Chapitre 7:
Une attente infernale
[Holmes était déjà rentré quand je retournais enfin du 221b Baker Street. La lumière de notre petit salon traversait les rideaux fermés éclairant la rue alors que je descendait du cab. Gabriel ne semblait pas l'accompagner, sa haute silhouette se découpant seule à travers les carreaux. Je passais le porte, harassé, ayant le dos et les jambes douloureuses d'être resté assit une bonne partie de la nuit derrière le bureau d'un cadavre. Cadavre que l'on avait emporté il y avait quelques heures seulement. Je rejoignais Holmes que je retrouvais debout devant la fenêtre, les bras croisés dans le dos. Dans sa main droite il tenait fermement sa pire allumée alors que dans l'autre se trouvait un carnet qu'il maintenait ouvert avec son pouce. Il ne sembla même pas m'entendre lorsque je pénétrais la pièce en râlant, retirant mon manteau avant de m'affaler dans notre sofa , face au feu. J'attirais son attention en me raclant bruyamment la gorge. Il se tourna lentement vers moi, semblant reprendre conscience.
"Hé bien Watson." Lâcha t-il en se dirigeant vers son fauteuil. "Vous rentrez bien tard."
"J'ai épluché l'ensemble des papiers présent dans le bureau de notre homme Holmes. Cela ne fut pas simple, vous pouvez me croire. Je pense que vous me devez un merci... et un petit déjeuner." Ajoutais-je me souvenant avec amertume que j'avais du sauter le diner.
S'en suivit un silence durant lequel je m'allumais une cigarette bien méritée.
"Quelle heure est-il?" Finit-il par me demander.
"Il doit être environs quatre heures."
"Que pouvez-vous m'apprendre de plus que je ne sache déjà?" Me lança t-il du tac au tac.
"Je dois vous avouez Holmes que les comptes de Monsieur Edouard ne sont pas d'une grande utilité. La plus part des transactions concernent un certain UAA. Je ne pense pas trop m'avancer en disant qu'il s'agit de son bar "Un Air d'Angleterre", U.A.A." Répétais-je en détachant chaques lettres. "Ensuite, il n'y a aucun nom, toujours des initiales: AH, SB, TL... etc. Enfin bref, je dois avouer qu'il n'y a rien de bien suspect là dedans. En venant sur Londres il avait rendez vous avec SB et JH. Il leur a versé une grosse somme d'argent... voilà, c'est tout. Ha si! Il les avait déjà rencontré auparavant, deux fois, toujours à Londres."
"Où donc?"
"Je ne sais pas, il n'y a aucune information là dessus."
"Et dans son agenda?"
"Il ne date pas de leur première rencontre, il y a juste marqué "EH" au date qui concerne leur rendez-vous. Mais je ne vois pas ce que cela peut signifier, peut-être faut-il regarder les bars et les hotels qui pourrait avoir ces deux lettres comme initiales. Il fait mention de cet "EH" un peu partout dans son agenda d'ailleurs."
"Endroit Habituel." Me dit simplement Holmes en regardant vers l'âtre.
Je restais un moment silencieux un peu vexé de n'avoir pas trouvé la solution moi même. Alors qu'Holmes tirait sur sa pipe, je reprenais.
"Enfin bref, cela ne m'a rien apprit de bien intéressant, du moins à mon sens. Et de votre côté, avez-vous fait meilleur récolte?"
Holmes se racla la gorge et détourna soudain les yeux. L'espace d'un instant je ne pus m'empêcher de sourire et ce d'autant plus quand il marmonna.
"Je n'ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais. J'ai eu un léger contre temps."
Aussitôt il se leva pour arpenter la pièce.
"Et quoi donc?"
"Hé bien disons que Gabriel est du genre dissipé et que je préfère cent fois plus faire mes recherches à vos côtés."
"Vous êtes resté avec Gabriel le temps de vos investigations?!"
"Disons que comme ça je n'ai pas à lui faire un résumé. Hello! qu'est-ce donc que cela?" Dit-il alors qu'il s'était penché sur mes notes, sautant du coq à l'âne.
"C'était dans les marges de son agenda écrit au crayon de papier à la page de... hé bien, aujourd'hui même: SA 9h03. Par contre là, je dois avouer que je ne vois pas du tout ce que cela signifie."
"C'est un horaire, de toute évidence. Mais pourquoi? Un rendez-vous? Un bateau? Un train? SA, des initiales peut-être... Un rendez-vous avec un certain SA? Pourquoi l'avoir marqué dans la marge? On a du le noter rapidement, voilà pourquoi. Un renseignement attrapé au vol peut-être? Le crayon de papier va dans ce sens. Je pense que la famille pourra nous aider. Si nous allions leur rendre une petite visite!" Lança t-il attrapant son chapeau et son manteau.
"Holmes! Il est quatre heures du matin!" Lui rappelais-je avec précipitation. Un peu plus et il passait la porte.
"Ho... hé bien je crois qu'il est temps d'aller nous coucher alors." Murmura-t-il en reposant ses affaires.
Alors que je finissais de me préparer mon ami refit son apparition. Il m'apprit qu'il avait envoyé ce matin plusieurs télégrammes à divers contacts qu'il avait sur New-York et qu'il attendait maintenant leurs réponses. Ils nous en apprendraient ainsi un peu plus sur le bar d'Edouards. Nous sortîmes ensuite tous deux pour prendre un cab direction le domicile familiale de ce dernier. Lorsque nous arrivâmes sur les lieux, une grande blonde à l'air pincé et au nez pointu nous attendait sur le pas de la porte.
"Monsieur Holmes?!" Demanda-t-elle, gardant les mains jointes sur les plis de sa robe.
"Moi même et voici..."
"Le docteur Watson." Fini notre hôte avant d'entrer dans la demeure, faisant claquer ses talons sur le parquet ciré.
Je jetais un coup d'oeil amusé à mon camarade qui lui ne semblait pas du tout trouver cela drôle. Il la suivit, un air boudeur sur le visage, alors qu'elle nous menait à un petit salon joliment décoré. Nous primes place dans d'agréables fauteuils en face d'une petite table ronde sur laquelle trônait non seulement un napperon de dentelle, mais aussi une petit plateau d'argent supportant des gâteaux à la crème. Lorsque la petite bonne fit son apparition sur le pas de la porte avec des boissons qui nous étaient destinées Holmes la renvoya sans autre forme de procès, sans même penser à me demander mon avis. Il joint ensuite ses mains, croisant sa jambe gauche par dessus la droite, et de ses yeux perçants se mit à observer notre hôtesse en silence.
"Il vous ressemblait énormément." Fini-t-il par conclure.
"On ne cesse de me le répéter." Lâcha cette dernière lascivement avant de poursuivre. "J'ai bien reçu votre lettre, vous me demandiez de vous accueillir ce matin pour me poser quelques questions et non pour me dire ce genre de banalités. Alors je vous en prie, posez toutes les questions qui vous viennes à l'esprit. Puis partez."
"Ma lettre stipulée que je voulais vous posez des questions à vous et à votre fille. Je ne la vois pas."
"Elle est bien trop épleurée pour se prêter à de tels jeux avec un détective amateur. Elle se repose actuellement."
"Faites là venir je vous prie. C'est pour le bien de l'enquête."
La femme au chignon blond serré se pencha en avant. "Si mes plus vieilles connaissances ne peuvent pas me faire plier lorsque je ne veux pas faire quelque chose, ce n'est pas un inconnu fraîchement débarqué dans mon salon qui va y arriver. Si vous voulez voir ma fille il vous faudra revenir plus tard lorsqu'elle sera disposée à vous recevoir. Et encore, je ne suis pas sure de vous accorder le droit de vous entretenir avec elle temps qu'elle n'ira pas mieux. La mort de son frère la totalement bouleversée. Il ne me reste plus qu'une enfant Monsieur, et je ne veux pas qu'il lui arrive malheur par votre faute. Ou celle d'un autre."
"La mort de votre fils ne semble pas vous avoir affecté."
"Pour qui me prenez vous? Bien sur qu'elle m'a affecté. Mais je ne peux pas me permettre de me morfondre alors que j'ai une maison à faire tourner et un bal ce soir. La vie continue malgré tout. Je n'ai pas envi de pleurer dans ma chambre plusieurs mois durant. Cela n'est pas dans mon caractère."
Je levais un sourcil face à ses paroles incongrues. C'était là une réaction pour le moins étrange mais surtout je me souvenais que je n'avais moi même pas rendu visite à ma propre femme depuis plusieurs jours. Je rougis légèrement dans mon fauteuil et décidé d'aller la voir dans la journée si Holmes me le permettait ou bien dans la soirée. Le détective était resté un instant silencieux, puis, il avait sortit un carnet en murmurant un "soit" résigné.
"Bien, que savez vous du commerce de votre fils?"
"Je sais juste qu'il marche bien. Il restait très discret sur ce sujet. Il n'aimait pas vraiment se vanter de la réussite de son commerce. Je l'avais bien éduqué messieurs. Il avait racheté ce petit bar sans prétention dans le but de se faire un peu d'argent et d'avoir un endroit ou dormir -un appartement était en vente avec le bar- et puis il a eu de plus en plus de clients, le quartier est devenu meilleur et les choses ont suivi leur cours comme il se devait."
"Pourriez vous nous dire si ces initiales vous disent quelque chose?" Demanda mon ami en tendant un son carnet à la femme, celui ci était ouvert sur une liste de lettres.
La femme y jeta un bref coup d'oeil, fit la mou et accepta d'y regarder à deux fois. Elle passa plusieurs minutes à observer les lettres sans dire mots. Puis elle rendit son carnet à Holmes.
"JF doit être Jhon Fernand son associé New-Yorkais. Je n'étais pas très au courant de qui était ses partenaires, je vous l'ai dit, il était plutôt discret sur son commerce. Bien qu'une fois...
Une fois deux hommes sont venus ici alors qu'il s'était absenté pour une raison quelconque. J'ai eu l'occasion de prendre le thé avec eux en l'attendant. Ma fille était là aussi, un de ces messieurs lui a fait forte impression d'ailleurs. Ils étaient peu bavard, mais fort aimables. Propre sur eux."
"Vous rappelez vous de leurs noms? De leurs physiques?"
"Cela date messieurs! Je n'ai plus la mémoire d'une jeune fille. Le premier était un petit brun avec un moustache assez ridicule, il faut l'avouer. Un peu rondouillard, une face de rat, mais son physique ingrat ne l'empêchait pas d'être fortement bien élevé. Je ne me souviens de rien d'autre. Ha! Si! Il était brun. Le second un beau grand brun, lui aussi, avec de magnifiques yeux bleus. Tout en élégance. Une carrure et une prestance messieurs, j'étais fière de la savoir dans les contacts de mon fils."
"Et vous ne vous souvenez d'aucun nom?" Insista Holmes.
"Le second avait un nom assez simple. Mais impossible de le retrouver."
"Stanley Bradford" Lâcha un petite voix alors qu'une jeune femme aux longs cheveux tressés apparaissait dans l'encadrement de la porte.
Je pus lire aussitôt une vive agitation sur le visage de mon camarade qui bondit presque de son siège pour se diriger vers la porte sans prendre le soin de saluer nos hôtes. Je l'excusais et le rattrapais juste à temps pour monter à sa suite dans le cab qu'il venait de héler. Sans grande surprise je nous vis nous diriger vers l'hôtel "Le Saint-François". A peine notre voiture fut elle arrêtée que mon ami sautait à terre et entrait en trombe dans le bâtiment. Je le suivais sans me hâter. Lorsque je passais la porte il était en pleine discussion avec le gérant, le ton montait entre les deux hommes, si bien que j'accélérais le pas. Mais je ne pus même pas atteindre le comptoir car déjà mon camarade fouettait l'air de la main et s'élançait dans les escaliers, sous les beuglements du gérant qui sauta à sa suite. Attirée par le bruit la femme du tenancier fit son apparition. Elle me questionna et je lui répondais que je n'en savais pas plus qu'elle. C'est d'ailleurs pour cette raison que je m'élançais à mon tour dans les escaliers. Mais je n'eus pas à faire beaucoup d'effort pour monter les marches car déjà Holmes revenait.
"Je vous avais bien dit qu'il n'était plus dans sa chambre. Vous pourriez tout de même me croire sur parole." Lui lança le gérant qui descendait derrière lui, encore rouge de colère.
"Je n'ai jamais mis votre parole en doute!" Lui répondit Holmes sur le même ton. "Je voulais, je vous le répète, visiter la chambre. Que vous avez impeccablement nettoyé bien sur!"
"Excusez moi de tenir mon commerce!"
Holmes passa devant moi sans me voir, salua la femme de son nouvel ami continuant son chemin vers la porte.
"Je vais finir par croire que vous avez quelque chose à cacher!" Marmonna t-il dans sa barbe en passant devant la dame. Celle-ci paru soudain indignée et elle l'arrêta d'un sifflement aigu qu'elle émit entre ses dents. Elle le regarda avec le regard noir que les femmes prenaient quand quelque chose ne leur avait pas, mais alors pas du tout, plus.
"Écoutez Monsieur Holmes. Nous n'avons pas choisi d'être le théâtre d'un crime, nous n'y sommes pour rien et je ne vous laisserais pas insulter ma famille avec vos insinuations douteuses."
Holmes s'était tourné vers elle un peu décontenancé. Il ouvrit la bouche pour répondre mais elle lui intima l'ordre de se taire d'un mouvement de la main.
"J'ai, moi, et personne d'autre, nettoyé la chambre de notre client qui est parti ce matin même pour rentrer à New-York. Sans que personne ne m'en donne l'ordre!" Continua t-elle. "Alors si vous devez passer vos nerfs sur quelqu'un Monsieur Holmes, est bien je vous en prie, je suis toute ouïe! Je ne vais pas arrêter de vivre parce qu'une personne est morte dans l'une des pièces de cet établissement! Je vis et les autres clients aussi! Et je peux vous assurez qu'ils exigent une chambre propre et bien rangée!"
Là dessus elle remit son chignon en place et elle tourna les talons, prenant son mari par le bras. Elle tira sur ce même bras pour que l'homme la suive et ils disparurent derrière la porte qui menait au petit restaurant. Holmes resta sur place un instant, la bouche toujours ouverte. Il fronça le nez, croisa les bras sous mon air amusé.
"Bref." Bredouilla t-il en se dirigeant vers la porte. Je l'entendis ensuite grommeler à la manière d'un vieillard. D'un geste de la main il me fit signe de le suivre. Nous sortîmes ensemble de l'établissement et dehors une pluie fine commençait à tomber.
Dans le cab le silence était de mise. Holmes s'était plongé dans ses notes, divers autres documents étaient posés sur ses genoux. Pour ma part je regardais le paysage défilé bien que je commençais à connaître Londres comme ma poche. Encore amusé par le savon que mon ami venait de se prendre je souriais bêtement. Soudain Holmes s'anima à mes côtés poussa un de ses petits cris qui signifiait qu'il venait de mettre le doigt sur quelque chose. Je décrochais donc mon regard du décor qui défilait et je me tournais vers lui alors qu'il levait devant son visage l'un des papiers qui se trouvaient sur ses jambes. Il tapa dedans avec la main en répétant ce "haha!" qui m'avait tiré de mes rêveries.
"Hé bien quoi Holmes?"
"SA, vous savez ce qu'il y avait marqué au crayon de papier dans la marge de l'agenda d'Edouard. Hé bien je crois avoir trouvé de quoi il s'agit." Dit-il en me tendant le prospectus. Il s'agissait d'un horaire de bateau partant de...
" Southampton!" M'écriais-je en me tapant de la main le front. "Mais bien sur."
"Regardez les départs pour aujourd'hui."
Je m'exécutais, suivant du doigt les lignes. Je poussais à mon tour un petit glapissement. "9h03! Tout concorde! Bravo Holmes!"
Et alors que je lui donnais une petite tape dans le dos le cab s'arrêtait devant le 221b baker street où nous attendais une tête connue.]
"Hé bien tout de même!" Lança Gabriel, assit sur le perron du 221b Baker Street. Il essuya ses affaires du revers de la main en se dirigeant vers ses deux compagnons. "J'ai comme le sentiment que j'ai encore raté beaucoup de chose". Lança t-il devant la mine réjoui des deux acolytes.
Watson l'invita à entrer tout en lui serrant la main alors qu'Holmes se contentait d'un mouvement de tête dans sa direction. Les manteaux quittaient les trois hommes allèrent se réchauffer prêt du feu que madame Hudson avait ravivé dans la matinée. Le journaliste fut mis au courant de la nouvelle avancée de l'enquête. De toute évidence il fallait maintenant se tourner vers New York conclu t-il des événements récents. Holmes avait là-bas un contact travaillant dans la police: Wilson Hargreave. Il avait déjà fait appel à lui lors de l'affaire des hommes dansants. Ainsi il s'empressa de lui envoyer un nouveau télégramme pour lui demander divers renseignement sur le cadavre mais surtout sur celui qui était désormais le suspect principal: l'homme qu'ils avaient croisé dans les escaliers du Saint-François, l'associé de Monsieur Edouard: Stanley Bradford. Mais désormais il ne leur restait plus grand chose à faire à par attendre. Chose qui semblait mettre à mal aussi bien Holmes que Gabriel.
Bien que désormais les deux hommes arrivaient à être dans la même pièce sans s'écharper, ils passaient le plus clair de leur temps à se chamailler sur des détails anodins. Watson mettait cela sur le compte de leur énervement croissant. En effet cela faisait trois jours entiers que le message du détective était parti pour New-York... et aucune réponse ne leur était encore parvenue. Le médecin avait pour sa part prit le temps de rendre visite à sa femme laissant l'espace d'une journée ses deux camarades seuls dans l'appartement. A son retour il prit la décision de ne plus jamais laisser Holmes et Gabriel seuls ensemble. Madame Hudson l'avait accueillit semblant au bord de la dépression nerveuse, tenant entre ses bras un monticule de papiers journaux froissés. Et lorsqu'un "boum" sonore se fit entendre venant de l'étage elle soupira si fort que Watson ne pu s'empêcher de rire.
"Ils vous ont mené la vie dure?"
"Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureuse de vous voir revenir docteur." Dit-elle simplement en disparaissant dans la cuisine.
Le docteur grimpa les marches en riant, rire qui disparu aussitôt qu'il ouvrit la porte du petit salon. La pièce n'avait jamais été aussi en désordre, et dieu sait pourtant qu'Holmes pouvait se laisser aller quand il le voulait. Le sol était tapissait de feuilles, un tiroir trainait prêt des pieds de la table et le fauteuil de Holmes était renversé. L'espace d'un instant Watson craint le pire: en étaient-ils venu au main? Mais la voix du journaliste lui fit tourner la tête.
"Haha! Je vous l'avez bien dit! Mon article date du 16 avril et non du 15!" Cracha t-il l'air triomphant.
Il était debout sur le divan, un pied posé sur le dossier en bras de chemise. Celle-ci pendait lamentablement, bien trop grande pour son gabarit. Il tenait dans ses mains un journal à moitié déchiré ainsi qu'une pipe non allumé qu'il pointa en direction de la chambre d'Holmes. Ce dernier en sortit, tenant quant à lui une cigarette bien fumante et un de ses carnets.
"Et moi je lis ici, dans mes propres notes, qui son exactes, que le meurtre a eu lieu de 15. Vous pouvez lire, il n'y a ni rature ni erreur!" Sourire victorieux du détective. "Watson vous êtes rentré! Comment va votre femme?"
Gabriel sauta à terre, jetant au loin le journal, avant d'arracher les notes des mains du détective en grognant.
"Mais que c'est-il passé ici?" S'étonna le nouvel arrivant se penchant pour ramasser des papiers qui trainaient à ses pieds.
"Rien de grave, je prouvais à notre cher ami, un peu trop sur de lui, qui lui arrivait de faire des erreurs dans ses articles. Et il c'est fait une joie de me démontrer le contraire." Un sourire se peint sur le visage d'Holmes alors que Gabriel râlait en arrière plan.
Mais ils furent coupé dans leur conversation par une Hudson énervée qui entra dans la pièce comme un ouragan. Elle colla contre le torse d'Holmes une lettre avant de se mettre à ramasser les vestiges de journaux qui jonchaient l'endroit, le tout en marmonnant qu'elle allait finir par augmenter le loyer si le gamin continuait à vivre ici. Le détective s'empressa d'ouvrir l'enveloppe portant le cachet de la ville de New-York, mais plutôt que de pousser un cri triomphal il prit la même expression que la logeuse.
"Mauvaises nouvelles?" Demanda le journaliste qui renfilait son veston.
"Aucune nouvelle serait plus exact..." Marmonna le détective en tendant le télégramme à Watson qui le parcouru à son tour la mine déconfite.
"Ne connaissons pas d'air d'angleterre. Te tiendrais au courant. SB sous surveillance. Aucune activité suspect." Lu t-il à voix haute. "Comment ça ne connaissons pas d'air d'angleterre?"
"C'est pourtant le nom du commerce d'Edouard non?"
"Hé bien de toute évidence Monsieur Edouard était un menteur. Il va falloir attendre maintenant." Lança Holmes, se dirigeant vers le tiroir pour le remettre en place.
Gabriel se racla la gorge.
"Je pense qu'il serait plus productif de se rendre sur place non?" Lança t-il, d'une petite voix que les deux compères ne lui connaissait pas. "Enfin je dis ça hein..." Dit-il précipitamment.
