Chapitre 7 : Interrogations

Sur ces mots, il sortit. Pourquoi lui avait-il dit cela, au fond ? Que Granger soit seule lui faisait-il plaisir ? Qu'elle saigne, qu'elle souffre ? Oui, un peu. N'empêche, elle avait du courage… s'opposer à Potty, lui cracher au visage, effacer la mémoire de la belette, s'entailler le bras… pas mal pour une Sang de Bourbe. Il vaqua à ses propres occupations : un devoir de potion et un entraînement de Quiddich, d'ailleurs, ce serait bientôt le match contre les Griffondor, quelle maison allait-elle soutenir ? L'obligerait-il à rejoindre les supporters Serpentards ? C'était bien tentant !

Draco se rendait à la Bibliothèque pour finir son travail pour Rogue quand il croisa Pansy, avec plus loin, un peu en retrait, Blaise. Encore cette fille ! Il soupira, levant les yeux au ciel, pourquoi, par la barbe de Merlin, pourquoi donc était-il sortit avec elle en cinquième année ?!? Elle était stupide, ressemblait à un bouledogue et portait d'horribles strings roses ou noirs. Rien que d'y repenser, il crut qu'il allait vomir.

« Draky ?minauda-t-elle, c'est vrai ce qu'on dit ? Comme quoi tu aurais fait de la Sang de Bourbe ta chose, mais qu'elle t'aurait ensuite séduite ?

-Quoi ! Cette horreur, séduire ? manqua de s'étouffer le jeune homme, tu veux rire, allez, va voir ailleurs si tu y crois, tu me dégoûtes ! »

Sur ce, il la laissa plantée là, avec ses grands yeux globuleux et sa bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau. Blaise Zabini lui emboîta le pas. C'était une des rares personnes pour qui il avait de l'estime. Ce grand Serpentard filiforme paraissait désaxé, chaotique, mal proportionné, mais en réalité il était d'une impressionnante force physique et moral. Habillé souvent de bleu marine ou de noir, lorsqu'il ne portait pas les robes réglementaires de Poudlard, il revetissait le sombre uniforme des lycéens japonais, vestige d'une année passée au pays du Soleil Levant. Cela faisait de lui quelqu'un de spécial, un peu renfermé sur lui-même mais sage comme un vieux serpent, doux et délicat… de plus très intelligent et observateur ; on ne pouvait rien lui cacher…

« Félicitation, Draco, lui souffla-t-il à l'oreille, ce qui le fit légèrement trembler, Granger était magnifique… réduction ? »

Le jeune homme hocha la tête en souriant à son ami ; c'était sans doute ce qu'il aimait le plus chez lui : sa capacité de déduction.

« Tu as fait ça pour t'amuser ou parce que tu souhaitais la façonner ?

-Je ne sais pas… répondit-il, après un moment de réflexion, peut-être un peu des deux. J'ai voulu voir ce qu'elle valait, et je suis loin d'être déçu, je sens que je vais beaucoup m'amuser cette année… »

Pourtant, au fond de lui, Draco s'interrogeait. Pourquoi avait-il réduit ses habits ? Pour l'entendre râler, pour lui rendre la vie impossible comme il l'avait toujours fait. Une habitude ou un réel plaisir ? Il n'en savait rien ; tout était si confus. Il avait ressentit une telle surprise en la voyant débouler dans la Grande Salle, avec des éclairs dans le fond des yeux… sans doute le Miraculé lui avait-il sauvé la vie en la provoquant. Malgré lui, Draco admirait la jeune femme et il avait, comme tous les autres Serpentards, éprouvé un grand plaisir lorsque la carafe de jus de citrouille, lancée par la Griffondor, avait percuté Harry Potter de plein fouet. Potter… son meilleur ami… son premier amant… celui qu'elle avait tant aimé… celui qu'elle avait, il y a quelques heures à peine, failli tuer. Maintenant, tous allaient croire que c'était lui, Malfoy, le Roi des Serpents, qui l'avait manipulée… manipulée… ?La Marque ? Etait-ce cela qui l'avait fait agir ainsi ? Voldemort avait-il pris le contrôle de son âme et de son corps ? Etrangement, cette idée lui faisait froid dans le dos ; alors qu'auparavant cela l'aurait réjoui, aujourd'hui il se sentait mal à l'aise à la pensée que le Seigneur des Ténèbres prenne possession d'elle… Enfin, sans doute se trompait-il, la Préfète devait juste s'être emportée un peu vite, Potty avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase…

Draco se sépara de Blaise pour se rendre à la volière, sans parvenir à chasser de ses pensées la jeune femme aux yeux couleur d'automne. Il y avait tant de douleur dans ces deux noisette marron-vert piquetés d'or lorsqu'elle avait repris conscience…

Un mot de son père, une réponse « Ne te soucie pas de la Sang de Bourbe, elle paiera tôt ou tard, mais, pour l'heure, elle va nous servir. Soit elle se ralliera à nous, soit nous l'utiliserons, et, par son intervention, nous détruirons Dumbledore et anéantirons le poussin dans l'œuf. Ne t'en mêle pas, tu seras mis au courant de notre plan le moment venu. N'oublie pas que tu es né pour servir notre Seigneur. L.M. »

D'un geste sec, il plia en quatre le parchemin et le fourra dans la poche de son uniforme. Ainsi, c'était bien ce qu'il pensait ; Granger servirait Lord Voldemort dans ses sombres desseins, bon gré mal gré… Ils allaient se frotter à la pire des opposantes aux forces du Mal ; aurait-elle cependant la force de lutter, étant donné l'état dans lequel elle se trouvait ? « N'oublie pas que tu es né pour servir notre Seigneur »…ben voyons ! Jamais il ne se rallierait à Voldemort. Un jour, Draco le savait, il lui faudrait se ranger sous les ordres de son père, du côté Mangemorts, ou sous ceux Potter, du côté des « bons sorciers »… Il devrait choisir entre deux camps qui ne lui plaisaient pas. Draco aurait préféré mener seul sa propre guerre… Enfin, pour l'heure, il lui fallait rejoindre Blaise à la bibliothèque, puis faire sa ronde et enfin transmettre la lettre de son père à Granger. Granger… « Ne te soucie pas de la Sang de Bourbe, elle paiera tôt ou tard ». Une image se fixa dans son esprit : la jeune femme était allongée sur la tombe de Tom Jedusort couverte de son sang, la Marque brillant de son éclat noir sur son bras blanc dénudé. La vision se superposa à son souvenir de la Préfète qui lui souleva l'estomac ; évanouie et la baignoire sanglante, les murs souillés et ce couteau à ses côtés dont la lame était perlée d'hémoglobine…Un frisson lui parcourut l'échine tandis qu'il saluait Mrs Pince et rejoignait Zabini. Dire qu'il y a quelques jours il n'aurait même pas levé le petit doigt… Là, –à cause de ce pacte ?– il l'avait relevée, avait stoppé une partie de l'hémorragie, avait changé sa chemise et bandé sa plaie, l'avait allongée puis avait nettoyé le tout, sans demander d'aide aux elfes de maison pour ne pas éveiller de soupçons. Et le pire, c'est que quand il l'avait vue, il avait cru qu'elle était morte et son cœur s'était arrêté de battre un instant, puis avait repris son rythme et lui avait fait mal. Tan de sentiments l'avaient alors submergé…il préférait de plus y penser.

Draco s'assit en face de son ami. Celui-ci regarda autour de lui, jetant de droite et de gauche des coups d'œil anxieux. Que voulait-il ?

« Ecoute, Draco, murmura-t-il en lui prenant les mains, j'ai quelque chose d'important à te confier…C'est gênant, j'aimerais que tu m'aides… »

Le préfet fronça les sourcils : il était rare que Blaise, jeune homme très réservé, se confie à qui que ce soit, dévoile ne serait-ce qu'une infime partie de sa vie privée, et expose ainsi ses angoisses.

« Je t'écoute…

-Eh bien, hésitait-il, je… Non, allons droit au but : j'aime Ginny Weasley. »

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Oui, c'est méchant de couper là (mais pour écrire une fic aussi tordue, vous deviez bien vous douter qu'on était complètement sadiques, non ? mouah mouah mouah (rire démoniaque)). Donc tadam ! nous voici de retour après une longue absence avec ce nouveau chapitre un peu court… Pour se faire pardonner, on va accélérer le rythme de parution (non, vous ne rêvez pas !), donc voilà, la suite arrive bientôt

Merci aux fidèles (ou ponctuels et hasardeux) lecteurs qui suivent encore La Marque et bonnes vacances à tous ceux qui glandent derrière leur pc (d'ailleurs, si vous avez le temps, un petit review fait toujours plaisir et, soit dit en passant, motive pour poster un maximum de chapitres… (chantage ? jamais )), sinon bon courage aux vaillants travailleurs !

BW& l'AD