Disclaimer: Je pense que tout le monde est au courant. Sinon, se référer aux 6 chapitres précédents.

On a atteint les 30 reviews ! Merci à tous, et spéciale dédicace à Maneo, qui m'a laissé une très longue review et m'a donné le nom technique de ce que j'ai appelé la 'gâchette' de l'arbalète... avant de passer en mode 'fangirl' XD

Elle a d'ailleurs reçu une réponse spéciale d'Alaia, par MP. Avant de répondre aux reviews, je rappelle qu'il n'y aura pas de mot personnalisé la semaine prochaine ! Je pars en vacances et c'est ma mère, guidée par des instructions appuyées d'images, qui publiera le chapitre – si elle y pense... ahem. Si elle n'y pense pas ce sera Baella, une amie à moi, qui la remplacera ; je lui demanderai de vérifier le vendredi si cela a été fait ou non.

Place aux réponses ! Je rappelle que les miennes sont en gras... celle d'Alaia en normal

sat1 : Héhé, je tâche de faire en sorte que ça ne devienne jamais ennuyeux (et elle réussit ! C'est une promesse !) Torturer Merlin est une activité trop amusante pour s'en passer.

Merci pour ta review ! J'espère que tu continueras à ne pas te lasser.

Maneo : J'espère que le MP que je t'ai envoyé t'a plu, et que le commentaire de Julie sur mon français t'a fait rire.

Merci encore pour la réponse technique. Je me suis couchée moins bête lundi dernier ! Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule francophone à avoir lu la fic en version originale... et que mon travail t'aide à mieux comprendre certains mots !

~()~

Chaptitre 7: Première Requête de Magie ~Partie 2~

Merlin avait envie de se cogner la tête contre un mur, vraiment envie ; ou bien était-ce celle d'Arthur qu'il voulait cogner contre un mur ?

Avec un soupir exagéré, le front dans les mains, il loucha dans le bol d'eau en face de lui et essaya à nouveau de conjurer une image. De qui était venue cette brillante idée, déjà ? Et pourquoi, au nom du ciel, avait-il accepté ?

Vous l'aurez compris, Merlin n'était pas très bon pour invoquer des images.

Il soupira de nouveau, frottant ses yeux fatigués. Il savait que c'était assez logique, en principe, mais de vraiment regarder dans l'eau à la recherche de dangers potentiels à Camelot ou aux alentours s'avérait être plus dur qu'il ne l'avait prévu... Ou peut-être que Merlin s'était juste imaginé que parce qu'il était Emrys, et avait réussi des exploits similaires dans son apprentissage, il pourrait apprendre à regarder dans l'eau en quelques jours et serait capable de le faire parfaitement bien. Comme il s'était trompé.

Il abandonna, son front allant cogner sur la table. Ça suffisait pour aujourd'hui, ou en tout cas pour ce matin. Il réessaierait peut-être plus tard, si la migraine envahissant sa tête décidait de s'en aller d'ici là.

Gaius entra dans la pièce, remarquant Merlin assis, son visage appuyé sur la table. Levant un sourcil il s'approcha, s'asseyant en face de lui.

« Tu sais, si tu as l'intention d'apprendre ça tu devrais choisir un meilleur bol... Le bois n'est pas très stable pour invoquer des images, parce que dans les mains d'un novice, il coupe généralement les images en morceaux comme les branches d'un arbre. »

Merlin se redressa abruptement et le fixa, le ton plat.

« Le livre n'a jamais dit que la matière du bol avait de l'importance. »

Le physicien lui rendit son regard, sans se laisser décontenancer.

« C'est parce que, aussi complet que soit ton livre sur les enchantements et la sorcellerie en général, il ne couvre que les bases de l'invocation d'images. Il faudrait que tu lises un volume consacré à ça si tu veux avoir plus de détails. Le mieux pour invoquer des images, ce sont les cristaux, les étangs naturels, ou les bassins creusés dans la pierre. Cependant... »

Il leva un doigt, empêchant Merlin de répliquer.

« Ils demandent tous de l'expérience pour être utilisés et contrôlés, sans quoi les images invoquées seront probablement banales et/ou inutiles... Je vais voir si je peux te trouver un bassin qui convienne, en laiton, quand je serai en ville aujourd'hui. C'est un matériel très stable pour l'invocation d'images, et qui donne de bons reflets ; l'idéal pour les débutants. »

Merlin reposa son visage sur la table, marmonnant dans le bois.

« C'est ça, remuez le couteau dans la plaie... »

Gaius adressa un sourire à l'arrière du crâne de son protégé.

« Allons, ne le prends pas comme ça, Merlin. Tu es peut-être doué pour la magie, mais ça ne change rien au fait que l'invocation d'images est l'un des talents les plus éphémères que l'on puisse essayer d'apprendre. Cela demande une dose considérable de pouvoir ou de patience pour être maîtrisé, selon la force du sorcier. La plupart qui essaient abandonnent avec dégoût. Que tu veuilles continuer, cependant, montre que tu as l'état d'esprit requis pour réussir. »

Merlin soupira, se redressant de nouveau et révélant l'expression légèrement opprimée de son visage.

« Plus probablement, Arthur veut que j'apprenne ça, afin de pouvoir avoir Morgane à l'oeil de plus près, et je ne veux pas avoir à lui dire que j'ai échoué. Je ne veux pas le décevoir, pas alors que c'est la première fois qu'il me demande de faire de la magie pour lui. Vous voyez l'importance que ça a, n'est-ce pas Gaius ? La première fois... Il enfreignait déjà la loi en cachant que j'ai des pouvoirs magiques, mais jusqu'à maitenant il ne l'a jamais fait de cette façon. Je ne veux pas le laisser tomber. »

Gaius étendit le bras sur la table pour lui tapoter la main.

« Et tu ne le feras pas. Dis-lui simplement la vérité, et que cela s'avère plus complexe que tu ne le pensais. Mais même si ça ne va pas aussi bien que tu le souhaiterais, tu vas continuer d'y travailler. Il peut difficilement te demander plus, tu fais de ton mieux. »

Merlin soupira de nouveau, avant de se remettre sur ses pieds.

« Je ferais mieux d'y aller. Monsieur 'Je suis un prince donc tu dois trouver mes chaussettes à ma place' va bientôt se réveiller, et je dois aller chercher son petit déjeuner. »

Il marqua une pause, avant d'adresser un léger sourire à Gaius.

« Merci, de croire en moi. Ça aide. »

Gaius lui rendit son sourire, avant de le pousser légèrement vers la porte.

« Je t'en prie, Merlin. »

~(-)~

S'écartant du chemin d'autres serviteurs, esquivant les coudes des gens qui se retournaient brusquement, ou contournant ceux qui se rendaient dans d'autres ailes du château avec un plateau dans les mains, Merlin se fraya un chemin à travers l'épreuve que constituait le couloir menant aux cuisines. Sérieusement, Arthur le trouvait maladroit, mais est-ce que le prince réalisait que son serviteur devait traverser ça avec ses repas, intacts, trois fois par jour ? Il y arrivait, à chaque fois, sauf l'unique occasion où il avait été bousculé et avait laissé tomber un petit pain. Il s'était rapidement accroupi et avait réussi à l'attrapper avant que quelqu'un ne marche dessus, et après qu'il l'ait essuyé pour s'assurer que de la poussière ne restait pas collée dessus, Arthur n'avait pas remarqué de différence entre ce petit pain et l'autre présent dans son assiette.

Parfois il était évident qu'Arthur était inconscient de ce genre de choses.

Alors qu'il passait la grande porte à double battant de la cuisine, la chaleur et les odeurs furent comme une gifle en pleine figure pour le magicien. Évitant toujours d'autres serviteurs, il s'approcha rapidement de la pile de plateaux sur une petite table contre le mur, et en saisit un, avant de passer devant la file des autres serviteurs personnels. C'était un des avantages qu'il y avait à être le serviteur d'Arthur, il avait le droit de passer devant tout le monde sauf les serviteurs personnels du roi. Aucun d'entre eux n'étant présent, il alla directement vers les cuisiniers pour réquisitionner des tranches de jambon, de fromage, et trois tranches de pain de belle taille. Il mit également la main sur une petite carafe de cidre doux, afin d'adoucir un peu Arthur avant de lui parler de ses 'progrès' dans l'invocation d'images.

Il fallait juste espérer que ça marcherait.

Le petit déjeuner rassemblé avec succès, Merlin entama la tâche plus complexe de sortir des cuisines sans être accidentellement assommé ou voir son plateau renversé. C'était dans cet endroit que l'on pouvait voir la seule occasion où il montrait une certaine grâce dans ses mouvements. Il se glissait entre les gens, tenant le plateau en équilibre au-dessus de sa tête quand l'espace libre était trop mince, glissant comme un chat noir à travers les ténèbres jusqu'à ce qu'il atteigne les couloirs moins peuplés après celui conduisant aux cuisines.

Atteignant ce passage moins risqué, Merlin se détendit un peu en soupirant et se dirigea vers les escaliers les plus proches. Monter deux étages, tourner à gauche, puis remonter l'escalier presque abandonné au bout du couloir. De là il aurait le champ quasiment libre jusqu'à l'aile où se trouvaient les appartements d'Arthur, et les gens le trouvaient stupide ? Bon sang, s'il suivait le chemin qu'on lui avait indiqué quand il avait commencé son travail, cela lui aurait pris deux fois plus de temps, même si la route qu'il utilisait était plus longue. Mais la plupart des serviteurs n'utilisaient jamais ce chemin pour rejoindre les ailes où les nobles avaient leurs chambres, Merlin ne devait donc presque jamais à se disputer pour dépasser quelqu'un.

Toutes ses sorties nocturnes et ses infractions envers la loi contre la magie avaient porté leurs fruits... Il connaissait probablement ce château mieux que beaucoup de ceux qui avaient vécu ici toute leur vie.

Souriant à cette idée, Merlin atteignit les chambres d'Arthur et regarda la porte. S'assurant qu'il n'y avait personne autour, il fixa la serrure et remua les doigts d'une des mains tenant le plateau, murmurant :

« Tospringe ! »

La porte s'ouvrit avec un déclic satisfaisant, Merlin se retourna pour la pousser avec son dos, la refermant d'un coup de pied avant de déposer le plateau de nourriture sur la table. Sa voix joyeuse résonna à travers la chambre, tandis qu'il se dirigeait vers la fenêtre.

« Bonjour, Sire ! Le petit déjeuner est servi ! »

Il ouvrit les rideaux en grand, faisant entrer la lumière du soleil dans la chambre et vers le lit d'Arthur, faisant broncher le prince qui mit un oreiller sur sa tête. Une seconde plus tard il s'assit, lançant ledit oreiller à la tête de Merlin qui, ayant déjà eu à affronter ça à plusieurs reprises, s'en saisit adroitement.

Arthur marmonna dans sa barbe, avant de sortir du lit et d'aller derrière le paravent où Merlin avait préparé chemise et pantalon la veille au soir. Pendant qu'il s'habillait, Merlin attisa les braises du foyer et ajouta quelques bûches ; Arthur entendait le magicien se déplacer dans la pièce, flânant sans doute puisque jusqu'à ce qu'il ait pris son petit déjeuner, le serviteur n'avait pas grand-chose d'autre à faire.

Arthur, maintenant convenablement habillé, regarda autour de lui, cherchant le dernier vêtement dont il avait besoin.

« Hé, Merlin, où sont mes ch... »

Une tête brune apparut à côté du paravent, Merlin souriant tandis qu'il tendait au prince la paire de chaussettes qu'il avait prises sur le tabouret juste à côté du paravent.

« Les voici ! »

Le prince fronça légèrement les sourcils en les prenant, tandis que Merlin disparaissait le temps qu'il les enfile. S'il avait travaillé pour n'importe quel autre noble du château, l'attitude de Merlin l'aurait fait renvoyer depuis longtemps. Mais Arthur ne pouvait qu'admettre qu'il préférait les répliques sarcastiques et joyeusement utiles du magicien à la fadeur servile du reste des serviteurs, Gwen exceptée, bien sûr. Gwen lui parlait franchement de temps en temps, bien qu'elle s'en excuse toujours si cela impliquait de l'insulter ou de le réprimander. Quant à Merlin, il ne s'excusait presque jamais, et c'était aussi bien... Ses commentaires finauds aidaient Arthur à garder les pieds solidement ancrés sur terre.

Arthur s'éclaircit légèrement la gorge... Et savoir au fond que le magicien pouvait probablement l'anéantir d'un simple sort, jouait aussi un rôle. Il n'avait peut-être pas une idée précise des capacités totales de Merlin, mais s'il avait pu effrayer Morgause il n'était clairement pas à prendre à la légère. Et on parlait ici d'un jeune homme qui travaillait volontairement comme serviteur, et supportait qu'on lui donne certaines des pires corvées quand le prince était irrité contre lui, alors qu'en réalité ledit prince ne pouvait pas le forcer à faire quoi que ce soit s'il ne le voulait pas. Merlin avait même supporté d'être mis au pilori plusieurs fois pour le couvrir, finissant bombardé de fruits pourris et de légumes.

Arthur secoua la tête. Il fallait vraiment qu'il arrête de penser à ce genre de choses... C'était terriblement humiliant,(je trouve que humiliant n'est pas le terme qui convient mais je n'arrive pas à trouver le bon... ça correspond à l'adjectif humble, si tu as une idée) même s'il ne le dirait jamais à Merlin.

Il s'assit à table, remarquant le petit déjeuner simple mais bon que Merlin lui avait apporté. Il se souvint de s'être plaint de repas similaires dans le passé, avant d'apprendre à ne pas prendre pour acquise la nourriture qu'on lui donnait. Du pain, du fromage, et du jambon... ça aurait pu sembler maigre à la majeure partie de la noblesse, mais pour la plupart des roturiers, avoir autre chose que du porridge trop liquide ou du pain dur était un rêve.

Il saisit une des tranches de pain, y insérant le jambon et le fromage avant de la plier en deux. Il l'amena à sa bouche, mais hésita avant d'en prendre une bouchée... Maudites soient ces pensées humiliantes (idem ici). Ça commençait à devenir une habitude qu'il voulait prendre, et en même temps ne voulait pas prendre. C'était gênant de voir les choses du point de vue d'un roturier, mais en même temps il ne voulait pas prendre de la distance par rapport à cela. C'était une leçon qu'il avait apprise de Merlin, Gwen, et Arthur... Pour être un roi bon et juste, il fallait comprendre son peuple.

Arthour soupira, prenant la coupe à côté de son assiette. Il pourrait y réfléchir plus tard, pour l'instant il fallait qu'il accepte le fait qu'il était un prince. Les responsabilités d'un roi n'étaient pas encore les siennes, et il n'était pas encore sûr d'y être prêt. Il continuerait d'attendre son heure, adoucissant autant que possible les coups portés par les préjugés de son père. C'était tout ce qu'il pouvait faire.

La coupe fut enlevée de la table, Arthur y prenant une gorgée avant de s'arrêter, surpris, et de la regarder en fronçant les sourcils. Merlin lui avait apporté du cidre ? Le magicien ne faisait jamais ça, pas depuis qu'il avait déclaré qu'il 'ne voulait pas émousser les réflexes de son seigneur juste avant qu'il aille agiter de lourds objets pointus avec ses chevaliers'. Il approcha la coupe de son nez, renfilant. C'était seulement du cidre doux, certainement pas assez fort pour le saouler à moins qu'il n'en boive plusieurs litres, mais ça restait de l'alcool. Qu'est-ce qui avait pu pousser Merlin à lui en servir ?

Il se raidit, tournant lentement la tête pour chercher le magicien. Merlin était près de la fenêtre la plus éloignée, pianotant sur la charpente en essayant d'avoir l'air d'attendre simplement que le prince ait fini de manger... Arthur n'y crut pas une seconde.

Il laissa la coupe pendre entre ses doigts, la tournant paresseusement tout en demandnt d'un ton entendu :

« Merlin... Qu'est-ce que tu essaies de cacher ? »

Le magicien broncha, le regardant avant de grimacer nerveusement.

« Euh... rien.

- Merlin... »

Ils se fixèrent, immobiles, pendant presquue une minute avant que le serviteur ne cèdre. Il savait qu'Arthur n'allait rien lâcher jusqu'à ce qu'il parle.

« C'est au sujet de... eh bien, vous savez... ça va assez... mal... »

Arthur, réalisant de quoi parlait Merlin, se redressa.

« Tu n'as pas réussi à le faire ? »

Merlin grimaça à nouveau.

« Eh bien, pas encore... Apparemment, d'après ce que Gaius m'a dit ce matin, j'ai pris l'un des pires bols possibles pour apprendre. »

Il soupira.

« Il va m'en trouver un mieux, en laiton, en ville aujourd'hui... Un bon matériel stable, le laiton, il donne de bons reflets aussi... Idéal pour les débutants. »

Il se retourna et fit face au mur à côté de la fenêtre, cognant plusieurs fois sa tête contre la pierre avant de marmonner :

« J'ai passé trois jours à me donner des migraines pour rien. J'espère que j'aurai plus de chance avec le nouveau bol. »

Le prince le fixa, ne pouvant s'empêcher d'être un peu déçu, mais la frustration de Merlin était assez claire pour qu'il soit désolé pour lui... Enfin, presque.

Arthur posa sa coupe, un sourire railleur se formant lentement sur son visage.

« Eh bien je suppose que j'aurais dû m'y attendre. Après tout, tu n'es qu'un débutant. »

Merlin se retourna brusquement pour le regarder, indigné, tandis que le prince se contentait de lui rendre son regard en ricanant. Cela dura plusieurs secondes, jusqu'à ce que Merlin finisse par secouer la tête et rouler des yeux, répliquant :

« Je suis peut-être un débutant, mais je sais que je vais m'améliorer... Alors que vous, vous serez toujours un crétin. »

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Alaia Skyhawk: Plus qu'une partie pour cet 'épisode'.

Julie Winchester : A la semaine prochaine !