OS – L'autre

Couple: Edward/Bella/Jacob
Rating: M
PDV: Alterné


PDV Bella

Je vis Edward entrer dans l'hôtel, dix minutes avant l'heure prévue de notre rendez-vous. Il portait un costume noir et une chemise bleue pâle, il était encore plus séduisant que dans mon souvenir, ce qui ne m'aidait pas du tout.

J'avais rencontré cet homme une semaine plus tôt, lors d'un accident de voiture. Il était venu à mon secours quand le type à qui j'avais englouti la voiture me criait dessus. Edward m'avait charmée au premier regard. Sa gentillesse et sa prévenance m'avaient conquise. Il m'avait invitée à aller boire un café aussitôt et nous avions discuté près de deux heures. J'avais remarqué dès le début son alliance, j'en avais fait abstraction, même quand il m'avait proposé de se revoir, même quand j'avais accepté et lui avais donné mon numéro de téléphone, même quand sa main s'était attardée sur ma joue.

Son contact m'avait bouleversée, j'avais ressenti alors une bouffée de désir impératif. J'avais décidé de ne pas penser à l'autre, celle qui l'attendrait quand il serait entre mes bras. Edward et moi étions adultes, je n'aimais pourtant pas cette situation mais j'avais du mal à croire qu'il ait voulu simplement tromper sa femme et jouer avec moi. Quand deux jours après il m'avait donné rendez-vous dans ce bel hôtel du centre ville, je savais ce qu'il allait se passer. Et je voulais ce qu'il allait se passer.

Alors pourquoi étais-je assise dans ce café en face de l'hôtel, incapable de me lever et d'aller enfin le retrouver ? Je ne cessais de me demander si j'étais prête aux conséquences de cette nuit avec lui. J'allais tomber amoureuse de lui dès son premier coup de rein en moi. J'allais aussi croire en ses promesses. J'allais l'attendre et ne pas pleurer devant lui quand il me dirait que ce n'était qu'une aventure et que sa femme représentait tout pour lui.

Vingt minutes plus tard, Edward me téléphona mais je ne décrochai pas. J'écoutai ensuite son message sur le répondeur, il était inquiet et me demandait de le rappeler.

Une heure que je pourrais être avec lui mais je n'avais pas bougé. Finalement je repris un peu de contenance, me levai et me dirigeai vers l'hôtel. À la réception on me proposa de prévenir M. Masen, je déclinai. J'ouvris la porte de la chambre le plus doucement possible puis pénétrai dans l'étroit couloir qui menait à une grande et luxueuse chambre. Mon cœur se serra à l'idée qu'il avait choisi pour moi cet endroit mais que peut-être il y avait ses habitudes et y amenait d'autres femmes. Il devait forcément faire tourner bon nombre de têtes.

Je fis demi-tour rapidement mais au moment où ma main se posa sur la poignée, Edward apparut sur le seuil de la salle de bains.

« Bonsoir. » me salua-t-il un peu nerveusement.

« Bonsoir. »

« Tu ne restes pas ? »

« Je ne sais pas. » avouai-je en baissant les yeux.

Son regard vert avait facilement et immédiatement semé le doute en moi. Mon désir pour lui n'avait pas faibli et alors que je tentai de m'éloigner un peu plus de lui, mon regard tomba sur son torse finement musclé et ses épaules larges.

« Assois-toi un instant. » proposa-t-il alors qu'il s'assit sur un fauteuil près de la grande baie vitrée.

Il était bien trop sexy seulement vêtu d'une serviette de bain autour de ses hanches. Des gouttes descendaient de ses cheveux vers sa nuque et son cou, rendant ce tableau encore plus excitant.

« J'ai eu une journée un peu difficile, je me suis permis de prendre une douche en t'attendant. » me dit-il sans une once de reproche dans la voix.

Il me sourit tendrement et je tiquai. Ça ne collait pas, il ne pouvait pas être tendre sans m'aimer, or il ne pouvait pas m'aimer puisque l'on ne s'était vu qu'une fois. Utilisait-il une technique de séduction ?

« Tu as pensé à moi sous la douche ? » lançai-je un peu brutalement, regrettant aussitôt mes paroles.

« Oui, je me demandais si tu viendrais. »

Il ne cilla pas face à mon regard accusateur. Il n'était pas aussi à l'aise qu'il voulait me le faire croire. Peut-être n'avait-il jamais trompé sa femme.

« Veux-tu dîner ? » me proposa-t-il.

« Non, je n'ai pas faim. Mais si tu veux manger… »

J'avais dit cela avec un peu trop de sollicitude. Edward me sourit timidement et se redressa. Il saisit ma main et me tira doucement vers lui.

« Décide, je t'en prie. Je ne pourrais pas me retenir encore très longtemps. »

« Te retenir ? » répétai-je sans comprendre.

« J'ai envie de t'embrasser. »

Il me désarçonna en caressant mes lèvres qui irradièrent immédiatement.

« Tes lèvres parfaites, mais aussi la peau fine de ton cou, tes seins, ton ventre, tes cuisses. Je te désire tellement, Isabella. »

Mon ventre réagit à ces mots, il se remplit de papillons et plus bas je sentis mon intimité se réveiller. Je n'avais jamais rien expérimenté d'aussi fort. Edward attendait une réaction, mon accord ou ma fuite et dieu sait que j'aurais sans doute dû fuir. Je réduisis l'espace entre nous, moulant mon corps contre le sien, si parfait.

Il soupira, son sourire s'évanouit et ses yeux s'obscurcirent. Mon souffle court m'empêchait de parler mais Edward comprit et posa enfin ses lèvres sur les miennes. Il m'embrassa avec urgence, me serrant contre lui au risque de m'étouffer.

Les baisers d'Edward me firent découvrir comme une nouvelle dimension, une nouvelle perspective dans mon monde. Je pourrais passer le reste de mes jours à vénérer ces quelques instants, et prier dieu pour m'en donner encore un peu plus. J'allais vivre avec le souvenir de l'homme parfait, un souvenir douloureux mais qui en valait la peine, j'en étais certaine.

« Détends-toi. » me dit-il tandis qu'il s'attaquait à mon cou.

Sa langue traçait des chemins imaginaires, des détours qui le mèneraient comme promis vers ma poitrine. Je sentis mes pointes durcir davantage, une première. Les mains de mon amant se posèrent impérieusement dans le creux de mes reins et me forcèrent à pencher en arrière. J'obéis volontiers, il en profita pour dégrafer ma robe puis fit descendre la fermeture éclair. Mon soutien-gorge suivit rapidement, mes chaussures volèrent à plusieurs mètres à travers la chambre et enfin le dernier rempart de ma pudeur me fut ôté délicatement.

« Tu peux encore m'arrêter, je ne ferai rien contre ta volonté. » me susurra-t-il près de mon oreille, provoquant de nouveaux frissons.

« Je te veux. » assurai-je en plantant mon regard dans le sien.

« Tu m'auras, je vais faire exactement ce que tu veux. »

Des flashs me coupèrent un instant du monde extérieur. Je me vis allongée sur le grand lit, la tête d'Edward entre mes jambes. Puis sa taille coincée entre mes jambes, le forçant à me prendre plus profondément. Enfin, je nous vis sous une douche brûlante, son sexe enfoncé en moi.

« Que désires-tu ? » insista-t-il, pressé de commencer notre aventure.

Je saisis le bord de la serviette qui le cachait et la lui arrachai, ce qui le fit sourire.

« Je veux sentir tes mains parcourir mon corps. Ensuite tu feras de même avec ta bouche. » décidai-je.

Je m'attendais à rougir, mais mes joues ne me brûlèrent finalement pas. Lui et moi, c'était une évidence, naturel, beau. Jamais je ne me serais cru assez courageuse pour exprimer à haute voix et aussi clairement mes désirs. Si je n'étais pas capable de plus de retenue, j'allais lui demander de réaliser tous mes fantasmes.

J'en avais eu des plus pornographiques mais après quelques relations décevantes, j'avais revu à la baisse mes rêveries.

Edward commença par parcourir mes bras, il serra un peu fort mes poignets, comme pour m'empêcher de lui échapper. Puis il se posta derrière moi et s'attarda sur mes épaules, il en mordit une avant de s'excuser malicieusement d'avoir transgressé mes ordres. Son exploration continua, mon dos, ma taille, mes hanches, le creux de mes reins qu'il chatouilla un peu. Il s'agenouilla ensuite et tâta sans ménagement mes fesses et me demanda s'il pouvait encore me mordre. Je soufflai un « oui », impatiente alors de ressentir encore la preuve de son existence. Qu'il me marque et je saurais au matin que je n'avais pas rêvé.

Mes jambes furent caressées avec lenteur et mes pieds baisés. Il revint face à moi mais toujours à genoux. Ses mains remontèrent rapidement vers mon sexe trempé. Je me mis à gémir et à prier en sentant son souffle contre ma toison. Il déplaça ses mains sur mes hanches et les saisirent brutalement.

« J'aurais dû garder ça pour la fin. » se lamenta-t-il.

Il se mit debout faisant se rencontrer pour la première fois son sexe dressé et ma peau incendiée. Nous soupirâmes tous deux à l'unisson, je fermai les yeux après avoir regardé ce qui m'avait ainsi troublée. Edward cajola mon ventre et quand il atteignit ma poitrine, ses lèvres s'étirèrent dans un sourire béat.

« Ils sont faits pour mes mains. »

Il paraissait enchanté par cette découverte. Se persuadait-il qu'il avait eu raison de me vouloir ? J'avais noté aussi une pointe de possessivité dans sa voix, mais cela ne fit que m'exciter davantage.

« Je peux t'embrasser où je veux maintenant ? » me supplia-t-il presque.

« Oui. »

« Allonge-toi sur le ventre. »

Je grimpai sur le lit, captai un instant son regard noir de désir puis me retournai. Sa langue se posa exactement là où je la voulais. Un point très sensible de mon dos, au dessus de mes reins.

« Comment as-tu su ? » ne pus-je m'empêcher de lui demander.

« Je t'ai sentie trembler quand j'ai frôlé cet endroit plus tôt. » avoua-t-il tandis que ses mains malmenaient mes fesses.

« Je ne sais même plus ce que je veux baiser en premier. »

Comment devais-je comprendre cette phrase ? Baiser comme embrasser ou comme prendre sauvagement ? Si je devais me contenter de quelques heures, voulais-je garder le souvenir d'une étreinte douce ou passionnelle ?

Quand ses doigts s'envolèrent, je crus ma libération proche mais ils se noyèrent dans mes boucles rapidement libérées.

« Te voilà enfin nue. Puis-je te dire à quel point tu es … désirable ? » grogna-t-il.

« J'ai comme l'impression que tu aurais voulu dire un autre mot que désirable. » rigolai-je.

« Je ne peux pas te le dire, mais je le pense, j'avoue. »

Je me contorsionnai pour le regarder.

« Dis-moi tout ce que tu veux, ne te retiens pas, ne me mens pas. »

J'espérais qu'il comprendrait que ma requête allait bien au-delà de nos jeux sexuels. Edward acquiesça puis ses yeux se braquèrent sur mon derrière. Il déglutit et quand il parla, sa voix était plus grave.

« Tu es si bandante, chaude, excitante, foutrement belle, … Je vais devoir inventer un mot pour tout ce que tu es. »

« Montre-moi. »

Sa bouche fondit en un éclair sur moi, croqua plus fortement qu'avant une de mes fesses. Puis ses mains me soulevèrent et me retournèrent. Il m'embrassa fougueusement, nos langues bataillèrent quelques minutes et quand je dus reprendre mon souffle, il en profita pour écraser sa bouche sur mon sexe. Ses gestes devinrent de plus en plus impétueux, brutaux et je ne lui opposais aucune résistance. Mes jambes furent écartées, je me redressai sur mes coudes pour observer Edward qui me léchait goulûment. Évidemment il avait trouvé mon clitoris et le titillait. Une de ses mains était passée sous moi et pressait une de mes fesses. L'autre main pinçait un de mes tétons.

« Je n'aime pas ça. » lui dis-je et il se figea.

Je ne voulais plus subir quelque chose qui ne m'excitait pas, j'avais fait abstraction de trop nombreuses fois de mon plaisir pour en donner à mon partenaire.

« Oh mais tu as si bon gout. » plaida-t-il.

« Non, je parle de ce que tu fais à mon bout de sein, expliquai-je. Ne le pince pas, je suis très sensible. Par contre, j'adore quand tu empaumes ma poitrine. »

Il sourit, saisit mon sein fermement et le malaxa.

« Si bonne… » marmonna Edward tout contre mon entrée.

Il glissa deux doigts le long de ma fente et répéta son geste plusieurs fois. Mon bassin se soulevait, comme pourvu d'une volonté indépendante.

« Tu m'excites trop quand tu te tortilles comme ça. »

Je n'avais plus conscience de mes mouvements, je n'étais plus à même de me contrôler. Mes sens étaient accaparés par les sensations qu'Edward déclenchait. Je ne voyais plus que sa langue et ses lèvres, je ne humais plus que nos odeurs mêlées, je n'entendais rien d'autre que nos souffles erratiques et les bruits de succion que faisait sa bouche, je ne ressentais plus que la brûlure exquise de sa langue sur mon sexe, enfin je goutais le paradis.

Edward enfonça ses deux doigts plus profondément. Je sursautai et il me regarda avec appréhension.

« Tout va bien, j'ai été surprise. » le rassurai-je.

« Je t'ai prévenue pourtant, tu es inattentive ? » se moqua-t-il.

« Tu me rends… »

Je me mordis la lèvre pour bloquer le flot de paroles qui menaçait de le choquer.

« Ce n'est pas juste, dis-moi. Dis-moi que je te fais du bien. » exigea-t-il.

« Tu fais tellement plus que ça. Tes mains me torturent et j'en veux encore. Ta langue me brûle mais je refuse qu'elle quitte ma peau. Tu me mets au supplice, Edward. Mon sexe te réclame, ne le sens-tu pas ? »

Il darda son regard sur moi, prit une profonde inspiration et ferma un instant les yeux.

« Je pourrais te prendre maintenant, ça me tue de ne pas être en toi… »

« J'apprendrai aussi ton corps, c'est promis. Mais après. Tu as raison, il faut que tu me prennes. Maintenant. »

Il se saisit d'une de mes jambes et la remonta. Puis il s'approcha à genoux de mon sexe. Il ressemblait alors à un redoutable prédateur qui allait m'achever sans pitié. Son contact envoya des décharges électriques dans mon ventre. Il s'introduisit en moi assez lentement. J'étais certes très mouillée pour lui mais je ressentis presque douloureusement chaque millimètre de sa progression.

Nos râles s'élevèrent à l'unisson dans la chambre. Edward s'allongea un peu plus sur moi, restant en appui sur ses coudes. Il m'embrassa alors qu'il sortit son sexe. Je voulus protester mais sa bouche m'en empêcha. Finalement il replongea en moi, plus rapidement cette fois. Il exécuta plusieurs pénétrations mais toujours trop lentes pour moi. J'en eus vite assez et posai mes mains sur ses fesses que j'empoignais aussi fortement que je le pouvais. J'exigeais de lui un rythme plus rapide.

« Tu ne veux pas plus de douceur ? » haleta-t-il.

Je décidai de ne plus m'autocensurer.

« Je veux que tu me baises encore plus fort. »

Il grogna, j'adorais ce son.

« Baise-moi plus fort, Edward. Tu me donneras de la douceur après. »

« Tu vas me tuer. »

« C'est l'idée. » haletai-je.

Il fit ce que je lui avais ordonné, il me pilonna de plus en plus fort. Le bruit assourdissant de nos hanches me fit perdre la tête. Il me donna un orgasme tellement puissant que j'en pleurnichai avant de crier son nom. Il se retira et éjacula sur mon ventre, je n'avais même pas pensé à nous protéger.

Puis il s'écrasa sur moi et lécha mes lèvres et leurs contours.

« Tu as un goût de sel et de sang… Tu t'es mordue un peu trop fort la lèvre. »

« J'aurais crié trop fort. » expliquai-je, encore essoufflée.

« Tu me lances un défi ? »

Ses yeux avaient retrouvé leur teinte verte et je pus m'y noyer dans ce petit paradis. Sans réfléchir, je mis mes mains sur ses épaules puis les embrassai. Je repoussai doucement Edward qui comprit et s'allongea sur le dos.

« C'est trop gros pour ma main, tu crois que tu pourras rentrer entièrement dans ma bouche ? » lançai-je alors que j'avais saisi son sexe.

Il déglutit et grogna. Son érection ne s'était pas vraiment calmée, j'approchai ma bouche. Je n'avais jamais aimé faire une fellation mais Edward, en dehors du fait qu'il m'avait donné le meilleur orgasme de ma vie et méritait un retour de faveur, avait comme libéré mes retenues. Je n'avais plus qu'une envie, le goûter et le sentir encore en moi, et de plusieurs façons. Le bout de ma langue cueillit une dernière petite goutte de son jus, mon amant soupira bruyamment.

Ma langue s'enroula à plusieurs reprises autour de sa verge avant de s'attarder sur son gland. Ses mains allèrent dans mes cheveux et j'eus peur une seconde qu'il m'impose un rythme mais finalement il ne tira pas dessus ni n'appuya sur ma tête. Il releva même mon visage et plongea son regard dans le mien.

« Je ne te mentirai pas en te disant que je ne veux pas, mais ne te force pas. Je n'attends rien d'autre que de pouvoir te toucher. »

« Elle est bien trop appétissante pour ne pas y goûter. » ronronnai-je.

« Ne le prends pas mal, mais je ne t'imaginais pas aussi… »

« Dis-le. »

« Chaude… Merde ça sonne mal, je n'en sais rien. J'étais prêt à te prendre doucement, je m'étais préparé à que ça se passe un peu plus… »

« Tu me croyais prude, j'ai compris, mais toi, Edward, l'es-tu ? »

« Je me donne l'impression d'être un adolescent qui ne connaît rien à ce qu'une femme veut et mérite. Tu es un excellent professeur. »

« Tu m'excites trop. Je ne me pensais pas capable d'autant d'audace. »

« Pour mon plus grand plaisir. »

« Tu n'as encore rien vu. » assurai-je en le repoussant fort sur le lit.

Je repris mes allées et venues sur sa verge. Ma langue et mes lèvres le suçotèrent, le happèrent, le dévorèrent, le cajolèrent. Je le sentis rapidement se durcir encore, je perçus son souffle court et ses grognements. Son corps se tendit soudain et eut un soubresaut. Après avoir avalé jusqu'à la dernière goutte de son nectar, je posai ma tête contre son torse.

Sentir son corps chaud et nu contre le mien, savoir qu'il était là pour moi me fit frissonner d'un plaisir coupable mais délicieux. Déjà je savais que je ne pourrais rien éprouver d'aussi fort avec un autre. Il y avait de quoi être triste mais je souriais béatement.

Près d'un quart d'heure plus tard, Edward et moi nous embrassâmes tout d'abord légèrement puis de plus en plus longuement et profondément. Il me surplomba ensuite et embrassa mes épaules.

« Je ne vais pas oublier cette fois-ci. » me lança-t-il en se levant prestement.

Il revint sur le lit, se positionna entre mes jambes écartées et déroula le préservatif sur lui. Puis il m'embrassa à nouveau, ses lèvres me taquinèrent.

« Laisse-moi prendre mon temps. »

« D'accord. »

Il me pénétra lentement et pour m'empêcher de rompre ma promesse, il emprisonna mes deux mains dans une des siennes et les releva au-dessus de ma tête. Je m'arquai contre lui, mon bassin accompagnait ses mouvements tandis que nos langues bataillaient.

Au petit matin, je serrai Edward contre mes seins et il s'endormit rapidement. Il marmonna un peu dans son sommeil, principalement mon prénom ce qui, malgré moi, déclencha mes pleurs. Je ne sanglotais pas, mes larmes coulèrent en silence de longues minutes. J'observai la lumière changer dans cette chambre et compris que ma bulle de bonheur allait bientôt exploser. Je pleurais de joie d'avoir pu l'aimer, mais je ne me faisais pas d'illusions.

Edward remua peu avant six heures du matin. Il ouvrit doucement les yeux, un sourire aux lèvres. Puis il me vit et son sourire s'agrandit.

« Isabella, quand puis-je te revoir? Pas forcément dans une chambre d'hôtel, je ferais comme tu voudras. » me dit-il avec ferveur.

« Ce ne sera pas comme je le voudrais et nous le savons tous les deux. » répondis-je plus tristement que je ne l'aurais voulu.

« Je suis désolé. Si seulement je n'étais pas… »

« Ne dis rien. » le suppliai-je.

J'écrasai ma bouche contre la sienne, je mis dans ce baiser mes espoirs illégitimes et mes doutes. Edward me fit encore l'amour puis alla se doucher. J'en profitai pour récolter mes vêtements et me rhabiller. Je devais partir sans le revoir sinon je pleurerais devant lui et il n'en était pas question. Mon cœur se serra douloureusement quand je songeai à quitter cette chambre sans rien lui dire. J'attrapai le bloc et le stylo près du téléphone et griffonna : « Merci Edward. Si tu veux me revoir, appelle-moi. »

Je regardai une minute le mot, hésitant à le déchirer. Dans moins d'une heure il aurait repris sa vie où je n'existais pas. Des larmes m'aveuglèrent rapidement. La vraie question que je devais me poser était : « Suis-je prête à avoir une liaison et à aimer un homme marié ? » Il ne quitterait pas sa femme pour moi, c'était toujours ainsi. Et je n'en valais vraiment pas la peine.

Je serrai le mot dans ma main puis le fourrai dans mon sac. Il comprendrait ce qui l'arrangerait. Je ne pouvais pas décider maintenant, il me fallait un peu de temps. Je quittai précipitamment la chambre et quand j'atteignis l'ascenseur, je vis la porte de la chambre au bout du couloir s'ouvrir. Edward me regarda partir, le visage fermé.

_oOo_

Il me téléphona une semaine plus tard. Je ne décrochai pas mais il insista le lendemain.

« Salut. » soufflai-je.

J'avais travaillé mon texte, je m'étais préparée à l'affronter par téléphone.

« Bonjour, Isabella. »

Pourquoi avais-je envie de me jeter à ses pieds dès qu'il prononçait mon prénom ? Je ne lui avais pas demandé de m'appeler Bella, comme tout le monde le faisait, lorsque je l'avais rencontré. Et je voulais être autrement, sans être une autre, avec lui.

« Tu vas bien ? » demandai-je tentant de ne pas lui hurler de venir à moi sur le champ.

J'avais failli lui téléphoner chaque jour depuis notre nuit.

« Pas vraiment, je ne cesse de penser à toi. »

« Oh… je suis désolée. »

Comment ce dieu pouvait-il se languir de moi ? Ça n'avait sûrement rien à voir avec mes tourments mais il semblait vraiment fatigué et triste.

« Ne t'excuse pas, enfin pas encore… Je veux te revoir. Ce que je t'ai dit est vrai… Je ferais ce que tu veux. »

« Edward, tu n'imagines même pas à quel point tu as changé ma vie. Je suis tellement heureuse de t'avoir connu et d'avoir pu partager une nuit avec toi. Je ne veux pas te faire souffrir et je ne veux pas que tu me détestes. »

« Non, Isabella, jamais je ne pourrais… »

« Tu penses cela aujourd'hui mais dans quelques temps, quand tu réaliseras que tu as risqué ton mariage, que tu auras fait souffrir ta femme, tu m'en voudras. Je n'ai rien d'exceptionnel, rien qui justifie que tu souffres. »

Il soupira, désemparé.

PDV Edward

« Tu es ce qu'il m'est arrivé de mieux dans ma vie. Je te veux encore près de moi, je veux apprendre à te connaître. »

Isabella resta muette. Devais-je lui parler de ma vie chaotique, de mon mariage bancal ?

« Alors faisons cela, trouve une heure en fin de journée et faisons connaissance. »

« Aujourd'hui tu es libre ? »

« Demain. »

« Alors demain. Au café à l'angle de la 56ème et de la 4ème ? » proposai-je en repensant à ma rencontre avec elle et à ces heures passées à bavarder.

« Parfait. »

Elle raccrocha avant que je puisse lui dire que j'avais hâte.

Ce jour-là, mes soucis s'effacèrent, ma journée qui avait été si grise d'abord avait été illuminée par sa voix d'ange.

Je me repassais sans cesse notre nuit ensemble. Je voulais cette femme, c'était déraisonnable et même dangereux. Pourtant j'allais tout faire pour pouvoir l'aimer et m'en faire aimer.

_oOo_

DEUX ANS PLUS TARD

PDV Jacob

« Bella tu es prête ? »

« Oui, dans une minute. » me dit-elle depuis la salle de bains.

Je rassemblai rapidement les contrats et les vérifiai une dernière fois.

« Tu ne les connais pas encore par cœur ? » plaisanta-t-elle en se penchant sur mon épaule.

« J'ai trop le trac. » râlai-je.

« Tu vas y arriver, je le sais. »

« Mouais… Allons-y, chérie. »

« En route vers le succès ! »

Je savais bien qu'elle était tout aussi nerveuse que moi. Ce projet avait commencé le jour de notre rencontre, deux ans plus tôt, elle s'y était impliquée car j'y avais consacré beaucoup trop de temps.

« Tu vas enfin rencontrer le Dr Cullen. »

Le Dr Cullen était celui qui m'avait confié le réaménagement d'une aile entière de sa clinique. Un tel projet, une fois définitivement signé, allait être un vrai tremplin pour ma carrière d'architecte.

« Tiens, l'espion n'est pas là ce soir. » remarquai-je en montant en voiture.

Une Volvo argent se garait trois à quatre fois par semaine devant chez nous, invariablement le jeudi soir notamment. Il y restait entre dix minutes et une heure. Je ne savais pas depuis combien de temps le conducteur avait cette habitude, c'était Bella qui l'avait remarquée peu après avoir emménagé chez moi.

« L'obsédé a une vie finalement. » rit-elle.

Je la trouvais particulièrement belle ce soir, de bonne humeur et avenante. Bella était une jeune femme spéciale, mélancolique en de nombreuses occasions, une vraie énigme. Je l'avais difficilement apprivoisée, puis séduite. Elle pleurait beaucoup au début de notre relation la nuit quand elle pensait que je dormais. Je n'ai jamais su pourquoi mais j'étais persuadé qu'elle pleurait quelqu'un. Peut-être un enfant ou un parent. Elle avait une carapace épaisse et intacte, je n'avais jamais eu que l'illusion de l'avoir percée. Bella me donnait ce qu'elle pouvait et cela me suffisait.

Et ce soir, une fois la soirée terminée, j'allais la demander en mariage. Nous allions démarrer une vie ensemble, officielle, heureuse. Je tâtai discrètement ma poche, l'écrin n'avait pas bougé, puis démarrai.

Je dus consacrer plus d'une heure au Dr Cullen, son fils et leurs avocats de la clinique, dans un recoin de la grande salle où une réception était donnée, officiellement pour le nouvel an. J'avais été réticent à laisser Bella seule, je savais qu'elle n'était pas à l'aise avec des inconnus. Elle m'avait rassuré mais quand je l'observais, je voyais qu'elle s'était éteinte et restait étrangère à l'agitation ambiante. Après avoir tous signé les six copies du contrat, le Dr Cullen nous emmena vers le buffet pour boire une coupe de champagne.

« Alors, vous pouvez être fier, Jacob. Votre premier contrat est signé. » me dit un des médecins qui nous avait rejoints.

« Oui, cette soirée est un vrai tournant dans ma vie. » m'enthousiasmai-je en tapotant machinalement l'écrin dans ma poche.

« Vraiment ? » me demanda Edward Cullen, le directeur adjoint et donc fils du patron des lieux.

« Oui, ce soir je vais proposer à ma petite amie de m'épouser. »

Il vrilla son regard vert au mien, ce qui me décontenança. Edward était un médecin talentueux et toujours cordial avec ses patients. Une fois sa blouse rangée, il était maussade et renfermé. Pourtant, il était facilement venu vers moi et nous avions sympathisé. Je l'avais vu sourire quelques fois quand il s'isolait et qu'il regardait une photo soigneusement rangée dans une poche de sa chemise. J'avais déjà rencontré sa femme Tanya et son fils Anthony et je savais, pour avoir beaucoup trainé dans les couloirs, que sa femme et lui ne s'entendaient plus depuis longtemps et que seul leur fils les avait empêchés de divorcer.

Edward s'éloigna rapidement et je fus de nouveau happé par le Dr Cullen, ses associés et collègues. Vingt minutes plus tard, enfin nous regagnâmes le centre de la salle. Je partis à la recherche Bella, la vis à l'écart en grande discussion avec Edward Cullen. Il était temps que ces deux là se rencontrent, pensai-je amusé.

« Je ne t'en veux pas, Edward. » lui dit-elle alors que j'approchai, encore caché par des convives.

« Tu devrais, je m'en veux tellement… »

« Je te l'avais dit, je n'attendais rien de toi. C'est toi qui as… »

« Merde… Isabella, je n'en peux plus. J'ai besoin de toi. »

« Et quoi ? Tu es marié, tu ne la quitteras pas, tu as un avenir brillant qui te tend les bras, un petit garçon de huit ans. Ton père te tient, tu ne l'affronteras jamais. Et c'est mieux comme ça. Tu mérites tant d'être heureux, de réussir. C'est ton rêve… »

« J'ai essayé mais je n'y arrive plus. Tu me manques trop. »

« Je… »

« Il ne te rend pas heureuse, je le sais. Tu es si différente à cause de lui. »

« Jacob est un homme merveilleux, il m'aime. » répliqua sèchement Bella.

« Et toi, tu l'aimes ? »

« Oui. »

« Tu l'aimes comme tu m'as aimé ? Tu lui fais l'amour avec la même fougue… »

« Tais-toi, nous ne sommes pas seuls. »

« Réponds. »

« Edward, pourquoi tu me fais ça ? » gémit-elle.

« Rejoins-moi cette nuit, au même hôtel, je t'en supplie. »

Je vis des larmes au coin de ses yeux, elle était au bord de la crise de nerfs. Je vins derrière elle et l'enlaçai un peu brusquement la faisant sursauter.

« Tout va bien? »

« Nous discutions. Alors pas trop nerveux ?» me questionna Edward.

Il ne quitta pas Bella des yeux, elle avait la tête baissée et je l'avais sentie se raidir quand Edward me répondit aussi amicalement.

« Je suis officiellement à la tête du projet et j'ai ma merveilleuse Bella à mes côtés. Tout va pour le mieux. » fanfaronnai-je.

« Les félicitations sont de rigueur. Tout te réussit en effet.» me dit-il en plantant ses yeux dans les miens.

J'y décelai facilement de la colère mais aussi de l'envie. Pour autant je ne compris qu'une chose, il rendait Bella très mal à l'aise.

« Merci. Bella, allons-y. Je voudrais te présenter quelques personnes. À plus tard !»

Une fois éloignés d'Edward, Bella se détendit.

« Je voudrais rentrer. » articula-t-elle difficilement.

« Je vais chercher nos manteaux. »

« Non, reste, c'est ta grande soirée. Je ne veux pas gâcher ta victoire. Je ne suis pas à l'aise, pardonne-moi. »

« Bon, comme tu voudras. » répondis-je.

« Je vais prendre un taxi, ne t'inquiète pas. »

« Bonne nuit, chérie. Je t'aime. »

« Félicitations, Jacob, à demain. »

Elle s'éloigna à grand pas et disparut au détour d'un couloir. Je me retournai aussitôt et tentai de localiser Edward. Il était en grande discussion avec son père. Le ton monta peu après et même si je ne pouvais pas comprendre ce qu'ils se disaient, je devinai une dispute.

Au bout de quelques minutes, Edward fendit la foule vers la sortie sans un regard pour son père, ahuri.

« Docteur Cullen, il y a un problème avec Edward ? » demandai-je.

« Tout va bien. » m'assura-t-il.

Je me décidai à suivre Edward. Il descendait les escaliers vers le parking puis il se mit à parler.

« Tanya, je rentre à la maison, nous devons discuter. … Non, c'est important, il est temps que toute cette comédie cesse. … Plus maintenant, je viens de lui signifier ma démission, ni toi, ni mon père ne pourrez m'en empêcher. … Bloque ta matinée de demain, nous irons voir notre avocat. »

Il raccrocha et souffla. Je l'observai d'un peu plus haut, Edward s'était assis, il mit sa tête entre ses mains et y étouffa un cri de désespoir. De le voir aussi vulnérable me fit pitié. Il ne méritait pas d'être aussi malheureux. J'hésitai à aller le voir et lui parler, peut-être l'aider à se calmer, mais soudain il se releva et dévala les marches jusqu'au parking. Je le suivis, en débouchant à mon tour dans le parking, je le vis monter dans une Volvo argent et mon sang ne fit qu'un tour. C'était cette même voiture qui se garait devant chez nous toutes les semaines.

Jusqu'alors, j'avais refusé d'analyser les bribes de sa conversation avec Bella mais j'avais maintenant la réponse et elle ne me plaisait pas. Je ne voulais pas perdre Bella. Edward avait apparemment eu sa chance et il l'avait laissé filer, je ne commettrais pas la même erreur que lui.

Le regard bouleversé de Bella avant son départ me hantait aussi. Elle avait repoussé Edward, elle lui avait dit qu'elle m'aimait. Je ne devais pas douter qu'elle était à la maison, sous la douche peut-être. Puis elle se coucherait dans notre lit et demain matin, elle me ferait des pancakes, comme tous les matins depuis plus d'un an. Et alors, dans l'intimité de notre chez nous, je la demanderais en mariage. Je ne voulais pas croire que ça ne se passerait pas ainsi.

Mais en rentrant à l'appartement, Bella n'était pas là. Elle avait fait un passage ici, s'était débarrassée de sa robe de soirée et de ses escarpins. Mais elle ne s'était pas couchée dans notre lit. Mon corps continua d'agir sans que je réfléchisse. Je défis ma cravate puis me déshabillai et me dirigeai vers la salle de bains, espérant secrètement la trouver allongée dans la baignoire. Mais elle n'y était pas non plus.

Je me couchai sans elle, sans vouloir me demander où elle était et avec qui, sans chercher à la contacter. Le lendemain matin, je fus réveillé par les familières odeurs de pancakes, de sirop d'érable et de café. Je me précipitai vers la cuisine, Bella me tournait le dos, la poêle dans la main, elle fredonnait un vieil air diffusé à la radio. Pour la première fois depuis que je la connaissais, elle semblait totalement épanouie, heureuse, elle esquissa même quelques pas de danse. Je n'eus pas le courage de lui parler, alors je repartis vers la chambre et attendis dix minutes. Puis je me rendis à la salle de bains, faisant le plus de bruit possible.

« Bonjour. » lui lançai-je en entrant dans la cuisine.

« Bonjour, Jacob. »

Elle ne me demanda pas si j'avais bien dormi, c'était pourtant notre conversation traditionnelle le matin. Sans doute ne voulait-elle pas que je lui pose la question en retour, et pour être honnête, je ne voulais pas le lui demander.

Quand elle se tourna enfin vers moi et me regarda, j'eus un choc. Elle n'était plus la même, ses yeux pétillaient, ses joues étaient rosies, sa bouche un peu enflée. Mais surtout elle respirait la joie de vivre, tout le contraire de celle qui partageait hier encore ma vie.

« Tu commences à quelle heure aujourd'hui ? » questionnai-je.

Je me bornais à fixer mon assiette et ma tasse tandis qu'elle m'expliqua son emploi du temps de la journée.

« Tu veux que nous sortions diner ce soir ? » proposai-je.

« Bien sûr ! Nous allons fêter ce contrat ! »

Elle se pencha vers moi pour déposer deux nouveaux pancakes et j'aperçus comme un petit hématome sur le haut d'un de ses seins, un suçon. Elle ne l'avait pas hier soir quand elle portait sa jolie robe bleue.

De combien de preuves avais-je donc besoin ?

Bella quitta la cuisine et partit se brosser les dents, en chantonnant de nouveau. Puis elle m'embrassa sur la joue et quitta l'appartement.

Je passai la matinée à tourner en rond dans notre salon. J'hésitai à aller voir Edward et à lui casser la figure. Ça aurait été aisé, j'étais plus musclé que lui. Mais le visage radieux de Bella ne cessait de me hurler une vérité que je redoutais. Elle n'avait pas voulu me trahir, Edward devait représenter beaucoup trop pour elle, c'était lui qu'elle avait longtemps pleuré.

Savait-elle qu'il allait demander le divorce ? Quand allait-elle m'en parler ? Supporterais-je de l'entendre me dire que tout était fini entre nous, qu'elle en aimait un autre ? Elle était radieuse, comblée après seulement une nuit avec lui. C'était évidemment grâce à Edward. Comment pouvais-je espérer la rendre un jour aussi heureuse que ça ? Et lui qui était si misérable, qui n'avait jamais réussi à se détacher d'elle, méritait-il une femme aussi merveilleuse que Bella ?

Je me dirigeai vers mon bureau, hésitai avec mon téléphone, finalement je m'assis et allumai mon ordinateur. Je n'avais pas le cœur d'entendre sa voix et peut-être ses remerciements, ses mensonges ou ses promesses. Je tapai l'email sans attendre et sans réfléchir.

« Edward,

Hier soir, j'ai découvert que tu connaissais Bella, que tu la connaissais très bien. Je me souviens maintenant que tu as commencé à me parler quand j'ai raconté à ton père ma rencontre avec elle, et que ton attitude a vraiment changé après avoir vu une photo d'elle et moi.

Que notre amitié ait été sincère ou non n'importe plus vraiment, puisque je ne te reverrai sans doute jamais.

Si tu as vraiment l'intention de divorcer et si tu veux être avec Bella, sache que je ne vous en empêcherais pas, sache qu'elle est, en fait, déjà libre.

Je crois que je t'ai déjà pardonné. Je dois surtout te remercier pour la douleur et la tristesse que tu as fait disparaître de son regard. Je les croyais là pour toujours alors je n'ai jamais essayé de les enlever.

Aime là comme elle le mérite.

Elle sera ce soir au restaurant la Bella Italia sur la 33ème, à vingt heures. La réservation sera à mon nom, pour m'assurer qu'elle vienne.

Jacob Black. »

J'envoyai rapidement l'email avant de le regretter et de changer d'avis puis je composai le numéro de la Bella Italia, un de nos restaurants préférés.

« Une table pour deux à vingt heures ce soir au nom de Black, je vous prie. »

En arrivant en avance ce soir-là au restaurant, je me dirigeai immédiatement vers le chef de salle que je connaissais bien.

« Bonsoir, j'ai réservé une table pour deux au nom de Black mais je ne l'utiliserai pas. Deux autres personnes vont venir, placez-les et quand ils seront tous deux arrivés, remettez cette lettre à la jeune femme. »

« Bien, monsieur. »

« Je veux la table derrière le muret. »

Je n'avais pas choisi ce restaurant par hasard. Je lui avais demandé d'emménager avec moi à cet endroit, j'avais même envisagé d'y faire ma demande en mariage. Si par miracle, elle ne voulait pas de lui, si par miracle elle m'aimait plus qu'elle ne l'aimait lui, alors je me montrerais.

Edward fut le premier à arriver. Il tapota nerveusement ses cuisses puis la table et à nouveau ses cuisses. J'avais dis à Bella de venir pour vingt heures trente, avec l'intention puérile de le faire attendre.

« Edward ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

Bella venait d'arriver et avait été conduite par une serveuse.

« Jacob m'a demandé de venir. Il m'a envoyé un email aujourd'hui. » lui répondit Edward.

« Comment ? Non, c'est impossible. » gémit Bella.

Elle s'assit puis ouvrit l'enveloppe donc remise.

« C'est un mot de Jacob. » lui apprit-elle.

« Attends. Avant, j'aimerais te parler. »

« Nous nous sommes déjà tout dit hier, non ? »

Edward inspira.

« Non, j'aurais dû te le dire la nuit dernière. Je vais demander le divorce et quitter la clinique. »

« Tu m'as déjà promis… »

« Je sais. Mais j'ai compris, Isabella, je ne veux plus vivre sans toi. »

Bella ne répondit rien, j'hésitai à me tourner discrètement pour l'observer.

« Edward, je ne serais pas assez forte si une fois encore tu abandonnes. » déclara-t-elle, des larmes dans la voix.

« Je suis désolé de ne pas avoir assez cru en nous, d'avoir privilégié ma carrière. »

« Je suis avec Jacob maintenant. Quand je t'ai vu hier soir avec lui, je me suis sentie trahie. Tu le connaissais, tu savais que j'étais avec lui depuis le début, n'est-ce pas ? »

« Il parle beaucoup de toi, au début je n'y croyais pas puis un jour il m'a montré une photo de vous deux. Ce jour-là, j'ai cru devenir fou. »

« Je ne peux pas le quitter. C'est grâce à lui que j'ai pu continuer. »

« Isabella, la seule raison valable de rester avec lui serait de l'aimer vraiment. »

« Je vais la lire. » le coupa-t-elle.

« Lis à voix haute. S'il te plait. »

« Ok.

Bella,

Donne une nouvelle chance à Edward mais surtout donne-toi une nouvelle chance d'être heureuse. Je n'ai pas réussi à le faire mais lui saura. Il t'aime.

Ne t'inquiète pas pour l'appartement, tu peux y vivre aussi longtemps que tu le souhaites. Je passerais quand tu seras absente pour récupérer mes affaires. C'est mieux ainsi.

Sois heureuse.

Je t'aimerai toujours, Jacob. »

D'entendre dans sa bouche mes mots me serra le cœur. Je réalisai enfin les conséquences de ma décision, ne plus revoir la femme que j'aimais et perdre un ami. Pourtant j'étais plus que jamais convaincu qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Je n'aurais pas supporté la voir se faner avec moi, tout comme je n'aurais pas supporté qu'elle me quitte.

« Je n'arrive pas à le croire, balbutia Bella. Comment a t-il su ? Mon dieu, comme je m'en veux, il ne mérite pas de souffrir. »

« Non, ça ne pouvait pas continuer, il a compris que tu n'étais pas heureuse avec lui. » lui dit Edward.

Il se leva puis j'entendis Bella renifler.

« Isabella, je t'aime. Je ne veux plus jamais être séparé de toi. » lui dit Edward.

« Je t'aime aussi. Tu m'as tellement manqué. »

FIN


Reviews reçues lors de la première publication

jennifer2601 chapter 13 . Oct 31, 2014

Coucou Super chapitre.

celine68990 chapter 13 . Jul 19, 2012

Très belle décision de la part de Jacob, il doit réellement aimer Bella pour se sacrifier à la place d'un autre...

A bientôt

celine

bellardtwilight chapter 13 . Jun 8, 2012

super j adore !

Lily-Rose-Bella chapter 13 . Jun 7, 2012

c'est très beau comme histoire et j'admire ce Jacob pour sa "générosité"! c'est très noble de sa part! P

Lagasy chapter 13 . Jun 7, 2012

Whouah! Pour une fois chapeau Jacob. Là je l'aime bien, il a su reconnaître que c'était Edward qu'elle aimait et que lui seul pouvait la rendre heureuse. J'aime ça. Pour une fois qu'il s'accroche pas et casse pas les pieds de tous...

Très bel os. J'attends le prochain avec impatience.

Bizoo

jennifer2601 chapter 14 . Oct 31, 2014

Torride et très belle histoire

puceron52 chapter 14 . May 18, 2013

Un des plus beaux rôles de Jake, et si souvent je suis contre lui là…, qui pourrait ne pas le remercier de se « sacrifier » a ce point pour l'amour de la femme qu'il aime

merci .J.

mlca66 chapter 14 . Sep 12, 2012

ouf ! j'ai eu peur qu'il s'agisse d'une histoire d'adultère (et j'ai du mal) mais en fait c'est avant tout une histoire de rencontre et d'amour et qui se termine "bien" donc je souffle !