Chapitre 7 : La mission de rang C ! (Partie 1)

Suite à un coup de poignard qu'une femme m'a planté dans le coeur, j'ai décidé d'arrêter d'écrire jusqu'à ce que j'aille mieux si je n'ai pas fait de bêtise entre-temps. J'ai connu jusqu'à présent deux catégories de femmes sur trois : celles qui font partie de la famille, celles qui ont le coeur si sec qu'elle ne sauront jamais aimer (si tant est si bien que l'amour existe dans le monde réel) et enfin, ce que j'ai cru rencontré un jour mais qui s'est avérée être de la deuxième catégorie après 4 années, celles qui ont un coeur, celles qui peuvent m'aimer pour qui je suis. A croire que cette catégorie là n'existe pas. J'en viens à me le demander parce que je commence à perdre espoir. Bon ben bonne lecture.

L'équipe marchait d'un bon pas vers la montagne. Homura n'était pas mécontent de voir enfin le paysage varier. À Konoha, ce n'était que forêt et arbres à perte de vue. Les incessants voyages avec sa mère ne l'ont pas habitué à une telle stabilité. Durant le voyage, Shikamaru les interrogea sur leurs facultés afin de mieux les connaître et construire une stratégie principale de l'équipe 7 autour. Le garçon aux yeux dépareillés et aux cheveux argentés ne s'en intéressait pas plus que ça. Pour lui, la meilleure stratégie était de foutre un coup dans la tête à l'ennemi le plus proche et passer ainsi au suivant.

-Je ne suis jamais allé en montagne, dit Hanabi au deuxième jour du voyage.

-Maman et moi, on passait parfois par des montagnes durant nos voyages, raconta Homura.

-Vraiment ?

-Ouais.

Homura leva les yeux vers le sommet blanc de la montagne qui se rapprochait, un sourire lui vint.

-Là-haut, l'eau est toujours fraîche, l'air est doux et pur, les baies dans les buissons sont succulentes. Et quand tu admire le paysage au sommet, tu te dis que tu es le roi du monde.

-À t'entendre, la montagne c'est le paradis.

-Partout où j'allais c'était plus ou moins le paradis parce que maman était là. Elle m'apprenait à voir ce qu'il fallait voir. Mais c'est vrai que j'aime beaucoup la montagne en général, surtout à cause de la neige qui y tombe à coup sûr.

-La neige... je n'en ai jamais vu en vrai. Je sais juste qu'elle est blanche et qu'elle est froide.

-Le climat de Konoha ne porte en effet pas à la neige, confirma Shikamaru. Il est toute l'année printanier.

-Et donc le village ne change jamais de visage, soupira Homura. C'est désolant...

Néanmoins le garçon sourit de nouveau en se tournant vers Hanabi.

-Ouais, elle est froide mais elle est belle, surtout quand tu arrives après tout une nuit de neige. Tu découvres jusqu'à l'horizon un tapis blanc sans empreinte, sans brin d'herbe, sans rocher, un terrain vierge de toute présence. C'est ce que je préfère dans les montagnes.

Hanabi se fit songeuse en regardant le sommet de la haute montagne, recouvert d'une couche de blanc. Elle avait beau s'imaginer, elle n'arrivait pas à imaginer le contact avec la neige.

-C'est sans doute parce que la neige te correspond, Homura.

-Vous croyez, Shikamaru-sensei ?

-Ouais, quand j'y pense, tu me fais penser à un flocon de neige. Contrairement aux gouttes de la pluie, les flocons de neige ne se ressemblent pas, ils s'adaptent aux changements du vent et lorsqu'ils touchent le sol, ils changent de forme, que ce soit pour rester à l'air libre et s'unir aux autres flocons ou bien fondre et se glisser dans la terre pour nourrir la nature. La pluie et la neige se ressemblent mais sont différentes.

-Et moi sensei ? Est-ce que je reste en surface ou alors je fonds dans la terre ? Demanda malicieusement Homura.

-Pour l'instant tu tombes du ciel, mais tu n'es plus balloté par le souffle du vent.

-Peut-être parce que j'ai trouvé un endroit où atterrir.

-C'est même certain, confirma Hoshi. Moi aussi j'ai beaucoup voyagé avant de revenir à Konoha.

-Revenir ?

-J'y suis né mais j'ai dû y partir très jeune.

-Pourquoi ?

-Hm... je ne m'en souviens pas, avoua Hoshi en souriant.

Néanmoins, Shikamaru s'aperçut que son sourire avait un léger voile de tristesse, il fut le seul et garda ça pour lui.

Jusqu'à présent, ils avaient dormis autour d'un feu en pleine nature mais en fin de journée, ils se retrouvèrent devant une auberge.

-C'est vrai ? On va dormir ici ? Demanda Homura, étonné.

-Tu en poses de ces questions, soupira Shikamaru pour la énième fois.

-Vous aimez vraiment pas expliquer les trucs, fit remarquer malicieusement le garçon.

-Ouais, mais j'aime encore moins les enfants.

Et malgré la puissance de la jeunesse de Konoha, l'Hokage était bien la pièce « Roi » du shogi. Après tout, sans l'Hokage pour diriger les ninjas, plus rien n'aurait de sens et plus rien n'irait. Et Asuma pensait comme lui.

-On se demande pourquoi vous avez voulu être le capitaine d'une équipe de genin, dit Hanabi, suspicieuse.

-C'était soit ça, soit l'Hokage me collait aux missions de rang A. Entre risquer ma vie à chaque mission et tâcher de survivre à trois gamins, le choix fut vite fait.

-En résumé, vous êtes non seulement un super branleur mais en plus vous êtes un lâche, se moqua Homura.

-C'est une interprétation comme une autre...

-Vous rabâchez, fit remarquer Homura en songeant à la première fois qu'ils se sont parlés. Dites, il faudra prendre au moins deux chambres, Hanabi ne peut pas dormir près de mecs.

-Je suis déjà au courant, j'avais déjà réservé trois chambres. Mais je lui ai déjà expliqué que pour des missions futures, elle devra s'habituer à dormir avec le reste de l'équipe dans une tente.

-Si c'est nécessaire, je le ferai, affirma Hanabi. Je m'y habituerai, sensei.

Ils furent relativement bien accueillis et les chambres étaient simples mais confortables. Homura et Hoshi posèrent leur sac au pied de leur lit jumeau. Après quelques étirements, le garçon aux cheveux argentés décida d'aller faire un tour sur le toit. Il en descendit pour marteler la porte d'Hanabi, impatient.

-Hanabi ! Hanabi !

-Quoi ? Demanda-t-elle une fois la porte ouverte. Et ne frappe pas la porte comme une andouille.

-C'est génial, il faut que tu vois ça !

Sans lui demander son avis, Homura saisit le poignet de la fille et l'entraîna avec lui sur le toit de l'auberge. Surprise, elle se laissa faire.

Arrivés sur le toit, sous un ciel noir étoilé, Homura pointa du doigt le lointain en direction d'un rocher illuminé par les lumières du village, éclairant cinq visages sculptés. C'était ceux des Hokage. Konoha était déjà si loin.

-C'est la première fois que je vois Konoha si loin, avoua Hanabi.

-Tu n'as jamais quitté le village avant ?

-Non. Voyager... est une notion avec laquelle j'ai du mal.

-J'imagine que beaucoup d'autres enfants ne sont jamais allé aussi loin de Konoha non plus.

Homura fixa longuement les lumières lointaines, songeur.

-Moi au contraire, on finissait toujours par quitter l'endroit où on vivait, maman et moi.

-Vraiment ?

-Oui. C'est peut-être à cause de ça que je déteste ce qui ne change pas. Je suis trop habitué à bouger de partout. Tant que maman était avec moi, peu importe où j'allais, elle veillait sur moi et m'aimait.

-Pourquoi ne vous êtes-vous jamais définitivement arrêtés de voyager pour vous installer quelque part ?

-Je ne sais pas... j'en ai peut-être une idée mais...

-Eh bien dis-la.

-Ben... peut-être pour retrouver... quelqu'un...

Homura se fit lointain, comme si il cherchait à fuir la conversation en plongeant dans son esprit pour être sourd aux paroles. Hanabi le sentit, hors le seul sujet pour lequel Homura se fermait complètement, y compris en compagnie de Sakura, était son père.

-Ton père est toujours en vie ? Demanda-t-elle sans détour.

-Maman ne m'a jamais dit qu'il était mort... mais ne m'a jamais dit non plus si il était vivant. Et puis je ne veux pas en parler.

-Pourquoi ?

-Je n'ai pas envie, c'est tout !

-Tu fuis plutôt. Tu as peur de quelque chose, tu as peur d'y croire. Tu as trop souffert de la mort de ta mère pour découvrir si oui ou non ton père est bien mort.

-Ton Byakugan lis dans les pensées maintenant ?

-Il suffit de te connaître et de se mettre à ta place. Si une telle chose s'était produite, si on tuait mon espoir de revoir le dernier membre de ma famille en vie, je serai brisée.

-Arrête ! N'essayes pas de le faire, tu es incapable de comprendre ce que je ressens ! S'énerva Homura.

-Fuir ne sert à rien, on n'échappe pas à ses désirs.

-Tu parles... quand tu auras l'âge, toi tu seras mariée de force sans qu'on prenne en compte tes désirs.

-C'est faux, mon désir le plus profond est de faire perdurer le clan, c'est ma priorité absolue.

-Mais si tu ne l'aimes pas ?

-J'apprendrai.

-...

-Et arrêtes de considérer ça comme un crime. Je ne t'ai pas attendu pour m'y préparer. Et je ne vais tout de même pas me marier tout de suite.

-Mouais...

-Toutes les femmes ne sont pas comme Hinata-oneechan.

-Et toutes ne sont pas résolues comme toi...

Homura était mal à l'aise, il n'avait plus l'impression de parler à une fille de son âge mais à une adulte, une adulte résolue à suivre la voie tracée par sa famille et non la voie de son cœur. Et c'était sans doute pour se protéger de désirs indésirables qu'elle était si fermée.

-Tu sais qui tu épouseras ? Demanda Homura d'un ton plus calme.

-Non, mais ce sera sûrement un membre de la soke. Ou quelqu'un de très méritant. Mais entre-temps, moi aussi je devrai faire mes preuves en tant que futur chef de famille.

Homura eut un petit rire.

-Qu'y a-t-il ? Demanda Hanabi.

-Rien, j'ai juste remarqué que ça faisait un moment qu'on ne s'était plus disputés. Là je regarde Konoha au loin et j'ai déjà envie d'y retourner, alors qu'avant j'aurai préféré m'en éloigner plus souvent.

-Pourquoi ?

-Parce qu'il y a des gens qui me manquent je crois.

-Ces derniers temps je te trouve changé. Tu fais ton possible pour m'aider, tu ne fais plus de bêtises, tu ne te vantes presque plus, tu es plus raisonnable, un tel changement est bizarre.

Homura déglutit en suant. Il tenta alors une retraite habile.

-Il fait un peu froid, je rentre.

Mais Hanabi saisit son poignet, l'empêchant de s'enfuir.

-Pour ton père, d'accord je suis mal placée et si tu ne veux pas en parler maintenant ça te regarde, mais pour ton comportement actuel, je ne te laisserai pas te défiler. Que cherches-tu à prouver, là ?

-... parce que...

-Oui ? Encouragea Hanabi.

Homura inspira et se tourna vers Hanabi, il n'était plus ce garçon insouciant et farceur, il était déterminé et des flammes brûlaient dans ses yeux.

-Parce que si je deviens plus fort, plus intelligent, plus responsable et plus mature, je pourrai tenir tête à des types balèzes comme Itachi ! Je pourrai alors éclater ce Sasuke si jamais il ose encore blesser le cœur de Sakura !

-... je vois. Je comprends, tu cherches à devenir plus fort.

-Ouais... pardon pour t'avoir inquiété.

-Ce n'est pas grave et honnêtement, ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus à présent.

Homura cligna des yeux mais Hanabi n'ajouta rien d'autre. Elle se contentait de regarder Konoha au loin.

-Onee-chan me disait qu'une équipe, c'est un lien solide, on peut toujours compter les uns sur les autres, ajouta la Hyuga.

Homura se donna une petite tape au torse avec un sourire qui lui ressemblait.

-Pour sûr !

-Hey les amoureux, le dîner est prêt ! Prévint Hoshi.

-Manger !

Sans plus de cérémonie, les yeux brillants, le ventre trépignant d'impatience, Homura rejoignit la salle à manger.

Le repas était succulent, Homura n'hésita pas à se resservir.

-Dites sensei, c'est vrai que vous êtes monté en grade à notre âge ? Demanda Hoshi.

-Oui, je fus le premier de ma génération, confirma Shikamaru.

-Waaa ! Nous avons beaucoup de chance, se réjouit le céruléen.

-Bah, et alors ? Ma mère est devenue Chunin à l'âge de 9 ans, intervint Homura.

-Peut être, mais elle n'est pas notre sensei.

-Le talent n'est pas dans le sang, mais parfois ça aide, résonna Shikamaru. Toutefois, si certains de mes compères n'ont pas réussis, c'était en partie dû à l'attaque de Suna et d'Oto mais aussi à cause des critères trop stricts.

-Le sont-ils encore aujourd'hui ? Demanda Hoshi.

-Tout dépend du niveau qu'on attend. Par exemple, il y avait à l'époque un combat attendu par tous : celui opposant Sasuke à Gaara de Suna. Ils étaient considérés comme des génies précoces et je puis le confirmer, mais aucun d'eux n'est devenu chunin.

-Mais le rouquin est par la suite devenu le Kazekage, intervint Homura.

-Ah ça, on peut dire qu'il a rattrapé son retard, sourit Hoshi.

-Je pense que tout dépend de la concentration de talents qu'il y a sur la génération. Un jour, Kakashi-sensei m'a dit que chaque génération est plus forte que la précédente, dit Shikamaru.

-Alors... je pourrai battre Sasuke ? Demanda Homura.

-Ne va tout de même pas plus vite que la musique, petit. Sasuke est un ninja à part.

-Vous pourriez nous parler un peu de lui ? Demanda Hoshi, très intéressé.

-Eh bien... d'après les quelques souvenirs que j'ai de lui, même si il avait une grande popularité à l'académie, il se fichait carrément du monde qui l'entourait.

-Ça je veux bien le croire, commenta Homura, amer.

-Néanmoins c'était un camarade sur lequel on pouvait compter et même si Naruto et Sakura le connaissent sûrement mieux que moi, je peux dire qu'il était brave, déterminé, fier et aussi secret. Il avait un caractère noble. Enfin voilà, acheva Shikamaru en se remettant à manger.

Hoshi l'avait écouté de bout en bout, aussi attentif que ses deux autres camarades. Et une fois de plus, Homura se mit en colère.

-J'en reviens pas... mais comment pouvez-vous avoir une foi aussi aveugle en lui ? Tous ceux qui l'ont connu le défendent malgré le mal qu'il a fait !

-Ce n'est pas en élevant la voix et en critiquant mes propos sur telle personne que tu évolueras, répondit calmement Shikamaru.

-Malgré les trucs dégueulasses qu'il a faits, tout le monde semble prêt à lui pardonner ! Mais moi je n'oublie pas !

Homura se leva brusquement et se précipita dans sa chambre et s'affala dans son lit, tentant à grands peine de contenir sa colère et ses envies de destruction. Quelqu'un entra.

-Homura, tu te rappelles ce qu'on disait sur l'équipe ? Demanda Hoshi.

-Quoi ? On a dit beaucoup de chose dessus.

-Qu'on tisse nos liens à travers ce que l'on vit ensemble. Quand un des nôtres est mal, nous souffrons tous, on est heureux quand on réussit. On partage nos joies et nos peines. Comment réagirais-tu si Hanabi quittait le village pour devenir un ennemi de Konoha ?

-... pff, ça arrivera pas alors pas besoin de se le demander.

-Comme Naruto-sempai ne pensait pas que Sasuke le ferait.

-Il devait y avoir des signes quand même ! Il a pas pu décider de se barrer comme ça du jour au lendemain !

-Alors pourquoi Sakura-sempai est-elle tombée de si haut en comprenant qu'il partait ? Pourquoi l'a-t-elle longuement pleuré sans comprendre ?

En imaginant la souffrance qu'avait dû endurer Sakura, Homura enfonça ses ongles dans son oreiller, ses mains tremblaient de rage. Son envie de battre Sasuke à mort n'en était que plus grande.

-Ce que je veux dire, c'est que quand un être cher part, on espère de tout son cœur qu'un jour il reviendra. Et même si comme tu dis, Hanabi ne partirait jamais, de son côté elle a peur que tu fasses comme Sasuke.

-Quoi ?

-Elle s'inquiète parce que tu ne penses plus qu'à devenir plus fort que lui, et pourquoi est-il parti ? Pour devenir plus fort que l'homme dont il voulait se venger.

« Honnêtement, ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus à présent. » La phrase d'Hanabi prenait tout son sens.

-J'suis pas con comme lui, je partirai pas.

-Est-ce que tu l'aime ?

-Gnié ? Va te faire soigner !

-Je ne parlais pas de Sasuke, je parlais d'Hanabi, andouille, précisa Hoshi.

-Voir réponse précédente.

-Tu veux me faire croire que tu essayes de grandir uniquement pour être sur un pied d'égalité avec Sasuke ? Comme je ne suis pas concerné, je vois beaucoup mieux que toi ou Hanabi, en réalité tu essayes de lui plaire.

-Nan, tu te trompes. C'est d'une autre Hyuga sur qui je flash.

-Continue à nier si tu veux, plus tu nieras et plus ça te feras mal de le reconnaître. Je suis ton ami et je m'inquiète pour toi.

-Ben arrêtes de t'en faire ! Hanabi, pff et puis quoi encore ? Je ne suis pas aussi suicidaire que Naruto-sempai.

-Le cœur ignore la raison, dit Hoshi avant de sortir.

Il reviendra s'allonger dans le lit voisin de celui d'Homura sans rien dire.

Le lendemain, Hoshi secoua le dos d'Homura pour le réveiller.

-Allez, debout le mort.

Homura bailla la bouche grande ouverte, souhaitant que cette mission se termine le plus vite possible pour qu'il puisse à nouveau dormir autant qu'il le voudra. Il consentit à se lever et s'habiller.

-Tu peux réveiller Hanabi ? Demanda Hoshi. J'ai encore mon sac à faire.

-Elle est toujours pas réveillée ?

-Elle a dû avoir une panne d'oreiller.

-Ben va le faire, toi. Je te signale que moi aussi j'ai mon sac à faire.

-Eh bien je fais le tiens aussi en échange, répondit tranquillement Hoshi.

-Marché conclu !

Homura se précipita à la porte de la concernée, entra sans gêne pour le plaisir de la réveiller comme elle l'avait fait le matin de leur départ de Konoha. Seulement, il n'y avait personne dans le lit. Le sac d'Hanabi était pourtant posé sur la chaise et, plus consternant encore, sa veste était abandonnée sur le lit, or, JAMAIS Hanabi ne s'en séparait, elle avait appartenu à sa sœur quand elle était elle-même genin et la fille y tenait comme à ses yeux. Homura se mit à parcourir la chambre de fond en comble. Sous le lit, dans l'armoire, derrière la porte, dans la salle de bain, sous la lunette des toilettes, aucune trace d'elle. En revanche, la fenêtre était ouverte.

-Hanabi ? Hanabi ? Hanabiii !

-Qu'est-ce que tu as à crier ? Demanda Hoshi en entrant.

-Hanabi a disparue ! Et je suis sûr qu'elle a été chipnappée ! Va prévenir le sensei !

Homura ouvrit plus grand la fenêtre et sauta tandis qu'Hoshi filait dans la chambre de Shikamaru, ce dernier était assis sur son lit à établir sur papier une stratégie générale pour son équipe. D'habitude, il était capable d'en faire de tête mais étant donné qu'Homura était un peu simplet question compréhension...

-Sensei, Hanabi a été enlevée !

-...

Shikamaru soupira avant de se redresser.

-Je savais que je n'aurai du réserver qu'une chambre.

oooooooooooooooo

Hanabi s'en voulait d'avoir si aisément baissé sa garde. Avant l'aube, elle fut violement réveillée par trois paires de mains qui la ligotèrent, la bâillonnèrent et passèrent un bandeau sur ses yeux. Apparemment, il y en avait deux autres au nombre de pas résonnant autour d'elle. Elle tenta de mieux voir avec le byakugan mais elle ne parvint pas à l'activer. Le bandeau devait être marqué d'un sceau, ses ravisseurs ne laissaient rien au hasard, elle en conclut donc que c'était bien elle qu'ils voulaient. Ou plutôt ses yeux. Elle ne pouvait que suivre pour l'instant.

Soudain, un objet fendit l'air et trancha net les liens autour de ses poignets. Elle saisit le kunai, trancha le bandeau à ses yeux d'un coup et activa immédiatement son byakugan. Ses ravisseurs ne mirent pas longtemps à réagir, deux d'entre eux arboraient sur leur cagoule une pièce métallique montrant leur appartenance à un village.

Génial, deux ninjas...

Rapide et fluide, Hanabi parvint à se faufiler à côté d'un de ses ravisseurs qui n'avait pas de bandeau et lui donner un coup de paume sur la hanche, ce qui eut pour effet de bloquer les mouvements des muscles aux jambes, elle roula par terre avant de se redresser et se retourner, son kunai en main. Elle en avait neutralisé un mais il en restait quatre et tous étaient des adultes, aussi grands qu'elle.

-Tu n'as nulle part où fuir gamine, tu vas être gentille et venir avec nous.

-Et puis quoi encore ? Demanda-t-elle, son byakugan toujours activé.

Son byakugan toujours actif lui permit de percevoir trois mouvements, un contournant le petit groupe, un figé sur la falaise à côté et un autre arrivant droit dessus, les renforts arrivaient.

-Hey, les gros bras !

Tous se retournèrent pour voir une jeune fille mignonne aux cheveux argentés et aux yeux dépareillés, toute souriante, vêtue d'une robe jaune assez courte.

-Prenez ça !

Sans sommation, Homaru retira sa robe d'un mouvement sous laquelle elle n'avait absolument rien. Tous écarquillèrent les yeux et se mirent à saigner du nez, Homura surgit sur le côté et donné un coup de poing sur la nuque d'un des kidnappeurs, celui-ci tomba instantanément dans les pommes, plus que trois. Les deux ninjas se reprirent et se ruèrent sur Hanabi. Celle-ci se faufila entre eux en plongeant en avant, mais ses adversaires se retournèrent en un éclair et jetèrent des shuriken sur elle. Serrant les dents, Hanabi recula, zigzagua et repousser les projectiles des paumes de ses mains nues recouvertes de chakra.

Homura esquiva d'un pas de côté la lourde hache que le dernier abattait sur lui et s'en débarrassa d'un coup de pied sauté au menton.

Homaru posa sensuellement ses mains dans le dos d'un des ninjas et s'y blottit.

-Coucou beau gosse, salua-t-elle avec un clin d'œil aguicheur, toujours dénudée.

Désorienté et abasourdi, le pauvre ninja se fit surprendre par un coup de genou d'Homura en plein milieu du bide. Il se plia sous la douleur.

-Chaud devant ! Clama malicieusement Homaru en faisant tournoyer son bras.

Elle acheva sa victime d'un coup de poing en pleine figure.

Un bruit sourd résonna, Hanabi venait de recevoir un coup de tonfa sur la tête. Son adversaire était redoutable. Elle eut du mal à garder l'équilibre, le sang coulait sur sa nuque, son ravisseur attaqua de nouveau, elle se protégea de son bras nu. Homura surgit derrière, mais aux aguets, le ninja se retourna pour lui donner un coup de son arme, le garçon avait déjà un kunai en main et bloqua l'arme. Néanmoins, son adversaire n'était pas le premier venu, il était redoutable. Il allait pour frapper à nouveau quand il se figea. Homura sourit. Shikamaru venait d'allonger son ombre pour la relier à celle de son adversaire, le figeant sur place.

-Décidément, je ne peux pas vous laisser seul un instant, soupira le sensei.

Et il avait ses raisons. La dernière fois, Homura s'était retrouvé face à un criminel de rang S de l'Akatsuki.

Hoshi ligota bien solidement tous les ravisseurs, Shikamaru relâcha son emprise et saisit le poignet d'Homura, ce dernier s'apprêtant à assommer le ninja d'un coup de poing.

-Apprend à être patient, si tu les assomme tous, comment on va savoir ce qu'ils voulaient ?

-Oups, sursaut d'enthousiasme, rit Homura.

-Idiot, murmura Hanabi.

Hoshi s'occupait de lui bander la tête et l'avant-bras.

-En tout cas cette mission démarre fort, commenta Hoshi.

-Sensei ?

Shikamaru se retourna, Homaru prenait une pose sexy avec un clin d'œil aguicheur.

-Comment me trouvez-vous ?

-... fais disparaître ce clone, Homura.

Homaru disparut, Homura cligna des yeux, perplexe. C'était bien la première fois qu'un homme restait de glace face à la jolie jeune fille. Il n'y avait qu'une conclusion à tirer.

-Sensei, vous êtes gay !

D'un même mouvement, Hanabi et Hoshi lui frappèrent la tête.

-Aïe ! Ben quoi ?

-Pour te convaincre de ne plus dire de bêtises, répondirent les deux autres.

Shikamaru se penchait déjà sur le dernier encore conscient.

-D'après ton bandeau, tu es du village de Taki. Maintenant tu vas me dire qui t'envoie.

-Pff.

Shikamaru soupira, évidemment il n'allait pas parler comme ça. Si Ino était là, elle aurait pu fouiller son esprit mais elle n'était pas là. Et c'était encore trop tôt pour demander ça à Homura. Certes Ino lui avait apprise le Transfert d'âme mais il doutait qu'elle lui avait parlé plus profondément de la télékinésie. Il réfléchit un instant avant de se tourner vers Hoshi. D'après ses notes à l'académie, il était le plus habile en genjutsu des trois genin.

-Hoshi, peux-tu utiliser un genjutsu pour le faire parler ?

-Bien sûr.

Hoshi s'assit en face de leur prisonnier, son sourire disparut de ses lèvres, il était concentré. Homura ne savait pas ce qui était le plus inquiétant, qu'Hoshi souriait toujours ou lorsqu'il ne souriait plus. Un instant plus tard, le ninja de Taki se mit à hurler de peur, se renversa par terre et agita son corps, pris de panique. Homura se demanda ce qu'Hoshi avait bien pu lui montrer mais en même temps, il n'était pas sûr de vraiment vouloir le savoir.

-Je continue si tu ne parles pas, prévint Hoshi d'une voix menaçante, ce qui ne lui ressemblait pas et fit frissonner Homura d'avantage.

-Kumo ! Kumo le village caché des nuages !

-Ils ont déjà tentés de s'emparer des yeux des Hyuga en enlevant ma sœur et en réclamant le corps de mon père...

-Mais ton père est toujours en vie, fit remarquer Homura.

-Parce que mon oncle, son frère jumeau et père de Neji-niisama, s'est sacrifié à sa place.

-De gré ou de force ?

-On a longtemps cru de force pour le bien du clan... et de la soke, mais en réalité mon père était prêt à se sacrifier, mon oncle l'a empêché, donc de gré. C'est mon père qui l'a révélé à Neji-niisama il y a trois ans.

-Et apparemment ils attendaient avec impatience le jour où tu sortirais du village.

-Pardonnez-moi sensei, j'ai relâché ma vigilance. Je m'excuse sincèrement.

-Tout ça pour des yeux bien sûr... hey Hoshi, tu pourrais pas lui en remettre un coup de ton genjutsu ? Demanda Homura.

-Ce n'est pas un jeu, soupira Shikamaru en giflant la nuque d'Homura.

-Aïe ! Ok ! Pas la peine de me taper !

-Hoshi, va prévenir les autorités et toi le bavard emmène Hanabi dans sa chambre et n'y bougez pas.

Ils acquiescèrent et se séparèrent de nouveau. Hanabi titubait mais sa fierté l'empêchait de s'appuyer sur Homura. Elle lui tendit un kunai.

-Merci.

-De rien, mais pourquoi tu me tends ce kunai ?

-C'est le tiens, celui que tu as lancé pour couper mes liens.

-Qu'est-ce que tu racontes ? J'ai rien lancé. J'ai juste créé un clone Homaru pour les distraire pendant que je les attaquais sur les côtés.

Hanabi fronça les sourcils.

-Seulement un clone ?

-Ben oui. Pourquoi ?

-Eh bien apparemment, quelqu'un veille sur nous. J'ai repéré avec mon byakugan trois présences, dont une sur la falaise qui restait immobile.

Avec plus de questions que de réponses, ils rejoignirent l'auberge.

-Inutile de rester caché, dit Shikamaru une fois les deux genin partis. Dites-moi plutôt ce que les forces spéciales de Konoha font ici ?

Un ANBU masqué aux longs cheveux violets apparut soudain à ses côtés.

-Tu es assez intelligent pour deviner que ce n'est pas pour espionner ton équipe.

-Surtout que je ne vois pas l'intérêt d'espionner une équipe de genin, répondit Shikamaru.

-Tout ce que tu as à savoir, c'est que ce ne sont pas les Hyuga qui m'envoient mais le Hokage, ce qui de toute façon est logique.

-Oui, seul l'Hokage peut donner des ordres aux ANBU. Mais j'aimerai bien savoir pourquoi.

-Tu pourras toujours le demander au Hokage quand la mission sera achevée.

Sur ce, l'ANBU disparut sans laisser de traces.

-Ouais, j'y compte bien, surtout que ces trois petits sont loin d'être des genin ordinaires.

Homura avait maîtrisé la technique secrète des Yamanaka en une journée à peine, Hanabi était une Hyuga et possédait le byakugan et Hoshi utilisait un genjutsu d'un niveau anormalement élevé, la réaction du ninja de Taki en était la preuve. Shikamaru en soupira rien que d'y penser, vivement qu'ils soient rentrés.

oooooooooooooo

Hanabi était tellement blessée dans son égo d'avoir été aussi aisément enlevée, d'avoir eu besoin d'aide qu'elle agressa verbalement Homura qui tentait à grand peine de soulager sa douleur avec de la pommade. Elle finit par sortir et s'assoir près du lac à regarder son reflet au grand désespoir du garçon.

Ce n'est qu'une demi-heure plus tard qu'Hoshi et Shikamaru revinrent. Hanabi enfila sa veste et son sac à dos.

-En route, on a encore un bout de chemin à faire, annonça Shikamaru.

Ils reprirent la route, plus sur leur gardes désormais.

-À quelle distance s'étend ton byakugan ? Demanda Shikamaru.

-Un kilomètre cinq cent. Cependant si je passe en mode 360 degrés, 750 mètres.

C'était cinq cent mètres de plus qu'Hinata à son âge, preuve qu'Hanabi était plus douée, sans doute grâce à ses entraînements plus poussés.

-Vous voulez les repérer de loin ? Demanda Homura.

-Si ils ont le contrôle du village, je pense qu'ils seront avertis de notre arrivée bien avant, résonna Shikamaru.

-Donc l'effet de surprise est gâché, qu'allons-nous faire ? Demanda Hoshi.

-Rien, nous allons nous rendre au village normalement.

-C'est un plan, ça ? S'exclama Homura. On se jette dans la gueule du loup ?

-La stratégie viendra après. Ils ne sont pas stupides, ils forceront simplement les villageois à faire comme si de rien n'était pour qu'on reparte immédiatement sans se poser de questions et tel Ulysse et l'armée Achéenne, nous repartirons comme des fleurs.

-Entre-temps, j'aurai eu le temps de les compter et de les localiser avec mon byakugan.

-Sans oublié bien sûr de poster notre cheval.

Shikamaru, Hanabi et Hoshi se tournèrent vers Homura. Ce dernier, surpris, regarda derrière lui, puis sur les côtés avant de se désigner de l'index.

-M-moi ?