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NOTE DU 08/01 A 21h Le chapitre à été republié et cette fois-ci c'est le bon, sans faute =)
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Voilà comme promit la suite, j'espère que ça vous plaira toujours ^^ Merci à tous ceux qui m'ont laisser une reviews ça fait très plaisir de voir que l'on est soutenue =)
Sur ce la suite ^^
Chapitre 6 : Des larmes aux rires et des rires aux larmes.
Mon sac devant bien peser une tonne, c'est à bout de souffle que j'entrai dans les toilettes des filles du deuxième étage ; tant pis pour Mimi, c'était une urgence. Une fois soulagée, je me dirigeai vers les lavabos.
L'eau coulant faiblement, il me sembla entendre comme des reniflements : probablement le fantôme encore en train de pleurer. Pourtant, ce n'était pas son genre de ne pas venir se plaindre dès que quelqu'un était là.
Je coupai le robinet et suivis le bruit des pleurs.
― Mimi ? appelai-je en face de la porte close.
Les pleurs cessèrent et j'entendis le bruit de la chasse d'eau. Tout de suite après, la porte s'ouvrit, me faisant sursauter. Je fus surprise de voir Rachel, les yeux rougis.
― Non, répondit-elle en me doublant pour se laver les mains.
― Ça va ? hésitai-je.
― Oui.
Son ton était froid, mais il aurait fallu être sourd pour ne pas déceler le trémolo dans sa voix. Je restai là un moment sans savoir quoi faire ou dire.
Ses mains en appui sur le lavabo, elle baissa la tête et soupira, puis, en faisant face au miroir à nouveau, elle me parla à travers celui-ci.
― Tu as quelque chose à me dire ou quoi ?
― Non, désolée.
J'allais partir, mais alors que je jetais un dernier regard vers Rachel, je vis ses épaules trembler et une larme couler sur son visage. Cette vision était tellement inattendue de la part de cette fille toujours si sûre d'elle. Mal à l'aise, je quittai rapidement les toilettes.
Une fois revenue dans ma salle commune, je me sentis un peu coupable de l'avoir laissée seule à pleurer, mais Rachel n'était pas le genre de fille qui accepte qu'on lui fasse un câlin quand elle pleure du moins, c'est ce qu'elle laissait paraitre.
Je me posai à une table et sortis mes affaires. C'est en la faisant tomber en prenant mes livres, que je me rappelai ma lettre reçue ce matin – celle de ma sœur qui m'envoyait la liste, sans aucun doute. –, en espérant que l'excuse que je lui avais donnée l'avait convaincue de me la transmettre.
« Nina,
J'ai bien reçu ta lettre où tu me demandes la liste des invités et saches que si tu voulais en savoir le nombre exact, il suffisait de me le demander. J'en ai donc déduit que tu en avais besoin pour autre chose. Je ne te poserais, cependant, pas plus de questions. Je te fais confiance… Tu la trouveras jointe.
Je ne peux pas écrire une trop grande lettre, j'ai beaucoup de travail.
Je t'embrasse.
Hyacinthe, ta sœur qui t'aime. »
C'était typique de ma sœur : brève, un peu impersonnelle et avec une petite touche qui me rappelais qu'elle m'aimait malgré tout.
Bien sûr, elle avait aussi compris que ce n'était pas pour de simples calculs, et je la soupçonnai de ne pas s'intéresser à la raison simplement parce qu'elle n'avait pas le temps.
Je pris la lettre et la parcourus rapidement. Certains noms m'étaient familiers, ceux dont les enfants étaient à Poudlard. Je notai au moins une trentaine de noms de familles portées par des élèves du collège. Ça n'allait pas être simple. De toute manière, ce n'était pas mon travail de penser à ça.
Je remis la lettre dans mon sac en prévision de la donner demain à Black, puis ouvris mes livres. La dernière année était vraiment éprouvante. Jamais nous n'avions eu autant de devoirs et de choses aussi complexes à étudier.
Le lendemain, comme prévu, je me décidai à donner la lettre à Black au petit déjeuner. Je dus l'attendre un peu, étant donné que je venais toujours manger avant les autres.
Alors que je patientais à ma table – un livre sous le coude, tout de même –, je vis Rachel et son amie Miyuki Yoshiko entrer dans la Grande Salle.
Yuki, comme tout le monde l'appelait, était la seule amie de Rachel. Les autres filles, soit la détestaient, soit l'admiraient, de loin. Mais pour une raison étrange, cette amitié improbable entre Rachel, la reine des glaces, et Yuki – la fille la plus gentille et compatissante que je connaisse – durait depuis le début de leur scolarité.
Miyuki était une Japonaise qui était venue vivre en Angleterre un an avant sa rentrée à Poudlard, le temps d'apprendre la langue et l'écriture. Yuki avait beaucoup de succès. Elle était amie avec tout le monde et beaucoup de garçons avaient tenté leur chance au début, mais Yuki avait toujours refusé. D'après les rumeurs, elle aurait été fiancée dès sa naissance à un sorcier de sang pur au Japon.
Mais bon, j'étais bien placée pour savoir que ces rumeurs étaient souvent le fruit d'une imagination débordante.
Rachel semblait aller mieux que la veille. De toute façon, quoi que cela ait pu être, elle avait une amie avec qui le partager, et ce n'était donc absolument pas mes affaires.
Elles prirent place à la table des Gryffondor et furent rejointes par Lilly Evans et Marlène McKinnon. Rachel n'était amie avec aucune des deux, bien sûr, mais comme elles partageaient toutes le même dortoir, ce n'était pas le cas de sa meilleure amie.
Je regardai ma montre. Il ne restait plus que vingt minutes avant le début des cours. Black comptait me faire attendre encore combien de temps avant de se montrer ?
Ma table aussi s'était remplie et je sentis quelqu'un s'assoir près de moi. Je tournai la tête et vis le visage souriant d'Elly.
― C'est rare que tu sois encore là quand on descend, lança-t-elle.
― J'attends quelqu'un.
― Ah oui ? Qui ça ?
Au même moment, Black, Potter, Pettigrow et Remus rejoignaient enfin leur table.
― Il vient d'arriver, bon appétit.
Je me levai et avança rapidement vers leur table. Je fus cependant coupée dans mon élan par ma petite sœur Iris qui entrait à son tour pour prendre son petit déjeuner.
― Nina, j'ai reçu une lettre de Maman. Elle te fait de gros bisous, Papa aussi et Ninou aussi, m'apprit-elle rapidement avant de courir rejoindre son amie Mylena.
Ninou ? C'était notre elfe de maison. Elle était dans notre famille depuis la naissance de mon père, un cadeau un peu bizarre selon moi. Elle l'avait suivi quand il avait quitté la maison et nous avait toutes vues grandir, mes sœurs et moi. Je l'aimais beaucoup. Avec le temps, elle avait fini par arrêter de nous appeler « maîtres » – enfin, c'était surtout parce que ma mère n'avait cessé de le lui répéter.
Après avoir repris mes esprits, je pris la lettre de mon sac et avança vers le milieu de la table où se tenait Black. Cependant, alors qu'il était juste devant moi, je me rendis compte que plusieurs personnes me fixaient avec insistance.
― Nina ? m'appela Remus qui était en face de Black.
― Salut, répondis-je.
Black s'était tourné en entendant Remus prononcer mon prénom.
― Salut toi ! lança-t-il, désinvolte.
Il poussa négligemment le garçon qui se tenait à sa droite et me fit assoir en tirant sur mon bras. J'eus envie de protester, mais face à tous ces regards et à celui de Remus, ma bouche demeura close.
Je croisai les yeux surpris de Remus et me sentis horriblement mal. Qu'est-ce qui lui prenait à Black pour agir de cette façon ?
― Nina a accepté de m'aider pour le cours de potion, leur lança Black en me désignant.
― Ah bon ? s'étonna Potter.
J'étais d'ailleurs bien d'accord : s'il voulait mentir à ses amis, il aurait au moins pu me prévenir.
―Tout le monde sait que c'est la meilleure après Servillus.
― Dommage. D'ailleurs, ça lui aurait fait les pieds à ce prétentieux d'être battu, affirma Potter en plantant sa fourchette dans un pancake.
Remus me fixait toujours. Je tentai un sourire et fus un peu décontenancée qu'il n'y réponde pas. Il demeura sérieux.
― Bonne chance dans ce cas, parce que Sirius est loin d'être studieux, lâcha enfin Remus, retrouvant son sourire apaisant.
― Ça, c'est sûr, murmurais-je. Tiens, repris-je en tendant la liste à Black. C'est une liste d'ingrédients avec leurs propriétés apprends-la bien pour la prochaine fois.
Black la prit rapidement et la rangea aussitôt. De toute évidence, il avait compris ce que c'était.
― Merci Nina.
― J'ai du travail. Dis-moi quand tu auras appris la liste.
Je me levai et quittai précipitamment la Grande Salle, rouge de honte devant tous ces visages qui ne cessaient de me fixer. Une fois à l'abri des regards, je repris mon souffle et m'appuyai un peu contre le mur froid.
Pourquoi avais-je l'impression que les choses étaient en train de partir dans tous les sens ? Qu'allait penser Remus de ça ? Il allait forcément trouver ça bizarre que Black m'ait choisie, moi, pour l'aider. Enfin, cela l'avait surpris, mais il n'avait pas semblé vraiment en colère ou… jaloux. Je soupirai ; pourquoi serait-il jaloux ? La jalousie est un sentiment que l'on ressent quand on aime quelqu'un, et Remus ne m'aimait pas.
Après avoir soufflé quelques instants, je repris le chemin vers le cours de soin aux créatures magiques. Cours que j'avais en commun avec les Gryffondor en question, pour ne rien arranger. Sur le chemin, je fus hélée par Elly.
― Je ne savais pas que Sirius et toi étiez amis,s'étonna-t-elle.
― On ne l'est pas. Enfin, pas vraiment, rectifiai-je aussitôt.
―Tu as de la chance, en tous cas, avoua-t-elle dans un souffle. Enfin, continua-t-elle, on se voit plus tard.
Elle me dépassa et rejoignit ses amis qui marchaient un peu plus loin devant moi. Que devais-je comprendre de ça ? Cela ne devait sûrement rien dire. Étant donné la popularité de ce dernier, beaucoup de filles auraient dit la même chose qu'elle.
Le cours de soin aux créatures magiques avait lieu en salle – cela arrivait de temps en temps. Le professeur Brûlopot était un homme plutôt âgé, qui prenait souvent des risques inutiles, mais il avait un vrai don avec les animaux, quels qu'ils soient. Enfin, la plupart du temps...
Après dix minutes d'attente devant la salle que tous les élèves avaient rejointe, le professeur arriva enfin, chargé d'une énorme caisse recouverte d'un tissu sombre, qu'il faisait léviter derrière lui.
Nous nous pressâmes de rentrer et de nous installer.
Comme chaque fois que nous utilisions cette salle, je m'apprêtais à prendre place à ma table, à côté d'un garçon de Poufsoufle qui passait toujours tout le cours à dessiner des trucs bizarres sur ses parchemins, mais je me rendis compte qu'elle était déjà occupée par une fille, Andrea Crivet, de mon année à Serdaigle. Elle tenait d'ailleurs la main du garçon en question. Comme quoi, même les originaux pouvaient connaître les joies de l'amour.
C'était bien beau tout ça, mais du coup, il ne me restait plus qu'à m'assoir à l'ancienne place de Crivet.
Je parcourus la classe à la recherche de la chaise laissée vacante. Je faillis m'étouffer en voyant Remus seul à une table. Pour être sûre, je vérifiai une dernière fois.
Mais non, la seule place de libre était bien celle à côté de lui. Me rendant compte que tout le monde était assis, et que le prof était sur le point de commencer, je me précipitai pour m'assoir à mon tour.
Remus leva les yeux de son livre et sembla aussi surpris que moi d'il y a quelques instants de me voir là.
― Andréa a pris ma place, précisai-je.
La surprise passée, il retrouva son sourire que j'aimais tant. Sentant mon cœur se mettre à battre plus fort, j'eus le pressentiment que cette année à ses côtés ne serait pas propice au travail.
― Ravis de te retrouver comme partenaire alors, déclara-t-il, enjoué.
Après ce petit moment où j'avais pu sentir mes joues prendre feu, le cours commença. Le professeur Brûlopot dévoila ce qu'il y avait sous le drap. Tout le monde en fut stupéfait. C'était un Vivet Doré.
― Quelqu'un pourrait-il me dire quel est cet animal ? demanda le professeur, fier de son effet.
Je n'eus pas le temps de lever la main que déjà Brûlopot accorda la parole à Evans.
― C'est un Vivet Doré. Ils sont devenus très rares et ont frôlé l'extinction. Ils étaient utilisés dans l'ancienne version du Quidditch ; il faisait office de Vif d'or. Il valait à l'époque cent cinquante Gallions une fois capturé. Comme il mourrait presque toujours en se faisait attraper violemment par le joueur, une loi fut passée pour interdire leur utilisation. Le vif d'or prit son nom de là et les cent cinquante Gallions devinrent des points.
― Bravo, Miss Evans ! J'accorde trente points à Gryffondor pour cette connaissance parfaite de cet animal, la félicita-t-il en tapant des mains.
Elle avait seulement répondu juste ; pas sauvé la faim dans le monde. Je levai les yeux au ciel malgré moi. Le professeur avait demandé ce que c'était comme animal ; pas de lui faire sa biographie complète. Un peu plus et elle aurait pu prendre sa place au tableau.
Le professeur enchaina ensuite sur les raisons de sa rareté, sa grande valeur et aussi de sa fragilité. Il ne put cependant pas nous montrer sa vitesse, de peur de ne plus parvenir à l'attraper.
Après ces explications, il nous autorisa à venir le voir de plus près. Pour le maintenir un peu plus calme, le professeur lui avait administré un léger calmant. Ainsi, malgré le stresse d'être épié, l'oiseau restait tranquillement perché sur une branche.
― Il est magnifique, murmurai-je.
― C'est vrai, approuva Remus qui se tenait à côté de moi.
― Et dire qu'il a failli disparaitre à cause de nous, tout ça pour de l'argent, m'insurgeai-je
Remus se baissa comme moi au niveau de l'oiseau. Je pouvais sentir son épaule contre la mienne. D'un coup, la beauté de la petite chose à plumes me parut bien loin avec lui si proche de moi. Merlin, comment était-il possible qu'il me trouble juste avec ce contact si infime ?
Après l'avoir observé sous toutes les coutures, nous retournâmes nous assoir. Remus demeura silencieux et je tentai un regard vers lui. Il fixait Black et Potter, d'un air contrarié ou songeur. Je les regardai à mon tour, mais ils étaient égaux à eux-mêmes. Pourtant, Remus les fixait toujours.
― Ça va ? le questionnai-je.
Il sembla redescendre sur terre et me regarda en souriant comme il le faisait toujours.
― Oui, pourquoi ?
― T'avais l'air… soucieux, hésitai-je.
Remus balaya ma question d'un revers de main, affirmant qu'il était juste perdu dans ses pensées. Après cela, il enchaina sur un terrain plus que glissant pour moi :
― Alors, comme ça, Sirius est venu quémander ton savoir en potion ? plaisanta-t-il.
― Hé oui, je ne pouvais pas vraiment dire non, je suis préfète. J'ai pour devoir d'aider mes camarades.
OK, comme raison, je n'aurais pas pu trouver plus nulle que ça.
― Il m'a souvent demandé à moi, mais je le connaissais trop bien pour accepter, admit-il sans remords.
Il m'offrit un nouveau sourire et je me sentis me liquéfier. Il était tellement beau, tellement tout… Un instant, un court instant, je m'imaginai être sa petite amie, pouvoir plaisanter avec lui quand bon me semble, discuter simplement sans gêne, l'embrasser… Cette image me fit encore plus rougir. Cette idée était vraiment des plus qu'agréables.
Je tentai un regard vers Black. À cet instant, j'eus comme un sentiment amer d'avoir refusé en bloc son aide pour Remus. Aurait-il vraiment pu m'aider à concrétiser cette envie utopique ?
Me tournant de nouveau vers Remus, je remarquai que les ficelles de sa cape avaient fait un nœud. L'envie de m'approcher un peu plus près de lui malgré ma gêne était si forte que je saisis cette occasion pour avancer mes mains sur le nœud. Je sentis sa surprise, mais il ne fit rien pour m'en empêcher.
Les doigts tremblant d'être ainsi proches de lui, j'en vins difficilement à bout. C'était à la fois si agréable et si douloureux de le sentir proche de moi. Alors que je tentai de le refaire, il posa ses mains sur les miennes, me faisant reprendre mes esprits, et me repoussa à une distance correcte.
― Ça ira… merci…, bafouilla-t-il, gêné.
Je me sentis un peu mal de l'avoir ainsi mis mal à l'aise et, surtout, j'eus l'impression que cela ne lui avait pas vraiment plu que je me rapproche de lui de cette manière. L'image de lui et moi, assis sur un banc, me revint. Déjà, cette fois, il s'était sauvé avec Potter, oubliant même son gilet. Quelle idiote j'étais ! Si je continuais à faire ce genre de chose, il finirait par se douter de quelque chose.
― Nina, commença-t-il, d'un coup plus alarmé, je ne sais pas comment te dire ça, mais…
La sonnerie brisa la phrase de Remus et le professeur nous demanda un petit compte rendu dans la cacophonie des élèves rassemblant leurs affaires.
Mais moi je restai figée. Remus avait détourné son regard, mais n'avait pas bougé, lui non plus. Qu'allait-il me dire ? Le début de sa phrase ne m'avait pas plu du tout. J'eus un horrible sentiment, comme s'il allait me dire quelque chose de difficile à entendre. Avait-il finalement compris mes sentiments pour lui ? Quoi qu'il en soit, je ne voulais pas savoir. Sans que je puisse le contrôler, une énorme boule se forma dans ma gorge.
Je rassemblai mes affaires à la hâte et m'enfuis rapidement de la classe, de Remus, de ce qu'il tenait à me dire. Je l'entendis m'appeler, mais je ne m'arrêtai pas pour autant.
Merlin, allait-il me dire qu'il était gêné de mes actes, étant donné qu'il ne ressentait rien pour moi ? Après ce que j'avais fait, cela ne pouvait être que ça.
Je me cachai au détour d'un couloir et m'appuya contre le mur. Et s'il ne me parlait plus, dorénavant ? S'il m'ignorait ? L'imaginer passer à côté de moi sans m'accorder ne serait-ce qu'un petit sourire fut comme si une pierre me tombait dessus. Une larme s'échappa, puis une autre, et finalement je pleurai. Me laissant glisser au sol, j'encerclai mes jambes avec mes bras et continuai de pleurer.
Je ne voulais pas tirer un trait sur lui, ou mes sentiments. Je voulais continuer de pouvoir lui parler, le voir sourire.
Non, c'était plus que ça. Depuis le début, ça avait toujours été plus. Je m'étais menti à moi-même : le regarder de loin ? Je m'étais convaincue que c'était suffisant, persuadée qu'il n'aurait jamais rien de plus, mais maintenant que je venais surement de perdre ne serait-ce que notre petite amitié, j'étais forcée d'admettre que j'avais toujours espéré et voulu plus.
Je voulais qu'il me regarde comme je le faisais, moi, qu'il apprécie nos moments ensemble, comme moi je les chérissais. Je voulais qu'il m'aime, comme je l'aimais.
Les larmes redoublèrent. Je ne voulais pas le perdre…
Je sursautai en sentant quelqu'un toucher mon épaule. Je relevai mes yeux toujours inondés par les perles d'eau salée. La fille me tendait un petit mouchoir blanc. Son visage était neutre : aucun sourire, aucune compassion ne trahissait ses traits, et pourtant, elle était là en face de moi, son petit carré de tissu blanc tendu vers moi. Le fait que ce fut Rachel Bennet qui était à l'origine de ce petit geste le rendit un peu plus important.
Je le pris, la main un peu tremblante, et essuya les larmes de mon visage et celles encore prisonnières de mes cils. Rachel vint se poser à côté de moi, toujours debout et silencieuse, mais elle était là. Elle n'était pas partie comme moi je l'avais fait quand je l'avais vue pleurer.
― Merci, murmurai-je à la grande brune.
Elle ne répondit pas et se contenta de rester là à mes côtés, jusqu'à ce que les larmes cessent de couler.
― Tu peux garder le mouchoir, précisa-t-elle.
Puis elle disparut dans les couloirs, me laissant un peu moins triste. J'avais pleuré, certes, mais de savoir qu'elle était restée là, à côté de moi, pendant tout ce temps, me réconforta un peu.
Me serais-je trompée sur Rachel ?
Je pliai soigneusement la petite étoffe et la glissai dans ma poche. Ce fut la première fois que je pleurais pour Remus, à cause de mon amour à sens unique pour lui.
La fine preuve que je n'avais pas pleuré seule serrée dans mes doigts, je repartis à mon tour à travers les couloirs identiques de Poudlard. Jamais ces derniers n'avaient paru aussi étouffants.
J'attend vos impression, n'hésité surtout pas ^^
A très vite Suchiii
