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CHAPITRE VII

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Alcor rengaina son gravity-saber (1) et poussa du pied le cadavre du rat, gisant à quelque pas du Fossoirak :

— Tu les attire ma parole !...

Il se prit dans la seconde une boule de neige.
Vénusia s'approcha de la dépouille.

— Pauvre rat ...

A peine l'avait-t-elle dit, qu'elle se pris à son tour une boule.

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Porte-astronef Horos, vaisseau amiral de l'escadre d'attaque végienne, à quatre million de milliards de kilomètres de la...

— M... le c... ! pesta Kariméros devant l'écran devenu noir...

Il se tourna vers son chef... qu'il trouva comme absent.

. . . Mon général ! … le vaisseau vert n'est pas avec eux … et celui de la 'Sorcière' à l'air encore endommagé... c'est une occasion unique !

Se ressaisissant, Kolos fit envoyer un message au GQG et ordonna un warp vers la Terre

— On n'attend pas la réponse du Généralissime (2) ?
— Pas le temps !... il faut battre le fer quand il est encore chaud !

Alors que les lumières des étoiles, parurent soudain se précipiter contre les vitres, il replongea dans ses pensées : '' Alizée... c'est impossible !... ''. Il avait déjà cru l'apercevoir sur la base spatial des pirates... mais la, il n'y avait plus aucun doute possible : c'était bien elle !... seul sa coiffure avait changée !

Il se remémora leur toute première rencontre dans ce laboratoire, la veille de la première guerre contre la Terre lui qui n'avait jamais éprouvé de sentiment pour une femme (à part pour sa mère) s'était sentit fondre comme un adolescent devant ce visage altier, ces yeux vert, cette silhouette à la fois fine et voluptueuse... il avait été à deux doigts de l'embrasser de force. Ne travaillant pas sur les même programme de recherche, il n'avait guère eu l'occasion de la revoir et encore moins de devenir intime.. et cela d'autant plus que la belle était toute entière à ses recherches, au coté de son frère Zéphyr pour lequel elle semblait éprouver un amour presque incestueux. La nouvelle de sa mort avait achevé de détruire le peut d'espoirs qu'il lui restait... et voilà maintenant qu'elle réapparaissait...

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— Vas-y ma petite fille... montre leur !... haranguait Rigel, excité par la bataille de boule de neige qui avait suivit les gestes d'humeurs de Phénicia... mais Procyon mit fin au joyeux pugilat en rappelant au Aigles leur mission.

Au moment de monter dans son appareil, Alcor demanda à un mécanicien :

— On à des nouvelles de Banta ?
— Non.. heu, enfin si peut être : un homme correspondant à son signalement a été vu essayant de pénétrer dans un radio-télescope en compagnie d'une très jolie femme.
— La Sylvidre bien sur... il s'est fait complètement embobiner.
— Au moins ont sait qu'il est vivant... si c'est bien lui !

Dans le vrombissement de leurs soufflantes de sustentations, l'Alcorak et le Vénusiak s'élevèrent et,glissant l'un derrière l'autre à moins d'un mètre du sol, se dirigèrent vers la rampe du Queen Eméraldas, suivit du Fossoirak se déplaçant sur ses chenilles.

Laissant Antarès et Eméraldas superviser la manœuvre, Procyon regagna le Centre et descendit à l'atelier où Goldorak se trouvait déjà entre les mains des techniciens. A la satisfaction du Professeur, la dépose des avant-bras endommagés était presque achevé... surpris de ne pas voir Actarus, on lui répondit qu'il était monté à l'infirmerie
Arrivé dans la salle de soin, il le trouva assis, torse nu, en trains de se faire traiter sa vielle blessure à la lampe à rayon. Malgré sa douleur, Actarus lui souria. Ayant terminé, le médecin rangea son matériels et, laissant le Prince se rhabiller, il entraîna le Professeur hors de la pièce et, l'air sombre, lui donna une enveloppe ouverte. A l'intérieur, un bilan des dernier examens médicaux, les soins effectues, les prescriptions... et surtout une lettre de Rubia, la doctoresse Sylvidre de l'Arcadia :

« Cher Professeur Procyon, j'ai tenté sur votre fils un traitement expérimentale pour stopper, sinon freiner, la progression de sa tumeur, malheureusement c'est un échec... et son état c'est encore aggravé... Je continuerais à chercher, mais je ne vous cacherais pas que j'ai peu d'espoir ».

Une larme coula sur la joue du quinquagénaire.

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Pendant ce temps, du coté de Saturne, dans le dock du SSX-2, au CO du cuirassé Richelieu, Amus consulta sa montre :

'' L'Arcadia à du lancer sa ponté ! '', pensa-t-il.

A bord du croiseur de bataille Minotaur, voisin, Nausicäa et Ramis se firent la même réflexion.

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Effectivement, à quatre millions de milliards de kilomètres de la, une soixantaine de Spacewolf, Cosmowings, Aviscoupes et space-Etendard - ces derniers prêté par le Richelieu - jaillir de la soute du cuirassé pirate et foncèrent sur leur objectif : la flotte civile Sylvidre.
Prenant par surprise l'unique 'zoness' d'escorte, les chasseurs-bombardiers se ruèrent sur les transports de passager et tirèrent contre eux des missiles à têtes non explosives aux graphites, qui, avec une précision quasi diabolique, s'enfoncèrent dans les tuyères de leurs moteurs, les mettant hors-d'usage sans faire de victime parmi les passagers & équipages. Réagissant, l'escorteur riposta de toutes ses pièces et fit décoller ses chasseurs, mais, trop tard : les assaillants étaient déjà loin.

A plusieurs dizaines de kilomètres de là, sur la passerelle d'Arcadia – qui attendait le retour de ses escadrilles, à demi dissimulé derrière un astéroïde – Albator observait sur l'écran du télescope spatial, la centaine transports à la dérive. Quand Mima intercepta un message du croiseur demandant l'aide de la flotte de guerre, un sourire passa sur ses lèvres.

'' Je reste septique '' lui dit alors, par télépathie Tochiro : '' il y a trois ans Sylvidra n'a pas hésité à en massacrer des centaines, enfant compris... alors je la vois mal retarder ses plans d'invasion de Terre pour leur venir en aide ! ''
'' C'est différent... il y a trois ans elle pouvait invoquer leur 'désobéissance', mais la, si elle les abandonne elle se discrédite !''

Alors que les chasseurs-bombardiers appontaient, Mima annonça une communication de Sylvidra.

'' Quand ont parle du loup !''

La reine des Sylvidres, glaciale et hiératique, apparu sous forme d'hologramme.
Les deux adversaires, qui ne s'étaient pas vu depuis des années, se dévisagèrent de longues secondes. Sylvidra pris la parole :

— Albator, je te respectais . .. mais, après ce que tu viens de faire... c'est terminé !

Sourire amusé du Pirate :

— Je suis dispensé de ton estime ?

Un instant suffoquée, la reine siffla :

— C'est tout ce que tu trouves à répondre, lâche !

Sursaut indigné des Sylvidres de l'Arcadia.

— Comment osez-vous parler de lâcheté après ce que vous avez fait à la mère de Torus (3) Majesté !... intervint Rubia.
— 'Majesté' ! … peuh, en voila des salamalecs ! .. grinça Cygna.
— … comment pouvez-vous faire la moral après tous les massacres que vous avez ordonné !

Le visage de Sylvidra se fit dédaigneux :

— Tu me fais pitié Albator : même plus assez d'autorité pour empêcher ces traîtresses de polluer la discutions..
— Aaaahahahaha … ça te dérange la vérité, hein !.. ricana Cygna... mais tu peux ravaler ta bave : elle n'a pas d'effet sur le Capitaine !

Un éclair de haine passa dans yeux de la Reine

— Toi, je te promets que ton agonie sera longue !

. . . . . . . — Fin de la conversation !... coupa sèchement Albator, en voyant Mima lui faire signe qu'un autre message venait d'arriver.

Une fois l'hologramme de la reine disparu...

— C'est le Centre : les Végiens attaquent la Terre !

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(1) Cadeau d'Eméradas (Aigle & Corneille, ch.20).

(2) Minos

(3) Lumani, qui fut atrocement torturé à l'électricité pour obliger son fils à se rendre.
Ce dernier, soldat esclave, venait de trouver refuge sur l'Altlantis, en compagnie de Rubia, d'on il était amoureux - voir Albator 78, ep.26 "L'étoile filante de l'amour".