner sur ce sort, dit Ginny. J'ai l'impression qu'il ne nous a pas tout dit. On se retrouve au Chaudron sur le coup de midi, pour faire le point ?
- D'accord, répondit Harry, pas très heureux pourtant d'être seul avec Malfoy. Dis bonjour à Hermione de ma part… »
Ginny grimaça et, brusquement, tourna dans une ruelle attenante. Quelques secondes plus tard, Harry entendit un bruit caractéristique d'un transplanage, mais il ne s'en formalisa pas et continua de suivre Draco. Ça promettait d'être très drôle, sans Ginny !
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Il leur fallut près d'un quart d'heure pour arriver au commissariat. Quand ils entrèrent, ils débouchèrent sur un hall petit et rempli de monde. Ici un délinquant qui insultait un agent, là-bas une femme qui se plaignait d'un vol. Et face à eux, un comptoir. Une femme y était, vêtue de l'uniforme de police. Elle était occupée à répondre au téléphone avec un semblant de politesse quand Harry et Draco s'en approchèrent.
« Je comprends bien, monsieur, mais si vous n'avez pas de preuve que votre voisin a volé votre nain de jardin, nous ne pouvons rien faire. Je sais monsieur. Oui monsieur. Écou… Écoutez, monsieur, nous allons vous envoyer un agent, d'accord ? Mais non, monsieur, je ne plaisante pas. Oui, monsieur. À bientôt ! »
Et elle raccrocha si vivement qu'Harry ne douta pas un instant que l'homme parlait encore.
« Espèce de sale petit con ! Comme si on avait que ça à faire de s'inquiéter de ton nain de jardin minable ! »
Sur ces mots, elle nota malgré tout sur une fiche le sujet de la conversation et la jeta dans une boîte nommée 'Affaires secondaires'. Quand ce fut terminé, elle se tourna vers eux et leur sourit avec une amabilité effrayante, compte tenu de son comportement précédent.
« Que puis-je faire pour vous, messieurs ? demanda-t-elle.
- Nous aimerions voir l'inspecteur Narson, répondit Draco, appuyé contre le comptoir.
- Et vous êtes ? dit-elle.
- Détective Malfoy et agent spécial Potter, dit Harry, sortant sa plaque. C'est assez urgent… »
La jeune femme hocha de la tête et décrocha son téléphone. Elle composa un rapide numéro et après quelques secondes d'attente, on répondit.
« Monsieur Narson, ici Carol. J'ai ici un agent spécial Potter et un détective Malfoy qui désirent vous voir. Qu'en fais-je ? »
Il y eut un blanc puis elle sourit.
« Bien monsieur, au revoir. »
Elle raccrocha et se tourna vers eux.
« Deuxième étage, troisième bureau sur votre droite, dit-elle. Il vous attend ! »
Ils hochèrent de la tête et, dans un même mouvement, se mirent en route. Quand ils arrivèrent au bout du couloir, ils constatèrent rapidement qu'il leur était impossible d'emprunter l'ascenseur vu le nombre impressionnant de personnes qui étaient déjà fourrés dedans. Par dépit, ils bifurquèrent brusquement dans la cage d'escalier.
Quand ils arrivèrent enfin au deuxième, ils soufflaient légèrement. On n'avait pas idée de faire un tel nombre de marches entre chaque étage. Mais pire que tout, Draco semblait épuisé. Pâle comme la mort, il tremblait légèrement et ses paupières avaient tendance à se fermer légèrement.
« Malfoy ? demanda Harry, à côté de lui. Tu ne vas pas t'évanouir, hein ? Pas que ça me dérange, mais je n'ai pas envie de te porter… »
Pour seule réponse, le blond siffla. Il porta la main à sa ceinture et Harry dut se frotter les yeux pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Une étrange courbure de l'espace autour de la ceinture de Draco s'était créée et une rangée de fioles se dévoila. Pendant un instant, le blond tâtonna puis trouva enfin ce qu'il cherchait. Il détacha la fiole et la porta à ses lèvres, avalant son contenu sans aucune hésitation. Aussitôt, il eut un frisson et parut en meilleure santé.
« Je ne vais pas m'évanouir, dit-il. Tu n'as plus rien à craindre pour tes maigres forces. »
Et avec un regard supérieur, il s'avança dans le couloir, s'arrêtant devant la porte à laquelle il frappa. Harry leva les yeux au ciel et le suivit. Certes, il n'aurait pas du lui faire de réflexion quant à l'éventualité déplaisante de le porter, mais merde ! Il avait été assez gentil pour se soucier de lui ! Et puis, depuis quand jouait-il les pauvres hommes insultés et blessés ? Généralement, il affichait une indifférence totale quant à ses sentiments…
'Peu importe, je m'en fiche…'
« Entrez ! », fit Narson, le ramenant sur terre.
Draco poussa la porte et émergea dans le bureau, souriant à l'inspecteur.
« Bonjour monsieur Narson, dit-il à ce dernier, assis à son bureau. Nous aimerions avoir un peu d'aide… »
Le policier haussa un sourcil interrogateur, mais une étincelle de satisfaction brillait dans son regard.
« Que puis-je faire pour vous ? dit-il.
- Il nous faudrait les éventuels dossiers des personnes portant ce nom, » répondit le blond, tendant le papier sur lequel Horace avait écrit plusieurs noms.
En les voyant, Narson écarquilla les yeux puis sourit.
« Fort bien, je vais vous demander ça… »
Il décrocha son téléphone et composa un rapide numéro. Un certain Jerkins répondit et fut prier de 'ramener ses fesses au plus vite', ce qu'il fit. Quinze minutes plus tard, dix dossiers leur étaient tendus.
« Comme la dernière fois, je vous demanderais de les faire photocopier puis de me les rendre, d'accord ? demanda Narson, souriant à Draco.
- Sans problème, répondit ce dernier. Jerkins, me feriez-vous l'honneur une nouvelle fois de m'amener jusqu'à la photocopieuse ? J'avoue ne pas avoir retenu le chemin…
- Avec plaisir, » répondit ce dernier, ses yeux scannant littéralement Draco.
Harry fronça les sourcils. Il n'aimait pas du tout le regard de ce crétin de Jerkins. Et il n'était pas du tout en train d'agir comme un crétin Jaloux.
'Du tout… À peine, en fait. Peut-être un peu… et merde, va te faire foutre, Malfoy !'
Il regarda d'un mauvais œil l'agent et le blond sortir du bureau. Il les entendit parler dans le couloir et souffla. Quand il se tourna vers Narson, celui-ci souriait.
« Alors votre enquête avance ? Demanda-t-il.
- Pas à pas, répondit Harry. Nous commençons à avoir des noms… Et bien entendu, nous ne tarderons pas à rendre visite à tous ces charmants messieurs.
- Bien entendu, répondit Narson. Et avec votre ami détective ? Tout se passe bien ? »
Harry eut un air étonné.
« Pardon ? dit-il. Je ne comprends pas votre question… »
L'inspecteur sembla un instant étonné.
« Oh, désolé, j'ai dû me méprendre, dit-il. Étant donné son comportement, j'ai cru que vous étiez… Enfin que vous n'étiez pas que des amis. »
Harry dut avoir l'air si surpris que Narson éclata de rire.
« Désolé, répéta-t-il. Enfin, maintenant, je sais que vous n'êtes pas ensemble…
- Mais qu'est-ce qui a pu vous faire croire que nous l'étions ! s'étonna le brun, tout en allant s'asseoir sur une chaise, devant le bureau de l'inspecteur.
- Sincèrement ? répondit l'inspecteur. Lui ! Sa manière d'être avec vous, de vous regarder… »
Harry eut l'air un instant perplexe.
« Je ne comprends pas, » dit-il.
Narson eut un sourire moqueur.
« Votre ami… Il ne vous regarde pas avec innocence. En fait, je dirais qu'il vous couve littéralement des yeux. Sans oublier qu'il a la fâcheuse tendance à vous prendre dans ses bras, à vous… comment dire ? Rassurer ? Comme s'il voulait s'assurer que vous alliez bien, à tout moment. Il n'agit pas comme un ami, il agit comme… Et bien, comme un amant. »
Les joues de Harry s'empourprèrent légèrement.
« Et bien… C'est que nous l'avons été, par le passé, dit-il. Ça doit laisser des traces. »
Narson hocha négativement la tête.
« Pas à ce point, répondit-il. Ça pourrait expliquer certains gestes, mais pas son regard. »
Harry voulu répliquer, mais Draco entra au même moment, les dossiers en main. Il déposa les dix originaux sur le bureau de Narson et garda les copies sous le bras.
« Merci beaucoup, monsieur, lui dit-il. Votre aide nous est précieuse…
- Je n'en doute pas, Malfoy, répondit ce dernier. Au fait… Vous allez bien ? Vous êtes pâle comme la mort… »
Aussitôt, Harry tourna la tête dans sa direction pour le regarder. C'était la vérité. Alors qu'il semblait avoir repris du poil de la bête avec la potion, Draco n'avait de nouveau plus l'air en bon état. Il était de nouveau terriblement pâle et sa peau était couverte d'une fine pellicule de sueur. Malgré ça, le blond restait fermement campé sur ses jambes et souriait.
« Tout va bien, dit-il. Disons que… je suis fatigué. Enfin, soit. Nous y allons ? »
Et il se tourna vers Harry, levant un sourcil interrogateur. Celui-ci plissa les yeux tout en le regardant. Il n'avait aucun doute. Les sortilèges utilisés plus tôt dans la journée ne devaient pas être très bons pour la santé. Car à part ça, il ne voyait pas ce qui pouvait mettre Draco Malfoy dans cet état.
« Oui, répondit-il, quand il s'aperçut que le blond s'impatientait. Merci beaucoup, Monsieur Narson et… à bientôt, peut-être.
- À bientôt », répondit ce dernier.
Après lui avoir serré la main, les deux sorciers quittèrent le bureau. Ils croisèrent le dénommé Jerkins qui salua Draco avec une attention qui énerva prodigieusement Harry. Enfin, ils sortirent de nouveau au grand jour.
« J'ai dit à Ginny que nous la rejoindrions au Chaudron, informa le brun, tout en regardant un Draco Malfoy toujours très pâle. On transplane ? »
Le blond ne répondit pas tout de suite, mais finit par hocher de la tête. Deux pops plus tard, ils se retrouvèrent dans l'entrée du Chaudron. Ils toussèrent tous les deux à cause de la fumée des pipes et cigarettes mais ne s'en préoccupèrent pas plus. Après avoir rapidement regardé dans la salle, ils constatèrent que Ginny n'était pas arrivée et décidèrent de demander une pièce à l'écart. Pas qu'ils n'avaient pas envie de se mêler aux autres sorciers, mais ils allaient avoir besoin de calme. Sous le conseil de Tom, le barman, ils se retrouvèrent dans une pièce à l'écart.
Assis l'un en face de l'autre, autour d'une petite table carrée, les dossiers entre eux, aucun des deux hommes ne parlait. Ils se contentaient de se fixer, attendant patiemment que la jeune rouquine arrive. Finalement, agacé, Draco finit par attraper un des dossiers et commença à le parcourir. Ses yeux suivaient attentivement les lignes, descendant le long des pages. Concentré, il ne remarquait même pas le regard scrutateur de Harry.
Malgré les mots de Narson, ce dernier avait peine à imaginer que Draco puisse l'aimer. Certes, il était extrêmement gentil. Certes, il l'aidait, le prenait dans ses bras, le consolait, lui souriait bien plus souvent qu'il ne l'avait jamais fait (même lorsqu'ils étaient ensembles, c'était peu dire !). Mais de là à dire qu'il l'aimait ?
'Et pourquoi pas ? N'est-il pas adorable avec toi ? Ne te montre-t-il pas, d'une certaine manière, qu'il est là, pour toi ? Ne t'a-t-il pas dit qu'il voulait quelque chose de toi ? Et si ce quelque chose, c'était ton cœur ?'
Harry fronça les sourcils. N'importe quoi ! Draco Malfoy ne l'aimait pas. Peut-être, tout au plus, voulait-il son pardon ?
'Et bien tu vas devoir courir, pour l'avoir, blondinet !'
Et sur cette pensée, il afficha un sourire presque méchant.
Au même moment, un coup fut frappé à la porte et une Ginny essoufflée entra, les joues rouges et les cheveux décoiffés.
« Désolée de vous avoir fait attendre, dit-elle. Hermione m'a retenu pas mal… »
Elle lança un regard à un Draco toujours occupé à lire puis se poussa pour laisser rentrer la coupable. Celle-ci, sans même dire bonjour, s'élança jusqu'au blond qui sursauta quand on lui arracha le dossier des mains. Vivement, Hermione lui asséna une gifle retentissante. Choqué, Draco n'émit même pas l'idée de l'engueuler : la jeune femme avait commencé à lui faire la leçon.
« Tu es un malade, Draco Malfoy ! lui dit-elle. Pire qu'un malade, tu es… suicidaire ! »
Harry haussa un sourcil de surprise et lança un regard interrogateur à Ginny. Celle-ci, le visage sombre, lui fit comprendre qu'il n'avait qu'à écouter pour comprendre.
« Oser lancer un tel sortilège, en début de journée ! Que dis-je, un ! Des ! Tu en as lancé deux ! Deux, bordel ! Et en plus de ça, monsieur fait le fier et se pavane dans les rues de Londres, l'air de rien ! Mais tu veux quoi, te faire tuer ?
- Du calme, Granger, répliqua Draco. Je savais ce que je faisais…
- Non, tu ne savais pas ! cria la Hermione. Bordel, ça aurait pu te tuer ! Et ne viens pas dire que même les Mangemorts l'utilisaient. Que Voldemort l'emploie, je veux bien le croire, il avait la puissance pour, mais pas un simple Mangemort, pas sans en perdre la vie ! Et quant à toi ! Mais tu t'es vu ! Tu es pâle comme la mort et ça ne m'étonnerait même pas que tu ne puisses plus faire de magie avant… Trois jours ! »
Harry sursauta, stupéfait.
« Quoi ? dit-il, ébahi. Comment ça, il ne peut plus faire de magie ? »
Hermione et Draco se tournèrent d'un bloc vers lui. Le blond évita son regard tandis que la jeune médicomage soufflait comme un dragon.
« Les sortilèges que cette idiote de Fouine a utilisés ne sont pas fait de magie noire. En vérité, c'est de la magie tout à fait normale, mais ils sont tous les deux interdits, car ils ont comme propriété d'utiliser l'énergie magique de l'utilisateur à tel point qu'il se décharge aussi bien qu'une pile qui alimenterait une télévision ! Plus l'utilisation est longue et plus la magie se désintègre. Il faut plus ou moins une demi-journée à une personne qui s'est servie de ce sortilège pendant une, voir deux minutes. Et d'après ce que Ginny m'a dit, tu t'en es servi un quart d'heure ! »
Elle gifla Draco une seconde fois et celui-ci se leva brusquement. Aussitôt, Harry sortit sa baguette, prêt à protéger Hermione. Mais le blond ne fit rien. À la place, il sortit son étui à cigarette, en sortit une et l'alluma. Comme la première fois que Harry l'avait vu faire, il ne la fuma pas, se contentant de la tenir et de la regarder se consumer seule.
« Écoute-moi bien, Granger, dit-il. Je sais… que c'était dangereux, mais nous n'aurions jamais rien appris de cet Horace si je ne l'avais pas un peu forcé. Alors ne viens pas me faire la morale, d'accord ? Que je sache, le but, c'est de retrouver Guimauve vivant. Et pour cela, nous avons très peu de temps. Alors t'es gentille et tu arrêtes ta crise de mère poule aigue. Que je sache, nous n'avons jamais été amis et même si… (il hésita)… si nous avons un intérêt commun aujourd'hui, ce n'est pas une raison pour me traiter comme… Comme tu traiterais cet abruti de Potter !
- Hé ! protesta ce dernier, vexé de se faire traiter d'abruti.
- La ferme ! répliquèrent Hermione et Draco, occupés à s'affronter du regard.
- Je t'accorde que nous n'avons jamais été amis, Malfoy, répliqua Hermione. Mais je t'apprécie. Et comme tu l'as dit, nous avons un intérêt commun et je sais que tu es le seul qui puisse remplir la dangereuse mission que tu as décidé d'accomplir. Et je sais aussi que tu veux retrouver Guimauve, mais ne peux-tu pas utiliser une technique moins dangereuse. Si je ne me trompe, tu as des potions, sur toi, non ? Tu dois bien avoir du véritaserum ou un truc du genre, non ? Alors pourquoi tu ne l'as pas utilisé ? Ne me prends surtout pas pour une idiote, Malfoy. Je sais que tu étais énervé à cause du comportement de ce crétin d'Harry…
- Hé !! s'écria ce dernier, réellement outré.
- La ferme ! dirent de nouveau Hermione et Draco.
- … Mais ce n'est pas une raison pour te faire ça ! Imagine un peu si, dans la journée, tu as besoin de ta magie ? Tu peux me dire comment tu vas faire ? »
Draco siffla, pour seule réponse.
« J'en ai encore, dit-il finalement.
- Oui, tu en as encore, gronda Hermione. Mais tu as le niveau magique d'un nouveau-né et je doute que tu puisses lancer le moindre sort avec ça !
- Si, j'en suis capable ! s'énerva le blond.
- Et bien prouve-le ! »
Draco ouvrit la bouche. Puis la referma. Il grogna et détourna le regard.
« C'est bien ce qu'il me semblait, dit Hermione. Je sais que je n'ai aucun droit de te faire la morale, Malfoy… Mais… Nous avons un intérêt commun… »
Le blond la fixa un long moment et il finit par hocher de la tête. Visiblement, le fameux intérêt était suffisamment important que pour l'apaiser.
« Très bien, Granger, dit-il. Mais ne me gifle plus jamais ! »
La jeune femme poussa un long soupir et lui fit un grand sourire. Puis, à l'étonnement total de Harry et de Ginny, elle serra Draco contre elle. Ce dernier resta un long moment immobile, déstabilisé, puis lui tapota l'épaule.
« C'est bon, Granger, tu en fais trop, là ! »
La jeune femme rit et s'écarta de lui.
« Sans doute, oui, mais nous avons…
- …Un intérêt commun, je sais, coupa Draco, détournant le regard. Mais ne me prends pas pour ton frère ou pour ton ami… pour ça, il nous faudra plus de temps. »
Hermione leva un sourcil amusé.
« Cela veut-il dire que le grand Draco Malfoy accepte de devenir l'ami d'Hermione Granger, la Sang-de-bourde ? »
Le blond rougit et Harry en fut plus étonné encore que par la discussion qui venait de se dérouler sous ses yeux.
« Ce serait avec plaisir, répondit finalement l'ancien Serpentard, tout en tendant la main.
- Marché conclu, alors », dit Hermione, la lui serrant.
Ils échangèrent un sourire que Harry qualifia en lui-même d'effrayant.
« Hem, intervint Ginny. C'est bien beau, tout ça, Hermione, mais tu ne devais pas lui donner quelque chose ?
- Ah, si, où avais-je la tête ! s'exclama la jeune femme. Bois ça ! »
Elle tendit une fiole violette à Draco qui ne fit pas mine de la prendre.
« Merci, Granger, mais je ne t'ai pas attendue. J'en ai déjà pris une… Et l'effet est encore trop présent pour que je puisse en boire une seconde. »
Hermione eut une moue mais hocha de la tête, rangeant sa fiole.
« Comme tu veux, dit-elle. Alors je vais vous laisser. Si vous avez besoin de moi pour soigner un autre bobo, n'hésitez pas à m'appeler. J'aimerais vous aider plus encore, mais malheureusement, le travail n'attend pas. Et toi, Malfoy, si Ginny me raconte encore une fois que tu as utilisé ce satané sortilège…
- Tu viendras me montrer que ta connaissance en sortilèges de torture est très élaborée, je n'en doute pas, » se moqua Draco, lui faisant un clin d'œil presque charmeur.
Hermione rit et Harry se retint de lever les yeux au ciel. Non mais ils lui faisaient quoi, là, les deux nouveaux 'amis' ?
« Bon, Hermione, tu t'en vas ? grinça-t-il, faisant sursauter sa meilleure amie. Je pense que Ron et toi déjeunez ensemble tous les jours, non ? »
Hermione plissa les yeux un instant, pensive. Elle finit par sourire d'un air amusé et Harry se sentit rougir. Dans le regard de sa meilleure amie, il lisait quelque chose qu'il refusait de penser.
'Ce n'est pas beau d'être jaloux, Harry…'
Il frissonna et lui tourna le dos. Il n'était pas jaloux. Ou s'il l'était, ce n'était pas de sa relation avec Draco. Pas du tout ! Non, non, du tout !… Ou peut-être un peu ? Il dut se mordre la langue pour ne pas hurler toutes les insanités qu'il connaissait.
« Bref, dit Hermione, le faisant sursauter. Harry a raison, Ron va m'attendre. Bonne chance. Et n'hésitez pas à m'appeler… Oui, je sais, je me répète et alors ? »
Elle tira la langue à la personne à qui elle parlait puis, avec un signe joyeux de la main, transplana. Son départ laissa une ambiance lourde et pleine de colère. Ginny, consciente de l'animosité entre le blond et Harry, alla s'asseoir à la table, non sans mettre une certaine distance entre elle et les deux nouveaux collègues. Elle prit un dossier et commença à le feuilleter. Draco reprit lui aussi sa lecture après s'être assis, l'air de rien.
Planté devant la table, Harry fixait les deux autres avec incertitude. Une partie de lui s'écriait qu'il ne devait surtout pas faire ce à quoi il pensait. Mais un autre morceau de sa tête, au contraire, l'encourageait. Et il le faisait bien.
'Ce sale petit con arrogant n'arrête pas de fraterniser avec tes amis, il te tourne en ridicule depuis ce matin, il te fait tourner en bourrique, il fait croire à tout le monde qu'il y a quelque chose entre vous et toi, tu ne fais rien ? Merde, réagis, Potter !'
Dans une autre circonstance – s'il avait été de bonne humeur, par exemple – Harry n'aurait pas suivi cette partie si idiote de lui-même qui lui soufflait d'emmerder Draco Malfoy. Dans une autre circonstance, il aurait été ravi de constater que le blond s'entendait bien avec sa meilleure amie, qu'il faisait preuve d'une maturité absolument extraordinaire et surtout qu'il était une aide précieuse.
Mais il n'était dans d'autres circonstances. Et même s'il savait que c'était particulièrement gamin, il n'en pouvait rien. Il était fou de rage. L'entente entre Draco et Hermione (et puis d'abord c'était quoi, cet intérêt commun qu'ils n'arrêtaient pas de citer ? Ne pouvaient-ils pas parler clairement ?), les sous-entendus, l'angoisse, les échanges du matin… Rien ne l'aidait à se calmer et même s'il savait que c'était idiot, il ne put se retenir d'arracher le dossier des mains de Draco. Celui-ci leva un regard étonné, puis reprit une expression plus blasée qui acheva la bonne volonté de Harry déjà bien étranglée par la mauvaise humeur.
« Un problème, Potter ?
- Oui, j'ai un problème, répliqua ce dernier. C'était quoi, ce petit numéro avec Hermione, hein ? Tu veux te la faire ou quoi ? »
Ginny leva le nez de son dossier en glapissant d'étonnement. Draco, lui, écarquilla les yeux puis – grave erreur du point de vue de Harry – ricana.
« Et alors, Potter ? On est jaloux ? Ou alors tu aimerais peut-être que je te laisse me prendre dans tes bras comme ta meilleure amie ? Tu aimerais peut-être savoir exactement ce que sont les sortilèges que j'ai lancé ? Tu aimerais savoir comment me soigner ? Pire, tu aimerais être Hermione Granger, parce que mes relations avec elle, bien qu'un poil gâchées par mon comportement passé, se passent mieux que les nôtres ? Ou alors tu joues simplement les cons parce que tu n'as pas eu ta dose de sexe ce matin et que tu es frustré ? »
Le mouvement de Harry fut rapide. Il y eut un sifflement, Ginny poussa un cri et la chaise sur laquelle était Draco explosa. Heureusement, celui-ci avait bondi juste à temps. Debout près de la rouquine, il fixait Harry d'un air stupéfait. Le brun, essoufflé, tenait toujours sa baguette étroitement serrée dans sa main alors que la chaise brûlait lentement.
« Harry, mais tu es fou ? » s'exclama Ginny, mi-étonnée, mi-terrifiée.
Celui-ci ne lui répondit pas. Une immense culpabilité le secouait et il tourna la tête vers Draco avec hésitation. Celui-ci, comme un peu plus tôt, avait de nouveau allumé une cigarette qui se consumait sans qu'il la fume.
« Et bien, dit-il. Voilà qui est révélateur… Il est temps pour moi de m'en aller… »
Ginny le fixa avec surprise et Harry en laissa tomber sa baguette.
« Quoi ? dit-il.
- Tu m'as bien entendu, Potter, dit-il. Je rentre chez moi. Les sortilèges de ce matin m'ont épuisés et j'ai besoin de me reposer. Je vais donc rentrer dormir et si tu n'es pas content, continue donc cette enquête tout seul, comme le preux Auror que tu es censé être. Je vous retrouverais plus tard, là, je suis gavé. »
Et sans attendre son reste, il transplana, laissant derrière lui une odeur de menthe et de tabac. Planté au milieu de la salle, Harry grogna, faisant frissonner Ginny.
« Emporte les dossiers chez toi, lui dit-il. J'ai besoin… de décompresser ! »
Et il quitta la pièce à son tour, sa rage de nouveau en lui.
oOooOooOo
Crétin de Malfoy ! Stupide blondinet qui se sentait toujours obligé de faire le malin, de le rabaisser ! Et devant Ginny, en plus ! Une amie ! Une collègue ! Mais bon sang, pour qui se prenait-il ? Comment osait-il se moquer ainsi de lui ? Alors que lui… Lui, il espérait encore tellement…
Ce n'était pas tant contre Malfoy qu'il était en colère, mais bel et bien contre lui-même. Lui, qui espérait encore. Lui qui essayait encore d'y croire. De croire qu'un jour, son vieux rêve d'amoureux transi se réaliserait. Malfoy et lui. Draco et Harry. Drarry, comme s'était moqué Dean, lors de leur dernière année. Et pourtant, c'était irréalisable. Le blond était amoureux de quelqu'un, et vu son comportement de la journée, il était idiot de croire que c'était de lui… Bon, il l'avait cherché, aussi, mais… Mais il n'était pas en état d'admettre ses erreurs. Il était en état de faire des bêtises et c'était la raison pour laquelle il avançait le long des couloirs du Ministère d'un pas rageur. Il savait exactement où il allait et il savait qu'il le regretterait. Mais il en avait besoin, tellement besoin !
Il n'hésita même pas une seconde avant de pousser la porte des recensements. Derrière son bureau, Blaise sursauta. Il manqua de peu de renverser son encrier, mais il le rattrapa avec une dextérité étonnante. Harry ferma la porte derrière lui et la boucla aussitôt. Peu importe qui pourrait rendre visite à Blaise. Personne n'en avait autant besoin que lui !
« Potter ! grogna le jeune homme, l'air agacé, tout en essuyant sa plume. Je peux savoir pourquoi tu surgis brusquement dans MON bureau ? »
Pour seule réponse, Harry se dirigea vers lui. Il contourna le bureau et, poussant un peu la chaise sur laquelle Blaise était assis, s'installa sur les genoux de ce dernier.
« Je pensais que tu n'avais rien contre l'idée de prendre un peu de bon temps… Maintenant… »
L'homme en face de lui écarquilla les yeux puis sourit. Il leva les mains et les passa le long de son dos, avec envie.
« Décidément, Potter… Tu es plein de surprise ! Je ne pensais pas te revoir avant des mois, comme d'habitude ! »
Harry se contenta de l'embrasser. Il eut vaguement la sensation de tromper Draco, mais cette impression le rendit plus coléreux encore et il s'acharna à déshabiller Blaise avec plus de force encore. Il voulait chasser l'image de cette peau blanche, de ses yeux gris et de ses cheveux blond clair à jamais. Il voulait quitter cette envie qu'il avait. Cette envie qui ne l'avait jamais quittée, malgré la douleur, malgré les années.
Les lèvres se cherchaient avec une frénésie qu'ils avaient souvent, dans leur rapport. De tous ses amants, Blaise était le plus chaud, raison pour laquelle il l'avait précieusement gardé. Raison pour laquelle il était là.
Le souffle leur manquait déjà quand l'employé du Ministère le renversa sur son bureau, envoyant valdinguer les encriers, plumes et autres papiers. Harry le sentit défaire ses vêtements, mais il était bien trop occupé à détacher le pantalon de son amant pour s'en préoccuper. Un gémissement lui échappa quand il sentit la main de Blaise sur son sexe. Il se hâta plus encore de défaire la dernière attache et le libéra à son tour. Au-dessus de lui, l'homme se redressa et lui sourit.
« C'est un coup à la va-vite, que tu veux ?
- C'est ton sexe, que je veux, rien d'autre, alors ta gueule et viens ! »
Si son amant fut surpris de sa précipitation, il n'en montra rien. À la place, il lui enleva totalement pantalon et sous-vêtement et lui écarta les jambes. Harry se mordit la lèvre puis renversa la tête en arrière en le sentant s'introduire en lui, après un simple sortilège de lubrification. Une fois encore, l'image de Draco s'imposa à son esprit et il donna un coup de hanche rageur. Blaise gémit et suivit son mouvement avec tout autant de violence.
Une boule d'angoisse dans la gorge, Harry noua ses jambes autour de la taille de Blaise et serra son étreinte de toutes ses forces. Il donna des coups de reins vifs et rapides et son amant haleta.
« Mais tu veux ma mort ! » geignit Blaise, s'échinant à suivre son rythme.
Harry répondit par un gémissement suppliant. Il ne voulait pas sa mort à lui. Il voulait celle de son envie, de son amour pour un homme inaccessible. La pression dans sa poitrine enfla et il gronda, essayant de l'ignorer. À la place, il se redressa en position assise, s'aidant de ses bras, pour ensuite forcer Blaise à venir plus près de lui.
« Je veux que tu me baises plus fort, chuchota-t-il à son oreille. Prends-moi mieux, merde ! »
Blaise hoqueta d'étonnement, mais il répondit à sa demande. Les mouvements accélérèrent et à ce rythme, ils ne tinrent pas longtemps.
Quand vint la jouissance, Harry cria et ferma les yeux de toutes ses forces pour essayer d'ignorer l'image de Draco qui continuait de le poursuivre. Il griffa méchamment Blaise mais ne s'en inquiéta pas. Celui-ci ne le remarqua même pas, dans son extase. Ce ne fut que quelques minutes après qu'il aperçut les rainures rouges sur ses bras.
« Espèce de teigne, dit-il, l'air chagriné. Regarde ce que tu m'as fait ! »
Harry ouvrit deux yeux fatigués et haussa les épaules.
« Et alors ? dit-il. Ça te laissera un souvenir, ainsi… »
Il le força aussitôt à se décaler et se leva. Tournant la tête à gauche et à droite, il finit par trouver son pantalon et son boxer. Une de ses chaussures était tombée dans leur précipitation et il s'étonna d'en avoir gardé une. Plutôt que de s'en plaindre, il alla ramasser ses affaires et entreprit de se rhabiller. Assis sur son bureau, Blaise n'eut qu'à rattacher son pantalon.
« Tu m'as sali, en plus, dit-il, tout en passant une main sur ses vêtements.
-Un simple sortilège et s'est réglé, grogna Harry. Je ne vois pas de quoi tu te plains ! »
Blaise siffla alors qu'il enfilait toujours son pantalon. Il le ferma et se tourna vers lui. Son amant rit.
« Et bien… On ne peut pas douter que tu as pris du bon temps, Potter… »
Harry figea un instant puis passa une main dans ses cheveux, essayant de les aplatir. La honte qu'il ressentait était plus grande que jamais.
« Tu vas rentrer chez toi ? demanda-t-il.
- Pas le choix, répondit Blaise. Même si un sortilège de nettoyage effacerait les traces que tu m'as laissé, je préfère éviter de donner des indices à mes éventuels visiteurs. Or, ni ma coiffure ni le froissement de mes vêtements et encore moins l'odeur ne laisse planer de doute.
- Je peux venir avec toi ? demanda Harry. J'ai besoin d'une douche… »
Son amant hocha de la tête.
« La prendrons-nous ensemble ? »
Il voulut répondre non. La honte était déjà si grande… Mais pas suffisamment pour éteindre sa colère et son envie.
« Tu poses la question ? »
Blaise rit.
Quand il se retrouva pressé entre lui et le mur, Harry pensa vaguement que si Draco apprenait ça, il aurait peut-être une chance de savoir si oui ou non, son ancien petit ami avait encore des sentiments pour lui. Mais une partie lucide de lui-même ordonna aussitôt le silence sur cette affaire. C'est sur cette promesse qu'il se laissa emporter par les mouvements de va-et-vient de Blaise.
oOooOooOo
La nuit était tombée depuis longtemps, quand Harry se décida à s'arracher de l'appartement de Blaise et de son désir. Les cheveux encore humides d'une douche qu'il avait dû reprendre suite à un certain laisser-aller, il avait décidé de rentrer chez Draco à pied. Draco qui, il le savait, devait attendre ses excuses. Excuses qu'il retournait encore et encore dans sa tête. Mais qu'était-il censé lui dire exactement ?
« Oui, j'ai été jaloux de ta manière d'être avec Hermione, oui, j'ai été frustré qu'on ait rien fait ensemble…Mais la vérité, Draco, c'est que je t'aime toujours, que je suis terrorisé par ta gentillesse car je ne veux pas t'aimer plus encore et je sais que ce serait possible. Je sais que tu ne m'aimes pas, même si une partie de moi le souhaite et je sais que je vais avoir le cœur brisé. Alors je me comporte comme un minable dans l'espoir que tu te montreras plus minable encore et que, ainsi, je finirais par te haïr. Peux-tu me pardonner ? »
Rien qu'à l'idée de lui déballer de telles âneries, il en était mortifié. Et surtout, il n'osait même pas imaginer la réaction de Draco.
Alors qu'il tournait au coin de la rue, pourtant, il fut sorti de ses pensées par une clarté anormale et surtout, par une agitation qu'il ne comprenait pas. Levant les yeux, il aperçut des voitures de pompiers, des gens qui hurlaient et couraient et… et l'immeuble de Draco en train de brûler. Un halètement lui échappa et il courut dans sa direction, hypnotisé par les hautes flammes qui léchaient le béton et les fenêtres. Au pied de l'immeuble, les pompiers tentaient désespérément de calmer l'incendie, sans succès. Il ne put même pas approcher à plus de dix mètres. La chaleur était insupportable et la police l'empêcha d'avancer.
« Vous ne pouvez pas passer, monsieur, dit l'agent, face à lui. L'incendie est beaucoup trop violent, tant que le périmètre n'est pas sécurisé, vous…
-Ta gueule, crétin ! jura-t-il, tout en sortant sa plaque. Bordel, j'habitais provisoirement chez un ami qui vivait dans cet immeuble ! Laissez-moi passer immédiatement ! »
L'agent sembla un instant impressionné par sa plaque, mais il se ressaisit.
« Navré, monsieur, mais non. Que vous soyez agent spécial ou non, vous ne passerez pas. Si votre ami vivait dans cet immeuble, alors il a peut-être été évacué. Si c'est le cas, vous le trouverez dans l'église, au bout de la rue… »
Harry tourna la tête dans la direction indiquée et partit en courant. Il entendait les cris des gens, des pompiers. Les explosions et les craquements… Mais surtout, il entendait son cœur battre désagréablement dans sa tête. La peur qui le broyait était au moins aussi forte que celle qu'il avait ressentie en découvrant sa maison vide, sans aucune trace de Guimauve. Terrorisé, il entra avec brusquerie dans l'église, faisant sursauter les secouristes qui étaient occupés à soigner les personnes qui y étaient réfugiée. Sans attendre, Harry saisit un des hommes inoccupés.
« Excusez-moi, monsieur, dit-il. Je… Un de mes amis vivaient là-bas et je… Enfin, je ne sais pas où il est.. Draco Malfoy. Il est blond, assez bien foutu… La peau blanche et… Enfin… Vous ne sauriez pas… ? »
Le secouriste le fixa un petit moment et posa une main sur son épaule.
« Calmez-vous, monsieur, respirez… Venez, asseyez-vous là… vous êtes visiblement sous le choc. Comment avez-vous dit qu'il s'appelait, votre ami ?
- Draco… Draco Malfoy », répondit Harry, respirant avec difficulté.
Le secouriste sortit une liste de sa veste et commença à la parcourir des yeux. Il les leva enfin vers Harry et sourit.
« Soyez tranquille, monsieur, dit-il. Normalement, il devrait être ici… Il a été qualifié de blessé mineur, malgré les brûlures qu'il avait… En outre, une femme est venue le soigner… un médecin qu'on ne connaît pas, mais bon. Il paraît que c'était son médecin personnel… Bref, vous devriez le trouver dans cette église. »
Face à ses renseignements, Harry se leva d'un bond. Draco allait bien. Il était juste un peu brûlé. Et une femme – sans doute Hermione – était venue le soigner. Il était sans doute encore ici ! Sans attendre, pressé de retrouver son ami – pour ne pas penser amant – Harry tourna la tête dans tous les sens. Il ne croisa que des regards angoissés, mais pas celui qu'il cherchait. Marchant parmi les bancs, il finit par apercevoir une tignasse brune qu'il connaissait près du confessionnal.
En quelques pas, Harry fut sur eux. Il poussa un gémissement en apercevant Draco. La joue droite de ce dernier était noircie par les flammes et une partie de son bras et de sa jambe gauche venait d'être bandée par une Hermione attentive. Sans même faire attention à son amie, Harry se laissa tomber à genoux près d'eux et attrapa Draco par le devant de sa chemise pour le plaquer contre lui. Il sentit que ce dernier était crispé et il en ressentit une autre vague de peine et de culpabilité. Pourtant, après quelques secondes, le bras gauche du blond s'enroula autour de sa taille et il sentit un baiser être déposé sur sa joue.
« Allons, Potter, dit-il. Non content de m'avoir lancé un sortilège plus tôt dans la journée, il faut que tu appuis sadiquement sur mes brûlures quand tu me retrouves… »
Harry glapit et s'écarta aussitôt.
« Oh, merde ! dit-il. Désolé ! »
Draco rit légèrement et s'appuya de nouveau contre la porte du confessionnal.
« T'inquiète, Potter, dit-il. Je ne le pensais pas. Content de voir que tu t'es inquiété, même si je redoute d'apprendre qu'en fait, tu es juste déçu de me voir en vie…
- Ne dis pas n'importe quoi, Draco, fit remarquer Hermione, tout en étendant une crème à l'odeur douteuse sur l'épaule droite également noircie. Harry ne penserait jamais ça, n'est-ce pas, Harry ? En fait, il s'est inquiété car il voulait avoir la possibilité de te présenter ses excuses avant que tu ne meures… N'est-ce pas, Harry ? »
Celui-ci rougit terriblement. Les fameuses excuses.
« Heu… dit-il, mal à l'aise. Oui, je… je suis désolé. »
Il vit dans le regard du blond que ce dernier attendait plus encore, mais il ne dit rien. Il était incapable d'expliquer ses actes. Déjà seul face à lui, il doutait qu'il y soit arrivé, mais avec Hermione, ça lui était impossible. Surtout qu'il était persuadé qu'elle savait absolument tout !
« Bref, dit cette dernière. Maintenant que Harry est là, tu vas pouvoir m'expliquer ce que c'est que cet incendie ? »
Draco grogna, visiblement mécontent.
« Quoi ? s'exclama Harry. Ce n'est pas… un accident ?
- Un accident ? rit Hermione. Alors ça, vu la dose de magie que ça a dégagé quand le feu s'est déclaré, j'en doute ! »
Draco, toujours appuyé contre le confessionnal, leva les yeux au ciel.
« C'était contre moi, dit-il. Contre moi uniquement… Je… Je ne suis pas censé être ici, normalement. »
Hermione et Harry échangèrent un regard perplexe.
« Comment ça ? » demanda le brun.
Draco sembla mal à l'aise et hésita à croiser son regard.
« Tu as lu ce qu'il s'est passé avec les Ronori, n'est-ce pas ? dit-il. Le fait que j'ai souvent mis des scroutts dans les capes du clan, que j'ai eu plusieurs affrontements avec eux et j'en passe…
- Oui, répondit Harry, attentif. Et alors ?
- Alors depuis trois ans, le ministère de la Magie d'Australie a commencé une longue série de procès à leur encontre. Procès où certains membres du clan ont été condamnés et d'autres… relâchés. Actuellement, c'est le procès contre le chef du clan, le plus important de tous, qui se prépare. Celui de Ronori Père. Et je suis le principal témoin à charge. De ce fait, les autres membres de la famille ont décidé de me faire taire avant que j'aie pu témoigner. On m'a donc demandé de m'éloigner, le temps qu'on ait besoin de moi, ce qui ne devrait pas arriver avant… au moins deux à trois semaines. Je suis venu ici, aussi stupide que cela soit. L'Angleterre est beaucoup trop évident. Je les ai égarés vers d'autres pistes et je suis venu me réfugier dans mon pays natal. Si je ne faisais pas trop de vague, je n'étais pas censé être découvert… »
Hermione poussa un soupir.
« Les sortilèges de ce matin, dit-elle, l'air chagrinée. Lorsque tu les as lancé…
- Oui, coupa Draco. Lorsque je les ai lancé, je leur ai indiqué ma position. J'ai moi-même sonné l'alerte et maintenant, ils sont là. »
À genoux près de Draco, Harry écarquilla les yeux.
« Tu savais qu'ils le sentiraient, non ? dit-il. Pourquoi, bordel, pourquoi tu as lancé ces sorts ? »
Draco eut un léger rire tout en le regardant.
« Je suis censé retrouver Guimauve, non ? dit-il, regardant Harry dans les yeux. Alors… C'est ce que j'essaye de faire, tout simplement. »
Le brun eut un hoquet et il sentit une vague résistance s'effriter en lui. Par les couilles de Merlin, comment pouvait-il croire une seule seconde qu'il ne pouvait pas tomber plus amoureux de Draco Malfoy quand ce dernier lui lâchait des trucs pareils ?
À suivre…
Vous avez le droit de lapider Harry…
Vous avez le droit d'essayer de lui piquer Draco…
Mais ne frappez pas l'auteur, d'accord ? L'auteur ne fait que créer des ennuis aux héros, histoire que l'histoire ne soit pas aussi ennuyeuse qu'un trottoir ! loll
Sur ce, place aux réponses Globales… En avant !
-En fait, si, je connais la fin de l'histoire, bien qu'en fait, Guimauve ait deux fins et que j'hésite toujours entre les deux (elles finissent toutes les deux bien, je vous rassure). Je choisirais le moment venu !
-Que ce soit clair : Vos théories, aussi abracadabrantes qu'elles soient, ne me dérangent JAMAIS ! Au contraire, j'adore ça. Pas pour me moquer de vous, même si parfois, ça me fait bien rire, mais pour voir si j'ai réussi à vous embrouillez comme je le désirais. Pour voir si, oui ou non, je ne vous ai pas indiqué la réponse en fluo (ce serait une catastrophe, vraiment !). Ainsi, surtout, ne vous gênez pas !
-Alors, Non, je n'ai pas lu Harry Potter 7, mais je sais tout ce qui s'y passe. Sachant que je ne pouvais pas éviter les commentaires évasifs de certains d'entre vous ou encore les pseudos évocateurs sur msn, j'ai préféré m'en informer plutôt que de grogner dans mon coin. Cependant, dans un souci de garder la surprise à ceux qui désirent la garder, je ne dirais pas le moindre mot sur ce tome. Ceux qui veulent s'entretenir de ce sujet avec moi ont tous les droits de m'envoyer un mail.
-Non, il n'y a aucun lien entre Guimauve et Draco. Guimauve est le fils de Harry et de cette moldue.
-Le comportement assez… fort, de Draco a une raison particulière qui ne sera expliquée à la fin (et cela, quelle que soit la fin que je choisi de faire ! loll)
-Merci pour les compliments sur Kisetsu.
-J'ai relu l'entièreté de la fic et je ne trouve pas que le comportement de Guimauve ne corresponde pas à son âge. Il n'a que cinq ans, mais il n'en est pas moins stupide. Cependant, merci de la remarque, car une scène futur allait lui donner une maturité qui ne convenait pas à son âge. Scène que j'ai dé lors révisé.
-Le stand où j'étais étant placé juste à côté du Troisième Œil, il est possible que je sois passée inaperçue pour ceux et celles qui désiraient me voir. Désolée (smile).
-Harry est assez vulnérable, du fait qu'il a réellement peur, pour Guimauve. Pire, il est terrorisé. Il ne s'est pas rabaissé devant Draco, il lui a juste demandé de l'aider, à sa manière. En outre, il n'y a rien d'humiliant à demander l'aide d'une personne en qui on a confiance et quoi qu'en dise Harry, il fait énormément confiance à Draco, même plus qu'il ne veut se l'avouer.
Et voilà pour les réponses. J'espères que cette suite vous a plu et je vous dis à.. Dans un mois, comme d'habitude !
Bisous à tous !
