La première fois que vous me le dites…
°°°°° Gilbert Arthur Grissom, voulez-vous prendre Sara Sidle ici présente pour épouse, l'aimer, la chérir et l'accompagner dans la joie comme dans la tristesse, dans la maladie comme dans la santé, jusqu'à ce que la mort vous sépare.
G : Je le veux.
Et vous Sara Sidle, voulez-vous prendre Gilbert Arthur Grissom ici présent pour époux, l'aimer, le chérir et l'accompagner dans la joie comme dans la tristesse, dans la maladie comme dans la santé, jusqu'à ce que la mort vous sépare.
S : Oui, je le veux.
Je vous déclare mari et femme. M. Grissom, vous pouvez embrasser la mariée.°°°°°
Sara Sidle était venu donner son rapport à Grissom. En toquant à la porte, pas de réponse de celui-ci. Sara pensa qu'elle n'avait peut-être pas entendu la permission d'entrer alors elle ouvrit doucement et lentement la porte, afin que Grissom lui dise de refermer et de ne pas le déranger s'il le désirait. Pas de plainte, Sara entra alors dans la pièce et retrouva curieusement Grissom allongé dans son sofa, en train de dormir.
« Mmm, S'ra… ».
Elle allait sortir du bureau et refermer délicatement derrière elle pour ne pas le réveiller lorsqu'elle entendit Grissom gémir. Il semblait à Sara avoir entendu Grissom prononcer son nom… L'avait-elle réveillé ? L'appelait-il pour qu'elle se rapproche ? Sara hésita quelques secondes et observa Grissom un moment. Peut-être avait-elle mal entendu ? Elle allait sortir pour de bon cette fois lorsqu'elle entendit une nouvelle fois.
« Sarammm… mmm »
Cette fois, pas de doute, elle avait bien entendu son nom. Grissom était endormi et parlait dans son sommeil. Visiblement il rêvait de Sara. Sara ne savait pas quoi faire. Elle ne voulait pas qu'il la surprenne dans le bureau à ses côtés si jamais il se réveillait, alors elle pensait que le mieux serait de le laisser dormir. Seulement la curiosité était très forte. A quoi pouvait bien rêver Grissom pour gémir son nom ? Curieux…
« Je t'… mmm. »
Sara fut très surprise et l'adrénaline monta d'un coup, son cœur s'embala. Avait-elle bien entendu ? Pouvait-elle interpréter ce qu'elle avait entendu tel qu'elle aimerait l'interpréter ? Elle avait lu dans un magazine que les gens qui parlent dans leur sommeil sont dans une période de fatigue inhabituelle dû à une activité importante du cerveau. En d'autres termes, Grissom ne devait pas avoir beaucoup dormi ces derniers temps et devait être fatigué. La preuve en était qu'il dormait dans son bureau après le service, chose qui ne lui était jamais arrivé avant, à sa connaissance toujours…
Sara avait lu également que lorsque les personnes parlaient dans leur sommeil, il était possible qu'elle soit à demi consciente de ce qui les entourait et qu'il était possible de leur parler doucement et d'avoir une conversation inconsciente, mais il fallait prendre garde à ne pas réveiller l'être endormi, car son sommeil était fragile pendant cette période. Sara mourrait d'envie de tenter de parler avec Grissom dans son sommeil, pour vérifier la théorie avancée, simple curiosité scientifique, rien de plus… Elle murmura doucement :
« Je t'aime. »
Il n'y eut pas de réponse, mais Grissom remua les sourcils, comme si que quelque chose venait perturber son sommeil... et pour cause ! Sara attendit quelques secondes le temps de voir les traits du visage de son patron se détendre à nouveau et susurra :
« Je t'aime. »
« Mmmm… je t'aim'aussi, Honey. »
Sara ne pouvait pas le croire ! Elle resta bouche bée un moment, elle mit du temps avant de reprendre ses esprits. Elle ne savait pas si ce que venait de dire Grissom l'attendrissait plus que ça ne l'avait rendu nerveuse. Faisant un pas maladroit vers Grissom, elle sut que la réponse de Grissom l'avait destabilisée. Des larmes de bonheur vinrent perler ses yeux, elle était émue. Elle avait envie de s'approcher de Grissom et de déposer un chaste baiser sur ses lèvres, rien que pour voir l'effet que cela faisait après une telle déclaration… Elle hésitait parce que ce doux contact bien que très léger pourrait réveiller son patron, et dans quelle situation embarrassante se retrouverait-elle alors !
Oh, ce n'était décidément pas juste. Elle aimait profondément cet homme, elle désirait plus que tout au monde voir Grissom faire enfin un pas vers elle, commencer une relation ensemble, mais elle ne pouvait pas forcer la main de cet homme qui, comme il l'avait dit lui-même, était incapable de mettre tout ce qu'il a construit en péril pour entamer une relation amoureuse, malgré ses sentiments forts et profonds.
Sara savait depuis un certain temps que Grissom l'aimait, il l'avait dit indirectement au Dr. Lurie, mais en revanche, lui ne savait pas qu'elle avait tout entendu et il avait choisi de continuer de garder le silence depuis. Et là, son subconscient faisait savoir que ses sentiments n'avaient pas changé, qu'ils étaient bien là.
Ces pensées commençaient à rendre triste Sara. Quant à Grissom, il avait légèrement bougé, indiquant qu'il dormait toujours mais inconfortablement à ne pas en douter dans son canapé… Sara, tête baissée choisit de sortir, c'était ce qu'il y avait de plus raisonnable.
°°°°° Sara riait à gorge déployée alors que Grissom la portait dans ses bras pour lui faire passer le seuil de la porte, comme le souhaitait la coutume. Lui aussi riait, ils étaient heureux. Enfin seuls, la cérémonie et la fête de mariage s'était bien passé. Il avait un peu bu et était de ce fait joyeux. Ouvrant tant bien que mal la porte d'entrée de leur suite nupciale. Grissom entra, ses bras tenant fermement sa femme. Il se dirigea vers le lit pour la déposer délicatement sur l'édredon.
-Ça te plaît, Honey ?
-Oh oui, c'est tout à fait ce dont j'imaginais pour nous.
-Veux-tu une petite coupe de champagne en privée avec ton mari ?
Sara rit et fit signe à son mari – que ça faisait drôle de penser que Grissom dorénavant son mari – de s'approcher. Grissom ne se fit pas prier et reposa la bouteille de champagne dans le seau à glace. Il s'apprêtait à embrasser tendrement Sara. Il s'approcha du lit aussi délicatement qu'un félin tentait de se rapprocher de sa proie sans que celle-ci ne s'en rende compte. Il regardait amoureusement Sara, ses mains se déposèrent doucement autour de sa taille. Sara. Il ne se lassait pas de penser ce nom et d'en faire usage dans sa tête. Il en aimait la sonorité, il aimait incontestablement ce qu'il représentait : aujourd'hui il était marié avec Sara. C'était l'un des plus importants jours de sa vie…
Grissom se pencha pour déposer un tendre baiser sur les lèvres de sa femme. Sara l'attendait avec envie, il le voyait à ses yeux et à son sourire. Ils avaient besoin de resserrer leur contact. Il se pencha tout doucement vers elle. Il pouvait sentir la chaleur de la peau de Sara avant même de la toucher.
Lorsque Grissom embrassa sa femme, le contact fut magique, il sentit des petits fourmillements de plaisir sur la commissure de ses lèvres, de délicieux picotements qui peu à peu se faisait plus intense, le poussait à intensifier le contact, à continuer de plus belle, de plus en plus passionnément. II avait l'impression que ce baiser était particulièrement agréable : serait-ce parce qu'il était particulièrement heureux et amoureux aujourd'hui ? °°°°°
Si seulement il pouvait se rendre compte que Sara était réellement en train de l'embrasser délicatement…
Sara n'avait pas su résister à la tentation et s'était approché avec précaution de Grissom pour goûter au moins une fois à ses lèvres charnues et si tentantes. Elle fut troublée de constater que Grissom répondait à son contact. Il semblait non seulement avoir envie de le recevoir, mais également de le donner. Il l'embrassait inconsciemment. Sara avait eu l'intention de déposer simplement un baiser sur ses lèvres mais avait des difficultés à rester raisonnable et à savoir s'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. C'était si enivrant, si désiré, si agréable et si interdit et dangereux à la fois.
Elle choisit qu'il était temps d'arrêter de jouer avec le feu parce qu'elle se faisait du mal, même si la sensation était très agréable sur le moment. Elle se releva doucement et quitta la pièce sans faire de bruit, et en faisant comme si elle n'y avait jamais mis les pieds, si elle le pouvait…
Grissom se réveilla en douceur sitôt que Sara disparut. Après un court moment de reprise de conscience, il porta sa main droite sur sa bouche et frotta ses doigts sur ses lèvres avec douceur. Elles étaient chaudes et il ressentait toujours ses agréables fourmillements : qu'il aimait son doux rêve et cette sensation plus vraie que nature au réveil. Il avait parfois des envies de courage comme à cet instant où il voulait se donner une chance avec Sara, où il ressentait qu'elle était la femme qui lui convenait tout à faite. Mais ces braves pensées étaient de courte durée, il se sentait lâche car il savait que ce baiser ne resterait qu'un doux rêve, car lui ne se sentait pas à la hauteur des espérances de la jeune-femme et il avait peur de l'échec.
Voilà bien la seule chose dont le Dr. Grissom ne voulait pas tenter l'expérience. Et si…
