Disclaimer : Je suis une pauvre étudiante avec des origines strange, pas un japonais riche.
Note : Je m'excuse pour l'attente, comme d'hab hein ? Mais faut dire que j'avais pas tellement envie d'écrire ces derniers temps, donc là je me force à donner une fin à cette histoire pour répondre gentiment aux aimables gens qui me demandent poliment : « ça t'arrive de finir une fic ? » Je vous réponds aussi que mes fics sont des pavetés donc je vous défie d'écrire autant et de trouver toujours l'envie de le faire (je m'inclinerais alors devant vous.)
Je n'ai pas sûrement pas répondu à toutes les reviews signées, excusez moi. Mais là je trouve pas le temps.
PostPS : Si vous voyez des fautes , signalez moi lesquelles !
Pour les anonymes, normalement, je devrais y arriver sur mon profil.
Voici vraiment l'avant-dernier chapitre.
Bonne lecture
Chapitre 6
Il n'y rien de plus mémorable que d'être condamné à mourir lentement par une main amicale, alors qu'on ne vit que pour la briser.
Sasuke resta longuement devant le mémorial de Konoha, celui sur lequel les noms des plus grands héros du village ont été gravés dans la pierre, pour ne jamais les oublier. Tout en bas de cette liste, un nom brillait aux yeux de Sasuke, comme un phare, éblouissant, il ne pouvait pas le manquer.
Itachi Uchiwa.
Son frère, ce héros.
Après la guerre, Naruto et Kakashi avaient plaidé en faveur de la réhabilitation de la mémoire d'Itachi. Sasuke ne savait pas pourquoi, sincèrement. A quoi cela servait-il ? Son frère était mort. Son nom gravé sur cette pierre ne le ramènerait pas à la vie, au contraire ça ne le rendrait que plus mort à ses yeux.
Mais malgré le manque de réaction de Sasuke, Naruto avait insisté, s'était battu bec et ongle contre l'injustice faite à Itachi, le présentant à Konoha comme le plus grand héros du village, victime de Danzou. Il fallait dire que ça lui avait franchement aidé à trouver grâce aux yeux du village après sa désertion. Le pauvre petit Sasuke Uchiwa, on pouvait lui pardonner, il voulait réparer une injustice commise envers sa famille, il voulait se venger de Danzou... pourquoi pas ? Ce pauvre enfant, victime de ce conseil cruel.
Que des conneries, ça ne l'avait pas ramené.
Mais Sasuke ne pouvait nier qu'une certaine émotion l'étreignait en voyant le nom de son frère gravé dans la pierre, à jamais, à la place des héros.
Il s'accroupit devant la pierre, avec un silence de mort. Le vent fouettait ses cheveux, comme une claque glaciale, ce n'était pas une douce brise d'été. Il leva les yeux vers le ciel, pour le voir s'assombrir au loin.
Il allait bientôt pleuvoir.
Il ne bougea pas.
Sasuke balaya de sa main, genoux à terre, les quelques feuilles aux pieds du mémorial qui entouraient une coupelle d'or. La crasse de ces feuilles d'automnes comparée à la richesse de la coupelle l'irritait. Il poussa du revers de sa main toutes les feuilles, ainsi que la terre qui s'incrustait dans sa peau. Puis, il fit quelques signes de doigts, machinalement, ses yeux plongés dans cette coupelle.
« - Katon : la boule de feu, murmura-t-il.
Mais ce n'est qu'une légère flammèche qui sortit de sa bouche entrouverte pour se diriger vers la coupelle. Quelques étincelles de flammes ricochèrent contre le bord, puis, tout à coup, une flamme s'éleva de la coupelle, si grande qu'elle atteignait une bonne moitié de la pierre commémorative. Elle éclairait entièrement le nom de son frère.
- Tu as toujours été si brillant, Itachi, marmonna Sasuke, en regardant la pierre, les sourcils froncés. D'une noblesse qui ferait pâlir cette coupelle si dorée.
Il caressa les les bords de la coupelle, d'où s'élevait la flamme, ignorant la chaleur du métal qui lui brûlait presque la peau.
- Alors, comment ça a pu te vaincre ?
Le shinobi s'empara d'une feuille à côté de ses genoux, qu'il avait balayé il y a quelques secondes, et la tint devant la pierre du bout de la tige. Le vent la secoua fortement d'avant en arrière devant le mémorial
- Comment cette feuille a pu te vaincre ? Ce village... il t'a tout pris. Toi, qui était si brillant.
La voix de Sasuke monta en crescendo. D'un geste rageur, il écrasa la feuille dans son poing avant d'envoyer la coupelle loin, ricochant sur le sol pendant quelques mètres, avant d'atterrir droite comme un piquet, renversée. Le haut de la coupelle était couchée et servait maintenant de socle, étouffant la flamme.
Plus rien n'était lumineux.
Tout à coup, Sasuke se figea en voyant une paire de pieds sur sa droite devant la coupelle.
Ce pantalon...
- Que fais-tu là, Naruto ? Grogna Sasuke, en se tournant vers lui et en lui lançant un regard assassin.
Naruto avait quitté son survêtement orange et noir, pour un pantalon ainsi qu'un t-shirt noir. Ça ressemblait presque à une tenue de deuil.
Le garçon lui lança un sourire éblouissant, alors que Sasuke se releva, refusant d'être agenouillé devant lui.
Ce type, il ose sourire dans un... cimetière ?
- Tu étais bizarre ce matin, répondit Naruto, simplement, en mettant les mains dans les poches l'air nonchalant. T'as encore produit moins d'onomatopées que d'habitude.
Comme s'il s'en souciait.
La pierre tombale...
La mort d'Itachi.
Mon autre moi, serait-il assez cruel pour le détruire ici ?
Sasuke détourna son visage avec un reniflement méprisant.
- Tire toi, grogna l'Uchiwa, en se tournant à nouveau vers la pierre.
Qu'est-ce que Naruto fichait ici ? Sasuke savait bien que son amant voulait juste être gentil, mais ça l'irritait à un point terrifiant que quelqu'un puisse le voir vulnérable.
Parce que son frère s'était montré vulnérable devant Danzou, ce vieil homme manipulateur avait pu trouver la faiblesse d'Itachi : son affection pour son petit-frère. Pour Sasuke, ce village était comme un vautour devant une charogne. Il attendait que votre peau soit à vif, qu'il ne vous reste plus aucune défense pour prendre la dernière chose qu'il vous restait.
Sasuke était d'abord revenu, sans crainte de son châtiment, pour répondre à une question. Une question à laquelle il n'a jamais pu répondre : qu'est-ce que son frère avait vu d'aussi important dans ce village pour sacrifier son honneur et sa famille ?
Puis... Naruto s'est imposé à lui, naturellement, comme il l'a toujours fait. Et grâce à lui, Sasuke avait commencé à croire qu'il avait retrouvé sa maison dans Konoha. Jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, le temps lui a donné un rappel cruel de la vérité : que ce village était le tombeau de son frère.
Naruto mit un doigt dans son oreille, faisant mine de la nettoyer.
- Rien entendu, maugréa-t-il, avant de se baisser pour ramasser la coupelle, jetée devant ses pieds.
Sasuke l'observa du coin de l'oeil, que faisait-il ?
Naruto ne fit pas attention à lui, l'ignorant presque, les yeux fixés sur le mémorial. Il avançait. Son pas était lent et silencieux, son visage grave, et ses yeux sérieux. Dans cette posture si solennel, Sasuke fit davantage attention aux vêtements de Naruto.
Il était venu rendre hommage.
Tout en ne regardant pas son amant, il s'agenouilla à ses côtés devant la pierre.
Sasuke s'attendait presque à entendre une prière, quand Naruto attrapa un pan de la chemise blanche de l'Uchiwa pour essuyer la terre sur le bord de la coupelle. Sasuke eut un regard blasé en frappant loin la main de Naruto.
-Hé ! Crétin, qu'est-ce que tu croyais que tu foutais ?
Naruto haussa les épaules, et entreprit alors d'enlever la terre sur la petite coupe en la frottant avec son bras. Il jeta un regard torve à Sasuke, en répondant :
- Tu salis, tu nettoies, répondit le blond.
Qu'est-ce que tu essayes de faire Naruto-pas-sympa-Uzumaki ?
Sasuke se sentait fulminer de rage. Si la culpabilité qu'il avait envers Naruto n'était pas si grande, il lui aurait déjà mis son poing dans la gueule. Mais voilà, il avait déjà tant de regrets, il y avait déjà tant de fautes qu'il avait commises envers son amant, qu'il ne pouvait pas lever la main sur lui. Pas après tous les pardons que Naruto lui a accordés.
- C'est l'anniversaire d'Itachi aujourd'hui, fit-il en regardant le mémorial d'haut en bas. Son regard s'arrêta sur le nom de son frère. Tu es venu le fêter ?
Quelqu'un d'autre aurait prit cette remarque comme une blague de très mauvais goût, voire morbide. Mais pas Sasuke, lui savait parfaitement ce que Naruto voulait dire. Etait-il venu lui rendre hommage ?
- Fêter ? On ne peut que fêter avec des vivants, crétin, répondit l'Uchiwa avec hargne.
Debout à côté de Naruto, il le toisa d'un air méprisant, que le blond fit semblant de ne pas remarquer.
- Non, pas forcément. La mort n'empêche rien. On peut toujours fêter l'anniversaire de celui qui nous a quitté, tant qu'il reste quelqu'un pour se souvenir de lui.
Naruto leva la tête vers Sasuke, lui souriant gentiment. Mais ce sourire ne fit qu'accroître sa colère bouillonnante. Ce sourire, c'était le même que les gens du village, un sourire possible uniquement grâce au sacrifice de son frère. Il ne devrait pas être capable de sourire comme ça.
- Et quand je serais mort, Naruto, hein ? Hurla Sasuke, dans ses yeux le sharingan tournait avec une lueur rouge inquiétante, trop vive pour ne pas lui rappeler des flammes. La colère le rendait incontrôlable. Quand je serais mort ? Qui se souviendra de lui ? Personne ! Parce que vous n'avez pas souffert ! Pas assez ! Si vous connaîtriez ma souffrance, croyez moi ! Vous le n'oublierez pas !
Alors c'est ça, la vraie peur de Sasuke sa douleur ? La peur qu'on l'oublie ?
Naruto lui lança un regard neutre, pour le coup, c'était surprenant. Il s'attendait à un grand discours plein de chaleurs, mais le garçon se contenta de le regarder avec cet air calme, qui irritait Sasuke davantage.
- Alors, ton envie de vengeance n'est jamais vraiment partie, hein ? Tu en voudras à Konoha... jusqu'à ta mort ?
- Oui, répondit Sasuke d'un ton sec mais avec la plus grande honnêteté.
Sasuke...
Ne peux-tu pas laisser partir toute cette vieille douleur ?
Balaye d'abord devant ta porte, Naruto.
Ne peux-tu pas libérer ta haine ?
Si, il peut, par la destruction.
L'Uchiwa fixa Naruto, intensément, cherchant la colère, la peine, ou la déception après sa réponse. Tout ce qui lui montrerait que son amant le voyait maintenant comme un monstre, comme l'homme que la traîtrise de ce village avait fait de lui.
Mais Naruto sourit, il sourit à pleine dent. Puis, il posa son regard sur la coupelle toujours entre ses mains et la plaça délicatement aux pieds du mémorial, avant de ramasser une feuille, pleine de terre, peut-être même la plus crasseuse du tas de feuilles que Sasuke avait chassé tout à l'heure.
- Et pourtant, tu n'es pas en train de mettre le village à feu et à sang. Et pourtant, tu restes ici, sans manger les petits enfants. Pourquoi ? Demanda-t-il, très intelligemment en jetant un regard confiant à son amant.
- Me fais pas ton numéro du psy au rabais, grogna Sasuke, mais sa colère se fana devant l'acceptation de Naruto, laissant juste de l'amertume et... de l'espoir ?
Le blond pouvait-il l'accepter après ses aveux les plus noirs ? Après que Sasuke lui avait avoué qu'il souhaiterait sûrement toute sa vie voir ce village brûler ? Ce même village que Naruto avait promis de protéger avec sa vie ?
Il regarda avec un air absent le blond poser la feuille crasseuse dans la petite coupe dorée.
- Qu'est-ce qu'Itachi et toi voyez dans ce village qui vaille tant de sacrifices ? Souffla-t-il finalement. C'était sa véritable obsession. Pourquoi ce village pouvait lui prendre tous ceux qu'il aimait et pourquoi ils acceptaient avec ferveur ?
Naruto ne répondit pas et reprit la coupelle entre ses mains, il leva le bras pour la tendre juste devant la bouche de Sasuke.
- Fais pas ton grognon et souffle.
Sasuke s'exécuta plus pour brûler la feuille dans la coupelle que pour ne pas déplaire à Naruto. Une flamme sauta directement dans la petite coupe et brûla la feuille.
- La feuille nourrit la flamme, répondit Naruto. C'est la volonté du feu. On grandit avec, on est nourri avec les valeurs du village de la feuille. Qu'est-ce qu'Itachi voyait dans ce village, hein ?
Soudain le regard devint tellement mélancolique et sombre, que l'Uchiwa pensait presque que son amant était sur le point de pleurer. Mais ses joues restèrent sèches, alors qu'il souffla d'une voix brisée :
- Il se voyait lui, il voyait sa maison. Sa seule maison. »
Dark Naruto parle-t-il encore d'Itachi ?
Konoha... home sweet home.
Sur ce point là, il n'a pas tort.
On se ressemble.
Sasuke ne s'était jamais senti vraiment bien, du moins pas depuis le pardon si rapide de Naruto. Ce matin en se réveillant, il sentait que ça allait être une très mauvaise journée. Pour la première fois, Sasuke se dit qu'il était vraiment paranoïaque en fait.
Cette nuit, Naruto s'était montré plus que volontaire, sans entrer dans les détails. Ce matin, l'homme lui avait fait son déjeuner sans tout brûler, et en plus, il lui avait annoncé prendre quelques jours de congés à partir d'aujourd'hui. Il ne partirait pas pour une mission pendant tout une semaine.
C'était peut-être pour ça que Sasuke sentait que quelque chose de mauvais aller se passer, la journée était trop parfaite.
C'est ce qu'il se dit en s'habillant à la va vite ce matin. Tiens, Naruto avait même rangé ses chaussettes !
Il regarda l'horloge tourner sur la table de la nuit, et maugréa légèrement en voyant qu'il allait être en retard de quelques minutes.
Après avoir fait la vaisselle, Naruto était parti en coup de vent, lui demandant de le rejoindre à Ichiraku. Il voulait fêter quelque chose.
Qu'est-ce qu'il pouvait bien vouloir fêter ?
Sasuke haussa des épaules en sortant de la maison, refermant la porte derrière lui.
Hinata regarda son visage dans le miroir des toilettes une énième fois. Elle s'empara de la serviette accrochée à côté de l'évier avant de frotter le miroir avec pour se débarrasser de la poussière et de la crasse qui le couvraient.
Elle souffla longuement sur les parties vraiment poussiéreuses, avant de se remettre à frotter avec vigueur. Elle recula légèrement le visage et quand elle vit que dans le miroir, sa peau se reflétait avec son teint naturel et non un gris poussière, elle reposa la serviette, satisfaite.
Mais quelques secondes plus tard, elle voulut déjà la reprendre.
Son visage reflétait tant de crasse.
Mais ça aucune serviette ne pourrait l'effacer. Hinata savait ce qui pouvait encore le faire, mais elle ne le ferait jamais. Elle avait donné sa morale à Naruto dans le passé, il était temps d'en payer le prix. Elle n'aimait peut-être pas Sasuke, elle n'en était vraiment pas friand, mais méritait-il ce qu'elle allait lui faire ?
Non, Hinata secoua la tête, c'était la mauvaise question.
Il le méritait, ça, et tellement plus pour avoir autant blessé Naruto. La vraie question était : pouvait-elle faire ça ? Pourrait-elle encore se regarder en face, après avoir accompli une vengeance aussi cruelle ?
La jeune femme était triste de le dire, mais elle était assez courageuse pour se l'avouer: Sasuke aimait Naruto. Il l'aimait, ce regard si sombre et cruel qu'il arborait tout le temps était moins froid quand il voyait Naruto, ses paroles étaient un peu moins mordantes, ses piques moins blessantes.
C'était peut-être la seule chose que Sasuke pouvait faire quand il aimait quelqu'un. Alors qui était-elle pour lui retirer ça ?
La réponse fut claire dans son esprit : Elle était une femme qui aimait Naruto.
Si elle pouvait le ramener, qui sait ? Hinata pourrait peut-être vivre avec ça sur la conscience. Elle pourrait peut-être... ramener Naruto à Sasuke. Et peut-être pourrait-elle avoir son pardon ? Son pardon pour participer à ce mensonge odieux.
« - Hinata ! Tu viens ? Nos amis sont tous arrivés !
Elle reconnut la voix de Naruto derrière la porte des toilettes, avant qu'il ne donne quelques coups.
Elle se regarda à nouveau dans la glace, tenta de durcir son regard et de garder cette posture avant de répondre :
- Oui, j'arrive. »
Sasuke entra dans Ichiraku à contrecœur. En voyant tous les amis de Naruto assis à table, il manqua de faire demi-tour. Il ne les aimait pas, et eux ne se cachaient pas pour lui montrer leur méfiance.
Pourquoi se mentir ?
Mais Naruto lui fit signe au comptoir de venir. Comme d'habitude, Kiba était à sa droite, mais pas comme d'habitude, Hinata était à sa gauche. Et pas comme d'habitude, le cabot était silencieux, aussi silencieux qu'un mort alors que son regard voyageait de Naruto à Hinata.
Tous les autres amis de Naruto -excepté Sakura qui n'avait pas dû être invitée- étaient debout, derrière l'Uzumaki et la Hyuga, silencieux, certains même avec des mines choquées.
Tout à coup, Sasuke capta ce qu'ils regardaient avec tant d'insistance :
Sous la table, Hinata et Naruto se tenaient la main.
L'Uchiwa n'y comprit rien, absolument rien. Pendant un instant son esprit était comme blanc, la scène devant lui était comme flou, comme incompréhensible derrière une brume de mensonge. Il secoua la tête, refusant d'y croire... jusqu'à ce que son regard rencontre celui de son amant.
Les yeux de Naruto étaient sombres, il jurerait un instant que le bleu était si foncé qu'il en devenait noir.
Naruto se moquait de lui ? S'était-il moqué de lui depuis le début ?
Non ! Arrête ! Je... je ne peux pas faire ça !
Tu vas tout détruire... mon meilleur ami.
Cette idée le rendait fou de rage, suffisamment pour oublier l'étreinte qui lui serrait le cœur. Il préférait se laisser mené par sa colère, qui n'avait jamais été bonne conseillère mais c'était la seule chose sur laquelle il s'était toujours reposé.
Sasuke avança le poing serré, prêt à faire un esclandre, quand, Naruto sauta de sa chaise, avec un sourire si grand qu'il en devenait effrayant. Son regard joyeux était braqué sur Sasuke, et subitement, le brun crut voir ce qu'il avait raté depuis des mois. Ce qui le rendait mal à l'aise le soir. Ce qui l'empêchait de dormir complètement la nuit.
Ce sourire était un sourire mesquin.
Ces yeux, ils étaient malsains.
Sasuke plissa les yeux, alors que la compréhension s'imposait à lui. Ce regard, comment avait-il pu ne pas le comprendre, lui ? Chaque matin, il rencontrait ce regard quand il se mirait dans une glace.
C'était les yeux de la vengeance.
C'était ses propres yeux.
« - Ah Sasuke ! S'exclama Naruto.
L'Uchiwa remarqua que tous les regards étaient braqués sur lui. Il grogna en direction des amis de Naruto, l'air de dire : qu'est-ce vous regardez ? Et tout à coup, le murmure de Sai résonna dans tout ce silence.
- De toute façon, avec un homme ou une femme, t'auras jamais d'enfant, le blondinet. Trop petite bite.
Dis que c'est une blague merde !
Je t'en prie, mon double, renonce !
Naruto eut un sourire froid en direction de Sai. Oh, non. Il n'allait pas lui gâcher ce plaisir. Il tira Hinata par la main, pour l'emmener vers Sai. Il posa une main amicale sur son épaule, la serrant légèrement trop fort en disant d'une voix bien forte :
- Voyons ! Laisse moi l'annoncer à celui qui sera mon témoin !
Je t'en prie !
Son regard...
Sasuke, qui aurait cru que je puisse créer tant d'émotion chez toi ?
Toi, toujours si froid et cruel.
Est-ce que tu... ?
Shikamaru secoua la tête en direction de Naruto. Son air blasé avait changé pour un air plus mécontent. Il comprenait parfaitement ce que son ami était en train de faire. Et bien qu'il ne détenait aucune pitié pour l'Uchiwa, parce que Sasuke l'avait franchement mérité, ça ne voulait pas dire qu'il cautionnait cette vengeance mesquine, ça ne ressemblait tellement pas à son ami. Et Shikamaru savait qu'au bout du compte, c'est Naruto qui en ferait les frais.
Si Naruto capta l'avertissement dans les gestes de Shikamaru, il l'ignora. Puis passa -Hinata derrière lui- entre la foule de personnes qui s'était rassemblée, curieuse devant Ichikaru, pour aller vers Sasuke. Pour aller vers un Sasuke, complètement blanc, figé devant ce qui se déroulait devant lui.
La seule question qui tournait dans sa tête, alors qu'il comprenait ce qui allait se passer c'était : comment ai-je pu me faire avoir à ce point ? ! Quel imbécile !
Comment a-t-il pu laisser Naruto entrer ? Si profondément que la douleur était proportionnelle à son amour ?
Une douleur droit au cœur ?
Parce que c'était bien ses émotions, la cible de l'attaque méprisante de Naruto. Ce n'était même pas dans sa chair que son amant l'avait blessé. Non. Naruto était véritablement devenu son amant dans tous les sens du termes pour ça. Pour pouvoir atteindre son cœur.
Parce qu'il savait que les blessures physiques sur un ninja comme Sasuke n'auraient pas un réel impact.
Comment a-t-il pu se montrer assez vulnérable pour le laisser entrer dans sa tête, son cœur, son sang une nouvelle fois ? Alors qu'il savait ce que sa faiblesse coûterait !
Comment a-t-il pu croire les mots de Naruto dans l'impasse :
Je t'aime, Sasuke.
Mensonges !
Sa ferveur, son toucher, son pardon.
Mensonges !
C'était ce que Naruto avait ressenti tout ce temps ?
Il sentait toutes traces d'amour et de confiance mourir dans son cœur à chaque pas de son amant, main dans la main avec Hinata. Son visage devait se décomposait à vu d'oeil, il espérait qu'au moins la petite bande de Naruto profitait bien du spectacle, parce qu'il se promettait que plus jamais personne ne verrait une expression aussi pathétique sur sa face.
Il sentait ses traits se tordre, sa gorge le serrer, ses yeux brûler sous la rage qui l'envahissait.
La rage ou la peine ?
Je t'aime !
… tu m'aimes, Sasuke ?
Cette expression est le prix de ton amour ?
- Sasuke ! S'exclama Naruto en tirant Hinata devant lui, pour que l'Uchiwa ne puisse pas la manquer. Il jeta un tel regard à la jeune femme qu'instinctivement, elle se prépara à combattre. Quelques secondes de plus, quelques secondes de plus, et elle était sure que Sasuke la tuerait.
Elle jeta un regard implorant au faux Naruto, c'était toujours le moment d'arrêter cette comédie.
Mais le garçon se contenta de sourire avec la bienveillance d'un serpent.
- Je voulais être celui qui te l'annoncerait après tout, tu es mon meilleur ami ! Un vrai frère pour moi ! Rit Naruto en passant son bras libre autour des épaules de Sasuke.
Le brun tourna d'un coup sa tête vers le blond maintenant à sa gauche, si vite qu'un craquement résonna. Naruto savait parfaitement de quels mots il devait user pour le blesser, il savait quels mots pourraient se changer en arme aux yeux de Sasuke.
Quels mots pouvaient briser tous ses espoirs, hum ?
Tu es mon meilleur ami !
Je t'aime, Sasuke.
Mensonges !
- Lâche moi ou je te tue, siffla Sasuke, dans son oreille.
Pourquoi le siffler ? Le chakra que libérait maintenant l'Uchiwa était tellement chargé de ténèbres, de mauvaises intentions qu'il emplissait le restaurant. L'état d'esprit de Sasuke maintenant n'était un secret pour personne.
Le meurtre.
L'eau... je peux voir le sol. Elle est si basse maintenant.
Que se passe-t-il ?
- Alors ça veut dire que tu ne veux pas être mon témoin ?
- Ton témoin ? Répéta Sasuke, avec une lenteur exagérée.
Dire qu'il croyait savoir où allait Naruto. Il pensait que son amant annoncerait à tout le monde sa relation avec Hinata, avec bien évidemment en spectateur Sasuke. Le blond déclarait ainsi au monde, que Sasuke Uchiwa était cocu, œil pour œil, dent pour dent. Mais en vérité, il n'avait même pas entrevue la rancune de Naruto, une rancune si forte qu'il pourrait mourir pour la soulager.
Mes jambes deviennent tout à coup moins lourdes.
Mon corps me fait moins mal.
- Oui ! Hinata et moi, on se marie ! Hurla Naruto fou de joie, en enlevant son bras de l'épaule de Sasuke pour faire un geste de moulinet du bras et s'incliner. Donc j'attends les applaudissements, pas vrai, mon amour ?
Le blond se pencha sur Hinata, qui avait les yeux grands ouverts de terreur. Elle était si pâle qu'elle risquait de s'évanouir. Non pas à cause du baiser que ce faux Naruto s'apprêtait à lui donner, mais elle voyait son reflet, son visage dans les yeux rouges de Sasuke.
Il allait la tuer.
Quand le visage du garçon qu'elle aimait posa ses lèvres sur les siennes, elle ne put même pas profiter d'un baiser qu'elle avait attendu toute sa vie pourtant. La honte et la culpabilité étaient si fortes, qu'elle resta là, comme une poupée, attendant que ce faux Naruto ait accompli sa vengeance pour peut-être sauver le vrai.
L'humiliation.
Les mensonges.
La colère.
La peine.
La trahison.
Sasuke énuméra dans sa tête, tous ce dont Naruto était responsable. Et quand il les énuméra, l'Uchiwa se rendit compte que chaque sentiment, Naruto les avait ressenti. Chaque sentiment, c'était celui d'un homme qui s'était fait trahir par ceux auxquels il tenait.
Et puis... la douleur.
La douleur était si forte qu'il avait vraiment l'impression de ne plus pouvoir respirer. Cette douleur, Sasuke pouvait la nommer facilement.
Le désespoir.
Il eut un rire terrifiant pour toute l'assistance. Sasuke riait à gorge déployée, si fort que sa pomme d'Adam ne cessait de tressauter à chaque fois qu'il expirait. Ses yeux se fermèrent par réflexe, mais alors qu'il ne put taire son rire, il les rouvrit pour bien regarder Naruto et son ingéniosité... et sa cruauté.
Je te comprends, Sasuke.
Je te pardonne, Sasuke.
Je t'aime, Sasuke.
Naruto avait accompli ses désirs. Tous ses désirs. Le garçon avait travaillé d'arrache-pied pour faire croire à Sasuke qu'il l'aimait vraiment, pour lui faire croire que tout était oublié, et que peut-être, peut-être, il avait retrouvé une famille. Une maison.
Naruto lui avait donné l'espoir, l'espoir d'un avenir dans lequel il ne serait pas aveuglé par l'obscurité.
L'espoir qu'il ne resterait pas seul, que quelqu'un partagerait sa vie avec lui, jusqu'à la fin. L'espoir que quelqu'un sur cette Terre pouvait l'accepter et l'aimer, l'aimer malgré le monstre qu'il était. Un monstre qui a tué son propre frère, un monstre qui a renié son village pour la vengeance, un monstre qui ne regrette pas une seconde d'avoir abandonné ses partenaires.
Naruto savait tout de lui, et pourtant, il lui a faire croire qu'il avait trouvé une place où on pouvait l'accepter.
Quelle blague !
L'espoir pour faire naître le désespoir.
Naruto lui ressemblait beaucoup finalement.
- Je te félicite, dit Sasuke, d'une voix doucereuse.
Son rictus rendait Hinata malade, si sure de son choix, elle le regrettait maintenant à chaque instant. Elle tourna la tête pour ne pas croiser son regard.
Naruto manqua de sursauter, surpris. Il fronça les sourcils, marmonnant :
- Ah bon ?
- Oui, et j'accepte d'être ton témoin.
Le blond se le fourrait profondément son doigt, s'il pensait que Sasuke allait lui faire l'honneur de le voir complètement briser. L'Uchiwa avait toujours eu un talent inné pour transformer la douleur en colère, une colère qui ne s'apaiserait que dans un désir de vengeance. Parce que la colère de Sasuke était souvent une colère froide, patiente. Une colère qu'il pourrait maîtriser, pas comme la douleur qui le rendait vulnérable.
Il ne serait plus jamais vulnérable.
Naruto l'avait tué... de l'intérieur.
Comme sa dernière chance de rédemption balayée par cette trahison.
Sasuke recomposa un visage neutre, prit un verre d'eau qui traînait sur la table, le but d'un coup sec pour faire passer la boule dans sa gorge et susurra :
- Bravo, Naruto. Celle-là, je ne l'aurai jamais vu venir de ta part, tu m'impressionnes. »
C'était effectivement une mauvaise, mauvaise, mauvaise journée.
« - Au secours ! Hurla une jeune fille, en courant à travers la forêt. Vêtue de vêtements pauvres et foncés, elle eut une grimace à chaque fois qu'une branche attrapa un pan de ses habits et qu'elle n'avait d'autre choix que de le déchirer pour continuer à courir.
C'était son seul vêtement.
Mais entre son bien et la vie, elle choisissait la vie.
Les animaux fuyaient tous en entendant les pas de la jeune fille, qui tentait de se faire un passage dans la forêt. Ses pas claquèrent si fort que les branches craquaient sous ses pieds, indiquant à ses poursuivants sa position.
Elle les entendait rire derrière elle, à défaut d'entendre leur pas.
Des shinobi.
Malgré ça, elle courut. Elle savait parfaitement qu'elle n'avait aucune chance contre des ninja, elle, une civil, mais elle devait essayer. Ses cheveux lui couvraient partiellement le chemin, des mèches auburn tombant sur ses yeux, et sa visibilité par cette nuit noire était alors quasi-nulle.
Une branche érafla sa joue dans sa course. Elle la sentait brûler, mais elle ne s'arrêta pas pour autant. Elle s'arrêterait quand ses jambes ne la porteraient plus. Son village était très pauvre, éloigné de la frontière, et donc faisait difficilement du commerce. Ses habitants devaient vivre avec leur propre moyen, alors l'instinct de survie, elle l'avait développé à un jeune âge.
Tout à coup, elle se cogna contre une surface plus dure que le reste. Elle voulut faire un bond en arrière, mais tout à coup, une main s'enroula autour de son poignet.
Un ninja l'avait attrapé.
Elle recula, l'air mi-effrayé, mi-dégoûté alors qu'il approchait son visage d'elle. Un sourire, d'où il manquait une bonne partie de dents, rendait son visage encore plus inquiétant. Il était petit, le teint jaune, et d'une corpulence plus qu'osseuse, mais elle restait méfiante : c'était un ninja.
- Alors, ma jolie, on t'a déjà dit que c'était pas bien de voler ?
Elle entendit des pas atterrirent dans son dos. Les deux autres ninjas qui l'accompagnaient étaient arrivés, remarqua-t-elle, du coin de l'oeil. Elle sentait son corps trembler comme une hystérique, elle n'avait plus aucune chance.
- Écoutez ! Je n'ai plus votre sac, je l'ai perdu dans la forêt ! J'avais faim et... je suis désolée, laissez moi partir s'il-vous-plaît ! Supplia-t-elle, en tirant son bras pour s'échapper de sa poigne.
L'homme lui rit au visage grossièrement, les autres le suivirent. Tout à coup, il lâcha un hoquet de douleur, l'œil droit fermé, alors qu'une goutte de sang coula sous son œil avant d'être suivit par une autre.
- Putain ! Saloperie ! C'est toi qui a fait ça ? Grogna l'homme en resserrant sa poigne pour la secouer davantage. La jeune fille tremblait, en secouant la tête. Le rire avait quitté sa gorge, maintenant remplacé par un cri de rage, qu'est-ce qui était le plus détestable ?
- Non, c'est moi.
Ils sursautèrent tous vers leur gauche. A quelques mètres de là, sur la branche d'un arbre, Naruto était assis tranquillement, jetant un caillou en l'air avant de l'attraper, et ainsi de suite, sifflotant. La main couvrant son œil, le ninja qui tenait la jeune fille grogna, lâchant son haleine sur sa pauvre victime.
- Descend de là, je vais te péter la gueule !
Les jambes de Naruto se balancèrent dans le vide. L'air gaie n'avait pas quitté son visage. Avec un énorme sourire, il demanda :
- Vraiment ? Tu crois en être capable Takeishi ?
L 'homme sursauta, comment connaissait-il son nom ?
Soudain, le regard de Naruto dériva vers ses deux compagnons derrière lui.
- Vous croyez que vous lui serez d'une quelconque aide Shinji et Ginjo ?
- Comment ? Grogna l'homme que Naruto reconnut comme Shinji. La photographie lui avait rendu justice.
Comme explication, Naruto tira de sa poche un papier plié en quatre, qu'il déplia lentement devant leur regard, observant du coin de l'oeil la jeune fille qui restait, figée. Quelle cruche ! C'était le bon moment pour partir.
La jeune fille reconnut un avis de recherche, sur lequel trois photographies étaient alignées les unes après les autres, révélant les visages des trois criminels devant elle.
- Eh bah, l'appareil était pas flatteur avec vous, dieu ! Vous êtes moches ! Ricana Naruto.
Alors que l'un des hommes, rouge de rage allait répondre. Le blond mit une main devant lui avec un air solennel comme un signe pour le faire taire. Puis, il toussota, faisant semblant d'échauffer sa voix, avant de continuer :
- Non, laissez moi finir mon texte ou je vais tout oublier. Qu'est-ce que m'a dit de dire la vieille ? Ah oui ! Ninja déserteur de Kiri j'ai pour ordre de vous arrêtez à partir du moment où vous mettez les pieds dans le pays du feu. Et vous y avez mis plus que les pieds. Votre Kage n'a demandé aucune clémence. Vous êtes condamnés à mort, alors rendez moi la vie facile, laissez vous faire.
Les déserteurs eurent un rire mais Naruto remarqua qu'il n'était pas si vrai qu'ils voulaient le faire croire.
- Trois contre un, on va te buter gamin !
Le sourire du jinchuriki s'élargit, n'avait-il pas assez montré aux gens qu'il ne fallait pas le sous-estimer et surtout à cause de son âge ? Il leva le regard vers le ciel se concentrant vaguement, tentant de percevoir la voix de simplet au fond de son esprit. Il s'attendait à entendre un avertissement, une supplication du genre :
Non Dark Side ! Ne sois pas méchant !
Mais rien, son double restait étrangement silencieux.
Alors, il allait s'amuser.
Tout à coup, il sauta à terre et avant que l'un d'eux ne puisse faire un geste, Naruto était déjà derrière Takeishi, un kunai sous son cou. Il entendit le cœur de l'homme battre avec une vitesse effrénée alors que son regard s'abaissait lentement vers l'arme près de sa trachée.
Naruto l'inclina légèrement pour que le soleil puisse s'y refléter, vous savez, l'effet de style.
- Aidez moi ! Hurla-t-il à ses camarades.
Naruto ricana.
- Impossible, marmonna-t-il dans son oreille. Regarde.
L'homme tourna la tête de quelques centimètres, très lentement de peur que le kunai ne l'érafle s'il faisait un geste trop brusque. Et là, son regard s'assombrit avec la peur, ses camarades étaient exactement dans la même situation que lui. Des copies conformes du garçon blond avaient un kunai pointé sur la gorge de ses amis. Des clones ?
- Bien qu'est-ce que tu disais à propos de me buter ? Ricana le blond, il y avait quelque chose d'incroyablement dangereux dans sa voix.
L'homme déglutit, l'arme près de son cou l'empêchait même de parler. Il sentait la lame lui caresser la peau, d'une façon ironiquement tendre.
Le ninja jouait avec lui.
Naruto lança tout à coup un regard dur à la jeune fille.
- Cours.
La jeune fille sursauta comme si elle venait de se réveiller. Elle regarda peureusement l'homme qui la tenait toujours par le poignet mais dès que Takeishi capta le regard de sa victime, il la lâcha de suite, de peur que le ninja ne s'énerve.
Une part d'elle voulait vraiment lui rire au nez.
Qui a peur maintenant, hein ?
Mais elle ne trouvait pas le courage de le faire, le sourire du garçon blond la terrifiait, il était si... sinistre. Elle ne prit même pas la peine de le remercier, prenant ses jambes à son cou, sans se retourner.
Naruto laissa le chakra de Kyubi filtrer à l'intérieur de son corps, le laissant même prendre forme à l'air libre. La densité de ce chakra terrifia le ninja qui n'avait jamais rien vu de tel. Il sentait une boule se former dans son ventre, montant jusque dans sa gorge. Cette force était si maléfique. Ce chakra si noir et si chaud à la fois, qu'il lui brûlait la peau.
Naruto laissa le chakra démoniaque s'échapper davantage dans son corps, jusqu'à ce que des crocs allongent ses dents et que des griffes ne remplacent ses ongles. Il prit avec un air dégoûté -parce que franchement, ce déserteur puait- une oreille entre ses canines pointues, alors qu'il griffa sa joue montant de la mâchoire à son œil, devant lequel il agita sa griffe.
L'homme sursauta, s'éraflant contre le kunai.
Il lâcha un gémissement de peur pathétique.
Cet homme était un monstre !
- Je peux te tuer là, te déchirer, te dévorer, mais je veux pas de maux d'estomac quand même. En tout cas, je peux salement te mutiler, ricana Naruto en fermant ses crocs sur son oreille.
- aaaaaaah !
Naruto roula des yeux, vraiment trop facile.
- Mais je peux aussi te laisser la vie sauve.
Il vit du coin de l'oeil le visage osseux du déserteur reprendre espoir.
- Si tu fais quelque chose pour moi, bien sûr.
Takeishi voulut secouer la tête comme un fou, mais le kunai sur sa gorge l'en empêchait, alors à la place, il cria :
- Oui ! Tout ce que vous voulez mais laissez moi partir ! »
Naruto eut un sourire.
Pendant deux semaines maintenant, Naruto avait continué avec cette farce du mariage si bien que le père d'Hinata, le chef du clan Hyuga, lui avait demandé audience. Même Shikamaru commençait à se demander si cette histoire de mariage était vraiment un fake, mais quand il demandait à Hinata, elle répondait toujours la même chose :
- J'aime... Naruto-kun.
Shikamaru n'oubliait pas de lui préciser que ça ne répondait pas à la question mais elle ne disait rien de plus. Le génie se demandait juste combien de temps le blond allait faire durer tout ça avant que Sasuke ne craque et ne fasse quelque chose de répréhensible.
Il n'eut pas à attendre longtemps.
Naruto frappa à la porte de Sasuke en sifflotant joyeusement. Quelques secondes plus tard, l'Uchiwa lui ouvrait avec un regard vide. Le blond pouvait au moins laisser ça à son ennemi, il en avait des nerfs. Franchement, Sasuke méritait presque son respect. L'Uzumaki l'avait traîné à chacun des besoins du mariage, utilisant l'excuse de : C'est ce qu'un témoin doit faire, c'est ce qu'un meilleur ami doit faire, et pourtant Sasuke ne l'avait pas encore tué.
Mais à chaque fois, Sasuke se mordait la langue pour ne pas répondre :
Mais ce n'est pas ce qu'un amant doit faire.
« - Qu'est-ce que c'est cette fois ? Fit Sasuke en grinçant des dents, la main toujours sur la poignée de la porte, prêt à la refermer. Encore la couleur des fleurs ?
Naruto secoua la tête de gauche à droite, en riant bêtement. Mais Sasuke ne se faisait pas avoir, aucun rire n'atteignait ses yeux. Ils brillaient, oui. Mais de satisfaction devant la détresse de l'Uchiwa.
- Non, c'était hier ! S'exclama-t-il. Ce que tu peux être tête en l'air, aujourd'hui, c'est le costume !
Naruto pivota de 180 degrés sur un pied, se tournant avec un air grotesque avant de marcher à nouveau en direction du village, sifflotant. Mais il s'arrêta quand il n'entendit pas le pas de Sasuke derrière lui et pencha la tête de côté juste pour voir son ancien amant du coin de l'oeil.
- Alors, tu viens, témoin ?
- Mais bien sûr, fit Sasuke avec un rictus en plissant des yeux pour que Naruto ne puisse pas voir le sharingan qui tournait dans ses pupilles. Son expression ressemblait étrangement à celle de Sai, se dit le blond.
L'Uchiwa le suivit et c'était comme ça depuis l'annonce du mariage. Ils simulaient tous les deux que rien n'avait existé entre eux, qu'ils n'étaient que des meilleurs amis et rien de plus. Les règles du jeu étaient simples : le premier qui craquerait, le premier qui hurlerait sa douleur aura perdu. Malheureusement pour Sasuke, qui en avait déjà vu des belles cette semaine, il oubliait souvent à quel point Naruto était doué pour pousser le bon bouton.
- A ton avis, quelle couleur irait le mieux à mon teint ? Fit Naruto en le regardant, les cils papillonnant dans une pose qui se voulait mignonne.
- Le noir, répondit Sasuke en serrant les dents.
- Mais Sasuke ! Ce n'est pas un deuil ! C'est le plus beau jour de ma vie ! Il faut quelque chose de plus gaie, s'exclama Naruto en écarquillant les yeux de façon comique, comme surpris et outré par le manque de goût du brun.
- Oui de plus gay, répondit Sasuke en lançant un regard noir à Naruto alors que son ton devenait de plus en plus cassant. Le brun ignora les regards perçants de Shikamaru qui les observait passer.
- Oh ! Faudra pas que tu oublies de me rappeler qu'il me faut aussi une tenue pour notre nuit de noces.
Là je dois m'incliner devant tant de mesquinerie ! T'es dégueulasse mon double !
Franchement, tu veux qu'il me casse la gueule ? N'oublie pas, c'est le corps de qui, hein ?
- Quelle tenue ? Comme si la Hyuga allait tenir jusque là sans s'évanouir, siffla Sasuke en emboîtant le pas à Naruto.
Plus vite il serait arrivé, plus vite il pourrait rentrer. Non Sasuke n'était pas maso d'accepter cette torture. Mais s'il refusait, c'est comme s'il montrait à Naruto à quel point sa petite vengeance le blesse et alors le blond aurait gagné. Cette victoire était une maigre consolation, alors il allait la prendre, parce que maintenant, que lui restait-il d'autre ?
- Tu peux répéter, Sasuke ? Je n'ai rien entendu ! Fit Naruto avec un ton joyeux, avant de placer une main derrière son oreille.
- Non rien.
- Allez fais semblant d'avoir l'air soucieux de mon bien-être ! j'ai le trac, moi ! Et si elle me trouve naze la nuit de noce ? C'est que j'ai pas d'expérience, moi.
Et il craqua.
C'en fut de trop pour Sasuke, l'entendre nier ouvertement, avec cette voix d'imbécile heureux leur relation, tout ce qu'ils ont été, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Entendre Naruto suggérer qu'il allait avoir des relations sexuelles avec Hinata, qu'il allait lui donner ce qu'il avait si ardemment combattu pour avoir, ça le tuait. C'était le couteau qui coupait toute semblance de résistance.
Sasuke s'arrêta net et Naruto qui marchait derrière lui, se cogna, surpris, contre son dos.
Fuis ! Putain ! Fuis, je veux pas me faire défigurer !
Cours ! Cours ! Couuuuuuuurs !
- Qu'est-ce que tu cherches à faire ? Siffla le brun, toujours le dos tourné. Il sentait ses yeux brûler alors que le sharingan y tournait furieusement.
- Mais Sas-
L'Uchiwa l'interrompit en se tournant d'un coup pour lui attraper le poignet, tendant chacun des nerfs de sa main, contractant ses muscles au maximum pour lui faire le plus de mal possible. Mais si Naruto se tut, il ne laissa partir aucun signe de douleur.
- Jusqu'où es-tu prêt à aller pour te venger ? Me hais-tu tellement que tu serais capable de te condamner dans cette parodie de mariage ?
Le blond cligna des yeux, faisant semblant d'être ignorant de la colère de Sasuke, de sa main qui le serrait. Alors, son meilleur ami avait enfin craqué, hein ? Naruto regarda du coin de l'oeil si quelqu'un les observait, mais personne. La rue était déserte.
Parfait.
Il sourit.
- Une parodie de mariage ? Répéta Naruto en ricanant bêtement. Tu es fou ? J'aime Hinata, elle est ma lumière.
Et le poing de Sasuke partit dans son visage sans qu'il n'eut le temps de le prévoir. Sa tête fut rejetée en arrière, par la force du coup, il sentait son nez le brûler alors que quelque chose de collant coula sur ses lèvres.
Qu'est-ce que vous avez tous avec mon pif ? Gueule de boxer...
Mais Naruto lécha le sang avec un air niais, qui ne collait tellement pas avec la situation, que ça lui donnait un air dément.
- Non, c'est pas du sirop de fraise.
Sasuke serra les dents, l'imbécile était en train de le pousser à bout. S'il continuait à jouer cette comédie, le brun ne parierait pas sur la dernière once de contrôle qui lui restait. Sasuke leva à nouveau le poing, à force de le cogner, peut-être que ça rentrerait. Mais tout à coup, il sentit la froideur du métal contre sa peau, et par un réflexe incroyable lâcha Naruto pour faire un bond en arrière.
Il posa un regard sur son poignet, une légère entaille faisait couler du sang.
L'Uchiwa fronça les sourcils en regardant Naruto un mètre plus loin, qui tenait un kunai dans la main. Un peu plus, il l'aurait tranché.
- Ne me touche plus jamais, surtout pas toi, susurra Naruto avec une expression étrange sur le visage.
Quelque chose avait changé chez lui, mais Sasuke n'arrivait pas à dire quoi.
- Tu es pathétique, Naruto.
Le blond grogna une insulte dans sa barbe, malheureusement le double de Naruto était aussi facile à provoquer que l'original.
Sasuke s'élança sur lui avec toute sa vitesse, mais Naruto évita habilement le kunai qu'il lui avait lancé. Puis, il fit un signe que Sasuke connaissait par cœur.
- Technique de multiclonage.
Tout à coup, une centaine de clones de Naruto apparut autour de lui. Mais Sasuke ne les regarda pas, les yeux fixés sur l'original. Avec le sharingan, il commençait à voir ce qui était si différent chez Naruto, ce qu'il n'avait pas vraiment remarqué. Le chakra... son chakra prenait forme autour de lui, mais ça n'avait rien à voir avec Kyubi. Non, le chakra de Kyubi était brûlant, chargé de mauvaises intentions, mais Naruto le contrôlait. Alors que celui-là, cette énergie partait dans tous les sens, fuyant de tous les pores de la peau du blond. Et ce chakra était trop familier, son essence trop connu...
C'était celui de Naruto.
Mais il était incontrôlable.
Sasuke sauta plusieurs bond au-dessus des clones, grognant :
- Katon : technique de la boule de feu.
Une immense flamme sortit de ses lèvres, fonçant droit sur les clones, les annihilant tous sur son passage. Il retomba sur le sol, les yeux plissés alors qu'il regardait froidement Naruto. Le blond exagérait, pour un simple combat, il l'attaquait avec tout son chakra.
Subitement, Naruto s'assit tranquillement sur le sol devant lui, en se laissant tomber sans grâce, un sourire mesquin sur les lèvres.
- Tu abandonnes déjà ? Demanda Sasuke, surpris.
Le blond le regarda choqué, avant d'agiter un doigt devant son visage, l'air amusé.
Puis, l'Uchiwa comprit, une énorme rafale de vent le poussa. Il guida son chakra jusqu'à ses pieds pour garder une prise ferme sur le sol. La force du vent s'intensifia, mais il n'était pas la cible, les rafales ne faisaient que passer par lui, pour rejoindre un point au-dessus de sa tête.
Sasuke eut juste le temps de l'esquiver, grâce à une vitesse qu'il a mis des années à atteindre.
- Rasenshuriken.
Les deux clones derrière lui le manquèrent de près et la technique de Naruto alla atteindre le sol. Sasuke recula encore plus loin, redoutant l'impact. Quand tout à coup, le rasenshuriken disparut, sans faire le moindre dégâts. Il remarqua plus loin que le vrai Naruto faisait des signes avec ses doigts.
- Ton contrôle s'est amélioré, nettement, remarqua Sasuke, en serrant les dents. Il n'aurait jamais cru que le blond puisse utiliser une telle technique contre lui. Si elle l'avait atteint, alors il serait mort.
- Mais pas ma précision, visiblement, sourit Naruto, avec un faux air bienveillant.
- Alors, tu es sérieux, tu veux vraiment que ça se finisse comme ça ?
Le ton de Sasuke avait perdu de son mordant et semblait presque peiné. Mais sa rage reprit le dessus quand il vit Naruto s'allonger sur le sol, les mains derrière la tête, comme s'il se préparait à bronzer, là. Alors son propre rival ne le prenait plus comme un adversaire de valeur ? Comment Naruto osait le sous-estimer ?
Subitement, il vit une main de chakra se diriger droit vers son cou. Sasuke eut juste le temps de sauter à terre pour l'esquiver, avant qu'elle ne charge à nouveau.
Naruto sifflota une chansonnette en voyant Sasuke éviter chacune de ses attaques.
- Alors toujours pas décidé à m'attaquer, vraiment ? Tu ne gagneras pas si tu ne fais que m'esquiver !
Alors que Sasuke évita une nouvelle fois la main, chargée du chakra de kyubi, quelque chose l'étreignait soudain par le cou, le serrant suffisamment pour que l'air ait du mal à passer, mais pas assez pour l'étouffer.
Il baissa les yeux pour voir une deuxième main de chakra qui sortait tout droit de l'énergie qui dansait autour de Naruto. Il tenta de se libérer, mais la main resserra sa prise sur son cou.
Naruto lâcha un ricanement en se levant. Il dépoussiéra tranquillement son pantalon, donnant de grandes tapes sur le tissu, alors que Sasuke étouffait devant lui. Puis, le blond s'avança avec une lenteur délibérée qui fit trembler l'Uchiwa.
Sasuke ferma les yeux pour relâcher ses nerfs et tenta de détendre ses muscles, peut-être pourrait-il se détendre assez pour se libérer de la prise ?
- C'est si mignon, Sasuke, tu refuses de te battre pour moi, serait-ce par amooouuur ? Fit Naruto avec un ton grotesque en papillonnant des cils devant le visage de Sasuke, qui perdait ses couleurs à vue d'oeil.
Le brun tenta de tirer la main de chakra loin de son cou, mais dès qu'il rentrait en contact avec l'énergie, sa peau chauffait jusqu'à brûler. Il sentait d'ailleurs des picotements sur son cou, s'il ne se libérait pas vite, il allait...
Non ! Ne le tue pas !
Sasuke !
- Tu... tu es pathétique Naruto. Finalement... tu...
Sasuke dut s'arrêter un instant, sa gorge se mit à le gratter. Mais malgré tout, malgré l'air qui se faisait rare, il se força à continuer :
- Tu... t'es pas mieux que moi... je … je t'ai … toujours cru... plus fort que... moi. Je... je me trompais.
- Mais je suis plus fort, Sasuke, qui est sur le point d'aller faire un tour pour nourrir les pâquerettes ?
Tout à coup, Sasuke ouvrit les yeux, le mangekyou sharingan tournant dans ses pupilles.
- Toi.
Ça faisait longtemps que Sasuke n'avait pas utilisé le sharingan sur Naruto. Et pourtant, il se souvenait encore du chemin qui menait à la cage de Kyubi. Les couloirs restaient les mêmes, toujours sombres, humides et sinistres. Il marcha à la recherche du renard, suivant le chakra qui s'intensifiait au fur et à mesure qu'il avançait.
Mais à la différence de Naruto, Sasuke ne se souvenait pas qu'il n'était pas censé y avoir de l'eau dans le couloir, de l'eau jusqu'à ses genoux qui montait au fur et à mesure qu'il approchait.
Soudain, une porte à deux battants se dessina devant lui au loin. Sasuke s'arrêta quelques secondes devant, ne se souvenant pas d'une telle ouverture. Aussi loin qu'il s'en rappelait, dans l'esprit de Naruto, il n'y avait toujours eu qu'un couloir principal qui menait à la cage du renard. Mais ce couloir était maintenant fermé par une porte.
L'Uchiwa se concentra pour chercher le chakra du renard, se serait-il trompé ? Non, le chakra était tellement dense derrière cette porte que ça ne pouvait qu'être celui de Kyubi.
Ce maudit démon ! Sasuke était certain que ce sale renard avait quelque chose à voir avec le sinistre changement de Naruto... parce que son amant ne pouvait pas être cet homme rancunier, sarcastique, moqueur et meurtrier, pas vrai ?
Il posa une main sur la poignée et la tira d'un geste brusque, de peur qu'elle soit fermée, mais elle était ouverte, parfaitement ouverte.
Il entra avec prudence, quand au loin, au fond du couloir, il perçut la figure imposante de Kyubi, immobile.
Le renard incurva les lèvres, montrant ses crocs. De sa voix rauque, il gronda :
- Voilà qui va être amusant.
Sasuke avança un pied, une main sur le bord de la porte, qu'il poussa d'un-
- NON ! NE FERME PAS LA PORTE ! JE TE TUE SI TU LA FERMES ! PUTAIN ! NAAAAAAAAAAAAAAAN !
… d'un geste brusque.
Il y eut un clic alors qu'elle se referma, suivit d'un sanglot pathétique.
Sasuke cligna des yeux, dans la marre, assis sur les fesses, une bosse sur le front, lui hurlant dessus fou de rage, se tenait :
- Naruto ? »
Tu crois que si Sasuke se mettait à notre place... il pourrait nous comprendre ?
Je ne crois pas.
Il ne comprendra jamais d'où vient le vrai problème.
A moins d'avoir expérimenté : la solitude absolue.
Fin du chapitre.
Simplement vôtre,
Sirpics
