Puisque je ne suis pas certaine d'avoir le temps de poster dans la journée, et parce qu'il est plus de minuit donc techniquement, on est dimanche… voici comme promis le 7ème chapitre :) Merci au passage à ma mate Hook972 pour ses idées qui m'ont bien aidée, comme souvent !
Puis merci aussi pour vos mises en favori/follows/reviews, j'espère que cette suite vous plaira.
Quelques heures plus tôt…
Sarah et son père étaient attablés autour d'un chocolat chaud pour elle, et d'un café pour lui au Granny's avant de se rendre à l'école. Tout en vidant sa boisson, le jeune homme préparait une liste, ce qui intrigua son enfant.
« Qu'est-ce que tu écris, papa ? demanda-t-elle alors.
– Je dois aller faire des courses à l'extérieur de la ville cet après-midi, et je ne veux rien oublier. Est-ce que tu as besoin de quelque chose, d'ailleurs ? »
La fillette nia d'un signe de tête, avant de la replonger dans son breuvage sans poser davantage de questions. Killian rangea donc précieusement le morceau de papier dans sa poche, maintenant qu'il avait terminé de le remplir.
Car même si l'on pouvait trouver le nécessaire dans les boutiques de Storybrooke, il restait encore des objets introuvables, comme un médiator pour sa guitare, par exemple – il avait malencontreusement perdu le sien un soir après une performance au Rabbit Hole et avait grand besoin de s'en procurer un nouveau le plus rapidement possible.
Il avait demandé à Ruby de lui prêter sa voiture, afin qu'il puisse se rendre dans la grande ville la plus proche possédant un magasin spécialisé dans les instruments de musique. Il n'en aurait pas pour longtemps, au maximum deux bonnes heures, selon les dires de la serveuse.
Du moins, si tout s'était passé comme prévu.
En effet, après avoir déposé la brunette à l'école et fait un peu de rangement dans leur chambre d'hôtel qu'il avait hâte de quitter pour un véritable appartement, il monta dans le vieux véhicule de son amie, qui avait appartenu à sa grand-mère et qu'elle lui avait offert pour ses dix-huit ans, afin de fêter son entrée à l'université. Autant dire qu'il n'était plus tout neuf mais Ruby, qui ne roulait que très peu, ne trouvait pas l'utilité d'en changer.
Le chemin aller se passa sans trop d'encombres, même s'il réussit à se perdre malgré son GPS. Il repéra sans trop de peine ce pour quoi il était venu et ne tarda pas davantage ; une fois son bien en sa possession, il retourna à sa voiture, prêt à rentrer chez lui, où il serait pile à l'heure pour récupérer Sarah.
Toutefois, il remarqua dès le démarrage du moteur que l'automobile faisait un étrange bruit. Il décida tout de même de ne pas y prêter attention. Il n'en avait pas le temps et elle semblait quand même avancer sans problème visible ni difficulté.
Il eut raison sur les premiers kilomètres, jusqu'à ce qu'à mi-trajet, en plein sur une route de campagne peu fréquentée, elle ne finisse par rendre l'âme et tomber en panne complète.
Plusieurs fois il tenta de la redémarrer mais il se rendit bien vite compte qu'il se fatiguait pour rien. Elle ne l'emmènerait plus nulle part. Il sortit alors du véhicule tout en soupirant et se passant une main dans les cheveux de désespoir, prit les précautions nécessaires pour ne pas surprendre si une autre voiture venait à arriver, et téléphona à une dépanneuse afin qu'elle vienne le chercher.
Quand il eut fait tout ceci, il regarda l'heure sur son portable et comprit alors qu'il ne pourrait jamais arriver à temps pour récupérer Sarah. Il hésita un instant à demander à Ruby de le remplacer mais se ravisa finalement, ne voulant pas abuser de sa gentillesse.
C'est pourquoi il contacta Mary-Margaret pour la prévenir de la situation dans laquelle il se trouvait.
« Allô ? se fit entendre la voix de cette dernière après plusieurs sonneries.
– Bonjour, c'est Killian Jones. J'ai eu… un petit problème, je suis coincé à l'extérieur de la ville, et je ne sais pas quand je vais pouvoir rentrer. Serait-ce possible que vous me gardiez ma fille en attendant que j'arrive ?
– Pas de soucis, elle restera avec nous. »
Les deux jeunes gens conversèrent encore un moment, avant que l'institutrice, qui avait du travail qui l'attendait, ne finisse par raccrocher. Davantage soulagé que précédemment, l'irlandais partit s'asseoir sur le bord de la route en attendant que la dépanneuse n'arrive et espérant qu'elle ne mette pas trop longtemps pour le ramener chez lui.
« Bonjour Madame Swan ! »
Comme ils en avaient à présent l'habitude, Roland, Henry et Sarah patientaient devant l'entrée de l'école, dans l'attente que leur parent respectif ne les récupère afin de rentrer chez eux en cette fin de journée. Emma, qui devait prendre avec elle les deux garçons, venait d'apparaître devant l'établissement.
« Bonjour Sarah. Et appelle-moi Emma, répondit la mère de famille en souriant devant le ton enjoué de la brunette. Ton papa n'est pas là ?
– Non, pas encore, Emma… »
Puisqu'elle devait poser une question à Killian concernant la prochaine fois où ils se verraient tous ensemble pour travailler et afin de ne pas laisser l'enfant seule, elle décida de rester quelques minutes avant de s'en aller tandis que son fils et celui de Robin lui racontaient leur journée.
Cependant, au fur et à mesure que le temps passait, tous les élèves quittaient peu à peu les lieux sans pour autant qu'il n'y ait trace du jeune homme. Ce qui n'était pas normal venant de lui qui d'habitude se forçait d'être toujours à l'heure.
La petite fille s'en rendait bien compte ; elle commençait à légèrement paniquer face à cette absence, même si elle tentait de ne pas le laisser paraître et que la blonde essayait tant bien que mal de la rassurer comme elle le pouvait.
(En réalité, pourtant, même si elle ne l'avouerait jamais, elle s'inquiétait elle aussi et avait peur qu'il ne lui soit arrivé des ennuis.)
« Sarah ? se fit tout à coup entendre la voix de Mary-Margaret derrière le groupe. Ton papa m'a appelé, il faut que tu viennes avec moi. Il a eu un petit problème sur la route et va être en retard, nous allons l'attendre à l'intérieur de l'école.
– Rien de grave ? ne put s'empêcher de questionner Emma pour faire taire les voix qui résonnaient à son esprit.
– Juste une panne, la rassura son amie accompagné d'un doux rictus rassurant. Tu viens, Sarah ? »
Maintenant tournée vers l'irlandaise, sa maîtresse lui tendait une main bienveillante pour l'inciter à la suivre. Néanmoins, la plus jeune ne bougea pas, des larmes menaçant de rouler le long de ses joues.
« Non ! s'écria-t-elle. Je ne veux pas retourner à l'école. Je veux mon papa ! »
Naturellement elle partir se cacher derrière la première paire de jambes qu'elle trouva : celles de la shérif de la ville. Celle-ci lui caressa tendrement les cheveux, comme elle avait vu Killian le faire plusieurs fois, ce qui la calmait toujours, sans grand succès pour autant venant d'elle.
Elle refusait catégoriquement de rester avec Mary-Margaret.
Pendant un long moment les deux adultes essayèrent de lui expliquer la situation, que son père allait finir par arriver, promis ; elle ne voulait rien entendre. Elle se sentait comme abandonnée, seule dans cet établissement alors que tous ses autres camarades étaient déjà de retour à leur maison.
Bien évidemment ce sentiment n'échappa pas à Emma, qui sentait son cœur se serrer devant la visible tristesse de l'enfant, c'est pourquoi elle finit par lui proposer dans l'espoir que cela l'aide à se sentir un peu mieux :
« Et si tu venais avec Henry, Roland et moi ? On pourrait aller boire un chocolat chaud tous les trois à la maison, si tu veux, puis ton papa viendra te chercher. Comme la dernière fois que tu es venue. »
La petite sembla réfléchir un instant, le regard perdu dans le vide, avant de finalement accepter cette offre. La jeune femme soupira de soulagement quand elle vit même apparaître un faible sourire sur ses lèvres et qu'elle sécha ses pleurs.
Avant de l'emmener avec elle, elle lança tout de même un regard en direction de l'institutrice, qui donna son approbation d'un signe de tête. Elle n'y voyait pas vraiment d'inconvénient ; après tout, elle n'aurait qu'à appeler le père de Sarah pour le prévenir de ce changement de dernière minute qu'il comprendrait et avec lequel il serait d'accord, elle en était certaine, puisque c'était pour le bien-être de son enfant qu'elles l'avaient décidé.
La shérif partit donc enfin avec les trois enfants et les ramena chez elle où, comme promis, elle leur prépara leur boisson favorite alors qu'ils étaient installés autour de la table du salon. Sarah se faisait toute petite ; elle ne parlait pas, les prunelles baissées en direction du sol.
« Est-ce que tu aimes la cannelle ? la sortit de sa rêverie la douce voix de la mère de famille.
– Euh… oui, répliqua tout bas l'intéressée. »
Elle se sentait mal-à-l'aise, même si c'était déjà la deuxième fois qu'elle mettait les pieds dans cet appartement. Les circonstances y étaient tout de même différentes à présent.
Néanmoins la bonne humeur qui régnait entre les garçons et Emma, qui tentaient du mieux qu'ils le pouvaient de la faire participer à leurs conversations pour qu'elle se détende, finit par la contaminer à son tour puisqu'elle retrouva sa bonne humeur.
Son attitude rappela à la blonde son premier échange avec son père, qui lui avait expliqué que son fils lui avait redonné le sourire alors qu'il l'avait quittée en larmes lors de sa rentrée… Elle comprenait à présent mieux ce qu'il avait dû ressentir, et s'en voulut encore davantage d'avoir surréagi ce jour-là.
Car rien n'était plus agréable que la vision de ces trois camarades qui, maintenant qu'ils avaient terminé leur cacao, s'amusaient ensemble et dont les rires résonnaient à travers les murs de sa demeure tandis qu'elle rangeait leurs tasses dans le lave-vaisselle.
Alors qu'il arpentait les rues de la ville presque en courant à la recherche de la moindre trace de sa fille, ou de toute personne capable de le renseigner sur sa disparition, Killian aperçut la dernière personne à qui il souhaitait s'adresser en ce monde : Monsieur Gold. Il hésita un instant à passer son chemin en l'ignorant mais se résigna finalement – peut-être aurait-il des informations utiles concernant la brunette qu'il ne pouvait décemment pas laisser filer.
Après tout, leur enfant respectif fréquentaient le même établissement.
« Bon… bonjour, s'adressa-t-il donc à lui, la nervosité facilement reconnaissable dans le ton de sa voix.
– Que me voulez-vous, encore ?! répliqua l'autre sans même prendre la peine de le saluer. »
L'irlandais inspira un grand coup en serrant les poings et fermant les yeux un instant dans l'espoir de se calmer quelque peu. Ce n'était pas le moment pour qu'il se crée des problèmes – pourtant, il mourrait d'envie d'apprendre les bonnes manières à cet homme qui en semblait dépourvu.
« Ma fille… finit-il par reprendre la parole avec un pincement au cœur en pensant à sa petite Sarah. Elle était censé m'attendre à l'école avec son institutrice que j'avais prévenue de mon retard mais, lorsque je suis arrivé là-bas, il n'y avait personne. Je me disais donc que, peut-être, vous auriez pu être au courant de quelque chose qui se serait passé avec elle ? »
Au plus grand étonnement de Killian, un énorme sourire apparut sur le visage de son vis-à-vis alors qu'il lui faisait part de son inquiétude. L'imbécile, ne pouvait s'empêcher de se réjouir Rumple, il perd son enfant… à croire que la lui faire enlever sera beaucoup plus aisé que prévu.
Toutefois il reprit bien vite son sérieux et asséna méchamment :
« Qu'est-ce que vous voulez que j'en sache, moi ?! Je ne suis pas shérif, ce n'est pas comme si ces histoires m'intéressaient. Vous devriez quand même mieux vous occuper de votre fille, vous savez. Entre la dernière fois et maintenant… il y en a qui pourraient penser qu'elle serait mieux aux côtés de véritables parents capables d'en prendre soin correctement et lui offrant toute l'attention dont elle a besoin. »
Son interlocuteur demeura bouche-bée face à ces terribles reproches, alors qu'une haine indescriptible prenait part de tout son être. Quel connard, pensait-il, son regard noir en duel avec celui victorieux du plus vieux – c'était à celui qui baisserait le sien le premier –, je vais le tuer, je vais le tuer, je vais le…
« Merci pour votre aide, fit-il pourtant, ironique, accompagné d'un rictus qui sonnait faux afin de faire taire les voix dans sa tête qui allaient l'amener à faire une bêtise si elles ne cessaient pas rapidement. Bonne soirée. »
Puis il s'éloigna de cet infâme personnage. Il n'avait pas de temps à perdre en sa compagnie – retrouver la brunette était bien plus important que se quereller avec quelqu'un qui n'en valait clairement pas la peine.
Il ne put cependant oublier les dures paroles que lui avait craché au visage Monsieur Gold alors qu'il se dirigeait vers le bureau du shérif de Storybrooke, où il espérait avoir plus de chance. Elles se répétaient à son esprit inlassablement, et venaient s'infiltrer dans son cœur tel des couteaux.
Et si l'autre avait raison ? Et si Sarah n'était pas heureuse avec lui ? Il faisait de son mieux pour palier à son bonheur, pourtant.
Mais peut-être n'était-ce pas assez. Comment pouvait-il le savoir, après tout ?
Ce n'était pas comme s'il avait su avant elle ce qu'était qu'être un père… encore moins d'en avoir un. Bien sûr que les premières années de sa vie avaient été belles, que ses parents avaient aimé son frère et lui comme jamais personne ne l'aimerait certainement plus, mais tout s'était effondré bien trop tôt pour qu'il puisse s'en souvenir.
L'unique image qui lui restait était celle d'une mère qui ne sortait plus de son lit, bien trop faible pour cela, et un père qui noyait sa détresse dans l'alcool. Comment prendre exemple là-dessus ? La seule véritable figure d'autorité qu'il avait connue en grandissant était celle de son aîné, qui avait dû prendre en charge son éducation à un âge où son seul souci aurait dû être de ramener de bons résultats à l'école.
Il n'avait même plus sa femme pour l'épauler.
Et, en cet instant plus que jamais, Killian avait besoin d'elle. Qu'elle pose une main sur sa joue, son si beau sourire au bord des lèvres, et qu'elle le rassure. Qu'elle murmure à son attention un simple « tu es le meilleur père que notre fille aurait pu rêvé avoir, arrête de t'en faire » avant de l'embrasser tendrement.
Il avait aussi besoin de Liam et ses conseils avisés qu'il ne manquait jamais de suivre, car toujours justes et pertinents. Il n'était pas son modèle pour rien. Malheureusement, après le mauvais coup qu'il lui avait fait un an auparavant, il ne pouvait tout simplement pas le rappeler. Il aurait trop honte.
Une larme roula le long de la joue du jeune homme, qu'il essuya bien vite. Il ne devait pas craquer, pas maintenant. Il ne fallait pas qu'il repense au passé et tout ce qu'il avait pu perdre. Au contraire, il devait seulement garder à l'esprit l'unique être cher qui lui restait.
Sarah.
Il devait la retrouver au plus vite. C'est pourquoi il poussa un long soupir et tenta de se changer les idées, gardant son objectif bien en tête, avant de passer la porte de la station de shérif dans laquelle se trouvaient, le nez perdu dans leurs dossiers, David et Graham.
Ce dernier, quand il le vit, se braqua légèrement – c'était plus fort que lui, il en était jaloux, sans raison valable pourtant – mais garda bonne figure malgré tout.
« Killian ! l'interpella-t-il. Que nous vaut cette visite ?
– Emma n'est pas là, si c'est elle que tu cherches, ajouta David, tout sourire.
– Je… euh… pourquoi voudrais-je la voir ? s'étonna l'irlandais avant de se reprendre. Non je… j'ai perdu ma fille. »
Un court silence suivit cet aveu, avant que l'ami du brun ne s'exclame :
« Ta fille ? Mais elle chez Emma, justement ! Tu n'as donc pas reçu le message de Mary-Margaret ? Sarah ne voulait pas rester seule, elle pleurait et refusait de retourner dans sa classe sans toi alors Emma lui a proposé de venir avec elle, ce qu'elle a accepté. Nous pensions que tu étais au courant… »
Tout à coup, un énorme poids s'enleva de la poitrine du jeune homme, plus soulagé que jamais à l'idée que la fillette soit en lieu sûr. Il ne perdit pas une minute, remercia les shérifs et courut en direction de l'appartement de la mère de famille pour récupérer son enfant.
Une fois arrivé devant la porte, il prit à peine le temps de reprendre son souffle avant de frapper, impatient qu'on ne lui ouvre. Quand la blonde apparut dans l'entrebâillement et qu'il aperçut Sarah en arrière-plan, il entra avant même d'y être invité.
(Tant pis pour les bonnes manières, il avait eu bien trop peur pour s'en soucier présentement.)
« Sarah ! s'écria-t-il, ses doigts enserrés autour du poignet de la petite et les larmes aux yeux alors que tout le stress qu'il avait accumulé depuis son retour dans la bourgade se faisait ressentir en lui. Où étais-tu passée ?! Ne me refais plus jamais un coup pareil ! »
L'intéressée, dont le visage s'était illuminé dès lors qu'elle avait reconnu son père, perdit tout rictus joyeux devant la panique de ce dernier. A son tour des pleurs se mirent à perler au coin de ses irises océan tandis que la peur s'emparait d'elle.
« Papa, appela-t-elle donc d'une voix presque inaudible et emplie de sanglots. Papa, tu me fais mal… »
Immédiatement l'irlandais reprit ses esprits, et relâcha son emprise sur le bras de la plus jeune, honteux, alors que ses mains tremblaient. Il ferma les paupières un instant, essayant ainsi de reprendre son calme avant de caresser tendrement la joue de Sarah puis de la prendre dans ses bras.
« Je suis désolé, chérie, tellement désolé… Mais j'ai eu si peur de te perdre, toi aussi. »
A l'écart, Emma regardait la scène se dérouler devant ses prunelles la boule au ventre. Elle s'en voulait d'avoir été à l'origine de cette inquiétude chez Killian, alors qu'elle souhaitait seulement bien faire. Mary-Margaret lui avait pourtant promis qu'elle le préviendrait…
Et puis, cette phrase, ce « toi aussi » chuchoté à l'attention de la brunette qu'elle avait entendu l'intriguait. Qui avait-il bien pu perdre pour le mettre dans un état pareil ?
(Elle se posait la question, mais était presque persuadée d'en connaître déjà la réponse.)
(Car si elle était comme un livre ouvert pour lui, il en était de même pour elle. Ils étaient les mêmes. Ils se comprenaient.)
En attendant, il fallait qu'elle s'excuse, qu'elle explique la situation au jeune homme. C'est pourquoi, après leur avoir laissé le temps de savourer leurs retrouvailles et se faire à l'idée que tout allait bien, elle demanda à Henry d'amener ses amis dans sa chambre pour être plus tranquilles avec le brun.
A présent seuls au milieu du salon, les deux adultes restèrent muets un moment, ne sachant quoi se dire. La blonde voyait bien que son vis-à-vis tremblait toujours et avait les poings serrés le long de son corps ; il ne la regardait pas. Elle tenta donc pour le mettre à l'aise :
« Est-ce que… tu veux boire quelque chose ? »
Suite à cette interrogation il daigna enfin poser ses irises encore mouillées et rouges de larmes contenues sur les siennes. Elle aurait finalement préféré qu'il ne le fasse pas.
Car ce qu'elle y vit à l'intérieur lui brisa légèrement le cœur – elle pouvait lire le reproche à son égard mais aussi autre chose, de plus profond, de beaucoup plus triste.
« Depuis quand est-ce que tu te donnes le droit de ramener ma fille chez toi sans même me demander la permission ni me prévenir ?! répliqua-t-il d'un ton froid mais étrangement posé en ignorant sa question. Sais-tu seulement ce que c'est que de se retrouver devant une école vide alors que tu t'attends à retrouver ton enfant, le sentiment qui s'empare de toi en cet instant où tu réalises que tu n'as aucune idée de ce qui a pu se passer ?!
– Je… je… »
Emma voulut rétorquer quelque chose mais il ne lui en laissa pas l'occasion. Il la fit taire d'un signe de la main dans les airs.
« C'est encore plus ironique venant de toi, continua-t-il, qui m'a fait une scène la première fois où l'on s'est rencontré parce que j'ai osé remercier ton fils d'avoir fait retrouver le sourire à Sarah… Tu devrais donc savoir, non, ce que ça fait d'être inquiet pour eux. Je fais des efforts, tous les jours, j'essaie de te montrer que je suis quelqu'un de bien, t'enlever cette première impression que tu as pu avoir de moi et toi, toi… en plus de me rejeter à chaque fois, de me supporter seulement parce qu'il le faut, tu me fais ça. Quel est ton problème avec moi, au juste ?! »
La propriétaire des lieux essaya de ne pas prendre trop à cœur ses reproches et le regard accusateur qu'il lui lançait, même si c'était peine perdue. Elle se sentait tellement stupide, parce qu'il avait raison, sur toute la ligne. Et dire que pour une fois, elle avait voulu bien faire…
Autant dire que c'était un échec total.
Elle ne perdit cependant pas espoir de rattraper son erreur. C'est pourquoi doucement elle s'approcha de lui et, à l'opposé de ce qu'elle aurait fait habituellement, elle posa une main sur le bras de Killian dans l'espoir de le calmer légèrement. Surpris par ce contact entre eux, il se détendit quelque peu sous son toucher et la lueur dans ses irises s'adoucit.
Emma en profita donc pour s'expliquer enfin :
« Excuse-moi, Killian. Je… ta fille était tellement effrayée à l'idée de rester seule à l'école, elle pleurait tellement que… je lui ai proposé de venir avec Roland, Henry et moi en pensant que ça la calmerait. Mary-Margaret devait te prévenir, elle m'a assuré que ça ne te gênerait pas, je ne l'aurais jamais fait sinon. Je t'aurais bien appelé moi-même mais puisque je n'ai pas ton numéro de téléphone… Je suis désolée, vraiment. Je te promets que ça ne se reproduira plus jamais. »
A présent la colère du jeune homme n'était plus qu'un mauvais souvenir. En effet, il était ému par la culpabilité que la blonde ressentait ; elle ne méritait pas qu'il la traite de cette façon. Elle avait l'air de bien assez s'en vouloir elle-même pour qu'il n'en rajoute, surtout lorsque son action partait d'un bon sentiment.
Mais ce n'était pas de sa faute. Toutes ces émotions qui s'étaient emparées de lui en cette horrible journée l'empêchaient de réfléchir correctement et le mettaient hors de lui. C'est pourquoi, tout en prenant place sur l'une des chaises à ses côtés, il se passa un main sur le visage pour se calmer.
Il releva ensuite les yeux vers la jeune femme, un regard à présent plus apaisé, et même honteux.
« Je suis désolé, tellement désolé, se confondit-il en excuses. Mais j'ai eu si peur, et puis il y a eu cet enfoiré de Gold et ses mots, et, et… est-ce que je suis un bon père, tu crois ? »
Ne s'attendant pas à une telle question, ni à un tel retournement de situation, Emma resta d'abord muette, ses yeux perdus dans les siens. Elle pouvait lire toute l'inquiétude de l'irlandais dans ceux-ci, cette peur de ne pas être à la hauteur pour son enfant et cela lui brisait le cœur plus que de raison.
Car elle savait ce qu'était qu'être un mauvais père (celui de son propre enfant, par exemple…) et Killian était bien loin d'en être un. C'était tout le contraire, même.
Elle prit donc place à ses côtés et, posant une main sur la sienne et lui souriant tendrement, elle répliqua :
« Tu es le meilleur père que ta fille aurait pu rêver d'avoir, ne t'en fais pas pour ça. »
Ces mots… c'était les mêmes que Milah lui soufflait à l'oreille pour le rassurer. Il demeura interdit un moment, avant de lui rendre un timide rictus et de resserrer davantage leurs doigts ensemble. Ce simple contact semblait l'apaiser, il ne voulait plus la lâcher.
Les deux adultes restèrent donc ainsi, assis l'un à côté de l'autre à se dévisager sans jamais briser le silence qui les entourait – ils n'avaient visiblement pas besoin de se parler pour se comprendre – jusqu'à ce que les enfants ne les ramènent à la réalité.
« Papa, on rentre ? demanda Sarah en s'empressant de le rejoindre, sa bonne humeur à elle aussi apparemment retrouvée. »
Killian détacha ses irises d'Emma pour reposer toute son attention sur sa fille et acquiescer. Après avoir remercié la jeune femme de s'être occupé de son enfant, les Jones quittèrent l'appartement main dans la main pour rejoindre leur propre chambre d'hôtel.
« Je suis désolée, papa, je ne voulais pas te faire peur, fit la petite à l'intention du jeune homme une fois celle-ci couchée.
– Ce n'est rien, chérie, la rassura celui-ci en l'embrassant sur le front avant de rejoindre son propre lit et d'éteindre la lumière. Tout va bien maintenant. »
Un court silence suivit puis, dans la pénombre de la pièce, on put entendre s'élever la voix de l'enfant :
« Je t'aime, papa.
– Moi aussi je t'aime, rétorqua-t-il en un écho. Maintenant dors. Bonne nuit chérie.
– Bonne nuit. »
Il sortit ensuite son portable et envoya un message à Ruby pour lui demander le numéro d'Emma afin que, si un jour une situation similaire venait à se reproduire (ce qu'il n'espérait bien évidemment pas) elle puisse le tenir au courant elle-même. Il se rendit alors compte qu'il avait reçu un texto de la part de sa boîte vocale, qui le prévenait d'un appel manqué de la part de Mary-Margaret.
« Bonjour Killian, disait la brune dans le message qu'elle lui avait laissé, je voulais simplement te prévenir qu'Emma a gentiment proposé de prendre Sarah chez elle puisqu'elle avait peur de rester toute seule à l'école. J'espère que ça ne te dérange pas – si tu as un problème, rappelle-moi. Bonne soirée. »
Tout en raccrochant, il laissa retomber sa tête contre son oreiller, quelque peu honteux. Sûrement n'avait-il pas reçu le mot plus tôt par manque de réseau là où il se trouvait. Il s'en voulait encore plus d'avoir parlé ainsi à Emma alors qu'elle n'y était pour rien… Heureusement que tout s'était finalement bien terminé, il n'aurait pas aimé tout gâcher alors qu'elle faisait enfin un pas vers lui.
C'est pourquoi il s'empressa de lui envoyer un SMS dès que la serveuse lui répondit, s'excusant à nouveau et lui expliquant que ce serait plus simple ainsi. Elle y répondit immédiatement, visiblement enchantée par cette initiative.
Il s'endormit alors avec la pensée en tête que finalement, peut-être que cette histoire était un mal pour un bien, et qu'elle allait signer le début d'un nouveau départ entre eux…
