Salutations !
Je n'ai pas de mots pour justifier mon absence, alors je vous laisse simplement avec ce chapitre, destiné à être l'avant dernier. Je finirai par conclure cette fic, parole de scout !
Spoilers warning pour Thor 3 (mais j'espère sincèrement que vous l'avez tous vus, sinon foncez !)
Jour 6
Un flash mauve. Des cris, des sirènes. Tony est paralysé, incapable de se mouvoir. Ses bras sont comme lestés d'une charge massive, ses pieds ancrés au sol, chaque tentative de mouvement réveille le feu dans tout son corps. Il fait sombre, très sombre. Les cris, multiples, son nom.
« Tony ! »
Peter. Debout, fixe. Il l'appelle, « Tony ! » Il veut y aller, mais il ne peut pas bouger. « Tony ! » Tentatives douloureuses, infructueuses, il s'effondre. Peter est là, il le regarde. Furieux. « Tu l'as tuée ! » Non. Non, non ça n'était pas lui ! « Pourquoi tu l'as tuée ?! » Des yeux exorbités, des larmes de colère.
« Tony. »
Il tourne la tête, Steve. Costume tricolore, celui de leurs premiers combats. Il regardait au sol, bouclier las au bout du bras. Lorsqu'il lève les yeux le sang se fait incandescent. Il en a partout, le bas du visage, le torse, les mains, le bouclier. La tranche du bouclier. « Tony. C'était toi. » Non, non !
« Pourquoi tu l'as tuée ?! » répète l'autre. Non ça n'était pas lui ! Steve s'approchait. « C'était toi. » « Pourquoi tu l'as tuée ?! »
NON !
Un flash mauve, Peter hurlait. Peter ! Le rayon le désintègre, atomise son corps, mais le cri persiste. « Tony, c'était toi. » Steve est presque là. Non, il faut sauver Peter ! « C'était toi.» Peter ! Il lève le bouclier à deux mains, sang frais sur le tranchant. L'abat.
Réveil en sursaut. Souffle court, front en sueur.
Mécaniquement Tony chercha à porter une main à sa gorge, mauvais bras, il grogna. Il était prisonnier, devait se défaire de ses liens, avait besoin de bouger. Il s'emmêla, lutta pour dégager ses pieds, il voulut se lever, chuta. Se releva, appui précaire sur le meuble le plus proche, chancela sous un soudain vertige, aucun repère, aucune lumière, pourquoi faisait-il si sombre !
- Tony- Tony !
Les liens étaient de retour, le maintenaient fermement collé au mur derrière lui.
- Peter il- il faut… sauver Peter.
- Il va bien. Tony, regarde-moi.
- C'- C'était pas moi-
- Tony.
Oh, cette voix était si douce. Il concentra son attention sur son origine, mais il faisait sombre, il voyait trouble. Il respirait vite, fort, avait besoin d'air. Il tremblait, avait pourtant si chaud. Et puis, à mesure que son pouls redescendait, le visage de son geôlier prit forme.
- S- Steve.
Il faisait sombre, mais une faible lueur était en train d'éclore, les éclairer tous les deux. Elle filtrait par la fenêtre, lumière tamisée qui venait caresser leurs visages et en dessiner les contours. C'est sous ce timide éclairage qu'il apprécia la douceur dans les traits de son agresseur, si proche, qui relâcha légèrement la pression destinée à le faire tenir debout, dos au mur.
- Tout va bien.
- Peter… gémit Tony.
- Il est ici, avec nous.
- Je dois le voir.
- Non Tony, il faut que tu te rallonges.
- J'ai... besoin de le voir.
- Ce n'-
- S'il te plaît, Steve.
Il hésita, Tony reprenait doucement ses esprits. Il le libéra lentement, ne se retira pas complètement avant d'apprécier le fait qu'il soit bien capable de tenir debout. Reconnaissant, Tony fit un pas pour se dégager, et remarqua alors par la baie vitrée l'épaisse brume qui baignait la jungle bordant la résidence, sous un ciel paradoxalement dégagé en transition douce entre le jour et la nuit. Mais le soleil n'était pas en train de se coucher. Il était en train de se lever.
Combien de temps exactement Tony avait dormi, il ne savait le dire. Mais Steve ne l'avait pas quitté. Il le regardait à présent avec cette lueur de désapprobation dans le regard que Tony décida d'ignorer. Mais l'ingénieur ne fit pas un pas de plus, attendait que le soldat le rejoigne. Accédant finalement à sa requête Steve s'avança, et ils prirent la direction des dédales de couloir.
Peter était dans le lit de Tony. C'est ce qu'il constata du pas de la porte de sa chambre, masse endormie aux cheveux hirsutes qui se soulevait en un lent mouvement à peine perceptible. Tony soupira aussi silencieusement que la douleur dans ses côtes le lui permit, prit appui sur le battant de la porte. Une boule noua sa gorge sans qu'il ne l'ait anticipé. Merde depuis quand était-il devenu si émotif ! Il ne le contrôlait pas, la vision du gamin si vulnérable le saisissait à la gorge, il se sentait à la fois tellement responsable, et tellement impuissant.
Comme pour répondre à sa détresse il sentit Steve derrière lui, à contempler l'enfant endormi par-dessus son épaule.
- Qu'est-ce qui est arrivé ? chuchota-t-il à son oreille.
Tony se décala pour fermer la porte, et faire face à Steve.
- Sa tante est morte.
Le choc déforma furtivement le visage du soldat.
- Sa tante… May ?
Tony hocha la tête, sans se demander comment Steve pouvait bien la connaître – sans se souvenir qu'il l'avait évoquée lors de son appel avec Peter, dans la voiture.
- Est-ce qu'il…
… a d'autres parents ? devina Tony.
- Non.
- Je suis désolé Tony.
Cette empathie tellement bienvenue n'aidait en rien la boule à se dissoudre.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda le blond.
- Je lui ai proposé de rester avec nous... avec moi.
Steve acquiesça, regard réconfortant qui allait finir par le faire craquer s'il ne trouvait pas rapidement une échappatoire.
- J'ai besoin d'air, on fait un tour ?
- Tu devrais te reposer.
- S'te plaît m'man.
Steve émit un murmure de contestation mais n'insista pas lorsque Tony se déroba pour poursuivre sa route, et éviter que Steve ne le contraigne à retourner se coucher par la force – dieu sait qu'il en aurait eu les moyens. Le soldat lui emboîta le pas, suggéra qu'ils en profitent au moins pour aller lui chercher des antidouleurs, ce à quoi Tony ne se refusa pas.
Ils atterrirent dans l'ascenseur. Le soldat demeurait laconique, mais avec une pointe d'inquiétude qui s'était logée dans son regard, dans sa présence jamais trop éloignée, et même dans cette manière qu'il avait de ne rien dire. Malgré toute l'aversion que lui inspirait cette préoccupation – aussi justifiée eut-elle été – Tony n'était résolument pas capable de la lever. Déjà fallait-il qu'il pose les événements de ces dernières heures pour lui-même avant d'être capable d'en dire un mot. Steve, Peter, May et qui sait combien de new-yorkais… Non, il était trop tôt. Aussi se complut-il dans cette proximité silencieuse.
C'est quand les portes s'ouvrirent sur la grande salle qu'ils découvrirent qu'ils n'étaient pas les seuls éveillés.
Natasha, Wanda et Vision étaient regroupés dans des sofas et fauteuils à quelques pas de là. Ils accueillirent les nouveaux visiteurs avec une expression mêlant surprise et contentement. Les nouveaux venus se joignirent au cercle qui s'agrandit spontanément, mais à peine Tony s'était-il assis que Steve lui adressa un « je reviens » et reprit la direction de l'ascenseur. L'ingénieur eut un temps de flottement où il regarda Steve s'éloigner, surprit par sa soudaine retraite et le très désagréable sentiment d'abandon qui l'accompagnait. Il se sermonna presque aussitôt pour avoir formulé une pensée aussi puérile, et rencontra alors le regard hautement satisfait de l'espionne.
- Vous avez parlé.
Ça n'était pas une question.
- Ouais.
Il n'avait pas vraiment d'autres réponses à formuler, le sourire de Natasha acquiesça.
- Chocolat chaud, Tony ? proposa Wanda. Préparé par Vision.
- Tu t'es remis à la cuisine Vis' ?
- Vous serez ravi de constater mes progrès. Le fait de proprement goûter les choses aident.
Tony le reconnut volontiers et accepta la tasse que lui tendit Wanda. L'ambiance qui s'était créée dans le petit groupe était chaleureuse et bienveillante, un îlot intime sur lequel Tony était ravi de s'être échoué. Le retour de Steve ne gâta rien, sans un mot il tendit à Tony un mélange coloré de divers comprimés que ce dernier accueillit avec gratitude – ainsi que le retour de Steve. Il s'empressa d'avaler ses pilules.
Tout comme le reste de la demeure, la grande salle était encore largement endormie si ce n'est pour la poignée d'individus qui l'animaient de discussions décomplexées. Le soleil aussi était paresseux, invariablement sous l'horizon, la faible luminosité qui en résultait conférait une douce atmosphère voilée à l'instant.
Tony constata un rapprochement entre Vision et Wanda, se demanda depuis quand c'était un truc. S'il trouva ça étrange au départ, le bonheur qui les irradiait tous les deux lui fit rapidement cesser de questionner la situation. Il ne se souvenait pas avoir déjà vu Wanda si rayonnante, et Vision si humain. La disparition de la menace qui pesait jusqu'alors sur la vie de Vision avait dû leur procurer un nouveau souffle, un espoir sur l'avenir et les possibilités qui s'offraient à eux. C'est en tout cas, a minima, ce que communiquaient ces sourires et tendres regards qu'ils n'avaient de cesse de s'échanger.
Les voir si proches et si complices le renvoya immanquablement à sa propre situation. Il se tourna légèrement pour regarder Steve, et le surprit à sourire à une remarque qu'avait dû faire Natasha.
Bon dieu ce que cet homme était beau.
La gravité de son rôle avait eu tendance à forger une ride du lion entre ses sourcils platines, et si Tony avait un penchant pour l'aspect militaire autoritaire, ça ne valait en rien ces rides du bonheur qui se dessinaient à chaque fois que le soldat s'autorisait des moments de détente. Dans le sillage de ce sourire un début de barbe qui faisait écho à des cheveux désordonnés, style décontracté – ou, tout simplement, familier – auquel Tony avait la furieuse envie de s'habituer.
C'était un fait, c'était irréversible. Tony avait complètement craqué pour le soldat.
Il avait besoin de Steve. Il avait besoin de le savoir présent, immuable à ses côtés. Il avait besoin de le voir sourire, le faire rougir, de le voir détendu, confiant, optimiste, il avait besoin de le savoir vivant, serein, épanoui. Il voulait pouvoir le taquiner, le titiller, se disputer avec lui sans anticiper de plus graves conséquences qu'une fâcherie passagère. Il voulait le découvrir, l'explorer, le révéler sous son aspect le plus secret, celui que personne ne connaissait car personne n'avait jamais été assez proche, assez intime. Il voulait être le premier à l'être. Il voulait le voir, l'avoir, ne le garder que pour lui, se l'approprier à lui seul comme l'on refusait de partager un diamant brut, pour sa seule luxure, son seul plaisir, juste pour lui.
Il voulait faire de Steve sien. Et il voulait que Steve fasse sien de lui.
Parce que c'était réciproque. Aussi improbable et insensé que cela semblait être, c'était putain de réciproque, Steve avait développé des sentiments pour Tony. Pour quelle partie de lui, c'était encore un mystère. Si les raisons qui pouvaient pousser Steve à une telle folie lui échappaient, il décida qu'il aurait bien le temps de le découvrir plus tard, car en attendant ses yeux bleus s'étaient tournés vers les siens et comme pour répondre à son monologue interne, s'attardèrent. Le sourire ne s'était pas éteint, mais signifiait ici tout autre chose. Tony apprécia les facultés de télépathe qu'il venait manifestement d'acquérir et sourit en retour. C'était très exactement ça : ça pouvait marcher. Ils pouvaient y arriver.
Être heureux, ensemble.
Quand il se rendit compte que cet échange tacite lui avait réchauffé les joues, il détourna le regard. Autant de gêne, que de surprise. Il n'avait pas souvenir avoir déjà véritablement rougit, et voilà que c'était en train de lui arriver juste parce que Steve lui avait souri. Tu parles d'un béguin. Il avait la très déplaisante impression d'avoir quinze ans à nouveau, d'être cet adolescent immature pris en flag' de tocade dont la simple évocation suffirait à l'émoustiller. Cette sensation de vulnérabilité patente avait beau être désagréable, une heureuse chaleur se dégageait simultanément de sa poitrine et venait alimenter un certain plaisir coupable. Une ambivalence d'une douce intensité, presque douloureuse tant elle était bonne. Il tenta un nouveau coup d'œil vers l'origine de son désarroi, qui, immuable, souriait toujours du coin de l'œil.
L'estomac se contracta, soit. Tony posa son chocolat et se rapprocha de Steve qui rapidement n'eût d'autre choix que d'ouvrir les bras pour accueillir l'ingénieur qui s'y installa. Il s'allongea à moitié sur le soldat, position confortée par le bras qui se referma sur sa poitrine. La sensation était extraordinaire, à se demander comment il avait fait pour vivre sans. Il ne prit pas la peine de répondre au regard surpris de Wanda. Il faudrait qu'ils s'y fassent, Tony ne pourrait plus vivre que comme ça. Et ça n'était pas Steve qui avait l'air de s'en plaindre.
Plus tard s'ajouta à la bonne humeur de la nourriture et de nouveaux arrivants, obligeant Tony – pour son plus grand malheur – à se redresser pour laisser de la place sur le canapé sur lequel il s'était affalé. Sans aucune remarque particulière, juste une myriade de regards étonnés que les deux concernés ne gratifièrent d'aucune explication particulière, établissant dès lors la chose comme étant parfaitement naturelle. Thor et son rire grave masquèrent presque la venue bien plus discrète de Bruce, puis de Clint et de Scott, qui se levèrent à peu de choses près en même temps que le soleil.
Lorsqu'il fut questionné la présence de Loki, le timbre asgardien se fit flottant.
- Mon frère a jugé que sa présence ici pouvait vous importuner, et a décidé de ne pas rester.
- Sans déc', lâcha Clint.
- Ça n'amenuise en rien la précieuse aide dont il a su nous gratifier ! lança le dieu nordique.
- Pourquoi il a fait ça d'ailleurs ? questionna Natasha. C'était son pote Thanos, à lui promettre la Terre en échange du Tesseract.
- L'eau a coulé sous les ponts, mon frère n'est pas si mauvais qu'il y paraît.
- Ta naïveté est presque touchante, marmonna Tony.
- Vous seriez surpris de constater le bien dont il est capable !
- Thor, intervint Bruce, avouez que Loki prend rarement parti si ça n'est pour servir son propre intérêt.
- Quel intérêt propre aurait-il eut à convoquer Surtur ! A détruire Asgard, à traverser la galaxie à mes côtés pour vous retrouver !
- Au fait, où sont les Gardiens ? demanda Clint.
- Partis, chargés de mettre le gant et les pierres en sécurité, répondit Steve.
- Et tu vas me faire croire que Loki n'est pas resté pour « ne pas nous importuner », rit-il.
La plupart des présents se joignirent au rire de l'archer, tandis que Thor s'adonna à des explications et hypothèses auxquelles lui-même ne semblait croire qu'à moitié – admettant à demi-mot que Loki n'était pas le dieu de l'Espièglerie pour rien. L'asgardien voulut malgré tout prouver ses propos en contant les plus beaux exploits de Loki, mais assez rapidement finit par raconter les plus fourbes mesquineries dont il avait pu être l'auteur quand ils étaient plus jeunes, ce qui donna lieu à de belles histoires comiques à faire tordre l'audience de rire. Si, à l'âge de l'enfance, Loki semblait déjà fort sournois, Thor donnait l'air d'être d'une irrécupérable crédulité et c'est sans aucun doute cette candeur qui faisait toute l'hilarité de ses fables, assumée avec une bonne dose d'autodérision.
C'est sur ces échanges vivants qu'apparut Peter. Sur le moment Tony fut le seul à le remarquer. Sous la capuche d'un sweat trop large pour lui, mains dans la poche ventrale, il s'avançait avec nonchalance. Lorsqu'il croisa le regard de Tony, ce dernier se décala légèrement de Steve pour implicitement l'inviter à s'asseoir avec eux. Steve accorda d'abord une expression étonnée à Tony, puis remarqua l'origine de son éloignement et adressa un sourire d'encouragement au concerné. Peter vint se glisser timidement entre les deux hommes, sous leurs regards bienveillants. Il murmura un « merci » au chocolat chaud que lui offrit Wanda. Thor s'était embarqué dans une énième anecdote.
- Comment tu te sens ? lui adressa discrètement Tony.
L'ado haussa furtivement les épaules. Puis, sur le même ton :
- M-Monsieur Stark…
- Tony.
Il hocha la tête.
- Si je reste avec vous… est-ce que ça fera de moi un Avengers ?
- Seulement si c'est ce que tu veux.
- Vous disiez que c'était rarement un choix.
- En l'occurrence, là, ça l'est. Je ne t'obligerai jamais à faire partie de l'équipe.
- Et… en admettant, hypothétiquement, que j'y suis pas forcément prêt… il se passerait quoi ?
L'hésitation de Peter fit réaliser à Tony qu'il n'avait peut-être pas correctement envisagé toutes les possibilités. Il prit peur de comprendre ce qui se jouait dans l'esprit du jeune.
- Tu veux raccrocher ?
- Non c'est pas ce que je dis, mais simplement faire ça… à mon niveau.
- Protéger les gens dans la rue.
- Ouais, voilà.
L'esprit de Tony ne fit qu'un tour.
- Si c'est ce que tu veux, une fois à New-York on tente une vie « normale » ... ou du moins, aussi normale qu'elle puisse l'être.
- New-York ? Vous y êtes recherché pour terrorisme…
Tony balaya la remarque d'un revers de main.
- Ça n'est jamais que temporaire. Va falloir que tu commences à me tutoyer, aussi.
- Mais… vou- t'- tu ne voulais pas rester ici ?
- J'ai pas prévu de faire ma vie au Wakanda, non.
- Non je veux dire… les Avengers, v- tu disais que c'était ta famille, et… maintenant tu serais prêt à les quitter.
Cette remarque interpella Tony, il eut temps de latence. Il aperçut Steve et Natasha s'esclaffer de l'autre côté du canapé, l'espionne à califourchon sur l'accoudoir. D'un rapide coup d'œil il se rendit compte que l'hilarité était générale. Famille ? Peter voyait juste. Venait-il à peine de les retrouver qu'il s'en éloignerait aussi sec. Un pincement vint lui serrer le cœur. Bon dieu, sa promesse informulée à Steve n'aura pas duré une heure. Il revint ficher son regard dans les yeux bruns, irrévocablement tristes, de Peter. Sa décision était prise.
- L'avantage d'une famille, c'est que tu sais qu'ils ne seront jamais loin. J'ai fait mon choix, maintenant c'est à toi de faire le tiens. Quel qu'il soit, moi ça m'ira.
L'adolescent hésita un instant.
- J'ai envie de rester avec vous... Mais je suis pas prêt à rejoindre l'équipe.
Tony se força à sourire.
- Tu te plairas à Manhattan.
Peter acquiesça. Une nouvelle vague d'hilarité attira leur attention, Thor était maintenant en train de mimer une altercation entre Odin et son fils adoptif. Tony s'en détourna, confronté aux promesses qu'il venait de formuler sans aucune certitude quant à sa capacité à les réaliser…
Bon sang, il espérait que Steve le pardonne. De quoi exactement, il n'en était pas tout à fait sûr puisque rien n'avait été explicitement établi, mais il avait la rude impression qu'il mettait déjà à mal le quoi-que-ce-fut-été qui commençait à se jouer entre eux. Et puis, Peter le lui avait bien fait remarquer, lui promettre une vie pépère à New York sans avoir la moindre idée de quand et comment – si – il allait pouvoir y retourner, ça n'était pas super futé. Il avait joué la nonchalance assurée sans s'être encore penché sur la question, et n'avait aucune hâte de s'y confronter.
Sa curiosité fut piquée à vif lorsqu'il remarqua que Steve et Peter échangeaient des messes basses. Il tenta de tendre l'oreille tout en faisant semblant de ne pas s'y intéresser, sans grand succès. L'arrivée de Sam mit fin à son intrigue.
- Les amis, je pense que ça va vous intéresser.
L'ex-militaire avait saisi une télécommande qu'il pointait vers l'écran translucide émergeant à présent à deux pas de là. L'écran s'alluma sur une chaîne d'info en continue, capta l'attention de chacun. On y voyait un plan large sur New York. Tony se redressa lorsqu'il comprit de quoi il était question. Rapidement, le son accompagna l'image.
« … de l'attaque tôt dans la matinée. Le bilan provisoire fait l'état de 521 disparus, peut-être plus. Les cinq zones touchées ont été transformées en site de recueillement où les victimes ont été pleuré toute la journée, comme ici, dans le Queens, où la deuxième attaque a été la plus meurtrière. Pas moins de 195 personnes auraient succombé au rayon mortel, comme on le voit sur ces images, où un pan entier d'un immeuble d'habitations a été avalé par le monstre volant. Revivons en image les témoignages les plus émouvants.
- Madame, pourquoi avoir déposé une bougie ici ?
- Pour mon voisin, oh ce pauvre homme ! Il était si gentil, il vivait seul, il m'aidait à remonter mes courses, parfois il venait boire le thé avec moi, et oh sa chambre était juste là, vous voyez, au quatrième étage. Il n'avait aucune chance d'y échapper, pauvre, pauvre homme, il est avec dieu maintenant.
- Et vous, avez-vous perdu quelqu'un ?
- On a eu beaucoup de chance, on était de sortie hier soir et ça n'était pas prévu comme ça, mais on n'est pas rentrés. L'attaque du vaisseau a frappé là, en plein dans notre appartement. On a tout perdu, tout a disparu, toutes nos affaires… Mais au moins on est entiers, on est là, c'est le principal. On a mis une bougie, pour toutes les autres victimes. C'aurait pu être nous.
- Non moi je vivais seul, j'ai eu de la chance d'être épargné, quelle atrocité… ça a fait un tel bruit ! Comme une énorme explosion d'un coup, j'en ai encore les oreilles qui sifflent. C'est affreux ce qu'il s'est passé. Je me recueille pour tous mes voisins… on était une famille, c'était un lotissement très vivant. Je suis là pour eux.
- Ma mère dormait dans la chambre d'amis et… je, je… excusez-moi-
- Je n'ai pas de nouvelle de mes voisins, je suis très inquiète. Pourtant leur appartement n'a pas été touché, la zone d'impact s'arrête juste avant leur porte… C'est une dame, et son neveu. Quand l'explosion s'est finie je suis sortie et j'ai vu leur porte ouverte, il n'y avait personne à l'intérieur. Pourquoi leur porte était ouverte un dimanche à 5h du matin ? Je ne comprends pas… J'ai posé deux bougies, et une photo que j'ai prise chez eux, c'est celle-là. Le garçon est un peu plus vieux, il doit avoir quinze ans maintenant. Lui c'est le mari, mais il est décédé il y a deux ans. S'il vous plait, si vous avez des nouvelles de mes voisins, dites-le-moi, je suis vraiment très inquiète…
- Comme nous le voyons, si ce quartier a connu le plus de victimes, c'est effectivement parce que le rayon a frappé en plein dans un bâtiment où des familles entières vivaient, et ont été happé par le sort de manière tout à fait brutale. L'attaque n'a laissé derrière elle aucune trace, aucun corps des victimes, ce qui rend leur identification difficile. Ainsi, pour les personnes susceptibles d'avoir été dans le champ d'action du rayon, une absence de signe de vie dans les prochaines 48h sera considérée, par les autorités, comme évidence que le pire est arrivé.
Comme au Queens, toutes les zones dévastées ont eu leur propre hommage. C'est ce que nous montrent ces images aériennes de Manhattan et de Brooklyn. Bougies, fleurs, portraits, dessins et drapeaux américains sont érigés en mémoire des new-yorkais disparus. Mais il n'en va pas de même avec le quartier de Williamsburg, qui se situe sur la rive de Brooklyn face à l'île de Manhattan. Un jeune joggeur raconte le miracle qui a sauvé Williamsburg.
- J'étais en train de courir avec mon chien dans le parc, c'est quelque chose que je fais souvent parce que c'est calme, il n'y a personne à cette heure-là. Avant de voir le vaisseau arriver, j'avais vu d'aveuglantes lumières violettes, deux je crois, ou peut-être trois. Et puis le vaisseau est apparu, au nord par-là, c'était comme une énorme ombre qui planait au-dessus des immeubles, qu'on avait du mal à distinguer avec le ciel déjà noir. Il y avait plein d'avions militaires autour. Et donc il est arrivé à ce niveau-là, il était à deux doigts de passer le pont de Williamsburg. Et là c'était sûr, il y allait avoir une nouvelle décharge, on pouvait voir sous le vaisseau la lumière commencer à s'allumer. Je m'étais dit que c'était mort, y'avait plus rien à faire. Mais tout d'un coup je sais pas ce qu'il s'est passé, y'a eu comme une météorite qui est apparue des nuages et qui a frappé le vaisseau de plein fouet ! C'est venu de nulle part, une énorme boule de feu qui a illuminé tout le ciel l'espace d'un instant. En heurtant le vaisseau ça a fait un énorme « boum », et là j'ai dû fermer les yeux parce que le vaisseau a relâché son rayon, et la lumière était vraiment trop forte. Quand je les ai réouvert, j'ai pu voir que Williamburg n'avait pas été touché, ni même le pont, je crois que le rayon a été détourné dans le fleuve.
- Vous aviez pu voir cette météorite en détails ?
- Non c'était beaucoup trop lumineux, et puis c'est allé super vite. Je sais pas si c'était une météorite, ça semblait un peu petit. Ça a disparu aussi vite que c'est apparu, je pense que ça a fini sa course dans l'eau ou quelque chose.
- Tenez, regardez cette vidéo enregistrée à ce moment-là.
- Ouais là c'était juste avant l'attaque… On se doute pas que le truc va apparaître, il fait encore super sombre. Et, là ! On le voit arriver de loin en fait, mais c'est vraiment une fois au-dessus de la ville que ça a brillé super fort, regardez comment ça a vraiment illuminé tout le ciel comme en plein jour. Et bam ! En plein dans le vaisseau, le choc était d'une violence. Même mon chien a pris peur !
- Regardez de plus près, ici, au ralenti.
- Ok… mais, attendez. C'est pas…
- Iron Man ?
- C'était Iron Man ? Le météore là, c'était Iron Man ? Ah oui on voit bien ici… C'est dingue ! La vache, il a foncé dans le vaisseau ! Mais du coup, il est où ?
- Vous disiez qu'il avait fini sa course dans l'eau, vous ne l'avez pas vu ressortir ?
- Non après ça j'ai rien vu, j'ai juste vu comme tout le monde le vaisseau s'effondrer après une dernière décharge, mais c'est tout.
En effet, revoyons comme ce joggeur les images de ce que tout le monde pensait être un météore tombé du ciel. Les images ralenties sont formelles, c'est bien l'Iron Man que l'on voit ici arriver à une vitesse phénoménale ! Durant les quelques secondes avant l'impact, on peut même le voir se préparer au choc. L'homme d'acier a réussi à dévier la course du vaisseau pendant quelques secondes, neutralisant son quatrième tir. Malheureusement nos enregistrements ont été brouillé par la décharge, et nous avons perdu sa trace après ça. Mais cela a été établi de façon tout à fait formelle ce matin : l'Iron Man est intervenu, c'est bien lui qui a empêché le désastre d'avoir lieu à Williamsburg. Dès cette annonce, les habitants ont montré leur reconnaissance en arborant ses couleurs. Ce père, encore sous le choc, témoigne.
- Nous étions en route pour les vacances, avec ma fille, nous nous apprêtions à travers le pont de Williamsburg et… nous aurions été tué, si ça n'avait pas été pour Iron Man, c'est sûr, il nous a sauvé. Merci Iron Man, merci. Vous avez sauvé ma fille, ma petite fille, mon bébé. Merci, merci mille fois.
- Pourquoi tu pleures papa ?
- Pour rien ma chérie, pour rien. Merci Tony Stark.
La question qui se pose maintenant est : où est Iron Man ? Était-ce bien Tony Stark ? A-t-il survécu à l'impact ? Certains témoignages affirment l'avoir vu quelques minutes après ça, notamment des habitants de la city qui racontent avoir été mis en sécurité par l'homme araignée, ou Spider-Man, avant l'intervention d'Iron Man. D'autres spécialistes sont formels : il est impossible de survivre à une telle collision. Alors, le milliardaire Tony Stark Iron Man est-il revenu à New-York ? Est-il responsable de la chute du vaisseau ? Cela forme l'autre question qui reste sans réponse : comment le vaisseau a-t-il été abattu ? Que s'est-il passé ? L'armée a sécurisé la zone entourant la carcasse de l'envahisseur, nous espérons en savoir plus bientôt. Tôt dans l'après-midi, le maire de New-York s'est exprimé sur ces questionnements.
- Ce matin à 4h49 heure locale, New-York a subi l'attaque d'un vaisseau extraterrestre qui a relâché sur la ville cinq rayons, dont quatre mortels, avant de s'échouer dans l'Hudson River. Le nombre de victime s'établit à l'heure actuelle à 590. Une enquête a été ouverte pour déterminer les responsables de l'attaque, et les raisons de sa mise à fin. Il a été confirmé que ce que l'on pensait être une météorite apparue dans le ciel à 5h08 était en fait l'Iron Man, armure humanoïde propriété du milliardaire Tony Stark actuellement sous mandat d'arrêt international pour préméditation terroriste. L'armure n'a, à ce jour, pas été retrouvée. Monsieur Stark, où que vous soyez, c'est à vous que j'adresse ce message. Vous êtes recherché pour haute trahison. Vous ne jouissez plus de vos droits de citoyen américain tant que vous ne vous serez pas confronté aux charges qui pèsent contre vous. Vous êtes accusé de terrorisme, de complotisme, d'abus de confiance et de pouvoir, de détournement de biens publics. Vous encourez la prison à vie. Monsieur Stark, vous êtes intervenu pour sauver New-York. De cela, nous n'en doutons pas une seconde. Vous êtes intervenu, avez sauvé des centaines de vies, et je ne pense pas prendre trop de risque si je présume que vous n'êtes pas parfaitement étranger à l'effondrement de l'envahisseur. Monsieur Stark, la ville de New-York souhaite vous remercier pour la protection que vous garantissez à vos concitoyens. Nous souhaitons vous remercier pour les dangers que vous affrontez pour nous. Pour les risques que vous prenez pour nous. Pour les règles que vous transgressez pour nous. C'est pourquoi la ville et l'État de New-York se dérogent à l'État américain et décident de vous accorder l'immunité diplomatique. Vous ne pourrez être arrêté dans l'espace de nos frontières, car vous êtes ici chez vous. Vous êtes ici le bienvenu. En outre, et parce que la présomption d'innocence est un privilège qui a trop longtemps été bafoué, la ville et l'État de New-York décident d'accorder l'immunité diplomatique à tous les Avengers ayant combattu aux côtés de l'Iron Man, et aujourd'hui manquant. Steve Rogers alias Captain America, Natasha Romanoff alias Black Widow, Clint Barton alias Hawkeye, Wanda Maximoff alias Scarlet Witch, Scott Lang alias Ant-Man, et, dans une toute autre mesure, Bruce Banner alias le Hulk et Thor, vous êtes, ici, à New-York, libres de toutes charges. Parce que les new-yorkais savent et reconnaissent les sacrifices que vous avez fait pour nous. Nous souhaitons, dans la mesure de nos capacités, vous remercier. Vous êtes nos héros. Nous avons besoin de vous.
Cette allocution a déclenché de vives réactions, notamment à Washington DC où le Général Thaddeus Ross… »
Un silence s'était imposé, tout le monde était captivé par l'écran lumineux. Peter mit un terme à l'hypnotisme en se levant brutalement, il s'éloignait.
- Pet'.
Il ne se retourna pas, ne ralentit pas. Tony leva à son tour et parvint à le rattraper avant qu'il ne quitte la pièce. L'enfant avait le visage rouge.
- Peter, arrête ça. Ça n'était pas de ta faute.
- Comment est-ce que ça n'était pas de ma faute ? T'as très bien compris ce qu'il s'était passé !
- Tu n'as pas à t'en vouloir pour le choix que ta tante a fait.
- Parce que c'était son choix de se faire pulvériser sur le palier !
- C'était son choix de sortir pour essayer de te retenir.
- T'as pas le droit de dire ça ! C'est exactement ce qu'elle me disait pour Ben, et pourtant lui aussi est mort à cause de moi !
- Qu'est-ce que tu racontes.
- J'ai pas su arrêter son assassin quand c'était exactement ce que je devais faire. Je l'ai pas écouté, je suis pas rentré comme il m'avait demandé, j'en ai fait qu'à ma tête. Là, c'est exactement pareil ! Ils sont tous les deux morts, et c'est à cause de moi.
- C'est comme ça que tu t'endors la nuit, en t'autoflagellant ?
La surprise déforma furtivement les traits de Peter qui n'avait manifestement pas anticipé la provocation.
- May et Ben sont décédés par mauvais concours de circonstances, tu n'as rien à voir avec ça.
- Bien sûr que j'y ai à voir, c'est moi qui les ai mis en danger !
- Ça n'est pas toi qui a invoqué ce vaisseau extraterrestre et décidé de détruire la moitié de la ville à ce que je sache !
- Qu'est-ce que ça change, si je les avais écoutés ils seraient tous les deux encore en vie.
- T'aurais pu vivre avec ça ? Si tu avais écouté May. Si t'étais resté chez toi, à regarder la ville se faire attaquer depuis la fenêtre de ta chambre. T'aurais assumé ?
La colère se fit silencieuse dans les yeux de Peter.
- Tu m'as toi-même dit que de ne rien faire, avec les capacités que t'as, te rends aussi coupable que les méchants. Tu n'as pas le droit de te blâmer pour avoir fait ce que tu savais être juste. C'était le choix de May d'essayer de t'en empêcher, c'était sa décision. Et je te l'accorde mille fois, c'est injuste, elle n'a certainement pas mérité ce qui est arrivé. Mais crois-moi qu'elle te répèterait comme je le fais que ça n'était pas ta faute. Pour May, comme pour Ben. Tu ne pouvais pas anticiper ce qui allait se passer, personne n'aurait pu. Et évidemment que tu aurais agi différemment si tu avais su, mais avec des si on mettrait Boston en bouteille. La vie n'est jamais qu'une succession de choix et les tiens ont toujours été cohérents avec qui tu es et avec ce que tu défends, c'est pour ça que tu n'as pas le droit de t'en vouloir. Maintenant rends toi bien compte que les seuls coupables sont l'assassin qui a tenu ce putain de flingue et l'autre fou furieux qui a envoyé ce vaisseau, et personne d'autre.
- Comment tu sais qu'il avait une arme ? s'étonna Peter.
Tony voulut se mordre la lèvre pour s'être vendu.
- Je me suis renseigné.
- Donc tu sais ce qu'il s'est passé ?
- Je présume juste.
- Le mec venait de braquer un épicier qui m'avait soûlé. Je m'étais dit « bien fait pour lui », et c'est pour ça que je l'ai pas arrêté. Moins de dix minutes après, Ben était mort parce qu'il avait refusé de lui laisser sa voiture pour lui permettre de s'enfuir. May me répétait que c'était pas ma faute parce qu'elle croyait que je me sentais coupable pour avoir fugué et avoir mis Ben sur le chemin de l'assassin. Mais je suis coupable parce que j'aurais dû arrêter l'assassin, et que je l'ai pas fait par orgueil ! J'avais la possibilité, le choix de le faire, et je l'ai pas fait. Si la vie est une succession de choix, la mienne est une succession de terribles erreurs qui n'ont jamais fait que blesser les gens.
- C'est bien parce que tu t'en veux de ne pas avoir arrêté cet homme que tu revêts maintenant ce masque, pas vrai ? Parce que tu as pris conscience de tes pouvoirs, de tes responsabilités. Et c'est pour ça que tu ne pouvais pas rester sans rien faire même quand May te l'a demandé.
- Mais à quel prix ! A quoi ça sert de faire ce que je peux faire si je peux pas protéger ceux que j'aime, si c'est pour leur faire du mal !
- Ça sert une plus grande cause. Celle d'être source d'espoir et de justice pour toute une population.
- Je suis pas un héros. C'est toi qu'ils adulent depuis tout à l'heure, fit-il d'un geste las vers l'écran de télévision encore allumé.
Tony soupira.
- On en a déjà parlé Peter, c'est pas moi le héros.
- Mais c'est les gens qui vous aspirent à l'être, fit-il en levant les yeux au ciel.
- Je le pense vraiment. Ça commence avec toi. Je ne serais pas intervenu à New-York… si tu n'y avais pas été.
Les sourcils de Peter se firent interrogateurs. Tony inspira.
- J'avais compris que Thanos était ici, au Wakanda. En temps normal j'aurais fait demi-tour pour le combattre sans plus me préoccuper de la ville. Mais je te savais à New-York, je savais que t'allais y aller, et que t'aurais besoin d'aide. Si je ne m'étais pas inquiété du fait que tu sois là-bas, et si j'avais douté de ton cran, ça – il pointait l'écran à son tour – n'aurait pas eu lieu. Ce que tu vois à la télé, ça n'est jamais toute l'histoire. Ce que j'ai vu par contre, c'est que malgré la perte que tu venais de subir t'as continué à te battre. Malgré le choc, t'as pas hésité une seconde. T'as remis ce masque et t'as plongé au cœur du danger, sans savoir ce que t'allais y trouver, sans certitude que t'allais en revenir, tout ça pour protéger d'illustres inconnus. Si ça, ça n'est pas de l'héroïsme, va falloir que tu me dises ce que c'est.
Peter ne répondit pas tout de suite, amenant Tony à songer qu'il avait gagné la discussion. Mais l'adolescent soupira.
- Va dire ça à May, ou à Ben. Ou à mes parents…
- Je sais que t'as pas une vie facile Peter, et que tu ne l'as pas choisi. Mais tu te débrouilles vraiment bien. Tu n'as rien à te reprocher.
Peter regarda ailleurs, expression renfrognée. Tony savait qu'il aurait besoin de temps pour faire son deuil – il n'en attendait pas moins – mais il ne resterait certainement pas à le regarder se morfondre sans rien faire. Il lui dirait ce qu'il aurait besoin d'entendre, lui répèterait cent fois s'il fallait. Il s'était engagé à prendre soin de lui, et il le ferait, à sa manière. Ça commençait maintenant.
Il finit par se tourner vers le reste du groupe, en arrière-plan l'écran diffusait silencieusement des images de New-York et des new-yorkais encore sous le choc. Les regards qu'il croisa lui fit soudain se demander si la scène qu'ils venaient de faire avait été suivie par toute la clique, ou si seule la super-ouïe du soldat dont le regard s'attardait en avait eu le privilège. Il décida que cela lui importait peu, chercha malgré tout la trace d'une approbation dans ces iris bleutés. La vague – plutôt, le tsunami – d'affection qu'il ressentit lui fit considérer l'avoir trouvée. Il revint vers Peter, s'adoucit.
- On va rentrer.
J'espère que l'absence de bêta-lecture sur ce chapitre un peu différent ne s'est pas fait trop ressentir ! Je reviendrai avec un dernier chapitre qu'il me faut encore finaliser, mais auquel je tiens trop pour ne pas publier.
Des bisous !
