Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Un immense MERCI pour vos reviews et pour votre soutien ! Merci beaucoup, vous êtes géniales !


Pour les anonymes :

Nat : Oui, je crois que ça leur fera du bien d'être isolés des autres, mais ce n'est pas sûr que tout soit simple entre ces deux têtes de mule… Merci énormément pour ta review ! J'espère que la suite te plaira ! A bientôt !

Tifolitoi : Cat Island existe vraiment et c'est l'une des îles qui compose les Bahamas. J'ai bien aimé lire tes hypothèses concernant leur fin de soirée… J'espère que tu ne seras pas trop déçu par mon option. Quand je publie dans la matinée c'est parce que j'ai eu le temps d'écrire durant la semaine et de me relire, et surtout que je suis pas en vadrouille ! (du moins pas encore) En tout cas, un grand MERCI pour ta review ! Bisous. PS : pour le pantalon en lin, c'est super agréable quand il fait chaud, lol.

Flo 1359 : Merci beaucoup pour ta review! Je suis heureuse que mes précédentes fics t'aient plu ! Je ne sais pas exactement combien il y aura de chapitres pour cette fic et Apprendre à vivre car j'écris au fur et à mesure. A bientôt !

Lunaa : Merci, je suis heureuse que ce chapitre t'ait plu ! Par contre, c'est pas encore sûr que notre couple vedette se remette ensemble…. Merci pour ta review et à bientôt !

Sur ce :

Bonne lecture !


Chapitre 6 : Carolina

Carlisle avait passé une nuit blanche à tourner et retourner dans son lit, cherchant désespérément un peu de sommeil, de repos. Lorsqu'il posa pour la énième fois son regard sur le réveil, l'heure était enfin décente pour qu'il se lève. D'un pas traînant, il se dirigea vers sa salle de bain, espérant que sa douche suffirait à bien le réveiller et à effacer quelque peu ses traits cadavériques. Après s'être quelque peu détendu sous le jet d'eau tiède, Carlisle noua une serviette autour de sa taille avant d'observer ses traits dans le miroir. Il soupira en voyant que sa douche ne lui avait pas donné un teint rosé ! En même temps, s'il existait un produit aussi simple pour avoir bonne mine, ça se saurait !

Une fois coiffé et habillé, il descendit prendre son petit-déjeuner à la salle du restaurant, s'abreuvant plus de café que goûtant à la nourriture du buffet. Alors qu'il aspirait à un peu de tranquillité, il ne tarda pas à être rejoint par des médecins participant au Congrès. Carlisle eut du mal à suivre la conversation, il s'excusa pour aller remplir à nouveau sa tasse. Alors qu'il allait retourner à sa table, il croisa le beau brun qui était sur la plage avec Edward hier soir. Ce dernier lui adressa un sourire suffisant, riant sûrement de ses traits tirés. La bonne humeur plus qu'apparente du jeune homme ne fit que renforcer son air morose, apparemment, lui, s'était bien amusé cette nuit ! Carlisle but son sixième café depuis qu'il s'était levé avant de suivre ses collègues pour rejoindre les voitures qui allaient les emmener au Colloque.

Durant la cession de la matinée, Carlisle fit son possible pour ne pas s'endormir, écoutant d'une oreille distraite un représentant d'une grande enseigne pharmaceutique qui essayait de leur vendre un nouveau médicament révolutionnaire. A la fin de la cession, il discuta avec ses collègues, mais son esprit était resté à l'Hôtel à se demander ce que pouvait bien faire Edward. Il fut sorti de ses pensées par l'arrivée de Karen.

« -Bonjour, Carlisle, le salua-t-elle.

-Bonjour, Karen, vous allez bien ?

-Ca va, je vous remercie, répondit sa collègue, et vous ? Vous ne paraissez pas avoir bien dormi, votre fils a fait des siennes ?

-Karen, comment dire, c'est assez gênant… Edward n'est pas mon fils.

-Je m'en doutais, avoua-t-elle en lui souriant, bon, d'accord, hier soir, je me suis laissée avoir, mais il faut admettre qu'il est très convaincant ?

-Très, acquiesça Carlisle.

-Est-ce indiscret de vous demander qui est ce jeune homme ?

-Non, ça ne l'est pas. Edward est un de nos confrères, je travaille avec lui au Memorial Hospital et j'ai été son résident lors de ses études. Il pensait pouvoir passer des vacances loin de son supérieur et manque de chance pour lui, nous nous retrouvons sur la même île et dans le même Hôtel. Sa petite comédie d'hier soir est surtout due au fait que je le couve un peu trop.

-Je peux le comprendre, il a l'air tellement fragile… Et il y a tant de tristesse dans ses yeux, murmura-t-elle pensive.

Carlisle fut interloqué par les paroles de sa consœur. De la tristesse ? De la fragilité ? Comment avait-elle pu voir ces sentiments dans la petite comédie qu'Edward leur avait joué hier soir ? Karen avait dû boire plus de Margaritas qu'il ne le pensait !

-Alors, allons-nous essayer ce fameux robot ?

-C'est parti, lança Carlisle d'un ton enjoué bien décidé à laisser de côté sa mauvaise humeur. »

Ensemble, ils rejoignirent le représentant de la société privée qui avait fabriqué ce petit bijou d'innovation technologique. Ce dernier l'accueillit avec des yeux brillants, il n'avait pas encore eu l'opportunité de présenter son robot au Memorial Hospital.

Dire qu'il avait été séduit par cette nouvelle technologie était un euphémisme, ce robot était une petite merveille et faciliterait le travail des chirurgiens. Cependant, il n'en aurait pas l'utilité dans son service, mais il avait promis au représentant de lui obtenir un rendez-vous avec le Docteur Seymour. Carlisle sortit de la salle où ils avaient testé l'appareil et rejoignit l'extérieur du bâtiment seul, Karen semblait être tombée sous le charme du représentant et avait accepté son invitation à dîner. Une fois qu'il fut dehors, il monta dans son taxi qui le ramenait au Midnight Sun.

Alors qu'il tentait de se détendre et de profiter du paysage, il ne put que remarquer l'air nerveux de son chauffeur. Ce dernier tapotait anxieusement son volant tout en jetant des coups d'œil par sa vitre, surveillant l'horizon. Le médecin suivit son regard et se redressa sur la banquette arrière. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il remarqua l'obscurité qui régnait au loin.

« -Est-ce normal que le ciel soit aussi sombre ?

-Le cyclone Carolina doit passer au loin de nos côtes.

-Quoi ?

-Pour le moment, l'alerte météo prévoit des vents violents et un océan déchaîné, mais ils sont prudents car la trajectoire d'un cyclone est toujours incertaine, mais vous inquiétez pas, le Midnight Sun est sûrement le lieu le plus sûr de l'île. »

Carlisle hocha distraitement la tête avant de se plonger dans ses pensées. Une envie incontrôlable serra ses entrailles, il avait besoin de voir Edward, de s'assurer qu'il allait bien. Il passa une main lasse sur son front en se disant qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, le cyclone n'était même pas encore là et ne viendrait probablement jamais. Pourtant, il compta les minutes qui le séparaient de son arrivée à l'Hôtel.


Edward fut réveillé par des coups frappés à sa porte. Il maugréa tout en s'extirpant difficilement de son lit. Après que son petit tête-à-tête avec Carlisle fut interrompu, il avait rejoint Tom qui l'attendait avec impatience sur la plage. A peine s'étaient-ils retrouvés que Tom s'était jeté littéralement sur lui, Edward s'était laissé faire avant de le repousser brutalement. Pourquoi, putain de merde, n'arrêtait-il pas de penser à ce salaud de blond ? Tom l'avait observé quelques secondes, légèrement désappointé par son soudain changement d'humeur. Edward lui avait alors offert son plus beau sourire, avant de lui proposer d'aller prendre un verre, pensant qu'un peu d'alcool l'aiderait sûrement à ne plus penser à l'autre. Malheureusement, le seul résultat de cette décision fut une affreuse migraine, car, même avec une certaine dose d'alcool dans le sang, le visage de ce satané Carlisle revenait toujours le hanter. Il avait repoussé une fois pour toute Tom avant d'aller se coucher seul dans son lit où il s'était endormi, abrutit par les cocktails qu'il avait bus.

Le jeune homme atteignit enfin la porte de son bungalow et faillit recevoir le poing du Directeur dans la figure tant ce dernier s'acharnait à tambouriner contre sa porte. Son envie d'hurler sur le pauvre homme disparut quand il vit ses traits tirés.

« -Bonjour, Monsieur Masen, je suis désolé de vous réveiller, mais nous avons un grave problème. »

Edward l'écouta avec attention, sa gueule de bois disparaissant au fur et à mesure que le Directeur du Midnight Sun lui expliquait l'étendue du problème. Quelques minutes plus tard, il filait sous la douche pendant qu'un cachet d'aspirine se diluait dans un grand verre d'eau. Une fois douché, il s'habilla tout en vidant son verre. Rapidement, il réunit toutes ses affaires et tout en faisant rouler sa valise à sa suite, il rejoignit au plus vite l'Hôtel.


Carlisle pénétra dans le hall du Midnight Sun qui ne lui avait jamais paru aussi bruyant et fréquenté. Il ne put retenir un soupir de soulagement lorsqu'il vit au milieu de cette cohue des cheveux cuivrés en désordre, il se rapprocha, souhaitant le voir. Edward semblait étudier un planning tout en ignorant les discussions plus ou moins virulentes qui peuplaient le hall.

« -Du calme, je vous prie ! Demanda un homme d'une cinquantaine d'années à l'air paternaliste. Je suis Monsieur Lawdon, je suis le Directeur du Midnight Sun. Mesdames et Messieurs, gardez votre calme je vous prie. Nous sommes en étroite relation avec les services météo, pour le moment, le cyclone Carolina ne touchera pas Cat Island. Nous allons essuyer des vents violents et l'océan va être déchaîné, c'est pour cela que nous avons évacué les bungalows sur la plage.

-La marée risque d'être importante, sommes-nous à l'abri ici ? Demanda un touriste.

-Oui, il va sûrement y avoir une montée des eaux, mais cela a été pris en compte lors de la construction du Midnight Sun. Je vous le répète nous sommes en sécurité, les fondations, les murs, la toiture et même les vitres ont été conçues pour résister à des conditions climatiques plus violentes que celles qui ont été annoncées.

-Et si le Carolina gagnait en violence ? Interrogea une femme apeurée en serrant les mains de ses enfants.

-Je peux vous assurer que même si le cyclone forcissait, nous sommes en sécurité.

Carlisle fronça les sourcils d'étonnement lorsqu'il vit Edward tendre une feuille à Monsieur Lawdon qui le remercia.

-Le Midnight Sun a été conçu pour résister à un cyclone de force 12 sur l'échelle de Beaufort qui est la classification la plus élevée. Les matériaux choisis pour la construction sont les plus résistants qui existent. Vous pouvez donc être tranquilles et…

-Qui sont ces gens ? S'écria un riche client qui affichait un air outré.

Carlisle se tourna vers les nouveaux arrivants qui paraissaient un peu perdus et apeurés. Les Bahamas étaient connus pour leur tourisme et leur cadre paradisiaque, la plupart des habitants travaillaient dans les nombreux Hôtels, mais d'autres travaillaient encore la terre et menaient une vie simple par rapport au luxe tapageur des Hôtels.

-Ce sont des habitants qui viennent se réfugier ici, expliqua calmement le Directeur.

-Vous avez vu combien ils sont ? Reprit l'homme furieux. Vous n'allez tout de même pas donner nos chambres à ces…

-A ces quoi ? Claqua la voix d'Edward alors qu'il dévisageait durement l'homme. Il me semble que nous sommes tous dans la même galère, je trouve donc normal que nous nous entraidions, cependant, si cela vous pose un problème, je me propose de vous conduire moi-même à l'aéroport où vous patienterez dans le hall avec ceux qui n'ont pas la chance d'avoir pu attraper leur vol !

-De quel droit me parlez-vous de cette manière ? J'ai payé pour…

-Je suis sûr que Monsieur Lawdon se fera un plaisir de vous rembourser votre séjour, le coupa Edward, je vais sortir la voiture.

Sur ces mots, Edward posa le planning qu'il observait. Il se tourna vers une jeune femme en uniforme qui lui tendit des clefs. Carlisle faillit se précipiter vers lui pour l'empêcher de sortir, mais le râleur décida brutalement de se taire.

-Bien, pour les personnes ayant déjà une chambre à l'Hôtel, vous la conserverez. Pour les personnes qui étaient sur la plage dans les bungalows, venez à tour de rôle à la réception, nous vous donnerons les clefs de votre chambre. A cause du manque de place, les familles seront réunies, nous préparerons des lits d'appoints. Je vous promets que nous ferons tout notre possible pour vous assurer un maximum de confort. Maintenant, je vous invite, pour ceux qui ne doivent pas transvaser leurs affaires, à profiter du beau temps tant que vous le pouvez, je vous demanderai simplement de rester à proximité de l'Hôtel et d'éviter la plage. Les différentes attractions et nos trois piscines vous accueilleront avec plaisir. Cependant, je vous prierai de regagner l'Hôtel lorsque le personnel et les haut-parleurs vous le demanderont. Toute l'équipe et moi-même restons à votre disposition pour répondre à vos questions.

Alors que Monsieur Lawdon allait leur demander de se disperser, il vit à nouveau Edward se pencher vers le Directeur pour lui murmurer quelques mots.

-Oui, en effet, ce serait judicieux, acquiesça Monsieur Lawdon avant de reprendre à voix haute. Lorsque vous regagnerez l'intérieur de l'Hôtel, veuillez vous présenter à la réception pour donner vos noms pour qu'avant que nous fermions les portes nous soyons sûrs que tout le monde soit bien à l'abri. Maintenant, je vous laisse profiter pendant quelques heures du soleil.

Les touristes les plus jeunes partirent précipitamment à l'extérieur pour s'amuser, leur insouciance contrastait avec les visages sérieux des plus âgés ou des parents. Certains demandèrent à gagner l'aéroport au plus vite pour quitter l'île, mais les employés leur répondirent que par mesure de précaution tous les vols avaient été annulés. Carlisle réussit à se frayer un passage à travers la foule et rejoignit Edward qui discutait avec des hommes de la sécurité. Son ancien interne se tut lorsqu'il aperçut, il lui sembla apercevoir une lueur de soulagement dans son regard émeraude.

-Tu as pu rentrer, murmura Edward en ne le quittant pas des yeux.

-Oui, il semblerait que j'ai quitté le Colloque à temps.

-Tant mieux, je préfère te savoir ici qu'au Paradize, avoua Edward, j'ai plus confiance en ce bâtiment qu'en l'autre, ajouta-t-il précipitamment.

-Les autorités viennent de me contacter, annonça Monsieur Lawdon en les rejoignant, ils sont en train de fermer toutes les routes.

-Monsieur Lawdon ? L'interpella un homme d'une soixantaine d'années dont la tenue dénotait par rapport au lieu.

-Bonjour, Monsieur Lopez.

-Je voulais vous remercier de nous accueillir, je ne pense pas que nos maisons auraient tenu face à la violence des vents.

-Vous êtes en sécurité ici, votre famille ainsi que tout le village. Nous allons vous donner des chambres et si vous le souhaitez vous pouvez vous aussi profiter des quelques heures de répit au bord de la piscine.

-C'est très généreux à vous, Monsieur Lawdon, mais nous ne voulons pas vous causer d'ennuis, assura l'homme en observant certains clients qui les dévisageaient d'un air peu amène.

-Vous ne nous causez aucun ennui, assura le Directeur. Peter, pourriez-vous leur donner les clefs de leurs chambres ?

-Oui, Monsieur.

Le chef du village remercia une nouvelle fois le Directeur, mais avant de partir il se tourna vers Edward qu'il fixa intensément avant d'hocher discrètement la tête. Son ancien interne sourit à Monsieur Lopez avant que celui-ci ne s'éloigne.

-Dites à l'équipe de sécurité de veiller sur les villageois, demanda Edward à Monsieur Lawdon, ils sont autant nos invités que les autres, c'est compris ?

-Ne vous inquiétez pas, j'y veillerai personnellement. Wendy et vous, avez-vous terminé le planning ?

-Oui et je suis heureux de vous annoncer que le Midnight Sun affiche complet, déclara Edward avec un sourire.

Le Directeur prit le planning que son ancien interne lui tendait et l'étudia quelques minutes pendant lesquelles Edward et lui s'observèrent à la dérobée.

-Bon, souffla Edward, je vais faire un tour à la piscine avant que le temps ne se gâte.

-Merci pour le coup de main, lança Monsieur Lawdon à Edward qui lui sourit avant de s'éloigner.

Carlisle soupira tout en secouant la tête de dépit. Juste avant qu'ils ne soient interrompus, il avait enfin réussi à avoir une discussion civilisée avec Edward. Il décida donc de suivre le jeune homme jusqu'aux abords de la piscine où il s'était installé sur un transat, ses lunettes de soleil sur les yeux.

-Je peux ? Demanda le blond en désignant le transat à côté du sien.

-Fais comme chez toi, dit Edward en haussant ses épaules. »

Le médecin prit place, ravi que son ancien interne ne l'envoie pas balader. Il allait ouvrir la bouche quand son collègue lui fit signe de se taire. Carlisle remarqua ses traits tirés et aussitôt il comprit qu'Edward voulait du calme pour récupérer de sa nuit agitée. Aussitôt, son envie de discuter avec lui disparut, s'il ouvrait la bouche, il risquait d'être désagréable. Carlisle l'imita et descendit ses lunettes noires sur ses yeux. Le soleil caressait agréablement son visage, son corps. Etrangement, la proximité d'Edward avait quelque chose d'apaisant et il ne tarda pas à s'endormir.

Carlisle se réveilla quand il sentit une main posée sur son épaule qui le secouait doucement. Il se tourna vers la personne qui était à ses côtés et qui paraissait s'impatienter.

« -Réveille-toi, Carlisle, l'appela Edward, Carlisle !

-Edward ?

-Oui, allez, debout la marmotte. »

Carlisle s'assit et regarda autour de lui un brin désorienté. Alors qu'il reprenait ses esprits, il remarqua que tous les touristes quittaient lentement le bord de la piscine et que des employés de l'Hôtel rangeaient les chaises, les tables, tout ce qui pouvait s'envoler. Une bourrasque de vent balaya son visage, mettant du désordre dans ses cheveux d'habitude si bien ordonnés. Il releva ses lunettes sur le sommet de sa tête quand il réalisa que le ciel s'était obscurci. Il rejoignit Edward qui était appuyé contre la balustrade de pierre et fixait l'horizon. Carlisle s'accouda à ses côtés et fronça les sourcils lorsqu'il vit la noirceur qui régnait au-dessus de l'océan.

« -Le cyclone approche, murmura Edward, Monsieur Lawdon vient de demander à tout le monde de rentrer. Tu ferais mieux de suivre le mouvement.

Carlisle hocha la tête et allait rentrer lorsqu'il vit Edward prendre le chemin opposé de l'Hôtel.

-Où vas-tu ? S'enquit Carlisle.

-Vérifier que tout le monde obéit bien et rentre.

-Je viens avec toi !

-Je n'ai pas besoin d'une baby-sitter, Cullen ! Va te mettre à l'abri !

-Ce n'était pas une question, grogna le médecin en courant pour le rejoindre. »

Tout en marchant à ses côtés, Carlisle faisait son possible pour le convaincre de regagner l'Hôtel, prétextant que personne ne serait assez fou pour rester dehors alors que le temps se gâtait, que le vent devenait de plus en plus violent, mais rien n'y faisait. Alors qu'il allait l'empoigner pour le traîner de force à l'abri, ils aperçurent un groupe de jeunes perchés dans un arbre. Ils durent parlementer fermement avec eux pour les faire descendre, ces derniers ne paraissaient guère inquiets par l'annonce des violentes intempéries et souhaitaient rester là pour observer le passage du cyclone au large des côtes. Carlisle sentit sa colère se décupler face à la stupidité de ces jeunes gens, le vent devenait de plus en plus violent et ils devaient crier pour se faire entendre à cause du ressac de l'océan. Les éléments se déchaînaient autour d'eux et il devenait urgent de faire descendre ses inconscients de leur perchoir et de les conduire à l'abri. Edward les menaça finalement d'appeler la sécurité et prit le talkie-walkie qui était accroché à sa ceinture.

Les jeunes gens les narguèrent pendant que son ancien amant demandait de l'aide pour raisonner ces têtes brûlées. Le vent fouettait durement leurs corps, Carlisle avait des difficultés à rester stable sur ses jambes et il se demandait comment ces jeunes pouvaient tenir sur leurs branches ! Tout à coup, un craquement retentit derrière eux, Carlisle se retourna et vit une branche de taille assez impressionnante être brisée par les bourrasques de vent. Cette dernière roula vers eux, il s'écarta, mais vit avec horreur qu'Edward n'avait rien vu tant il était préoccupé par les jeunes gens. Carlisle se jeta alors sur lui les faisant tout deux tomber à la renverse, évitant de justesse la branche qui percuta violemment l'arbre où étaient perchés les jeunes.

« -Ca va ? S'inquiéta Carlisle en voyant du sang s'écouler sur son front. Ne bouge pas, laisse-moi t'exa…

-Attention ! Cria Edward.

Il sentit les bras du jeune homme se refermer autour de sa taille et l'entraîner sur le côté en roulant. Carlisle entendit des bruits de chutes suivies par différentes plaintes. Edward et lui se redressèrent pour voir que les jeunes gens étaient tombés de leur perchoir à l'endroit où ils se tenaient quelques secondes plus tôt.

-Vous allez bien ? Leur cria Edward en se relevant.

Sur les quatre jeunes, deux garçons étaient déjà debout, la fille se plaignait de sa cheville pendant que le dernier garçon tenait douloureusement son poignet. Avant qu'il n'ait pu se relever, Edward était déjà auprès d'eux et examinait la cheville de la fille. Il se dirigea vers le garçon et le rassura en l'informant qu'il n'avait qu'une entorse. La blessure de la jeune fille semblait plus grave. Edward et lui durent la soutenir pour la ramener à l'Hôtel. Une fois à l'abri, ils la soignèrent avant qu'elle ne rejoigne ses amis.

-Quelle bande d'inconscients ! S'énerva Monsieur Lawdon. Heureusement que vous les avez trouvé !

-Tout le monde est rentré ? Demanda Edward.

-Oui, je vais demander à ce que les portes soient bloqués et les volets baissés pour nous protéger des projectiles portés par le vent. Je… Vous êtes blessé ?

-Ce n'est rien, je…

-Ce n'est pas rien, le coupa-t-il, laisse-moi t'examiner.

-Je vais bien ! S'énerva Edward.

Le médecin frémit quand il entendit la respiration soudain sifflante de son ancien interne. En un clin d'œil, il fut à ses côtés pour le forcer à s'asseoir.

-Tu as besoin de repos et de te détendre. Où est ton inhalateur ? Demanda le blond.

-Ca va, souffla Edward avant de peiner à reprendre sa respiration.

-Vous allez vous reposer, je vais me charger de tout et je viendrai vous chercher qu'en cas de problème, d'accord ? Maintenant, vous allez prendre ma chambre le temps que nous sommes coincés ici.

-Hors de question !

-Il n'a pas de chambre ? Demanda Carlisle au Directeur.

-Non, il ne s'est pas inclus dans le planning.

-L'observatoire ira très bien, assura Edward.

-C'est n'importe quoi, tu vas venir dans ma chambre.

-Non !

-Ne t'inquiète pas, je dormirai sur le canapé ! Allez, viens.

Sans laisser le temps à Edward de protester davantage, il passa un bras autour de sa taille et l'entraîna à l'étage où il résidait. Ils arrivaient devant sa porte lorsqu'ils furent rejoints par un groom qui portait les bagages de son ancien interne. Alors qu'il allait refermer la porte, Edward se remit à protester.

-Hors… Hors de question… que… que je…

-Sois raisonnable ! Regarde-toi, tu n'arrives même plus à râler !

-Je… Je t'emmerde… Je… Je fous le… camp !

Edward se releva péniblement et se dirigea vers la porte d'un pas ralentit par le manque d'oxygène qui commençait à se faire sentir. Carlisle soupira avant de le rattraper facilement, il agrippa le bras de son collègue pour le retenir, mais ce dernier se dégagea violemment.

-Tu restes ici !

-N… Non !

-Cesse de faire l'enfant et vient te coucher !

-Mais… bien… bien sûr… papou ! Trouva la force de le narguer Edward.

-Continue à agir ainsi et je te promets que je vais me comporter comme ton père !

Prenant un air mutin, Edward lui tira la langue de manière puérile avant de poser sa main sur la poignée de la porte.

-Arrête-toi ! Le prévint Carlisle.

Pour toute réponse, son ancien interne lui montra son majeur avant de tourner la poignée. Tout en grognant, le blond ôta sa main de sur la poignée, Edward tenta de le repousser, pendant que lui en faisait autant pour le forcer à retourner s'allonger. Carlisle s'en voulut quand il sentit son collègue tomber à la renverse, il tenta de le retenir et se retrouva allongé sur lui.

-Dé… Dégage ! Haleta Edward pendant que le blond s'asseyait sur lui.

-Si tu m'obéis et que tu vas te coucher !

-J'ir… j'irais, mais… mais pas ici !

-Tu as besoin de soins et d'être surveillé ! Tu connais un autre médecin dans l'Hôtel ?

Edward grogna et tenta de se dégager. Son ancien interne gigota pour tenter de le déloger, mais il tint bon. Heureusement, Edward cessa de lui-même de se débattre en se rendant compte de leur position et aussi que ses gesticulations réveillaient le désir qui sommeillait en eux.

-Ton aérosol est dans ta valise ? Demanda-t-il à Edward tout en l'aidant à se relever et à s'asseoir sur le rebord du lit.

-Oui… Non ! Non, je… ne sais… plus où…

Edward ne put terminer sa phrase, il respirait péniblement et Carlisle savait que sa poitrine devait être en feu. Il se dirigea vers la penderie et en sortit sa trousse. Il revint vers le lit et obligea Edward à s'y allonger.

-Il faut que tu te calmes ! Ordonna le blond. Essaie de fermer les yeux et de t'imaginer allongé sur un transat au soleil, la brise caresse ton visage, le bruit des vagues te berce.

Le médecin faillit pousser un cri de joie lorsqu'il vit qu'Edward acceptait enfin de lui obéir. Il ouvrit sa sacoche et prit son stéthoscope, puis, tout en le promenant sur la poitrine de son collègue, il laissa sa main caresser l'avant-bras d'Edward. Les sifflements étaient moins importants, sa respiration devenait plus facile. Carlisle en profita alors pour examiner la plaie que son ancien interne avait au front. Il repoussa doucement ses cheveux et fut soulagé de voir que l'entaille n'était pas profonde. Le blond prit un bout de coton qu'il imbiba d'un produit désinfectant avant de le passer sur la blessure.

-Putain ! Siffla Edward en rouvrant les yeux.

Carlisle se maudit quand il entendit à nouveau un sifflement s'échapper des lèvres entrouvertes d'Edward. Il se dépêcha de le soigner et de mettre un pansement. Rapidement, il se leva et alla dans la salle de bain pour remplir la baignoire. Lorsqu'il revint dans la chambre, Edward essayait de faire des exercices de respiration pour tenter de se calmer, mais ce n'était pas très concluant.

-Viens, dit-il en passant un bras autour de sa taille pour le soutenir, tu vas prendre un bain, ça devrait t'aider à te détendre donc à faire baisser ton stress et ainsi je l'espère à réguler ta respiration.

Ils atteignirent la salle de bain où il le fit asseoir sur le rebord de la baignoire qui était pratiquement pleine. Il s'agenouilla face à Edward pour lui ôter ses chaussures. Alors qu'il commençait à déboutonner sa chemise, Edward le stoppa.

-Je peux… le faire…

-Ok, accepta Carlisle, je laisse la porte entrouverte, appelle-moi ou jette quelque chose par terre si tu ne te sens pas bien.

Edward acquiesça de la tête. Carlisle hésitait toujours à sortir, son ancien interne semblait si faible en cet instant qu'il aurait aimé le prendre dans ses bras pour le rassurer.

-Tu ne sais vraiment pas où est rangé ton inhalateur ? »

Le jeune homme lui fit signe que non de la tête avant qu'il ne referme quelque peu la porte de la salle de bain pour lui laisser de l'intimité. Il ne bougea pas jusqu'à ce qu'il l'eut entendu se glisser dans l'eau chaude. Carlisle décida de s'asseoir sur un fauteuil qui se trouvait non loin, pour surveiller ses faits et gestes. Le médecin réprima un cri de douleur quand son pied heurta la valise d'Edward qui était restée là. Il se rappela l'air hésitant du jeune homme quand il lui avait parlé de l'inhalateur et décida donc de vérifier par lui-même. Tout en faisant le moins de bruit possible, il ouvrit la valise et fouilla parmi les vêtements pour trouver l'aérosol. Il attrapa sa trousse de toilette pour la fouiller lorsque son regard fut attiré par une boîte marron, il souleva le couvercle et aussitôt ses joues se colorèrent. Carlisle toucha du bout des doigts les différents produits avant de refermer la boîte et de reporter son attention sur la trousse de toilette où il trouva le fameux inhalateur. Maintenant, comment allait-il le donner à Edward sans qu'il ne sache qu'il avait fouillé dans ses affaires ?


Edward ferma les yeux et tenta de se détendre dans son bain. Tout en laissant ses muscles se délasser, il se concentra sur sa respiration douloureuse. Il devait bien admettre que Carlisle faisait tout son possible pour l'aider, mais seul son inhalateur arriverait à le calmer rapidement. Malheureusement, il était dans sa valise et il ne savait plus trop où… Pour la première fois, il se maudit de ne pas le garder toujours sur lui, était-il dans la valise c'est-à-dire près du cadeau d'Alice où dans l'une des poches extérieures ?

« -Edward ? L'appela Carlisle. Peut-être as-tu rangé ton inhalateur dans la poche de devant de ta valise pour pouvoir l'attraper facilement ? Tu veux que je regarde ?

-Non ! Ne…

-Il y'est ! Annonça le blond. »

Edward fut soulagé que son aérosol ne se trouve pas dans la valise. Il sursauta lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit, il inspira péniblement. Carlisle s'avança vers la baignoire en lui tendant l'inhalateur, il lui fut reconnaissant de détourner le regard. Tout en murmurant un merci, il prit l'aérosol qu'il se dépêcha d'utiliser. Après avoir inspiré plusieurs bouffées du médicament, il le posa sur le rebord avant de le laisser agir. Il s'allongea et ferma les yeux.

Edward resta de longues minutes dans son bain avant de finalement se décider à sortir, il s'enroula dans une serviette avant d'attraper ses vêtements sales. Ne souhaitant pas les remettre, il sortit d'un pas hésitant de la salle d'eau. Carlisle se raidit dans son fauteuil lorsqu'il le vit arriver dans cette tenue. Le blond détourna le regard le temps qu'il prenne des vêtements de rechange dans sa valise. Il repartit s'habiller dans la salle de bain. Il venait d'enfiler son boxer lorsqu'un sifflement s'échappa de ses lèvres.

« -Ca n'a pas l'air de passer, commenta Carlisle qui l'avait entendu.

-Ca va déjà mieux.

-Tu es habillé ?

Edward s'observa dans la glace en se disant que ce n'était pas le cas, il allait répondre lorsque la porte s'ouvrit pour laisser passer Carlisle. Aussitôt, Edward le fusilla du regard.

-Tu as besoin de te détendre, viens.

Il allait protester, mais le blond posa une main sur son avant-bras pour l'entraîner vers la chambre.

-Allonge-toi sur le ventre, lui demanda-t-il en désignant le lit.

Edward hésita, la Ventoline l'avait soulagé, mais il aurait eu besoin de plusieurs autres doses, malheureusement, il avait déjà pris le dosage maximum. Le jeune homme sursauta lorsqu'il sentit des mains se poser sur son dos nu.

-Qu'est ce que tu fais ? S'écria-t-il en se dégageant.

-Ne bouge pas.

-Ne me touche pas !

-Ne fais pas l'enfant et rallonge-toi ! Je veux juste t'aider !

-Oui, papa, railla Edward en obéissant pourtant. »

Le jeune homme ferma les yeux. Une douce odeur de fleurs de magnolia et de vanille envahit la chambre, il sentit les doigts huileux de Carlisle se poser sur son dos. Avec application, le blond massa chacun de ses muscles. Les doigts doux du médecin l'aidèrent à se détendre. Peu à peu, une lancinante chaleur gagna son être, son corps s'éveillait sous les mains expertes de Carlisle et il serra les dents, luttant contre le plaisir qui menaçait de l'envahir. Ses poings se serrèrent d'autant plus lorsqu'il sentit Carlisle s'asseoir sur ses cuisses, ses mains massèrent ses reins, ses doigts effleuraient le rebord de son boxer, glissant parfois un peu en-dessous.

Edward savait qu'il aurait dû le repousser, mais il n'en fit rien, il se sentait vraiment bien… Les mains du médecin allaient et venaient sur son dos, son souffle chaud caressait ses épaules, sa nuque. Il pouvait sentir le torse du blond effleurer son dos lorsqu'il massait ses cervicales. Edward mordilla sa lèvre inférieure pour ne pas laisser échapper un gémissement. Doucement, le jeune homme sentit ses paupières s'alourdir. Sa nuit blanche, ses tourments à cause de Carlisle ou de la tempête s'envolaient… Lentement, il s'endormit…


Carlisle se maudit, pourquoi s'était-il installé sur les cuisses d'Edward pour le masser ? Au départ, il pensait que c'était une bonne idée et que cela faciliterait sa tâche, malheureusement, la proximité du jeune homme, la douceur de sa peau, la vue de son corps parfait n'avaient fait qu'attiser son désir. Il avait fait son possible pour ne pas se laisser submerger, mais cela était difficile et il pouvait déjà sentir sa virilité s'éveiller. Carlisle serra les dents, attendant les cris outrés d'Edward, mais rien ne vint. Pourtant, le jeune homme devait sentir l'effet qu'il produisait sur lui. Il se pencha doucement et entendit la respiration régulière, mais toujours un peu sifflante, de son ancien interne qui s'était endormi.

Délicatement, il se redressa, s'écartant péniblement du jeune homme qui dormait. Carlisle hésita quelques secondes avant de se dévêtir à son tour. Avec mille et une précautions, il fit glisser Edward sous la fine couette avant de l'y retrouver. Son cœur s'emballa dans sa poitrine lorsque le jeune homme vint se blottir contre lui. Carlisle entoura le corps d'Edward de ses bras et enfouit son visage dans ses cheveux, s'imprégnant de son odeur.

Carlisle ignora combien de temps, ils restèrent ainsi enlacés, mais il aurait pu demeurer ainsi indéfiniment. Edward s'agita entre ses bras lorsque l'on frappa à la porte de sa chambre. Il se dégagea de l'étreinte du jeune homme et enfila un peignoir pour aller ouvrir. Il se retrouva nez-à-nez avec un groom qui portait leur repas. Carlisle en profita pour lui demander des nouvelles de la météo, le groom lui annonça que le passage du cyclone au large des côtes était prévu pour le milieu de la nuit. Il le remercia et le jeune homme quitta la chambre. Le blond poussait la desserte vers le coin salon au moment où Edward se redressait dans le lit.

« -Comment te sens-tu ?

-Ca va mieux, merci.

-Je t'en prie. Tu veux manger un morceau ?

Edward sortit du lit et attrapa un peignoir qu'il enfila en le rejoignant. Le jeune homme souleva une cloche tout en lui jetant un regard interrogatif. Carlisle acquiesça discrètement choisissant l'autre plat. Ils s'assirent et commencèrent à manger en silence.

-Le groom t'a dit quelque chose concernant la tempête ?

-Il a dit qu'elle passerait au large en milieu de nuit. Je peux te poser une question ?

Edward haussa les épaules en lui faisant signe de se lancer d'un mouvement de la tête.

-Tu as l'air de bien connaître le Directeur du Midnight Sun ?

-Oui, c'est un vieil ami de la famille, murmura Edward dont le regard s'était voilé. »

Remarquant la tristesse du jeune homme, Carlisle ne posa pas plus de questions. Il jeta un coup d'œil à la dérobée à son ancien interne qui jouait plus avec sa nourriture qu'il ne la mangeait. Il prit sur lui pour ne pas faire une remarque car il savait que cela ne ferait que jeter de l'huile sur le feu.

« -Si tu es d'accord, j'aimerais t'examiner.

Edward hocha la tête et posa son assiette, le jeune homme laissa glisser son peignoir le long de ses épaules pendant qu'il attrapait son stéthoscope. Carlisle écouta la respiration de son collègue, un bruit sourd lui apprit que la crise n'était pas encore totalement passée.

-Tu as encore mal, affirma plutôt qu'il ne questionna, je peux te faire une piqûre de Solumedrol si tu le souhaites, ça te soulagera.

-Tu te balades avec un Corticoïde dans ta mallette ? S'étonna-t-il.

-Non, bien sûr que non, mais j'ai assisté à une cession présentée par le laboratoire qui le produit, le représentant m'a donné des échantillons. Alors, veux-tu une injection ? Ca te ferait du bien.

-Non, ce produit a aussi un effet soporifique et je veux pouvoir être éveillé en cas de problème. Je vais reprendre de la Ventoline, annonça Edward en prenant son aérosol.

-Tu devrais te reposer, je vais dormir sur le canapé.

-Non, je vais prendre le canapé.

-Edward…

-Non ! C'est ta chambre, je dors sur le canapé.

-Hors de question, tu as besoin d'être à l'aise. Ecoute, le lit est un king size, nous pouvons y entrer tout les deux sans pour autant nous toucher. »

Carlisle vit le jeune homme réfléchir à sa proposition, Edward savait très bien que s'il voulait totalement récupérer, il devrait se coucher dans le lit. Au bout d'un certain temps, le jeune homme acquiesça. Son ancien interne se leva d'un pas fatigué, il se dirigea vers la salle de bain avant d'aller s'allonger à l'une des extrémités du lit. Carlisle l'imita et prit place de l'autre côté.


Edward avait du mal à s'endormir. Il pouvait entendre la respiration de Carlisle qui était régulière, il dormait. La proximité de son corps le torturait, s'il tendait la main, il pourrait toucher, caresser sa peau si douce. Il frémit en repassant au massage que le blond lui avait fait, éveillant à nouveau ses sens. Il inspira profondément, sa poitrine le brûla, mais il fit son possible pour trouver le sommeil. Le jeune homme décida alors de se laisser bercer par la respiration apaisante de son supérieur, peu à peu, il s'endormit.

Edward s'éveilla en sursaut lorsque le bruit du tonnerre résonna à l'extérieur. Un peu perdu, il tenta de se redresser mais se retrouva bloqué par un bras qui enserrait fermement sa taille. Edward mit quelques minutes à se rappeler où il était et surtout avec qui il était. Doucement, pour ne pas éveiller Carlisle, il essaya de se dégager de son emprise, mais le médecin ne le laissa pas s'échapper. Le blond raffermit son emprise, plaquant étroitement son dos contre son torse. Un hoquet de stupeur lui échappa lorsqu'il sentit le début d'érection de son supérieur contre ses fesses.

Passé l'instant de surprise, une douce chaleur s'insinua dans le creux de ses reins avant de se propager dans tout son corps. Edward était partagé, il ne savait pas quoi faire, la présence de Carlisle et la manifestation évidente de son désir pour lui le troublaient. Pourtant, il devait se dégager de son étreinte, mais comment ? Un fin sourire se dessina sur ses lèvres, cependant, son idée était un peu risquée. Il allait devoir rester maître de lui. Doucement, il recula ses fesses, les pressant délicatement contre la virilité éveillée du blond. Il sentit le torse de Carlisle frémir, un léger soupir balaya sa nuque. Edward reprit son manège. Les doigts du blond s'enfoncèrent dans la peau de ses hanches, inconsciemment, son supérieur suivait le mouvement. Le jeune homme crispa ses doigts autour du drap et mordilla ses lèvres pour s'obliger à garder la tête froide. Son souffle se bloqua dans sa poitrine quand il sentit les mains de Carlisle quitter ses hanches pour glisser vers son sexe.

Edward sursauta quand des coups furent frappés à la porte de la chambre, interrompant ainsi son petit manège. Les mains du blond reprirent aussitôt leur place sur ses hanches avant que Carlisle ne se réveille complètement et ne s'écarte brutalement en murmurant des excuses. Le jeune homme les ignora et se leva pour aller ouvrir après avoir enfilé son peignoir. Alors qu'il découvrait, Monsieur Lawdon sur le palier, il entendit la porte de la salle de bain se refermer.

« -Je suis désolé de vous déranger, commença le Directeur, je…

-Ne vous excusez pas, le coupa-t-il, je vous ai demandé de venir me voir au moindre problème.

-Il semblerait que Carolina passera plus près de nos côtes que ce que les services météo prévoyaient.

-Avez-vous vérifié les groupes électrogènes ?

-Mon adjoint est en train de le faire.

-Parfait, pour ce qui concerne les clients, inutile de les effrayer, gardons ça pour nous.

-Je suis d'accord, nous les préviendrons que si Carolina devient un véritable problème. Par contre, je pense qu'il serait judicieux de consolider les protections sur les baies vitrées.

-Oui, cela me parait plus prudent.

-J'ai demandé à Wendy de faire des équipes, malheureusement, cela va nous prendre pas mal de temps.

-Je pense que les clients nous donneront un coup de main, d'ailleurs, je vous rejoints dans quelques minutes. »

Le Directeur acquiesça avant de quitter la chambre. Edward referma la porte et se retourna pour voir que Carlisle n'était toujours pas revenu dans la pièce. Il s'approcha de la salle d'eau où il pouvait entendre l'eau de la douche couler. Il allait cogner à la porte pour attirer son attention et le prévenir qu'il partait lorsqu'il perçut un son qui l'interpella. Oubliant ses bonnes manières, il entra. Ce qu'il vit électrisa ses sens. Carlisle était nu sous la douche, l'eau coulait sur son corps, son regard se posa sur la virilité éveillée de son supérieur que ce dernier caressait. Un gémissement s'échappa des lèvres entrouvertes du blond aussitôt suivit par son prénom, ne lui laissant aucun doute sur la personne à laquelle il pensait en se masturbant.

Edward déglutit péniblement. Après tout, c'était un peu, bon d'accord beaucoup, de sa faute si Carlisle se trouvait dans cette position, c'était lui qui l'avait allumé… Mettant de côté ses interrogations et ses doutes, Edward le rejoignit sous la douche. Carlisle se figea lorsqu'il remarqua sa présence, tentant maladroitement de dissimuler son problème à sa vue. Le jeune homme retira ses mains qui cachaient sa virilité pour les poser sur sa taille. Edward laissa ensuite ses doigts se promener sur le torse du blond qui soupira, ses yeux bleutés étaient obscurcis par le désir. Ses mains glissèrent jusqu'à ses poignets, butant sur sa montre et un bracelet en cuir, Edward se demanda quelques secondes pourquoi il les avait gardé avant de se dire que ce n'était pas important, surtout que Carlisle venait de le plaquer contre le carrelage de la douche, pressant son corps contre le sien. Edward secoua la tête pour lui signifier qu'il n'était pas d'accord.

Carlisle se recula, légèrement dépité d'être repoussé. Edward ne put dissimuler un petit sourire amusé face à son air frustré. D'un mouvement souple, il échangea leurs places avant de se laisser tomber à genoux devant lui tirant un hoquet de stupeur au blond. Le jeune homme souffla doucement sur le sexe tendu de son supérieur qui grogna. Ses doigts l'effleurèrent avant qu'il ne donne un léger coup de langue sur sa longueur. Il vit les poings de Carlisle se serrer. Edward se rapprocha, sa main enserra la base du pénis du blond pendant que ses lèvres déposaient un baiser sur son sommet. Le blond haleta. Le jeune homme lécha avec application sa longueur pendant que sa main caressait son membre avant d'aller agacer ses boules. Les mains de Carlisle se crispèrent sur ses épaules, le suppliant silencieusement de le prendre. Avant de lui obéir, Edward lécha les premières gouttes qui s'échappaient de son sexe, puis, il ouvrit la bouche, prenant peu à peu le pénis du blond en lui. Il commença des va et viens d'abord lents avant que les doigts de Carlisle ne se crispent dans ses cheveux, lui imposant un rythme plus soutenu. Le jeune homme fit son possible pour détendre sa bouche et l'accueillir toujours plus loin en lui.

Edward creusa ses joues, resserrant son étreinte autour du sexe du blond qui laissa échapper une plainte de plaisir. Il pouvait sentir le membre de son supérieur palpiter dans sa bouche, il n'allait pas tarder à atteindre la délivrance. Edward accéléra ses caresses pour le mener à la jouissance. Malgré les grognements de protestation de Carlisle, il ôta son membre de sa bouche. Sa langue vint alors titiller la fente se trouvant sur le sommet du pénis de son supérieur qui souffla bruyamment. Edward le reprit aussitôt en bouche, souhaitant terminer le travail. Carlisle ne tarda pas à se répandre dans sa cavité en de longs jets chauds qu'il avala.

Le jeune homme continua de cajoler la verge de son supérieur jusqu'à ce que celle-ci soit ramollie. Puis, il se releva et offrit son visage au jet d'eau tiède. Il sentit les mains de Carlisle se poser sur ses hanches pour l'obliger à lui faire face, leurs corps se blottirent l'un contre l'autre. Edward sortit de la douce torpeur qui l'avait gagné lorsqu'il était entré dans la douche et s'éloigna de lui quand il vit le blond se pencher vers ses lèvres.

« -Non ! Protesta Edward.

-Pourquoi ? Demanda Carlisle perdu.

-Il faut… Il faut que j'aille aider Monsieur Lawdon.

Avec regret, Carlisle le lâcha pour le laisser sortir de la douche. Il s'essuya et au moment de sortir de la salle de bain, il s'arrêta, sachant qu'il devait clarifier la situation.

-Carlisle, ce qui vient de se passer ne veut rien dire, tu avais un problème et je t'ai aidé à le régler.

-Edward…

-Non ! Ne dis rien ! Tu m'as aidé tout à l'heure, je viens de te rendre la pareille, cependant, sache que cela ne se reproduira plus ! »

Sur ces mots, Edward sortit précipitamment de la salle de bain et se dépêcha de s'habiller pour fuir au plus vite la chambre et surtout Carlisle. Ce qu'il venait de faire était idiot, il en avait conscience, mais il n'avait pas pu résister à l'envie de le goûter. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Tout en descendant les escaliers, il s'arrêta à un palier pour s'éclaircir les idées. Avoir mené Carlisle à la jouissance avait réveillé son propre désir qui était visible malgré son pantalon assez ample. Cependant, il n'eut qu'à penser au couple que formait le blond avec Eléazar pour que toute trace de désir s'évapore. Il reprit alors sa route pour rejoindre Wendy.


Carlisle resta plusieurs minutes, immobile, sous la douche à fixer la porte qui s'était refermée sur Edward. Ses jambes tremblèrent et il dû prendre appui contre le carrelage froid pour ne pas s'écrouler. Ses mains effleurèrent son torse, son membre maintenant au repos… Avait-il rêvé ou Edward venait-il vraiment de le sucer ? Carlisle sentit son corps s'éveiller à nouveau à ce souvenir. Cependant, les paroles qu'Edward avait prononcées en sortant de la salle d'eau revinrent le frapper en plein visage.

Il sortit de la douche et se dépêcha de s'habiller tout en repensant à chaque mot que son ancien interne avait prononcé, même s'ils lui faisaient mal, il devait admettre que ces mots étaient tout à fait en rapport avec le comportement de son collègue. Une nouvelle fois, il s'était amusé avec lui avant de le laisser en plan ! Carlisle sentit la colère gronder en lui. Il serra les poings et sortit à la recherche d'Edward, il allait lui dire en face ce qu'il pensait de son comportement et cette fois il ne mâcherait pas ses mots !