Les MAJs de chap's, c'est la vie (NON) !


SABLE D'ISHBAL

- Carmensita-


Portant leurs bagages respectifs, Scar et Alice se frayèrent un chemin à travers les quais et les personnes courant après leur train, chose peu aisée vu la foule grouillant autour d'eux. Ils arrivèrent néanmoins jusque devant la gare de Central City assez rapidement : après avoir regardé autour d'elle, Alice soupira : aucune voiture ni même personne n'avait été envoyée pour venir les chercher à la gare. À croire que la reconstruction d'Ishbal n'était pas une mission suffisamment importante pour qu'on se donne la peine de le faire. Elle regarda rapidement Scar du coin de l'œil : afin de passer inaperçu , il avait mis une veste à large capuche qui cachait son front ainsi que de fines lunettes de soleil. Détail assez troublant vu le temps automnal, nota la militaire intérieurement .

« - Je crois que nous allons devoir faire un bout de chemin jusqu'à... » commença-t-elle avant de se demander où Scar devait-il dormir. À la caserne ? À l'hôtel ? On ne lui avait rien dit à ce sujet, et c'est seulement maintenant que le faible soleil commençait sa descente que ce problème se posait . Elle finit par demander à l'intéressé :

« - Où allez-vous dormir ?

- C'est à vous de décider, je suppose. »

« Quelle aide précieuse » ironisa-t-elle intérieurement. Enfin, il ne pouvait pas être plus avancé qu'elle sur le sujet, après tout . Elle décida d'aller voir à la caserne militaire de Central si elle pouvait y trouver une place pour Scar, au moins . Saisissant son sac un peu rapiécé, elle fit signe à l'Ishbal de la suivre, celui-ci s'exécuta docilement. Passant devant les devantures de magasins qui fermaient et de cafés qui ouvraient, ils arrivèrent finalement devant un petit bâtiment comportant le sigle de l'armée sur sa façade ; alors que la militaire s'apprêtait à entrer, Scar lança :

« - Ce n'est peut-être pas une bonne idée .

- Développez. »

Il lâcha un soupir quelque peu exaspéré : au bout de plusieurs heures de trajet silencieux dans un train plutôt inconfortable , il voulait juste se reposer au calme. Pas devoir expliquer le pourquoi du comment. Malheureusement , quand il vit le regard inflexible du Commandant fixé sur lui, il se rendit bien compte qu'il n'y avait pas moyen pour lui de se dérober.

« - Vous pensez vraiment que « le tueur d'Alchimistes d'État » sera bien reçu dans un endroit où vivent des chiens à la botte de l'armée ?

- Merci pour l'expression, grimaça Alice, cependant, c'est bien compréhensible . Je ne suis pas sûre qu'ils vous accueilleront à bras ouverts, sans compter que je suppose que vous ne portez toujours pas dans votre cœur l'armée d'Amestris, je me trompe ?

- Je n'ai plus de haine envers les militaires, juste de l'amertume. Je ne peux pas encore oublier les horreurs auxquelles j'ai assisté. Pour en revenir à l'idée de la caserne, je n'ai pas envie d'avoir à subir les regards en coin, voire pire. »

Il regarda son visage sur lequel les derniers rayons de soleil se posaient, cherchant quelles émotions se dessinaient sur ses traits : il ne vit juste qu'un pâle sourire sur ses lèvres. Ouvrant la bouche, elle répondit juste :

« Soit je suis l'exception à votre sentiment de haine, soit votre amertume est très forte. »

Après un court silence, elle descendit les quelques marches de l'entrée de la caserne et se posta devant l'Ishbal à la cicatrice.

« - Dans ce cas... Un hôtel, ça vous irait ?

- Oui.

- Bien , en route alors. »

Après avoir examiné plusieurs devantures d'hôtel - du plus louche au trop propre pour être abordable - ils trouvèrent finalement ce qu'ils cherchaient, quand le réceptionniste les arrêta d'un :

« - Plus de place !

- Et pourquoi ? s'enquit Alice, l'air à bout.

- Réunion d'Alchimistes d'État et de hauts gradés de tout le pays, sans compter un salon de prêt-à-porter pour bonnes femmes : la caserne est pleine à craquer et tous les hôtels, même les plus miteux, sont assaillis. Désolé, msieur-dames, renchérit l'homme entre deux âges, haussant les épaules .

- Il n'y a vraiment pas de place nulle part dans tout Central ?

- Sauf si vous voulez crécher dans une niche de Doberman, grinça le gérant.

- J'ai compris ! » grommela Alice avant de saisir son sac et faire demi-tour.

Scar n'eut pas d'autre choix que de suivre encore une fois le Commandant : il la trouva assise au bord d'une fontaine illuminée de quelques lampes, contemplant les étoiles qui commençaient à scintiller. Il s'assit à ses côtés sans dire un mot, se contentant de regarder les personnes alentour : malgré son accoutrement un peu louche, personne ne le remarquait, occupés à leurs petites affaires. De son côté , Alice restait le nez en l'air à regarder le ciel qui s'assombrissait de plus en plus. Décidant de rompre le silence, l'Ishbal demanda enfin :

« - Où vais-je dormir finalement ? Je n'ai pas envie que vous me déposiez dans un chenil, même pour une nuit .

- Contrairement aux « chiens de l'armée » , vous n'avez pas votre place dans un chenil, sourit-elle.

- Je suis désolé si je vous ai blessée, s'excusa l'Ishbal d'un air sincère.

- Ce n'est rien, murmura-t-elle après un blanc , j'ai eu pire. Et je comprends que vous puissiez encore nous voir comme des larbins de hautes instances. Depuis que je suis dans l'armée, j'ai l'habitude d'être victime de quolibets et autres. Et pour votre place cette nuit, je crois que ma maison est assez grande pour deux.

- Chez vous ? laissa-t-il échapper.

- Oui, ça vous dérange ?»

Cette possibilité le dérangeait un peu, effectivement. La voir différente d'une simple militaire, en pénétrant chez elle, cela l'angoissait légèrement : comment était-elle, loin du sable d'Ishbal, sans son uniforme rouge cardinal ? Est-ce que sa maison respirait la présence de l'Alchimiste Écarlate ? Malgré tout, il se résigna à cette idée.

« - Non, c'est d'accord.

- Ne vous inquiétez pas, il y a de la place, je l'ai déjà dit. En route, encore une fois .

- Vous habitez loin d'ici ?

- Plutôt, il faut remonter vers le Nord de Central. »


Bon gré, mal gré, ils se dirigèrent dans la direction opposée à l'hôtel, leurs sacs sur le dos . Alors qu'ils marchaient d'un bon pas, Alice s'arrêta brusquement. Avant que Scar ne puisse prononcer un seul mot, elle plaqua sa main gantée sur sa bouche avant de le coller au mur.

Elle lui murmura à l'oreille :

« - Il y a des gens qui nous suivent depuis un moment. Vous l'aviez remarqué, n'est-ce pas ?

- Oui, j'avais bien cette sensation, répondit-il à voix basse. Vous avez une idée de qui ça peut être ?

- Des nationalistes .

- Des nationalistes ?

- Des gens qui continuent à voir les Ishbals comme du gibier et veulent continuer à annexer votre terre sacrée. Ils peuvent sembler stupides, mais ils peuvent devenir de vrais bouchers : la plupart d'entre eux ont fait partie ou sont toujours de l'armée. Il y a plusieurs vétérans d'Ishbal dans le lot. Il faut être prudents.

- Ça ne finira donc jamais... fulmina Scar .

- Chuut ..! J'entends des pas. » l'interrompit Alice.

Se tendant comme un arc, elle se colla sur le mur à côté du balafré ; une voix grave se fit entendre, provenant de la rue adjacente :

« - Vous deux, la femme et l'Ishbal ! Qu'est-ce que vous faites à Central ?

- Voyage d'affaires, répondit laconiquement Alice.

- Vous faites des affaires avec des Ishbals ? Vous n'avez aucune dignité en tant qu'Amestris ? manqua de s'étouffer son interlocuteur.

- La dignité n'a rien à voir là-dedans, côtoyer des Ishbals n'est en aucun cas offensant à mes yeux. Vous êtes nationalistes, n'est-ce pas ?

- Exact , ma p'tite dame. Moi et mes quatre compagnons ici présents inspectons les quartiers de Central pour chasser l'Ishbal : ces vermines auraient dû crever il y a déjà un bon moment, si on les avait pas laissés s'enfuir : on rattrape nos erreurs, comme Solf Kimblee a tenté de le faire. Lui, au moins, c'était un militaire respectable !

- Vous trouvez respectable un homme qui tué cinq officiers supérieurs en plus de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de personnes ? s'offusqua la nièce du sus-nommé tout en observant le visage de Scar du coin de l'œil. Celui-ci était crispé de colère, tout comme ses poings .

- Ah ça, au niveau de l'extermination Ishbale, il n'y a rien à dire sur son action. Bon , revenons à nos moutons, Mademoiselle ! Laissez-nous l'Ishbal et vous pourrez rentrer tranquillement chez vous : c'est un bon deal, non ?

- Laissez-moi réfléchir : donner un compagnon en pâture à des nationalistes et rentrer tranquillement chez moi comme si je n'avais commis une telle lâcheté ? Non merci.

- Vous êtes sûre ? Si vous continuez dans cette idée, cria un autre homme, on vous fait sauter la tête en même temps que celle de ce chien d'Ishbal !

- Plus que sûre, messieurs.

- C'est bien présomptueux de vouloir vous battre à deux contre cinq, vous ne pensez pas ? ironisa un autre .

- Si vous êtes trop lâches pour agresser les personnes proches d'Ishbals, vous ne devez pas valoir grand-chose au combat.

- Oh , oh , oh ! Mais c'est qu'elle est bien sûre d'elle , la Demoiselle ! s'esclaffa à plein poumons son premier interlocuteur. Elle se croit plus maligne que nous. Annonce-nous qui t'es, avant que je réduise ton joli minois en bouillie !

- L'Ishbal dont vous parlez est Scar, que vous devez connaître. Quand à moi, continua-t-elle en dégainant un pistolet de sa poche intérieure de veste, je suis le Commandant Alice Kimblee. Un nom familier , non ? »

Au même moment, Scar bondit littéralement sur le groupe d'hommes en bleu : alors qu'Alice venait de tirer dans le genou de deux d'entre deux , il en avait déjà assommé deux autres. Le dernier était en train de s'enfuir à toutes jambes vers une autre ruelle tortueuse : Scar commença à le poursuivre avant d'entendre d'autres voix s'élever : il y avait des renforts ! Il lança un rapide regard alarmé à la jeune femme qui avait elle aussi entendu ces voix : rangeant prestement son arme, elle ramassa les bagages, attrapa la manche de l'Ishbal et se mit à détaler vers la gauche.

Après avoir couru une dizaine de minutes dans les quartiers sombres, des lanternes rouges et violettes commencèrent à apparaître ça et là sur le sol et entre les maisons, créant des ombres monstrueuses sur les murs de brique : les nationalistes continuaient de les poursuivre sans baisser l'allure. Se saisissant à nouveau de la manche de Scar, Alice commença à le guider à travers la foule grimée et colorée qui se pressait devant des échoppes vendant des articles plus bizarroïdes les uns les autres, sous l'œil étonné de son compagnon de fuite. Les rues, quoique lumineuses, étaient bien plus étroites que celles qu'ils venaient de quitter. Cependant, le Commandant se frayait un chemin sans aucune difficulté tandis que leurs poursuivants se faisaient semer peu à peu, écrasés par la foule, perdus dans le labyrinthe que formaient les rues. Zigzaguant entre des personnes aux masques brillants, colosses en costumes à rayures et autres saltimbanques, elle finit par ouvrir une petit porte rouge biscornue et s'y engouffra, suivie par Scar qui était plutôt perplexe vis-à-vis de la situation.

Qu'est ce que c'est que cet endroit ? se répétait-il en boucle. Actuellement, ils se trouvaient dans une espèce de petit cagibi encombré d'objets qu'il n'arrivait pas à distinguer dans la pénombre. Après avoir entrouvert la porte, Alice inspecta la rue pavée qu'ils venaient de quitter : il n'y avait plus aucune trace des nationalistes. Après avoir refermé la porte, elle se faufila près de Scar, cherchant quelque chose à tâtons sur le plafond : rapidement, elle sentit sous ses doigts le cadre d'une trappe sur laquelle elle frappa.

Un bruit de pas se fit alors entendre, puis la lumière les éclaira, montrant ainsi au-dessus le visage poudré de blanc d'une jeune femme à la queue-de-cheval haute : avisant Alice, elle soupira un :

« - Qu'est-ce que tu as fait, encore ?

- Je te raconterai ! Aide-moi à me hisser jusque là-haut, s'il te plaît. » répondit l'intéressée.

La jeune femme les aida tous les deux à sortir du cagibi : ils arrivèrent dans une cuisine aux couleurs vives, avec une majorité de bleu roi et de carreaux jaunes canari qui brillaient sous la lumière forte de l'éclairage. À part eux trois il n'y avait personne, seulement une énorme pile de tasse en équilibre instable près de la cuisinière : leur sauveuse les invita à quitter la pièce pour aller dans la pièce à côté d'où s'échappait une grosse voix joviale.

« - Ma petite Aliiiiiiiiiice ! fut tout ce qu'entendit le Commandant avant de se faire presque broyer par deux énormes bras, tu m'as tellement manquéééé !

- Toi aussi, Gino, mais est-ce que tu pourrais me lâcher avant de me casser les côtes ? sourit la « petite Alice».

- Oui, oui, pardon !»

Le dit-Gino était un colosse de deux mètres, aux épaules carrées à la moustache en forme de guidon impressionnante ; derrière lui étaient assis des hommes et des femmes tout aussi grimés les uns que les autres. Une voix se fit soudain entendre :

« Qu'est ce que c'est cet endroit ?! »

Scar avait enfin exprimé ce qui le tracassait depuis plus de vingt minutes : qu'est ce que c'était que cet endroit ? Ce n'était décidément pas le genre de lieu où il s'attendait à ce que le Commandant aie des relations, pas du tout . A cela s'ajouta une autre question :

« Et qui êtes-vous ? »

À peine avait-il fini sa phrase qu'un jeune homme longiline en costume à rayures verticales noir et blanc bondit hors de son siège et plaça son visage juste en face de celui de l'Ishbal.

« - Nous sommes la troupe Ciiiirque Trrrragiiique et vous êtes ici dans noootre demeure et aussi lieu de travail, notre Cirque à nous, rien qu'à nous ! Plus généralement parlaaaaaant , vous êtes au cœur même du « Maze » , alias le Labyrinthe de Central ! C'est ici qu'on a enfermé tous les loufoques et autres artistes méconnus que nous soooommes ! lui apprit-il avec un sourire démesuré et son accent traînant, mais n'ayez crainte ! Nous ne sommes pas dangereeeeuux ! Juste un peu... fous. Voici Gino , notre « papa » à tous, ainsi que Aprella, Candace, Kurtis, Violette, Ophélie, Niclas et ensuite moi-même, Octave, Zoé qui vous a sorti du cagibi souterrain et bien sûr Alice. Satisfait ? "

Une fois la surprise passée - ce qui prit quand même un moment, Scar répondit :

«- Exactement. C'est tout de même bizarre qu'un membre de l'armée d'Amestris ait ses habitudes ici, non ?

- Je ne suis pas née militaire, contrairement à ce que vous pourriez croire, déclara Alice avec une moue mi-amusée, mi-boudeuse .

- Alice, je crois que nous avons tous faim ! Et j'ai besoin de toi dans la cuisine en urgence pour la tambouille ! s'exclama brusquement Zoé en se saisissant du poignet du Commandant et l'entraînant dans la pièce adjacente.

- Mais je ne vais pas le laisser tout seul ic-

- Il est suffisamment grand pour se défendre et y'a aucun danger par ici, hein ?» l'interrompit Zoé avant de refermer la porte derrière elles.

Et c'est de cette manière que Scar fut seul, debout face à des personnes qu'il ne connaissait que de nom. Lui tirant une chaise, Niclas l'invita à s'asseoir, l'air plus calme que quelques secondes auparavant, l'encourageant d'un : « Je ne vais pas vous maaaanger ! » : celui-ci obtempéra presque malgré lui.

« - Pour répondre à votre question de tout à l'heure, ce n'est pas étrange qu'Alice soit bien accueillie ici, exposa calmement Gino.

- Et pourquoi ? s'étonna l'Ishbal, le sourcil levé .

- Avant de vous répondre, je voudrais vous demander : comme vous la côtoyez tous les jours à Ishbal, comment la voyez-vous ? Je sais comment elle vous voit, sourit-il , elle nous écrit assez souvent ; mais je veux savoir comment, vous, vous la considérez.

- Je ne lui ai jamais vraiment prêté attention mais elle semble bien travailler et être déterminée à exécuter son travail le mieux possible. Mais comme je ne lui parle pas beaucoup ou quoi que ce soit, je ne peux pas tellement développer .

- Je vois, vous n'êtes pas très curieux . Ou plutôt, vous semblez assez renfermé sur vous-même. Enfin, là n'est pas le sujet, j'ai ma réponse donc je peux mieux vous exposer pourquoi Alice est populaire par ici.

- Bien.

- C'est très simple, au fait : Alice a intégré l'armée à 22 ans, en ayant un poste à Central City, qui est généralement tranquille, sauf dans ce quartier. Vous avez dû le voir, ce n'est pas du tout le quartier d'affaires plan-plan, donc rien d'étonnant à ce que les gens se lâchent lorsqu'ils passent la soirée ici : ça donne souvent lieu à des bagarres et autres tumultes. Un soir, alors que des hommes sortaient plutôt arrosés d'un pub non loin d'ici, ils se sont mis à se battre pour Dieu-sait-quoi. Malgré la mauvaise image que nous avons généralement de l'armée par ici, quelqu'un a donné l'alerte car ça devenait vraiment violent et personne n'arrivait à les séparer. Quelques temps plus tard, un groupe de personnes armées sont arrivées, dissipé les badauds et ont mis en très peu de temps ces gaillards au tapis ; ce qui était assez surprenant vu le petit gabarit du chef apparent de l'unité. Après s'être assuré que les bagarreurs allaient passer une nuit au frais et que ces hommes étaient partis, il s'est laissé tomber à même le sol, écroulé de fatigue. Zoé est alors allé vers lui pour voir c'était plutôt ELLE. Loin de se laisser démonter, elle l'a emmenée ici pour la mettre au chaud - il commençait à pleuvoir des hallebardes dehors - et se reposer : depuis plusieurs jours qu'Alice était de service de nuit, elle n'avait eu que très peu de temps de repos. Elles se sont mises à discuter et, au détour d'une phrase, Zoé lui a expliqué que le gouvernement faisait pression sur le Maze, financièrement parlant, pour que les établissements ferment et le quartier soit rasé . En guise de reconnaissance, Alice a dépensé une partie de l'héritage de sa famille pour nous aider, ainsi qu'une partie du quartier : nous lui devons beaucoup. Sans elle, nous serions sans nourriture ni toit. »

Remarquant le regard perplexe de Scar, il ajouta avec un demi-sourire :

« - Vous ne vous en doutiez pas, n'est-ce pas ?

- Pas du tout, confessa l'Ishbal. C'est très...

- Gentil ? Désintéressé ?

- On peut dire ça comme ça.

- La génétique ne fait pas du tout, monsieur Scar » le coupa Gino qui se levait pour aller appeler Alice et Zoé, laissant Scar seul face à ses pensées.


« - Les filles , mon estomac crie famine ! s'exclama joyeusement une fois le seuil franchi.

- Ça arrive , maîîîîîître , ironisa Zoé.

- Alice.

- Oui ?

- Content de voir que tu vas bien.

-Merci, fit-elle avec un demi-sourire .

- Bon, vous vous tiendrez le crachoir une autre fois ! À taaaaable ! »


Sur ces mots, Zoé poussa la porte rouge vif et atterrit au milieu de ses compagnons, portant la casserole de soupe brûlante entre ses mains, suivie par Alice qui soulevait la pile d'assiettes et de couverts. Après avoir déposé tous les plats, elles réussirent à se trouver une chaise libre et à dîner tous ensemble, dans le ... presque-silence . En effet , si Scar ne disait mot et Alice n'était guère plus loquace, les membres du Cirque Tragiques'interpellaient, rouspétaient et riaient à gorge déployée à propos de tout et rien. Au bout d'environ une heure, Gino sortit une imposante montre à gousset de sa poche et se tourna vers Alice :

« - Désolé Alice, mais ça va être l'heure du boulot. Sans compter que vous en avez encore pour une trotte pour aller jusque chez toi, il vaut mieux que tu repartes tout de suite.

- C'est bien ce que je pensais. Ne fais pas cette tête mortifiée, s'esclaffa-t-elle, je ne vais pas squatter ici !

- Tu repars quand ?

- Demain soir, normalement.

- Tu vas me manqueeeeeeeer ! se lamenta Gino avant de la serrer à nouveau dans ses bras de colosse .

- Je sais, mais je reviendrai vous voir !

- Promis ?

- Promis !»

Récupérant leurs sacs dans la cuisine, Scar et Alice reprirent la route vers le Nord de Central City, marchant au milieu des lanternes multicolores du Maze jusqu'à revenir aux banals lampadaires de la ville.


Ils arrivèrent devant une grille en fer forgé, protégeant une maison aux mesures imposantes : plus un manoir qu'une maison, à vrai dire . Sortant une clé de sa poche, Alice ouvrit la grille puis la porte d'entrée rouge vermillon, Scar sur ses talons, avant d'allumer la lumière. Ils se trouvaient dans un petit hall qui donnait sur quatre portes.

« - Ici, c'est le premier salon, à côté la salle à manger, exposa Alice en montrant sa droite ; en face, c'est le second salon et la cuisine, qui est la plus grande pièce de la maison.

- Pourquoi deux salons ?

- Pour être sincère... je n'en ai aucune idée confessa-t-elle voyant un fin sourire sur le visage de Scar. Passons à l'étage. »

En haut du premier escalier, deux ailes : ils prirent l'aile Ouest . S'arrêtant devant une porte écru, elle prit une autre clef sur un trousseau et l'ouvrit, accompagnant son geste d'un : « Et voilà votre chambre .»

C'était une chambre à coucher sobre, à part les murs qui étaient d'un bleu plutôt vif. Un lit deux places trônait au milieu du mur de gauche tandis qu'une bibliothèque et une cheminée meublaient le mur parallèle.

« - Merci beaucoup.

- Je vous en prie. Si jamais vous me cherchez, ma chambre est la dernière pièce de l'aile Est, avec une porte vert clair.

- D'accord .

- Oh, j'allais oublier ! s'écria-t-elle avant de regarder dans la bibliothèque, voici une clé pour vous ! Vous pouvez ouvrir toutes les portes avec cette grande clef, mais la petite, elle ouvre une petite pièce, et je vous défends d'y entrer , « je vous le défends de telle sorte, que s'il vous arrive de l'ouvrir il n'y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère. »

Remarquant l'air perplexe de son interlocuteur , elle révéla avec le rouge aux joues :

« - Juste une réplique de contes de pour enfants.

- Lequel ?

- « Barbe-Bleue» , mon préféré quand j'étais gosse. Sur ce, bonne nuit !

- Bonne nuit. »


Du sable rouge, à perte de vue, qui lui colle aux pieds. Il sent une odeur de cadavres, de soufre et de sang tandis que ses yeux plissent face au soleil trop étincelant. Soudain, il sent sous ses pieds une main terriblement froide, puis une autre, et encore une autre : celles de son frère, sa mère, son père . Couverts de sang, fermant leurs yeux à jamais. Il lève son visage vers le ciel, en direction du soleil qui n'est plus là, remplacé par un astre noir. Soudain, il voit une main tatouée d'un cercle se poser sur son visage. Puis l'obscurité.


Coin - coin le canard - de l'auteur:

Quelle fin pleine de suspense , MOUHAHAHA .