Hello tout le monde !
Encore un OS pour vous !
Ce OS est une successions de petites anecdotes durant la première grossesse d'Hermione. J'ai essayé d'équilibrer l'humour et l'émotion, et j'espère y être parvenue !
J'espère que vous apprécierez.
Bonne Lecture !
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Marilyn Chester était pharmacienne de puis bientôt 20 ans. Et en 20 longues années de carrière, elle n'avait jamais vu quelqu'un se comporter aussi étrangement que la jeune femme qui se tenait devant elle.
Elle avait l'air d'avoir tout au plus 24ans, les cheveux châtains, entourant son visage d'une masse de boucles.
Tous les matins, la jeune femme entrait dans sa pharmacie, achetait un test de grossesse, et s'en allait. Elle faisait ce manège tous les jours depuis trois semaines.
Marilyn était tentée de lui souligner le fait que si les 20 premiers tests avaient donné un certain résultat, la probabilité pour que le 21e donne un résultat différent était quasi nulle. Mais quelque chose dans l'expression de la jeune femme l'en empêchait
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Cela faisait trois semaines qu'Hermione répétait la même routine, elle se levait, vomissait un coup, prenait une douche, vomissait un peu plus pour faire bonne mesure, s'habillait, et se dirigeait résolument vers la pharmacie, ou elle achetait un test de grossesse, sous le regard intrigué, et légèrement inquiet de la pharmacienne.
Puis elle revenait chez elle, faisait le test, et fondait en larmes à chaque fois que le petit bâtonnet lui marquait un signe positif.
Un mois plus tôt, la nouvelle d'une grossesse aurait été la meilleure chose qui aurait pu lui arriver, seulement voilà, trois semaines plus tôt, elle avait eu une violente dispute avec Drago. Il avait claqué la porte et s'était réfugié au Manoir.
Elle avait cru que leur séparation serait passagère, mais les jours passaient et elle n'avait aucune nouvelle de celui avait qui elle était en couple depuis presque deux ans et fiancée depuis six mois. Du moins si ils étaient toujours fiancés, ce dont elle doutait vu la situation.
Et voilà qu'elle portait son enfant.
Une vision d'elle même, mère célibataire jonglant entre une carrière de briseuse de maléfices et une vie de maman s'imposa à elle, et ses larmes redoublèrent d'intensité.
Occupée qu'elle était à se morfondre, elle n'entendit pas les coups frappés à sa porte à plusieurs reprises, ni la voix qui hurlait son nom de l'autre côté de la porte.
Ce n'est que lorsqu'elle entendit un bang retentissant qu'elle sursauta, oubliant ses déboires, et s'empara de baguette pour faire face à l'origine du bruit.
Là, sur le pas de sa porte qui avait été réduite en morceaux, se trouvait Pansy Parkinson.
Pansy et Hermione étaient devenues amies bien avant qu'elle ne commence à fréquenter Drago, et c'était même cette dernière qui l'avait encouragée à répondre au avances du serpentard, lui assurant qu'il n'était plus le même garçon arrogant et cruel qu'elle avait connu à Poudlard. Et elle avait eu raison. Oh, Drago était toujours arrogant, mais il n'était pas cruel, il ne l'avait probablement jamais été.
Pansy enjamba gracieusement les débris de sa porte veillant à ne pas égratigner ses précieuses chaussures, puis pointa sa baguette sur ces derniers et murmura reparo les débris se réassemblèrent pour reformer la porte qui se replaça sur ses gonds et se referma avec un clic. Puis elle se tourna vers Hermione avec un grand sourire, comme si elle ne venait pas de pulvériser sa porte.
Hermione contempla quelques secondes son amie. Comme toujours Pansy était impeccablement habillée, une robe rose pâle avec des escarpins couleur chair, et un manteau gris pour la protéger du froid de ce mois de Novembre. Elle imaginait ce dont elle devait avoir l'air à côté, avec son pull trois fois trop grand, et ses cheveux en paillasse sur sa tête.
- qu'est ce que tu fais ici, Pansy ? demanda finalement Hermione d'un ton las.
Il ne servait à rien de la mettre dehors, elle était la personne la plus têtue qui puisse exister, et venant d'Hermione, c'était beaucoup dire.
- je suis venue te dire que ton délai est écoulé !
- de quoi tu parles ?
- de ta période d'apitoiement ! je t'ai accordé trois semaines, ce qui est un délai plus que raisonnable pour te morfondre et t'apitoyer sur ton sort. A présent, il est temps que tu réintègres le monde des vivants et que surtout tu ailles récupérer ton homme avant qu'il ne découvre l'existence des armes à feu moldues et ne se tire une balle pour l'amour de Salazar !
- je te signale que c'est lui qui m'a quittée…
- parce que c'est un idiot, et il l'a regretté dès le premier jour et d'après ce qu'il m'a expliqué, tout ceci n'est qu'un regrettable malentendu.
- et pourquoi n'est-il pas revenu si il regrettait autant ?
- parce que c'est un idiot orgueilleux… écoute moi bien, Drago est fou de toi, littéralement, il est dingue, je ne l'ai jamais vu comme ça. Et vu l'état dans lequel je t'ai trouvée, c'est réciproque. Ne le prends pas mal mais tu as une tête à faire peur.
- Je me demande si il y'a une façon de bien le prendre, répondit sèchement la gryffondor
- Il serait temps que tu ouvres les yeux et que tu réalises que vous vous faites du mal pour rien continua Pansy –Drago a peur que tu ne veuilles plus le reprendre, alors il ne fera pas le premier pas, je te conjure d'aller vers lui. Pour votre bien, et pour la santé mentale de ses parents ! est ce que tu sais que Narcissa envisage de le mettre dehors ? oui Narcissa veut jeter son précieux blondinet de fils a la porte parce qu'il est insupportable et lui tape sur les nerfs depuis qu'il n'est plus avec toi !
Elle ne voulait pas l'admettre à haute voix, mais Pansy était entrain de la convaincre. Si Drago voulait réellement toujours de cette relation, il fallait qu'elle leur donne une chance.
Il ne s'agissait plus seulement d'elle, mais aussi de son bébé. Leur bébé.
Pansy eut un sourire victorieux avant même qu'Hermione n'ouvre la bouche pour parler, elle savait qu'elle avait réussi à convaincre la gryffondor.
- d'accord… je veux bien lui parler.
Pansy sauta de la chaise ou elle était assise et sauta presque sur son amie, et déposa deux bises sonores sur ses joues.
- je savais que je pouvais compter sur toi pour agir de manière raisonnable.
- C'est l'histoire de ma vie, la très raisonnable Hermione Granger, ironisa la gryffondor.
- A présent, si tu permets, je vais faire un tour dans ta salle de bains et aller retrouver Harry, je ne lui ai pas dit que je venais ici, il pense que j'ai un rendez-vous avec ma gynécomage.
A ce dernier mot, Hermione se figea. Pansy qui lui avait déjà tourné le dos ne remarqua rien.
En trois semaines à aucun moment elle n'avait pensé à aller consulter un gynécomage ! Une vague de panique montait en elle. Et si il y'avait un problème avec le bébé ? Et si elle avait mangé ou bu quelque chose qui aurait pu lui faire du mal ?
L'instinct de protection qu'elle ressentait à cet instant précis dépassait tout ce qu'elle avait connu jusque là. Et il renforça sa décision d'aller voir Drago. Si il y'avait une chance pour que son enfant grandisse auprès de ses deux parents, elle remuerait ciel et terre pour que ça arrive.
Un claquement de talons contre le parquet l'avertit du retour de Pansy.
- euh Hermione ?
Cette dernière se retourna pour voir ce qui avait attiré l'attention de son amie.
Pansy tenait un petit bâtonnet de plastique dans ses mains, et fixait Hermione en haussant un sourcil parfaitement tracé, d'un air interrogateur.
- tu peux m'expliquer, pourquoi il y'a au moins 20 tests de grossesse positifs dans ta salle de bains ?
- je ne pense pas que tu aies besoin d'une réponse à ça, Pans'
Sous le choc, Pansy se laissa retomber sur sa chaise avec une lourdeur peu caractéristique de sa part.
- est ce que tu comptais le lui dire ? demanda t-elle doucement
- oui, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il veuille du bébé… vu la situation.
- Hermione, tu es mon amie, mais je ne te permets pas, tu sais pertinemment que Drago ne tournerait jamais le dos à son enfant.
- Oui… admit la gryffondor, honteuse. Mais j'avais peur, peur qu'il me rejette,
- Je peux le comprendre, mais je te le répète, Drago est fou de toi, et il sera transporté de joie à l'idée d'avoir un enfant avec toi.
- Tu crois ?
- J'en suis certaine…
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Quelques heures après sa conversation avec Pansy, Hermione avait pris une décision. Aujourd'hui était le jour ou elle allait mettre fin à cette dispute ridicule et qu'elle allait récupérer son fiancé.
Elle commença par ranger son appartement. Vivre dans un espace organisé lui donnait l'impression d'avoir sa vie en main. Elle prit ensuite une longue douche, enfila sa robe préférée, des sandales à talons hauts, et se débrouilla pour coiffer ses cheveux en de grosses boucles qui retombaient gracieusement dans son dos. Un léger maquillage et un voile de parfum plus tard, elle était prête à faire face au père de l'enfant qui grandissait en elle.
Elle transplana devant les imposantes grilles du manoir Malefoy, qui s'ouvrirent dès qu'elle apparut. Elle fut légèrement surprise, elle s'attendait à devoir trafiquer les enchantements pour entrer.
Elle fut introduite par un elfe qui la mena dans l'un des salons de l'aile Ouest ou tous les Malefoy étaient réunis. Narcissa était assise sur une chaise haute près de la fenêtre, occupée à peindre un magnifique paysage. Lucius et Drago quand à eux étaient tous les deux assis en face de la cheminée, l'un feuilletait une revue, et l'autre avait le nez plongé dans un livre de potions avancées.
Lucius fut le premier à lever les yeux et à remarquer son arrivée.
- oh Salazar soit loué !
Hermione eut presque un mouvement de recul. Ce n'était pas du tout l'accueil qu'elle attendait de Lucius Malefoy. Certes, il avait toujours été courtois avec elle, mais il avait toujours veillé à garder une certaine distance. Avant qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit, Narcissa avait renchéri.
- oh par Morganne Hermione tu es revenue, il faut que tu le reprennes ! il va me rendre chèvre, il me donne des cheveux blancs ! regarde !
Elle pointa une mèche de cheveux plus pâle que le reste de sa chevelure blonde.
- c'est beau la famille… quel soutien indéfectible. Votre loyauté me fend le cœur fit Drago d'une voix trainante.
Pour la première fois, Hermione prit le temps de le regarder. Les signes étaient presque imperceptibles, mais elle pouvait voir qu'il n'allait pas bien.
- qu'est ce que tu fais ici, Granger ? demanda t-il
- et par là ce qu'il veut dire c'est que nous vaut le plaisir de votre visite, ajouta Lucius précipitamment,
- non, je voulais vraiment dire qu'est ce que tu fais ici ?
- ne l'écoute pas, il ne sait pas ce qu'il dit le pauvre siffla Narcissa entre ses dents en fusillant son fils du regard.
- tu veux savoir ce que je fais ici ? J'ai décidé d'être l'adulte de ce couple vu que tu refuses de l'être, je refuse qu'on foute en l'air la meilleure chose qui nous soit arrivée à tous les deux pour de l'orgueil mal placé ! Je suis désolée, je sais que j'ai dit des choses qui t'ont blessé, mais toi aussi ! Et si je pouvais revenir en arrière et changer les choses je l'aurais fait mais ce n'est pas possible ! Alors tout ce que je peux faire c'est te demander pardon. Je t'aime Drago, et je suis prête à nous redonner une chance, si tu veux encore de moi.
Drago était silencieux. Tout comme ses parents dont le regard passait de l'un à l'autre comme si ils regardaient un match de tennis.
- C'est horriblement gênant, murmura Narcissa à son époux, j'ai l'impression d'assister à quelque chose d'intime.
- Moi aussi ! rétorqua Lucius, et je trouve ça très divertissant
Tout à leurs messes basses, les ainés Malefoy n'entendirent pas la réponse de Drago, lorsqu'ils se retournèrent, leur fils avait franchi la distance qui le séparait d'Hermione pour la soulever dans ses bras et l'embrasser avec une passion qu'ils ne lui avaient jamais connue.
Seules des années d'éducation stricte et un sang froid à toute épreuve empêchèrent Lucius et Narcissa Malefoy de se lancer dans une danse de la victoire.
Quand Drago relâcha Hermione, il posa enfin la question que Lucius s'était posée quand il avait vue cette dernière arriver.
- comment as-tu fait pour passer les enchantements du manoir ? demanda Drago le front contre celui d'Hermione
- de quoi tu parles ? je suis entrée comme d'habitude.
À ces mots les trois Malefoy échangèrent des regards intrigués.
- euh ? j'ai raté quelque chose « ?
- quelqu'un a essayé de pénétrer les défenses du manoir il y'a quelque jours, on ignore encore qui, mais depuis lors les enchantements ont été modifiés pour que seuls des Malefoy puissent entrer et sortir expliqua Lucius
- oh… Mais je ne suis pas une Malefoy, dit Hermione
- Du moins, pas encore ajouta Drago en déposant un baiser dans ses cheveux.
- Oh… fit Hermione qui comprit enfin pourquoi les enchantements l'avaient laissé passer
- Là c'est moi qui ai raté un épisode, dit Drago
Hermione échangea un regard avec Narcissa qui semblait être la seule à avoir compris la même chose qu'elle. Sa belle mère avait un regard interrogateur plein d'espoir, et Hermione hocha légèrement la tête, confirmant ses suspicions.
- vraiment ? fit Narcissa avec une expression de joie qu'Hermione n'avait jamais vue
- oui répondit elle, avec un large sourire.
Les deux sorcières tombèrent dans les bras de l'autre et se mirent à sautiller sur place en émettant des sons aigus dont Drago ne les aurait jamais crues capables.
Drago et Lucius échangèrent un regard perplexe.
- ben voyons, dit Narcissa ne me dites pas que vous n'avez pas saisi ! Seuls des Malefoy peuvent entrer et sortir, et elle a pu entrer sans problème ! c'est simple pourtant !
Les deux hommes Malefoy gardèrent leurs expressions perdues quelques instants encore, puis le déclic sembla se faire dans la tête de Lucius
- oh… OH …. Non ? Sérieusement ?
- oui… fit timidement Hermione
- NON MAIS QUELQU'UN M'EXPLIQUE À LA FIN ? s'impatienta Drago
- Oh mon petit ange blond… fit Narcissa avec une main sur la joue de son fils Si mignon et si incroyablement obtus parfois...
- Mère… grommela Drago
- La raison pour laquelle elle a réussi à entrer, c'est parce qu'elle porte un Malefoy en elle… expliqua patiemment Lucius qui avait fini par avoir pitié. Parfois il se demandait comment son fils avait pu obtenir d'aussi bons résultats à l'école. Il pouvait se montrer remarquablement stupide quand il le voulait.
La vérité, c'est que Drago avait compris dès le début, seulement il n'osait pas se laisser aller à espérer. Ce genre de choses ne lui arrivait pas, c'était trop beau pour être vrai.
Et pourtant, quand Hermione leva vers lui ses grands yeux ambrés remplis de larmes, il sut que c'était vrai. Elle portait son enfant… Leur enfant.
Pour la deuxième fois en quelques minutes il la souleva et prit ses lèvres dans un baiser ardent.
- La prochaine fois que tu essaies de me quitter, je t'enfermerais dans les donjons jusqu'à ce que tu entendes raison, souffla sa gryffondor quand ils se séparèrent enfin.
- Je vous donne la clé des donjons dès ce soir intervint Lucius
- Je ne te quitterais plus jamais Hermione…
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2e Mois de grossesse :
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C'était une matinée agréable, ponctuée par les chants des oiseaux, le bruit du vent dans les arbres…
Et les délicats jurons d'Hermione entre deux vomissements.
Drago ouvrit paresseusement les yeux et s'extirpa tant bien que mal du lit qu'il partageait avec la gryffndor qui était présentement entrain de faire connaissance avec la cuvette des toilettes.
Il entendit le bruit de la chasse d'eau et la trouva assise en face de la cuvette, le visage pâle et un air de découragement profond sur le visage.
Sans un mot, il s'assit près d'elle et passa la main sur son visage, ramenant en arrière ses cheveux qui collaient à son front trempé de sueur.
Elle posa la tête sur son épaule, épuisée alors qu'il lui caressait les cheveux doucement
- Ca va ? demanda t-il au bout d'un certain moment
- je crois que j'ai vomi un de mes reins, répondit-elle avec un air très sérieux
Drago ne put retenir un rire face à son exagération
- Je suis désolé, mon cœur, je sais que c'est difficile, mais tiens bon, la gynécomage a dit que ca irait mieux après le premier trimestre. Tout ceci en vaudra la peine, quand notre fils sera là…
Drago avait pris l'habitude de s'adresser au bébé en utilisant le masculin, convaincu qu'Hermione portait un petit garçon, parce d'après lui « les premiers nés Malefoy étaient toujours des mâles ».
Généralement, elle exprimait son désaccord avec véhémence mais aujourd'hui, elle était juste trop épuisée. Elle avait à peine dormi, du au fait qu'elle se levait à chaque heure soit pour vider sa vessie (qui pour une raison qu'elle ignorait semblait avoir rétréci à la taille d'un raisin), ou alors pour aller vomir.
Drago semblait l'avoir compris, il se leva et lui tendit un verre de rince bouche qu'elle utilisa rapidement avant de se laisser porter par son fiancé vers leur lit ou il la déposa délicatement.
Il sortit de la chambre et revint quelques minutes plus tard, un plateau dans les bras. Il lui avait apporté des biscottes, et une tasse de tisane au gingembre, les deux seules choses qu'elle pouvait avaler le matin sans être prise de violentes nausées.
Elle prit une gorgée de tisane et grignota un bout de biscotte avec précautions, puis voyant que la nausée ne revenait pas, elle termina son petit déjeuner de bon cœur.
Une fois le repas terminé, Drago fit disparaître le plateau et se rallongea à côté d'elle avant de la tirer vers lui, l'enveloppant de ses bras.
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4e Mois :
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Hermione commençait à avoir le tournis. Ce qui n'était pas surprenant vu que Drago et Blaise étaient entrain de se chamailler devant elle depuis maintenant 30mn pour des broutilles. Elle avait faim, et elle voulait rentrer chez elle, prendre un bain et engloutir quelques parts de pizza…
Bon d'accord une pizza entière mais là n'était pas la question.
Mais non, il fallait que son mari et son meilleur ami décident de débattre en rond sur un sujet totalement inutile : le quidditch !
- bien sûr qu'on n'a plus aucune chance de gagner le championnat maintenant que McGeller nous a quitté pour les foutus Canons de Chudley ! rouspétait Drago – c'est une trahison ! ni plus ni moins !
Cette fois, Hermione n'en pouvait plus, elle se leva brusquement enfin, aussi brusquement qu'on pouvait se lever avec 10 kilos en trop aussitôt, l'attention des deux hommes fut sur elle.
- j'en ai assez ! ça fait deux heures que j'attends de pouvoir rentrer chez moi et 30mn que vous avez fini de parler affaires et que vous me bassinez avec votre quidditch ! Toi, Drago tu veux qu'on parle de trahison ? Parlons un peu de ton enfant qui a passé la journée à me convaincre de boire deux litres de jus de citrouille, et qui décide à présent de faire du trampoline sur ma vessie.
Les deux hommes eurent la décence de paraître contrits.
- si tu comptes rester ici et parler quidditch toute la soirée libre à toi ! mais moi, j'ai faim et je veux faire pipi et rentrer chez moi.
Sans plus d'explications, elle s'empara de son sac à main et se dirigea vers la porte du bureau de son mari, espérant que Drago allait la suivre car elle ne pouvait pas transplaner seule dans son état. Sa sortie aurait été beaucoup plus dramatique si elle ne marchait pas en se dandinant comme un canard.
Blaise et Drago avaient l'air d'être passés sous une tornade. Ils échangèrent un regard incrédule, se demandant ce qui venait de se passer.
- un conseil, dit Drago, réfléchis deux fois avant de faire un enfant à la Weaslette.
- Je pense que je vais te croire sur parole, répondit l'italien toujours hébété
Sans plus attendre, Drago se retourna et se dirigea vers sa femme, espérant qu'elle ne lui ferait pas payer trop cher son erreur.
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7e Mois :
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Depuis qu'elle portrait l'héritier Malefoy, Hermione avait déjà vécu deux tentatives de kidnapping. Les personnes qui voyaient en elle et son bébé un moyen de soutirer une coquette rançon à la famille Malefoy étaient nombreuses. Ainsi, se faire presque kidnapper était pratiquement devenu une routine pour elle. Et aujourd'hui, elle n'avait vraiment pas le temps pour ça. Elle était épuisée, ses jambes étaient enflées, elle avait l'impression de peser trois tonnes et surtout, elle était en chemin vers la terrasse de Florian Fortarôme pour enfin s'acheter la glace dont elle avait eu envie toute la journée !
Sa première pensée alors que deux hommes masqués la menaçaient de leur baguette fut « encore !? ». Puis elle se demanda pourquoi il fallait que ça arrive un vendredi soir… Honnêtement, Hermione le vivrait beaucoup mieux si on essayait de la kidnapper un lundi matin, elle pourrait même se laisser capturer pour éviter une matinée à lire des rapports interminables. Elle était briseuse de maléfices pour plusieurs départements du ministère et était aussi consultante pour Gringotts, mais pendant sa grossesse, elle était cantonnée à des tâches administratives mortellement ennuyeuses, vu la nature dangereuse des objets avec lesquels elle travaillait habituellement.
Malgré les masques, elle pouvait sentir qu'ils étaient jeunes, et leurs gestes trahissaient leur manque d'assurance. Pauvres idiots. Ils ne savaient pas dans quoi ils s'engageaient, ils auraient du demander conseil avant de s'interposer entre une femme enceinte et son pot de glace à la menthe et aux pépites de chocolat.
Une incantation non verbale plus tard, Hermione tenait leurs deux baguettes et pointait la sienne vers eux. Des cordes apparurent et s'enroulèrent autours des deux kidnappeurs qui étaient toujours entrain de se demander à quel moment ils avaient perdu le contrôle de la situation, sans réaliser qu'ils ne l'avaient jamais eu.
L'un dans l'autre c'était peut être la meilleure tentative de kidnapping qu'elle avait vécue, elle appela rapidement Harry qui ne tarda pas a transplaner et a appréhender les deux malfrats qu'elle lui avait servis sur un plateau d'argent, puis elle se remit tranquillement en route vers la terrasse de Fortarôme, elle avait un pot de glace à engloutir…
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8e Mois
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«Ouvre grand tes oreilles et écoutes moi bien espèce de fouine péroxydée, si on m'offre des crêpes, je vais manger les putains de crêpes et je vais en apprécier chaque putain de minute! Et si tu penses que tu vas m'en empêcher tu te fourres le doigt dans l'œil !» tempêtait une Hermione folle de rage
Drago la regardait en clignant des yeux avec un air de confusion digne de Crabbe en cours d'arithmancie.
Depuis le début de sa grossesse, Hermione avait eu pas mal de phases il y'avait d'abord eu celle ou elle s'endormait n'importe ou et n'importe quand. Il avait failli mourir d'inquiétude un soir quand elle n'était pas rentrée du travail, et il avait appelé Harry en panique, ce dernier à son tour avait alerté l'entièreté du bureau des aurors et ensemble, avaient passé des heures à la chercher… avant de la retrouver dans une salle d'archives du ministère endormie au milieu d'une montagne de parchemins.
Ensuite il y'avait eu la phase ou elle détestait Drago, et où tout était de sa faute. Et quand il disait tout, il voulait vraiment dire tout. Drago était le coupable universel pour tout ce qui allait de travers dans le monde durant cette période, à l'en croire, il avait à lui seul causé la faim dans le monde, tué la mère de Bambi et empêché Jack et Rose de tenir à deux sur la planche de bois après le naufrage du Titanic. Une météorite s'était écrasée au fin fond de la Patagonie et avait causé des dégâts ? Ne cherchez pas ! C'est forcément la faute à Drago. Il avait sérieusement envisagé de se promener en permanence avec une pancarte « Oui c'est ma faute. Je suis désolé. Voici du chocolat ». Durant cette regrettable période, il s'était pris plus de maléfice de la part d'Hermione que durant toute la guerre contre Voldemort.
Et à présent, elle était dans la phase ou sa vie dépendait entièrement de son apport en sucre. Drago n'avait pas eu d'objections particulières jusqu'à leur dernière visite chez la gynécomage, qui avait averti Hermione contre son taux de glucose élevé et lui avait déconseillé les sucreries. Il avait alors commencé à surveiller son alimentation, ce que la gryffondor n'avait pas très bien digéré… sans mauvais jeu de mot. C'était la raison pour laquelle la furie qu'il avait épousé pour des raisons qui lui échappaient encore, était entrain de revendiquer bruyamment son droit de manger des crêpes qui lui avaient été offertes par une collègue.
Reconnaissant sa défaite, Drago leva les deux mains en signe d'abandon
- ok c'est bon pas la peine de s'emporter, je voulais juste que tu fasses atten…
- je fais attention Drago ! ça fait des jours que je bois mon thé sans sucre par ta faute ! je mérite ces putains de crêpes !
- ok, ok, c'est bon tu as gagné Hermione,
La gryffondor s'empara de son assiette et la plaça en équilibre sur son ventre proéminent, l'air toujours passablement énervée, et se dandina vers la sortie en marmonnant des paroles incompréhensibles dans lesquelles il lui sembla entendre les mots « despote » et « je vais t'en donner moi.. ».
Drago leva les yeux au ciel avec un soupir. Il avait hâte que ce bébé naisse…
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9e mois
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Le 1er Octobre, 01h du matin
- Drago !
- hmmm. Non.
- Drago réveille toi !
- non Hermione, je refuse d'aller te chercher des cornichons enrobés Nutella, ou toute autre concoction dégueulasse ! On est au milieu de la nuit pour l'amour de Salazar !
- Non Drago le bébé arrive !
- oui ma chérie, je m'en occupe dès demain !
Hermione poussa un soupir exaspéré et attendit tranquillement que son mari réalise enfin.
Trois
Deux
Un.
- QUOI !? Merde ! Le bébé arrive ! Ok ne paniquons pas, que tout le monde reste calme, fit il tout en paniquant visiblement.
Dans sa précipitation à sortir du lit, il se prit les pieds dans la couverture et atterrit la tête la première sur le tapis avec une grâce peu caractéristique du Malefoy qu'il était. Il se releva rapidement et se dirigea en quatrième vitesse vers le dressing. Hermione aurait bien ri si elle n'avait pas été prise au même moment d'une violente contraction.
Drago revint deux minutes plus tard, vêtu des pieds à la tête, et tenant la valise miniaturisée d'Hermione qu'il glissa dans la poche de son manteau. Puis il transforma le pyjama de cette dernière en tenue plus formelle, et fit passer un manteau sur ses épaules pour la tenir chaud.
Hermione avait insisté pour que le trajet jusqu'à Ste Mangouste se fasse en voiture, elle disait que cela la rassurait plus que le transplanage ou la poudre de cheminette. Il l'aida donc à descendre les escaliers et la mena à l'entrée de leur maison.
- ne bouges pas je vais chercher la voiture.
Hermione se plaça donc sous le porche, serrant son manteau contre elle et luttant contre la douleur qui lui tenaillait l'abdomen. Un flash de lumière passa devant elle et elle vit la voiture qu'elle et Drago avaient récemment acquise la dépasser à toute vitesse, avec ce dernier au volant.
Ne me dites pas que cet idiot compte se rendre à la maternité en oubliant la principale concernée ! pensa Hermione en se pinçant l'arête du nez en signe d'exaspération.
En effet, au bout d'une cinquantaine de mètres, le futur papa sembla se rendre compte de son erreur, et freina brusquement avant de revenir en marche arrière devant Hermione toujours plantée devant la maison. Il l'aida à monter à l'arrière du véhicule sans un mot avant de démarrer à nouveau en trombe.
Après dix minutes et trois presques-accidents. Ils arrivèrent devant l'entrée de Ste Mangouste. Ils empruntèrent le passage invisible aux moldus et se retrouvèrent dans le hall d'entrée de l'hopital.
Drago se dirigea immédiatement vers l'accueil et quand les infirmières de garde le reconnurent et virent Hermione se tordant de douleur derrière lui, elles se dépêchèrent de venir à sa rencontre.
Ils furent rapidement installés dans une chambre privée (merci les nombreux dons aux services de recherche de Ste Mangouste), et les infirmières fournirent à Hermione une robe d'hôpital avant de lui administrer plusieurs potions.
Hermione avait refusé les potions anti douleur, elle voulait retarder au maximum le moment ou elle allait les prendre car elles avaient tendance à ralentir le travail.
Avec l'assistance de Drago, elle commença à pratiquer ses exercices de respiration tout en se balançant d'un pied à l'autre, ses mouvements du bassin étant supposés aider à la descente du bébé.
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04h du matin.
L'aile de maternité de Ste Mangouste était étrangement calme, pour un endroit ou plusieurs sorcières étaient supposées donner naissance.
Les lumières de leur chambre étaient tamisées, et Drago, bercé par le bruit régulier des battements du cœur du bébé que l'on pouvait entendre via les moniteurs, commençait à s'assoupir. Hermione faisait de même, tentant de reprendre des forces entre deux contractions.
Tout compte fait, il ne voyait pas pourquoi on faisait tout un plat de l'accouchement. Hermione avait été 100 fois plus insupportable durant sa grossesse qu'en ce moment. L'atmosphère était paisible, et il se dit que la naissance de ce bébé était loin de ce qu'il avait imaginé.
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07h du matin.
Oubliez toutes les conneries qu'il avait dites sur l'atmosphère calme et paisible.
Drago était debout au milieu de la chambre et observait le chaos autours de lui comme si il regardait à travers une fenêtre.
Les infirmières allaient et venaient et la gynécomage, installée sur un tabouret entre les jambes d'Hermione tentait de raisonner avec cette dernière.
- JE VEUX UNE PUTAIN DE PÉRIDURALE
- Nous sommes dans un hôpital sorcier Mme Malefoy, nous n'avons pas de pé…
- ALORS FAITES COMME TOUS LES SORCIERS ET DONNEZ MOI UNE FUCKING POTION !
- Mme Malefoy, c'est trop tard, plaida la gynécomage, la tête du bébé est déjà engagée. Le plus dur est fait…
Hermione eut un rire hystérique à ces mots, qui fut aussitôt interrompu par une contraction.
- écoutes, ma chérie, fit Drago qui avait fini par émerger de son état catatonique et lui tenait à présent la main – tu y es presque, encore un tout petit effort, et notre bébé sera là, n'es tu pas pressée de savoir si tu as eu raison de penser que c'était une fille ?
Il avait trouvé le bon argument. Même en proie à la pire douleur de sa vie, la curiosité d'Hermione était sans égale.
La gynécomage pris le relais et continua à adresser des paroles encourageantes à Hermione.
À ce même moment, Drago apprenait une leçon qu'il n'oublierait pas de sitôt et qu'il s'efforcerait de transmettre à tous les futurs papas qu'il croiserait afin qu'ils ne commettent pas la même erreur que lui : Ne tenez jamais, je répète, JAMAIS la main d'une femme entrain d'expulser un bébé de son corps.
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Le 1er Octobre, 08h12mn
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Un cri.
Un seul cri avait fait basculer la vie de Drago.
L'image sous ses yeux resterait à jamais gravée dans sa mémoire.
Hermione, le visage strié de larmes et les cheveux en bataille, magnifique.
La gynécomage qui tenait un petit être qui braillait de toutes ses forces. Et les paroles qui avaient suivi.
C'est une fille.
Une fille. Répétait Drago intérieurement, peinant à y croire. Les Malefoy avaient eu des premiers-nés garçons depuis quinze générations. Et voilà qu'il avait une fille.
Il oublia tout, tout ce qu'il avait enduré, de ses phalanges qui étaient probablement brisées, à tous les maléfices et les engueulades qu'il avait reçues depuis le début de cette grossesse. Il avait croisé le regard bleu de sa fille par dessus l'épaule de la sage-femme qui la nettoyait, et comme par magie, tout avait disparu. A cet instant précis, le monde entier n'était que beauté et joie.
Jusqu'à ce qu'une infirmière arrive derrière lui…
- et voilà le placenta ! annonça t-elle joyeusement.
Il se retourna et vit qu'elle tenait un plateau en inox qui contenait une substance qui ressemblait vaguement à un foie…
La seule chose dont il se souvient ensuite fut une vague d'obscurité soudaine.
14 Heures.
Hermione émergeait doucement de son sommeil, mais gardait les yeux fermés ne voulant pas interrompre le moment que partageait Drago avec sa fille. Elle avait appris par l'infirmière qu'il avait perdu connaissance à la vue du placenta, et qu'elles l'avaient fait léviter dans une chambre non loin de sa sienne le temps qu'il revienne à lui.
Il était à présent à son chevet, et elle supposait qu'il tenait leur fille dans ses bras car elle pouvait l'entendre se balancer et lui parler.
- et tu ne seras pas ces filles qui ne savent pas tenir sur un balai, disait-il. Je t'achèterais le meilleur balai pour enfant et je t'apprendrais à le monter.
Ha ! Ça c'est ce qu'on verra, répliqua Hermione dans sa tête.
- et bien sûr tu seras à Serpentard, comme tous les Malefoy avant toi…
Hermione retint une exclamation de justesse. J'en connais un qui risque d'être surpris.
- et surtout, ajouta t-il d'un ton plus menaçant, tu n'auras pas de petit ami avant tes 30 ans, je serais le seul homme de ta vie…
Cette fois, Hermione n'y tint plus, un rire lui échappa et elle vit Drago sursauter alors qu'elle ouvrait les yeux.
- depuis quand es tu réveillée, demanda doucement son mari
- tu veux dire depuis quand je t'écoute endoctriner notre fille qui est née il y'a à peine 6 heures ?
- sept … corrigea Malefoy. C'est un peu tôt pour commencer a te tromper sur son âge tu ne crois pas ?
- Ah oui bien évidemment. Une heure, ça change tout.
- Et je ne l'endoctrine pas, je lui explique tout simplement quelques règles de base.
- Comme le fait qu'elle ne puisse pas avoir de petit ami avant 30 ans ?
- Elle n'a qu'à s'estimer heureuse que ce soit juste 30 ans et pas le reste de sa vie.
- On ne peut pas continuer a l'appeler « elle »
- Je sais, soupira Drago, on n'a même pas réfléchi a des noms de fille…
- Parle pour toi… j'était convaincue qu'il s'agissait d'une fille,
- Et laisse moi deviner, tu as déjà un nom ?
- J'avais pensé à Alice…
- Alice… répéta Drago comme si il testait le prénom… j'aime bien, conclut-il finalement.
- Et pour son deuxième prénom je m'étais dit qu'on pourrait ajouter Narcissa, j'ai toujours beaucoup aimé le prénom de ta mère. Et elle a toujours été là pour moi depuis notre mariage.
Cette fois Drago ne dit rien, mais le regard qu'il posait sur elle en ce moment en disait long sur l'émotion qu'il ressentait.
- Alice Narcissa Malefoy, dit Hermione, si tu es d'accord bien évidemment.
- C'est parfait, murmura Drago avant de déposer un baiser sur les cheveux pales de sa fille, puis un autre sur les lèvres d'Hermione, - Merci…
- De quoi ?
- D'être là, d'être toi, de m'avoir fait ce magnifique cadeau
- Eh ben profites en bien parce que je ne suis pas prête de t'en refaire un autre maugréa Hermione,
Drago se contenta de rire, sachant qu'Hermione changerait vite d'avis une fois la douleur oubliée. Il se tourna à nouveau vers sa fille qui dormait paisiblement dans ses bras, et fut encore une fois envahi par une vague d'émotions. Comment un être aussi petit pouvait avoir un tel impact dans sa vie ? Il ne l'avait rencontrée que quelques heures auparavant, mais il savait déjà qu'il irait au bout du monde, et même au delà, pour elle.
- Bienvenue au pays des merveilles, douce Alice.
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Et Voila ! C'était tout pour ce OS, j'espère qu'il vous a plu ! N'hésitez pas a me laisser des reviews j'adore avoir votre opinion :)
J'ai en tête d'en écrire un deuxième cette fois avec les anecdotes qui concernent leurs enfants j'en ai déjà écrit quelques unes ça et là, et j'espère en faire un OS complet d'ici quelques semaines !
Merci d'avoir pris le temps de me lire !
Bisous
Aliice.
