Un interlude un peu plus long que les deux autres, dans la suite directe des évènements du troisième chapitre !
Encore merci pour vos reviews, vous êtes toutes géniales !
Bonne lecture !
Interlude : Promesses enfantines
Peter tremblait mais tenta de ne rien laisser paraître. Il y avait des infirmiers partout, des infirmiers avec des seringues pleines de tranquillisants.
_ Peter, murmura Wade face à lui d'une voix brisée.
_ Sa-salut Wade, bafouilla Peter en tentant de maîtriser sa terreur.
_ Comment tu vas ?
Peter n'avait aucune envie de répondre. Parce qu'il allait mal, et c'était la faute de Wade. Quelqu'un avait su que Peter était la raison pour laquelle Wade avait tué tous ses enfants. Et maintenant on l'évitait. Depuis la mort de Harry, Peter n'allait pas bien, mais depuis l'arrestation de Wade, c'était encore pire.
_ J-j'ai qu'une seule question, Wade. Et j'aimerais que tu y répondes honnêtement, supplia presque Peter, coinçant ses mains trop tremblantes entre ses deux cuisses.
_ Bien sûr, Peter. Tu sais que bien que je ferais tout pour toi.
C'était étrange. L'ami que Peter avait eu était un peu fou, amusant, parlant tout seul la moitié du temps. Souvent, il racontait à Peter qu'ils étaient tous les deux des super-héros - "enfin, seulement toi, moi je suis loin d'être un héros, hein !" - et Peter aurait aimé y croire.
Maintenant, il s'avérait que Wade y croyait vraiment, à ces histoires, alors qu'elles n'étaient qu'une source d'amusement pour l'enfant.
Wade avait l'air différent maintenant. Il ne parlait plus tout seul. Il était concentré sur Peter. Et la seule chose qui n'avait pas changé, c'était cette lueur de dévotion présente dans les yeux bruns de son ancien ami.
_ Pourquoi moi, Wade ? bredouilla Peter en reniflant pour ne pas pleurer. Pourquoi moi ?
_ Comment ça aurait pu être quelqu'un d'autre que toi ? répliqua Wade en s'enflammant. Peter tu es… Tu es la personne la plus parfaite que je connaisse, et… Et tu attires tout le monde, regarde comment cette enflure de Barnes te traite !
_ Monsieur Barnes est gentil avec moi, protesta Peter d'une voix faible.
_ Et tu crois qu'il ne le fait pas pour une raison ?!
_ Tout le monde n'est pas comme toi, Wade ! hurla soudain Peter, refusant de croire que l'agent Barnes puisse être un tueur en série amoureux de lui.
Wade se figea comme s'il l'avait frappé.
_ Excuse-moi, Peter, chuchota-t-il à mi-voix.
Une larme coula le long de la joue de Peter, mais il l'essuya vite, espérant que Wade ne l'avait pas vue.
_ Pourquoi t'as fait ça ? reprit Peter, tenant à ses réponses. Pourquoi t'as tué des gens ? Pourquoi t'as tué Harry ?
_ C'était pour ne pas te faire du mal à toi, répondit Wade comme si c'était évident. Tu es trop jeune pour l'instant. Et j'avais besoin de… j'imaginais que c'était toi.
_ Quand tu les tuais ?
Il était terrorisé. Si c'était ce que voulait Wade, alors il avait réussi son coup. Peter n'arrivait même plus à réfléchir.
_ Non ! s'exclama Wade avec horreur. Je les tuais parce que sinon ils m'auraient dénoncé ! C'était ce que je faisais avant, quand je les baisais !
Un gémissement d'horreur franchit les lèvres de Peter sans qu'il ne puisse le retenir. Ce n'était pas dans les journaux, ça. Personne ne lui avait jamais dit ce qui s'était passé avant les meurtres.
Quand ils étaient encore amis, Peter aimait que Wade soit franc avec lui, et il trouvait ça drôle quand il était vulgaire. Cela donnait à l'enfant une impression d'être plus grand, d'être mature. Wade s'adressait à lui comme à un égal, et il trouvait toujours ça génial. Avant.
_ M-mais t'es vraiment ma-malade, souffla Peter en se recroquevillant sur lui-même.
_ Je ne t'aurais jamais fait de mal, jura Wade avec ferveur. Peter, je ne t'aurais jamais fait de mal.
_ Mais j'étais bien le seul, répliqua Peter, amer. J'étais le seul à être en sécurité.
Il allait se mettre à pleurer. Il allait se mettre à pleurer, et il refusait de le faire devant Wade.
_ J-je dois y aller. J-j'ai pas beaucoup de temps.
_ Bien sûr, répondit Wade avec douceur, mais dans ses yeux, Peter décela un déchirement qu'il tentait de contenir. Tu vas revenir Peter ? Tu reviendras pas vrai ?
Peter serra le poing pour ne pas laisser ses doigts trembler et soutint le regard brun :
_ Je…
_ Une fois par mois, négocia Wade. Viens juste une fois par mois. On est toujours amis, non ?
_ Bien sûr, promit Peter en posant tout doucement sa main sur les doigts froids de Wade. Euh… Dans un mois alors. À… À dans un mois.
Il garda une démarche calme, en sortant de la salle de visite, adressant un simple signe de tête à l'infirmière de Wade. Inspirant et expirant avec calme pour ne pas céder à la panique.
Debout dans la salle d'attente, monsieur Barnes l'attendait comme il le lui avait promis. Il parlait avec quelqu'un au téléphone, un sourire très doux sur les lèvres :
_ Oui, je t'aime aussi, ma puce. On se voit pour l'anniversaire de la petite Skye. Passe le bonjour à Leo de ma part. … Oui. Au revoir. Fais attention à toi, Jemma.
Raccrochant, il se tourna vers Peter :
_ Tout va bien ? demanda-t-il doucement.
Alors Peter céda aux larmes, se précipitant dans les bras de l'agent qui le serra contre lui :
_ Du calme, Peter, tout va bien, promit Bucky Barnes. Tout va bien…
_ Désolé, renifla Peter. Je n'ai pas…
_ Tu as le droit de pleurer, assura monsieur Barnes. Tu peux pleurer autant que tu veux, parfois ça fait du bien.
_ Monsieur Barnes…
_ Oui, Peter ?
_ Est-est-ce que c'est grave… bafouilla Peter. Est-ce que c'est grave de faire une promesse alors qu'on sait qu'on la tiendra pas ?
Monsieur Barnes s'accroupit et posa doucement sa main sur la joue de Peter pour l'obliger à le regarder dans les yeux :
_ Qu'est-ce que tu lui as promis, Peter ?
_ J-je-je peux pas retourner le voir, balbutia l'enfant. M'sieur Barnes, j'peux pas le… j'peux pas retourner le voir…
_ C'est pas grave, assura monsieur Barnes d'une voix apaisante. C'est pas grave, Peter. Tu as été très courageux, tu sais ? Maintenant tu dois t'occuper de toi, Peter. Juste de toi. Il faut que tu passes en premier, d'accord ? Penses à toi avant de penser aux autres. Après ce qui s'est passé, tu en as le droit le plus total.
Peter resta blotti dans ses bras encore quelques instants avant de se détacher avec difficultés de l'étreinte de l'agent du FBI.
_ Merci d'être venu avec moi…
_ Tu sais bien que ça m'a fait plaisir, kid.
Le prenant par la main, l'homme l'entraîna hors de l'hôpital psychiatrique :
_ J'ai une proposition, kid, reprit monsieur Barnes. Et si je t'emmenais manger une glace ?
Et pour la première fois depuis plusieurs jours, un léger sourire éclaira le visage de Peter.
Bucky se sentait bien, heureux, apaisé. À Quantico, les jumeaux et Bruce allaient bien, personne n'était blessé dans l'équipe alors quand Peter l'avait appelé à l'aide, lui demandant de l'accompagner pour voir Wade Wilson, il avait accepté immédiatement. Maintenant, le gamin le traînait chez son marchand de glace préféré.
Jemma allait bien aussi, et Skye fêterait son treizième anniversaire dans quelques semaines. Leo, le mari de son amie, avait décroché un job au - dieu que le monde était petit - FBI. Jemma, elle, était professeure en biochimie dans le laboratoire où Bruce avait été stage pendant trois mois - une recommandation de Bucky. Pendant très longtemps, le jeune génie avait d'ailleurs été fou amoureux de son aînée, au grand amusement de son frère et de sa soeur adoptifs.
Définitivement, tout allait bien dans la vie de Bucky Barnes.
_ Hey, salut Peter !
Peter et lui tournèrent la tête en même temps, pour voir une enfant blonde, légèrement plus petite que Peter, avec un large sourire.
_ Salut, Gwen ! lança Peter, hésitant.
_ Bonjour, jeune fille, ajouta doucement Bucky, désireux de ne pas la brusquer.
Elle jeta un regard hésitant à l'adulte, et dirigea son regard vers Peter :
_ Comment ça va ? On s'est pas parlé depuis des siècles !
_ En fait, je ne pensais pas que tu voulais encore me parler, finit par murmurer Peter.
Bucky fronça les sourcils devant la réflexion du gamin.
_ Pourquoi je ne voudrais pas te parler ? répliqua la petite fille avec logique. T'es mon ami. On s'était promis qu'on serait toujours amis quand on avait quatre ans, tu te rappelles pas ? Tu m'avais même demandé en mariage.
Bucky retint un sourire amusé qui menaça de se faner quand Peter s'embrouilla encore plus :
_ Mais Wade…
_ On s'en fiche de Wade Wilson, Peter, l'interrompit Bucky avant qu'il ne continue dans ses bêtises.
_ Wade Wilson ? répéta Gwen en penchant la tête sur le côté. Quel est le rapport entre Wade et toi, Pete ? Tu es mon ami, c'est tout ce qui compte. Tu n'es pas Wade, que je sache. Et ce n'est pas parce que Wade était un tueur en série qu'on doit rompre notre promesse d'amitié.
Plus la conversation avançait, et plus Bucky appréciait la façon de penser de la petite Gwen.
_ Bon, proposa-t-il doucement, et si je vous payais une glace et que vous alliez jouer ? Je peux te laisser, Peter ? ajouta-t-il.
_ Hum… J'ai pas le droit d'accepter une glace d'un inconnu, répondit Gwen en reculant d'un pas, gênée. Désolée, monsieur…
_ C'est monsieur Barnes, expliqua Peter. Il est gentil. Il est… vraiment gentil.
Bucky s'accroupit, grimaçant en sentant les courbatures de son dos se réveiller :
_ Peter, je vais te laisser avec ton amie, d'accord ?
Peter acquiesça doucement, et attendit quelques instants, sentant manifestement que Bucky avait d'autres choses à lui dire :
_ Ce n'est pas parce que tu ne rempliras pas la promesse que tu as fait à Wade que tu dois rompre toutes les autres, kid. Alors fais quelque chose pour moi : tu vas rester ami avec la jolie Gwen, et d'ici cinq ans, quand vous serez assez âgé tous les deux, tu te la feras, d'accord ? Fais ça pour moi, kid. Profite de la vie, et si tu as le moindre besoin de moi, tu m'appelles. On est d'accord ?
Peter hésita quelques instants, puis finit par acquiescer.
_ Monsieur Barnes ?
_ Oui ?
_ Je suis obligé d'attendre cinq ans ?
Bucky ne put s'empêcher d'éclater de rire :
_ Non, bien sûr que non. Fais le quand tu le sentiras.
_ Vous savez que je l'entends, votre conversation ? lâcha une Gwen un peu blasée.
Bucky adressa un sourire d'excuse à la jeune fille et embrassa l'enfant sur le front, murmurant :
_ Prends soin de toi, Peter. C'est tout ce qui compte.
Peter le serra dans ses bras, et avec une simplicité toute enfantine qui rassura Bucky, se détourna pour prendre son amie par le bras et l'entraîner avec lui.
Bucky resta quelques instants pour le regarder s'éloigner vers le camion de glace, parlant avec Gwen qui souriait doucement, et soupira.
Il espérait sincèrement que Peter Parker tournerait la page, même s'il savait que c'était loin d'être aussi simple. Avec du temps et de l'aide, le garçon y arriverait. C'était ça l'important.
Il fut sorti de ses pensées par la sonnerie de son portable, et répondit immédiatement :
_ Barnes.
_ Salut, Barnes. Quoi de neuf dans le Montana ?
_ Que du vieux, éluda Bucky. Et à Quantico ?
_ Et bien, Anthony Stark semble avoir décidé de s'installer ici et de terroriser Banner en le draguant sans aucune subtilité. Nous avons décidé d'un commun accord que tu le tuerais en rentrant. On couvrira tes traces.
Bucky ne put s'empêcher de sourire devant le sérieux de Rogers et acquiesça :
_ Très bien, on fait ça. Et si tu veux, je peux aussi nous le servir en steak pour le dîner. J'ai beaucoup appris de Hannibal Lecter.
_ Je ne mange pas n'importe quoi. On a aucune idée de là où ça a traîné.
Cette conversation amusait beaucoup trop Bucky. Il avait vraiment l'impression de parler à Brock ou Stark, les allusions sexuelles toutes les trois phrases en moins.
_ Sinon, reprit-il. Tu ne m'appelais pas pour me parler de Stark Junior, si ?
_ En fait… Je ne veux pas interrompre ton congé, mais…
_ Mais il y a une enquête, devina Bucky.
_ Tu veux en être ? demanda seulement Rogers, et Bucky pouvait aisément deviner le sourire dans sa voix.
_ Tu parles. Je prends le prochain vol.
Il hésita un instant, puis murmura pour lui-même avant de raccrocher :
_ Je rentre à la maison…
Je le rappelle une dernière fois très peu subtilement... Regardez Agent Carter. Sérieux, ça vaut le coup, et c'est mieux pour le prochain chapitre...
Chapitre qui se nommera par ailleurs (admirez ce sens de la transition) : Mieux vaut demander pardon que permission
À la semaine prochaine !
