Disclaimers : Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.

Genre : One-shot posté en 7 parties, romance, humour. Yaoi.

Rating : T

C'est quoi ? Luna et moi sommes dans un lit, sur le point de dormir, en nous racontant quelques bêtises, des souvenirs... et ce monstre est né. C'était censé être court, l'intégralité fait 38 pages !

Résumé : Les Preventers ont besoin de décompresser. Et ils ont trouvé un moyen excellent de le faire. Aux dépends d'un certain pilote ?

Dédicace : Pour ma Lunanamoi :) Merci ma crevarde pour ton nonospitalité !

Micis ! A toutes les personnes qui ont pensé à moi et qui ont mis un petit mot.

PS : je poste bcp en ce moment. Mais c'est ce que je fais quand je suis contrariée ou inspirée, j'écris, ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Je suis contente en tous cas de pouvoir partager :p

Avertissements : nos pilotes boivent quelques petits verres chez Quatre et surtout, ne bougent pas de chez Quatre. Les personnages ne subiront jamais les conséquences d'un abus, ceci est une fiction et vous êtes des êtres humains.


Les 7 baisers capitaux

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Appartement de Quatre Raberba Winner, Genève, 24 mai AC 202, 00h55

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Baiser n°7 : Poker Face

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Heero attrapa Duo par le bras.

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- Pas si vite.

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Duo haussa un sourcil…

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- Oh, tension…

- Dorothy…

- Barbie Zechsy ? Laisse-moi profiter de la testostérone, s'il te plaît.

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Jusqu'au jeu de regard. Dix secondes dans les yeux.

Un regard franc.

Puis.

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- Si tu insistes…

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Heero lâcha le bras.

Duo secoua la tête avant de faire un pas… et de s'écrouler sur le tapis, sous le rire général.

Il se releva péniblement et fit un doigt d'honneur à la volée.

Volée qui arrêtait de se papouiller ou de flirter et qui regardait un peu trop attentivement ce qui se produirait.

L'Américain s'approcha doucement de Heero, tendit la main et lui caressa le sommet du crâne du bout des doigts, en un gentil massage.

Le métis ferma les yeux, ignorant le petit regard gourmand que lui adressait l'ex Shinigami.

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- Dix secondes.

- Wu Fei…

- Non mais Merquise dans...

- Oh, on est revenu à Merquise, maintenant ?

- Bref. Dans dix ans on y est encore et abrégeons ses souffrances puisque j'ai gagné.

- Si on avait vraiment voulu abréger ses souffrances…

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Wu Fei tira l'oreille de Zechs.

Zechs pleurait toutes les larmes de son corps : la bouteille était vraiment, mais vraiment vide.

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- Merquise, jusqu'à preuve du contraire, c'est lui qui a cherché le plus Maxwell en sous-entendant qu'il n'était pas de taille. Moi au contraire, je lui disais que ce n'était pas le triangle des Bermudes.

- Tu as la mémoire sélective, Wu Fei.

- Non je veux gagner dans les règles et si ce sont les miennes c'est encore mieux. Mais dans ma grande mansuétude, je pense au bien être de ce pauvre Yuy.

- Comme c'est grand de ta part…

- Je sais, merci. Un homme sage peut être sensible. Il a tout de même subi coup sur coup un baiser-vache, un baiser moissonneuse-batteuse et un baiser pic-vert.

-

L'ex prince de Sanks haussa un sourcil blond.

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- C'est mieux qu'un baiser-ninja.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

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Wu Fei avait la mine renfrognée.

Et Zechs s'amusait… beaucoup.

Wu Fei était beau, que l'on soit pété ou non.

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- C'est une proposition ou un défi ?

- Ni l'un ni l'autre, Merquise. Ni l'un ni l'….

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Et Zechs l'embrassa justement parce que Wu Fei ne s'y attendait pas, malgré leur position, leur proximité. Oh joie…

Wu Fei se laissa engloutir et curieusement il ne se sentit ni vache, ni chèvre.

Pluton mouton, ravi d'être guidé.

Au même moment l'Américain penchait son visage et caressa les lèvres du métis de son souffle. Une fois, deux fois.

Puis il effleura la bouche-capote du métis de la sienne.

Délicatement, il n'était pas pressé, il avait juste sommeil, ce qui n'était pas une raison pour bâcler.

Duo sentit Heero respirer plus fort : il voulait en finir, il avait subi les invasions barbares après tout, normal qu'il perde patience.

Mais c'était justement parce qu'ils s'y étaient pris comme des buses que l'ex Shinigami prenait tout son temps.

Il montrait que l'important était de participer. Et, surtout, de donner envie de participer.

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- Heero a fermé les yeux pour la première fois ! Je veux un baiser de Duo !

- Moi d'abord, Léna.

- Je suis princesse !

- Je suis Dorothy Catalonia.

- … Ok. Toi d'abord ?

-

Puis il piqua les lèvres de Heero de petits baisers, tous légers, sur le dessus de la lèvre supérieure, juste au coin des lèvres, sur la lèvre inférieure, juste dessous puis de nouveau au coin des lèvres, mais à gauche cette fois. Des baisers-éclairs, des esquisses : des lèvres jamais où on les attendait et où on finissait par les attendre, d'ailleurs.

Des lèvres d'abord fermées puis à peine entrouvertes. Des lèvres d'abord sèches puis humidifiées de la pointe de la langue. Des lèvres dérobées.

Des lèvres dérobées et…

-

- Il se laisse désirer…

- C'est mieux que de laisser à désirer, Merquise.

- A peu de chose près c'est un baiser à la Wu Fei. Attendez avant de vous emballer.

- C'est lui qui l'emballe, Barton. Nous on constate.

- Wu Fei, on a mieux à faire…

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Voyant que les vingt secondes imparties étaient écoulées – et surtout que Quatre s'était laissé déconcentrer, damned -, Trowa préféra s'adresser au bon dieu qu'à ses saints, sceptique.

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- Stop ! Alors ? Ce baiser de voleur ?

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Heero répondit contre les lèvres de Duo. Tout du moins il essayait.

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- Baiser-papillon. On veut l'attraper. Et il fuit.

-

Quatre haussa un sourcil.

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- Les vingt secondes sont passées, Heero.

- Hmm hmm.

-

Mais Heero n'écoutait plus.

Les lèvres dérobées étaient… recherchées.

Le métis, d'abord passif, se mettait à suivre le mouvement, incliner légèrement la tête dans un sens ou dans l'autre… et Duo se dérobait toujours

Alors Heero employa les grands moyens. Il glissa les doigts sous le débardeur noir, sur les reins nus de l'ex Shinigami pour l'attirer à lui. L'amener à s'asseoir sur lui. Ce qu'il n'avait jamais fait avec aucun des candidats.

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- Hey !

- Reviens-là…

-

Quatre protesta pour la forme.

-

- Mais…

-

Mais Heero ne l'entendait pas de cette oreille.

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- La ferme, Quatre.

- …

- Quand c'était ton tour, on m'a laissé mourir. Foutez-moi la paix.

- Mais…

- Un bon baiser est un baiser auquel on a envie de répondre. D'ailleurs si vous voulez bien m'excuser, je coupe la ligne.

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Réléna, visiblement impressionnée, demanda, fébrile.

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- Euh Duo ? Heero il embrasse comment.

-

Duo avait l'air aux anges.

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- Hmm… comme j'aime…

- Et euh… tu aimes être embrassé comment ?

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Réléna avait visiblement faim. Ce qui mettait Heero dans un état langoureux…

-

- …

- Duo ?

- Hmm ?

- Tu voudrais pas m'apprendre à embrasser Heero ?

- Omae o korosu.

-

Et ils repartirent dans un ballet de langue.

Wu Fei fronça les sourcils très fort.

Copieusement dégoûté.

Il en oublia l'Adonis suspendu à ses lèvres somme toutes délicieuses.

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- Non mais y a un truc qui va pas.

- Tu es mauvais perdant, Wu Fei ?

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Le Chinois fut magnanime.

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- Oui mais ce n'est pas ça, Zechs.

- Que veux-tu dire ?

-

Wu Fei se donna un air sérieux et très sage.

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- Je veux bien qu'aucune de nos techniques ne soit au goût de Yuy et je m'en remettrai puisque j'oublierai tout de cette soirée. Mais le fait que le baiser de Maxwell soit extraordinaire ?

- Ben voyons. Tu veux te donner l'air de Confucius mais tu n'en as que l'anus. C'est de la jalousie et de la fierté mal placés.

- Si tu veux, Barton… Mais le fait que Duo sache exactement comment l'embrasser ?

-

Dorothy arrêta d'avoir l'air de vouloir bouffer Réléna et se tourna vers la scène.

-

- En faisant tout ce que nous n'avons pas fait, ou plutôt, en reprenant un peu de tout en version édulcorée et progressive.

- Cela ne manque pas de logique, Catalonia… Mais le fait que Heero ne veuille pas que Duo nous apprenne ce qu'il faut faire pour le satisfaire ?

-

Zechs s'échinait à faire récupérer l'attention de Wu Fei, en vain.

Il grogna.

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- C'est un peu normal après ce que nous lui avons « fait subir »

- Ce repentir est tout à ton honneur, Zechs. Mais… et le fait que Heero ne veuille pas que Duo nous embrasse… tout court ?

-

Quatre résista à l'envahisseur Trowa et sembla réfléchir.

Bon, il dodelinait de la tête mais il croyait avoir un air pénétré.

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- Wu Fei a raison… Wu Fei a parfaitement raison. On s'est fait avoir…

- Quatre, c'est grotesque. On a voulu profiter de Heero et ça s'est retourné contre nous, il faut juste l'admettre !

-

Quatre repoussa Trowa.

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- Hmm. Trop de coïncidences tuent les coïncidences et je maintiens que Wu Fei est le plus avisé. Réfléchissons… il faut un mobile.

- « A qui profite le crime » Heureusement qu'il ne reste plus de tequila.

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Trowa était frustré. Quatre frétillait sur ses genoux mais pas pour les bonnes raisons.

-

- La ferme, Trowa.

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Quatre se releva et fit les cent pas.

Enfin… il fit le deux-pas. Un intelligent assis va plus loin qu'un con qui marche mais un mec bourré ne fera jamais plus de deux pas sans se casser la gueule.

Le dieu Quatre parla.

-

- Ca aurait tout son sens… M'est avis que Maxwell et Yuy sont ensembles et que ce dernier a voulu voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Nous sommes un échantillon représentatif de ses critères – héroïques, intelligents, charismatiques, charmeurs, puissants, n'ayons pas peur de dire beaux et sexy.

- Oh je t'en prie, n'en jette plus.

- Et un peu, euh… fêlés sur les bords, voilà, tu es content, Trowa ou tu veux te faire jeter ?

- …

- Et donc…

- Il s'est servi de nous. On le prenait pour un cobaye… mais nous étions les cobayes. Ca pourrait tenir debout, Quatre. Ca pourrait tenir si… si ce n'était pas moi qui avais lancé le « je n'ai jamais connu de baisers »

-

Réléna était on ne peut plus sceptique mais elle avait juste l'air bovine.

-

- Et si Heero n'avait pas rebondi. Si Heero n'avait pas attiré l'attention sur lui car il pouvait mentir, lui…

- Et je serais quoi dans ton plan, Cortex ? La complice ?

-

Quatre poursuivit, illuminé.

Heero et Duo s'en donnait à cœur joie de manière écoeurante.

-

- Oh non. Tu es l'excuse parfaite, princesse. Tu lui as fourni à la fois une occasion et un alibi. Tu es ce qui est censé prouver que ce que Wu Fei pense et ce que je dis n'a strictement aucun sens.

- Ah, tu vois !

- Seulement Réléna…

- Hmm ?

-

Quatre prit un air mystérieux. Bon, enfin presque.

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- Seulement tout cela est trop parfait. C'est pour cela que ça pèche. C'est trop génial. Tout a une raison à tout et pourtant il y a un hic. Ça fait douter, mais on ne peut rien prouver.

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Wu Fei bailla, pencha la tête et s'endormit comme un porc, pour le plus grand bonheur de Zechs parce qu'un Wu Fei qui parlait...

Jusqu'aux ronflements d'alcool.

Jusqu'à la goutte de bave sur son épaule.

Dorothy poursuivit le délire.

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- Le plan infaillible. Heero n'a jamais manifesté le moindre intérêt pour nous autre qu'amical. Et donc ça le rend insoupçonnable. Très, très bien vu…

-

Réléna tapa du pied et fit trembler tous ses membres.

Et tous ceux qui étaient dans la pièce.

-

- Non mais la moissonneuse-batteuse et le pic-vert, vous vous entendez parler ? Et si Heero était tout simplement trop bourré pour avoir un jugement correct, comme vous, là ? Et si Duo avait moins bu que nous et un contrôle plus avancé de ses lèvres et de son cerveau ? Et si on n'avait été victimes que de nous-mêmes ?

- Si tu es toi-même bourrée, pourquoi t'écouterais-je Léna-Chérie ? Pourquoi toi tu aurais raison ?

- Parce que c'est ridicule ?

- Pas plus que ta mèche, Trowa. Et pourtant, elle existe.

-

Heero eut soudain un mouvement un peu plus rageur et bascula en arrière un peu trop violemment…

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- HMMMMPH !

- Aaaaaahmph !

-

Tombant à la renverse et emportant le pauvre Duo – et la chaise de 20 kilos – avec lui.

Un crack. Et un Ko Technique.

Quatre, de surprise, retomba sur les cuisses de Trowa et se cogna la tête contre la sienne, les assommant tous les deux par la même occasion.

Zechs rejoignit Wu Fei au pays des pochetrons bienheureux.

Ne restaient que Dorothy et Réléna.

La lionne blonde et émit un sourire bestial.

-

- Ne reste que nous deux…

-

Réléna haussa un sourcil et répondit.

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- Non-non.

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Et décocha un magistral coup de poing, l'envoya valser par terre.

Dans le feu de l'action elle attrapa Réléna qui retomba sur elle et se cogna également.

Bonne nuit tout le monde.


Quelques heures plus tard.

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Quatre ronflait sur les pecs de Trowa, mignon et sexy à souhait, avec une haleine indescriptible.

Le pauvre se lèverait avec un mal de crâne carabiné mais bon, il connaissait des techniques antimigraines très efficaces.

Il caressa distraitement les cheveux blonds quand un mouvement sur sa droite attira son attention.

Réléna avait apparemment dormi sur les fesses de Dorothy. Ou tout du moins Dorothy s'était endormie sur le ventre et sur le parquet, tandis que la princesse s'était servie des rondeurs charnues comme d'un oreiller qui paraissait confortable : ni trop ferme ni trop mou.

Se sentant observée elle observa à son tour et tenta un petit sourire timide. Ce n'était pas la première fois qu'ils se voyaient dans cet état mais c'était toujours un peu flou au début.

Le sourire timide se changea en moue interrogative quand les yeux de la ministre rencontrèrent ceux de Trowa, délicieusement taquin.

Elle haussa un sourcil auquel Trowa répondit en chuchotant.

-

- Ca aurait pu marcher, tu sais ?

-

Réléna lui aurait bien répondu « ta gueule, j'ai mal au crâne ».

Au lieu de cela elle répondit.

-

- De quoi tu parles ?

- Ca aurait pu marcher, ton plan.

- Quel plan ?

- Tu voulais qu'on t'embrasse. Tu avais le feu aux fesses, avoue, mais Heero t'a damé le pion dans son innocence.

- C'est ridicule, Trowa. Et puis Heero ? Innocent ? Tu as trop fréquenté les comètes, toi. Quatre ne t'a vraiment pas loupé quand il t'a expédié dans l'espace.

-

Trowa se retint d'arracher une mèche à Quatre au souvenir de son errance spatiale.

Il posa ses lèvres sur son front à la place. Et lui ferait payer d'une manière tout à fait satisfaisante plus tard.

-

- Ce n'est pas plus ridicule que les théories foireuses de tout à l'heure. Pas ridicule quand on sait qu'aucun d'entre nous n'est moche. Pas ridicule quand on sait que c'est toi qui a dit « je n'ai jamais connu de baisers »

- C'est censé me disculper je te le rappelle !

- Là je rejoins Wu Fei, Dorothy et Quatre : quand tout a un sens, quand il n'y a pas d'inconnue, c'est qu'on l'a rendu parfait. Si on l'a rendu parfait il y a manipulation. S'il y a manipulation, il y a plan et donc schisme.

- ?

- L'absence de mobile ne fait pas un alibi, Réléna.

- Mais quel mobile ? Pourquoi je voudrais vous embrasser ?

-

Trowa leva les yeux au plafond.

-

- Réléna. Tu as passé ton adolescence à nous bouffer des yeux. Si on avait du écouter tes phéromones on aurait passé notre temps à faire des orgies.

- J'ai passé mon adolescence à reluquer Heero… et Quatre… et Wu Fei.

- Tu vas me dire que tu trouves Duo et moi moches ?

- Oui, parfaitement.

- …

- Oui, vous étiez moches à l'adolescence et je ne vous reluquais pas.

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Trowa sourit doucement.

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- Tu parles au passé.

- Bref.

- Tout t'accuse. C'est toi qui a dit « je n'ai jamais connu » et sans cette niaiserie pseudo romantique nous n'en serions pas là. Tout est parti de toi. Donc tout mène à toi. Ton plan n'a pas marché mais tu en as profité pour embrasser ton rêve d'adolescente. Plutôt bien joué.

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Elle prit un peu mieux appui sur les fesses de Dorothy.

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- N'importe quoi. C'est une coïncidence tout ça. J'allais boire mon verre, comme vous, donc a priori je n'allais embrasser personne. Je voulais juste oublier ma journée, comme vous.

- Tu allais boire ton verre, oui. Mais tu ne l'as pas bu.

- Personne n'a eu l'occasion de le boire, ce verre, parce que Heero a lancé son t-shirt et la Terre s'est arrêtée de tourner. Par contre ma tête a pris le relais.

- Certes. Mais vu qu'aucun d'entre nous n'a eu l'occasion de boire, personne ne saura donc si tu allais vraiment boire le tien ou si tu as voulu te rendre insoupçonnable.

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Dorothy commençait à bouger. Réléna l'assomma pour avoir la paix. Elle ne se sentait pas de se faire draguer par sexy fesses.

Réléna répondit.

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- Tu oublies un tout petit truc dans mon plan infaillible faillible. Tu oublies que c'est Quatre qui a dit qu'il fallait y remédier. C'est Quatre qui a dit qu'il fallait remédier au manque de Heero. C'est lui qui a mis la pression le premier. Et c'est encore lui qui a mis le coup de grâce.

- …

- Alors ? Quel serait son mobile ? Serait-il mon complice ?

- …

- Allez, rendors-toi Pochetron Holmes.

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Un peu plus loin, un nez qui avait visiblement doublé de volume se mit à tressauter au creux d'un cou format torticolis.

Rire même doucement faisait mal à la tête, mal à tout.

Quand votre corps se réveille avant vous, vous avez tout le loisir de protester vivement.

Surtout après un rouler-bouler et le dossier d'une chaise contre les reins, perpendiculaire à votre corps.

Surtout quand l'autre corps était littéralement écrasé sous le votre

Surtout quand votre bras droit était sous le corps que vous écrasiez.

L'autre bras de Duo était… quelque part. Il ne le sentait plus, ce qui était mauvais signe.

-

- Ha, ha, ha aïe.

- Duo ?

- Hmm ?

- Pourquoi tu rigoles ?

-

Oui, il y avait quoi se le demander. Tout le corps de Heero lui faisait mal.

De son corps coincé sous celui de Duo, jusqu'à ses mains qui étaient coincées sous le dossier de la chaise.

Duo n'avait pas la force de bouger. Par contre Heero a fini par péter un câble et par balancer la chaise à travers le salon.

Personne ne se réveilla.

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- Parce que j'entends des conneries depuis tout à l'heure…

- Hm ?

- Ils ont du mal à croire que je sois juste bon.

- Et ils ont raison. Je déteste ta manière d'embrasser, Duo.

- Oh purée, ce que c'est réciproque.

- Je t'embrasse comme tu aimes.

- Et je t'embrasse comme un papillon.

-

Ils pouffèrent puis cessèrent instantanément.

Trop aïe.

Et ils étaient parfaitement sincères en plus.

-

- Je voulais juste leur fermer le clapet. Ils étaient nuls, pas moi et ils avaient tendance à prétendre le contraire.

- Moi aussi je voulais leur faire fermer, m'ont traité de lâche et toi aussi. Tout est passé dans le regard, comme quand on bosse ensemble.

- Hn. Ce baiser-torture c'était pour la mission.

-

C'était presque le pire baiser.

S'il y avait un classement du meilleur au pire, ce serait.

Wu Fei

Puis tout le monde au même niveau sauf Quatre. Quatre étant le suprême de l'horreur.

-

- Et quelle mission… j'ai fait des efforts pour tenir, tu sais, 'Ro. T'embrasses comme un vieux qui a perdu son dentier.

- Et toi tu embrasses comme une capote trop grande : beaucoup d'ambition, très peu de moyens.

-

Duo éclata de rire.

Celle-là il ne l'attendait pas.

-

- Très peu de moyens, très peu de moyens… comme tu y vas.

- Tes moyens je les sens, tu sais.

- Tes moyens aussi par la même occasion.

- Hn.

-

Et vu l'état de fatigue et de compression, il n'y avait pas grand-chose à sentir.

Duo haussa un sourcil naze.

-

- Et c'est la gueule de Capote qui se fout d'un confrère ?

-

Heero murmura dans ses cheveux, la mâchoire un brin douloureuse.

Il tuerait Quatre.

-

- On parle de ce qu'on connaît, Duo-Rex. On a donné le change et ça a marché. Mais on ne s'est pas embrassés.

- Ouep. Par contre… c'est vrai que ça s'apprend au contact de la victime, un baiser.

- Hn.

-

Duo resta silencieux quelques secondes avant de dire.

-

- J'admets que ça a fini par ne pas être aussi inintéressant qu'au départ et ce n'était pas gagné.

- Hn. C'était laborieux et moins ennuyeux à mourir à la fin, effectivement.

- …

- …

- …

-

Au moment où Duo tenta de se relever, ses yeux rencontrèrent ceux de Heero.

Ils étaient débordants de nuit blanche et il y avait quelques rides d'épuisement au coin de ses yeux, les rendant un peu plus en amande.

Il avait de longs cils qui flirtaient avec ses pommettes, sans jamais les toucher, ce n'était pas un monstre.

Il avait le teint plus pâle et les cheveux moins ébouriffés que la veille, alors qu'il avait fait un rouler-bouler.

Il avait une ombre de barbe et la bouche entrouverte.

Il était à tomber par terre même après une croisade dans sa bouche, une cuite et une cascade.

Il était en train de parler.

-

- Je vois que tu m'observes. Ca te dit de retenter l'expérience ?

- …

-

Duo se prit directement l'haleine-du-matin de Heero dans le nez qui, si elle n'était pas aussi lamentable que l'haleine d'une vraie et complète nuit de sommeil, n'était pas le plus doux des aphrodisiaques.

-

- … Après un lavage de dents ?

- Pourquoi ?

-

Parce que Heero avait observé Duo qui l'observait.

Parce que les longs cheveux nattés-dénattés brouillons.

Parce que les yeux de crapaud-buffle-j'ai-sommeil et les joues de hamster-du-matin.

Parce que le sourire avec la canine cassée.

Parce que ses lèvres, quand même.

-

- Parce que tu es plus intéressant quand tu la fermes et j'apprécie le goût de ta bouche.

- Embrasse Tequila Sama.

-

Heero retrouva l'usage d'une de ses mains (avec pertes et fracas, si ankylosées qu'elles étaient, assommées par la chute) et l'index sur la bouche de Duo.

-

- Pas la même forme. Pas la même texture. Pas la même douceur.

-

Duo s'écarta du doigt.

Mauvaise action.

-

- Un baiser ça se travaille dans la tête, aussi. Un baiser ça se communique par les yeux. Un baiser doit laisser des frissons d'anticipation, même si on connaît la bouche que l'on va effeuiller puis, fouiller.

- …

- Un baiser ça se désire. Là je ne veux pas t'embrasser, 'Ro. Avec ou sans lavage de dents.

-

Quand on avait envie d'un baiser, l'haleine du matin n'arrêtait personne.

A moins d'être un vrai monstre.

Par contre le concert de ronflements de pochetrons cuvant…

-

- Hn.

-

Heero riva à nouveau ses yeux à ceux de Duo. Un regard complètement différent.

Puis son regard dériva vers sa bouche avant de remonter jusqu'aux ténèbres indigo.

-

- Heero ?

-

Pour redescendre sur ses lèvres, très lentement, lèvres qui s'entrouvrirent et d'où s'échappèrent un souffle régulier.

Puis le regard remonta encore et trouva les pupilles dilatées.

-

- Hmm ?

-

Les prunelles de Heero étaient si intenses qu'elles en intensifiaient celles de Duo.

Heero donnait à Duo la chair de poule rien qu'à le regarder.

Leur premier faux-baiser ne valait pas le baiser des yeux.

Le baiser-show ne valait pas le baiser chaud.

-

- J'embrasse pas les gueules de capotes, j'ai dit.

-

Heero lui décocha un sourire ravageur.

-

- Hm-hm. Je te regarde, c'est tout.

- Tu m'embrasses avec les yeux, Heero.

-

Heero plissa des yeux.

-

- Mais toi tu ne m'embrasses pas vraiment alors de quoi tu te plains ?

- Tu me donnerais presque chaud à me regarder comme ça.

-

Heero défia son torticolis et souleva légèrement la tête du sol, ses faisceaux bleus toujours aussi pénétrants.

-

- Je réitère ma question. Tu veux retenter l'expérience ?

-

Duo avança vers le visage du métis, se prenant au jeu.

-

- Hmm… pourquoi pas si…

- Si ?

- Si tes lèvres retrouvent un aspect normal. J'embrasse pas les gueules de capote.

-

Ils étaient en train de se bouffer des yeux, de respirer un souffle qui devenait sensuel, car tous leurs sens étaient en éveil, oui.

Heero posa ses mains endolories directement sur les fesses de Duo.

Avant d'en remonter une jusque dans ses cheveux, pour pencher sa tête vers son visage.

Oh, il avait eu le mérite d'être surpris.

Le métis répondit.

-

- Tu feras une exception.

-

­

Et il le dévora comme un salaud.

-

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH QUI A BALANCE MA CHAISE ?

- Laissez, je m'en occupe.

-

Et Trowa, réveillé pour la seconde fois, s'en est occupé en pinçant un point sur sa nuque. Il était d'humeur à dormir.

Il mettrait un sacré bout de temps à mettre la moindre goutte d'alcool dans sa bouche.

-

- Ancêtres… fierté… dragon… gagné… pas un ninja !

- Appelle-moi Domina-Catalonia.

- Heero, sauve-moi ! Nan, je blague, sauve-toi !

-

Quoique, pour surprendre Wu Fei si fier de sa bêtise…

Pour halluciner et voir Duo et Heero y aller gaiement.

Pour être ensemble tout simplement.

Il pourrait supporter une migraine. Avec modération.

A quand la prochaine ?

Euh... dans très, très, trèèèèès longtemps, sinon son organisme ne s'en remettrait pas.

-

-

Au risque de me répéter : nos pilotes boivent quelques petits verres chez Quatre et surtout, ne bougent pas de chez Quatre. Les personnages ne subiront jamais les conséquences d'un abus, ceci est une fiction et vous êtes des êtres humains.

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-

OWARI


Finito !

J'espère que ça vous aura plu – surtout à toi ma Lunanamoi ! Gros bisous !

A pluch' tout le monde !

Mithy ¤finito ¤