Chapitre 7 : Que la chasse commence !

Note au passage : Merci pour vos reviews ! Ca me sert de booster pour écrire la suite. Sinon pour les fins à suspens…Je suis désolé, c'est une habitude que je me suis découverte. Si vous n'aimez pas ça… vous aller me détester. Parce qu'il n'y vas avoir que ça jusqu'à la fin, qui se rapproche tout de même !

Bonne lecture !

La première chose que Sherlock vit en ouvrant les yeux, ce fut de l'herbe –surtout pas de la pelouse, mais des fougères - entre ses jambes. Il lui fallut plusieurs essais pour se reprendre complètement. Il fermait et ouvrait les yeux à intervalles régulières, tentant de se placer dans le temps et dans l'espace, mais c'était très difficile. Il savait qu'il était assis, les mains liées dans le dos. Pas seul, parce qu'il sentait derrière lui la présence de plusieurs personnes. Et surtout, qu'il était complètement vidé de toute énergie. Drogué.

Au bout d'un moment il réussit à relever la tête. Le ciel était parsemé d'étoiles. Il devait être –selon ses calculs, en admettant que la drogue dans son corps soit la même que lui avait infligé un ancien chauffeur de taxi, et en partant de l'heure approximative de son évanouissement- 11 heures et demi du soir. Juste après cette déduction il repartit dans un sommeil léger.

Ce ne fut qu'une demi-heure plus tard qu'il émergea pour de bon. Et qu'il vit un papier fluorescent devant ses genoux, papier qui n'était pas là avant. En lettres fluorescentes il était inscrit :

La chasse aux détectives Watson, Holmes, Carter et Crew a commencée !

Les participants chassés doivent survivre jusqu'au lever du soleil.

Si jamais ils réussissent, ils gagneront une place chez les chasseurs !

Si jamais ils se font attrapés, ils passeront un mauvais quart d'heure !

Départ à minuit !

Lentement la panique pris Sherlock. Il relu les inscriptions une seconde fois, puis se mit à s'agiter violemment.

« John ! Hurla-t-il. Carter ! Réveillez-vous, tout de suite ! »

Les liens qui enserraient ses mains étaient faciles à dénouer, en deux minutes tout au plus il était libre, mais c'était deux minutes de trop.

« Sherlock ? »

John fut le premier à reprendre ses esprits. Sherlock décida de faire court :

« John, si on ne s'en va pas de là tout de suite, nous allons être tués. Dépêche-toi de te détacher ! »

Puis ce ne fut pas une, mais quatre personnes qui bataillèrent pour se libérer. Déjà des lumières inquiétantes apparaissaient au bout de la plaine où ils étaient. Trois gros cercles jaunes qui se détachaient de l'obscurité pour avancer vers eux. A une vitesse effarante.

« Mon dieu, balbutia Martha Crew, dont les mains moites tremblaient si fort qu'elle n'arrivait pas à faire quoi que ce soit avec, mais qu'est-ce que c'est ? »

Trois énormes jeeps s'approchaient d'eux. Mais elles n'étaient pas normales. Un long tube noir partait de l'endroit où il y aurait dû avoir le pare-brise et semblait être installé à l'arrière des voitures. Il ne fallut pas longtemps à John pour comprendre que c'étaient des canons.

« On court ! » Cria-t-il.

Ils détalèrent dans la direction opposée. En plein vers la forêt de West.

C'est quand on est poursuivis par des meurtriers qu'on à l'impression de courir au ralenti, les jambes lourdes comme deux blocs de plomb et la respiration immédiatement saccadée. Mais ce n'était qu'une impression, et ils atteignirent la lisière en un temps record. Derrière eux, les voitures s'étaient arrêtées à l'endroit pile où ils étaient une minute avant.

« Qu'est-ce qu'ils attendent ? » Demanda John, entre deux respirations.

« Minuit, » répondit Sherlock, tout aussi essoufflé. «Ensuite ils vont nous chasser et nous tirer dessus. »

« Ce n'est pas possible, » gémit Martha.

Secouée de tremblements incontrôlables, elle tomba à genoux.

« Personne ne peut être aussi cruel ! Ca doit être une mauvaise blague, hein Eric ? »

Mais toute l'humeur joyeuse d'Eric Carter avait laissée place à une peur intense et paralysante.

« Ils nous ont drogués » murmura-t-il. « C'est comme ça qu'ils font. Ils endorment les gens et les pourchassent après…Ce sont…ce sont des… »

Mais il n'avait aucun adjectif assez fort pour qualifier le dégoût et la haine que lui inspiraient les Heren. Car maintenant, il en était sûr. C'était eux.

A la grande surprise de Sherlock, John lui aussi tremblait, malgré le fait évident qu'il faisait tout son possible pour rester calme. Il n'était pas difficile de deviner que des images de guerre et de morts envahissaient son esprit en ce moment même.

« Nous avons affaire à des professionnels. Et des fous furieux. Ca se voit à la façon dont ils ont arrangés leurs jeeps. Ils n'auront aucune hésitation, aucun remords à nous débusquer dans la forêt pour nous tuer. Ils font ça sûrement depuis des années. La chance d'en ressortir vivant est pratiquement nulle. »

«John, ne dites pas ça » gémit Martha. « On ne vas pas mourir ce soir… »

Un sentiment nouveau se déclencha en Sherlock, en voyant Martha et Eric, et surtout John, apeurés devant les Heren. Ca aurait été mentir de dire qu'il n'était pas effrayé non pas des Heren, mais de son incapacité présente à protéger John. Mais c'était un sentiment plus profond qui le taraudait : le remord.

Il aurait dû appeler la police. Ne pas céder à ses impulsions pour garder en vie la personne qui comptait le plus.

Comme il se haïssait maintenant ! Jim Moriarty aurait dû le tuer quand il en avait l'occasion. Le monde s'en serait mieux porté.

Jim Moriarty ! Sherlock fourra la main dans sa poche, mais son portable ne s'y trouvait pas. Inutile de chercher ailleurs, tous les objets personnels d'eux quatre ont dû être volés. Et la chance d'être secouru diminua encore plus.

Le bruit des moteurs gronda à nouveau, comme si les jeeps s'impatientaient au loin. Au même instant, Sherlock Holmes, détective consultant qui a toujours été désigné comme sans cœur, décida de sauver chaque personne présente en comptant lui. Et d'effectivement demander à John un rencard une fois tout cela terminé.

« Sherlock, il faut que je te dise quelque chose » commença John en se tournant vers lui, les yeux plantés dans les siens.

« Tu me diras plus tard, » gronda Sherlock, « ce n'est pas le moment ! Ecoutez, il ne faut pas qu'on reste ensemble, sinon on se fera tirer dessus les uns après les autres. Nous sommes quatre. Ils sont trois. Autrement dit, si chacun de nous se sépare, un de nous pourra revenir à West. »

Soudain, une cloche d'église annonçait minuit. Son dong sonnait comme pour le début de la fin pour eux.

« C'est clair ? On fonce chacun dans la forêt, il fait noir, ils ne nous retrouveront pas, puis quand on les aura semés, on essaye de faire demi-tour ! John, tu vas au nord, Eric au nord-ouest, Martha… »

Le bruit des cloches s'interrompit. Les jeeps bondirent en avant et roulèrent à toute vitesse vers eux. Eric céda à la panique et partit en courant au nord-ouest.

« Sherlock, c'est très important » insista John d'un ton pressant.

« TU Y VAS ! » Hurla Sherlock.

Lançant un dernier regard suppliant, John partit sans se retourner.

« Debout, Martha » ordonna Sherlock en lui levant le bras.

Les ronds jaunes étaient à quelques mètres d'eux.

« Ce n'est pas possible, je n'y crois pas » balbutia Martha.

BAM ! Un coup de canon, la balle frôla la joue de Sherlock, y laissant une trainée de sang, et s'écrasa contre un arbre. Sherlock força Martha à se relever et ils s'enfuirent ensemble.

Dans une des voitures, Magnar Heren jura.

« J'ai failli l'avoir ! » grogna-t-il dans le micro en face de lui. « Je vais me le faire, ce Holmes ! »

« Vise mieux la prochaine fois » ricana Alexandre Heren. « Moi je cherche Eric Carter. »

« On avait dit que c'était moi ! » répliqua Evan Heren d'un ton indigné.

« Très bien, ce sera au premier qui l'attrape ! » rétorqua l'autre.

Et les jeeps se séparèrent dans deux directions différentes.

Sherlock et Martha, main dans la main, couraient, bondissaient au-dessus des bosquets, évitaient les multiples trous, s'éraflaient contre les branches, se cognaient contre les troncs mais ne s'arrêtèrent pas, s'éloignant au possible du bruit de roue et de balles perdues tirées derrière eux. Ils avaient des points de côté, la gorge en feu, les jambes sur le point de lâcher, le cœur battant la chamade mais couraient encore. L'obscurité les rendait à moitié aveugles, ni l'un ni l'autre ne réfléchissait plus, il n'y avait que la volonté de survivre.

A un moment Martha tomba. Sherlock ne prit même pas le temps de lui crier dessus il la releva encore et l'obligea à continuer à avancer.

La jeep se rapprochait de plus en plus. Les lumières des phares éclairaient maintenant le chemin. Lorsqu'ils s'en rendirent compte, Sherlock tourna à gauche, Martha à droite, et une balle fut tirée à l'endroit pile où ils étaient la seconde d'avant.

Tous les membres de son corps le déchirait, mais Sherlock continuait, continuait à courir. Il rejoignit Martha trente secondes plus tard, et détalèrent ensemble dans une autre direction tandis que la jeep faisait demi-tour pour les rattraper.

Brusquement ils virent plus net. Sans s'en rendre compte, ils étaient retournés au bord de la forêt et maintenant une plaine leur faisait face, une plaine où aucun obstacle ne pourrait prendre les balles à leur place. Et derrière, c'était un des frères Heren.

C'est à ce moment précis que les jambes de Sherlock le lâchèrent. Il s'abattit sur le sol, et le choc vida le peu d'air qu'il avait encore. Martha s'arrêta contre un arbre, mais au lieu de l'aider, glissa le long du tronc et s'assit au sol, la respiration haletante. Au loin, les lumières des phares se tournaient vers l'endroit où ils étaient.

Sherlock amorça un mouvement pour essayer de ramper, mais ça ne lui fit que plus mal encore. Etrangement, Martha, contrairement à lui, avait encore des forces et remonta, s'accrochant à une branche couverte d'épines. Elle se mit à rire.

« Vous et moi n'aimons pas beaucoup le sport, hein ? »

Sherlock ne répondit pas. Pas assez d'air.

« Ma sœur… » Martha déglutit difficilement. « Ma sœur était quelqu'un de formidable. Elle…elle aurait voulu… » Martha inspira profondément, tandis que le bruit des roues se faisait plus fort. « Que ses meurtriers soient retrouvés. Et je ne suis pas la personne qualifiée pour ça. On ne se connait pas depuis longtemps, Monsieur Holmes, mais j'ai confiance. »

Sherlock ressenti une terreur, réelle, perçante, qu'il n'avait ressenti que peu de fois, en entendant ces paroles. Il se remit sur le dos. Mais c'était trop tard. Martha était déjà repartie.

Elle ne fit que quelques mètres, et en marchant, n'ayant pas la force de courir. Quelques mètres droits sur la jeep. Puis elle fut illuminée par les feux.

Sherlock, du sol, coincé entre des buissons épineux, ne put rien faire. Il ne put même pas crier le « non ! » qui résonnait dans sa tête. Il vit juste, impuissant, Martha recevoir la balle et s'effondrer par terre.