I'm back ! Voilà un tout nouveau chapitre à la date que je vous avais promise (héhé), je n'ai pas dérogé à ma parole ! Pour moi, les examens sont fini, il ne me reste plus qu'à attendre les résultats, j'en ai donc profité pour faire une traduction complète de ce nouveau chapitre, qui s'est révélé être un défi particulièrement ardu à surmonter pour moi: il est en effet particulièrement ambigüe, puisqu'il plonge vraiment dans un érotisme particulièrement étrange (je n'en dis pas plus), et c'était la première fois que je traduisais une scène aussi détaillée d'un point de vu sexuel. J'avoue avoir été particulièrement gênée à certains passages, et j'ai vraiment du me forcer pour que ça sorte ! C'est vrai qu'il va y avoir des scènes sexuelles dans cette fiction, mais elles ne seront pas autant difficile à traduire pour moi je pense, parce que c'est tout autre chose par rapport à la situation: ici, elle est assez particulière, il faut le dire ! Voilà, j'espère que vous apprécierez mon effort personnel, et laissez de petites review pour me dire ce que vous avez pensé de cette première tentative de ma part ! Je ne vous retiens pas plus longtemps, profitez bien de ce chapitre plutôt tout en tension !

Toutouille: Moi aussi j'ai adoré la fin dans la version originale ! La seule différence, c'est que je n'ai pas connu l'angoisse de l'attente, la fiction était déjà terminée ! Merci de ton support de lectrice, et d'être allée jeter un coup d'oeil à mon petit OS, ça me fait plaisir ! J'espère que tu aimeras tout autant ce chapitre là !

mimi70: Merci pour ton petit mot d'encouragement, ça fait plaisir ! Heureusement tout c'est bien passé pour moi, et maintenant je profite à fond de mes vacances ! J'espère que tes oraux se sont bien passé également ! Oui, je comprends ce que tu veux dire par rapport à la description de leurs "émois": tu vas y être à nouveau soumise avec ce chapitre, mais d'une manière assez différente de celle du bal. Ici c'est plutôt... chaud chaud chaud. Chaud les marrons pour cette pauvre petite, elle va faire une attaque avant la fin de l'histoire la pauvre gosse x). J'ai d'ailleurs galéré pour la traduction, les mots ne voulaient pas sortir ! Hélas, je ne pourrais prolonger cette histoire au-delà, mais je promets d'autres très bonnes histoires à traduire, qui j'en suis sûre, vous plairont ! Voilà, j'espère que tu aimeras ce chapitre, donnes moi ton avis, il est précieux !

Genny: Oh, un nouveau petit reviewer ! Bienvenue ! Je suis contente que cette fiction te plaise même si elle n'est pas ton genre habituel. Tes compliments sur la manière dont je traduis me vont droit au coeur, car il est vrai que je m'applique énormément pour rester fidèle à ce que dit l'auteur, tout en gardant un français soutenu: ça fait plaisir de voir que ça porte ces fruits ! Sans plus attendre, voici la suite que tu attendais ! J'espère que tu l'aimeras !

fuyuki417: Voici la suite que tu attendais, et tes espérances peut-être (sûrement) réalisées !

Twix13: Je sais que ce n'était pas cool de couper là, mais qu'y puis-je ? L'auteur a parlé, le traducteur s'incline (et puis vous voir vous consumer d'impatience j'adore ça, je suis trop machiavélique par moment !). Les review longues sont rares, je les apprécient donc d'autant plus, et elles me motivent vraiment beaucoup ! Je te remercie donc de ton soutien ! Moi aussi, j'adore le mélange entre l'adorable et la sexuel dans cette fiction , ce qui fait souvent défaut aux autres fictions, il faut bien l'avouer: c'est une des raisons pour laquelle celle-ci est une de mes préférées ! Je suis super heureuse que tu es aimé la scène de "baston", parce que je dois avouer que la traduire m'a un peu stressé: j'étais anxieuse de ne pas le faire assez bien, vu que c'était une première pour moi (tout comme ce chapitre !), et je m'étais vraiment appliquée en espérant que les lecteurs pourraient se représenter la scène dans leur tête. Savoir que ça a marché me rend trop fière ! Quand au Hobbit... Je crois qu'il nous a tous un peu trop influencé x). Dulinneth est effectivement un peu grillée, comme tu vas pouvoir t'en apercevoir dans ce chapitre... Je n'en dis pas plus... Hélas pour toi, il te faudra attendre encore un peu pour la scène du réveil ! Patience, patience,...

Chapitre 7 : Guérison

Dulinneth avala sa salive et jeta de nouveau un regard aux plaies sur l'épaule de Legolas, écarlates, enflées, d'où s'échappaient des filées de sang. Des croûtes pâles couvraient chacune d'entre elle, aux endroits où la peau avait tenté de se guérir toute seule, mais un liquide verdâtre et épais suintait des plaies là où ils avaient enlevé sa tunique. Horrible, sans aucun doute. Non seulement les plaies étaient étendues et profondes, mais elles étaient en plus de cela infectées.

« Je vais avoir besoin de les ouvrir. »

Hochant la tête, Dulinneth lava rapidement ses mains et se mit au travail, stérilisant les instruments dont le Maître Guérisseur aurait besoin. Elle versa de l'antiseptique dans une cuvette propre et y déposa les scalpels tranchants, avant de prudemment les retirer et de les placer sur un plateau couvert de tissu propre et sec. Elle lui tendit les articles, attendant son examen.

Maître Haerelon prit un des instruments finement aiguisé et fit de petites incisions sur les plaies de Legolas. Dulinneth agrippa le plateau plus fort en un effort pour conserver sa stabilité et pour ne pas le laisser tomber quand la lame trancha la chair de Legolas. Elle ne put pourtant s'empêcher de fléchir, même si elle se réprimanda pour cela. Elle était habituée à cela. Aurait dû l'être, du moins, se rappela t-elle. Mais peu importe les efforts qu'elle pouvait faire pour se distancer, les efforts pour tenter de ne rien ressentir pour lui, elle en était incapable. Elle voulait être en train de tenir sa main, en train de le réconforter, qu'il sache qu'elle soit là ou pas, qu'il sente la lame le percer ou non.

Plus de liquide se mit à ruisseler tandis que le Guérisseur se mettait à travailler pour enlever les différentes strates de pus et de sang séché. Dulinneth poussa un soupir de soulagement quand un liquide rouge vif se répandit de ses blessures.

« Fais un cataplasme et bande ses blessures, » ordonna le Maître Guérisseur. « Je vais voir ce que je peux faire... » Sa voix s'éteignit tandis qu'il commençait à bouger ses mains sur le torse de Legolas, son attention et son énergie intensément focalisés sur l'extraction des toxines affluant à la surface du corps du Prince.

Dulinneth se dépêcha de faire ce qu'on lui avait ordonné, attrapant les ingrédients nécessaires et les mixant tous ensembles. Elle était bien contente d'avoir une chose à faire autre que se tenir prête à agir et observer. Maintenant, elle n'avait plus le temps de s'inquiéter pour l'état de Legolas : elle devait se concentrer sur les quantités d'herbe et de liquide à doser pour faire une pâte. Ceci fait, elle se déplaça pour l'appliquer, répartissant avec prudence le mélange sur les blessures, se forçant à tout oublier excepté ce qui devait être accompli.

Le guérisseur était toujours en train de travailler quand elle finit par terminer d'appliquer le baume et de bander les plaies avec de la gaze. Dulinneth lava ses mains, et y retourna pour observer, tandis qu'il continuait le traitement. Elle se déplaça de l'autre côté de la table et attendit avec anxiété.

Elle ne sut combien de temps avait passé quand le Maître Guérisseur leva finalement les yeux, ses orbes sombres rencontrant les siennes. « Donnons-lui quelque chose qui forcera le poison à sortir. »

Dulinneth vola jusqu'à une étagère pour attraper une bouteille, puis pour rapporter un verre d'eau. Pendant que le Maître Guérisseur mélangeait la boisson, elle plaça son bras sous les épaules de Legolas, et le souleva suffisamment pour que Haerelon puisse introduire le médicament dans sa bouche et le force à avaler. Quand ce fut fait, elle l'abaissa sur la table et leva à nouveau les yeux sur le Guérisseur.

« Prépares un lit pour lui, Dulinneth. Je l'apporterai dans un petit moment. »

Elle hocha la tête et quitta la pièce. Il y avait une chambre un petit peu plus large et privée tout au bout du couloir, et elle supposa que c'était l'endroit où Maître Haerelon voudrait installer Legolas. Mais elle s'arrêta tout d'abord au niveau du placard contenant les draps de lin, et le fixa aveuglément, comme si elle ne l'avait jamais vu auparavant.. Un autre souffle tremblant lui échappa, mais elle secoua la tête. Non. Plus de larmes. Plus tard elle pourrait pleurer, mais pas maintenant. Résolue, elle commença à sortir les draps et une couverture, clignant des yeux en un effort pour les éclaircir.

Une main sur son épaule lui fit avaler sa salive, et elle se retourna. Elle fut surprise de voir la Reine se tenir là.

« Je vais t'aider, » offrit la mère de Legolas. « Il faut que je fasse quelques chose. »

Dulinneth ressentit encore plus de pitié pour elle que ce n'était déjà le cas. Aussi bouleversantes qu'étaient les blessures de Legolas pour elle, cela devait être deux fois pire pour celle qui lui avait donné le jour. Elle ne pouvait pas refuser son offre. « Merci, » murmura t-elle.

Elle marcha avec la Reine jusqu'à l'endroit où Legolas serait amené, et elles se dépêchèrent d'allumer des bougies. Ensembles, la Reine et elle firent le lit, parlant peu tandis qu'elles s'activaient. Au moment où les draps furent mis en place, et les oreillers arrangés, le Roi lui-même arriva, portant son fils qu'il allongea sur le lit. Il semblait que lui aussi devait avoir besoin de s'occuper, et Dulinneth réalisa soudainement qu'elle ne les avait jamais vraiment vu comme le père et la mère de Legolas ; ils avaient toujours été le roi et la reine pour elle. Pourtant, ils se trouvaient bien là, aussi inquiets pour leur fils que ses propres parents l'auraient été pour elle.

Une fois que Legolas fut dans le lit et qu'ils lui eurent retiré ses bottes et son pantalon, Dullineth tira les couvertures vers le haut pour qu'elles le recouvrent, ses mains tremblantes tandis qu'elles les lissaient pour qu'elles soient en place. Quand elle se redressa, elle vit la Reine l'observer intensément. Dulinneth baissa les yeux avant de se hâter au loin pour aller chercher du tissu pour nettoyer, de l'eau, et plusieurs bassines au cas où. Puis, elle les rapporta avant d'aller les déposer près du lit, et resta debout, attendant, pendant que le Maître Guérisseur exhortait une nouvelle fois le Roi et la Reine à se rendre dans l'autre pièce.

« Tu ferais mieux de rentrer chez toi également, » dit le guérisseur, quand Thranduil et sa Reine furent partit. « Il n'est plus rien que tu puisses faire désormais. Il n'est plus rien que nous ne puissions faire si ce n'est attendre. »

« Je peux aider, » insista Dulinneth. Elle supplierait pour avoir le droit de rester si elle le devait. « Je peux laver les bassines, et le nettoyer aussi, et- »

« Très bien, » dit le Guérisseur, revenant sur sa décision. « Tu peux rester. Mais tu dois être prête à toute éventualité, même à sa mort. » Il baissa à nouveau les yeux sur le prince. « Comme nous allons tous devoir l'être. »

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Il tremblait de nouveau.

Dulinneth sentit la chaleur bouillante avant même de toucher son front de la paume de sa main, la laissant s'attarder là un moment plus que de nécessaire. La fièvre faisait rage. De la station de matériel à côté d'elle, elle prit un morceau de tissu qu'elle trempa dans la cuvette d'eau fraîche. Lentement, elle baigna son visage et son cou.

Cela le fit frissonner encore plus, aussi, elle remonta la couverture sur lui pour prévenir des frissons supplémentaires, la lissant pour qu'elle soit en place, avant d'en enfoncer les bords sous son corps de manière à ce qu'il ne puisse s'en débarasser.

Elle prit sa main la plus proche, et la tint avec douceur dans la sienne, lissant ses cheveux humides et emmêlés et les repoussant loin de son visage avec l'autre.

« Dors tranquille, Legolas, » murmura t-elle.

Cela sembla le calmer, et elle en fut ravie. Elle détestait le voir dans cet état là, faible et sans défense. Elle n'avait jamais imaginé que cela puisse être le cas, qu'il pouvait être vulnérable face à des blessures comme les autres guerriers pouvaient l'être. Des larmes naquirent à nouveau dans ses yeux. Son père l'avait ramené à la maison aussi rapidement que possible, mais cela voulait toujours dire deux jours de développement à travers son corps pour le venin.

Ils avaient fait tout ce qu'ils pouvaient pour lui la nuit dernière, l'observant tandis qu'il s'agitait et se tournait, alternant parfois entre vomir et murmurer dans son sommeil. Maintenant c'était le matin, et Dulinneth avait été chargée de veiller sur lui pendant que Maître Haerelon parlait avec le Roi et la Reine. Dulinneth enleva prudemment les bandages, et examina les blessures. Elles n'étaient pas aussi rouges et gonflées que la nuit précédente, mais elles n'étaient pas non plus guéries pour le moment. Elle nettoya les restants du cataplasme qu'elle lui avait appliqué la veille, et en prépara un autre, le lissant sur sa peau, avant de le recouvrir de tissu propre.

Elle fut surprise quand Legolas roula sur le côté, et eut un long spasme qui souleva tout son corps. Dulinneth attrapa la bassine et la tint en dessous de sa tête juste à temps pour qu'il déverse le liquide noir contenu dans son estomac à l'intérieur. Elle la plaça prudemment en dehors de son chemin, ignorant la puanteur nauséabonde, et le rallongea sur son dos du mieux qu'elle le put, avant de laver de nouveau son visage.

« Voilà, » murmura t-elle. « Je serai bientôt de retour. » Elle commença à se déplacer pour vider la bassine et la nettoyer, mais sa main fut emprisonnée avec rapidité en une poigne puissante. Dulinneth referma ses doigts sur les siens, et serra, souhaitant que le besoin qu'il avait d'elle soit plus que celui d'un guerrier blessé désirant du réconfort.

« Je vais rester. Juste un petit moment encore, » promit-elle.

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Il y avait des araignées partout. La forêt en était emplie. Il y en avait tellement... Elles encerclaient Dulinneth, et il n'arrivait pas à se rendre jusqu'à elle. La panique le submergea. Il ne l'atteindrait jamais à temps. Les énormes bêtes tombèrent l'une après l'autre tandis que ses flèches les perçaient de part en part, mais il allait bientôt en manquer, tout comme c'était arrivé auparavant. Et alors, la gigantesque araignée s'éleva pour l'attaquer, et il courut pour se positionner entre eux, pour se sacrifier pour elle si besoin il y avait. Ses couteaux fulgurèrent, et il abattit la bête, mais alors qu'il se tournait pour aider Dulinneth à se remettre sur ses pieds, il sentit sa morsure. Il tomba à genoux, le poison anesthésiant ses membres, troublant sa vision. Il y avait quelques chose qu'il devait lui dire, et maintenant c'était trop tard... Il ne la reverrait jamais.

Il avait chaud, puis l'instant d'après froid. Il essaya de bouger, essaya de trouver de la chaleur, pour ensuite tenter de s'en défaire, mais il n'avait plus aucun contrôle sur ses membres désormais. Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-il les bouger comme il le souhaitait ? Une main douce toucha son front, repoussant ses cheveux en arrière. Des mains. Il se rappelait de mains. Des mains impersonnelles, qui l'avaient touché auparavant. Elles avaient transmit de la force et de la guérison, et une chaleur aussi puissante que le feu, mais cela se limitait à ça. Il n'y avait rien qui faisait qu'il avait envie d'attraper ses mains, et de s'y accrocher.

Cette fois-ci c'était différent, un différent type de contact, un différent type de chaleur. C'était tiède, calmant. Pas blessant. Et il y avait de la lumière. Il se tourna instinctivement vers elle, recherchant ce que ce contact lui offrait. Une voix émergea de la brume de souffrance de chaleur et de glace qui submergeait son corps par intervalles, une voix douce qu'il connaissait.

Il essaya de prononcer son nom, mais il n'y parvint pas. A la place, il attrapa sa main, la tenant fermement pour se rassurer sur le fait qu'elle était bien toujours vivante.

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La Reine Faeldis observa en silence depuis le seuil de la chambre. Si la jeune guérisseuse sentit sa présence, elle ne s'en formalisa pas. Toute son attention était focalisée sur sa mission, comme cela devait l'être, même si, si sa supposition s'avérait vraie, il s'agissait probablement plus que du devoir d'une guérisseuse pour un de ses patients qui faisait que Dulinneth était aussi impliquée dans les soins à donner à Legolas. Elle l'avait supposé la nuit dernière, mais maintenant elle en était certaine.

La jeune guérisseuse était amoureuse de lui.

La Reine se sourit à elle-même, tandis qu'elle observait Dulinneth s'occuper de son fils avec douceur. Ses sentiments pour lui ne pouvaient être remis en question. Les contacts persistants, l'inquiétude dans sa voix tandis qu'elle lui parlait doucement, lui en disait autant que n'importe quelle confession faite à haute voix. Faeldis était ravie. Plus ravie qu'elle ne pouvait l'exprimer. Car, comme son mari, elle s'était inquiétée que Legolas n'ait pas encore trouvé sa compagne, et elle avait même commencé à se demander dernièrement si ce ne serait jamais le cas. Maintenant elle comprenait pourquoi. Il n'était alors pas encore temps.

Car Legolas l'aimait en retour. Faeldis en était certaine. Les danses qu'ils avaient partagé, la manière avide dont Legolas avait suivi la jeune fille des yeux- sans oublier la jalousie sur son visage et dans sa voix- au mariage de Edraithel, avaient donné de l'espoir à Faeldis. L'amour de son fils pour Dulinneth lui avait alors été évident, même si lui-même ne s'en était pas encore rendu compte. Mais les problèmes de cœur pouvaient confondre même le plus sage, selon elle. Peut-être qu'un petit coup de pouce dans la bonne direction ne pourrait pas faire de mal.

Faeldis les observa un moment encore avant de se retirer silencieusement. Elle allait leur donner un peu de temps seul à seul, comprenant que même si Legolas n'était pas réveillé, il pouvait sentir sa présence à ses côtés.

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« Ses blessures guérissent bien, » annonça Maître Haerelon de bonne heure le lendemain matin, après avoir examiné l'épaule de Legolas. « Donne-lui un bain et change ses draps. »

Dulinneth cligna des yeux aux mots du Maître Guérisseur. Un bain ? Elle devait donner un bain à Legolas ? Son esprit se mit à tourbillonner. Elle n'était pas sûre de pouvoir le faire, même si elle était accoutumée au fait de laver des patients de chaque sexe. Il serait nu... Elle allait devoir... Jamais, dans tous les fantasmes qu'elle avait pu avoir à son propos, avait-elle imaginé devoir lui donner un bain.

« Aye, » dit-elle, parvenant finalement à répondre à l'ordre qui avait été donné, baissant les yeux sur le prince là où il était étendu. Ses cheveux étaient encore plus emmêlés, et son visage et sa gorge avaient été strié de crasse avant qu'elle ne la nettoie un peu plus tôt. Elle ne connaissait que très peu de choses sur la vie d'un guerrier, mais elle doutait qu'il ait eu beaucoup de chances de se laver avant d'avoir été blessé. Cela lui permettrait d'être plus à l'aise, d'être propre, et cela faisait partit de son devoir. Tout ce qu'elle avait à faire, c'était de le traiter comme n'importe quel autre patient.

Elle pouvait le faire.

Elle se hâta de remplir une casserole d'eau, avant de la mettre sur le feu à chauffer, puis se déplaça vers une étagère pour y récupérer des serviettes, et un gant de toilette. Elle plaça un pain de savon à côté d'eux, et attendit jusqu'à ce que de petites bulles commence à se former à la surface de l'eau. Elle versa l'eau chaude dans une cuvette, et y ajouta de l'eau froide pour que cela ne le brûle pas. Quand tout fut prêt, elle revint auprès du lit de Legolas, et plaça les articles sur la table derrière, prenant une profonde inspiration pour se calmer.

Elle laverait d'abord ses cheveux. C'était assez facile. Elle dénoua les minuscules bandes qui maintenaient le bout de ses tresses, et en démêla doucement les brins, ses doigts tremblants glissant jusqu'aux extrémités, jusqu'à ce que chaque natte doit lissée. Ceci fait, elle se déplaça autour de lui, et se baissa pour soulever ses épaules de l'oreiller et le maintenir contre elle d'un bras, pendant qu'elle glissait une serviette en dessous de lui de l'autre. Dulinneth ferma les yeux, un frisson de désir traversant son corps mince. La manière dont son bras était drapé sur son épaule, la manière dont sa tête reposait à côté de la sienne, c'était presque comme s'il la retenait. Si seulement c'était le cas ; elle n'aurait plus jamais demandé quoi que ce soir d'autre.

Après un moment, Dulinneth ouvrit les yeux et trempa sa main creusée dans l'eau tiède, mouillant prudemment son cuir chevelu avant de prendre le pain de savon. Elle le fit mousser entre ses mains, avant de les lever jusqu'à sa tête. Gentiment, elle massa l'eau savonneuse sur sa tête, démêlant les nœuds en passant ses doigts à travers, nettoyant complètement toutes les parties de son crâne. Quand se fut lavé, elle rinça le savon, faisant goutter de l'eau sur son cuir chevelu jusqu'à ce qu'il n'y est plus de résidus quelconque, puis rabaissa Legolas sur le lit avec réticence, sa respiration tremblante, ses seins tendus par le contact prolongé sous sa robe et son tablier.

Elle attira sa tête et ses cheveux jusqu'au bord du lit, jusqu'à ce que les extrémités touchent le fond de la cuvette d'eau. Elle recueillit de l'eau entre ses mains, les leva, et laissa l'eau tomber le long des longues mèches. Elle prit à nouveau le savon, et le fit mousser entre ses mains. Avec une autre inspiration calmante, elle commença à laver le reste de ses cheveux, déplaçant ses doigts à travers chaque section de mèches humides, ses mains de plus en plus tremblantes après chaque instant passé. Elle rinça le reste des ses cheveux, et les tira hors de l'eau pour les sécher avec l'aide d'une serviette, avant de passer un peigne à travers la masse dorée, démêlant tendrement l'enchevêtrement qu'elle en avait fait. Quand elle eut terminé, Dulinneth agrippa les coins du lit, étonnée d'être toujours capable de se tenir debout après cela : et elle ne l'avait même pas encore lavé.

Elle se focalisa d'abord sur la simple tâche de faire chauffer plus d'eau, puis, quand elle ne put plus différer l'inévitable, elle prit à nouveau la bassine, et la déposa sur la table de chevet. Mouillant une pièce de tissu qu'elle savonna, elle lava son visage et son cou, ses oreilles, avant de le faire rouler sur le côté et de soulever ses cheveux pour pouvoir atteindre sa nuque. Elle le redéposa sur le lit correctement, puis tira le drap recouvrant la partie supérieure de son corps.

Dulinneth ravala un halètement, son professionnalisme se dispersant au loin comme des feuilles sous une rafale de vent. Elle avait été trop égarée pour le remarquer quand il avait été amené pour êtres soigné, mais maintenant il n'y avait plus de telles distractions l'empêchant de le noter : Legolas surpassait de bien loin absolument tout ce qu'elle avait jamais pu imaginer. Elle l'avait vu les bras découverts bien sûr, mais jamais sa poitrine, ni son abdomen. Elle relâcha une respiration tremblante et essaya de ne pas le fixer, mais par Eru le miséricordieux, il était tellement... magnifique. Il n'y avait pas d'autres mots pour le désigner. Sa poitrine était large, tout comme ses épaules, son abdomen sec, et chaque muscle était dessiné et tonique. Il n'y avait que quelques cicatrices par ci par là, attestant de sa vie de guerrier, mais elles semblaient simplement se rajouter à son charme.

Elle aurait pu continuer à le regarder indéfiniment.

« Lave, » murmura t-elle, faisant de son mieux pour ignorer les picotements dans son corps. « Juste lave-le. Il n'est pas différent de quelque autre patient que ce soit. »

Avec un effort, elle s'exhorta à tremper le tissu dans l'eau, l'essora, et le savonna. Tremblante, elle se pencha plus près, et le fit glisser sur son épaule gauche, puis le fit descendre tout le long de son bras, jusqu'à sa main, puis continua jusqu'à ses doigts, en de longs mouvements caressants. Sa peau était douce au toucher, plus douce que ce qu'elle l'aurait supposé, mais le muscle juste en dessous était ferme. Comment cela pouvait-il être, d'être enlacée par lui ? De sentir sa force et sa puissance la presser juste en dessous de son corps ?

Tremblant plus encore à l'idée d'un événement aussi improbable, Dulinneth se déplaça autour du lit pour pouvoir nettoyer son épaule droite et son bras. Quand ils furent propres, elle tourna son attention vers son torse. Elle rougit quand ses mamelons se durcirent au moment où elle passa le tissu dessus. Elle lava ensuite son abdomen sculpté, ses mains désormais tremblantes tandis qu'elles se rapprochaient de plus en plus du drap qui couvrait la partie inférieure de son corps. Elle retira le tissu de son corps avec réticence, le jeta dans l'eau, et le rinça pour qu'il soit nettoyé de de tout le savon, avant de l'essorer et de rincer le torse et les bras de Legolas. Elle fit ensuite mousser plus de savon sur la surface du tissu, le fit rouler dans sa direction, et lava son dos, incapable de s'empêcher d'imaginer être étendue à ses côtés, ses mains caressant son dos tandis qu'il l'enlaçait, tandis qu'il l'embrassait...

Dulinneth ferma les yeux et secoua sa tête. Elle le réajusta correctement sur le matelas, nettoya le bout de tissu, se pencha de nouveau, et l'attira vers elle pour le rincer. Puis, elle prit une serviette, et le sécha doucement. Finalement, elle l'installa de nouveau sur son matelas, et lâcha le morceau d'étoffe dans l'eau. Elle fit une pause et se mordit la lèvre inférieure, braquant son regard sur le drap, son cœur battant la chamade. Et maintenant, elle allait devoir laver la part la plus intime de lui-même. Elle ferma de nouveau les yeux. Peut-être qu'elle allait d'abord s'occuper de ses jambes. Elle hocha la tête. Oui, elle allait laver ses jambes, et se donner du temps pour se remettre les idées en place. Elle releva le drap jusqu'à ses hanches et récupéra le tissu de l'eau où il se trouvait. Elle le savonna et se déplaça pour pouvoir laver ses jambes. Elles étaient longues, et finement musclées, magnifiquement formées. Y avait-il seulement une partie de son corps qui ne l'était pas, se demanda t-elle, puis se sentit s'embraser à cette pensée et à l'endroit où elle conduisait, juste au dessous des draps de lin.

« Jambes, » dit-elle tout haut. Ces dernières étaient agréables, et la distrayaient... d'autres type de pensée. Elle prit tout son temps, les nettoyant avec tendresse, de ses chevilles à ses pieds, ses mollets puissants, ses cuisses fermes, se demandant comme cela serait de sentir ses membres entrelacés avec les siens. Elle mordit de nouveau sa lèvre. Peut-être pas si distrayant que cela après tout, décida t-elle, tandis qu'elle se redressait pour nettoyer à nouveau le bout de tissu. Elle prit également son temps pour sécher ses jambes, jusqu'à ce qu'elle ne puisse tout simplement plus retarder l'inévitable.

Dulinneth pressa ses lèvres l'une contre l'autre, et compta lentement jusqu'à trois. Elle tira le drap, et cette fois-ci, elle hoqueta réellement à haute voix. Ses yeux volèrent jusqu'à son visage. Non, elle ne l'avait pas réveillé. Elle les laissa de nouveau voyager plus bas, admirant son corps dans toute sa splendeur. Elle le regarda longuement. Elle rougit. Se rappela de respirer. Les fantasmes qu'elle avait de lui s'arrêtaient toujours à lui, torse nu. Elle n'avait jamais réfléchit à comment il pouvait bien être complétement nu. Mais elle savait désormais que si cela avait été le cas, son imagination aurait été lamentablement insuffisante.

Elle prit une autre profonde inspiration, puis elle couvrit de nouveau Legolas du drap, laissant la partie inférieure de son corps nue. Cette fois-ci, elle ne put empêcher ses mains de trembler quand elle savonna le tissu. Elle hésita un court instant, puis un autre quand il fut temps de le toucher. Pouvait-elle le faire ? Bien sûr qu'elle le pouvait, se dit-elle. Elle l'aimait bien trop pour lui refuser la propreté à cause de son embarrassement. Mais ai, cela ne serait pas facile. Dulinneth jeta à nouveau un regard vers le bas, avant de le remonter vers le haut. « Fais le, » murmura t-elle. « Lave-le. »

Elle mordit de nouveau sa lèvre, et se mit à laver ses hanches minces, prenant son temps alors qu'elle se rapprochait inexorablement de la part de lui-même qui tout à la fois l'intriguait, et l'embarrassait. Retenant désormais sa respiration, ses mains tremblantes, elle atteignit son sexe et fit glisser le morceau de tissu dessus, ainsi que sur les poches lourdes juste en dessous. Elle ne s'attarda pas, alors qu'elle le touchait, même si une part d'elle-même l'aurait voulu. Mais la plus importante part d'elle-même la faisait se sentir indiscrète, car c'était là un rapport intime qu'elle n'avait jamais cru pouvoir partager avec lui, et elle avait l'impression qu'elle était d'une certaine manière en train de profiter de sa maladie. Elle eut l'impression d'envahir son intimité quand il ne pouvait protester. Surtout quand elle le fit rouler vers elle et lava ses fesses tendues et la fente entre les deux.

Quand cela fut fait, elle le rinça et le sécha, puis l'ajusta de nouveau sur le lit, incapable de résister à la tentation de jeter un coup d'œil final avant de le couvrir. Il était la perfection absolue dans tous les domaines- gentil, doux, intelligent, un protecteur farouche de leur royaume, avec en plus de cela le corps d'un Vala. Ai, il était tout ce qu'une femme pouvait vouloir. Tout ce qu'elle voudrait jamais pour sûr. La raison pour laquelle il était toujours non marié, elle ne pouvait la comprendre, et elle se questionna à propos du jugement des autres ellith de Mirkwood.

Elle soupira et alla vider l'eau sale avant de mettre la bassine de côté pour pouvoir la nettoyer plus tard. Après être allée jusqu'au placard contenant les draps de lin, elle revint près du lit, et changea les draps avec efficacité, faisant de son mieux tout le long du processus pour que Legolas soit le plus à l'aise possible. Il continua de dormir, inconscient de la situation.

Dulinneth jeta un coup d'œil alentour, effleura délicatement ses pommettes du dos de ses doigts, puis elle pencha sa tête et pressa un tendre baiser sur ses lèvres. Elle se retira, jeta de nouveau un regard furtif autour d'elle, puis se hâta hors de la chambre.

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Legolas se réveilla doucement, faisant pression sur son esprit pour pouvoir reprendre conscience. Il cligna des yeux tandis qu'il tentait de voir clairement. Quelque chose n'allait pas. Normalement, il était immédiatement alerte, alors qu'à l'instant, il se sentait léthargique et faible. Comme s'il avait été drogué ou empoisonné. Ou les deux. Il avala sa salive, mais sa bouche était aussi sèche que sa gorge. Il n'en tira aucun soulagement.

Il pouvait au moins reconnaître le plafond de la pièce dans laquelle il se trouvait. Ce n'était pas sa chambre. L'odeur des herbes médicinales vint à lui quand il inspira plus profondément, et alors il su. Il était dans la Maison de Guérison. Les souvenirs le submergèrent, de la bataille, des crocs de l'araignée le transperçant. Cela expliquait la raison de sa présence ici. A en croire les bruits qu'il percevait, il était seul. Personne n'était là, lui excepté. Pas Haerelon, ni ses parents. Pas Dulinneth.

Son esprit se focalisa sur elle et refusa de la quitter. Plus que tout, il l'aurait voulu à ses côtés, même s'il ne comprenait pas vraiment pourquoi, et il fronça les sourcils à le vue des chaises vides quand il jeta un regard alentour. Où était-elle ? Avec un soupir, Legolas se réprimanda pour ses pensées égoïstes. Il ne faisait aucun doute qu'elle devait avoir d'autres patients dont elle devait s'occuper, se dit-il. Est-ce que certains d'entre eux faisaient partit de ses hommes ? Il n'avait absolument aucune idée de si quelqu'un avait été blessé après que lui-même l'ait été, mais il finirait bien par savoir.

Mais il était encore trop fatigué, et il glissa de nouveau dans le sommeil.