Petite annonce, pour les intéressés : J'ai publié l'épilogue ainsi que le chapitre bonus de "Moi, Hinata Hyuga, seize ans, enceinte" :)

Ichigo : Oh, vraiment ? Et c'est mal ? :p Je trouvais que les chapitres là seraient important pour la suite. Pour bien voir le décalage entre les personnages, leur caractère, leurs buts. Et aussi, quelle genre de relation ils avaient pu avoir. Parce que si j'avais commencé directement à l'age adulte, ça n'aurait peut être pas rendu pareil :/

YumeNoGensou : Pas grave ! Je te mets pas un couteau sous la gorge pour que tu commentes ;) Je sais, au japon, c'est plus le pinceau que la plume. Mais j'y peux rien, je trouve l'écriture à la plume fantastique :3 Je crois que tu as bien cerné Azami. Ou plutôt, la petite Azami .. :) Et Madara sera plus .. cohérent que dans d'autres de mes fictions, je pense.

Miss : Ah, tu verras :D

Kisous : Le Madara de Kagami et celui d'Azami sont plutôt différents. Ils ont des points communs, c'est sûr mais ils n'ont pas le même genre de personnalité. Je pense. En tous cas, j'ai essayé de faire comme ça ^^

angel-ofshadow : T'as failli être en retard xD Mini-Madara :3 Plus .. sereine ? Je ne dirais pas ça :D


Pourquoi repensait-il à elle ? Madara n'en pouvait plus. Ça faisait deux semaines que son esprit était totalement occupé par le visage d'un fantôme de son passé. Il n'arrivait pas à se concentrer plus de cinq minutes sans avoir une pensée pour elle et il ne supportait plus tout ça.

Il avait des choses importantes à faire ! Valider le passage au niveau supérieur des shinobis débutants, organiser les nouveaux tours de garde, tester les compétences des médics ! Et pourtant, il était incapable de penser à autre chose qu'à elle.
Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Il était déjà en deuil, pourquoi son esprit lui imposait-il cette souffrance ?

D'un geste agacé, il repoussa son bureau, le fit voler à travers la pièce, obligeant les deux personnes présentes, à savoir Hikaku et Tora, ses .. assistants, en quelques sortes, à faire un bond de côté pour l'éviter avant de poser le regard sur leur chef de clan en rogne. Que lui arrivait-il, tout à coup ?

Madara glissa les mains dans ses cheveux avant de se rendre à l'évidence. Il avait besoin de temps seul alors il les renvoya d'un regard et quand la lourde porte du bureau fut refermée, il se leva, s'approcha de la cheminée, s'y accouda en laissant le feu le réchauffer lentement.

Ça faisait quinze ans qu'il n'avait pas pensé à elle. Ou plutôt, pas autant que ça. Il lui avait promis de revenir, mais il n'avait pas eu le temps. En revenant de sa mission, une guerre avait éclaté et tout le clan avait dû y participer pendant deux ans. Deux années de combat ininterrompus contre les Senju et chaque clan y ayant participé en était ressorti tellement affaibli que chaque Uchiha, même les shinobis les plus jeunes et les plus inexpérimentés avaient dû travailler sans relâche, acceptant chaque mission, même les plus banales afin de reconstruire le clan. Madara n'avait pas eu un jour de congé pendant trois ans après ça, puis, il avait pris la tête du clan.

Et à partir de ce moment là, il lui avait été impossible de se libérer, même pour un après midi. Oh, il faisait ce qu'il voulait, bien entendu, mais qu'aurait dit le clan s'il était parti chasser une chimère de son enfance ? Non, sa place n'était pas assez assurée pour ça et il se battit des années pour que le clan entier lui fasse une confiance aveugle.

Et maintenant ? Maintenant, il pouvait y aller mais le deuil … La souffrance la plus intense qu'il avait jamais ressentie. Celle de perdre son frère adoré au combat. Et depuis deux semaines que c'était arrivé, il pensait à elle. Parce qu'elle était la seule amie qu'il lui restait. Pas un subordonné, pas un général de l'armée, ni même une fille avec laquelle il pourrait passer la nuit avant de ne plus jamais la revoir mais bien une amie, quelqu'un avec qui parler, passer du temps et oublier.

Mais il se souvenait parfaitement de son sourire rayonnant, de l'apaisement qu'il ressentait à ce moment là. De son regard argenté, brillant de malice. Ses joues de poupée tellement douces qu'il avait eu l'impression de toucher de la soie. Ses cheveux fins et magnifiques qui sentaient légèrement le jasmin. Et son baiser, sur ses lèvres. Cette preuve d'un amour enfantin mais profond, qui lui était resté gravé dans le coeur et l'esprit. Il avait toujours dit que c'était son premier baiser.

Des fois, il avait tenté d'imaginer ce à quoi elle pouvait ressembler maintenant. Un petit gabarit, vu qu'elle n'était déjà pas bien grande à l'époque, toujours un peu plus mince que la moyenne mais avec de belles courbes. Son visage se serait affiné légèrement, ses joues rondes laissant place à des pommettes bien dessinées. Et son regard se serait fait plus sensuel, plus femme.

Oui, c'était exactement l'image qu'il avait d'elle à présent. Une belle femme, qui lui plairait au premier coup d'oeil et il fantasmait là dessus dès qu'il le pouvait.

Mais il avait perdu Izuna. Oh, il avait tué l'enfoiré qui avait osé lui arracher son frère mais sa peine ne s'était pas amoindrie. Au contraire. Il se sentait tellement seul, dans sa douleur. Le clan entier ne pouvait pas le comprendre et son âme entière semblait s'embraser à chaque fois qu'il y repensait. C'était de sa faute si Izuna était mort, n'est ce pas ? Son frère lui avait donné ses yeux, trois ans auparavant et Madara avait pu atteindre le mangekyo sharingan éternel. Il avait sacrifié sa vue pour que son chef de clan soit encore plus puissant, plus parfait et après un entrainement intensif, Izuna avait réussi à maitriser une certaine forme de combat, malgré sa cécité. Mais pourquoi n'avait-il pas réussi à éviter ces shuriken ?

Et parfois, Madara pensait. Les dieux avaient-il voulu le punir ? Pire, il repensait à la promesse faite, quinze ans plus tôt. « Sur la vie d'Izuna ». Il avait promis son retour sur la vie de son frère et son frère lui avait été enlevé. C'était une punition divine, n'est ce pas ? Les dieux n'avaient pas apprécié qu'il ne respecte pas sa promesse alors ils lui avaient enlevé son frère ? Madara Uchiha n'était pas homme à croire aux dieux, ni au karma, mais depuis deux semaines, depuis leur dernière bataille, il doutait tellement.

Puis, à force d'y réfléchir, les yeux perdus dans les flammes, il comprit. Il devait la ramener. Il devait retrouver Azami, quelque soit l'endroit où elle se trouvait et la ramener au village pour enfin tenir sa promesse et il serait pardonné.

Décidé, il se redressa lentement, appela ses conseillers avec force et se tourna en entendant Hikaku et Tora revenir. Ils s'inclinèrent profondément et Madara regarda un instant autour de lui avant de dire :

- Je pars. Occupez vous du clan en attendant mon retour.

Les shinobis se redressèrent, et Tora demanda :

- Vous partez en mission ?
- Non, c'est personnel. Je ne sais pas quand je reviendrais et je serais sûrement accompagné. Remettez tout ça en ordre, dites que c'est une mission au clan et faites préparer la chambre d'Izuna.
- La chambre d'Izuna ?
- Je veux qu'elle soit propre et accueillante.

Les hommes s'inclinèrent, ne comprenant pas ce que leur chef de clan allait faire mais les ordres étaient clairs et ils ne pouvaient pas y désobéir. Ils connaissaient le caractère de Madara et ils ne voulaient pas lui donner la moindre chance d'être déçu. Ils savaient ce que ça coutait.

Madara lissa un instant ses cheveux en regardant l'état du bureau avant d'en sortir afin de rejoindre la maison destinée au chef de clan. Il y prépara un sac de vêtements, quelques armes ainsi que quelques provisions et partit immédiatement.

Son arrivée à Samohara fut rapide. Il se souvenait du chemin comme s'il s'y était rendu la veille et chaque pas lui faisait remonter un souvenir. Le feu d'artifice, le camping près du lac, la première fois qu'il avait activé Susanoo. Le sourire d'Azami.

En voyant les premières maisons se profiler entre les branches, il ralentit, jusqu'à rejoindre la route et marcha lentement. C'était là, sur cette route, qu'il avait reçu son premier baiser. Qu'il lui avait dit au revoir. Il la revoyait courir en hurlant son prénom, ses joues rouges, l'air désespéré. Et il voulait, il espérait même, qu'elle serait heureuse de le revoir après tout ce temps.

Le village avait changé. Il avait été pauvre, lors de sa première visite mais cette fois, il semblait miséreux. Bon nombre de maisons semblaient avoir été abimées, réparées grossièrement avec de vieilles planches. La rue principale était boueuse, et il devait faire attention où il marchait, entre les mendiants, les flaques d'eau, les ordures. Il était ignoré, ce qui lui faisait plaisir à voir. Il ne fallait pas qu'on dise que le grand Madara Uchiha voyageait seul, c'eut été dangereux. Pour ses possibles adversaires.

D'un pas lent, il se dirigea vers l'auberge des Sarue mais n'y trouva que des maisons individuelles, s'alignant les unes à côté des autres comme des carottes dans un jardin alors, cachant sa déception, il chercha un instant jusqu'à trouver une petite auberge miteuse mais qui lui suffirait, le temps qu'il retrouve Azami.

La tenancière était un petit bout de femme, âgée, l'air mauvais mais elle lui adressa un léger sourire en voyant qu'il était un nouveau client et une fois qu'il eut traversé la taverne, dont le bar était tenu par un homme à la carrure imposante, qu'il se présenta devant elle, la vielle lui demanda :

- Que puis-je pour vous, mon seigneur ?
- Je veux une chambre.
- Pour combien de nuits ?
- Six, pour l'instant.
- Ça vous fera cinq mille ryos. À quel nom ?
- Uchiha.

La petite vieille se figea, apeurée et Madara fit tournoyer ses sharingans lentement, menaçant en murmurant :

- Ca pose un problème ?
- A-absolument aucun, Uchiha-sama. C'est un honneur pour moi de ..
- Pourquoi est-ce aussi peu cher ?

Madara sortit sa bourse pour donner l'argent à la femme, ne la lâchant pas des yeux et elle chuchota :

- Les touristes ne sont plus aussi nombreux qu'auparavant, Uchiha-sama. Samohara a perdu de sa beauté.
- L'auberge des Sarue … Celle qui était dans la grande rue, qu'est-elle devenue ?
- Emportée par les flammes, monsieur ! Il y a des années de cela. Les gens disent qu'une lampe à huile a débuté l'incendie et il a été impossible de l'arrêter. Il a emporté trois maisons proches avant d'enfin pouvoir être maitrisé. Dix personnes sont mortes, cette nuit là.
- Azami ?

La tenancière écarquilla les yeux avant de secouer la tête en disant :

- Azami s'en est sortie.
- Et ses parents ?
- Ça faisait longtemps qu'ils étaient décédés.
- Où est Azami maintenant ?
- Toujours au village, monsieur.
- Bien. Emmenez moi à ma chambre et faites moi parvenir un bon repas dans deux heures.
- Bien sûr, monsieur.

D'un pas bancal, la femme le fit passer derrière le comptoir pour qu'il puisse atteindre un escalier en bois un peu humide. Ils longèrent un couloir sombre jusqu'à ce que l'aubergiste lui ouvre une porte, à l'aide d'une petite clé rouillée, la lui remette et dise :

- Je ne sais pas ce que vous êtes venu faire ici, Uchiha-sama, mais si vous avez connu l'apogée de l'auberge des Sarue, attendez vous à être déçu. Tout a changé ici. Vraiment tout.

Ignorant l'avertissement de la vieillarde, Madara pénétra dans la chambre qui sentait un peu le moisi et referma la porte sans un mot. Par habitude, il fouilla l'endroit de fond en comble avant de plier le futon afin d'en faire un bon coussin, s'installer dos à un mur de pierre, un kunai à la main et poser la tête contre la cloison pour se reposer un peu.

Après un repas bien mérité, quoiqu'un peu infecte, il ajusta son haori sur ses épaules, glissa un kunai dans une de ses manches et se prépara à sortir.

La vieille avait dit qu'Azami était toujours à Samohara alors il allait la chercher, même s'il devait toquer à toutes les portes du village. Il imaginait déjà revoir son sourire, espérait presque d'elle fasse le premier pas et le prenne dans ses bras, comme elle l'avait fait, le jour de son départ. Il voulais avoir cette gamine au coeur pur contre lui pour sentir sa peine s'alléger. Fourrer le nez dans ses cheveux en la serrant contre lui, peut être même l'embrasser si elle en avait envie. Non pas qu'il en ait envie lui, loin de là. En tous cas, c'était ce qu'il essayait de se faire croire.

En sortant de la chambre, une fuite dans le plafond et de l'eau qui coulait dans un sceau métallique lui indiqua qu'il pleuvait sûrement dehors alors il plaça ses cheveux sous sa veste, descendit, sortit de l'auberge en ajustant sa capuche sur le haut de sa tête et décidé, il fit le tour du village afin de la retrouver.

Il commença par la rue de l'auberge des Sarue, marcha le long des maisons en écoutant les conversations, de ci de là, faisant mine de s'intéresser à ce que vendaient le peu de commerçants présents mais n'entendit rien qui pouvait lui donner un indice de l'endroit où se trouvait sa cible. Et ce fut quand il avait décidé de rentrer, parce que la pluie commençait à tomber fort et qu'il se doutait que personne ne lui accorderait un peu de temps pour subir un interrogatoire alors qu'il faisait un temps de chien, qu'il la vit.

Azami marchait le long de la rue principale. Ou son ombre. Madara était sidéré de voir à quel point elle avait changé et tout dans son attitude le lui indiquait.

Elle portait un kimono délavé, au obi tellement lâche que le tissu du vêtement ne couvrait même pas ses épaules, et elle était obligée de le tenir au niveau de sa poitrine afin qu'il ne glisse pas plus et ne découvre totalement son corps. Ses pieds étaient nus, et ça ne semblait pas la déranger de marcher dans la boue et le froid de cette façon. Contrairement à dans ses souvenirs, ses cheveux étaient lâchés, frisotaient à cause de la météo mais étaient sales, cassés et leur texture semblait loin de la soie. Ils avaient été coupés grossièrement, en une frange longue puis en dégradé et ça rendait son expression plus … mauvaise que ce qu'elle était déjà.

Ça ne pouvait pas être elle, n'est ce pas ? La fillette souriante et radieuse qu'il avait connue n'était pas … La femme devant lui le regardait dans les yeux, marchant lentement en sa direction et son regard malicieux était devenu tellement haineux. Son visage semblait fatigué, amaigri, et elle le maudissait de tout son corps. Ou en tous cas, c'était ce qu'il voyait. Même son ton blafard semblait lui être adressé.

Et ses yeux .. ces yeux qu'il avait adorés, durant leur enfance, lui renvoyaient tellement d'aversion. Ils lui hurlaient de ne pas s'approcher, de ne pas lui parler. Qu'elle ne voulait pas le voir.

Elle passa à côté de lui, en se détournant et Madara ne sut réagir. Lui, le grand Uchiha, avait perdu ses moyens en voyant la chimère de son enfance à l'opposé le plus total de ce dont il se souvenait et cette gêne qu'il ressentait, profondément dans sa poitrine, lui était insupportable. Comment était-elle devenue .. ça ?

Il regarda par dessus son épaule mais elle n'était déjà plus là. Envolée, comme un souvenir alors il retourna à l'auberge, sachant qu'il aurait le temps de lui parler plus tard. D'un pas lent, il s'installa au bar, fit signe au gorille de lui servir du saké.

L'avertissement de la tenancière lui revint en mémoire, douloureusement. Tout avait changé, à Samohara. Même Azami. C'était ce qu'elle voulait dire, n'est ce pas ? Azami, l'innocente et pure petite Azami, avec ses grands sourires, son regard pétillant, sa simplicité. Quinze années l'avaient transformée en son opposé le plus complet. Quelqu'un de sombre, de mauvais. Pourquoi ?
Était-il responsable de ça aussi ?

Il redressa la tête en avalant une coupelle de saké.

Il lui avait promis de revenir. Promis sur ce qui lui était de plus cher. Mais il ne l'avait pas fait. Était-ce pour ça qu'elle était devenue aussi .. différente ? Les dieux avaient-ils décidé de le punir, encore ? Lui prendre son frère et la seule amie qui lui restait ?

Il passa la nuit à boire, souhaitant oublier, rien que pour quelques heures, la douleur lancinante qu'il ressentait. Et ce fut la tenancière elle même qui l'obligea à arrêter de boire. D'une main douce, elle lui fit reposer la bouteille de saké qu'il avait à la main, replaça ses cheveux en arrière avec pitié. Ou compassion ? Madara ne savait pas vraiment. Tous ses sens étaient traitres, en cet instant. Elle le mena ensuite d'une main douce vers sa chambre, l'y fit entrer et murmura, d'un ton maternel :

- Reposez-vous, Uchiha-sama. Demain, je répondrais à vos questions.
- Vous croyez qu'elle me pardonnera ?
- Je pense qu'il va lui falloir du temps. Dormez sur vos deux oreilles, je viendrais vous réveiller quand l'alcool vous aura libéré de son emprise.

Madara acquiesça doucement, incapable de penser correctement et la vieillarde referma la porte de sa chambre, touchée de voir quelqu'un comme lui se mettre dans un état pareil.

Le réveil de Madara fut violent. Il avait dormi sur le parquet, la tête sur le futon et l'alcool l'avait assez assommé pour que ses pensées ne viennent pas parasiter ses rêves. Mais quand la vieille Aika avait secoué son épaule, ses réflexes de shinobis avaient pris de le dessus et il s'était vivement redressé, lui calant un kunai sous la gorge.

Mais en réalisant son geste, Madara se reprit rapidement, assez pour ne pas lui trancher la peau et Aika mit quelques minutes à se reprendre, ayant vu la mort de très près. Sans s'excuser, Madara avait entamé le repas qu'elle lui avait amené, ignorant sa gueule de bois et quand Aika prit la parole, il releva un regard écarlate vers elle, attentif :

- Je me souviens de vous, vous savez ? Vous étiez tellement jeune ! Ça fait quoi ? Dix ? Quinze ans ?
- Quinze ans. Qui êtes-vous ?
- Personne que vous connaissez, j'en ai bien peur. Vous aviez diné à mon stand avec Azami, lors du festival de l'été. Des dangos, si ma mémoire est bonne.

Madara acquiesça, se souvenant que ça avait été les meilleurs dangos de sa vie et demanda :

- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Le seigneur Sato a été assassiné, ce soir là, mais je suppose que je n'ai pas besoin de vous le dire, n'est ce pas ?
- J'obéissais aux ordres.
- Je n'en doute pas. Mais le fait est qu'avec sa mort, nous avons perdu sa protection. Son armée s'est disloquée et les régions alentours en ont profité pour venir nous piller. Tout y est passé. Les récoltes, les animaux, même certains enfants. Et un clan a maintenant la main mise sur toute la région, et si nous voulons continuer à profiter de leur protection, nous devons leur donner beaucoup.
- Quel clan ?
- Yotsuki. Ils viennent du Pays de la Foudre, d'après les rumeurs et il y a des patrouilles toutes les semaines.
- Qu'est ce que ça a à voir avec Azami ?
- Azami a subi cet misère, comme tous les habitants du coin. Et quand elle a dit qu'elle connaissait quelqu'un qui pourrait nous sauver, quelqu'un d'assez fort pour combattre, elle a été interrogée par les Yotsuki. Il paraît qu'elle a été torturée pendant des heures avant d'être relâchée. Elle n'était encore qu'une enfant mais elle y a perdu toute son innocence. Mais si vous n'en avez jamais entendu parler, ça veut dire qu'elle n'a pas révélé votre nom, n'est ce pas ?
- Ou qu'ils ont eu peur.
- Possible. Mais à partir de ce moment, plus le temps s'écoulait, plus elle a changé.

Madara hocha lentement la tête.
C'était difficile pour lui d'entendre ça. Il était responsable de ça. Parce qu'il avait tué le Sato, Azami avait été torturée. Et il n'était pas revenu pour elle. Il l'avait voulu, de tout son être mais il n'avait jamais caché que le clan était plus important. Et maintenant …

- Rentrez chez vous, Uchiha-sama. Azami n'est plus celle que vous avez connue.
- Je ne partirais pas sans elle.
- Je pourrais dire que vous êtes courageux si ça n'était pas de la folie. Et elle n'acceptera jamais de vous reparler.
- Je l'y forcerais.

Aika soupira longuement avant de murmurer :

- Dans ce cas, contactez Taku. Il habite dans la rue principale, la maison avec la lanterne rouge et dites lui que vous avez une chambre ici. Métamorphosez vous et donnez lui « Etsu », comme nom.
- Pourquoi ?
- Vous comprendrez.

La vieillarde se remit sur ses jambes, reprit le plateau à présent vide et sortit dans la chambre sans un mot de plus.
Comment est ce que Taku pouvait l'aider à reparler à Azami ?

Après une petite heure sans bouger, le crâne douloureux, il se métamorphosa rapidement en un paysan comme les autres et se rendit à la maison indiquée par Aika. Celle ci devait être une des plus importantes de la ville et Madara se demanda vaguement comment un fils de poissonnier avait pu se payer une maison pareille. Son regard fut un instant attiré par la lanterne rouge, au dessus de la porte et, oublieux sur le moment, il y entra.

Il fut accueilli par Taku en personne et celui ci, contrairement à Azami, n'avait pas tant changé que ça. Son ventre avait même doublé de volume et son double menton s'agitait à chaque mouvement qu'il faisait mais à part ça, il était exactement le même que quinze ans auparavant.

- Bienvenue ! Bienvenue, étranger, à la maison des plaisirs !

La maison des plaisirs ?
Le gras claqua des doigts et une dizaines de filles, plus belles les unes que les autres s'approchèrent et se mirent en rang d'oignon devant eux. Madara y reconnu vaguement Yume, la rouquine empotée et Taku sourit d'un air doucereux en demandant :

- Laquelle de ces demoiselles pourrait-elle assouvir vos envies, cher inconnu ?

C'était une blague, n'est ce pas ? Madara tenta de rassembler ses idées et murmura :

- Azami.
- J'ai bien peur qu'Azami ne soit pas disponible en ce moment. Mais regardez le choix que vous avez ..
- Non. Je veux Azami. J'attendrais s'il faut.
- Bien.

Taku renvoya les autres filles d'un signe de main et exposa :

- Azami sera disponible vers vingt-trois heures ce soir. Souhaitez-vous une chambre ici ou .. ?
- Non, j'ai une chambre à l'auberge de la vieille Aika.
- Parfait. L'heure est à dix mille ryos, à payer d'avance.
- Je les payerai à Azami.
- Non, monsieur, ça n'est pas comme ça que ça fonctionne.

Le maquereau agita sa main potelée devant lui, d'un air amusé et Madara n'eut d'autre choix que de lui donner l'argent tandis que l'autre demandait :

- Quel nom ?
- Etsu.
- Bien, Etsu-sama. Profitez bien de la présence de ma chère Azami et n'hésitez pas à prolonger votre plaisir, mh ?

Taku lui donna un petit coup de coude avec un regard malsain et Madara dut se retenir de toutes ses forces de ne pas le tuer sur place.
D'un pas rapide, il retourna dans la chambre de l'auberge, ignorant le regard de la vieille Aika et s'y enferma. Ça n'était pas vrai, n'est ce pas ? Azami, la douce Azami ne s'était pas abaissée à .. ca .. ?

Ses mains tremblaient sur ses yeux tandis qu'il essayait de se calmer mais c'était peine perdue. Il lui avait dit, quinze ans plus tôt, qu'il n'aimait pas tuer mais là, en cet instant précis, il aurait aimé, mieux, il aurait chéri chaque seconde de torture qu'il aurait pu infliger à Taku ainsi qu'au clan Yotsuki au complet et même à Kenji, le chef de clan défunt pour ce qu'ils avaient fait à Azami et enfin, il aurait adoré les tuer, les uns après les autres, parce qu'ils lui avaient enlevé l'image pure qu'il avait gardée de la fillette.

La nuit arriva et Azami suivit. Taku lui avait annoncé qu'elle aurait un nouveau client, le soir même et elle s'attendait à tout. Un vieux pervers, un sadique, n'importe quoi. Son corps était fatigué, la suppliait d'avoir un peu de repos mais si elle se le permettait, Taku ne serait pas content et avec le temps, elle avait appris à lui obéir, comme la chienne qu'elle était.

Elle se présenta à Aika, qui, gardant son air habituel, la mena à la chambre de Madara et se dépêcha de s'en aller, ne voulant absolument pas assister à ce qui pouvait se passer dans cette pièce.

Azami toqua doucement, espérant qu'il se soit endormi et elle écarquilla les yeux en voyant Madara ouvrir brutalement la porte, sharingans activés mais elle n'eut pas le temps de fuir qu'il l'attrapait par le bras pour la tirer dans la pièce. Il referma derrière elle, l'air furieux, la plaqua au mur d'une main et grogna :

- C'est une blague, n'est ce pas ?

La jeune femme, une fois le choc passé, se surpris à éclater de rire. Mais c'était loin du rire cristallin de son enfance. Un rire sarcastique, sans joie et elle répondit :

- Tu m'avais promis que tu reviendrais !
- Et je suis là !
- Putain, ça fait quinze ans Madara ! Quinze putain d'années !
- Mais je suis venu te chercher.
- Me chercher !? Tu crois franchement que je vais te suivre ?
- Je t'y forcerais s'il faut.
- Oh, le voilà, le sauveur du monde, qui protège les innocents … Va te faire foutre Madara, j'ai aucune envie de te suivre …
- Je voulais venir plus tôt …
- Ouais, tu as dû vachement te démener pour le faire.
- Ecoute moi …

Elle dégagea son bras, violemment et posa l'index sur le torse de son vis à vis en grognant, ne le lâchant pas du regard :

- Non. Toi, tu m'écoutes. Ça fait quinze ans que je vis dans la misère par ta faute. Oui, je sais que c'est toi qui a tué Sato-sama. Et c'est à cause de toi qu'on s'est fait attaquer, que j'ai été torturée. Et j'ai espéré pendant des années que tu viendrais me sauver, que tu tiendrais ta promesse. Mais c'est terminé Madara, et je veux plus jamais entendre parler de toi, compris ?

Sans attendre sa réponse, elle se détourna, sortit de la chambre en courant et se dirigea, le plus rapidement possible vers la rue. Après avoir mis sa capuche, elle suivit une ruelle sombre et cria en voyant une ombre apparaître devant elle mais une main se plaqua sur sa bouche et elle croisa un regard tout aussi haineux que le sien, et elle ne pensait pas que ça puisse être possible.

- Tu m'accompagneras.

Le souffle ardent de Madara sur son visage la fit frissonner de peur et elle commença à se débattre comme un diable, jusqu'à ce qu'il la lâche parce qu'il ne voulait pas la blesser. Elle avança d'un pas, pour s'éloigner de lui mais une quinte de toux la prit, grasse et violente. D'un geste habitué, Azami sortit un mouchoir blanc de sa poche, le posa devant sa bouche et, pliée en deux à cause de la brûlure dans ses poumons, elle attendit que ça passe, sous le regard de Madara.

Et quand elle se redressa, en lui jetant un regard meurtrier, qu'elle replia son mouchoir sur lui même, il ne put éviter de le remarquer. Le sang maculant le tissu blanc, ses lèvres douces et même le bout de ses doigts.

Alors, il releva les yeux vers son regard argenté, les sharingans tournoyant doucement et lui fit perdre connaissance.