Salut à tous !

Malheureusement (pour vous !) ceci est mon dernier one-shot... écrit pour le moment (mais qui sait si j'en referai d'autres)

J'espère que celui-ci va vous plaire, parce qu'il est - et de loin - mon préféré.

N/A : Petites modifications après quelques années, histoire de le remettre à niveau. Promis, je n'ai rien changé à l'histoire :)


Ronflak Cornu, mythe ou réalité ?

- Pour la deux mille cinq centième fois en deux ans, les Ronflaks cornus n'existent pas ! s'exclama une Hermione au bord de la crise de nerfs à une Luna Lovegood parfaitement calme, après un entraînement de DA. Il n'y a aucune preuve de leur existence !

- Mais aucune preuve de leur non-existence, répliqua la Serdaigle avec un sourire absent.

Hermione résista à la tentation d'étrangler ce cou gracile et stupidement décoré par un collier de pâtes peintes ; le genre de collier qu'un enfant en deuxième classe de maternelle aurait offert à sa maman pour la fête des mères. Elle soupira.

Hermione et Luna étaient devenues ce qu'on pouvait relativement appeler des amies l'année auparavant, durant leur cinquième et sixième année respective. Hermione, qui méprisait Luna à cause de ses divagations insensées, et de son appétit de lecture d'un magasine qui n'était rien d'autre que le Chicaneur (et chacun sait l'étendue des énormités, sans parler des incohérences scientifiques, rapportées par ce torchon), avait prit conscience de la rapidité de la jeune Serdaigle à assimiler parfaitement un sort. En fait, en dehors de Harry, Ron et d'elle-même, elle était souvent la première des membres de l'AD à y arriver. La jeune Gryffondor avait également surpris une conversation entre les deux préfets de sixième et septième année Serdaigle, et apparemment, Luna était la meilleure élève de toute la promotion.

Hermione avait alors considéré que la bizarrerie de Luna pouvait être compensée par son travail scolaire ; elle avait alors décidé de la considérer comme une amie, et passait désormais beaucoup de temps avec elle, notamment à la bibliothèque - au grand étonnement de tous.

Mais quand même, elle ne pouvait toujours pas supporter les idioties qu'elle pouvait raconter au sujet de ces animaux mythiques qui n'existaient évidemment pas !

- Et ça ressemble à quoi, un Ronflak Cornu ? demanda-t-elle en pinçant les lèvres.

- Je ne sais pas, personne n'en a jamais vu.

- Quoi ? s'écria Hermione. Mais tu te moques de moi !

- Oui, répondit Luna d'un air absent tout en feuilletant le Chicaneur.

Hermione se prit la tête dans les mains. Luna était d'un calme sans faille en face d'elle, comme si elle n'avait jamais rien dit.

- Tu... tu te fiche de moi depuis le début ?

- Non, répondit Luna, toujours de ce ton calme, et si exaspérant ! Uniquement depuis que j'ai remarqué ton mépris immodéré à l'annonce de quoi que ce soit d'étrange ou de surnaturel. Etonnant, d'ailleurs, de la part d'une sorcière. Tu crois en la magie, tout de même ?

Il y avait des petits accents moqueurs, dans sa voix douce.

- Oui, sinon je me demanderais un peu ce que je fais là, répondit Hermione d'un ton crispé.

- Y croyais-tu lorsque tu ne savais pas que tu étais une sorcière ?

- Bien sûr que non ! Les magiciens que l'on voit ont toujours des trucs. Ce n'est pas de la vraie magie, il y a toujours une explication rationnelle.

- Rationnel... murmura Luna. Je crois que ce mot n'appartient pas à mon vocabulaire.

Elle passa sa main dans ses cheveux blond foncés et fit retomber quelques mèches devant ses yeux, puis se mit à jouer avec l'une des nouilles qui composait le collier ornant son cou. Elle sourit tendrement en touchant le bijou.

- Pourquoi portes-tu ces... bijoux ? demanda Hermione, étonnée - comme tous les autres - par les étranges parures que la jeune Serdaigle arborait.

- Pourquoi crois-tu que je le porte ? répliqua Luna d'une voix douce.

Hermione fut prise au dépourvu. La question lui avait échappée, en vérité ; elle n'avait pas eu l'intention de blesser Luna, ni même de se venger pour sa précédente plaisanterie au sujet du Ronflak Cornu.

- Parce que tu trouves cela joli, parce que cela te plaît, pour te démarquer des autres... je n'en sais rien, à vrai dire.

La Gryffondor s'attendait à une explication passionnée sur le rôle des nouilles dans la protection contre les lutins de Cornouailles, ou Merlin seul savait quelle autre farfelucherie, mais au lieu de ça, les yeux pâles de la Serdaigle se mirent à trembler. Son expression, si déçue, fit remonter une boule dans la gorge de la préfète.

- Je pensais que tu étais différente des autres, dit Luna après un instant de silence, uniquement meublée par les pensées intérieures d'Hermione. Que toi, tu pourrais comprendre. Crois-tu vraiment que je porte ce... bijou, comme tu dis, pour mon plaisir ? Dans ce cas, je mériterais vraiment le surnom de Loufoca dont on m'a affublé. Si je me promène avec un collier de bouchons de Bièraubeurre, des boucles d'oreilles en bois en forme de radis ornées de clochettes, ou toutes les autres horreurs que je peux porter, c'est parce qu'il s'agit de tous les bijoux que j'ai fait à ma mère étant enfant. Les porter alors qu'elle est morte me permet de ne pas l'oublier.

La bouche d'Hermione s'affaissait au fur et à mesure des explications de Luna. Un horrible sentiment de honte l'envahit comme un courant d'air glacé.

- Je ne savais pas... fit-elle d'une petite voix. Je ne m'en serais jamais doutée...

- Tu sais, ne faut jamais se fier aux apparences, Hermione.

A cet instant, Mme Pince, l'irascible bibliothécaire à tête de vautour vint se planter devant elles, les bras chargés de livres soigneusement empilés.

- Mesdemoiselles, la bibliothèque va fermer, je vous prierais de ranger vos affaires et de reposer les livres à leur place.

- Je peux emprunter celui-ci ? demanda Hermione.

- Oui, mais dépêchez-vous de remplir la fiche.

Hermione inscrivit son nom sur le morceau de parchemin qu'elle tendit à la bibliothécaire, puis elles partirent dans les couloirs.

- Viens, dit Luna en lui attrapant la main. Je vais te montrer un endroit où tu n'es sûrement jamais allée.

Luna guida Hermione dans les couloirs du château en directions de l'aile est. Elles arrivèrent dans la section de runologie, et la Serdaigle monta un petit escalier en colimaçon qui menait à un autre couloir aux murs nus et gris. Tout au bout de ce couloir, il y avait une petite lucarne circulaire, qui laissait filtrer à l'intérieur la lumière brillante de la pleine lune.

Luna fit un geste harmonieux de sa baguette, et une échelle de bois usée apparut sous la lucarne. Elle grimpa, ouvrit la fenêtre en tirant sur un loquet d'argent, et arriva sur le toit. Elle se hissa sur le rebord de la lucarne sans une seule pensée pour sa jupe qui accrochait les tuiles, et se retourna pour aider Hermione à en faire autant.

A côté de l'ouverture, le toit était presque à l'horizontale sur une largeur de deux ou trois mètres pour une dizaine de mètres de long. Le toit était ensuite bien plus raide, et Luna s'assit, reposant son dos et sa tête sur le toit qui remontait abruptement et formait un banc tout à fait confortable. Hermione s'assit à côté d'elle, ramena ses genoux contre sa poitrine, et regarda les étoiles. Et la Lune...

Au bout de deux minutes passées à contempler le ciel, ce qui était déjà beaucoup pour elle, ceux qui la connaissent pourront le confirmer, Hermione sortit son livre de son sac et commença sa lecture. Sans dire un seul mot, Luna se tourna vers elle, lui prit doucement les mains et lui fit refermer l'ouvrage.

- Mais... commença Hermione.

- Tu vas t'abîmer les yeux à lire autant, coupa Luna d'une voix douce.

- Etrange remarque pour une Serdaigle, fit la préfète en fronçant les sourcils.

- Je ne suis pas à Serdaigle pour une passion de lecture, répondit-elle. Je ne lis que le Chicaneur, ajouta-t-elle, arrachant à Hermione un reniflement dédaigneux. Tu sais Hermione, tout ne se trouve pas dans les livres.

- Ah oui ? fit la Gryffondor, qui semblait en douter sérieusement.

- Il y a des choses que les livres ne peuvent pas donner. Les sentiments, l'affection, l'amour...

- Lire ne m'a jamais empêchée d'avoir des sentiments, objecta Hermione.

- Mais quand tu lis, tu es seule. Et tu lis beaucoup, et tu lis longtemps.

- Seule ? J'ai de nombreux amis : Harry, les Weasley, Neville, Viktor...

- Je ne parle pas forcément d'amis. Il y a aussi les gestes affectifs que tu n'as pas avec Harry et Ron. Le fait d'avoir quelqu'un de spécial avec toi...

- Tu veux parler d'avoir un petit ami ? comprit Hermione. Tu sais Luna, je ne suis pas vraiment pressée d'en trouver un.

- Crois-tu en l'amour ?

- L'amour ? Non, répondit la Gryffondor sans hésiter une seule seconde.

Luna garda le silence. Les yeux à demi clos, les bras croisés derrière sa nuque, elle semblait réfléchir. Puis elle sourit, et son sourire était un brin moqueur, comme si elle se retenait de rire.

- Je vais finir par croire toutes les rumeurs qui courent sur toi.

- Ah oui ? Et lesquelles ?

- Celles qui disent que tu as un livre à la place du cœur, par exemple.

- Ce n'est pas loin de la vérité, admit Hermione. Je n'ai pas encore trouvé d'homme qui me convienne. Tous ceux que je connais sont trop possessifs et trop immatures. Je tiens à ma liberté, peu importe si cela signifie être célibataire.

- Tu n'en trouveras jamais si tu ne cherches pas.

- Peut-être est-ce parce que j'ai déjà trouvé sans chercher très loin, mais que je n'ose pas me l'admettre, dit Hermione en un murmure, comme se parlant à elle-même.

- Pourquoi n'oses-tu pas te l'admettre ?

- Sans doute parce que ça ne risque pas d'être réciproque, dit Hermione d'un ton léger en bâillant.

Elle croisa à son tour ses bras sous sa nuque et s'appuya contre le toit.

- Je ne suis qu'une étoile et cette personne est la lune...

- Le sait-elle ? demanda Luna avec un sourire en coin qu'Hermione ne remarqua pas.

- Je pense que non. Cette personne croit que je la déteste et que je la méprise.

- Je ne pense pas qu'elle croit cela, dit la jeune Serdaigle. Elle te croit juste beaucoup trop sérieuse mais elle sait qu'on ne pourra jamais te changer.

Hermione entrouvrit la bouche sous l'effet de la surprise. Luna était assise juste à côté d'elle, les yeux plus grands ouverts que jamais, dégageant cette aura de folie douce qui lui était si caractéristique. Elle prit la main d'Hermione dans la sienne et la caressa doucement du bout des doigts. Ca faisait longtemps qu'elle avait envie de le faire, longtemps qu'elle rêvait d'emmener Hermione dans cet endroit qui était son préféré.

La jeune Gryffondor sembla pétrifiée. Elle ouvrit la bouche, balbutia quelque chose, la referma puis la rouvrit et se contenta de dire « je suis désolée » à Luna, les yeux baissés.

- Pourquoi donc ? demanda celle-ci d'une voix douce.

- Pour avoir, comme tout le monde, cru que tu étais mentalement dérangée. Je suis désolée et je... et je t'aime.

Luna sourit, et son sourire s'étira d'une oreille à l'autre, comme si sa bouche était trop grande pour son visage. Elle s'approcha d'Hermione et posa tendrement et brièvement ses lèvres sur les siennes.

- Je t'aime aussi, tu sais, dit Luna comme si c'était une évidence.

Hermione reprit ses esprits et embrassa la jeune fille à son tour. Son souffle était court, son cœur battait à toute vitesse. Elle embrassait Luna ; Merlin, Luna l'embrassait ! Pourquoi ne s'était-elle rendue compte de rien auparavant ? Avait-elle réellement un livre à la place du cœur ?

Tandis qu'elles ne cessaient de s'embrasser, de se toucher, de se caresser, Hermione fit apparaître, d'un geste de sa baguette, d'épaisses couvertures sur lesquelles elles s'étendirent.

Elles firent l'amour sur le toit, avec seule la lune pour témoin.

Elles restèrent allongées sur le toit dans les bras l'une de l'autre jusqu'au lever du soleil. Hermione rejeta la couverture moelleuse et tiède qui les recouvrait et s'assit en se frottant les yeux. La lune était toujours visible dans le ciel zébré de bandes roses dues à l'apparition de l'astre du jour.

- Bonjour, murmura Luna en ouvrant les yeux.

Ses cheveux étaient emmêlés tout autour de son visage, comme la crinière d'un lion. Hermione fit courir ses doigts dans ses boucles blondes, un sourire heureux sur les lèvres.

- Oh, regarde ! s'exclama Luna en pointant quelque chose en direction de la forêt interdite.

- Quoi ? fit Hermione d'une voix encore un peu endormie. Je ne vois rien.

- Je l'ai vu ! cria Luna. Vu de mes yeux vu !

- Mais de quoi tu parles ?

Hermione n'avait encore jamais vu son amie plus excitée qu'en cet instant. Serait-elle vraiment devenue folle ?

- Tu ne l'as pas vu ?

- Mais quoi ? s'impatienta Hermione.

- Le Ronflak Cornu ! dit Luna comme si c'était une évidence.

Hermione soupira, secoua la tête, puis éclata de rire.

- Luna, vraiment... Ta gueule et embrasse-moi !


Bye et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Ankou