Maudites soient les femmes


Partie VII


C'était l'heure du face-à-face tant attendu.

Tout se mélangeait dans mon esprit embrumé. Des petites lumières rouges, bleues, jaunes, vertes clignotaient un peu partout ; le ciel était d'un bleu nuit profond, abyssal et teinté de petites étoiles brillantes ; les faibles lumières, qui nous éclairaient, ondulaient, tanguaient presque ; et je me sentais beaucoup trop drôle pour assumer un tel combat. Mais j'étais James Potter, je ne renonçais jamais et je gagnais toujours.

M'appuyant difficilement sur mes jambes pour me lever de l'herbe verte et mouillée de la campagne, je souris à mon adversaire. Il est encore plus bourré que moi, et certain de gagner, je me permets de lui faire un salut exagéré avant de tomber brutalement sur les fesses, retrouvant ainsi la dureté du sol et le chatouillement des herbes glacées. Un éclat de rire me fit grimacer et étrangement, cet éclat de rire, qui émanait de mon adversaire me contamina.

-James, je tiens beaucoup plus l'alcool que toi ! Admets-le.

-Jamais Lud', jamais ! Je réplique, en tentant de me relever.

Mais mes efforts sont vains. Mes jambes ne me tiennent plus, j'ai la tête qui tourne affreusement, je vois presque les personnes qui sont avec moi en double, et une nausée commence à me prendre. Il suffit que je reste tranquille quelques minutes et ça ira mieux... Ouais, ouais.

-Franchement James, tu me déçois, se lamente Peter, accroché à une bouteille de vodka.

Oui, Peter Crivey. Comment il a atterri dans notre petite beuverie improvisée à la campagne ? Simple, il était avec Ludwig quand Natacha avait envoyé un message à ce dernier pour suggérer cette idée un peu folle pendant qu'elle prenait un verre avec moi et Vladimir, à Londres côté moldu. Et nous voilà, tous les cinq à boire comme des trous dans le froid, à nous lamenter sur notre existence, qui pourtant est tellement belle aux yeux des autres, et à pleurnicher sur nos vies amoureuses. Oui, cinq "rescapés" blessés au combat périlleux de "l'Amour", c'tte connerie.

-Aprrrès tout, James n'a jamais été un grrros buveurrr, ajoute Vladimir, un sourire largement alcoolisé aux lèvres, riant presque.

Il peut toujours parler, lui. Vu sa carrure, il tient beaucoup mieux que nous trois. Même que Natacha a l'air de tenir aussi pas mal vu qu'elle se reflingue à la vodka.. Ça doit être leurs origines russes. Ouais, ça doit être ça parce que là je ne vois pas d'autres explications. Ils tiennent beaucoup plus que moi, et dans mon genre, je suis un champion... Un champion qui vient de se faire botter par Ludwig... Mais Ludwig aussi c'est un champion, normal... Ouais, ouais.

Bref. Nous voilà tous les quatre, assis dans une prairie irlandaise où les parents de Ludwig ont une propriété beaucoup plus loin -oui comme de vrais abrutis, on a marché quelques kilomètres avec déjà beaucoup d'alcool dans le sang jusqu'ici-, devant une sorte de feu de camp, avec des cadavres de bouteilles un peu partout, et encore une caisse pleine de bouteilles, à se lamenter sur nos désillusions respectives. Non, nous ne croyons pas que notre vie c'est de la merde et qu'il n'y a plus rien qui nous retient sur Terre, bien au contraire. On est juste -légèrement beaucoup- déprimés parce que la seule chose qui manque à notre vie, c'est quelqu'un à nos côtés qui nous aime vraiment pour ce qu'on est, et non pour ce que les autres voient de nous. Nous ne pensons pas comme de petits connard d'adolescents que l'amour est tout ce qu'il faut pour vivre, le reste rien à branler. Non, non. Nous, on a déjà notre job, notre appart, notre fric. La seule chose qu'il manque, c'est l'amour. Voilà.

Natacha, elle, est courtisée de partout par des héritiers ou même des inconnus de classe moyenne pour son héritage colossal. En même temps, qui ne voudrait pas avoir pour épouse une héritière pleine au as d'une compagnie hyper célèbre dans le monde sorcier ? De plus, ayant de lointaines origines vélanes, il arrive parfois que les hommes ne soient attirés que par son physique et non par la personnalité qu'elle cache derrière. Je ne dis pas qu'elle a une personnalité exceptionnelle, non non. Mais elle gagne à être connue en tout cas malgré son cynisme, son mépris pour les autres. Au fond, très au fond, elle est gentille... avec ceux qu'elle aime bien.

Quant à Ludwig, il est dingue de Natacha, ça se voit, mais eux c'est plus compliqué que ça. Elle ne le voit que comme un bon plan cul quand elle a besoin d'affection, et lui attend ces petits moments patiemment, endurant que d'autres hommes touchent la belle blonde quand ce n'est pas lui. Je ne sais pas comment il fait, vraiment. Mais il essaie petit à petit d'enterrer cette addiction à Nat en fréquentant plus ou moins sérieusement d'autres filles. Il sait pertinemment que Natacha ne l'a toujours vu que comme son meilleur ami et que ça ne changera sûrement jamais... Mais on couche pas avec son meilleur ami, si ? ... Heu. J'ai jamais couché avec Cait' moi. Mais Fred si, donc c'est possible ? ... Ouais mais eux ils ont fini ensemble, anneau au doigt, et petite fille parfaite dans leur maison. Donc... ? Bon, mal de tête, passons à Peter.

Peter, ah Peter. Déjà, comme pour tous les homosexuels, au début, il a été légèrement mal vu. Ses parents ont eu un peu de mal à s'en remettre et la seule qui avait été là pour le soutenir avait été cette peste de MJ et sa meilleure amie, une certaine Loana Gridds. Mais sinon, pour trouver l'homme de sa vie, il doit absolument aller dans des bars spécial gays, et les spécimens qui sont là-bas toujours ne cherchent pas forcément une relation sérieuse, bien au contraire. Et puis Peter, il est tellement gentil que le dernier homme qui a partagé sa vie pendant quelques mois était un salaud et lui en faisait voir de toutes les couleurs.

Et moi, beh... Maudites soient les femmes, tout simplement. Ces derniers mois ont plutôt été mouvementés : ma petite amie depuis environ six ans m'a largué et s'est fiancée avec un autre connard dans la foulée, j'ai rencontré Mary-Jane, une folle dingue manipulatrice, ensuite j'ai enchaîné encore une erreur en faisant souffrir une fille bien : Zoey, et puis direct j'ai aussi enchaîné une connerie avec MJ pour ensuite finir dans les bras de tahitiennes, complètement en manque d'amour parce que le lit de la blondasse était occupé. Tsss. Saleté de vipère.

-James, arrête de penser, tu me donnes encore plus le tournis, lance Natacha d'une voix éraillée, qui s'était étrangement rapprochée de Vladimir sous le regard désabusé de Ludwig.

Là, ça va mal finir. Mais bon, tant pis. Après tout, il a qu'à essayer de lui ouvrir les yeux à cette dingue de Nat'.

M'allongeant dans l'herbe en mettant mes bras derrière ma tête, j'essaie d'imaginer ce que donnerait cette petite soirée improvisée si Cait' Fred étaient là... mais également MJ, Scarlett, Enola et Zoey. Laquelle j'essaierais de séduire ? Avec laquelle je finirais ? Enola, l'éternelle insatisfaite ? Zoey, la douce rêveuse ? Scarlett, la pétillante fêtarde ? Ou MJ la méprisante cynique aux multifaces ? Laquelle aurait pu m'être destinée ?

... Trente ans bientôt, et toujours capable de se foutre dans des raisonnements pas possibles, et surtout encore capable de se foutre des mines monumentales avec des amis légèrement plus jeunes que moi (ou plus vieux si on considère Vladimir). Bientôt trente piges, et sans femme et enfants à aimer. Quelle belle vie, quand on voit que mon plus jeune frère est déjà casé avec un gosse de deux ans, et que la majorité de mes cousins et cousines ont également déjà des gosses et une bague au doigt.

En fait, j'avais une chance terrible avec Zoey et je l'ai bousillée pour l'autre blondasse. Faut l'faire quand même.

-Jaaaames, tu sais, commence Peter en posant un doigt sur sa bouche comme pour s'empêcher de parler -et non dans une position lascive, il connaît très bien mon orientation sexuelle-, ma petite salope elle t'aime beaucoup malgré touuuut.

Sa petite salope ? .. Oui la vipère bien sûr. M'aimer beaucoup ? Il a encore plus bu que moi, si c'est possible.

-Ouiiiiiii, Ja-James. Elle est pas heureuse avec ce décoloré, je le saiiiiis.

Et toi, t'es totalement défoncé.

:.:

Poussés par Peter Crivey, nous avons effectué le voyage du retour à la manière moldue. Trains, avions, tout y est passé, et ceux qui n'avaient jamais utilisé ce moyen de transport, c'est à dire Natacha et Ludwig, étaient comme des gosses tout du long. C'était à se demander si ils avaient parfaitement dessoûlés de notre soirée datant de quand même plus d'une journée et demi.

-C'était trop bien ! Lance Natacha en passant son bras sous celui de Vladimir, impénétrable comme à son habitude les jours suivant une soirée arrosée.

Et dire que cette gamine portant un luxueux manteau blanc a vingt-six piges. On dirait une fillette prête à nous supplier pour refaire un tour de manège.

-Les moldus sont vraiment marrants, ajoute-t-elle avant que Peter ne lui mette exagérément la main sur la bouche.

En effet, lancer cette phrase au beau milieu d'une foule de moldus est digne de Natacha Slevtonetski elle-même. Malgré le fait qu'elle sorte beaucoup dans des endroits moldus, elle fait toujours une gaffe de ce genre. En même temps, elle est blonde... Et non, je ne suis pas raciste des blondes, ...juste prudent les concernant. Après tout, MJ est une blonde... Mauvais exemple.

... Depuis que Peter m'a dit cette phrase quand on était bourrés, et dont je m'en souviens, tout revient à Mary-Jane. C'est pas bon signe. Je me connais, je sais qu'à chaque fois que j'ai un pressentiment, il se passe quelque chose, et là, j'en ai un... De pressentiment. Vous m'suivez ? .. Non ? Tant pis.

Disons que ça m'étonnerait pas si je la croise les jours qui vont suivre. Ou encore croiser son mec. Haddock.. Ah non, Braddock. Lui, il m'a pas tellement marqué que ça en fait. Toutes ses menaces n'étaient soit que du vent, soit Miss Crivey lui a dit de ne rien faire. En même temps, il n'aurait rien gagné. J'aurais engagé Ethan Edgecombe et ça aurait été dans la poche. Ethan est le meilleur dans son domaine... Faut pas croire que je fréquente des nazes. Fred va reprendre la boutique de son père et c'est un des plus gros magasins sorciers au monde ; Caitlin a eu une promotion dernièrement et a été hissée au rang de consultante sportive. En gros, c'est -presque- une grosse ponte niveau Quidditch. Et sinon, tous mes cousins et cousines ont plus ou moins réussi dans leur vie professionnelle. Avec le nom des Weasley c'était moins dur évidemment, mais ils ont quand même fait leurs preuves pour montrer qu'ils méritaient leur poste, etc.

Bref. Revenons à Natacha et à sa gaminerie. Maintenant, elle veut monter sur le dos de Vladimir en pleine rue londonienne. Qu'est ce qu'elle a bien pu prendre avant de descendre de l'avion ? Je jette un regard à Ludwig qui a un léger air pincé malgré le sourire artificiel qu'il affiche face à la gaieté de Natacha... elle aussi artificielle apparemment. Elle a dû un peu se shooter à l'herbe bleue.

... Putain, j'lui avais dit d'arrêter de prendre des cochonneries de ce genre.

Vlad' a compris aussi que Nat' n'était pas dans son état normal même si d'habitude, elle est aussi très gaie. Là, c'est trop exagéré. Beaucoup trop. Elle plane complètement.

-Les gars, on la ramène de suite à son appart'. Lud', t'as les clés ?

-Toujours, réponds celui-ci en souriant, ... presque piteusement.

Je n'y fais pas attention et entraîne ma petite bande d'amis dans une ruelle sombre pour transplaner du côté sorcier, où Natacha a un studio. Mais Peter ne vient pas avec nous, il a promis à ses parents de passer dès son retour du week-end et il était déjà pas mal en retard. Nous souhaitant bonne chance avec notre blonde chérie, il file à travers la marre de gens, se déhanchant odieusement.

-Jaaaaames.

Ah Natacha... Toi et ton herbe bleue commencez à me gonfler.

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Après avoir mis Natacha au lit après une engueulade que je remettrai dès que je la reverrais, Vlad' et moi sommes partis chez nous respectivement tandis que Ludwig se réinstallait dans le studio de Nat' comme il le faisait à chaque fois qu'ils venaient à Londres. Lui, il l'hébergeait quand elle passait à Paris par exemple.

Mais ça, ce n'est pas le plus important.

Je vous avais dit que j'avais un putain de pressentiment. Ben, j'avais pas tort. J'ai toujours raison, d'ailleurs. Qui je croise, moi mon sac sur mon dos, emmitouflé dans ma veste un peu vieillotte -datant de nos dix-sept ans à Fred et moi-, avec un début de barbe, et les cheveux en désordre ? ... Mary-Jane Crivey... et son mec. C'est ma journée.

Sauf... Qu'ils ont l'air de se disputer.

C'est génial, huhu. La blondasse a l'air folle de rage, et le Cap'tain Haddock a l'air de s'expliquer en faisant de grands gestes, ses lèvres bougeant à toute vitesse essayant sûrement d'argumenter le plus possible.

Je répète une constatation déjà faite auparavant. Mary-Jane est vraiment très belle quand elle est en colère. D'habitude, elle est plutôt banale, avec un charme bien à elle. Je sais qu'elle me fait beaucoup d'effet, c'est évident, mais il n'en est pas de même pour tous les hommes. D'ailleurs, Vlad' vient de me souffler qu'il la trouvait assez banale. M'enfin, c'est bizarre de ses dire que cette femme m'attire énormément et que par exemple, Vlad', qui a d'habitude à peu près les mêmes goûts que moi, ne la trouve pas super belle... y'a un problème.

- ... t'es vraiment qu'un connard, Will !

-Bébé mais...

-Ta gueule ! Je te laisse une demi-heure pour rentrer à mon appart, ramasser tes affaires et te casser ! L'invective violemment Mary-Jane.

Ah ça oui, qu'est ce qu'elle est belle là. A engueuler l'autre débile de surfeur, surtout. "Bébé", je rêve. Ça lui va pas du tout à MJ. Enfin si peut-être mais pas dit comme ça et pas dit par lui. Ouais, aussi.

Un sourire niais en coin s'étale sur mon visage sans que je ne puisse l'en empêcher. C'est un spectacle vraiment jouissif et nul doute que si Peter était là, lui aussi apprécierait. Et puis, ça me fait sourire de voir MJ comme ça, en colère contre un autre que moi, fringuée presque comme une... vraie femme. Oh Merlin ! T'as vu comment tu l'as laissé se fringuer ? Et en plus, en plein hiver ! ... Bon d'accord Merlin, j'exagère un peu. Mais bon, j'ai pas l'habitude de voir Miss Crivey aussi sex. Elle porte une sorte de robe verte foncée, moulante, assez courte, des collants noirs ou un leggings, je sais pas trop, un manteau épais brun qui lui arrive à mi-cuisses, des ballerines noires plates (des talons, ça aurait été beaucoup trop d'un coup pour mon coeur.), ses habituelles Wayfarer qui lui donnent cet air d'intellectuelle coincée que j'aime tant, et ses cheveux blonds sont attachés en leur habituel chignon haut désordonné.

Disons qu'avoir eu une relation avec ce décoloré l'a légèrement poussé à la "débauche". Pas que j'aime pas, bien au contraire, mais j'ai un léger penchant pour la Mary-Jane stricte et sèche aux yeux des autres et passionnée et exubérante au lit. Seulement avec moi. Ouais, je préfère quand elle féminine seulement au lit et uniquement avec moi.

Et puis, là, elle me fait penser aux actrices moldues de l'époque de mon grand-père ou même un peu après quand elle tient d'une main experte et agacée sa cigarette dont le bout est rougi, excédée au possible, les joues rosies par l'indignation et le froid, un peu de tout à la fois. J'aimerais beaucoup qu'elle lui plante sa clope en plein visage, appuyant dessus sadiquement, et le voir, lui, hurlant de douleur, lui criant qu'elle est cinglée. Parce que oui, elle est délicieusement cinglée... Et puis, elle se retournerait, me verrait, me lancerait un sourire plein d'arrogance et viendrait m'embrasser à pleine bouche.

... Mary-Jane Crivey est décidément une vraie source d'inspiration.

Sauf que mon scénario n'a pas l'air de marcher. Effectivement, elle se retourne. Mais déjà, raté, pas de sourire plein d'arrogance. Plutôt un regard noir. Ensuite, elle se détourne du Cap'tain Haddock, qui m'ayant également remarqué, a les lèvres serrées de rage, et se dirige vers Vlad' et moi.

… Cours Vlad', cours ! La mégère arrive et elle a l'air fu-rax ! Putain, pour une fois que j'ai rien fait, sigh.

-Potter, gronde-t-elle sourdement.

-Salut MJ ! Comment vas-tu ? Je demande gaiement en passant une main nerveuse dans ma masse capillaire.

Apparemment trop gaiement pour être honnête. De suite, elle comprend que Vlad' et moi, on a assisté à son engueulade. Le seul point flou restant à éclaircir est de savoir à quel moment de la conversation sommes nous arrivés. Parce que bon, on a pas entendu grand chose au final.

-Peter était avec toi ce week-end ? Demande-t-elle brusquement, sans répondre à ma question.

Super la politesse, chérie. Bref, passons. Réponds simplement Jimbo et tout ira bien. Vlad' près de moi regarde la scène avec un grand désintérêt. Tout ça lui passe au-dessus ; c'est pas ses oignons.

-Oui.

Elle ne réplique pas, préférant tirer une bouffée toxique de sa précieuse clope, pensive, tandis que le Cap'tain Haddock est toujours à quelques pas, hésitant à venir ou à partir. Si j'étais lui, je me casserais vite fait et appliquerait les consignes de MJ à la lettre. Moi objectif ? Tellement.

-Toi et … Will, ça se passe bien ?

Vladimir toussote.

Mary-Jane me lance un regard désabusé, et ses lèvres -si attirantes, putain…- s'étirent en un sourire ironique.

J'arbore mon air le plus innocent.

-Comme tu l'as sans aucun doute vu, Potter, lui et moi c'est fini.

Impossible de ne pas sourire. Haddock est parti furieux et légèrement déconfit. Non mince, Braddock... Et puis, qu'est ce qu'on s'en fout haha. MJ est libre comme l'air, ce qui veut dire... que son lit est libre ! Muahahaha.

… Putain, je suis immonde. La blondasse vient de larguer son copain et je pense déjà à reprendre ma place dans son lit, place que j'avais super bien occupé quelques semaines plus tôt. Passage trop court selon moi mais intense. Le moment le plus intense de toute ma vie jusqu'à maintenant. Je me demande ce que ça donnerait si je réitérais l'expérience.

Ça serait le pied complet.

-Un verre chez moi, ça te dit ?

Vladimir toussote une nouvelle fois.

Les mots sont sortis tous seuls de ma bouche. Je n'avais aucune intention de les laisser franchir mes lèvres mais ça s'est fait, tant pis. Peut-être que j'ai une chance qu'elle accepte. Ouais, et beaucoup plus de chances de me faire rejeter. Aussi, ouais. Et puis c'est l'heure de l'apéro !

Ma chère Vipère me jauge, hautaine, des pieds à la tête avant d'avoir un sourire en coin, vraiment très craquant.

-Avant de prendre un verre avec moi chez toi, tu prends une douche.

… Ah béni soit Merlin de m'avoir mis sur le chemin de Mary-Jane Crivey après une rupture !

:.:

Après avoir salué Vladimir, marché un peu avec MJ en silence jusqu'à chez moi, et pris une douche revigorante, me voici en train de servir un verre de Tequila Brûlante à la Vipère, l'envoûtante Vipère, assise confortablement dans un de mes fauteuils/transats sur mon exceptionnelle terrasse.

Hé oui, quand on est un des plus grands joueurs de Quidditch depuis les débuts du Noble Sport (Si si, je vous assure, l'un des plus grands !), on se doit d'avoir un super appartement ou une superbe maison. Dans mon cas, c'est un appartement. Au début, j'avais hésité pour un duplex et finalement j'ai pris un penthouse. Ce qui revient un peu au même au final. Dernier étage. Une superbe terrasse. Aucun voisin au-dessus pour nous faire chier. Et de toute façon, un bon sort Anti-Bruit et le problème des voisins bruyants aurait été réglé.

-Alors Potter ? Ces dernières semaines ? S'enquit aimablement la blondasse.

MJ aimable avec moi… Elle doit vraiment être déboussolée par sa rupture. Alors qu'ils ont eu une relation de combien de temps ? Allez, un mois non ? Un mois, c'est rien. Un mois ce n'est que trente jours en moyenne, soit sept cents vingt-heures, ou encore quarante-trois milles deux cents minutes. Donc seulement deux millions cinq cents quatre-vingt douze milles secondes en moyenne. Voilà, elle a passé deux millions cinq cents quatre-vingt douze milles secondes avec lui alors que par exemple avec Sarah j'avais passé six ans et dix mois, imaginez le compte d'heures, de minutes et de secondes passées avec elle. C'tte pétasse.

Bref.

-La routine. Entraînement, petit verre avec les amis le week-end et les jours de congés. Quelques soirées mondaines par ci, par là. Et ce week-end, comme tu le sais déjà apparemment, petite virée en Irlande dans une des propriétés des parents de Ludwig, je réponds tout en me servant un verre.

MJ enlève ses chaussures, étend ses jambes sur le fauteuil, et semble pensive. Les lumières de la terrasse éclairent faiblement son visage mais je distingue néanmoins ses traits que j'ai l'impression de connaître par coeur. Elle m'a manqué, je réalise soudainement.

Oui, cette chieuse m'a manqué. Sa langue de vipère, sa manière de toujours trouver le moyen de m'agacer au possible, son charme dingue, et même la voir une clope à la main ou à la bouche m'a manqué. Et pourtant les femmes qui fument, c'est pas du tout, mais pas du tout, mon trip. Bien au contraire. Bref. Miss Crivey m'a manqué.

-Et toi ? Pourquoi avec le Cap'tain Haddock c'est fini ? Je demande, curieux d'en savoir plus.

Elle rit -ô quel son enchanteur- et boit goulûment une gorgée du liquide ambré. Heu, elle devrait pas boire aussi sèchement la Tequila Brûlante, ça monte vite ces choses-là... Oui, je sais. Ça sent le vécu.

-Il se passe la même chose à chaque fois, Potter. La vie.

Bien pessimiste quand aux relations la demoiselle Crivey.

-J'ai dû me déplacer un peu en Angleterre, à Liverpool, etc pour faire un peu la promotion de l'agence et pourquoi pas étendre mes services dans les « grandes villes sorcières » de Grande-Bretagne... Et ce connard, incapable de m'attendre cinq jours, s'est tapé une salope dans un bar. Non, en fait deux. Elles étaient jumelles. Il a prétexté être bourré quand il avait fait ça mais rien à foutre. C'est pas une raison pour me tromper alors qu'on sortait ensemble depuis à peine un mois. Et putain, Potter, je l'avais laissé emménagé chez moi ! Je pensais naïvement que ça allait durer.

Alors comme ça, Mary-Jane Crivey est une femme comme les autres, capable de se faire avoir par le plus pathétique des hommes et ensuite pleurnicher sur son sort. Quoique... elle ne pleurniche pas au final. Elle reste stoïque, mais sans l'ombre d'un doute, déçue par ce qu'elle a fait. S'acoquiner avec ce méprisable type était une erreur, et je vois bien qu'elle s'en rend compte... Elle aurait dû accepter le magnifique plan de plaisir que j'avais concocté pour nous deux au lieu de s'amouracher d'un connard fini.

-Le pire, c'était que je n'en était même pas amoureuse. Quelle conne j'ai fait sur ce coup, ajoute-t-elle après réflexion.

Ah. Finalement elle ne s'en est pas amourachée. C'est mieux. Là, je reconnais la blondasse que je connais : elle reconnaît volontiers une erreur mais reste digne. Méprisante et délicieusement envoûtante.

En grimaçant -sûrement en se ressassant toute cette histoire-, ma chère blondasse avale cul-sec son verre de Tequila Brûlante et me le tend pour que je la resserve. Ah, l'alcool. Rien de mieux pour oublier toutes les conneries qu'on a faites... même si ça doit amener à en faire d'autres. Ouais, genre accepter de promettre de faire la pub d'une agence matrimoniale. Ouais, genre ça.

-Potter, tu sais, j'aurais pu te trouver la bonne, souffle Mary-Jane.

-Peut-être MJ. Peut-être. Mais comprends-moi. Pour mon image, pour ma dignité, afficher que j'ai trouvé la « femme de ma vie » grâce à une agence matrimoniale est … humiliant.

-Qu'est ce que ça peut faire ? T'as ton appart', t'as ton fric, t'as une famille qui t'adore, et en plus t'aurais eu celle qu'il te fallait. Tu aurais tout eu Potter, alors qu'est ce que t'en aurais eu à foutre du regard des autres ?

-Une agence matrimoniale, c'est pas censé assurer une certaine discrétion à l'égard de ses clients ? Je lance, amusé, préférant sortir la carte de l'humour que de continuer sur le chemin légèrement pentu où m'entraînait la blondasse.

Parce qu'elle n'a pas totalement tort, la Vipère.

Encore heureux, elle rit à ma blague, sûrement déjà un peu trop imbibée pour ne pas répliquer. Elle est belle aussi quand elle a un peu bu. Ses joues ont pris une petite teinte rosée, elle sourit bêtement et passe continuellement une main dans ses cheveux, légèrement ébouriffés par la brise fraîche que l'on sent sur la terrasse.

… Non, elle n'est pas belle. Elle est magnifique.

-T'es chiant, Potter.

Voilà sa seule réplique. Haha, MJ baisse de niveau là. Tu me déçoooooois tellement. Mais ça fait du bien d'avoir un peu le dessus sur toi. Pour une fois que ça arrive, j'en profite.

-Où est passée ta langue de vipère, Mary-Jane ?

-Arrête de m'appeler Mary-Jane, rouspète-t-elle pour la forme, en me donnant une tape sur le bras. Personne ne m'appelle comme ça à part mes parents et mes anciens profs. Appelle-moi Mary comme tout le monde. Et j'ai pas la foi de toujours t'enfoncer Potter. Pour ce soir, c'est mort. Cette histoire stupide avec Will m'a mise out jusqu'à demain au moins. Je pensais que c'était un mec bien.

-MJ chérie, la première fois que j'ai vu ce mec, il était allongé peinard dans un transat, à exposer son corps bien bâti -mais moins que le mien- de surfeur, et à regarder toutes les cinq minutes si une fille le matait. Puis, il a essayé d'une manière complètement ridicule de s'intégrer parmi mes amis en prétextant être le mien, avec une attitude assurée. D'ailleurs, tu l'as défendu ce soir-là.

-C'était mon copain, elle réplique en souriant.

Aujourd'hui est un jour béni. Je ne compte plus le nombre de fois où la blondasse m'a offert un vrai sourire. Un sourire sincère, amusé et non ironique, hypocrite, moqueur, ou autre. Un putain de vrai sourire.

-Donc bref, ensuite il n'a pas arrêté de vouloir me titiller -et encore le mot est faible- sur ma façon de vivre et d'utiliser mon argent, il t'a trompé -à sa place, j'aurais réalisé la chance que j'aurais eu d'être avec toi, dans ton lit- et j'en passe. Ce mec-là était un vrai trou du cul, MJ. Et il t'a fallu du temps pour le comprendre alors que je l'ai su au premier coup d'oeil.

-Je ne suis pas un génie comme toi, Potter, ironise ma blondasse préférée.

Haha, ouais c'est vrai que c'est facile de dire ça maintenant. Mais je ne dis que la vérité : au premier regard, j'avais détesté le Cap'tain Haddock... Peut-être pas pour toutes les raisons que j'ai cité mais voilà quoi. Il était pas assez bien pour elle. J'étais le seul qui pouvait lui convenir. Je devais être le seul à avoir une place dans son lit. Le seul et l'unique. Parce que rien de penser au fait que l'autre décoloré a posé ses mains sur le corps ô combien désirable de cette blondasse me donne la nausée.

-Et puis, je dois avouer que Will avait bien cherché ton coup de poing ; il avait vraiment exagéré quand tu nous avais dit que tu étais finalement parti à Tahiti...

-Ce jour-là, merci d'avoir gueulé comme ça mon nom dans la rue. Y'aurait pu y'avoir un scandale, j'enchaîne sans pouvoir m'en empêcher.

Et pourtant, je m'étais promis que je ne lui ferais jamais aucun reproche à propos de ça... même si elle en méritait, de mon humble point de vue. Comme seule réponse à cette attaque légèrement déguisée, elle me lance un regard perçant, accompagné d'un sourire angélique, puis recommence les mondanités :

-Et toi alors ? Si tu me parlais un peu de tes amours ?

-Il n'y a rien, je réponds sincèrement.

J'aurais pu la baratiner parce que je vois bien dans ses yeux une petite lueur de malice. Elle veut sûrement me faire renouveler une promesse bidon, mais non, de toute manière, je ne retomberais plus dans son jeu. J'suis pas né de la dernière pluie quand même, bien au contraire. MJ Crivey, cette sale mafieuse, ne m'aura plus une deuxième fois, bourré ou pas.

-Alors t'as pas envie de t'inscrire officiellement à mon agence ? Me demande-t-elle avec un sourire engageant, spécial commerce. Je te promets que c'est moi qui m'occuperait de toi.

-Et risquer un autre dérapage, en es-tu sûre ? Je réplique, en passant une main assurée le long de mon menton, frôlant mon début de barbe. Je refuse catégoriquement que tu me refiles ensuite à l'autre vieille bique de Mrs Graham. Elles sont pas censées être super aimables les consultantes des agences matrimoniales, prêtes à se plier en quatre devant les désirs de leurs clients, tout en gardant un certain sens des réalités ?

Elle se marre. Heu pardon ? … D'habitude quand je fais des allusions de ce type à une fille, elle rougit ou rigole nerveusement. Ou encore rentre dans mon jeu. Mais non, Mary-Jane, elle, rigole franchement. Comme si j'avais sorti une très bonne blague.

… En même temps, elle en est à son troisième verre de Tequila Brûlante et Merlin sait que cet alcool est un des plus forts que l'on peut trouver sur le marché sorcier.

-Voyons Potter, si tu contrôles tes hormones, tout ira bien. Et puis Mrs Graham te déteste juste parce que tu as battu l'équipe des Frelons de Wimbourne, son équipe préférée, à la finale du Tournoi de l'Europe du Nord.

Ahaha, je savais bien qu'elle me détestait ! C'était pas normal comme comportement... Bref, revenons-en à une chose qui m'intéresse beaucoup plus que les états d'âmes de Mrs Graham... Les hormones de MJ et les miennes.

-Et si je n'y arrive pas ? Et encore mieux, si toi tu n'y arrives pas ? J'insinue sans aucune gêne en me rapprochant d'elle doucement.

Mais elle n'est pas dupe. Me fixant de son regard brun profond, praliné, chocolaté, tout ce que vous voulez -faut que j'évite les envolées lyriques-, si intense derrière ses lunettes, cette Vipère me fait perdre mes moyens. Puis son bras se lève lentement, sa main attrape délicatement mon menton ; elle fait passer ses doigts fins le long de ma mâchoire avant de s'attarder sur les courbes de mes lèvres. J'en profite pour lui enlever son élastique, défaisant ainsi son chignon.

… Mary-Jane Crivey, pourquoi me fascines-tu autant ?

Putain, jamais personne ne m'a fait cet effet-là, et très franchement, ça me fait peur. Oui, le grand et magnifique James Sirius Potter a peur de quelque chose, et l'initiateur en est une femme... Et quelle femme !

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Après quelques verres de Tequila Brûlante sur ma terrasse et un moment intime assez effrayant sur lequel nous n'avons fait aucun commentaire par la suite, je l'ai invitée à dîner chez moi. Je suis aussi un très bon cuisinier, qu'est ce que vous croyez ? … Non en fait, je sais faire des trucs assez simples et seulement en m'aidant de la magie, d'ailleurs. Non, non, le plus marrant, c'est de nous voir tous les deux, dans ma cuisine, en train de nous préparer un bon petit plat. Elle donne les directives et moi je la suis.

La Vipère, ayant vécu uniquement dans le monde moldu jusqu'à l'âge de ses onze ans, sait bien y faire. Et puis même si elle connaissait l'existence du monde sorcier, ses parents avaient toujours tenu à lui donner une éducation moldue jusqu'à ce qu'elle parte de chez elle et se lance dans la vie active qu'elle aurait choisie, moldue ou sorcière.

… Comment je sais tout ça ? MJ me raconte tout ça en cuisinant avec moi. Maintenant, je connais pas mal de petites histoires sur son enfance, son adolescence et sur les Serpentards de sa génération.

Et on a des attitudes de couple. De vrai couple, par Merlin. C'est effrayant, putain.

Je l'enlace par la taille quand elle fait mijoter des champignons dans une poêle sur le feu. Elle m'embrasse dans le cou juste parce qu'elle en a envie, d'après ses dires. On se moque l'un de l'autre dans nos tâches respectives. Merliiiiiiiiin.

Hop, je lui dépose un léger baiser au coin des lèvres en mettant la table. Elle sourit ; elle est belle quand elle sourit. Et puis, ses cheveux qu'elle a laissé lâchés lui donnent un air plus doux mais en même temps plus sauvage.

Quoi, je l'ai déjà dit qu'elle était belle ? Je deviens vieux, je radote. Mais putain, oui qu'est ce qu'elle est belle. Dans ma cuisine, « pieds nus » si l'on peut dire car elle a ses collants. A faire à manger avec moi, et pour moi. Enfin pour nous, mais dans le nous, y'a moi, non ? Si. Je m'égare, mes pensées s'éparpillent, et il ne reste plus qu'elle dans mon champ de vision.

Etrange phénomène. J'ai l'impression qu'elle est un aimant et qu'elle m'attire irrémédiablement vers elle. A chaque fois qu'on est ensemble.

-C'est prêt, chantonne-t-elle en écrasant sa clope dans un cendrier de fortune : une sorte de récipient carré bizarre qu'elle a retrouvé au fond d'un de mes tiroirs dans la cuisine.

Sans Tequila Brûlante dans le sang, serait-elle comme ça ? Agirait-elle comme ça avec moi ? Comme si j'étais son mec ou un truc du genre... Ouais un truc du genre. Agirait-elle toujours de cette manière, totalement sobre ?

-C'est vraiment délicieux, je murmure en appréciant ma bouchée. T'as passé ta vie dans une cuisine ou quoi ?

Mary-Jane rigole mais, j'le jure, son sauté de porc aux champignons est un vrai délice et a un goût de France. C'est décidé, cette femme sera ma maîtresse et mon cuisinier personnel. C'est décidé ; voilà une fonction utile à ajouter au sujet « Mary-Jane Crivey ».

-Maman a des origines françaises, et puis elle adore faire la cuisine. Elle nous a toujours dit à Peter et à moi que ça la détendait, qu'elle se coupait un peu du monde quand elle était devant sa table de travail et qu'elle nous préparait des bons petits plats. Elle m'a initié à cette détente et j'en suis devenue folle, contrairement à mon frère qui adooooore aller au restaurant, se faire livrer, ou autre chose du genre. C'est la seule chose bien masculine que je vois chez lui, à part bien sûr.. hum.

Dis donc, elle parle beaucoup la Vipère quand elle est détendue à ce point.

J'éclate de rire à son insinuation et nous commençons à manger tout en échangeant des petites anecdotes sur nos deux mondes. Différents certes en surface, mais au fond le même. Nous avons tous les deux grandi dans une famille unie, aimante, et nous avons toujours été entourés. Nous avons eu ce que nous voulions dans la vie, et même si à une époque, j'lui avais détruit son amitié avec le petit Billie, sûrement devenu grand maintenant, MJ n'avait pas souffert d'un vrai manque du côté d'amitié.

J'ai appris aussi qu'elle n'avait eu qu'une amie tout au long de sa scolarité et qu'elle l'avait gardé jusqu'à aujourd'hui... C'est ce qu'on appelle une vraie amitié comme celle de Caitlin et la mienne. Et celle d'Ethan et la mienne. Mon amitié avec Fred ne compte pas vraiment car, étant cousins, nous sommes amenés à nous retrouver souvent aux réunions de famille qu'adooooore organiser ma grand-mère Molly. Bref, la jeune femme en question se prénomme Vanessa, a des origines espagnoles et sud-américaines, adore la cuisine mexicaine et raffole littéralement des joueurs de Quidditch. D'ailleurs, MJ m'a raconté, très amusée, que cette Vanessa, dès qu'elle avait sur que Miss Crivey « s'occupait » de moi, avait voulu de suite s'inscrire à l'agence pour être une fiancée potentielle. Un joueur de Quidditch célèbre, intelligent, riche et canon, ça se refuse pas.

Bien entendu, MJ a refusé. Je me demande bien pourquoi. Si après tout, j'aurais pu faire le bonheur de sa meilleure amie, et elle le mien ? … Et puis ça m'étonnerait qu'elle l'ait fait par jalousie et pour me garder uniquement pour elle. C'était plutôt pour éviter que sa meilleure amie se retrouve avec un mec qu'elle ne pouvait pas saquer, trop égoïste, trop vantard, trop râleur, etc. Et qu'elle n'aurait surtout pas voulu me côtoyer tout le temps, et qu'au final, elle aurait peut-être laissé tomber sa meilleure amie, fatiguée de notre amour, ou sinon elle aurait tout fait pour que le couple que Vanessa et moi aurions pu former se brise. Sauf qu'elle ne prend pas en compte un léger détail. Je ne fais pas vraiment vraiment dans les anciennes Serpentards quand je peux l'éviter. Bon elle, d'accord, c'est une ancienne Serpentarde, mais qu'est ce que j'y peux ? Vous l'avez vue et parlé avec elle ? … Elle est délicieuse.

-Je vois, je l'aide en engouffrant une bouchée.

C'est vraiment su-per bon !

-Et vous monsieur Potter, la cuisine ne vous intéresse guère ? Me demande-t-elle en levant son verre de vin.

Oui, parce qu'en plus, Miss Crivey a insisté pour que l'on débouche une bouteille de vin pour accompagner ce succulent repas, prétextant qu'il n'en était que meilleur avec du vin. Heureusement, j'ai toujours des réserves en différents alcools moldus. Je suis trop bon, je sais.

-J'aime beaucoup les desserts, je lance tout fier de mon sous-entendu que MJ, à mon plus grand malheur, ne capte pas.

Ou fait semblant de ne pas capter. À méditer sérieusement.

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Comme je l'avais prévu, nous sommes passés au dessert. Non, pas encore ce genre de dessert malheureusement. Je dis bien « pas encore », oui, j'ai de l'espoir. C'est pathétique, je sais, mais j'ai un bon pressentiment.

Notre dessert, c'est deux mousses au chocolat faites grâce à la magie malgré les protestations de l'autre chieuse. Les faire à la moldue aurait été beaucoup trop long, et j'avais une envie de chocolat. C'est pas mon dessert préféré mais c'était celui de Mary-Jane, et attendri malgré moi par cette soirée, j'ai voulu lui faire ce petit plaisir.

-C'est mieux quand c'est fait à la moldue, rechigne un peu MJ tout en avalant goulûment une cuillère de mousse, les jambes repliées sous elle.

Pour être beaucoup plus confortablement installés, nous avons migré vers mon canapé moelleux à souhait pour déguster cette délicieuse mousse. J'y ai même mis des morceaux de chocolat entiers pour un peu plus de raffinement.

-Tu apprécies quand même, ne dis pas le contraire, je réplique en souriant.

Jamais contente, cette-là. Franchement.

La blondasse ne répond pas, et m'observe attentivement avant de lâcher un « Pas complètement. ». Moi, bien sûr, je m'apprête à lui dire de me la donner si elle ne lui plaît vraiment pas, un peu vexé quoi. Putain, j'fais une mousse pour elle, et elle aime pas ? Tssss, n'importe quoi vraiment.

Mais elle se rapproche délicatement de moi sur le canapé, le regard beaucoup trop brûlant et ses lèvres légèrement entrouvertes, sa robe se relevant sur le haut de ses cuisses malheureusement couvertes par les collants... Superbe spectacle.

-J'ai une très bonne idée, souffle-t-elle sensuellement.

Oh Merlin, achevez-moi ! … Enfin non, pas tout de suite, laissez-moi profiter ensuite je pourrais mourir en paix. J'aurais expérimenté tout ce dont un homme doit expérimenter au moins une fois dans sa vie... Quoique j'ai pas encore testé le mariage et la paternité... Bref, je m'étends pas là-dessus sinon bad trip assuré. Concentre-toi sur Mary-Jane, Jimbo. C'est pas compliqué... Ah non, vraiment pas.

Cette fichue Vipère étale de la mousse sur mes lèvres un peu gercées avec sa cuillère, lentement, comme pour faire durer la torture. Quelle vraie sadique,... quelle vraie traîtresse. Puis elle se penche vers moi, effleure mes lèvres des siennes, y mettant au passage encore un peu de mousse. Moi, trop tenté, déjà le sang chaud, j'attrape férocement ses lèvres pour les dévorer. Mais elle m'arrête trente secondes plus tard.

Putain, qu'est ce que … ?

-Je veux savourer ma mousse, Potter, me murmure-t-elle à l'oreille d'un ton légèrement dominant -délicieusement surprenant car totalement inhabituel avec mes maîtresses... Bon d'accord une fois, j'ai couché avec une cinglée qui m'a attachée au lit mais bon, ça ne compte pas, c'était dans ma période post-Sarah-, tout en installant confortablement ses petites fesses sur mes jambes, entourant ma taille des siennes.

Et là, oh Merlin, putain, là... elle m'embrasse comme on ne m'a jamais embrassé, s'amusant toutes les deux minutes à me remettre de la mousse sur les lèvres, dans le cou... Mon tee-shirt ! … Non en fait, tu peux y aller. Voilà, maintenant, elle en fout plein sur mon torse qu'-Oh Merlin !- qu'elle lèche, provocante à souhait, tout en me souriant. Quelle perverse, par Merlin.

N'en pouvant plus, je caresse d'une main son tout petit et tout mignon postérieur et de l'autre, j'attrape ses cheveux blonds à pleine main pour l'embrasser à n'en plus pouvoir, la dévorer toute crue, l'emmener voir des horizons qu'on ne lui a encore fait qu'entrevoir, lui faire oublier jusqu'à son propre nom pour ne se souvenir que du mien. Parce que c'est tellement bon de la sentir dans mes bras, de sentir sa peau nue contre la mienne, -oh putain qu'ils sont chiants ces collants !-, de l'entendre soupirer d'aise grâce aux soins que je lui prodigue, ah oui, c'est tellement bon de lui faire l'amour à en crever.

… J'ai l'impression que mon coeur va exploser.

Et merde.


Septième partie finie. :) Bon j'ai pas relu & je vous ai jeté ça un peu là. Donc désolé si il y a des fautes & tout. :/

J'espère vraiment que vous avez aimé. Rapprochement notoire entre nos deux protagonistes principaux donc. Je sais que j'ai pris un peu de temps pour l'écrire et le publier, mais je ne suis plus trop sûre de moi en ce qui concerne ce chapitre. Tout ce que j'espère, c'est que ça ne va pas trop vite entre James et MJ, et pareil pour MJ et Will. u_u

Donc voilà, pour mes autres écrits en cours, je commence à peine la deuxième partie de Jeu dangereux ; j'essaie de finir le prochain OS pour Dominique Isabel Weasley et j'ai un projet dingue dingue d'une sorte de crossover entre GG (la série) et Harry Potter, la nouvelle génération. Essayer d'adapter la série à Poudlard, ça serait pas mal. Mais bon ce n'est qu'un projet. Et puis mon Chuck Bass serait James Potter évidemment. Ou peut-être pas. Peut-être Scorpius Malefoy, qui collerait plus au personnage de Chuck. Bref, on verra si je le fais ou pas. ^^ Mais ça serait court, juste quelques fragments de temps en temps quand l'envie m'en prendrait.

Merci à toutes celles qui me commentent, qui me suivent, qui m'encouragent ! C'est grâce à vous que ces chapitres & ces fictions voient le jour. :) MERCI MERCI MERCI ! Et aussi gros gros gros merci aux anonymes pour leur soutien et leurs avis sur la fiction :D : Lydie Metzinger, Aranel & Erylane. Au fait, Erylane pour la fiction Deux témoins dans un sale pétrin, j'ai pas encore écrit la suite (enfin si un petit bout) mais elle est un peu dans mes fictions que j'update pas souvent. Désoléééé. :/ Mais j'essaierai de m'y mettre avant fin janvier. (trop de résolutions tue les résolutions malheureusement) Je ne promets rien. ^^

Encore, merci. :)

Gros gros bisous à tous & toutes !

Valouw.