Voici enfin la suite de cette histoire... Je suis profondément navrée pour cet ignominieux retard, et je ne trouve vraiment pas d'excuse qui puisse le justifier...
Je vais donc me contenter de vous prévenir, qu'il s'agit d'un flash back avec un point de vue différent sur le chapitre 6, et vous souhaiter une bonne lecture.
Les dessous du problème
Une grosse demi-heure avant qu'Alec n'ait de gros problèmes de concentration…
Un homme vêtu de noir de pied en cap se glissa furtivement dans la salle de Hell's Doors, puis se mit à longer les murs jusqu'à l'alcôve 13. Heureusement pour lui, des hommes en noir à l'attitude furtive, ce n'était pas ce qui manquait dans cette boîte. Particulièrement le premier jeudi de chaque mois, qui voyait arriver un groupe de metal sur la scène du célèbre club. Célébrité toute relative cela dit. Mais dans le milieu underground londonien, Hell's Doors était une référence incontournable. Il était donc fréquenté par bon nombre de grands bruns ténébreux, et les videurs ne s'offusquaient pas d'une attitude qui aurait pu passer pour une tentative de fraude n'importe où ailleurs. Chose que l'homme avait remarquée, et qui lui avait valu un immense soulagement. C'était quand même de la folie de venir ici, mais il était trop tard pour regretter d'avoir tenu son « ami le plus cher » au courant des aléas de son existence.
L'homme se glissa dans l'alcôve 13 en maudissant son incapacité à se lancer un sort de camouflage efficace, sa résistance aux potions, et son soi-disant ami auquel il attribua mentalement une espérance de vie d'une heure. Et il était généreux.
Que n'aurait-il pas donné pour n'avoir jamais informé Lucius Malefoy qu'il n'était pas mort ? Et encore plus pour ne pas lui avoir donné de moyen de le joindre. Mais dans sa grande bêtise – il plaiderait la folie passagère, ou le sort de confusion – il lui avait donné une adresse. Pas la sienne bien sûr. Il n'était pas fou quand même ! Mais une adresse qu'il fréquentait suffisamment souvent que pour recevoir du courrier dans des délais raisonnables. Et il aurait vraiment voulu ne jamais recevoir cette lettre.
Non mais franchement ! Une boîte de nuit à la périphérie de Londres ?! Et puis quoi encore ? Godric et Salazar dansant la macarena sur le comptoir des Trois Balais ?
En parlant de Lucius, il était peut-être temps de lui faire sentir qu'il n'était pas heureux d'être là. Et que dire qu'il n'était pas heureux était un doux euphémisme. Du même genre que de dire que chatouiller un dragon en train de dormir était potentiellement dangereux.
Ses yeux s'étrécirent dangereusement. Lucius allait souffrir. Oh oui, il allait souffrir !
Quant à Lucius... ma foi, il s'en doutait déjà, qu'il allait souffrir. Mais il n'allait pas le dévoiler d'entrée de jeu et c'est donc avec aplomb qu'il accueillit son ami et commença à tourner autour du pot.
- Severus, mon cher ami, comment vas-tu ? Cela fait bien trop longtemps que nous n'avions pas eu l'occasion de nous voir.
- Pas assez longtemps, Lucius. Je crains de n'apprécier que très moyennement ce genre d'invitation impromptue et surtout risquée.
- Voyons mon cher, qui viendrait te chercher ici ? Qui serait assez tordu pour rechercher un ancien Mangemort supposé mort dans une boîte de nuit ouverte aux Moldus et diffusant une musique assourdissante n'obéissant à aucune règle de composition classique ?
- Le hasard. C'est ce petit élément que tu oublies avec une régularité effarante qui a fait échouer un bon nombre de tes plans si mes souvenirs sont bons...
Et de fait, un peu plus tard, Severus Rogue jubilait ! Evidemment, cela ne se voyait pas. Il était un espion accompli sachant cacher à merveille ses émotions. Même s'il était un espion à la retraite, il n'avait rien perdu de ses capacités hors du commun en matière de dissimulation des sentiments. Et puis son but était d'énerver Lucius et surtout de le mettre très mal à l'aise. Par conséquent, il ne pouvait lui montrer qu'irritation et dédain. Il réussissait d'ailleurs au-delà de ses espérances. La vue d'un Malefoy déstabilisé était toujours des plus réjouissantes.
Mais il allait peut-être songer à se montrer enfin un peu clément et laisser son ami expliquer la raison de sa convocation. Après tout, il avait déjà payé pour le dérangement, et hors de l'alcôve, les animaux qui essayaient de se faire passer pour des êtres humains semblaient juger qu'ils avaient déjà passé trop de temps dans cette alcôve, comme l'avait prouvé l'aperçu furtif qu'il avait eu d'un jeune homme complètement débraillé accroché aux tentures. Gamin lubrique… et non ! Il n'avait pas maté ! Que ce gamin expose sa peau si cela lui chantait, ça n'obligeait pas les gens à le regarder.
Il n'empêche que cette intrusion, aussi brève eût-elle été, était quand même assez contrariante. Encore une preuve de la négligence de Malefoy. Il avait lancé un sort de silence double, très bien. Ainsi ils pouvaient s'entendre sans être entendus. Un sortilège repousse-moldu, sage précaution. Mais ! Il n'avait pas pensé qu'il y avait aussi des sorciers dans cette boîte. Et ÇA avait été le bras droit de feu Lord Voldemort ! Pas étonnant qu'il ait perdu la guerre avec une telle aide.
Si Severus ne s'amusait pas comme un petit fou quand le gamin avait entrouvert l'alcôve, nul doute qu'il l'aurait catapulté à l'autre bout de la salle manu militari. Le maître des potions spécula un moment sur le fait de savoir si cela aurait créé ou non de l'animation de voir passer un gamin volant. Il n'en était pas sûr. Ces gens qui passaient leurs soirées dans ce genre d'endroit avaient décidément de drôles de mœurs. Non, un gamin volant ne les aurait probablement pas distraits de leurs diverses occupations et non-occupations. Même avec le pantalon baissé sur les chevilles.
Mais revenons à nos sombrals. Severus Rogue, premier ordre de Merlin à titre posthume, mais néanmoins bien vivant, pria dans sa grande magnanimité un Lord Malefoy à deux doigts de se tortiller sur son siège d'expliquer les raisons de sa si cavalière convocation.
- Et en quoi consiste donc ce… service qui nécessite que je m'expose de façon aussi inconsidérée, mon… ami ?
- J'ai pensé à une façon de racheter mon nom aux yeux du ministère, et peut-être même de la population sorcière avec un peu de chance.
- Et bien sûr, tu n'es pas capable de le faire tout seul et il te faut une potion des plus complexes pour y parvenir. Quelle est donc cette… idée de génie ?
Malefoy toussota.
- Elle consiste en le sauvetage d'une personne disparue, un héros de guerre.
Et après avoir reçu l'explication en question, son air irrité et dédaigneux n'avait plus rien de feint. Il était même carrément furibond ! Il ne lui demandait quand même pas de ramener le morveux Potter ?
- Si tu veux mon aide pour retrouver Potter, je me verrai contraint de te faire remarquer que tu es un imbécile au QI inférieur à celui d'un scroutt.
- Ce n'est pas Potter.
Non, quand même pas, il avait donc encore un minimum de bon sens…
- En fait, cette personne est coincée dans une Arche de la Mort, et je pense avoir trouvé la solution pour la ramener…
... Ou pas ! Ramener le clébard ? Sirius Black de son petit nom ? La catastrophe ambulante de sa scolarité ? Une des raisons de son enrôlement chez l'autre fou du Doloris ? Et puis quoi encore ? On lui demanderait peut-être d'aller gratouiller le calmar géant derrière les oreilles ou d'apprendre le tango aux scroutts d'Hagrid ?
La bêtise de Lucius Malefoy était décidément sans borne. Ainsi en décréta son ex-ami et parrain de son enfant. Non mais ! Si LUI acceptait de ramener Black, alors Voldemort avait été fou amoureux de Dumbledore et rêvait de passer ses journées à tricoter…
Lucius se dandinait presque sur sa chaise, mal à l'aise.
Rogue s'était levé, les narines frémissantes de colère et le sourcil ombrageux.
- Je ne t'aiderai sûrement pas à ramener le sac à puces dans le monde des vivants ! Pourquoi crois-tu que je ne suis pas mort à part pour éviter de tomber sur lui ?
Et trois heures plus tard, il n'en avait toujours pas démordu. Le pauvre Lucius Malefoy, passablement ébouriffé de s'être tiré les cheveux de désespoir et de s'être fait bousculer par un troupeau d'animaux en rut – en courant après Rogue qui avait décrété qu'il ne passerait pas une minute de plus dans cet environnement délétère –, ne savait plus que faire… Que pouvait-il bien proposer à cette tête de botruc pour qu'il l'aide ? Que pouvait bien souhaiter un amateur – pardon, adorateur – de potions tel que lui ? Et mage noir surdiplômé, n'oublions pas de le préciser. (L'académie Jedusor, la meilleure garantie d'une formation d'élite en toutes matières viles et retorses !)
Non, décidément, il ne voyait pas… Tout en courant derrière Severus dans l'air piquant de la nuit londonienne, un Lucius un brin essoufflé abattit sa dernière carte :
- Severus ! Attends ! Narcissa… Narcissa m'a dit qu'elle avait trouvé un moyen de se débarrasser de la Marque des Ténèbres !
Ledit Severus s'arrêta, se retourna et toisa son ami haletant avec un petit rictus sarcastique et suffisant.
- Mon cher Lucius, tu penses bien qu'il y a longtemps que je me suis débarrassé de cette marque d'infamie.
Et il releva sa manche gauche pour exposer au regard gris acier éberlué la peau livide et totalement vierge de son avant-bras gauche.
- Mais… mais… comment as-tu fait ?
Le balbutiement qui franchit laborieusement les lèvres du blond lui donnait un petit air de poisson lave-vitre, du moins d'après Severus. Cette constatation ne fit qu'accroître le petit sourire suffisant qui lui étirait le coin des lèvres, lui donnant l'air du chat qui a avalé un canari tombé dans un bol de crème.
- Disons, mon très… cher… ami... qu'il y a quelques avantages indéniables à ne pas être un sorcier de sang pur.
Et dans un tournoiement de capes – tout aussi breveté que le regard noir – Rogue s'éloigna et se fondit dans la nuit.
Si on voulait résumer la situation à l'heure actuelle, on pourrait le faire ainsi : Lucius, énormément désappointé, s'est fait larguer devant les portes de l'enfer par son plus ancien ami. Il désespère de pouvoir retrouver un jour son statut – et sa fortune par la même occasion – il est pourtant très sûr de sa méthode pour ramener Sirius parmi les vivants, sauf qu'il n'a pas les compétences pour et que seul le bâtard graisseux – oups, que voulez-vous, les surnoms trouvés par les Maraudeurs ont tendance à ressortir quand on s'énerve – peut lui concocter. Il fallait quand même avouer qu'il était diablement doué avec tout ce qui doit mijoter, le bougre ! Et l'aristocrate de regretter amèrement que ce soit lui qui doive mijoter à présent… Cela promettait d'être pénible.
Severus, quant à lui, après avoir fait son petit numéro de vampire – ou un remake de la pub pour Sandeman, au choix – filait à présent ventre à terre vers le premier coin discret qui lui permettrait de transplaner loin de toute cette folie. Il voulait retrouver ses fioles, cajoler ses chaudrons, et surtout, surtout, ne pas se laisser émoustiller par l'idée que la potion requise par Malefoy était sans aucun doute horriblement complexe et dangereuse. Deux qualités qui lui ont toujours provoqué des réactions bizarres au niveau des genoux.
Et quant à Alec, il avait trouvé une surface horizontale ou presque, où lui et Dylan s'ébattaient comme un couple de lapins en rut soit… le toit de Hell's Doors. Toit qui était légèrement instable pour la petite histoire, et « foutrement inconfortable » souffle l'esprit pratique d'Alec… ou peut-être ses fesses actuellement posées sur une anfractuosité des tuiles.
Pour les petits curieux qui voudraient passer à une vue encore plus large, on peut également mentionner que Max est en train de serrer son oreiller en marmonnant : « Non non ! Pas cui cui, préfère les œufs, Maman ! ».
Narcissa Malefoy était très occupée à jeter des regards courroucés à la pendule du petit salon bleu entre deux gorgées d'un vin millésimé hors de prix. D'ailleurs, il était plus que probable que Lucius la tancerait au sujet du vin dès qu'il le découvrirait. Il n'avait plus les moyens de s'acheter du vin d'Avalon à l'heure actuelle, et ça le chagrinait au moins autant que le fait de ne plus pouvoir soudoyer le Premier Ministre. Lucius était d'ailleurs la cause des regards noirs de sa tendre moitié. Elle avait prévu qu'il aurait dû rentrer il y a trois quarts d'heure au moins. Elle serait quand même à moitié magnanime, il est vrai que Severus n'avait jamais été très manipulable… même pour elle. Nonobstant, c'était bien elle qui devrait s'y coller la prochaine fois vu que son incapable de mari allait sans doute revenir bredouille.
Bellatrix était... en train de se déhancher sur la piste de Hell's Doors. Ou plus exactement, elle était très occupée à faire un solide headbang qui envoyait ses pointes fluo dans la figure de ses deux voisins à la pilosité aussi prononcée que leur musculature. Sans doute avaient-ils des ours ou des yétis dans leurs aïeux. Voisins qui, heureusement pour elle, n'avaient pas l'air de trouver cela particulièrement dérangeant et lui renvoyaient de temps à autres leur propre abondante chevelure.
Et dans un phare en Normandie, un homme noir de haute stature se réchauffait devant une bonne flambée dans l'une des pièces du bas.
Et voilà pour ce chapitre. Encore navrée qu'il se soit autant fait attendre...
