Chapitre 5.

Approached being.

Deux semaines plus tard, Angelika travailler au développement de ces photos dans son petit studio au bureau quand la secrétaire du journal, une petite rousse aux lunettes en fond de bouteille entra après avoir cogné.

Au son du cognage de front contre le mur, Angelika devina qu'il s'agissait de May Linn.

- Oww…Euh, mademoiselle Phantomhive, un pli vient d'arriver pour vous, dit-elle en se massant le front.

Angelika sortit de la pièce avec elle et retourna à son bureau. Le nom de l'expéditeur n'était pas écris sur l'enveloppe. Ce n'était qu'une petite carte en carton blanc où il était écrit dans une écriture soigné.

Rendez-vous à la fontaine Diana à 19h le soir du 24 juin.

Sans aucun nom, rien. Angelika retourna la carte pour voir s'il y avait autre chose, mais non. C'était vraiment suspect. Peut-être que c'était un piège des Hell's Lilith. Bien que les enlèvements de femmes aient diminués, la confrérie était toujours en liberté.

Chaque jour, aux nouvelles dans les journaux et à la télévision, on annonçait les mesures à prendre pour éviter de se faire kidnapper.

Mais cette missive anonyme l'intriguait aussi. Quoi qu'il en soit, elle ne pourra pas être fixée avant d'avoir découvert qui s'était. Sa seule solution: se rendre à la fontaine Diana ce soir.

. . .

Elle arriva en avance à la fontaine. Angelika aimait bien ce monument car il était en hommage aux enfants.

La fontaine était de forme ovale et était l'assemblage de deux ruisseaux. Le centre et l'extérieur de l'ovale étaient constitués de gazon. L'ovale avait une dimension de 50m sur 80m. Le lit du ruisseau en granit était peu profond et mesure de 3 à 6m de largeur. Elle était placée sur une légère pente du parc pour que l'eau pompée jusqu'en haut de l'ovale coule sur les deux côtés. D'un côté l'eau descendait paisiblement vers le bas de l'ovale, l'autre côté était fait d'un mélange de marches, ruisselets, courbes et autres formes permettant à l'eau de bouillonner sur son tracé vers le bassin tranquille du bas. Les deux côtés représentaient les deux aspects de la vie de la princesse Diana: les temps heureux et les temps troublés.

Elle attendu cinq minutes sur place avant que quelqu'un se manifeste.

- Tu es donc venue, dit une voix grave qu'Angelika aurait souhaité oublier et ne jamais retendre.

Elle serra des poings et se retourna vers Sébastian Michaelis. Celui-ci tenait bizarrement sa main dans son dos. Il était habillé différemment que d'habitude. C'était sûrement pour ne pas se faire remarquer. Il portait une simple chemise avec un manteau long et une écharpe.

- Que fais-tu ici?, lui demanda glacialement Angelika.

- C'est moi qui t'ai envoyé cette carte.

- Qu…quoi? Alors j'avais raison! Les Hell's Lilith ne me lâcheront pas!...Qu'est-ce que tu veux? Me violer de nouveau…et en public?

- Ne t'inquiète pas. Je ne resterai pas longtemps. Et je n'ai aucunement l'intention de te faire du mal.

- Tsah! Ne me fait pas rire! Tu es un démon après tout, non?

Sébastian baissa les yeux quelques secondes, puis lança à Angelika ce qu'il cachait dans son dos. La jeune femme le rattrapa instinctivement. Mais au lieu d'être un arme ou un truc du même genre, elle avait saisi au vol…un magnifique bouquet de roses noires.

- Hein! Mais ça veut dire quoi ça? Pourquoi tu me donnes ces fleurs?

Toutefois, Sébastian ne fit que se retourner

- Ça te dirait de sortir un soir?

Angelika était complètement bouche-bée. C'était comme si le tortionnaire Michaelis avait fait place à un type plus humain.

- Que…quoi?

- Hmh! Tu sauras au moment venu.

Et il s'en alla. Angelika tomba à genoux, son bouquet en mains et le regardait partir impassible.

. . .

Trois jours plus tard, un vendredi soir, alors qu'Angelika rentrait de travailler, elle trouva une boîte en carton blanc, au couvercle rayé noir et blanc et scellé par un grand ruban noir devant la porte de son appartement. Comme la note d'avant, il ne comportait aucun nom autre que le sien.

En l'ouvrant dans son petit salon, bordé de livres, de dessins et de photographies accrochées aux murs, elle y découvrit une robe de soirée, mais étonnamment, aucunement inconvenante. Au contraire, elle était même plutôt jolie.

La partie principale (buste et jupe) était en satin noir à large col danseuse et drapé, un nœud de satin avait été cousu à l'ourlet et la jupe descendait jusqu'aux genoux. Les manches détachées en pagode étroites jusqu'aux poignets était du même tissu. Une fines poudre sombre et argenté dessinnait sur la cuisse gauche et le flan une délicate roseraie. Et pour finir, une paire de bottes à semelles complètes et compensées de 2cm et demi de hauteur noire complétait l'ensemble.

Angelika se dit que l'ensemble devait coûter une petite fortune. Elle ne connaissait qu'une personne disposant d'assez d'argent pour acheter, ou même pour faire faire confectionner ces habits n'importe quand.

Dans le paquet, il y avait également une petite note similaire à la précédente sur carton blanc.

Habille-toi et regarde par la fenêtre vers 18h30.

- Mais qu'est-ce qu'il combine encore celui-là?

Septique, mais curieuse, Angelika alla prendre une douche et enfila la robe et les bottes et remarqua qu'elles lui allaient à la perfection. Elle se coiffa également en bouclant ces cheveux et mit un peu de fard à paupières sombres sur ces yeux. (Très rare dans son cas.)

Ayant terminé, Angelika regarda l'heure. Il était 18h26. Le billet disait vers et demi. Elle alla donc à sa fenêtre et vit avec stupéfaction Sébastian en bas du bloc, adossé à sa voiture et très élégant. Il avait endossé un ensemble et cravate gris foncé, une chemise noire et une petite rose rouge ornait sa boutonnière de veste. Quand il l'aperçut, à la fenêtre, il lui accorda un sourire et un léger signe de tête lui disant de venir le rejoindre.

Angelika ricana doucement en secouant la tête, mais finit par sortir.

- Tu es magnifique, lui dit Sébastian

- Merci…vas-tu m'expliquer ce que signifie toute cette mascarade?

- Clair de lune.

- Quoi?

Mais Sébastian n'ouvrit que la portière et invita Angelika à monter. Angelika se demandait s'il fesait semblant de l'ignorer ou il jouait une sorte de jeu pour se au final se moquer d'elle quand elle aurait l'air d'une belle dinde. N'ayant pas trente-six choix pour le découvrir, elle s'assit sur la banquette.

Sébastian revint s'installer au volant, démarra et parcourut les rues dans le silence le plus total. Angelika aurait bien voulu lui redemander ce que voulait dire Clair de lune, mais elle se doutait que de tomber sur aucune réponse.

Ils roulèrent ainsi pendant un quart d'heure jusqu'à ce que Sébastian gare la voiture devant un grand restaurant. Clair de Lune s'avérait être le nom de l'établissement. Il y avait une queue à n'en plus finir à l'entrée et un garde formé en armoire à glace vérifiait le nom des invités sur une liste.

Angelika était surprise se s'être fait emmenée ici. Il fallait vraiment être issu de la crème de la crème pour pouvoir entrer dans ce lieu.

Sébastian ouvrit la porte à Angelika qui débarqua, légèrement mal à l'aise. Mais surprenant, elle se calma quand le patron des Hell's Lilith lui mit un bras autour de la taille et lui sourit.

- Oh attends, lui dit Sébastian. Il manque une chose.

Angelika leva un sourcil d'incompréhension. Sébastian, lui, entra la main dans sa poche et en sorti un petit pendentif en argent sur lequel pendait une perle de la taille d'un ongle de pouce en forme de larme d'un gris-bleu pâle qu'il attacha au cou de la jeune femme. Angelika s'empourpra, mais Sébastian n'y fit pas attention et il la conduisit vers le seuil.

Quand le garde les vit avancer tous les deux, il leur laissa le passage libre. Il avait l'air un peu effrayé.

- Dit donc, chuchota Angelika à Sébastian après être passés, il a l'air d'avoir les chocottes de toi.

- Disons simplement que je sais imposer le respect, répondit-il en lui frottant le bras.

Angelika n'ajouta rien et suivi Sébastian dans le restaurant en essayant de se décollé un peu.

L'Intérieur était de style moderne. Les tables et les fauteuils étaient en bois noir, rembourrés de blanc, un bar plein de spots bleuâtres avait été aménagés contre un mur. Les étagères où reposait la boisson étaient toute en verre. Des aquariums creusés dans les murs en vague étaient pleins de poissons exotiques et colorés. Le plancher était en bois franc couleur acajou. Et plus au fond, une jeune chanteuse chantait tout en jouant du piano accompagnée d'un saxophoniste et d'un contrebassiste. Le plus étranger, quoique non, seul une quinzaine de personnes avaient été acceptées pour entrer. Mais en gros, le restaurant était très confortable et accueillant, si on passait par-dessus King Kong dehors.

Sébastian guida Angelika vers une table isolée dans un coin. Aussitôt assis, une serveuse en chemise à manches courtes noires et tablier vint les voir.

- Bonsoir. Je m'appelle Polly et je serai votre serveuse ce soir, dit-elle en fessant les yeux doux à Sébastian, qui l'ignora royalement. Désirez-vous boire quelque chose pour commencer?

- Un verre de vin rouge pour moi et…Angelika?

- Euh…un Shirley Temple (7up et sirop de grenadine avec cerise au marasquin), s'il-vous-plaît.

- Très bien. Je vous apporte ça tout de suite.

Elle s'en alla en adressant un clin d'œil à Sébastian. Un fois partie, il dit à Angelika.

- Un Shirley Temple?

- Je ne consomme pas d'alcool…Et depuis quand les démons boivent du vin?

- Ce n'est par ce que nous pouvons vivre sans nous nourrir que nous ne pouvons rien avaler.

- Mmh…vas-tu enfin me dire pourquoi tu m'as emmené ici? Bien que ce soit un endroit sympa.

- Eh bien…c'est compliqué.

- J'ai tout mon temps, répliqua Angelika en posant son menton sur ces mains croisées.

- Disons que…j'avais envie de passer un moment avec toi.

- Huhuhu, ricana Angelika…Sérieusement.

- Bon…je me sens…oh…je ne sais pas…j'ai comme une sensation dans la poitrine qui me dicte contre ma volonté…

Mais avant qu'il ait pu en ajouter plus, Polly revint avec les boissons ainsi qu'une assiette de pinces de homard et de beurre à l'ail.

- Tenez, dit-elle joyeusement. L'assiette de homard est gratuite avec deux consommations.

Elle effleura le bras de Sébastian, mais tourna rapidement les talons quand il lui lança un regard froid.

- Je vois ce que tu veux dire par imposer le respect, se moqua Angelika en buvant une gorgée. Tu les fais tous détaler comme des lapins.

- Tu peux bien te moquer. Allez passe-moi une gorgée.

Sébastian se pencha si vite qu'Angelika n'eut pas le temps de retirer ces lèvres de la paille qu'elles entrèrent en contact avec celle de Sébastian.

Elle s'empressa de les retira et de tourner la tête avant qu'il ne voit le rouge de ces joues. Cependant, il n'en fit rien car lui-même respirait en profondeur pour faire descendre le sang des siennes.

Un lourd silence pesant vint alourdir l'atmosphère. Ils restèrent comme ça un bon vingt minutes à ne rien faire d'autre que de siroter leurs breuvages et croquer dans les pinces de homard.

Cinq autre minutes passèrent avant que le silence ne se rompre.

- Euh…on devrait peut-être y aller, dit Angelika gênée.

- Ouais…ouais.

Ils posèrent chacun un billet de cinq livres et quittèrent le restaurant. Le trajet du retour se fit dans le silence total.

Sébastian raccompagna Angelika sur le pas de son bloc appart. Néanmoins, à l'instant où Angelika allait monter dans l'ascenseur, Sébastian la retint par la main, tira d'un coup sec et l'embrassa.

Angelika fut sidérée de ce revirement de bord. Pendant un cours moment, elle fut charmée par la douceur, la passion et la fougue de l'Hell's Lilith et voulut répondre à son baiser, mais elle se rappela justement ce qu'il était. Elle poussa sur Sébastian pour échapper à son étreinte et se précipita dans l'ascenseur.

Sébastian, déconcerté, regarda les chiffres des étages monter progressivement…lentement…très lentement.

Il enfonça ces mains dans ces poches et alla se rassoir dans sa voiture, et pouffa calmement.