BONNE ANNÉE ! Je vous souhaite une belle année 2018 qu'elle soit riche en rebondissements et aventures ! :D
Merci encore et tout pour vos commentaires qui sont l'énergie de mes envies d'écritures!
Alors aujourd'hui j'ai décidé développer la demande de MlleSRL68 et j'espère avoir rempli sa demande de faire une adaptation d'une BD boys love en ligne : The Gardener - que je vous recommande vivement !- !
Bref merci encore pour tout!
Bonne lecture !
La saison des iris
Erik était adossé contre le mur en brique rouge de la remise, caché au fond du parc boisé et fleurit. Le temps n'était pas magnifique, cependant il n'était pas complètement moche non plus. Mitigé était le mot le plus proche de ceux à quoi ressemblait le ciel aujourd'hui.
Erik fumait tout en scrutant le ciel, il n'était pas encore sept heures du matin, et il devait décider de ce qu'il allait faire durant sa journée de travail. S'il décidait d'aller planter les nouvelles fleurs reçues la veille, il ne fallait pas qu'il se mette à pleuvoir… et s'il allait tailler la haie, la pluie ne le gênerait pas… Alors Erik fumait en humant le fond de l'air et louchant sur les nuages qui traversaient le ciel qui s'éclairait peu à peu. Après quelques minutes à ce régime, il décréta que le temps ne virerait pas à la pluie, il se fiait toujours à son flair de jardinier et non pas à de stupide application téléphonique. Ce serait donc l'installation des Iris qui lui prendrait la matinée !
Erik éteignit son mégot et le jeta avec habitude dans le cendrier qu'il avait installé sur un vieux banc en bois pourrit contre le mur de la remise. Erik rentra avec son jeu de clé dans le bâtiment et alluma les lampes allogènes, qui diffusèrent leur lumière crue accompagnée d'un petit cliquetis reconnaissable entre mille. Erik se rendit à son casier et l'ouvrit, il attrapa sa tenue de travail et se changea. Ensuite il se rendit dans la partie entrepont et commença à charger les barquettes de fleurs sur sa brouette. Il savait exactement où il allait installer les iris. Les allées autour du bassin aux nénuphars seraient l'idéal. Il prit donc cette direction une fois son matériel et les fleurs chargés. Durant trois heures non-stop il entreprit de planter les iris dans la terre qu'il avait préparée au préalable la veille. Un travail solitaire, harassant, mais si calme. Erik bossait pour la famille Xavier depuis sept ans maintenant. Sept ans de jardinage en solitaire, sept ans de tranquillité et surtout sept ans sans avoir à rendre de compte à personne ! Car aucun membre de la famille Xavier ne venait jamais séjourner dans leur magnifique manoir ! Pourtant il n'était pas vide ! Loin de là ! Cinq personnes y vivaient à l'année : les gens de maison. Les domestiques avaient leur chambre sous les combles et ils entretenaient la demeure au jour le jour, la maintenant en parfait état au cas où la famille, sur un coup de tête déciderait de venir passer du temps dans leur propriété.
Erik ne comprenait pas ce genre de personne : avoir une baraque incroyable et ne jamais y mettre les pieds ! Pour lui c'était de l'argent foutu en l'air ! Payer un tel domaine, et les gens pour s'en occuper et ne JAMAIS venir y séjour ! C'était le monde à l'envers ! Mais Erik ne s'en plaignait pas trop car comme ça, au moins, il pouvait faire ce que bon lui semblait dans les jardins !
Du moins… Jusqu'à ce jour, car soudain il entendit nettement le grincement typique de la grande grille s'ouvrir. Erik se redressa et s'étira, il transpirait, il était torse nu et le soleil jouait à cache-cache avec les nuages. Le jardinier tourna son regard d'acier vers l'allée de gravier qui remontait en pente douce vers le manoir. Une voiture, qui n'était pas celle des livraisons alimentaires, mais un taxi s'aventurait jusqu'au sublime porche d'entrée. Erik eut sa curiosité de piquée. Qui cela pouvait bien être ? Sous le perron arriva en grande pompe Hank, le major d'homme et sa femme la cuisinière : Raven. Tous deux portaient leur livrée des grands jours, celles qu'ils mettaient à Noël ou pour se rendre à la Messe – chose qui arrivait rarement-. Cette fois-ci Erik fronça les sourcils. Il planta le bulbe qu'il tenait dans sa main, puis remonta à son tour vers l'entrée de l'imposante maison tout en essuyant ses doigts terreux dans un torchon à carreaux.
Hank ouvrit à la hâte la porte du taxi et tendit sa main à l'intérieur. Il parla, mais Erik était trop loin pour entendre ce qui se disait. Erik remarqua ensuite que le chauffeur du taxi ouvrit le coffre, Raven se précipita pour prendre les deux valises qui s'y trouvaient. Cela aurait pu s'arrêter là, mais non, le chauffeur sortit de son coffre un fauteuil roulant qu'il déplia rapidement. Hank plongea dans la voiture et sortit le corps d'un jeune homme, qu'il porta avant de le déposer sur le fauteuil. Erik observa le petit manège, jusqu'au départ du taxi. L'homme assit dans le fauteuil avait une jambe, la droite, plâtrée jusqu'à la hanche. Alors qu'Erik se demandait encore qui était cet étranger, le regard du blessé tomba sur lui et ce fut comme si quelqu'un venait de mettre le courant dans son corps. Le jeune homme, la vingtaine, avait les yeux du bleu le plus pur qu'Erik eut jamais vu. Sa bouche rouge ressortait sur un visage pâle entouré de cheveux brun. Il portait une chemise et un cardigan lilas. Erik et l'inconnu se regardèrent durant quelques secondes avant que le brun ne détourne les yeux, une pointe de rouge aux joues. Hank se proposa et le poussa jusque dans la maison en passant par la rampe en pierre sur le côté gauche de la maison.
Erik se remit à respirer. Il était resté en apnée tout ce temps. Il devait savoir qui était l'homme qui venait d'arriver ! Il fourra le torchon sale dans sa poche arrière et se dirigea vers les cuisines. Il toqua deux coups secs, comme à son habitude et le petit commis ouvrit.
- Salut Kurt, dis- tu sais qui est le type qui vient d'arriver ?
Kurt un jeune garçon assez timide avec un accent prononcé sourit timidement avant de répondre rapidement et à mi-voix :
- C'est Monsieur Xavier.
- Mais non ! Il a plus de soixante ans !
- C'est le jeune Monsieur Xavier.
- Leur fils ? Mais c'est un ado…
- Raven dit qu'il a vingt-quatre ans.
- … Ouais… Il faudrait que je remette à jour mes infos… Et qu'est-ce qu'il fou là ?
- Il est chez lui…
- …
- Et il s'est blessé après une mauvaise chute, il vient ici en convalescence.
- Ah… Bien, merci Kurt.
Le jeune referma la porte de la cuisine qui donnait sur l'extérieur en silence, laissant Erik plongé dans ses pensées. Erik mit quelques secondes avant emmagasiner les nouvelles et de retourner vers ses iris.
Erik reprit son travail durant plus d'une heure, s'occupant de ses plantes. Puis il décida d'aller prendre sa pause repas, sur le chemin, qui le ramenait vers son repas, au frais dans son casier, Erik longea le manoir. Il leva son regard vers les hautes fenêtres de la maison et découvrit les yeux bleus de Charles qui l'observaient. Quand Charles se vu découvert il recula brusquement son fauteuil et s'éloigna de la fenêtre le cœur battant le rouge aux joues. Erik sentit à nouveau ce courant électrique s'emparer de lui.
Charles attendit quelques instants avant d'oser à nouveau pointer son nez vers les carreaux. Il espionna à nouveau le déplacement du jardinier jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue, caché par une maudite rangée de buisson hauts. Lui qui pensait avoir été envoyé ici comme une punition pour s'être blessé lors de la pratique d'un sport que ses parents lui avaient expressément décommandé, finalement cela pouvait s'avérer être une récompense !
Charles attendit encore une bonne partie de son après-midi devant sa fenêtre, guettant les déplacements d'Erik dans le parc. Car lorsque son taxi s'était engagé dans l'allée du manoir, la seule chose qui avait attiré le regard de Charles, ce n'avait pas été l'imposant manoir colonial de la famille, mais le très séduisant jardinier qui transpirait torse nu et pantalon bas sur les hanches. Cette image avait enflammé ses prunelles et depuis cet instant il n'espérait qu'une chose : revoir le jardinier. Alors Charles attendit, patiemment, la fin de la journée, lorsqu'Erik enfourcha sa moto et quitta le domaine sans se retourner. Il attendit ensuite le lendemain pour l'observer, non plus depuis sa chambre, mais depuis le salon. Le surlendemain Erik avait était missionné pour s'occuper des bacs à fleurs le long du manoir, permettant à Charles de l'espionner et de le détailler tout à loisir. Durant toute la semaine Charles lorgna sur Erik, sa seule et unique distraction stimulante et sensuelle. Car oui, Charles trouvait Erik terriblement attirant et sexuellement irrésistible. Mais Charles n'était pas du genre à foncer tête baisser vers l'homme qui lui plaisait. Non, il était plus tôt du genre à observer et laisser filer sa chance !
Aux yeux de Charles, Erik était la perfection faite homme : les muscles sans être trop imposants, une peau dorée par le soleil, une mâchoire virile, des yeux pesants, blond, et cet air terriblement mystérieux qu'il traînait autour de lui.
Charles, qui ne pouvait plus faire grand-chose tout seul, à son grand damne, avait été plus ou moins surprit par la bonne alors qu'il se caressait dans son bain. En effet ils se mettaient à deux pour le plonger dans l'eau de telle sorte que sa jambe plâtrée reste hors de l'eau et lorsque la bonne était passée pour s'assurer que tout allait bien, Charles était en pleine séance de masturbation, les joues rouges, la respiration courte et le sexe gonflé entre les doigts. Bien entendu il se caressait en imaginant que c'était Erik… La bonne eut l'instinct de regarder ailleurs et de prétexter avoir oublié quelque chose pour ressortir en vitesse, mais c'était trop tard !
Charles resta enfermé dans le manoir durant quinze jours non-stop, il ne voulait pas s'aventurer dehors, car son fauteuil était un véritable calvaire à manipuler et qu'il aurait fallu quelqu'un pour l'accompagner, ceux à quoi Charles se refusait. Il aimait être tranquille et seul et il ne voulait pas que le major d'homme se doute que son employeur voulait espionner le jardinier. Cependant cet après-midi ce fut différent, Charles, qui comme à son habitude buvait un thé en lisant un roman, jetait des coups d'œil discrets, mais répété vers Erik qui taillait les rosiers dans un bosquet non loin de son champ de vision.
Erik coupait les branches les plus abîmées, tout en prenant grands soins de ne pas toucher les fleurs. Il avait l'impression de jouer au chat et à la souris avec Charles. Car dès qu'Erik osait un regard vers le manoir il trouvait les yeux du jeune homme posé sur lui. Mais lorsqu'il s'en rendait compte Charles disparaissait aussitôt. C'était frustrant ! Qu'est-ce qu'il lui voulait à la fin ! Erik avait fini par croire que ce gosse de riche, ne cessait de l'observer pour critiquer son travail et cette fois-ci c'était de trop ! Il leva ses yeux du rosier et tomba à nouveau sur ceux de Charles !
- Bordel, gronda Erik qui n'en pouvait plus.
Il jeta son sécateur au sol et retira ses gants avant de remonter vers le manoir, bien décidé à demander des explications au patron ! Erik décrotta rapidement ses bottes et rentra dans le manoir, il ne se fit pas présenter et pénétra dans le salon sans attendre.
- C'est quoi le putain de problème ? demanda-t-il en entrant rapidement avant de se poster à deux mètres de Charles.
A nouveau Erik ressentit cette forma d'attraction pour Charles, mais il la repoussa. Premièrement : c'était une voie sans issue, deuxièmement c'était son boss, troisièmement ce gamin avait dix ans de moins que lui et pour finir : Erik ne supportait pas les gamin pourrit gâté !
- Pardon ? fit la voix posée et raffiné de Charles en reposant sa tasse de thé dans sa soucoupe assortie.
Ce petit geste eut le don d'agacer prodigieusement Erik. Tout ici l'horripilait ! La richesse du lieu et ce petit con assit avec sa patte bloquée, avec son petit air d'oisillon prisonnier et ses yeux… ses yeux si intenses, si sensuels… Oui il l'excitait ! Non ! Il l'énervait ! Oui, énervait !
- Vous n'arrêtez pas de me mater à travers les vitres ! Vous croyez que je ne vous vois pas ? Que je suis stupide ? Aveugle ?
- Heu, je…
Charles rougit, non il ne c'était pas attendu à ce que son petit manège fusse découvert.
- Alors si vous avez un truc à me dire sur la manière dont je bosse, allez-y ! Je vous écoute !
- Je… Je n'ai rien à vous dire, vous faite de l'excellent travail, réussit à dire Charles en reprenant consistance.
- Je … Ah ? Eh bien pourquoi vous passez votre temps à m'observer ?!
- Vous êtes ma seule distraction, dit Charles – ce qui était vrai-.
- … Et pourquoi vous ne sortez pas un peu hein ?! finit par dire Erik mal à l'aise avec l'attitude de défi qu'il avait pris pour commencer sa conversation. C'est vrai il fait grand soleil aujourd'hui, vous devriez en profiter ! Cela ne peut pas vous faire de mal de la vitamine D pour votre os !
Charles essayait de contrôler son rougissement, mais la présence d'Erik devant lui le perturbait.
- Je n'arrive pas à me pousser…
- C'est une blague ?!
- Non, je, le fauteuil n'est pas très manipulable et il faut beaucoup de force pour le faire avancer…
Erik fronça les sourcils.
- Laissez-moi jeter un coup d'œil, proposa Erik avec beaucoup plus de douceur. Je pourrais peut-être essayer d'améliorer la rotation des roues…
- Je…
Charles n'eut pas le temps de répondre, que déjà son jardinier était à genoux devant lui. Charles essaya de ne pas le fixer et jeter son regard vers le plafond, tentant d'ignorer la présence d'Erik tout contre lui.
- Ah oui, je vois… Le fauteuil aurait besoin d'un coup de pouce, je peux vous arranger ça en une heure de temps.
- Vraiment ?
- Ouais…
- Volontiers dans ce cas, ce serait fort aimable à vous Monsieur Lehnsh…
- Erik ! Tout le monde m'appelle Erik.
- Erik, répéta conquit Charles.
Est-ce qu'il rêvait où le gamin lui faisait les yeux doux ? Non, Erik devait rêver ! C'était sans doute parce qu'il lui faisait envie… non ! Pitié ! Oui, pitié dans ce fauteuil trop raide et piégé dans ce plâtre !
- Il faudrait que vous veniez à mon atelier. Je vais vous pousser.
- D'accord…
Durant les sept minutes de marches silencieuses qui conduisirent les deux hommes jusqu'à l'entrepôt de matériels, Charles était nerveux à mourir et Erik stressé au possible.
- C'est là, dit Erik sans qu'il y ait vraiment besoin de le dire. Je vais devoir le retourner, je vais vous déposer sur la machine à laver…
Charles passa ses bras autour du coup d'Erik et respira en fermant les yeux son parfum de terre, de sueur et de peau dorée. Le jardinier installa du mieux qu'il puit son patron sur sa machine à laver où terminait de tourner sa lessive d'habit de travail. Ensuite il s'attaqua au fauteuil récalcitrant et commença par desserré les freins et huiler le mécanisme.
- Il n'est pas de toute première jeunesse ! s'étonna Erik.
- Non, en effet, mes parents ne jugeaient pas utiles d'investir dans un fauteuil que je quitterais bientôt.
Erik retînt dans sa gorge une remarque acéré sur le faite que claquer son argent en entretenant cette propriété et refusant un foutu fauteuil roulant convenable à leur fils !
- Je ne vous avez jamais vu, reprit Charles après quelques instants. Vous travaillez depuis longtemps pour nous ?
- Sept ans.
- Ah oui…
- Quoi ?
- Cela veut dire que ça fait plus de sept ans que je ne suis pas venu ici, sinon, je me serais souvenu de vous.
Erik leva les yeux de son ouvrage.
- En bon ou en mauvais termes ?
- En bon termes ! Vous êtes très consciencieux ! s'empressa de répondre Charles.
- Et un peu soupe au lait, pardon pour tout à l'heure, je peux parfois m'emporter rapidement.
- Ce n'est pas une mauvaise chose.
- C'est moi en tout cas et je ne compte pas changer !
- Ce n'est pas ce que je voulais dire.
- Hum… Bon ça m'a l'air d'aller, je vais essayer.
- Quoi dont ?
- Eh bien ! Le fauteuil !
- Ah, oui-oui…
Erik s'installa dans le fauteuil et essaya de se déplacer dedans et il dû reconnaître qu'il fallait drôlement forcer sur ses bras pour se faire avancer.
- Bon… Encore un peu d'huile de coude !
- C'est très gentil.
- Quoi donc ?
- Ce que vous faites pour moi, c'est très gentil…
- C'est « normal » voyons !
- Tellement « normal » que personne ne c'était proposé jusqu'à vous. Alors : merci, c'est gentil.
- …Je ne suis pas « gentil ».
- Mais vous faites des choses qui le sont.
- Mouais…
Erik essaya à nouveau le fauteuil et cette fois-ci le tout coulissa beaucoup plus facilement.
- Super ! Vous allez pouvoir cavaler dans le parc comme ça !
- Merci.
Erik ignora le remerciement et passa à nouveau ses bras sous Charles. Il le tint contre lui, serré quelques secondes de plus que nécessaire avant de le poser dans son fauteuil. Avait-il rêvé où il avait bien sentit le pouls de Charles s'emballer ? Erik dégluti et recula pour contempler Charles, non pour regarder s'il pouvait manipuler sans mal le fauteuil.
- Oh ! Merci ! Merci beaucoup ! C'est beaucoup mieux qu'avant ! C'est idiot, mais ça va me changer la vie ! Hank et Raven ne seront plus obligé de passer leur temps à me pousser dans la maison !
- C'est rien, vraiment…
Erik se sentait… différent, alors qu'il regardait Charles sourire aux anges en se déplaçant sans difficulté dans l'atelier.
- Je dois vous ramener au manoir où vous pouvez le faire seul ?
- Je crois que je vais m'en sortir et ne pas me priver d'une bonne balade. Vous pourriez m'accompagner ? suggéra heureux Charles.
- Non.
- Ah ?
- Je travaille !
- Cela ne peut pas attendre un peu ?
- Ça a déjà assez attendu, je ne suis pas du genre à procrastiner ! Et je ne suis pas payé pour me promener !
- Je ne voulais pas vous offenser, dit d'une voix presque triste Charles.
- … passez devant je vais fermer.
Erik attendit que Charles quitte l'atelier pour attraper un truc et le jeter loin. Il avait besoin de laisser cette forme de colère éclater. Comment ce petit garçon prétentieux pouvait s'imaginer qu'Erik s'amuse à se « balader » ?! Il n'y avait que les bourgeois pour penser comme ça ! Une fois qu'Erik avait laissé sa colère passer il sortit et retourna à son rosier. Il ne croisa pas Charles le reste de la journée, ni les trois jours qui suivirent.
Au quatrième matin Charles circulait tranquillement autour d'un bassin à carpes distribuant des granules avec douceur. Erik en salopette étanche pour justement aller draguer le fond du bassin s'approcha. Étrangement, Erik fut touché de regarder ce jeune homme s'occuper de cette manière des carpes. Il se sentit honteux d'avoir parlé de la sorte à son patron et osa :
- Je croyais que vous me fuyez.
Charles leva les yeux du bassin, il sourit timidement.
- Je croyais vous avoir dérangé la dernière fois…
- Non, c'est moi, parfois je… je suis incorrigible.
Les deux hommes se sourirent. Erik rentra dans l'eau et Charles fit demi-tour.
- Et merde, souffla Erik alors que Charles avait disparu loin de lui.
La pluie tombait durement depuis le matin, cependant Erik, comme à son habitude et avec sa tête de mule avait décidé de terminer son travail entamé la veille : tailler les haies du parc. Charles buvait son thé au son d'un feu de cheminé, il lisait un livre, tout était parfait. Quoi de mieux qu'être au chaud alors que dehors il faisait un temps abominable ? Charles s'aperçu alors qu'il y avait du mouvement dehors, et ce n'était pas le vent qui soufflait en bourrasque puissante qui y était pour quelque chose. Charles s'approcha et découvrit qu'Erik, en ciré sombre, tentait à l'aide d'un grand sécateur de couper les haies qui remontaient vers le manoir depuis la pente en gravillons. Charles, qui depuis la veille arrivait à marcher avec une béquille, s'empara de celle-ci et s'arma d'un parapluie. Après quelques minutes de marche un peu laborieuse, Charles arriva à la hauteur d'Erik.
- Mais qu'est-ce que vous faites là ?! s'écria Erik en découvrant que Charles remarchait à nouveau.
- Je suis venu vous chercher ! cria Charles par-dessus le vent.
- Me chercher ? s'étonna Erik sans comprendre comme si les éléments ne se déchainaient pas.
- Mais oui ! Ce n'est pas un temps à faire du jardinage !
- Oh… Ne vous inquiétez pas, j'ai l'habitude.
- Ne soyez pas stupide, venez à l'intérieur, le temps que ça se calme…
- Non, merci, fit sèchement Erik plus têtu qu'une mule.
- Erik, s'il vous plaît.
- Non, je fais mon travail et je ne veux pas être payé pour rester au chaud dans votre belle maison !
- Dans ce cas : C'est un ordre Erik !
- Pardon ? s'estomaqua le jardinier. Vous m'ordonnez de rentrer chez vous ?
- Oui ! Et dépêchez-vous ! L'orage n'est plus très loin ! Je viens de retrouver mes jambes, ce n'est pas pour finir foudroyé !
Erik regarda Charles, puis son sécateur. Il n'avait pas envie de céder, mais, il devait se rendre à l'évidence, il n'arrivait à rien avec ce vent et cette pluie. Mais devoir céder devant Charles…
- Vous allez me virer si je refuse d'obéir ?
- Bien sûr que non !
- Dans ce cas je reste !
- Ce que vous pouvez être buté !
- Je vous retourne le compliment !
- Comme vous voudrez ! Attrapez une pneumonie si ça vous chante ! Je l'ai eu à mes treize ans et je ne souhaite pas réitéré l'expérience !
- C'est ça ! grommela Erik qui n'écoutait déjà plus.
Charles, déçu et dépité fit demi-tour, sa béquille glissant sur les gravillons trempés. Charles n'eut pas fait dix mètres que brusquement il perdit l'équilibre et s'écrasa au sol, sa jambe plâtrée à moitié depuis la veille, heurta le sol et il ne put retenir un cri de douleur. Le parapluie fut emporté par le vent et en quelques secondes Charles fut trempé.
- Tout ça pour attirer mon attention, dit alors Erik qui lui passait sur les épaules son ciré gris.
- Je vais bien, mentit Charles.
- Evidemment… Laissez-vous faire.
- Parce que vous, vous vous laisseriez faire ?
- Je ne suis pas vous.
Erik souleva Charles comme s'il ne pesait rien et le tînt serré contre lui.
- On va vite rentrer, vous voyez, finalement, j'accepte votre offre, dit avec un mélange de douceur et d'amabilité Erik.
Erik avait vu Charles faire demi-tour et il l'avait vu déraper sur le gravier de la pente. La chute avait été rude. Il ne pouvait pas rester là comme un con les bras ballants alors que Charles était souffrant à même le sol.
- Vous êtes plus lourd que je ne l'avais jugé, taquina Erik alors que le vent soufflait d'avantage.
Charles lové contre lui essayait de se faire le plus léger possible, mais à cette pique il pinça sans retenu l'épaule de son porteur.
- Hey !
- C'est pour sous-entendre que depuis l'autre jour j'ai grossi !
- C'est sans doute le manque d'exercices !
Charles pinça à nouveau Erik et tous les deux éclatèrent de rires après s'être toisé froidement. Erik pénétra dans le hall et s'ébroua comme un cabot mal léché avant de se rendre dans le salon et de déposer son précieux fardeau sur le sofa.
- Je vais chercher des serviettes pour vous sécher, dit-il sans attendre.
Erik réapparut dans la minute avec de grands draps de bain. Il en tendit un à Charles avant de commencer à se déshabiller. Charles les yeux rivés sur le torse d'Erik déglutit. Le jardinier, devant le feu, retirait ses couche de vêtements pour se sécher plus vite, il se retrouva rapidement en sous-vêtement et cacha sa nudité dans le drap de bain. Charles plus rouge d'une pivoine s'épongeait maladroitement les cheveux. Il sentait son sexe durcir dangereusement dans son pantalon. Il était excité par la proximité entre Erik et lui et surtout par la vision sensuel de ce corps humide.
- Vous devriez faire de même.
- Pardon ? rougit un peu plus Charles honteux de mater si ouvertement Erik.
- Vous déshabiller. Pour vous réchauffer… vous savez : la pneumonie.
- Ah heu… non, je ne crois pas que…
- Ne faites pas le gamin ! Je suis là, alors autant que je serve à quelque chose !
Erik s'accroupit à nouveau devant Charles et commença à lui retirer ses chaussures en cuir italien complètement fichus par l'eau, puis ses chaussettes. Au-dessus de sa cheville le plâtre montait jusqu'à mi-cuisse.
- Le médecin est venu me le faire hier, expliqua à mi-voix Charles.
- Oui, j'ai vu sa voiture, répondit Erik sur le même temps de chuchotement.
- Qu'est-ce que vous…
- Je retire tout.
- Non, ce…
Le cardigan de Charles tomba au sol dans un bruit proche du « chpok » tant il était devenu lourd et trempé. Sa chemise, qu'Erik déboutonna avec lenteur le rejoignit bientôt. Les doigts d'Erik hésitèrent une seconde, mais ils enlevèrent ensuite le maillot de corps blanc devenu transparent par l'humidité. Erik déglutit. Charles était torse nu devant lui, magnifique, avec sa peau laiteuse et musquée.
- Qu'est-ce que vous faites, souffla à nouveau Charles alors qu'Erik commençait à lui défaire sa ceinture.
- J'ai dit : tout, chuchota Erik.
- Non, je…
Erik effleura la bosse contenu dans le pantalon de Charles. Les deux hommes se regardèrent droit dans les yeux. C'était à peine s'ils pouvaient respirer tant la tension entre eux était dense.
- Je-je…
Soudain les digues entre eux sautèrent et Erik s'empara de la bouche charnue et rouge de Charles, il imposa un baiser charnel et pulsionnel. Et quand leurs langues se rencontrèrent Erik gronda de plaisir tandis que Charles fondit littéralement contre le corps du blond. Depuis des semaines ils se tournaient autour et se cherchaient sans le reconnaître ! L'un et l'autre mourait d'envie de goûter à l'autre, de caresser son corps, de sentir sa peau. Erik bascula sur Charles tel un loup fondant sur sa proie et l'allongea sans attendre une seconde de plus sur le sofa. Il lui arracha presque le pantalon. Il voulait le prendre ! Là tout de suite ! Il voulait le faire jouir ! Il voulait le baiser et faire disparaître de son visage ce petit air d'enfant trop sage ! Il voulait l'entendre supplier de recommencer.
Charles dénoua la serviette d'Erik et découvrit le sexe de celui-ci dressé et prêt à le pénétrer, qu'il ne tarda pas à faire. Erik cracha sur ses doigts et lubrifia avec sa salive son pénis de plus en plus dur avant de le présenter devant l'entrée de Charles. Le plus jeune retînt son souffle et Erik s'enfonça doucement mais sans s'arrêter jusqu'à la garde. Charles poussa un cri de plaisir. Erik le mordit aux lèvres et ressortit entièrement avant de le pénétrer à nouveau en profondeur, arrachant encore ce cri si excitant. Les mains de Charles s'emparèrent des fesses d'Erik et le griffèrent. Erik accéléra sa cadence infernale et pilonna Charles sur le sofa familial en soie riche d'Inde, devant un feu de cheminée, en plein jour dans le salon du manoir Xavier, qui n'avait jamais rien connu d'aussi choquant et impétueux. Plus les coups étaient rapides, plus ils étaient violent et plus Charles criait de plaisir, s'abandonnant totalement à Erik qui jouissait de la vue. Erik en était sûr jamais personne n'avait baisé Charles de cette manière, jamais personne ne l'avait pris aussi sauvagement, sans se soucier des bonnes manières et des convenances. Et plus Erik entendait Charles hurler son plaisir plus Erik sentait le sien augmenter.
Ils s'embrassèrent, comme deux bêtes féroces, entre morsures et halètement, ils cherchaient dans l'autre le plaisir et le sexe le plus pur. Les mouvements de bassin d'Erik eurent raison des pieds du fragile sofa et soudain la structure s'écroula. Cela ne les arrêta pas pour autant, Charles se masturbait tandis qu'Erik arrivait encore à accélérer. La pièce était remplie de gémissements, cris, bruits d'impacts entre deux corps qui s'animaient de manière bestiale. C'était la quête du plaisir, une quête et un besoin ancestral vital. Erik planta ses dents dans le cou pâle de Charles, marquant la peau de son empreinte et sourit lorsque Charles lui griffa profondément le dos.
- Regardes-moi, exigea Erik alors que Charles fermait les yeux.
Les yeux bleus azur de Charles, rempli de larmes fixèrent Erik.
- Tu grossis encore, hoqueta Charles tandis que deux larmes glissaient le long de ses jouent.
- Tu m'excite.
- Encore, souffla Charles. Encore… Encore !
Soudain l'orgasme les balaya brutalement. La montée avait été fulgurante et l'explosion entre eux fut cataclysmique. Erik se perdit complètement en Charles, poussant un long râle avant de s'effondrer et de peser de tout son poids sur lui. Le crépitement du feu rempli à nouveau l'espace et seul les respirations erratiques de deux hommes vinrent le perturber. La plénitude était totale. Après quelques minutes de calme, Erik se redressa, Charles eut froid. Le jardinier, nu et provoquant alla chercher deux bières. Charles se drapa dans la grande serviette de bain. Ils burent assit face au feu dans le sofa, qui n'en était plus, sans un mot. L'orage qui avait grondé tout le long de leur moment, passa et la pluie se fit moins dense.
- Je vais pouvoir y retourner, dit alors Erik en tournant son regard vers l'extérieur.
- Déjà ?
- Je ne suis pas du genre oisif.
- En effet…
Erik s'habilla avec ses vêtements à demi séchés par le feu. Charles buvait sa bière tout en observant le dos d'Erik : il l'avait martyrisé.
- Vous avez besoin d'aide pour vous relever ? demanda Erik sur le point de repartir.
- Non, merci, ça ira…
Ils se regardèrent et se sourirent.
- Demain, je pourrais revenir, je fini tôt…
Charles dévisagea Erik.
- J'ai un patron assez cool, et mes horaires sont sympa…
- Dans ce cas.
- Je pourrais être là pour dix-sept heures.
- Je vous attendrais alors… ou je devrais dire : je t'attendrais.
Le sourire d'Erik s'accentua, dévoilant deux rangées de dents parfaites. Charles fut frappé en plein cœur par ce premier vrai sourire généreux.
- Parfait : demain dix-sept heures alors.
- J'ai bien pris note, dit Charles en se mordant la lèvre d'envie.
- Attends-moi nu…
Charles rougit, mais acquiesça. Erik se retourna une dernière fois et mata ouvertement Charles avant de lui adresser un clin d'œil et de sortir de la pièce.
Charles coula contre le dossier qui tenait à peine et termina sa bière en fixant le feu : cette chute de ski hors-piste était la meilleure chose qui ne lui soit jamais arrivé !
Erik retrouva son sécateur et ses haies, et tandis qu'il cisaillait avec application, il sourit encore. Oui, il avait trouvé quelqu'un à la hauteur de son appétit et oui, Charles était le parfait petit cul serré dont il pouvait rêver !
L'un et l'autre n'avaient qu'une hâte : être au lendemain soir… et puis au suivant et encore celui d'après, jusqu'à ce que leur vie se rythme l'un avec l'autre et qu'ils ne forment plus simplement que patron-employé, mais un couple heureux et toujours aussi attiré sexuellement l'un par l'autre, même des années après ce fameux jour d'orage !
J'espère que cet OS vous a plu ! :D J'attends vos réactions avec impatience !
A très vite et bonne année encore !
