Voici la suite de cette belle aventure ! Merci beaucoup d'y participer avec moi.

Je suis désolée pour ce jour de retard. Je me suis longtemps demandé si je vous faisais languir encore quelques chapitres, et donc quelques semaines, avant l'arrivée de jeunes cerveaux à la maison…

Voyez par vous-même !


Chapitre 7 – Jour 5

Dimanche matin, seul jour de congé hebdomadaire d'entraînement physique. Le gryffondor s'étira paresseusement dans son lit savoura quelques minutes de détente. Il se leva finalement et regretta d'avoir mis le pied dans la cuisine en voyant le regard du Maître des potions braqué sur lui, insistant.

La journée débuta par une discussion tout à fait embarrassante sur la nuit dernière. Snape avait exigé d'en savoir davantage sur ses rêves et, évidemment, la discussion s'était compliquée. Gêné, il avait malencontreusement orienté la conversation vers l'occlumancie en raison de son attitude hostile. Le souvenir restait sensible malgré tout. Les incursions précédentes du Maître des potions dans ses pensées lui donnait une bonne idée du contenu des ses rêves mais il avait insisté pour qu'Harry décrive – en détail, s'il-vous-plaît M. Potter – ses cauchemars. Inutile de dire que l'adolescent avait été très soulagé lorsque le déjeuner avait pris fin.

Snape le dirigea ensuite vers une petite pièce au sous-sol qui s'était révélé être un laboratoire de Potion. Décidément, cette journée n'allait pas en s'améliorant…

- M. Potter, nous consacrerons les prochaines heures à la préparation d'un baume atténuant les courbatures.

- OK professeur, répondit l'adolescent, tandis que le serpentard ensorcelait un petit tableau afin que des instructions précises y soit inscrites. Il avança ensuite plusieurs bocaux d'un coup de baguette magique et reporta ses yeux noirs sur l'adolescent.

- Bien, tentez de vous montrer davantage appliquer que lors des 5 années précédente en votre compagnie.

Harry serra légèrement sa mâchoire et se plaça devant le chaudron et entreprit de préparer ses ingrédients, tentant de se concentrer. La pièce était moins humide et froide que les donjons de Poudlard mais il ne s'y sentait pas particulièrement à l'aise. Il entreprit de ciseler 6 racines de marguerite.

- Que faites-vous M. Potter ?

- Je cisèle les racines de marguerite professeur, expliqua l'adolescent en levant la tête, rencontrant le regard froid du le Maître des potions.

- Connaissez-vous la différence entre hacher et ciseler M. Potter, demanda lentement Snape.

- Euh… non monsieur, répondit Harry d'un air confus. Ciseler – couper – hacher, n'étais-ce pas tous des synonymes ?

- Comment pouvez-vous espérer à un résultat précis si vous coupez tous vos ingrédients grossièrement, sans comprendre ce que vous faite ?

L'adolescent garda silence, se sentant fautif. Il aurait été effectivement plus utile de poser la question afin d'être certain de ce qu'il faisait toutefois, le souvenir de la discussion qu'ils avaient eu ce matin était encore trop présent pour qu'il ait envie de poser une question sur du vocabulaire de base. Snape prit l'une des racines de marguerite et le couteau afin d'illustrer ses explications.

- Ciseler signifie tailler en lanière dans le sens de la longueur. Présentement vous êtes plutôt en train d'hacher grossièrement les racines en réalisant des fragments de grosseur et de forme variable. Les effets d'une potion sont dépendants des ingrédients que l'on y retrouve et chaque technique vise à mettre en valeur différentes parties de la plante.

- Bien monsieur.

Harry poursuivit la préparation de ses ingrédients et se lança ensuite dans la préparation à proprement parler. L'enseignant avait finalement sorti des ingrédients et avait débuté la préparation d'une seconde potion de son côté.

- Les détails, M. Potter. Vous devez accorder plus d'attention aux détails. Que dit la ligne 6 au tableau ?

- Brasser la potion « en 8 » à 6 reprises. Débuter le mouvement dans le sens des aiguilles d'une montre, monsieur, répondit le gryffondor, dubitatif. N'étais-ce pas exactement ce qu'il venait de faire ?

- Pourquoi ne pas avoir complété en entier la seconde boucle de votre 6e reprise ?

- Je croyais l'avoir fait monsieur.

- Il vous manquait ¼ de cercle M. Potter. À l'avenir, voyez votre chaudron comme une horloge. Débutez votre mouvement à 12h qui sera situé face à vous, du côté le plus éloigné de votre chaudron et terminez-le à cet endroit également.

- OK professeur, déclara l'adolescent, incrédule. Comment cet homme pouvait-il préparer une potion si méthodiquement à côté de lui tout en portant attention aux minuscules détails de la sienne ? ¼ de boucle, vraiment ?

Alors que l'adolescent arrivait à la dernière étape de la potion, il laissa échapper un léger soupir, se saisissant d'une fiole de jus de grenade qu'il déboucha. Il n'avait pas causé d'explosion. Le Maître des potions choisi ce moment pour lui attraper la main.

- Potter, gronda-t-il. Que faites-vous là ?

- Euh, j'ajoute du jus de grenade monsieur, dit-il, un peu las.

- Ne vous est-il pas venu à l'idée qu'il fallait mesurer la quantité de jus requise ? Vous ne pouvez pas y aller « à l'œil », vous n'êtes pas en train de faire de la cuisine.

- La recette mentionne une fiole de jus de grenade monsieur, je pensais qu'il n'y avait qu'à la vider, se justifia Harry, légèrement sur la défensive.

- N'avez-vous pas remarqué que la fiole de jus de grenade est 3 fois plus grande que les autres ? le ton de Snape était légèrement plus grave et ses lèvres plus mince, signe d'agacement.

Le gryffondor avala de travers. Maintenant que le professeur en parlait, cela semblait évident. Comment avait-il pu ne pas y penser ? Il mesura donc l'équivalent d'une fiole de jus de grenade qu'il versa dans la potion. Il la laissa chauffer encore 5 minutes en remuant selon les instructions afin de permettre la réduction de la potion jusqu'à atteindre la consistance crémeuse désirée, avant d'avertir l'enseignant que la potion était terminée.

- Avez-vous encore des courbatures M. Potter ? questionna le serpentard d'un regard calculateur.

- Oui monsieur. C'était évident, songea Harry, Snape avait encore failli causer sa mort par hyperventilation la veille !

- Nous allons tester votre potion ce soir. Vous comprendrez peut-être davantage l'importance de la rigueur si vous expérimentez vos propres préparations, annonça lentement Snape.

Les yeux d'Harry s'agrandirent de stupéfaction. S'aventurer à tester une potion qu'il venait d'effectuer pour la première fois était complètement hasardeux. Il regretta de ne pas avoir pu voir la couleur du baume qui lui avait été appliqué l'autre soir, cela lui aurait permis de comparer les deux teintes et avoir une idée de son succès. Il se dit que le Maître des potions avait assez d'éthique pour ne pas lui faire tester une potion dangereuse… Peut-être pourrait-il tout simplement échapper malencontreusement la fiole – technique qu'avait employé Snape avec lui à bien des reprises ?

Le diner se passa de manière assez silencieuse, ce pour quoi Harry fut reconnaissant. Pas de reproches ni de conversation indiscrète. Harry en profita pour se demander si l'enseignant préparait lui-même les repas. L'adolescent n'était pas particulièrement difficile culinairement parlant mais il trouvait la cuisine très à son goût. La préparation de potions conférait-elle des habiletés en cuisine ? En y réfléchissant bien, c'était tout à fait possible.

L'après-midi se déroula à la salle d'entraînement. Ils débutèrent par les exercices habituels de relaxation que le gryffondor effectuait 2x par jour.

- Puisque vous avez si délicatement amené à notre attention votre… intérêt pour l'occlumancie M. Potter je pense qu'il serait judicieux que nous révision la chose, déclara Snape d'un ton doucereux.

Le sort s'acharnait contre lui. Il n'y avait pas d'autre explication possible. Cette journée était une succession de déplaisirs. Le gryffondor pris une profonde inspiration en s'assoyant. Il allait avoir besoin de toute sa patience cet après-midi.

- D'accord monsieur, s'entendit-il répondre.

- Fermez les yeux et prenez quelques minutes pour vous concentrer sur votre respiration.

Le gamin s'exécuta. Il était inconfortable de fermer ses yeux lorsqu'une baguette était pointée sur soi.

- Nous allons débuter par quelques exercices, déclara Snape lorsque la respiration d'Harry fut calme et profonde, signe de sa relaxation. Je veux maintenant que vous ne pensiez qu'à des souvenirs heureux, autant de souvenirs que possible. Je vais entrer dans vos pensées. Ne faites que revoir en boucle ces souvenirs, rien d'autre. Ouvrez les yeux maintenant. Concentrez-vous sur de la joie.

- OK, répondit Harry en faisant de son mieux pour focaliser son attention.

- Legilimens, murmura le Maître des potions en accédant aux pensées du gryffondor. Il ne fit rien d'autre qu'observer ce à quoi Harry pensait. Il ne chercha pas à voir des souvenirs compromettant ni ne mit trop de puissance dans son sort. Tout devait être parfaitement contrôlé. Après une minute, il se retira, satisfait.

- Bien M. Potter. Très bien. Nous allons refaire la même chose.

Ils poursuivirent l'exercice pendant plusieurs minutes. L'enseignant avait choisi de changer de tactique. Il ne servait à rien de demander à un gryffondor de faire le vide, encore moins à un adolescent ayant vécu tant d'épreuves. Par contre, il pouvait lui apprendre à contrôler quelles pensées seraient visibles. Et au fil des exercices de relaxation, Potter développerait une meilleure maîtrise de ses émotions, qui lui permettraient, à plus longue échéance, de ne plus être vulnérable aux attaques sournoises de la légilimancie.

- Prenez quelques minutes pour vous recentrer, dirigea le Maître des potions d'une voix douce. Je veux que vous vous concentriez sur des événements anodins. Des souvenirs sans importance par exemple descendre des escaliers, ranger du linge, cuisiner. Allons-y.

- Considérez-vous vos retenues à ce point banales M. Potter ? demanda Snape, oscillant entre l'amusement et l'indignation en pensant au souvenir dont il venait d'avoir un aperçu.

- Vous aviez dit des souvenirs anodins professeur, répondit Harry. M. Rusard m'avait demandé de nettoyer des coupes. Je pensais que ça comptait comme du ménage…

- Vu de cette manière, répondit à mi-voix l'enseignant. Poursuivons. Nous allons encore faire quelques essais.

- Excellent. Prenez une minute pour vous recentrer. Notre sujet sera l'amour, déclara le Maître des potions après quelques minutes.

Ce nouveau thème permis au serpentard de voir les amis d'Harry, sa chouette, sa famille et une jolie étudiante chinoise qui lui disait vaguement quelque chose… Un sourire s'étira sur ses lèvres mais disparut aussitôt qu'il mit fin au sortilège. Il y aurait d'autres occasions de se servir de cette trouvaille, il choisit de ne pas la mentionner.

- Pourquoi l'amour monsieur? demanda Harry d'une voix douce lorsqu'ils prirent finalement une pause.

- Le professeur Dumbledore vous a t-il expliqué comment vous deviez vaincre le Lord Noir M. Potter, demanda à son tour le Maître des potions.

- Il a dit que j'avais la capacité d'aimer monsieur, répondit l'adolescent. Je ne sais pas trop de quelle… manière cela pourra être utile.

- En effet. Vous souvenez vous de votre… escapade au Département des Mystères ? De la réaction du Seigneur des Ténèbres lorsqu'il a tenté de vous posséder ?

- Je crois qu'il a eu mal. Le professeur Dumbledore m'a dit qu'il ne pouvait pas me posséder parce qu'il ne peut pas aimer, se remémora l'adolescent sans comprendre le lien entre les événements et leur pratique.

- L'amour est une émotion très puissante... Puisqu'elle semble causer de la douleur au Seigneur des Ténèbres, il serait bien avisé de votre part de l'utiliser de manière défensive – par exemple en cas de possession ou de légilimancie.

- Oh, laissa échapper le gryffondor en comprenant finalement où ils allaient en venir. Ainsi donc il avait un certain pouvoir. Il pouvait choisir ce qu'il voulait dévoiler. Il pouvait se servir de ses souvenirs pour se protéger et même… attaquer ? L'occlumancie lui avait toujours parue particulièrement contraignante et difficile. La neutralité, l'impassibilité, la maîtrise de soi étaient toutes des attributs dont il était dépourvu. En revanche, l'idée d'avoir une marge de manœuvre lui donnait confiance et surtout, l'envie de s'impliquer davantage dans son apprentissage. Il resta silencieux quelques instants.

- Monsieur, êtes vous un occlumen ? questionna Harry.

- Je pratique effectivement l'occumancie, répondit l'enseignant.

- Utilisez-vous ces techniques professeur ? Je veux dire, les émotions… pour vous…

Snape le regarda quelques secondes avant de répondre.

- Je me sers très peu de mes sentiments mais j'emploie beaucoup mes souvenirs.

- Pourriez-vous me montrer comment vous faites monsieur… un jour ? se risqua Harry, pensant se faire rembarrer.

- Nous verrons comment se déroulera votre apprentissage M. Potter.

- D'accord monsieur, répondit Harry, surpris.

Satisfait, le Maître des potions choisit d'en rester là pour l'occlumancie. Il s'agissait déjà de grands progrès pour le gryffondor, qui était parvenu à se concentrer sur des souvenirs précis, correspondant aux exercices et à les faire défiler. Plusieurs dizaines d'heures de fignolages allaient être nécessaire avant que Snape considère que l'adolescent avait une maîtrise correcte de l'occlumancie. Toutefois sa réaction lorsqu'ils avaient discuter de la possibilité de se servir de ses souvenirs comme d'un moyen de défense laissait présager qu'ils étaient sur la bonne voie. Le gamin avait finalement compris que l'occlumancie était un art plus qu'une science et qu'elle comprenait bien des facettes. Il congédia le garçon et alla préparer le souper.

La soirée fut consacrée à l'apprentissage des bases du judo. Harry se fit la réflexion qu'il était plutôt drôle de voir Snape dans un judogi, la tenue réglementaire portée lors de l'apprentissage du judo, les cheveux attachés. Il se demanda dans quelles circonstances un sorcier avait pu apprendre un art martial moldu mais n'osa pas poser la question. Le serpentard débuta par expliquer l'importance de la confiance et du respect envers l'adversaire, deux valeurs primordiales dans la pratique du judo. Ils révisèrent ensuite rapidement les chutes et débutèrent les retournements au sol. Le gryffondor apprécia la pratique. Ses années à l'école primaire avec Dudley et ses amis étaient suffisantes pour démontrer l'utilité du judo et ce qu'il pouvait concrètement en tirer pour la « vraie » vie.

La pratique du judo terminée, l'adolescent monta prendre sa douche et se mit rapidement au lit, Snape ayant parlé d'un réveil plus matinal qu'à l'habitude...


Le chapitre 8 est également en ligne ! Il fait suite au chapitre 7 et avaient originalement été postés ensemble. J'ai toutefois choisi de les séparer afin d'en faciliter la lecture.

Une review ?

N'oubliez pas de lire la suite !