A/N: Voici les trois chapitres suivants, j'espère que vous les apprécierez!
Disclaimer: Je ne possède ni Once upon a time ni aucun de ses personnages. J'ai uniquement utilisé les prémices de la série pour distraire mes lecteurs.
7. Quatrième matin
Le matin suivant, Henry était toujours fâché. Même si cette fois, c'était pour une raison différente.
Pendant qu'ils marchaient tous deux vers l'arrêt de bus, il ne pouvait s'empêcher de fusiller Regina du regard, soupirer ou marmonner entre ses dents.
Aussi, quand elle l'arrêta et se tourna vers lui, elle leva un doigt dans une expression qui n'était pas vraiment menaçante. Ça ne fonctionnait jamais sur lui de toute façon.
« Henry, écoute-moi bien. J'ai décidé de lui parler moi-même. Moi. Toute seule. Parce que tout ça ça me concerne moi. Je sais ce que je fais. »
« Non tu ne le sais pas. » Il fit un pas en arrière pour se détacher d'elle. « Parce que cette discussion te brisera encore le cœur, ce sera moi qui recollera les morceaux. Encore. » Et avec ces mots il se retourna et se dépêcha d'attraper le bus, ne lui accordant même pas un regard en arrière.
Regina se tint là, figée sur place.
Elle savait bien sûr que sa séparation d'avec Robin touchait Henry aussi, vu combien il était attentionné envers elle et essayait de la faire sourire et de l'aider dans sa douleur, mais elle n'avait pas pensé au fait que ça le faisait souffrir de le faire…
Donc, alors qu'elle se mettait une fois de plus en mouvement, cette fois dans une toute autre direction, Regina se promit que si elle ne sortait pas de cette discussion en un seul morceau – l'un des seuls encore entiers en tout cas – elle le cacherait à son fils.
Par tous les moyens possibles.
Elle resta devant le commissariat longtemps, hésitant à entrer.
Non, elle avait décidé de le faire, elle devait être forte pour elle-même et avancer. Elle avait été la Méchante Reine, un hors-la-loi lui brisant le cœur ne devait être rien pour elle.
Ne. Devait. Être. Rien. Pour. Elle.
Elle effaça les dernières traces des larmes qui menaçaient de tomber, prit une grande inspiration, et poussa la porte pour entrer dans le corridor menant au bureau du sheriff.
Devant elle, elle pouvait entendre la voix de David, sans doute donnant des ordres à ses deux adjoints. « …a remarqué quelque chose du côté de la ferme de Zelena. On ferait mieux de vérifier. » Elle entendit le bruit caractéristique d'un revolver étant placé dans son étui, et décida que c'était probablement le bon moment de sortir de l'ombre.
Ce matin-là, elle avait décidé de ne pas porter de talons hauts. Et elle avait bien fait.
Quand elle apparut dans le coin de la pièce, toutes les têtes se tournèrent dans sa direction. David écarquilla les yeux, Emma regarda le sol comme si elle avait peur que la Reine la brule vive, et Robin…
Oh Seigneur, Robin…
« Regina ? Qu'est-ce que- ? »
Emma donna un coup de coude à son père, et il la regarda avant de comprendre et de hocher la tête.
« Bien sûr ! Euh, Regina, désolé, mais nous devons y aller. Quelque chose cloche à la ferme de ta sœur. »
Elle acquiesça. « Bien sûr. Si vous avez besoin de moi, appelez-moi. »
« Comptes-y. »
Le Prince et sa fille quittèrent la pièce rapidement, et une fois que la porte se fut fermée derrière eux, Regina rencontra enfin le regard de Robin Hood.
Il la regardait comme s'il avait peur qu'elle disparaisse une fois qu'il clignerait des yeux. Il avait l'air de ne pas avoir beaucoup dormi dernièrement, et d'une certaine manière, cela faisait plaisir à Regina. Au moins elle n'était pas la seule à souffrir.
« Regina… »
Elle leva la main pour l'arrêter alors qu'il s'avançait vers elle. « Non. Je…je ne suis pas venue ici pour entendre tes excuses. Je suis ici parce que j'ai besoin de mettre un point final à tout ceci. »
Il ouvrit la bouche pour parler, mais une fois encore, elle fut plus rapide, par peur que s'il parle, elle se brise à ses pieds comme elle l'avait fait depuis leur rencontre.
« Donc… Robin Hood… Je suis ici pour te demander d'arrêter de m'appeler, de ne pas suivre mon fils, et d'arrêter de t'inquiéter pour moi. Je vais bien. Tu peux retourner chez ta femme sans problème. Je vais bien, et je n'ai pas besoin de toi. »
Elle pensait en avoir terminé avec son discours, et pendant un instant, elle se demanda pourquoi elle avait pensé que ce serait une bonne idée, alors que ses yeux à lui étaient fixés aux siens et que son corps à elle brulait de le toucher, de l'embrasser, de l'aimer à nouveau.
Comme si elle jamais cessé de l'aimer.
« Regina, ne fais pas ça. »
Cette fois, elle n'eut pas le temps de cligner avant qu'il ne soit devant elle, envahissant son espace, ses doigts courant sur sa joue et essuyant les larmes qu'elle n'avait pas senti couler.
« Regina, je suis tellement désolé… J'aurais dû te parler après, mais je…j'ai été un imbécile. »
Elle laissa s'échapper un sanglot et essaya de s'éloigner, mais son bras l'enlaça soudain, l'empêchant de faire le moindre geste.
« Non, écoute-moi. Moi aussi j'ai besoin de le faire. J'ai cru qu'elle était morte. Je pensais ne jamais la revoir. Et là elle apparait, et je suis perdu. Perdu parce que bien sûr que je l'aime, je n'ai jamais cessé de l'aimer, mais…je t'aime aussi. »
Cette fois elle se débattit si fort qu'elle put se dégager et placer une distance correcte entre eux, en le fusillant du regard. « Tu n'as pas le droit de me dire ça ! Tu n'as pas le droit de me dire ça quand tu l'as choisie plutôt que moi ! »
« Le sujet n'est pas de choisir quelqu'un plutôt qu'un autre, Regina… C'est la mère de Roland. Ma femme devant Dieu. »
Elle agita ses mains en l'air, soudainement très fatiguée, épuisée, et brisée une fois de plus. Henry avait raison. « Je ne veux plus rien entendre. »
« Regina, attends. » Elle s'était retournée pour partir, mais il attrapa son poignet pour la retenir une fois de plus. « Je le pense vraiment. » Il la retourna pour qu'elle lui fasse de nouveau face. « Je le pense vraiment, quand je dis que je t'aime. Et je n'arrêterai jamais de t'aimer. »
Elle rencontra son regard et, étonnamment, lui aussi avait des larmes dans les yeux.
C'était le moment de vérité.
Il l'aimait. Elle pouvait le voir dans ses yeux, dans son toucher, dans la douleur peinte sur son visage.
Et Seigneur, elle l'aimait aussi.
Alors, sans réfléchir, Regina plaça ses bras autour du cou de Robin et le tira vers elle, l'embrassant doucement et pourtant durement.
Leurs lèvres se trouvèrent et se quittèrent, leurs langues dansèrent ensemble, leurs larmes se mêlèrent sur leurs lèvres, leur sel un rappel douloureux que c'était leur dernier baiser.
Le dernier baiser.
Regina s'éloigna et fit quelques pas, le regardant une dernière fois.
« Au revoir, Robin. Je t'aimais. »
Et même si elle l'avait conjugué au passé, c'était bel et bien un mensonge.
Elle l'aimait toujours, et comme il l'avait dit lui-même, elle doutait être un jour capable de ne plus l'aimer.
