Merci pour tous vos commentaires :) Je suis contente que cette petite excursion vous plaise. Je n'ai pas l'habitude d'écrire des histoires sans enquête policière, alors ce n'est pas toujours si facile de ne faire que du caskett !

Un chapitre plutôt chaud (je préviens pour les âmes sensibles !)

Chapitre 7

Rodeway Inn Motel, Pennsylvanie, aux environs d'une heure du matin.

Dans l'obscurité, un peu frigorifiés, Rick et Kate passèrent la porte de leur petite chambre d'hôtel, saluant rapidement le gérant, qui les ayant escortés jusqu'à leur chambre, venait de leur préciser que le courant ne serait probablement pas rétabli avant le lendemain matin. Les derniers kilomètres parcourus, depuis leur pause chocolat chaud sur l'aire de repos, avaient été très compliqués, et le trajet avait duré bien plus longtemps que prévu. Le vent s'était levé, et avec lui une tempête de neige s'était abattue sur la région. Ce n'était pas encore le blizzard, mais les flocons, tourbillonnant légèrement au départ, étaient vite devenus drus et épais, et la neige s'était accumulée sur les routes, blanchissant le paysage. Si Rick et Kate s'étaient d'abord réjouis de voir tomber la neige, après un début d'hiver beaucoup plus doux que d'accoutumée, ils avaient vite compris que la tempête était suffisamment forte pour perturber la circulation, et les retarder dans leur avancée. Le motel où Castle avait réservé une chambre se trouvait à plusieurs kilomètres de l'autoroute, dans une zone boisée un peu à l'écart de la ville, et les routes étaient devenues glissantes et dangereuses. Roulant prudemment, ils étaient enfin arrivés à destination, mais avaient dû patienter une bonne vingtaine de minutes, à la porte de la réception du motel, sur le parking. Les pieds dans la neige, dans une zone exposée aux bourrasques d'un vent glacial, ils avaient attendu que le gérant, tiré de son sommeil, vu l'heure tardive, s'extirpe de son lit pour les accueillir. Bien que Castle se soit excusé pour leur retard, indépendant de leur volonté, le gérant ne s'était pas montré très aimable, d'autant plus qu'il était déjà irrité par la coupure d'électricité, qui avait plongé le motel et la région dans l'obscurité la plus totale. Ne s'attendant pas à pareil tempête de neige après la douceur de ce début d'hiver, il n'avait pas prévu de générateur de secours, et ses clients n'auraient ni électricité ni chauffage avant qu'on ne vienne dépanner le motel, le lendemain matin. Pour l'instant, la température dans les chambres était encore tout à fait agréable, mais il se pourrait qu'au cours de la nuit, le froid ne se fasse sentir.

Castle, leurs sacs de voyage à la main, referma la porte dans leur dos. Kate s'avança, observant la chambre, dans la pénombre, simplement éclairée par la bougie qu'elle tenait, et que leur avait généreusement donnée le gérant. La pièce était toute petite, rien à voir avec les luxueux hôtels où ils séjournaient habituellement lorsqu'ils voyageaient. Le lit occupait quasiment tout l'espace, et la décoration désuète et vieillotte la fit sourire, alors que son regard se portait sur les murs au papier défraîchi, les rideaux fleuris, et le vieux poste de télévision qui trônait dans l'angle de la pièce. Elle se fit la réflexion que l'obscurité était finalement une chance. La lueur de la bougie donnait un certain charme à l'endroit, qui, en plein jour, devait avoir l'air plutôt triste et fade.

- Je suis désolé ..., soupira Castle, déposant les sacs sur le sol. C'est encore pire que je ne le pensais ...

- Mais non, c'est parfait ..., lui répondit gentiment Kate, en allant prudemment poser la bougie sur la table de chevet, près du lit.

- Tu parles ..., bougonna-t-il, en retirant son manteau, trempé par la neige. C'est moche ... On dirait une chambre de vieille mamie ...

Il savait que le Rodeway Inn motel, qu'il avait réservé à la va-vite sur Internet, le jour même, était un établissement bas de gamme et plutôt isolé. Et c'est pour cela qu'il l'avait choisi. Non pas qu'il soit totalement paranoïaque avec l'impératif de discrétion qui était le leur, mais il ne voulait pas prendre le moindre risque. Ces deux jours avec Kate devaient se dérouler paisiblement, loin de tout souci. Mais la réalité dépassait tout ce qu'il avait imaginé. L'endroit était d'une tristesse à mourir. Tout semblait lugubre. Il n'y avait pas d'électricité et ils allaient avoir froid une bonne partie de la nuit. Son enthousiasme, qui n'avait fait que gagner en intensité depuis qu'ils avaient quitté New-York, était retombé d'un coup en découvrant cette chambre. Lui, s'en fichait finalement, mais pour Kate, il voulait toujours le meilleur. Surtout en ce moment. Après ce qu'ils avaient vécu, et avec ce qu'ils vivaient toujours. Ce week-end devait être merveilleux pour elle.

- On se fiche de la déco, mon cœur, répondit Kate, avec un sourire, amusée par sa remarque, tout en se débarrassant de son manteau, et de son écharpe, qu'elle posa négligemment au pied du lit.

- Ça sent le renfermé, en plus ..., constata-t-il, en s'asseyant au bord du lit, pour retirer ses chaussures.

- Ce n'est que pour une nuit, lui fit remarquer Kate, s'installant près de lui.

- Mais quand même ...

- Tant qu'on a un lit pour dormir, c'est tout ce qui compte, non ? ajouta-t-elle, ôtant ses bottines.

Il savait bien que Kate n'était pas matérialiste. Pas le moins du monde même. Mais il aimait l'éblouir, la surprendre par ses merveilleuses surprises, ses cadeaux hors de prix, même si cela la faisait pester parfois qu'il ait dépensé tant d'argent.

- Peut-être, mais j'aurais dû nous choisir un hôtel digne de ce nom ... tant pis pour la discrétion, parce que là, c'est vraiment trop nul ..., bougonna-t-il, visiblement pas convaincu.

- Je te dis que c'est parfait, alors arrête de râler ..., le sermonna-t-elle avec douceur.

Elle retrouvait avec plaisir les bougonnements de son mari grognon. C'était la première fois depuis des mois qu'elle l'entendait ronchonner, avec son air de petit garçon. Et il était tellement adorable. Depuis qu'ils avaient repris leur relation, quelques semaines plus tôt, leurs retrouvailles étaient toujours joviales, passionnées et euphorisantes, et Rick n'avait pas eu l'occasion de lui montrer qu'il pouvait toujours être aussi râleur et capricieux quand l'occasion se présentait. L'entendre bougonner, c'était comme si tout allait bien, comme si rien n'avait changé. Et c'était si agréable.

- Et si on est morts frigorifiés demain matin ? J'imagine bien les gros titres des journaux ... « Un couple retrouvé mort de froid, congelé, mais tendrement enlacé. Ils moururent comme ils avaient vécu. En osmose. Toujours »

- Tu es sérieux ? lui fit-elle, le dévisageant en riant.

- On ne sait jamais ..., répondit-il, d'un air un peu dépité, enlevant son pull et son tee-shirt pour se mettre à l'aise.

- N'exagère pas non plus, il ne va pas faire si froid ..., sourit-elle, se levant pour s'éloigner de quelques pas, et d'un geste, l'imiter, retirant pull et tee-shirt, qu'elle jeta négligemment sur la chaise, près de la porte.

Silencieux, il la contempla, alors que, lui tournant le dos, elle ondulait du bassin pour faire glisser son jean à ses pieds. Il fit courir ses yeux sur sa nuque, où tombaient sensuellement quelques boucles de cheveux échappées de son chignon, puis sur son dos, descendant vers sa taille fine, ses fesses joliment mises en valeur par ses dessous, ses cuisses, dont il pouvait aisément imaginer la douceur, puis ses jambes, suivant le mouvement du jean qui glissait jusque sur le sol. Il n'en fallait pas plus pour que cette vision délicieuse mette tous ses sens en émoi, et qu'il sente une agréable chaleur envelopper tout son être. Elle était sexy à mourir, dans la pénombre de cette chambre, simplement éclairée par la lueur de la bougie. Il en oublia aussitôt sa déception du moment, captivé, envoûté par la sensualité et la beauté de sa femme.

Quand elle se retourna vers lui, s'avançant, elle sourit, ravie de sentir son regard à la fois amoureux et fasciné, comme s'il la découvrait pour la première fois. Il était adorable, quand il avait le souffle coupé pour si peu de choses.

- Ça va aller ? sourit-elle, taquine, et bien consciente de l'effet produit.

- Hum ... Tu es magnifique ... tellement sexy ..., répondit-il, alors que le regardant avec des yeux dans lesquels il lisait déjà le désir, elle s'approchait, l'enjambait et venait s'asseoir à califourchon sur ses cuisses.

- J'aime te faire cet effet-là ..., chuchota-t-elle, enroulant ses bras autour de son cou, pour se blottir contre lui.

Il prit sa taille entre ses mains, et soupira de plaisir en déposant un baiser sur ses lèvres. Leurs nez se caressèrent, leurs bouches jouèrent à se happer tendrement, leurs langues s'effleurèrent, se goûtèrent amoureusement. Quand Rick sentit la main de sa femme se glisser dans ses cheveux à l'arrière de sa tête, caresser sa nuque du bout des doigts, la sensualité de son geste conjuguée à la volupté de sa bouche contre la sienne, le fit frissonner de désir. Il resserra l'étreinte de ses mains dans son dos, sur ses fesses, la pressant contre lui, tout en savourant le plaisir de pouvoir toucher sa peau, les rondeurs de son corps, et de sentir le désir s'emparer furieusement de lui.

- Tu sais ... ça m'a manqué ..., reprit-elle d'une voix douce et sensuelle, contre sa bouche.

- Quoi ? Mes baisers ? demanda-t-il, couvrant son dos, ses épaules, sa nuque de caresses.

- Non ... enfin si, bien-sûr, sourit-elle. Mais je voulais dire ... toi, en train de râler, ça m'a manqué, aussi.

- Vraiment ? s'étonna-t-il. Je t'exaspère d'habitude ...

- Oui, mais ... ça fait tellement de bien de retrouver ce petit côté-là de ta personnalité. Et puis, tu sais que tout ce qui m'exaspère chez toi a aussi le don de me rendre folle de toi ...

- J'adore te rendre folle de moi ..., chuchota-t-il, posant son front contre le sien. Je peux continuer à ronchonner alors ?

- Tu veux vraiment passer le reste de la nuit à bougonner ? sourit-elle, effleurant ses lèvres de petits baisers.

- Non, répondit-il, alors que Kate passait sa main sur son torse. Mais ...

Il s'interrompit, frissonnant au contact de la main un peu fraîche de sa femme sur sa peau.

- Désolée ..., murmura-t-elle, avec un petit sourire, caressant doucement son ventre, effleurant son nombril, puis remontant vers sa poitrine.

- Hum ..., soupira-t-il de plaisir. Ça, ça m'a manqué ... tes mains ... si ...

- Froides ..., sourit-elle.

- Excitantes ... sensuelles ... douces et coquines, répondit-il, savourant simplement les caresses de Kate, celles de sa main et de ses doigts glissant sur sa peau, celles de sa bouche, aguicheuse, affriolante, qui jouait avec ses lèvres.

Ses caresses légères le faisaient frémir de désir. Il se laissait griser par le plaisir, et sentait, à la gourmandise des baisers qu'elle lui donnait, qu'elle aussi le désirait ardemment.

- Kate ..., reprit-il, dans un souffle, entre deux baisers. Pour le motel ... je voulais juste que ce soit parfait ... Je veux que ce week-end soit magnifique pour toi ... et je voulais que ...

- Chut, l'interrompit-elle, posant un doigt sur sa bouche, caressant ensuite sa joue de sa main libre, ses yeux dans les siens. Mon cœur ..., je n'ai pas été aussi heureuse depuis des mois ... c'est parfait, absolument parfait ... Je suis heureuse.

Il sourit, en voyant son sourire radieux, ses jolis yeux, dont il distinguait à peine l'éclat dans la pénombre. Elle était tellement belle quand elle était ainsi heureuse. Elle était toujours magnifique, mais quand elle était heureuse, il y avait quelque chose de particulier qui émanait d'elle, quelque chose qui le charmait et le touchait au plus haut point.

- Et j'adore cette chambre ..., continua-t-elle, voulant le rassurer, car elle savait qu'il pouvait réellement se tracasser pour le côté matériel des choses. Parce que la seule chose qui importe, c'est que tu sois là avec moi. Je me fiche du vieux papier peint et de l'édredon qui sent la naphtaline ... Et c'est même romantique ...

- Tu trouves ?

- Hum ..., sourit-elle, l'embrassant à nouveau. Je n'aurais voulu être nulle part ailleurs qu'ici ce soir ...

- Et puis, on est des saltimbanques ..., reprit-il, finalement convaincu par la joie de sa femme. Une nuit à la dure qu'est-ce que c'est pour Joe et Vera ?

- La routine ... Maintenant, si tu as peur de mourir de froid, peut-être devrait-on trouver un moyen de nous réchauffer ...

- Tu as une idée ? chuchota-t-il.

- J'ai plein d'idées ..., répondit-elle, se redressant légèrement, pour d'un geste, dénouer son chignon.

De nouveau, il la contempla, alors que d'un mouvement de tête, elle faisait voleter ses cheveux, de la plus exquise des manières.

- Tu veux ma mort ? sourit-il, face, une nouvelle fois, à la sensualité et au sex-appeal qui se dégageait d'elle.

- Je me dis que ce doit être plus agréable de mourir de plaisir que de mourir de froid ..., chuchota-t-elle, le regardant avec son petit air mutin.

- Hum ..., constata-t-il, souriant. Je reconnais bien là ton pragmatisme ...

Son regard dans le sien, il glissa sa main dans son cou, mêlant ses doigts à ses cheveux, pour attirer sa bouche à la sienne, et l'embrasser voluptueusement. Alors qu'elle lui rendait son baiser avec la même ferveur, il la sentit resserrer l'étreinte de son bras autour de ses épaules, comme pour le serrer plus encore contre elle, et doucement, il fit remonter sa main libre dans son dos pour venir dégrafer son soutien-gorge. D'un geste, il le jeta sur le sol, avant de presser son torse contre la poitrine de sa femme. Elle soupira d'aise contre sa bouche, au contact de sa peau chaude et douce, de son corps puissant et viril contre ses seins.

- Que c'est bon de te sentir ainsi ..., chuchota-t-il.

- Oui ... ton corps m'a manqué, murmura-t-elle, son souffle se mêlant au sien.

Front contre front, corps contre corps, ils restèrent quelques secondes ainsi enlacés, savourant le délice de ce contact peau-à-peau dont ils avaient été privés depuis dix jours. Elle lova son visage au creux de son cou, frissonnant de plaisir. C'était une sensation exquise, à la fois douce et intense, d'être ainsi dans les bras de son mari, de sentir la chaleur de son corps, blotti contre le sien. Elle adorait ça. Cela déclenchait en elle une myriade de sensations toutes plus délicieuses les unes que les autres. Du désir. Une infinie tendresse. Un bien-être total, et le sentiment de s'abandonner complètement au plaisir d'être au plus près de son homme.

Puis doucement, elle se redressa, pour le regarder, desserra son étreinte, et il contempla la beauté de sa nudité, la jolie rondeur de ses seins, et leurs pointes dressées sous l'effet du froid.

Souriant, il vint poser délicatement ses lèvres au creux de son cou, et des frissons la parcoururent, alors que la bouche de son homme sereinement s'affairait à goûter sa peau, humer le parfum de tout son être, du bout des lèvres, du bout de la langue, traçant un chemin brûlant de son cou jusque le haut de sa poitrine. Tout devenait soudain plus intense, alors qu'il appréciait chaque zone offerte à lui : il goûtait, savourait, exaltait, alors qu'elle, lascive sous la caresse de sa bouche, sentit le désir monter inexorablement du fond de son ventre. Plongeant ses doigts dans ses cheveux, elle guida sa bouche jusque ses seins. Elle se délecta des baisers qu'il y déposa, puis, elle sentit la main de Rick venir caresser son sein droit, faisant rouler doucement la pointe sous son pouce. Elle gémit, sous l'effet de cette caresse attisant son désir comme jamais, et s'agrippa à ses cheveux quand ses lèvres se refermèrent sur son autre téton. La sensation délicieuse de sa main sur son sein, de ses lèvres habiles et de la pointe de sa langue, gourmande et coquine, embrasaient tout son corps, qui se tendait sous ce supplice exquis.

Il la sentait frémir sous sa langue. Ses murmures de plaisir, cette façon qu'elle avait de s'agripper à lui, le rendaient fou d'elle. Le goût de sa peau, la fermeté de ses seins, l'étreinte de ses cuisses qui enserraient son bassin, lui donnaient envie de se jeter furieusement sur elle, et de lui faire l'amour.

Doucement, il fit glisser sa bouche le long de sa poitrine pour venir retrouver ses lèvres, et aussitôt, fiévreusement, leurs bouches se happèrent, leurs langues se caressant avec délice. Il sentit avec plaisir les mains de Kate délaisser ses cheveux et se poser sur son torse, descendant vers son ventre, pour déboutonner son jean. Enivré par la sensation des doigts de sa femme effleurant son bas-ventre, il l'embrassait avec ferveur, tout en couvrant son corps de caresses, se délectant de ses soupirs et gémissements de plaisir. Reprenant leur souffle un instant, sans se quitter du regard, ils laissèrent leurs bouches s'effleurer quelques secondes, jouer à se chercher, mêlant sourires et baisers, comme pour canaliser ce désir qui les consumait, prolonger ces prémices enivrants.

Et puis, sans prévenir, Kate le fit basculer en arrière sur le lit. Sans lui laisser le temps de réagir, il les fit rouler tous deux sur le côté, pour se retrouver au-dessus d'elle, reprenant avec rage son baiser. Allongé sur elle, il sentit les mains de sa femme glisser dans son dos, puis repousser son jean et son boxer pour avoir accès à ses fesses. Elle les caressa, tendrement, le pressant contre elle.

- Attend une seconde ..., chuchota-t-il s'arrachant à sa bouche un instant, pour se redresser puis se lever, afin de se déshabiller.

Elle le regarda gigoter pour retirer, pantalon, boxer et chaussettes, et contempla satisfaite la vision du désir de son homme. Fier de lire l'envie dans les yeux de sa femme, il la vit se lever, et le rejoindre. Debout contre lui, elle retrouva aussitôt sa bouche, pour l'embrasser de nouveau, alors qu'il passait ses mains dans son dos pour venir caresser ses fesses. De sa main, elle s'empara de son sexe, le caressa, comme si elle avait besoin de sentir la force du désir de son homme sous ses doigts. Il gémit dans un souffle, et baissa les yeux vers ses mains qui, sensuellement, délicatement, achevaient de l'exciter. Il avait tellement envie d'elle, que son désir en devenait douloureux. Elle délaissa alors sa bouche, pour venir déposer des baisers sur sa poitrine. Il enfouit ses doigts dans ses longs cheveux, tandis que la bouche de sa muse glissait vers son ventre. Fermant les yeux, il se délecta de la moindre sensation que lui procurait la douceur des baisers de plus en plus gourmands de Kate. Quand la langue de sa femme glissa sur son sexe, il soupira de plaisir, quand de sa bouche, elle lui offrit la plus sensuelle, intime et excitante des caresses, il ferma les yeux pour simplement s'abandonner au déluge de sensations divines qu'elle lui procurait. C'était un tel délice, qu'il en était difficile de contrôler cette vague de plaisir qui déferlait en lui, depuis son sexe jusqu'à son cœur, dont le rythme s'accélérait à mesure que Kate intensifiait les caresses de sa bouche.

- Oh … Kate …, murmura-t-il doucement, glissant sa main sur sa joue pour lui intimer de cesser cette délicieuse torture tant son plaisir devenait incontrôlable.

Lentement, elle adoucit ses caresses, effleurant son sexe de ses lèvres, puis se releva, se blottissant contre lui.

- Tu es divine ..., chuchota-t-il, la regardant amoureusement, prenant son visage entre ses mains pour venir l'embrasser. Mais je confirme ..., tu veux ma mort ...

- Ta petite mort seulement ..., sourit-elle.

- A mon tour alors de te faire subir ce délicieux supplice ..., murmura-t-il, posant ses mains sur sa taille, pour faire glisser ses dessous le long de ses cuisses.

Une vingtaine de minutes plus tard ...

Dans l'obscurité de leur chambre, où seule la flamme de la bougie vacillait légèrement à mesure qu'elle faiblissait, enlacés l'un contre l'autre, blottis sous la couette, ils savouraient la plénitude de l'instant, et le bien-être infini qu'ils ressentaient. Ivres du plaisir partagé, silencieux, ils se délectaient de ce peau-à-peau, comme pour ne pas rompre le contact de leurs corps, la connexion de leurs âmes.

- Ça va ? Tu es redescendu sur Terre ? chuchota Kate, caressant tendrement ses cheveux, sur sa tempe.

- Hum ... pas vraiment ... je plane encore un peu ..., répondit-il, avec un sourire béat, ses yeux plongés dans les siens. Tu as failli me tuer ...

- Je vois ça ..., sourit-elle, amusée, avant de venir poser sa tête contre torse.

- Que c'est bon ..., lui fit-il doucement, soupirant d'aise, sa joue contre ses cheveux.

- Oui, je suis tellement bien ..., répondit-elle, fermant les yeux.

Il déposa un baiser sur le sommet de sa tête, heureux de la sentir si détendue et heureuse dans ses bras, et caressa tendrement son dos. Il savait ce qu'elle ressentait à cet instant présent, parce qu'il ressentait la même chose. Quand ils unissaient leur corps, outre la jouissance intense du plaisir sexuel, ils atteignaient une sorte d'osmose, de complicité, de proximité que seul l'acte d'amour pouvait leur donner. C'était une sensation, à la fois douce et euphorisante, qu'ils n'avaient jamais connue qu'ensemble.

Sentant le sommeil la gagner, bercée par les douces caresses de Rick dans son dos, elle se perdit dans ses pensées. Jamais elle ne s'était sentie si bien depuis des mois. Ce road trip était un pur bonheur, qui l'entraînait loin de ses soucis, de ses douleurs, et lui faisait redécouvrir le plaisir simple d'être avec Rick. Elle savait qu'il fallait savourer l'instant présent, et elle s'y efforçait constamment ces dernières semaines, mais elle ne pouvait s'empêcher de se dire que le temps passait trop vite, beaucoup trop vite quand elle était avec son homme. Elle aurait voulu que ces moments ne s'arrêtent jamais, que ce bonheur et cet apaisement qu'elle ressentait à cet instant ne prennent jamais fin. Mais samedi, ils reviendraient à leur vie compliquée, et une partie d'elle s'en voulait terriblement pour ça. La douleur du manque, pour l'un comme pour l'autre, les baisers volés, les rencontres secrètes, quand ils le pouvaient ... les mensonges à leurs familles, leurs amis. Elle voulait que tout cela cesse. Si seulement il y avait une solution pour que tout redevienne comme avant.

- Je t'entends réfléchir, lui fit Rick, d'une voix éraillée et ensommeillée.

- C'est impossible, sourit-elle, amusée.

- Bien-sûr que si ..., affirma-t-il, de son air très sérieux. A quoi penses-tu ?

- Je ne pensais pas, mon cœur, je somnolais, bercée par tes caresses ...

Ce n'était pas le moment de lui faire part de sa mélancolie. Peut-être durant le week-end, trouverait-elle la force de lui dire combien la situation restait douloureuse et difficile à vivre pour elle, combien il lui manquait, leur vie d'avant lui manquait. Il s'en doutait bien-sûr, et lui-aussi, elle le savait maintenant qu'elle avait entendu Alexis en parler un peu plus tôt au téléphone, vivait douloureusement parfois la situation. Mais jamais ils n'en parlaient tous les deux quand ils étaient ensemble, se concentrant sur le positif, sur le plaisir de se retrouver. Parler de leurs souffrances les aiderait très certainement. Elle avait appris auprès de lui comme c'était important de se confier, de partager ses peines, et elle savait à quel point il était attentif, rassurant. Mais ce soir, elle voulait juste profiter de l'intensité de ce qu'ils venaient de vivre, de la tendresse de ses bras, et chasser cette petite pointe de chagrin, pour, le cœur léger et joyeux, s'endormir contre son mari.

- Moi, je me disais que les gars s'imaginent peut-être que tu as un amant ..., reprit-il, tout à fait banalement.

- Sérieusement ? Tu penses aux gars-là maintenant ? Alors qu'on vient de faire l'amour, et qu'il n'y a pas moment plus romantique et agréable ..., lui fit-elle, remarquer.

- Je pensais à toi ..., et de toi, j'en suis venu au message que tu as reçu, et donc aux gars ...

- C'est un peu inquiétant malgré tout de penser aux gars dans un moment pareil, le taquina-t-elle. Pourquoi veux-tu que les gars imaginent que j'ai un amant ?

- Plus j'y pense, plus je me dis qu'ils ont des doutes sur les raisons de ton week-end improvisé ...

- Je ne suis pas en week-end. Mon père est malade ..., répondit-elle, comme si elle y croyait elle-même.

- Hum ..., je ne suis pas sûre que tu les aies convaincus. C'est bizarre ce message d'Espo. Ils s'imaginent peut-être que tu leur caches quelque chose, un amant par exemple ...

- Impossible. Ils ne peuvent pas imaginer un truc pareil ..., affirma-t-elle, catégorique.

- Ils ne comprennent rien à ce qui nous arrive, je te rappelle. Ils nous voient nous déchirer ... alors qui sait ?

- Peu importe ce qu'ils voient, Rick. Ils savent ce que tu représentes pour moi. C'est inconcevable qu'ils imaginent que je puisse avoir une autre relation ... Ils savent que tu es l'amour de ma vie ...

- Bon ok ... mais je me méfie d'eux quand même ... Ils sont rusés comme des renards et curieux comme des belettes ...

- Des belettes ... hum ... ils apprécieraient la comparaison je crois, constata-t-elle en riant. De toute façon, dans le pire des cas, même s'ils avaient un doute, que veux-tu qu'ils fassent ? Ils ne vont quand même pas me pister au fin fond de je ne sais où ..., en plein blizzard, ou tracer mon téléphone. Sans mandat, impossible. Et puis ça dépasse l'entendement.

- Rien n'est trop fou quand ils ont une idée en tête ces deux-là ..., expliqua-t-il, en desserrant subitement son étreinte, pour se lever. Je vais vérifier quelque chose.

Elle se redressa en appui sur le coude pour l'observer dans la pénombre, se demandant quelle idée lui avait encore traversé l'esprit. Cinq minutes plus tôt, il était somnolent et béat sous le coup des émotions et du plaisir, et maintenant, voilà, qu'il était bien éveillé, concentré sur son obsession du moment.

- Mon Dieu, il fait super froid ..., constata-t-il, frissonnant, en farfouillant dans la poche de son manteau. Je te le dis ... si on ne succombe pas cette nuit à une hypothermie, on aura de la chance ...

- Tu n'as qu'à rester sous la couette, le sermonna-t-elle gentiment. Qu'est-ce que tu fabriques ?

- Je vérifie un truc ..., répondit-il, en allumant son téléphone.

Kate se rallongea, se calant dans l'oreille, en remontant la couette jusque sous son menton, constatant qu'en effet, sans la chaleur du corps de Rick près d'elle, il ne faisait pas très chaud.

- Bingo ! s'exclama-t-il, sur le ton de la victoire. Devine quoi ?

- Quoi ? lui fit-elle en baillant, se demandant où il voulait en venir.

- Outre deux messages d'Alexis, et un de ma chère mère, j'ai aussi un message d'Espo qui me demande si je veux passer la soirée du réveillon avec lui demain ... Soirée karaoke au Copa Cabana ...

- Comment ça passer la soirée au Copa Cabana ? s'étonna Kate. Il est censé être de service au poste demain soir, il est capitaine par interim ! Il va m'entendre à mon retour celui-là ...

- Je crois que c'est juste une ruse ..., sourit Castle, en se hâtant de rejoindre le lit.

- Une ruse ?

- Il veut savoir ce que je fais. C'est tout ...

- Tu crois qu'il s'inquiète que tu sois seul et malheureux pour le réveillon ? lui demanda-t-elle, alors qu'il se rallongeait près d'elle.

- Pas sûr. Je dirais que le gang des rousses a sonné l'alerte ... et appelé les gars pour savoir où j'étais parti.

- Tu crois ? Quand même ..., constata Kate, sceptique.

- Elles en sont capables. Tu as entendu Alexis tout à l'heure, non ? Elles se font du souci, s'imaginent tout et n'importe quoi. Elles ont pu appeler les gars pour savoir s'ils savaient quelque chose ... et ... tu ne trouves pas ça bizarre qu'on reçoive un texto tous les deux au même moment ?

- Tu penses qu'ils se doutent de quelque chose ?

- Je ne sais pas. Mais en tout cas, ils vérifient.

- Ce n'est pas bien grave de toute façon. Ils n'ont aucun moyen de savoir qu'on est ensemble maintenant qu'on est loin ..., perdus dans la tempête de neige ...

- Hum ... Je ne vais pas répondre, et je ferais bien d'éteindre très vite mon téléphone avant qu'ils n'essaient de me pister.

- Ne sois pas parano ... Ils ne feront pas ça. Je t'ai dit que c'est impossible sans mandat.

- On ne sait jamais de quoi sont capables ces deux belettes ..., répondit-il, en posant son téléphone sur la table de chevet, près de la bougie.

- Oublie donc tout ça ... Je te connais, si tu commences à réfléchir à ce que fabriquent les gars, et le gang des rousses, comme tu dis, ça va te tracasser tout le week-end ... et une seule chose doit te tracasser ce week-end : moi.

- Je te trouve bien possessive, sourit-il.

- Tout à fait. Tu es à moi, et rien qu'à moi pendant deux jours ..., répondit-elle, en se penchant vers lui pour déposer un baiser sur ses lèvres.

- J'adore ...

- Si on dormait ? suggéra-t-elle, le regardant tendrement. Il doit être très tard ...

- Oui ... il est plus de deux heures du matin ... et je veux que demain tu sois en pleine forme pour profiter de chaque instant ...

- Oui ... Tu devrais éteindre la bougie mon cœur ... parce qu'à défaut de mourir frigorifiés, on pourrait mourir carbonisés ..., plaisanta-t-elle.

- C'est sûr que ce ne serait pas cool, sourit-il, soufflant sur la petite flamme, les plongeant ainsi dans l'obscurité la plus totale.

Elle se tourna, venant caler son dos contre son torse, et il remonta la couette le plus haut possible sur leurs épaules, avant de l'enlacer, posant sa main sur son ventre.

- Tu n'as pas froid ? s'inquiéta-t-il.

- Non ..., je suis parfaitement bien ...

- Alors bonne nuit, ma chérie, chuchota-t-il, déposant un baiser au creux de son cou.

- Dors bien, mon cœur ..., sourit-elle, enlaçant ses doigts aux siens, sous la couette.