Les Parfaits Serpentards
Chroniques de la deuxième année : Partie 3
« Le Ministère de la Magie m'a nommée lui-même. » minauda d'une exécrable et irritante voix haut perchée la femme grassouillette qui se tenait devant eux. « Au regard de vos échecs répétés à engager un professeur compétent au poste de Défense Contre les Forces du Mal. »
« Comme c'est heureux pour nous. » répondit diplomatiquement Albus.
« Bien entendu, je vais m'assurer de mettre fin à ces sottes rumeurs à propos du soit disant retour du Seigneur des Ténèbres. » poursuivit-elle.
Il y eut un moment de silence, durant lequel toutes les personnes présentes se tournèrent vers Albus, qui ne sembla pas faire mine de vouloir réagir.
« Est-ce la position officielle du Ministère ? » finit par demander Severus quand il devint évident que le Directeur n'allait pas intervenir.
« Bien entendu. »
« Excellent. » approuva Rogue du bout des lèvres. « J'en informerai personnellement la Gazette du Sorcier. Après tout, si vous traitez tous les professeurs ci-présents de menteurs, de même que plusieurs Aurors, ainsi que Nicolas Flamel lui-même, vous comprendrez que nous ayons lieu d'être légèrement en désaccord. »
La femme grassouillette lui adressa une expression abasourdie.
Rogue lui renvoya un sourire railleur, ignorant sciemment le regard surpris que lui envoyait Albus. Il était Severus Rogue, et il allait suivre son propre chemin désormais.
« Je vous demande pardon, mais j'ai la désagréable impression que vous sous-entendez que c'est moi qui suis en train de mentir. » dit-elle d'un ton menaçant en s'empourprant violemment. « Je suis la représentante du Ministère je vous rappelle. »
« Vous tentez de m'intimider en me révélant que vous n'avez aucun pouvoir ni aucune influence par vous-même, et que tout ce que vous pouvez faire jouer en votre faveur et le pouvoir dont votre supérieur a la jouissance jusqu'à ce qu'il soit destitué de ses fonctions ? » rétorqua Rogue d'une voix doucereuse, en paraphrasant Mercredi autant que faire se pouvait.
« Vous allez payer pour ça. » menaça Dolores Ombrage.
« Alors vous vous assurerez que ce soit rapide, et permanent. » répondit Rogue. « Parce que si ce n'est pas le cas, si vous manquez à vos paroles d'une manière ou d'une autre, je ferai prendre vie à vos pires cauchemars. »
Dolores le foudroya du regard, avant de quitter la pièce tel un ouragan.
« Severus ? » balbutia Minerva, une expression de profond effarement accentuant davantage les traits de son visage ridé.
Il se tourna vers elle. « Minerva ? »
« Qu'est-ce que… » commença-t-elle avant de s'interrompre, les mots semblant manifestement lui manquer.
Rogue eut l'ombre d'un sourire. « Il m'est apparu que nous sommes supposés protéger nos élèves de ce genre de choses. »
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. » se reprit Minerva. « Depuis quand prenez-vous des mesures proactives ? »
Rogue adressa un regard à Albus. « Il faut bien que quelqu'un le fasse. » déclara-t-il, avant de quitter la pièce.
Malheureusement, il n'eut pas l'occasion d'assister à la première leçon qu'elle dispensa à Harry et Mercredi, mais il apprit plus tard qu'ils n'avaient rien fait de notoire durant cette classe. Ombrage les avait fait étudier à l'aide du livre après avoir tenté, sans succès, de les provoquer.
Il conjectura que c'était parce qu'ils n'appréciaient guère, de toute façon, d'avoir à employer leurs baguettes, et apprendre à travers les livres leur était quelque chose dont ils se satisfaisaient parfaitement.
Rogue passa la majeure partie de son temps à tenter de trouver la raison pour laquelle il avait pris la défense d'autres personnes que lui. Il n'avait plus été ce genre de personne depuis si longtemps que c'en était presque immémorial, et il n'était pas certain que cela lui plaise.
Certes, il s'était délecté des gros titres de l'édition de la Gazette du Sorcier du jour suivant, ainsi que de la Beuglante qu'Ombrage reçut de Fudge lui-même.
C'était cette histoire de pensée indépendante. Depuis ses seize ans et toute sa vie durant, il s'était contenté de suivre – Voldemort d'abord puis Albus – et il n'était pas accoutumé à la perspective de suivre son propre chemin, sans compter qu'il n'avait pas la moindre idée de quel était exactement ce chemin.
C'était pour le moins déconcertant.
On frappa à sa porte, et lorsqu'il leva les yeux, il put voir sa filleule, Daphné Greengrass, entrer. « Voici qui pourrait être susceptible de t'intéresser, Oncle Sev. Les rumeurs veulent qu'un très grand nombre d'étudiants d'années supérieures soient à la recherche de Pugsley et qu'ils soient sur le point de le trouver. »
« Merci. » dit-il, hochant la tête à son encontre. Il se leva et la suivit en direction d'une des salles de classe. Alors qu'elle était sur le point d'entrer, il effleura l'épaule de Daphné et l'arrêta. « Sois une Serpentard. » lui intima-t-il. « Cherche en premier lieu à savoir ce qui se passe avant d'agir. »
Elle opina brièvement du chef, et il lança un sortilège de camouflage autour d'eux. Ils entrèrent ensuite silencieusement dans la pièce.
Pugsley était assis à une table, balançant joyeusement ses jambes d'avant en arrière, et devisant tranquillement avec Hermione et Ginny. Pugsley leva les yeux quand ils entrèrent et haussa les sourcils en direction de Rogue et Daphné.
L'autre porte de la salle s'ouvrit soudainement, et Daphné s'avéra avoir eu raison, quand un groupe d'élèves de sixième et septième années composé de membres des quatre maisons, fit irruption dans la salle. Ginny et Hermione parurent instantanément inquiètes. Pas Pugsley.
« Qui y a-t-il ? » demanda-t-il nonchalamment.
« On veut un mot. » grogna Marcus Flint.
« Vous pouvez même en avoir plusieurs, s'ils peuvent vous aider à former une phrase complète. » offrit serviablement Pugsley.
« Marcus. » grogna Jacob Handerson, l'actuel Préfet-en-Chef. « Pourrais-tu s'il te plaît éviter de parler en notre nom, du moins jusqu'à ce que tu puisses rattacher plusieurs idées en des phrases cohérentes. »
Marcus fronça les sourcils.
Pugsley paraissait amusé. « Que puis-je faire pour vous ? »
« Mercredi a battu Lockhart. » répondit Jacob. « Elle a semblé plutôt douée durant le duel. »
Pugsley renifla. « Lockhart n'était même pas un défi. » fit-il observer. « Mercy ne s'est même pas donnée de peine. »
« Alors elle est meilleure que ça ? » s'enquit Jacob.
Pugsley acquiesça, sans aller plus avant dans les détails.
« Et Potter ? » demanda Miranda Richards, la Préfète-en-Chef.
« Quoi donc ? »
« Est-ce qu'elle est meilleure que lui ? »
Pugsley eut un petit rire. « Pourquoi ? »
« Nous avons nos A.S.P.I .C qui arrivent bientôt, et grâce à cette bonne femme qui se prétend professeur, nous allons tous échouer en Défense si nous n'avons pas de leçons supplémentaires. Nous avons présenté le problème à Dumbledore, mais il ne s'est pas avéré d'une grande aide. Alors nous avons pensé tenter notre chance avec les seules autres personnes qui ne se soucient pas de ce que Dumbledore et le Ministère pensent. »
« Et vous êtes venus à moi en premier lieu parce que vous risquez probablement de recevoir un mauvais sort en tentant de leur demander directement ? » devina Pugsley.
« Il y a un peu de ça. » admit Jacob.
« Avez-vous pensé au prix à payer ? » interrogea encore Pugsley.
« Ca ne sera pas de l'argent, n'est-ce pas ? » supposa Miranda.
Pugsley sourit. « Correct. » confirma-t-il joyeusement. « Il se peut qu'ils acceptent, mais ils ne le feront pas si c'est pour simplement avoir à vous tuer plus tard. Alors vous devrez accepter de ne jamais employer ce que vous apprendrez contre eux – et cela signifie donc de promettre de ne pas rejoindre Voldemort et les Mangemorts. »
Bien moins de personnes que l'escomptait Rogue tressaillirent en entendant le nom.
« C'est entendu. » déclara Miranda. « Certains d'entre nous auraient pu les rejoindre avant, mais cela aurait été davantage motivé par l'aversion suscitée par la façon dont le Ministère et la société sont dirigés, ainsi que par la reconnaissance du fait que le changement peut être une bonne chose. Bien entendu, certains d'entre nous sont de vraies petites saletés. »
Pugsley sourit. « Tuer des innocents ainsi que le terrorisme sont des actes vides de sens. Imposer vos points de vue par une violence et une coercition aussi grossières dénonce une clarté de pensée défaillante ainsi qu'une abjecte stupidité. Il existe d'autres moyens d'introduire le changement. »
« Alors est-ce que tu leur demanderas ? » insista Miranda.
« Je le ferai. » acquiesça Pugsley. « Mais je ne garantie rien. Il y a des chances pour qu'ils refusent sur le champ. » Il balaya du regard les élèves qui se tenaient devant lui. « Il se peut qu'ils acceptent, parce que cela pourrait être amusant, et d'ordinaire ils s'ennuient ferme ici. Si ce n'était pour les projets de recherche qu'Oncle Nicolas leur fait faire, ils auraient probablement commencé à faire exploser des choses ici et là. » Son sourire maniaque réapparut subitement. « J'ai pensé un moment à cacher leurs instructions. Oh bien sûr, ils auraient ma peau pour ça, mais les dommages qu'ils causeraient seraient vraiment mémorables. »
Rogue se retrouva à déglutir bruyamment en même temps que les élèves. Puis avant qu'il puisse cligner des yeux, le sourire sinistre avait disparu, et Pugsley passait le pas de la porte.
Rogue le suivit, prenant soin de lever le sort qui recouvrait Daphné.
« Vous n'avez pas besoin de ces enchantements. » lui informa Pugsley sur le ton de la conversation. « Harry nous a dit de ne pas nous soucier de vous pendant que vous preniez votre décision. »
« Ah. » fit Rogue, quelque peu incertain quant à comment à réagir à cela.
Pugsley ouvrit la porte d'une autre salle de classe, ce qui surprit Rogue, qui n'avait pas réalisé à quel point les salles étaient prisées des élèves en dehors des heures de classes.
« Salut les amis. » lança jovialement Pugsley tandis qu'il bondissait vers la table occupée par Harry et Mercredi. « J'ai une requête à vous formuler ? »
« Oh ? »
« La moitié des élèves ici ont besoin d'un peu d'aide en Défense, étant donné qu'ils n'apprennent pas grand-chose de Prend-Ombrage-de-tout. »
« Et ? » pressa Mercredi d'un ton indifférent.
« Ils m'ont demandé de vous demander de leur donner un peu d'entraînement. Après que Mercy a botté les fesses de Lockhart, ils se sont dit que vous deviez être les mieux placés pour cette tâche. »
Harry parut pensif.
« Je leur ai informés que le prix qu'ils auraient à payer serait de faire le serment de ne jamais l'utiliser contre vous – ce qui revient en somme à ne pas rejoindre les rangs de Voldemort lorsqu'il récupèrera son corps. »
« Qu'en pensez-vous ? » demanda Harry en se tournant vers lui.
Rogue fronça les sourcils. « Ils ont réellement besoin d'aide. » admit-il. « Je désire moi-même le poste, mais je n'ai pas de temps à y consacrer cette année, et Ombrage tente toujours de causer des problèmes au moindre prétexte. »
« Trouve-nous un endroit ou le faire afin de garder cela secret pour l'instant. » instruisit Harry à Pugsley. « Demande le concours de Hermione et de Ginny pour rédiger un contrat qu'ils pourront signer. Laissez-nous le soin des sortilèges. »
« Merci, Harry. » dit Pugsley avant de sortir comme il était entré, d'un pas bondissant.
Rogue reporta son attention sur Harry et Mercredi, mais ils étaient déjà de retour à leur travail.
Plutôt que de tenter tout subterfuge comme il l'avait fait jusqu'alors, il demanda directement à Pugsley où la première réunion se tiendrait, et s'assura d'être présent. La réunion allait se tenir dans une immense salle dont il n'avait pas soupçonné l'existence jusqu'alors.
Drago avait, une fois n'est pas coutume, brillé par son absence. Rogue se fit un mémo de lui rappeler une fois de plus, et avec force insistance, de se tenir à l'écart. Daphné était présente, bien qu'elle parût manifestement hésitante.
Harry se positionna devant la foule et soupira.
« Vous êtes bien trop nombreux. » déclara-t-il d'un ton brusque. « Tous les professeurs vont finir par se demander où est passée la majeure partie de l'école. Nous allons vous partager en trois groupes en fonction de votre année; pendant qu'un groupe s'entraîne, les deux autres seront tenus de se mettre à jour sur ce qui s'est passé. Hermione et Pugsley ont le contrat que vous devrez signer. Il déclare que vous n'utiliserez jamais ce que nous vous enseignons contre nous, ni ne discuterez de ce qu'il se passe ici avec quiconque n'ayant pas connaissance de l'existence de ces réunions. Nous vous encourageons vivement à le briser, car nous sommes très désireux de voir les effets de notre malédiction sur une personne vivante. »
Il y eut des demi-sourires sur les visages de quelques élèves, mais aucun de leurs propriétaires ne connaissaient vraiment les Addams.
« Nous nous occuperons du groupe le plus âgé en premier lieu, étant donné qu'ils ont leur A.S.P.I.C sous peu. Merci de signer le contrat avant que nous commencions. Oh, et s'il se trouve des personnes qui ne veulent pas signer, ils pourront partir une fois que nous leur aurons effacé la mémoire. »
Harry se retourna et se dirigea vers la porte en compagnie de Mercredi. Rogue prit une décision et signa le document à son tour. Il était un duelliste plus qu'accompli, mais savait que s'il ne signait pas, il ne serait pas autorisé à regarder.
Il lança un regard mauvais aux élèves qui lui adressaient des regards surpris et retourna à la salle de classe tandis que Pugsley et Hermione répartissaient les groupes.
Il y eut aussi quelques effacements de mémoire ainsi qu'un os cassé. Adrian Pucey commis l'erreur de vouloir s'en prendre à eux en les attaquant par surprise pour éviter de perdre la mémoire et Mercredi donna la démonstration de la raison exacte pour laquelle on lui avait demandée d'enseigner à des personnes de cinq ans plus âgées qu'elle.
Harry balaya le petit groupe du regard et hocha la tête. Il choisit cinq élèves, incluant le Préfet la Préfète en chefs et les positionna en un cercle. Mercredi se positionna au milieu.
« Défendez-vous. » ordonna sans préambule Harry.
Presque avant qu'il eût fini de parler, Miranda était inconsciente et un maléfice vicieux se dirigeait vers Jacob, qui eut à peine le temps d'ériger un bouclier.
Rogue siffla dans sa barbe. Mercredi avait la marque de tout duelliste hors pair, elle n'était pas hâtive dans ses mouvements. Au milieu d'un groupe d'assaillants constitué de quatre élèves, tous plus grands, et plus âgés qu'elle, elle semblait complètement à son aise, comme si elle était…Il ne pouvait finir son analogie, parce qu'il n'était pas certain de pouvoir deviner ce qu'elle faisait dans ses moments de loisirs.
Cela requit une minute supplémentaire avant que Jacob, le dernier debout, ne s'effondre à son tour au sol. Un silence assourdissant s'abattit sur la pièce alors que Mercredi retournait sereinement aux côtés de Harry. Harry contempla les élèves tombés pendant un moment, avant de hocher la tête à l'intention de Pugsley, qui les ranima prestement.
« Bien. » déclara Harry. « Nous nous attendons à ce que chacun d'entre vous soit en mesure de défaire cinq élèves capables d'ici la fin de l'année. Nous allons commencer par les bases. Mettez-vous par deux. Celui à droite lancera des sorts de chatouille à l'autre, qui devra les éviter. »
Ce qui suivit fut une leçon fort intéressante, dans laquelle Harry et Mercredi se déplacèrent d'une paire à une autre tout en leur prodiguant des conseils sur la façon d'interpréter le langage corporel ainsi que la position de la baguette afin d'anticiper l'endroit ou l'adversaire allait lancer son sort.
Le petit déjeuner du lendemain sacrifia sereinement à la routine quotidienne, du moins jusqu'à l'arrivée d'Ombrage. Elle abordait un sourire supérieur qui surlignait de manière très peu flatteuse les traits batraciens de son visage, alors qu'elle s'avançait vers la table des Serpentards.
« Créer un club sans autorisation ? » lança-t-elle d'une horripilante voix moqueuse. « Retenue. Vous, » elle pointa Mercredi du doigt, « ce soir. Vous, demain. » acheva-t-elle en indiquant Harry. « Et bien entendu, le club est dissous. »
Mercredi la tança du regard pendant un long moment, ses yeux déjà notoires pour leur indéfinissable noirceur, semblant s'assombrir davantage au fil des secondes. Harry effleura légèrement sa main, et elle sembla se reprendre. Elle adressa un regard à Harry qui hocha brièvement la tête.
« Activation. » murmura doucement Mercredi.
Un peu plus loin à la table des Serpentards, Charles Warrington, un Poursuiveur de la maison vert et argent agrippa brusquement sa gorge et s'effondra de son siège.
« Arrêtez ça ! » ordonna Ombrage, alors que Charles se mettait à rouler sur le sol, d'immenses furoncles apparaissant sporadiquement sur son visage.
« Nous ne pouvons pas. »répondit Harry, son visage impassible. « Il a signé un contrat, et il l'a brisé. Les règles ancestrales exigent qu'il en paie le prix : la mort. Quelque part durant les prochains jours. En attendant, il se contentera de souffrir. »
« Professeur Dumbledore ! » interpela Ombrage, en levant les yeux vers lui d'un air désespéré.
« Harry, je vous en prie. » l'enjoignit Dumbledore.
« J'annulerai le sort, » proposa-t-il, « si vous me dites comment. »
Dumbledore cilla.
« Il était conscient des modalités du contrat et l'a signé de son propre chef. Il a violé le contrat tout en sachant en son âme et conscience que nous serions dans nos droits d'invoquer la clause réclamant réparation. Comment prévoyez-vous à présent d'annuler ce genre de contrat ? »
Dumbledore poussa un profond soupir. Madame Pomfresh se précipita vers le garçon et le rendit inconscient d'un mouvement vif de baguette. Elle le fit ensuite sortir rapidement de la Grande Salle. « Je ferai tout ce que je peux. » promit-elle en s'en allant.
« Une enquête sera lancée pour déterminer les tenants et aboutissants de cette affaire. » annonça Dumbledore.
La plupart des élèves affichaient des expressions de pure horreur, alors qu'ils réalisaient que l'un de leurs camarades était sur le point de mourir.
« Une enquête que je mènerai personnellement. » ajouta Ombrage en reprenant contenance.
« J'ai bien peur que vous ne puissiez pas. » déclara Harry de sa voix soyeuse. « Vous êtes impliquée. »
« Harry a raison. » approuva Dumbledore. « Je contacterai le Ministère personnellement. Je suis certain que du Véritaserum nous apportera toutes les réponses à nos questions. »
Ombrage lança un regard mauvais à Harry et Mercredi. « N'oubliez pas vos retenues, surtout. »
Rogue dut ainsi passer sa journée à répondre à des questions. L'usage du Véritaserum n'était pas encore de force majeure, aussi fut-il en mesure de mentir en toute impunité. Même à Albus.
Il n'avait aucune inquiétude de voir ses mensonges être découverts, Mercredi et Harry se seraient, sans nul doute, déjà préparés à pareille éventualité.
Ombrage, Harry et Mercredi n'allaient pas être entendus avant le jour suivant. Dumbledore et quelques personnes du Ministère tinrent des conférences de plusieurs heures durant lesquelles ils expliquèrent aux élèves les dangers mortels des contrats magiques.
Plusieurs spécialistes du Ministère furent aussi sollicités, mais ils se révélèrent impuissants face au maléfice qui avait frappé le Poursuiveur sycophante et qui le tuait aussi lentement que sûrement.
Les parents de Warrington étaient à l'étranger, et des hiboux avaient été envoyés pour les rappeler au chevet de leur fils.
Le lendemain matin, les officiels du Ministère se trouvaient au petit déjeuner dans la Grande Salle, quand Mercredi fit son apparition. Elle avait une expression légèrement amusée sur son visage, qui n'augurait rien de bon pour un paisible et agréable petit déjeuner.
Elle s'assit à côté de Harry, comme d'ordinaire, et ils entamèrent leur petit déjeuner. Autour d'eux, tout le monde vaqua à son petit déjeuner comme il en avait l'habitude.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? »
Ce n'était pas les mots en eux-mêmes, c'était le ton de sa voix. C'était une voix choquée, pleine d'émotion. Cela ne ressemblait en rien à ce que tout le monde avait pu entendre de la bouche de Harry Potter depuis qu'il avait commencé Poudlard.
« Elle, » commença Mercredi, la légère impression d'amusement ne quittant pas son visage. « m'a forcée à utiliser quelque chose qui écrivait avec mon sang. »
Une sensation de magie noire oppressante s'éleva violemment dans la pièce. Pugsley se mit à pâlir drastiquement et entreprit de s'éloigner lentement de Harry.
Harry prit une profonde inspiration, puis sembla parvenir à faire appel à un contrôle inhumain des tréfonds de son être afin de garder son calme. Il écarta les bras d'un geste acéré et une cloche au ton profondément grave retentit solennellement.
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent à la volée, et une silhouette immense apparut, provoquant des cris de terreur de part en part de la Grande Salle. « Tu as sonné ? »
« Demande à Morticia et Gomez de venir ici, Max. Tout de suite. » ordonna Harry. Max acquiesça et disparut.
Harry se mit à faire les cent pas, son masque d'impassibilité se craquelant légèrement par moment. Il continuait d'irradier d'une intense magie, et semblait ne rien désirer d'autre que de la mettre à contribution, de la manière la plus violente qui fût. Personne dans la Grande Salle n'esquissait le moindre geste, personne n'osait même proférer la moindre parole. Rogue porta son regard vers le fond de la table des Professeurs; Ombrage était pétrifiée de terreur. Elle semblait avoir réalisé que si elle entreprenait quoi que ce soit, elle serait la cible commise d'office sur laquelle il dirigerait cette effroyable magie. Les Aurors faisaient preuve de davantage de bon sens qu'il s'y serait attendu, et érigeaient silencieusement des boucliers devant eux.
Soudain, Morticia et Gomez apparurent sur le pas de la porte. Morticia marqua une pause en ressentant la magie qui tourbillonnait tout autour de la Salle, et se précipita vers Harry avant de l'étreindre tendrement.
Ce fut seulement en la voyant faire, que Rogue réalisa que Harry n'avait toujours que douze ans. En dépit de son calme inhumain, sa puissance, et son habilité à parler et agir comme un adulte, il n'était même pas encore un adolescent.
La magie se mit lentement à se rétracter alors que Harry s'agrippait à Morticia.
« Harry. » dit Gomez, sa voix sombre et omineuse. « Que se passe-t-il ? »
« Elle a, » commença Harry, en pointant du doigt Ombrage, « utilisé une Plume à Sang sur Mercredi. »
Gomez se dressa de toute sa hauteur. Avec un étrange pouvoir dans sa voix, il tonna. « Est-ce vrai ? »
Ombrage hochait frénétiquement la tête avant même que la question n'eut fini d'être formulée.
« Vous voilà déclarée en ce temps et en ce lieu, ennemie des Addams. » déclara sereinement Morticia. « Le reste de votre courte vie sera vécu dans les affres du tourment. Dumbledore, je ne m'attendais pas à cela de votre école. Nous retirons dès l'heure nos enfants de Poudlard. »
« Non ! » protesta vivement Dumbledore. « Vous ne pouvez pas ! Qu'en sera-t-il de Voldemort ? »
« Eh bien ? » répliqua impatiemment Gomez. « C'est votre problème, pas le nôtre. »
« Mais Harry… » commença Dumbledore.
« Ce n'est pas notre problème. » réitéra Gomez.
« Je vous en prie. » supplia Dumbledore. « Ombrage sera sévèrement châtiée; elle sera à Azkaban dès ce soir. »
« Pourquoi devrait-elle recevoir des vacances ? » s'exclama Morticia. « C'est doubler vos torts d'un affront ! »
Pugsley grogna. « M'man. » dit-il. « Il y a des gens plutôt sympas ici, vraiment. »
Morticia porta son regard sur son fils.
Pugsley lança un regard à Harry, qui continuait manifestement de se débattre pour garder son calme. « Comment as-tu pu ? » s'écria-t-il, seulement la question n'était pas destinée à Ombrage. Elle était adressée à Mercredi.
Le visage de la jeune fille sembla perdre de son impavidité, alors qu'elle lançait un regard perplexe à Harry.
« Comment as-tu pu la laisser te marquer ! Tu es à moi, à moi, à moi, et à moi seul ! » hurla-t-il.
Mercredi secoua sa tête, l'air déconcerté.
« Tu ne comprends pas ! » cria Harry en s'arrachant à l'étreinte de Morticia et en quittant la pièce en courant.
« Qu-que ? » balbutia Mercredi.
« Oh par les enfers. » comprit soudainement Pugsley. « Tu as fait une bourde, Mercy. »
« Quoi ! »
« Harry n'était pas furieux contre Ombrage. » expliqua Pugsley. « Il est furieux contre toi. C'est pour cela qu'il a appelé Maman et Papa et ne s'est pas contenté de simplement tuer le crapaud. »
« Mais pourquoi ? » s'enquit Mercredi.
« Tu l'as laissée te marquer. » élabora Pugsley. « Tu es trop forte pour y avoir été forcée. Tu as dû la laisser faire – et cela signifie que tu as donné ta permission. »
Mercredi hocha lentement la tête, mais ne semblait toujours pas voir ou Pugsley voulait en venir.
Ce dernier soupira. « Que ressentirais-tu si quelqu'un marquait Harry ? »
« Personne n'oserait. » répondit-elle automatiquement. « Harry est à moi ! »
« Précisément, et Harry ressent la même chose à ton égard. En laissant quelqu'un d'autre te marquer, tu as tout simplement proclamé que tu n'appartenais pas à Harry. »
Mercredi, qui avait toujours été une fille à la pâle complexion, perdit subitement les restes de couleur qui agrémentait son visage délicat.
« Tu vas devoir t'excuser. » lui déclara sérieusement Pugsley.
« M'excuser ? »répéta Mercredi, comme si la signification du mot lui échappait.
« Dire que tu es désolée. » expliqua Pugsley.
« Mais je ne me suis jamais excusée auparavant; je ne sais pas comment. »
« Si tu ne le fais pas, tu le perdras. »
« Pugsley a raison, ma chérie. » intervint Morticia d'une douce. « Tu es une Addams, souviens-toi de cela. »
Le dos de Mercredi se raidit et elle hocha la tête. Elle se leva de sa place qu'elle n'avait pas quittée durant tout l'incident et se dirigea vers la sortie. Quand elle arriva au niveau des portes, elle s'arrêta et se retourna. « Si je perds Harry à cause de cela, vos souffrances relègueront les sévices de Promothée à un conte de fées pour enfants. »
Ombrage s'évanouit.
Morticia tamponna ses yeux avec un mouchoir. « Leur toute première dispute. » commenta-t-elle d'un air attendri. « Gomez. »
« Oui, amour ? »
« Dissimule leurs épées. »
Gomez hocha la tête et disparut.
« Alors Harry n'était pas fâché à cause du fait qu'elle ait employé une Plume à Sang, mais parce que Mercredi l'a autorisée à l'utiliser sur elle ? » s'enquit doucement Ginny .
« Ouaip. » acquiesça Pugsley. « C'est davantage une question de principe que l'emploi de la Plume à Sang en lui-même. »
« Est-ce que ces plumes font mal ? »
« Oui. » répondit Morticia. « Pugsley, t'es-tu fait une autre amie ? »
« Oui, M'man, voici Ginevra. Ginvra, voici Maman. Mercy m'a dit de prendre soin d'elle. »
« Bonjour Mme Addams. » dit Ginny.
« Apelle-moi Morticia, ma chérie. » déclara Morticia en glissant jusqu'à eux. « Pourquoi cela, Pugsley ? »
« Elle a fait preuve de pensée indépendante. »
« Encore une autre ? Comme c'est remarquable. A présent dis moi, désires-tu quitter cette école ? »
« Nan, je ne pense pas que ni Harry ni Mercy le voudront non plus, une fois qu'ils auront retrouvé leur calme. Bien sûr ils s'ennuient ferme, mais ils s'ennuieraient partout ailleurs, et nous avons pris des mesures pour y remédier. Le fait est qu'ils, » Pugsley indiqua les professeurs, « ont engagé une autre idiote pour enseigner la classe de Défense, alors certains des élèves en fin de scolarité m'ont sollicité afin de demander à Harry et Mercy de leur donner des leçons. Ombrage l'a découvert, car l'un des élèves à brisé le contrat, et a donné une retenue à Mercy. »
« Dans quel état se trouve le garçon ? »
« A l'agonie. »
Morticia eut un doux rire. « Je retrouve bien là mon Harry. » commenta-t-elle affectueusement. « Je ferai un saut plus tard pour le laisser vivre. Harry détesterait la paperasse qui lui incomberait. »
« Ce serait génial, maman. » déclara joyeusement Pugsley. « Laisse-moi te raconter ce qui s'est passé ces dernières semaines. »
A peu près quinze minutes plus tard, Gomez revint dans la Grande Salle. « Je viens de voir quelque chose de remarquable. » s'extasia-t-il. « C'était l'une des Malédictions Ancestrales. Merveilleusement exécutée. Des furoncles et des verrues partout jusqu'à l'intérieur même de la trachée afin de l'empêcher de respirer. Une véritable œuvre d'art. »
« L'as-tu arrêtée ? » interrogea Morticia.
« En effet. » admit-il avec une expression penaude. « Il y a tellement de paperasse à laquelle satisfaire quand un enfant meurt. Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. » déplora-t-il avec un soupir.
« Bien. » déclara Morticia. « Il va sans dire que nous n'arrêterons pas le prochain maléfice. » ajouta-t-elle plaisamment.
Elle se tourna vers le Directeur. « Vous étiez sur le point de nous expliquer pourquoi vous autorisiez vos Professeurs à torturer des élèves. Harry et Mercredi peuvent prendre soin d'eux, mais je peux voir que cela a été infligé à d'autres. » révéla-t-elle en indiquant Seamus Finnegan, qui devint écarlate et hocha la tête en signe de confirmation.
« Nous allons nous en charger. » promit Albus.
« Vous avez coutume de dire cela sans toutefois vous y tenir. » argua Morticia. « Je pense que nous allons rester un peu plus longtemps cette-fois ci. Gomez… »
« J'ai déjà informé la presse. »annonça ce dernier. « Est-ce que tu penses que Violette se sera remise de la dernière fois ? »
« C'est probable. » répondit Morticia avec un léger sourire. « A présent, « dit-elle en se tournant vers les Aurors et en indiquant Ombrage, « pourquoi n'arrêteriez-vous pas cette affreuse chose ? Si elle est toujours ici lorsque Harry et Mercredi reviendront, ils risquent d'être fort contrariés. »
« Oh. » fit Kingsley en se grattant la tête. « Nous allons la laisser ici en ce cas, cela causera bien moins de soucis à la cour ainsi. »
« Kingsley ! » protesta Albus.
Kingsley roula des yeux. « Très bien, je l'emmène; on se chargera de la mettre en sécurité. » Il s'avança vers la sorcière tombée et lança un sort. Kingsley et les Aurors quittèrent ainsi la pièce, Ombrage traînant sans cérémonie au sol derrière eux.
« N'y a-t-il pas de classes ce matin ? » s'enquit Morticia. « Car si c'est le cas, je suis certaine que nous pourrions nous amuser un peu tous ensemble. »
« Non. » intervint Albus. « Les classes ont bien lieu aujourd'hui. Est-ce que Charles sera en mesure de rejoindre ses camarades ? »
« Dois-je présumer que Charles est le garçon qui a reçu le maléfice ? » supposa Gomez.
« Oui. »
« Il sera en pleine santé d'ici à la fin de la semaine. » informa Gomez avec un haussement d'épaules très peu concerné. « Pugsley, pourquoi ne nous feriez-vous pas visiter Poudlard, tes amies et toi ? Je suis certain que tu peux te permettre de manquer les classes pour aujourd'hui.»
« Ca me semble une idée géniale, P'pa. » acquiesça jovialement Pugsley. Il tira Hermione et Ginny de leurs sièges et ils quittèrent d'un bon pas la Grande Salle.
Rogue se surprit à espérer que Harry et Mercredi en reviennent le plus tôt possible à leur état normal. Un fait qui ne manqua pas de le troubler légèrement.
Après une journée entière de classes, il retourna à la Grande Salle pour le dîner, seulement pour être accueilli par une foule d'élèves qui ne faisait que grossir au fil du temps.
« Que se passe-t-il ? » lâcha-t-il d'une voix tranchante.
« La porte est verrouillée, monsieur. » lui répondit Miranda.
Rogue fut sur le point de lui adresser une pique cinglante avant de se reprendre. Il prit une profonde inspiration. « Avez-vous essayé un sort de déverrouillage ? »
Miranda parut quelque peu surprise de son absence de réaction avant de hocher la tête. « Oui, professeur. »
« Je vais essayer à mon tour, » déclara-t-il, « étant donné que je pense être un peu plus puissant que vous ne l'êtes. Alohomora ! » Comme il s'y attendait, le sort n'eut aucun effet.
« Allons-nous avoir un pique-nique ? » retentit la voix enthousiaste de Gomez par-delà la foule. « Voilà qui semble ô combien amusant ! Nous pourrions rôtir quelques centaures. »
« Des cochons, papa, ils rôtissent des cochons ici. »
« Vraiment ? Comme c'est remarquable. »
« La porte est verrouillée. » révéla Rogue à Gomez et Morticia, que les élèves avaient laissés passer en s'empressant de s'écarter sur leur passage.
Morticia inspecta la porte. « Et elle le restera. » confirma-t-elle. « Je n'ai pas vu cet enchantement depuis bien des années. »
« Mercredi. » statua Gomez avec fierté. « Il est aussi agrémenté de tous ses petits tours. Voyez, si vous aviez tenté deux sorts de déverrouillage d'affilée, l'enchantement se serait emparé de vous, puis aurait entrepris de vous étouffer à petit feu pendant un mois entier. Sublime. »
Rogue déglutit alors qu'il sentait un filet de sueur glacée glisser le long de son échine.
« Eh bien, nous ferions mieux de vérifier qu'ils ne se soient pas entretués. » déclara Morticia avec un soupir, et elle agita gracieusement sa main devant la porte. Une partie circulaire de la porte devint partiellement transparente, révélant aux yeux de tous l'intérieur de la salle.
Il y eut quelques mouvements dans la foule, tandis que tout le monde se repositionnait et étirait son cou pour mieux voir ce qui se passait à travers le hublot improvisé.
La Grande Salle était plongée dans la pénombre, à l'exception d'une source de lumière qui illuminait modestement le centre de la pièce. A cet endroit épargné par les ténèbres se trouvait une table basse et deux zabutons. Harry était agenouillé sur l'un des deux. Il portait ce qui semblait être un hakama gris sur ses épaules par-dessus un kimono noir.
Mercredi apparut à la lumière qui recouvrait la table en poussant un chariot devant elle. Elle portait un kimono bleu et blanc, mais ses cheveux laissés libres cascadaient gracieusement sur ses épaules. Ses yeux d'ordinaire si froids, étaient doux et pleins de chaleur.
« Par Merlin, » souffla le cadet des garçons Weasley d'une voix choquée. « Elle est magnifique. »
« Bien sûr qu'elle l'est. » répondit Morticia. « C'est une Addams. »
Mercredi s'agenouilla aux cotés de Harry et Morticia leva le sort.
« Excellent ! Bravo Mercy ! » s'exclama joyeusement Pugsley tandis qu'il improvisait une gigue sur place. Il lança un large sourire à ses parents. « Absolument typique cependant, une simple demande d'excuse n'était pas assez pour elle. Noooon, elle se devait de commencer par une cérémonie de thé. »
« Commencer ? »s'enquit Hermione.
« Ouaip. » acquiesça Pugsley. « J'imagine que nous allons finalement devoir pique-niquer. Nous n'allons pas pouvoir approcher la Grande Salle avant des heures. La cérémonie de thé ne sera que le commencement, car elle montrera à Harry a quel point Mercredi l'estime être un invité honorable. Harry en comprendra la signification, et lorsqu'ils auront terminé, elle dira quelque chose de provocateur, et ils se battront pendant un moment, et puis Mercredi s'excusera correctement. Harry s'excusera à son tour, puis ils discuteront toute la soirée durant et la vie sera de nouveau belle demain. » Pugsley lança un regard à Gomez. « Tu as pensé à prendre leurs épées de rituel, pas vrai ? »
Gomez déglutit.
« Gomez.» soupira Mortica d'un air de reproche. « Enfin, il est trop tard à présent. S'ils se coupent quelque chose, ils n'auront qu'à se le rattacher eux-mêmes. Très bien, les enfants, tout le monde dehors. Gomez, Pugsley, faites quelque chose à propos de ce contrariant climat Britannique. » Elle claqua des doigts et l'homme à la carrure immense apparut de nouveau. « Max, sois un amour et informe les elfes de maison que nous mangerons dehors. »
Max hocha la tête et disparut comme il était venu.
Alors que Morticia se dirigeait d'un pas gracieux en dehors de l'école, Rogue lui emboita le pas. « La dernière chose que je me serai attendu à voir est une cérémonie de thé Japonaise. »
Morticia se tourna vers lui et l'étudia du regard. « C'était une assertion, si je ne m'abuse. » fit-elle observer. « Si vous souhaitez demander quelque chose, sentez-vous libre de le faire je vous prie. »
Rogue eut un léger sourire. « Je ne m'attendrais pas à ce qu'une jeune fille de douze ans soit familière avec la cérémonie de thé Japonaise. Ou Mercredi a-t-elle appris cela ? »
« Voilà qui est mieux. » apprécia Morticia. « L'un des cousins de Gomez est Japonais. Harry et Mercredi ont passé un certain temps avec lui il y a de cela quelques années. »
« La tenue de Harry, d'après ce que j'ai pu en voir, semblait être quelque chose qu'un Samouraï revêtirait. Je me trompe ? »
« Vous avez vu juste, en effet. »
Ils sortirent de Poudlard et gagnèrent le parc de l'école, et Rogue dut se morigéner pour empêcher sa mâchoire de se décrocher au spectacle qui s'offrait à lui. Au devant d'eux la pluie s'était imposée en maître, mais une tente magique géante recouvrait toute la zone sur laquelle les élèves s'étaient installés, et bloquait efficacement la pluie tout en illuminant la zone tel un soleil d'été. Certains des élèves avaient enlevé leur robe et faisaient tout leur possible pour se mettre à leur aise tout en demeurant décent – afin de pouvoir jouir au possible du bain de soleil qui leur était inopinément accordé.
Pugsley, Gomez, Hermione et Ginny étaient assis en cercle dans un coin, riant et plaisantant entre eux. Morticia eut un sourire attendri et s'avança à leur encontre. Gomez et Pugsley se déplacèrent instantanément afin qu'elle pût se joindre à eux, et elle s'assit avec élégance, parvenant d'une manière inexplicable à donner l'impression qu'elle recevait la royauté pour dîner.
Rogue se dirigea vers le petit groupe que composaient les autres membres du Corps Enseignant et qui venaient d'émerger des murs de Poudlard, en arborant des expressions quelque peu déconcertées. Il fut légèrement surpris des salutations qu'il reçut des élèves. Bien que n'étant pas ouvertement amicales, elles étaient pour le moins plaisantes. Il hocha la tête à l'intention des élèves qui le saluaient – même s'ils étaient Gryffondors.
« Severus, que se passe-t-il ? » interrogea Minerva.
« Morticia et Gomez ont arrangé un pique-nique. » répondit-il. « Mercredi a emprunté la Grande Salle afin de pouvoir s'excuser personnellement auprès de Harry. »
Minerva fronça les sourcils d'un air désapprobateur.
« C'est le moins que nous puissions faire. » fit-il remarquer. « Nous ne nous sommes même pas aperçus que nos élèves étaient torturés. Avez-vous parlé à Finnegan ? »
« Nul besoin. » déclara Dumbledore en les rejoignant. « Gomez lui a parlé, ainsi qu'à ses parents. Il va recevoir un dédommagement substantiel de la part du Ministère. Ombrage et Fudge ne vont pas manquer de se faire écharper par la presse demain. Gomez a pour habitude de parler à la presse en premier lieu avant de s'entretenir avec le Ministère. «
« C'est qu'il comprend parfaitement comment ce pays fonctionne, en ce cas. » statua Flitwick en faisant à son tour son apparition. Il portait un short et un t-shirt, et avait un mouchoir noué autour de sa tête, tel un chapeau improvisé. « Voilà un climat de toute primeur que nous avons là.
« Fort heureusement, elle ne s'en est prise à aucun de mes Serdaigles. Ni aucun Poufsouffle. Il semble que seuls Seamus et Mercredi aient eu à endurer ses détestables agissements. »
« Ce qui fait déjà deux étudiants de trop. » marmonna Rogue.
« En effet. » concourut Albus.
« Nous allons bientôt devoir avoir une longue discussion, Albus. » le prévint fermement Minerva. « Vos décisions sont en train de confiner à l'irrationnel. Et cela signifie soit que vous nous cachez quelque chose, soit que vous êtes incompétent. J'ose espérer que c'est la première des raisons et non la deuxième. »
Dumbledore grimaça visiblement.
« Si c'est un troupeau qui vous suivrait partout que vous désirez, alors je vous conseille d'aller dans nos campagnes et d'y trouver quelques petites créatures laineuses à cette fin. L'une des choses que Harry a dites m'a profondément marquée, et je ne me contenterai pas de rester passivement à regarder quelque chose d'autre arriver à mes élèves si je puis y faire quelque chose, même si cela signifie vous faire face. » ajouta Minerva.
« Accepteriez-vous que je reconnaisse avoir commis certaines erreurs récemment, en raison d'une croyance infondée, ainsi que je donne la promesse solennelle de m'efforcer à l'avenir de ne plus les répéter ? »
Rogue scruta Dumbledore du regard pendant un long moment. « Pour l'instant. » concéda-t-il, décidant de lui accorder cette unique chance . « Mais si cela se reproduit, je ne serai pas aussi conciliant. »
« J'approuve. » ajouta Filius de sa voix fluette.
Ils se retournèrent tous au son de la voix de Morticia qui s'éleva jusqu'à eux. « Il est temps de manger; les elfes apporteront des tables basses circulaires, alors je vous prierai de vous asseoir en cercle en groupe de douze. » Elle regarda autour d'elle. « Oh, et pas de ces stupides dispositions où vous ne vous asseyez qu'avec des gens de la même Maison. »
Les élèves grommelèrent, mais firent ce qu'on leur disait, et quelques instants plus tard, les elfes apparaissaient, avec leurs tables recouvertes de nourriture.
« Génial, » s'écria l'une des Patil, « de la nourriture indienne ! »
« Et Grecque ! » renchérit quelqu'un d'autre.
« Merci, Mme Addams. » se manifesta un autre.
Elle leur sourit, avant de s'asseoir en compagnie de sa famille.
« Les Professeurs veulent-ils s'asseoir ? » leur demanda nerveusement un elfe de maison.
« Mais certainement. » acquiesça Albus, avant de s'asseoir sur l'herbe verdoyante du parc de l'école. Rogue s'assit à son tour, et Minerva et Filius en firent de même. Une table pour eux apparut, recouverte de mets des quatre coins du globe.
« Merveilleux ! » s'enthousiasma Filius. « Qui se doutait que les elfes de maison pouvaient produire une telle variété de nourriture ? »
Harry et Mercredi émergèrent de la Grande Salle le matin suivant, leurs vêtements immaculés et leur désaccord derrière eux.
Tout sembla retourner à la normale, comme ce fut prouvé lorsque le cadet des garçons Weasley fit un commentaire sur l'apparence de la veille de Mercredi. Harry fut le premier à réagir.
Le Weasley était probablement toujours sous son lit, à geindre comme un babouin.
Fudge avait réussi à grande peine à s'agripper à sa fonction, mais seulement en imputant tous les torts à Ombrage. Tristement, la Beuglante même qui avait été une telle source d'amusement pour Rogue fut la chose même qui le sauva.
Ombrage, quant à elle, fut retrouvée morte dans sa cellule quelques semaines plus tard. Le rapport officiel statuait une attaque cardiaque, mais l'expression d'horreur abjecte figée sur son visage parlait tout autrement. Les rumeurs que toutes sortes de créatures l'avaient visitée furent catégoriquement niées par le Ministère.
Les professeurs s'étaient accordé pour se partager le rôle de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal jusqu'à ce qu'un nouveau professeur soit trouvé.
Rogue avait découvert, que lorsqu'il lui était finalement offert, le poste perdait tout attrait à ses yeux. Ses potions constituaient sa véritable passion.
Noël avait été source d'une certaine quantité d'amusement. Harry et Mercredi avaient décidé de rester à l'école afin de pouvoir y rencontrer Oncle Nicolas – Nicolas Flamel – et les autres avaient alors décidé de rester aussi.
Rogue entra dans la Salle Commune de Serpentard. Il se faisait normalement coutume de saluer au matin de Noël les élèves qui étaient restés à l'école, et cette année ne faisait pas exception.
Les cinq élèves restants étaient toujours au lit et la Salle Commune était plongée dans le silence. Du moins le fut-elle pendant une bonne quinzaine de secondes avant qu'un cri ne déchire l'air.
« Noël ! Génial ! » Pugsley jaillit en bondissant du dortoir des deuxième année. « Bonjour Professeur ! » salua-t-il d'un ton jubilatoire. « Joyeux Noël ! »
« Et un joyeux Noël à vous, Pugsley. » répondit Rogue.
« Allez les amis, réveillez-vous ! » hurla Pugsley d'une voix à percer les tympans. « Cadeaux ! »
Severus eut l'ombre d'un sourire.
« Ne vous contentez-pas de vous tenir là. » le gourmanda Pugsley. « Asseyez-vous, c'est Noël. »
« Je sais pertinemment quel jour nous sommes. » répondit-il doucement.
Pugsley roula des yeux. « Bien, alors asseyez-vous, ou bien vous n'aurez pas vos cadeaux. »
« Mes cadeaux ? » s'enquit-il.
« C'est Noël. » répéta Pugsley pour la troisième fois. « Maintenant asseyez-vous, et prenez un peu de ce ragout de Noël préparé par Grand-mère. » Il lui présenta un gobelet duquel s'élevait des volutes de vapeur et Rogue céda.
Il prit une gorgée, et fut surpris par l'arôme riche de framboise qui titilla son palais. « C'est vraiment délicieux. »
« Grand-mère sera ravie de l'entendre. » déclara Pugsley avant de se retourner. « Si vous n'êtes pas là d'ici deux minutes je vais me mettre à faire flamber des choses. »
« Oh par la culotte de Merlin, Pugsley. » jura Hermione alors qu'elle descendait les escaliers d'un pas que son état encore somnolent rendait mal assuré. « Il est bien trop tôt. » Elle s'avisa alors de sa présence. « Oh, excusez-moi Professeur. »
« Comme on me l'a si justement fait remarquer, c'est Noël, Miss Granger. »
Elle lui adressa un large sourire et prit place sur un fauteuil à côté de Pugsley. Elle portait une longue chemise de nuit ainsi qu'une robe par-dessus, et d'épaisses chaussettes violettes à ses pieds.
Ginny fut la suivante à descendre, en dévalant avec enthousiasme les escaliers. Elle était vêtue très semblablement à Hermione bien que ses vêtements parussent plus vieux et plus usés – et quelque peu élimés par endroits.
« Ou sont Harry et Mercredi ? » interrogea Ginny en baillant copieusement.
« En chemin, j'espère. » grommela légèrement Pugsley.
« Vous n'allez pas les menacer eux ? » le taquina Rogue.
« Vous plaisantez ? » s'horrifia Pugsley, les yeux néanmoins rieurs. « Je me souviens encore du jeu intitulé ' Y-a-t-il un Dieu ?' auquel nous jouions quand nous étions petits. » déclara-t-il en frissonnant.
« Bonjour. » dit Mercredi, en émergeant de sa chambre. Il ne fut aucunement surprenant de la voir vêtue d'habits à la sempiternelle prédominance noire.
« Mercy. » se lamenta Pugsley. « C'est Noël ! »
Mercredi soupira, et sortit un petit ornement vert de sa poche, et l'accrocha à ses cheveux.
« Merci ! »
« Bonjour. » lança Harry en apparaissant à son tour. Il était vêtu d'une tenue similaire à celle décrite par Hermione durant sa visite chez eux. « Professeur Rogue. »
« Harry. »
« Allez, Harry. » supplia Pugsley, en bondissant d'impatience sur son fauteuil.
Harry lui sourit. « Avez-vous été vilains cette année ? »
« Enormément ! »
Il hocha la tête et se dirigea vers le Sapin de Noël qui trônait dans la Salle. Sa baguette magique apparut dans sa main, et il souffla une formule. Sous le Sapin, une immense pile de cadeaux apparut soudainement.
« Yay ! » s'écria Pugsley.
Harry s'assit en tailleur à même le sol. Il saisit un présent au hasard. « Professeur Rogue. » lut-il sur l'emballage, et il lança la boîte.
Rogue la saisit au vol.
« Allez-y. » l'invita Pugsley avec un sourire.
Rogue déballa précautionneusement le cadeau. C'était un petit carnet noir. Il l'ouvrit et laissa échapper une exclamation de stupeur. C'était écrit de la main de Harry, et la première potion dont la recette s'affichait devant lui, était celle qu'ils avaient donnée à Hermione, et réalisa-t-il soudainement, à lui-même quelques minutes plus tôt. La carte qui allait avec le carnet, l'informait que le présent était de Mercredi.
« La plupart des potions que vous y découvrirez ont été transcrites, et proviennent des recherches personnelles de Voldemort. » expliqua Harry.
« Merci beaucoup, Mercredi. » dit-il, en se mettant à feuilleter son cadeau avec un enthousiasme mal contenu.
Elle hocha la tête à son encontre.
« Ginevra Molly Weasley. » déclara ensuite Harry, en lançant un paquet plus imposant à la jeune fille.
Elle parvint à le saisir même si le poids du cadeau la fit reculer de quelques pas. Elle déchira l'emballage avec abandon, et poussa un cri. Elle sauta sur ses pieds et enleva sa robe, pour la laisser tomber près du feu, avant de revêtir la nouvelle robe qu'elle venait de recevoir par-dessus sa chemise de nuit. Elle était un peu grande pour elle, mais paraissait incroyablement douce.
« Merci. » remercia-t-elle avec chaleur, alors qu'elle sautillait jusqu'à Harry et déposait un baiser sur sa joue, avant d'en faire de même avec Mercredi.
Mercredi parut légèrement surprise pas la démonstration d'affection et effleura sa joue, avant d'esquisser un très léger sourire. « Je t'en prie. » déclara-t-elle.
« Pugsley Uno Addams ! » appela ensuite Harry, en lui lançant un lourd paquet de forme circulaire.
Pugsley s'en saisit et l'ouvrit. « Wouhouu ! Merci, Mercy ! » lança-t-il avec un sourire manquant de fendre en deux son visage. Il fit admirer son cadeau aux autres, qui affichèrent une expression décontenancée.
« Qu'est-ce que c'est ? » s'enquit Ginny.
« C'est un panneau de signalisation 'Stop' Britannique. » répondit Hermione.
« Je l'ai arraché d'un carrefour très fréquenté. » ajouta Mercredi. « Cinq accidents de voiture. »
Pugsley bondit jusqu'à sa sœur et l'enlaça avec exubérance. « Harry m'offre toujours des cadeaux éducatifs. » informa-t-il aux autres. « Mercy m'offre ceux amusants. Je les collectionne depuis des années. »
« Mercredi Vendredi Addams. » déclara Harry, et lui présenta un paquet plus petit.
Mercredi prit le paquet et l'ouvrit soigneusement. A l'intérieur se trouvait une boîte en bois de noyer. Elle l'ouvrit doucement et poussa une petite exclamation.
« Oh, Harry. » souffla-t-elle. Elle plongea sa main à l'intérieur et en ressortit une magnifique dague Celtique en argent. La lame luisit à la lumière du candélabre. Rogue pouvait percevoir le travail délicat d'orfèvrerie depuis son fauteuil.
Mercredi repositionna la lame dans sa boîte puis se leva. Elle s'avança jusqu'à Harry et s'agenouilla devant lui. Très doucement, elle se pencha vers lui et l'embrassa.
« Merci. » souffla-t-elle.
Il lui sourit et caressa légèrement sa joue. Ils demeurèrent ainsi pendant quelques secondes, puis le moment fut brisé, et la vie reprit son cours.
« Hermione Jane Granger. » déclara Harry, en utilisant sa baguette pour faire flotter un paquet jusqu'à elle.
Elle déchira l'emballage avec autant d'enthousiasme que Pugsley et Ginny avant elle, et poussa un cri de joie en voyant la pile de livres contenue à l'intérieur. Un morceau de papier en tomba, et elle poussa une exclamation de stupeur.
Harry haussa les épaules. « Tu en auras besoin pour comprendre les livres. »
« Mais ça a dû coûter une fortune. » laissa-t-elle échapper.
« Hermione. » réprimanda Pugsley. « Ne sois pas grossière ! »
« Désolée. » rougit-elle. « C'est juste que, des leçons privées de Grecque… »
« La prochaine fois, » conseilla Pugsley, « essaie juste de dire merci. »
Elle acquiesça, avant de se diriger vers Mercredi, qui était à présent assis à côté de Harry. Elle l'étreignit profusément, avant d'étreindre aussi Harry.
« Humm, Severus Rogue. » dit Harry, en lisant un morceau de papier. Il se leva et s'avança jusqu'à son niveau en tenant le papier dans sa main gauche.
Severus tendit le bras pour saisir le papier, mais Harry glissa sur le côté et attrapa fermement son bras. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, une douleur inconcevable explosa dans son bras. Pire qu'un Doloris, et bien pire que tout ce qu'il avait pu recevoir de Voldemort, c'était là l'expérience la plus térébrante(1) qu'il eût jamais vécue de sa vie.
Un hurlement perçant parvint à ses oreilles, et il ne put que présumer en être l'auteur.
Il ne pouvait pas bouger, ne pouvait pas rompre le contact, il ne pouvait rien faire d'autre que de s'effondrer sur ses genoux et faire tout son possible pour garder sa raison.
Avec une fulgurance qui fut presque aussi douloureuse que l'expérience elle-même, tout s'arrêta. Mercredi pointa sa baguette vers lui, et avant qu'il ne puisse en prendre conscience, il était assis, dans la même posture qu'auparavant, comme si rien ne s'était jamais passé.
Seul le souvenir de la douleur indicible lui assurait que cela s'était produit.
« Qu'est-ce que… ?» bafouilla-t-il, avant de s'interrompre, incapable de rajouter quoi que ce soit.
Harry était de retour au pied du Sapin à s'affairer de nouveau avec les cadeaux. « C'était mon cadeau. Joyeux Noël. »
Rogue le fixa du regard avec des yeux vides, puis reporta son attention sur son bras. Il cligna des yeux. Sa Marque des Ténèbres avait disparu ! Il pouvait à peine y croire. Son lien avec le Seigneur des Ténèbres avait été rompu. « M-merci. » souffla-t-il.
« Qu'avons-nous là ? » lança Harry. « Un autre cadeau pour Pugsley. » Il le lança à son propriétaire.
Pugsley l'ouvrit avec le même ravissement que le premier. « Qu'est-ce que c'est ? » s'enquit-il.
« De la Branchiflore. » répondit Harry. « J'ai pensé que comme Aristote(2) te manquait, la perspective d'avoir une discussion avec le Calmar géant t'intéresserait. »
« Génial. » souffla-t-il avec ravissement. « Merci, Harry. »
« Bien entendu, » continua Harry avec l'ombre d'un sourire sur son visage, « tu vas devoir étudier pour savoir comment l'utiliser. »
Pugsley lui adressa un large sourire et hocha la tête.
La distribution de cadeaux se poursuivit pendant un moment, chacun des enfants recevant de nombreux cadeaux en provenance des quatre coins du monde – à l'exception de Harry, qui semblait n'avoir rien reçu.
Rogue assista silencieusement à la distribution, en tentant de réaliser dans tous ses aspects à quel point sa vie venait de prendre un tournant drastique. Il n'avait aucune idée de la façon dont Harry s'y était pris pour le débarrasser de la marque, et ne désirait pas vraiment le savoir – ni ne désirait-il avoir à revivre cette expérience. Il eut un sourire en son for intérieur. Après toutes ces années, il était de nouveau libre de faire ses propres choix.
Et il suspectait que cela avait été le véritable cadeau de Harry; la possibilité d'avoir un libre arbitre.
« C'est l'heure du déjeuner. » annonça Harry, quand tout le monde eut fini. « Rangez vos cadeaux pour l'instant. »
« Entendu, Harry. » acquiesça Pugsley tandis que Harry se mettait à aider Mercredi. Il ne fut nullement surprenant de constater que Harry était capable de se rendre dans les dortoirs des filles.
« Pugsley. » dit doucement Rogue. « Harry n'a pas… »
« Hermione, Ginny, pouvez-vous ranger mes affaires s'il vous plaît ? » l'interrompit Pugsley. « Allons faire un tour si vous le voulez bien, Professeur. »
Rogue acquiesça et ils quittèrent silencieusement la Salle Commune.
« Nous avons recueilli Harry quand il avait cinq ans. » commença Pugsley d'une voix douce, tandis qu'ils erraient dans l'école. « Et ils l'avaient déjà endommagé. »
« Ils ? »
« Les Dursley. » Pugsley prononça ce mot avec tant de haine et de dégoût que Rogue eut un mouvement de recul.
« Ils l'ont avili de telle manière que c'en est encore visible aujourd'hui. Noël est spécial aux yeux de Harry, parce qu'il peut dire merci. Nous dire merci, pour l'avoir délivré de ce cloaque. Et même s'il nous l'a repayé un milliard de fois, et rendu nos vies infiniment plus belles, il ressent toujours de la gratitude pour la chose la plus simple et la plus naturelle que nous ayons faite pour lui.
« Et c'est ce que Noël est devenu. Harry remercie à sa façon, et rejette tout cadeau que nous lui offrons. »
« Qu'est-il arrivé aux Dursley ? » demanda Rogue.
« Rien du tout. » gronda Pugsley. « Pour l'instant. Nous étions sur le point de faire d'eux des ennemis de la famille, mais Mercredi a devancé tout le monde. Elle s'est adjugé le droit de s'occuper d'eux en première. »
Rogue cilla.
« Quand elle sera un peu plus âgée, Mercredi leur rendra visite. » déclara Pugsley, ses yeux s'assombrissant drastiquement. « Et elle leur fera une démonstration de la règle numéro une dans la vie. »
« Qui est ? » s'enquit doucement Rogue, en redoutant presque la réponse.
« Ne pas s'attirer les foudres du clan Addams ! »
Soudainement, l'humeur de Pugsley avait disparue, et le gamin jovial et avenant était de retour. « Alors, on va déjeuner ? »
Severus acquiesça, et ils retournèrent à la Grande Salle.
« Bien entendu, » instruisit Pugsley « si vous voulez dire merci, vous pouvez toujours offrir un cadeau à Mercy – disons des leçons avancées de Potions, et l'inviter à amener Harry avec elle. »
« Excellente idée. » approuva Rogue, alors qu'ils entraient dans la Grande Salle. Harry et Mercredi avaient déjà pris place à la table, à côté de Hermione et Ginny – qui avait gardé sa nouvelle robe sur elle.
« Bonjour. » salua jovialement Albus. « Joyeux Noël. »
« Il l'est. » approuva Rogue en s'asseyant. « Avez-vous reçu ce que vous désiriez ? »
« Hélas, non. » répondit jovialement Albus. « Mais j'ai néanmoins reçu un lot de livres fort intéressants. »
Le déjeuner apparut soudainement devant eux, et ils commencèrent à manger paisiblement. Soudain, les portes s'ouvrirent et laissèrent entrer Molly et Arthur Weasley.
« Maman ? Papa ? » s'étonna Ginny.
« Pouvons-nous avoir un mot ? » demanda Molly à sa fille d'une voix douce.
Ginny lança un regard à Harry, avant de prendre une profonde inspiration et de hocher la tête.
Harry adressa un regard à Pugsley, et lui fit un signe de la tête.
Pugsley opina du chef et suivit Ginny, puis se positionna à bonne distance des Weasley pour leur accorder leur intimité tout en gardant un œil sur Ginny.
« C'est sa mère. » fit observer Minerva. « Elle est en sécurité avec elle. »
« Ginny est l'amie de Pugsley. » répondit Harry. « L'amitié est un devoir important. Aucun ami d'un Addams ne fait face à l'adversité seul. »
Mercredi hocha la tête en signe d'approbation.
Ginny se mit subitement à sourire et étreignit ses parents. Molly proféra quelque chose, et Ginny fronça les sourcils, avant d'inviter Pugsley à les rejoindre.
Harry soupira doucement, et Mercredi tapota légèrement son bras. « Pugsley lui fera comprendre. » déclara-t-elle.
Il hocha la tête.
Elle se rapprocha un peu plus et se pressa contre lui.
Rogue supposa qu'ils s'autorisaient à baisser légèrement leur garde parce que c'était Noël.
Finalement, Pugsley sembla remporter la discussion qu'ils tenaient, et les Weasley revinrent vers eux en compagnie de Pugsley.
« Harry. » dit Molly. « Je voulais te remercier de prendre soin de Ginny. »
« Pugsley a fait tout le travail. » répondit sereinement Harry.
Molly lui sourit légèrement. « Ainsi que pour m'avoir énoncé quelques vérités capitales. »
Harry inclina sa tête. « Je vous en prie. »
« Aussi, je souhaitais offrir des présents à Mercredi, Pugsley et Hermione. » poursuivit-elle en leur distribuant des paquets.
« Merci. » répondit poliment Harry. Mercredi tendit le bras et saisit le paquet qu'on lui présentait, et marqua une pause alors que Pugsley déchirait le sien.
« Génial. » s'exclama joyeusement Pugsley, en retirant un pull vert sur lequel un grand P était orné. Il s'en revêtit immédiatement. « Merci, Mme W. »
Elle se mit à rire. « Tout le plaisir est pour moi; Fred et George m'ont racontée à quel point vous preniez tous soin de Ginny. »
Hermione et Mercredi ouvrirent leurs paquets, et revêtirent toutes les deux les pulls qui s'y trouvaient. L'image de Mercredi dans un pull démesuré aux couleurs vertes criardes et orné d'un M géant, était quelque chose que Rogue allait porter jusqu'à sa tombe, mais il eut le bon sens de ne pas laisser transparaître la moindre once de son amusement. Certains des autres professeurs semblaient avoir quelques peines à faire de même.
« Eh bien, nous avons une tribu à surveiller, » déclara Molly, « alors nous allons vous laisser. Ginny, il se peut que certains de tes frères te rendent visite plus tard. »
« Très bien, maman. » répondit jovialement Ginny.
Molly et Arthur l'étreignirent une fois encore, avant de les quitter. Une fois que les portes de la Grande Salle se furent refermées sur eux, Ginny se tourna vers Mercredi. « Merci pour ça. »
Mercredi haussa les épaules. « Il n'y a rien de plus important que la famille. » dit elle en faisant disparaître son pull.
Harry la regarda pensivement pendant une seconde, puis claqua des doigts. Un hibou de l'école apparut, et saisit la note que Harry lui présenta avant de s'envoler.
Mercredi l'observa avec curiosité, mais Harry se contenta de sourire et de jeter un coup d'œil à sa montre.
Quelques minutes plus tard, le hibou réapparut et laissa tomber une note devant Harry.
Il la parcourut rapidement des yeux, puis se leva et se dirigea vers Pugsley, mais au lieu de lui parler, il fit subitement volte-face, dégaina sa baguette, et souffla. « Endoloris. »
Les yeux de Mercredi se mirent soudainement à scintiller, tandis qu'elle agrippait fermement le bord de la table.
« Harry ! » s'écria Minerva, mais Harry l'ignora. Il maintint le sort pendant une minute, avant de lever sa baguette et d'arrêter le sort.
Mercredi continua à frissonner pendant un moment, avant de se détendre. Elle décocha un véritable sourire à Harry, et une fois qu'il eut repris place, se blottit contre lui.
« Quelle est la raison de ceci ? » s'insurgea Minerva.
« Pour ne pas avoir détruit le pull de Mme Weasley. » répondit Pugsley, alors que Harry accordait toute son attention à Mercredi et ne faisait pas mine d'avoir entendu le Professeur. « Harry s'est arrangé avec Kingsley durant l'été pour le prévenir en premier lieu avant de lancer ce sort. »
« Mais c'était un cadeau. »
« Bien sûr. » approuva Pugsley. « Et pouvez-vous penser à une autre personne au monde, excepté Harry, à qui porter un pull vert fluo conviendrait encore moins? En plus, c'est Noël ! »
Le jour suivant, la feinte ouverture dont avaient preuve Harry et Mercredi avait disparu, et tout était de retour à la normale à Poudlard.
Il avait proposé à Mercredi les leçons supplémentaires, et elle avait accepté de les prendre, à partir de l'année suivante, une fois qu'ils auraient fini leur projet pour Nicolas Flamel.
Elle ne jugea pas indispensable de lui révéler quel était ce projet et, pareillement, il ne jugea pas bon de s'en enquérir.
Et ainsi, il se borna à s'en tenir à sa condition de Professeur en espérant une paisible fin d'année.
Un bien vain espoir.
Notes de chapitre :
1 - Térébrant a tellement de sens que je préfère préciser qu'il est ici employé pour ses deux sens figurés qualifiant à la fois une douleur vive et poignante, et quelque chose qui marque l'esprit. Donc la douleur ressentie par Severus est telle qu'elle le marquera à vie comme étant l'expérience la plus douloureuse de sa vie.
2 - Pugsley possède un animal de compagnie répondant au doux nom d'Aristote et qui est une pieuvre. D'où son intérêt pour le calmar géant !
NdA : Pfiiou ! Voilà un chapitre contrariant qui ne voulait pas se terminer ! Je ne m'attendais vraiment pas à écrire autant pour ce chapitre, résultat : j'ai vraisemblablement écrit le chapitre le plus long de cette histoire ! Considérez cela comme un cadeau pour vous aider à mieux supporter la reprise des cours. 'En plus, c'est Noël !' xD
En tout cas, je vous remercie chaleureusement pour vos reviews et votes enthousiasmants ! Pour un peu j'en croirai presque que vous adorez autant que moi cette histoire xD
A propos du petit jeu : Bravo à tous ceux qui ont vu venir Ombrage depuis le chapitre précédent ! Ils recevront dans quelques jours dans leur boite mail le premier chapitre complet (prologue) d'une nouvelle histoire intitulée L'ascension du réprouvé . Une histoire dans laquelle vous découvrirez un nouvel Harry, bien sombre et maléfique dû à une poignante enfance torturée.
Ainsi pour les personnes qui ont joué, membres inscrits comme anonymes, prière de m'envoyer votre adresse mail pour que je puisse vous faire parvenir le pdf à cette adresse : ysfrael arobase gmail point com ( remplacer bien sûr 'arobase' par le symbole et 'point' par '.' puis collez le tout).
Chapitre suivant, la fin du Tome 2 des Parfaits Serpentards ! Mon objectif étant de le terminer avant ma rentrée qui est le 19, attendez-vous donc à le voir paraître samedi ou dimanche prochain.
Et n'oubliez pas de voter pour vos fanfictions préférées sur mon profil. Je rappelle que les plus populaires seront les plus fréquemment mises à jour durant la période scolaire !
A dans quelques jours donc ! ^^
Ysfrael
