Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et je ne touche aucun avantage pécunier.

J'ai gardé les noms du Seigneur des Anneaux en français, n'étant pas très à l'aise avec les noms anglais.

Propriété originale de CrimsonSnowflake que j'ai traduite avec son accord.

Désolée pour la semaine de retard, j'ai attrapé la grippe et j'ai été clouée au lit durant une semaine ! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.

Merci encore pour toutes vos reviews ! Cela me fait extrêmement plaisir :)

Petite info de dernière minute : je passe le concours de bibliothécaire qui est le 7 février donc je n'aurais pas autant de temps pour la traduction, préférant réviser et me préparer, donc ne soyez pas trop surpris et déçu si le chapitre 8 n'arrive pas la semaine prochaine ni celle d'après

Place (enfin) au chapitre 7 qui est riche en émotion ...


La toile emmêlée que nous tissons

Il n'avait jamais vraiment pensé à la façon dont sa vie serait dans le futur. Il avait toujours su que c'était "sa" responsabilité de vaincre Voldemort et qu'il n'avait pas vraiment eu l'occasion de vivre durant ses vingts années. Harry avait accepté ce fait, pour que ses amis puissent avoir une vie longue et heureuse, il sacrifierait volontiers sa propre vie. Le jeune sorcier n'avait jamais imaginé mourir, mais après une longue période de réflexion, il avait compris que le meilleur moyen d'y parvenir était d'entraîner Voldemort avec lui et de permettre au reste du monde sorcier de vivre en paix. Il avait toujours pensé qu'au moins, sa mort servirait à quelque chose.

Mais, alors qu'il se frayait à travers la neige épaisse et glacée qui recouvrait la montagne nommé Caradhras, il changea d'avis. Il ne voulait pas mourir. Il voulait vivre une vie longue et heureuse avec quelqu'un à ses côtés. Il voulait avoir des enfants auxquels il pourrait raconter des histoires. Il voulait pouvoir vieillir avec quelqu'un, de voir cette personne prendre de plus en plus de rides au fil des ans et être capable de dire à quel point cette personne était belle malgré son apparence usée. C'était un rêve stupide bien sûr. Néanmoins, c'était un rêve que Harry voulait désespérément qu'il devienne réalité.

Et tout ce qu'il avait obtenu était un voyage dans un autre monde pour se rendre compte qu'un tel espoir résidait dans son esprit.

"Harry…. tu vas bien?" La voix bourrue de Gimli résonna soudain derrière lui, le tirant de ses pensées pour regarder le nain avec surprise. "Tu semblais un peu dérangé."

Abasourdi, Harry s'arrêta pour reprendre son souffle. Un petit sourire hésitant orna ses traits pâles, le faisant ressembler à un enfant perdu cherchant une réponse à la question de pourquoi maman n'est plus là. Il était certain qu'il avait eu cette expression là sur son visage. La sueur luisait sur son front alors que le soleil brillait sur lui, apportant un certain soulagement du au froid mais pas autant qu'il l'aurait été en été.

"Je vais bien, je pense à la fin de cette mission." Répondit-il en regardant les autres marcher devant eux.

Pendant un instant, le nain sembla se tordre et se tourner sur place, se déplaçant de manière mal à l'aise comme si quelque chose de dur lui creusait le dos. Une petite rougeur se frayant un chemin sur le visage du nain à la barbe rouss, mettant en valeur le léger rosissement que Gimli avait déjà dû à leur longue marche.

"Eh bien…" Le nain toussa, regardant dans la direction opposée de l'endroit où était Harry, refusant de rencontrer le regard du jeune sorcier. "Sache que… Si-si tu veux parler, je serais là pour toi."

Harry savait que son ami avait du mal à exprimer tout autre sentiment que la colère, le mépris et la joie. Et donc, à cause de cela, il avait grandement apprécié l'offre. "Ça va aller, Gimli, mais merci pour l'offre, c'est très gentil de ta part."

"Peu importe, juste pour…. tu sais."

"Je sais." Répondit Harry en souriant à l'homme embarrassé tout en serrant sa cape autour de lui. Le vent s'était levé et et envoyait des frissons dans son corps.

Violemment, ses cheveux volaient autour de sa tête, parfois dans ses yeux, rendant plus difficile pour lui de regarder où il allait. La neige a soudainement commencé à virevolter autour d'eux alors qu'elle tombait du ciel et était fouettée par le vent. Le soleil disparut derrière un nuage sombre, refroidissant l'air, alors seule source de chaleur. Prenant une profonde inspiration, Harry fronça les sourcils, utilisant plus de forces pour se déplacer.

La nature semblait s'être liguée contre eux pendant qu'ils continuaient de voyager, marchant à travers la neige, luttant contre le vent tout en essayant de suivre un itinéraire spécifique. Il admettait sa faiblesse d'avoir jeté plus d'une fois un regard de jalousie sur Legolas. Cela semblait beaucoup plus facile pour lui, pour tous, s'ils avaient eu la même capacité de l'elfe de marcher sur la neige au lieu de s'y enfoncer et de forcer le passage.

Ses dents cliquetaient alors que le température baissait de plus en plus. Ses doigts ont été tellement sollicités en poussant la neige qu'il pouvait à peine les sentir. C'était étrange, le temps qui changeait si soudainement, il n'avait jamais rien éprouvé de semblable et le sentiment d'anxiété dans le fond de son esprit lui disait que les ennuis se dirigeaient sur eux.

Pompant encore plus de force dans ses membres, il marcha plus vite, essayant désespérément de rattraper Gandalf. C'était en vain; non seulement le sorcier était trop rapide pour lui, mais Aragorn et Boromir le gênaient tout les deux.

"Legolas!" Cria t-il alors que l'elfe arrivait dans sa ligne mire, il était confiant que, dû à l'audition supérieur de l'elfe, il n'aurait aucun mal à l'entendre.

Comme il l'avait prédit, l'elfe changea de direction et se dirigea vers Harry au lieu de se diriger vers l'avant qui était à l'origine son intention. Il ne lui fallut que quelques secondes pour le blond aux pas légers ne l'atteigne.

"Pourrais-tu m'amener à Gandalf?!" Il cria contre le vent, levant les bras en l'air et cherchant l'elfe. "J'ai besoin de lui parler!"

Sans répondre, Legolas se pencha et enroula ses bras forts autour de la taille de Harry, soulevant sans efforts le jeune sorcier dans les airs et le porta à la manière d'une mariée. A la hâte, Harry leva la main pour se stabiliser en s'accrochant au cou de Legolas alors qu'il était bercé contre la poitrine chaude du blond. Il avait fait preuve de prudence en traitant avec l'elfe, mais il était à portée de main dans des situations comme celle-là, pensa Harry alors qu'ils se dirigeaient vers le devant de la communauté et ainsi vers Gandalf.

"Merci." Murmura-t-il dans l'oreille de l'elfe alors qu'ils atteignaient leur destination et il fut de nouveau descendu avec précaution dans la neige.

Un petit signe de tête et un sourire -à peine visible à cause de la neige- fut sa réponse.

"Qu'est-ce qui t'amènes à mes côtés, Harry?!" Demanda Gandalf en utilisant son bâton pour traverser la neige. "Porté par un elfe, même." Un petit scintillement d'amusement pouvait être vu dans ses yeux gris.

"Quelque chose ne va pas!" Cria-t-il en s'essuyant furieusement quelques cheveux de son visage en vain. Le vent ne se calmait pas, et par conséquent, ses cheveux ne le lâchaient pas.

"Quoi?!"

"J'ai dit que quelque chose ne va pas !" Répéta-t-il en s'étouffant avec une mèche de cheveux qui volait dans sa douche.

"Je suis désolé, mon garçon, je ne peux pas - "

"Un voix gronde dans les airs!" Cria brusquement Legolas, coupant le sorcier avec un ton pressant.

Le vent se leva, les prenant d'assaut avec une férocité anormale mais vrai. Celui à qui appartenait la voix était celui qui causait leur détresse.

"C'est Saruman!" Cria Gandalf alors que la foudre brilla violemment dans le ciel, éclairant leur visage pendant une petite seconde.

Les hobbits semblaient se serrer les uns contre les autres, créant une grande masse vivante. Tendant ses oreilles, Harry pouvait à peine entendre le son de la voix qui augmentait de volume. La neige, le vent et les éclairs les prenaient d'assaut, les forçant presque à s'agenouiller.

"Il essaie de créer une avalanche!" Cria Aragorn en se déplaçant pour protéger les hobbits alors qu'il attrapait son épée.

Un sourire triste se fraya un chemin sur le visage de Harry alors que ses yeux s'attardaient sur l'épée de l'homme. Les épées ne leur seraient d'aucune utilité maintenant, Saruman ne pouvait être vaincu par les armes. La seule chose qui pouvait le vaincre était la magie. Lui et Gandalf connaissaient ce fait.

Il se tourna précipitamment pour faire face au vieux sorcier, le regardant et montrant qu'il savait aussi bien que Gandalf ce qu'il fallait faire. Le vieil homme sembla relâcher un soupir avant de fermer les yeux en signe de défaite. Une main ridée serra un peu plus son bâton, le rapprochant de lui comme si cela pouvait lui donner un peu de réconfort. Harry comprenait à quel point il faudra des forces pour tenir tête à Saruman. Il n'y avait pas autant de sorciers dans ce monde qu'il y en avait dans le sien, ils préféraient plutôt vivre en paix les uns avec les autres au lieu de se battre. Le fait que Saruman ait été le chef de l'ordre de Gandalf n'a fait qu'aggraver la situation.

"Je ne suis pas certain de pouvoir le vaincre, mais si tu préfères, tu peux me prêter ton attirail, je pourrais le faire." Offre-t-il d'une voix calme, aussi calme que l'on pouvait l'être quand on était au milieu d'une tempête de neige.

"Non, Harry." soupira le vieil homme, apparemment vaincu par une plus grande force. "Je ne vais pas te faire passer par là, Saruman est à moi et il le restera."

"Très bien." répondit-il, tapotant l'épaule du sorcier dans une tentative de réconfort. "Tu ferais mieux de faire vite, la montagne ne tiendra pas plus longtemps."

Un petit signe de tête, presque imperceptible, fut sa seule réponse lorsque Gandalf s'avança un peu plus loin sur le rebord de la montagne. D'une voix profonde et sûr, il leur cria "Restez près du flanc de la montagne!"

La tension s'éleva dans l'air alors qu'un autre éclair apparaissait dans le ciel, dangereusement proche de l'extrémité de la montagne. A la hâte, ils se déplacèrent pour obéir à Gandalf et se pressèrent contre le flanc de la montagne dans un enchevêtrement de corps. A sa droite, Sam était coincé, il fermait les yeux par peur de ce qui allait arriver, Boromir était à sa gauche et il pouvait vaguement sentir quelqu'un dans son dos, il ne savait pas qui, mais pour être honnête, il ne savait pas et ne faisait pas particulièrement attention. Tout ce dont il se souciait était l'augmentation soudaine du volume des nuages. La tempête se levait et il pouvait presque sentir la magie corrompue de Saruman derrière tout cela.

La voix de Gandalf put soudainement être entendue à travers tout ce bruit, sonnant clairement avec un ton dur. Les mots, dont il ne comprenaient pas la signification, étaient criés au ciel, rivalisant avec le bruit du tonnerre. Brusquement, la magie brute emplit l'air, s'enroulant autour de lui et envoyant une vague de frissons de désir à travers son être, forçant un gémissement sans joie à sortir de sa gorge. Il n'était pas habitué à la magie comme celle-ci; il n'était pas habitué à la sensation à ce sujet. Presque comme s'il était en extase, ses yeux roulèrent à l'arrière de sa tête, son souffle se fit court et il commença à se tortiller contre le corps derrière lui. La sensation de désir courrait à travers son corps entier, le rendant presque frénétique dans ses mouvements.

Un gémissement doux et guttural atteignit ses oreilles tandis qu'une paire de mains s'installait sur ses hanches, essayant vainement de calmer ses mouvements. Il pouvait facilement sentir contre son dos le résultat tendu de ses mouvements, mais il ne pouvait pas s'en soucier. Tout ce qu'il voulait c'était une sorte de soulagement, il voulait libérer sa propre magie et rejoindre Saruman et Gandalf dans leur combat. Il voulait rester là où il était et continuer à se tortiller de façon à commencer à le soulager. Il avait besoin de faire quelque chose, mais le choix ne lui était plus laissé, car les hanches de celui qui était derrière lui commençaient à se mêler aux siennes. La pression commença à s'accumuler en lui et juste au moment où le nœud étroitement enroulé était sur le point de claquer, un bourdonnement retentissant put être entendu et toute trace de magie disparut comme si elle n'avait jamais été là.

Il fut littéralement trempé dans la glace, des tas de neige superposés sur lui. Le sentiment de luxure qui l'avait envahi le quitta aussi soudainement qu'il était arrivé, le laissant là, dans le froid et horrifié de ses propres actions. Il pouvait encore sentir la chaleur persistante que les mains de compagnon de rut avaient laissé sur ses hanches alors que son monde était entouré de blanc. Prudemment, il commença à creuser autour de lui, se retournant pour apercevoir un vêtement vert. Ses mouvements devinrent frénétiques quand l'air lui effleura l'épiderme. Furieusement, il s'activa pour remonter à la surface et ce fut seulement quand des points noirs envahirent sa vision et ses poumons brûlés jusqu'à la torture qu'il atteignit finalement la surface, cherchant un peu d'air, remplissant ses poumons à ras bord.

Une main calleuse apparut soudainement devant son visage alors qu'il commençait enfin à reprendre contenance. En avançant, il accepta l'aide offerte alors que sa poitrine continuait de monter et descendre rapidement. Ses poumons, semblait-il, ne s'étaient toujours pas remis de cette épreuve. Sans effort, comme s'il n'était rien de plus qu'une plume, il fut enlevé de la neige froide pour être entouré d'une paire de bras chauds et réconfortants et poussé dans une poitrine solide et bien définie. Un parfum distinctif de forêt et de virilité pure flotta dans ses narines, noyant ses sens dans cette seule odeur.

Une haleine chaude s'abattit sur son oreille gauche alors que celui qui le tenait sembla se pencher légèrement. "Pas que je n'aie pas apprécié le geste, mais n'était-ce pas un peu inapproprié dans une telle situation?"

Brusquement, Harry pouvait sentir son sang se précipiter vers son visage, altérant sa figure d'un rouge peu flatteur et lui envoyant une vague de vertige. Il était complètement mortifié et embarrassé alors que les mots de Legolas terminèrent leur voyage de son oreille vers son cerveau. En gros, il s'éloigna du corps qui le tenait si fermement, sans regarder l'elfe; il tourna précipitamment le dos à celui qu'il avait, il y a quelques instants, frotter sans vergogne.

Une autre crise d'embarras s'empara de lui; il était incapable de regarder l'elfe et focalisa son regard sur le sol blanc à la place. Il s'était battu si fortement pour empêcher une telle chose de se produire, il avait été si confiant qu'il aurait réussi à rester à l'écart de tout ce qui était vaguement romantique et pourtant il était là, ayant presque eu un orgasme de se frotter contre l'homme dont il avait essayé si durement de ne pas développer de sentiments.

"Inapproprié?!" Harry rétorqua soudainement, la voix suintante de sarcasme, associé à une sensation de brouhaha qui venait de l'excitation qui persistait en lui. "Comment cela peut-il être inapproprié parce que, d'où je viens, c'est une chose tout à fait normale, c'est une bonne façon de faire connaissance avec quelqu'un."

Les yeux bleus brillèrent alors que Legolas faisait un pas en avant, se penchant vers Harry alors qu'il tendait la main pour attraper les épaules du jeune sorcier et l'attirer plus près de lui. Des bras en acier le maintenaient en place, l'empêchant de s'enfuir alors que l'elfe baissait la tête pour que ses lèvres planent sur l'oreille droite de Harry.

"Tu ferais une chose pareille avec un parfait étranger? Tu t'abaisserais si bas pour te donner à quelqu'un qui passe?" Une haleine chaude retomba sur sa peau tandis que la voix de Legolas résonnait dans l'air même si elle n'était que murmure.

"Quoi?" Murmura Harry d'une voix incrédule, regardant l'elfe avec confusion.

"Je m'excuse si je n'ai pas assez clarifié mes propos" répondit Legolas, ses yeux flamboyant qui semblait presque intimidé Harry. "Je demande si ce genre de comportement te vient naturellement, te livres-tu régulièrement à de telles activités?"

"Quoi, non, je ne voulais pas…. attends, tu me prends pour une pute?!" Cracha le jeune sorcier, une petite teinte de douleur dans la voix alors qu'il regardait l'elfe devant lui.

"Il n'y a pas besoin de me faire dire ce que je n'ai pas dit, je ne t'ai jamais appelé une pute." Répondit l'elfe sur un ton légèrement plus doux.

"Et comment par l'enfer tu ne l'as pas fait!" Harry se déchaîna, l'incrédulité colorant sa voix alors qu'il attirait l'attention du reste du groupe avec son débordement inattendu et son langage grossier. "Insinuant que je me laisse souvent aller à un comportement lâche et inapproprié, tu agis comme si tu m'avais surpris en plein acte!"

Le silence régna tandis que Harry haletait pour pouvoir respirer, il lança un regard furieux à Legolas alors qu'il se battait désespérément pour empêcher de se moquer de l'elfe. Tout son corps irradiait de colère. Il ne savait pas ce qui était pire, lui qui s'était frotté contre Legolas et en en profitant réellement, ou le fait qu'il avait été réellement blessé quand l'elfe l'avait accusé d'être une prostituée.

"Harry…" Dit Legolas avec hésitation, essayant d'atteindre le sorcier furieux. "Je ne voulais pas dire ça comme ça… je ne pourrais jamais pensé à toi comme une pute."

"Oh, eh bien c'est aussi réconfortant que d'être confronté à un géant qui mangent des éléphants." Jeta Harry par-dessus son épaule, se faufilant pour calmer son humeur.

Les ténèbres régnaient alors qu'un groupe de dix descendait la pente rocheuse et inégale de la montagne. Certains luttaient avec leurs sacs à dos pendant qu'ils trébuchaient maladroitement. D'autres marchaient sans problème, leurs mouvements aussi gracieux et fluides que l'eau. Ils étaient tous de tailles différentes, certains étaient de petites tailles, d'autres de tailles ordinaires et l'un deux dominait tout le monde.

La tension était grande tandis que les quatre hobbits regardaient l'elfe de la communauté et le plus jeune sorcier avec agitation. Pourtant, les deux personnes observées ne leur accordaient aucune attention. Legolas était trop occupé à essayer de s'excuser auprès de Harry pendant que ce dernier, toujours en colère, passait son temps à ignorer ces tentatives. Rien de bon n'était sorti de leur voyage de Caradhras. Ils étaient tous épuisés après avoir lutté pour sortir de l'horrible tempête de neige. La tension et la gêne s'attardaient entre eux, causées par la dispute entre Harry et Legolas, et leur ennemi savait maintenant leurs positions.

Harry avait un masque d'indifférence alors qu'il marchait silencieusement aux côtés de Gimli, écoutant le son de la hache du nain quand celui-ci tapait contre le flanc froid et dur de la montagne. Le son produit résonnait autour d'eux, étant le seul bruit qui pouvait être entendu. De l'eau ruisselait sur leur droite lorsque le vent jouait avec leurs vêtements et caressait la nature qui les entourait.

"C'est une décision très sage que vous avais prise là-haut sur la montagne, maître Frodon." Déclara soudainement Gimli, brisant le silence tendu et leur donnant tous un répit concernant la tension qui régnait. "Nous serons bien reçus par mon cousin, une grande fête aura lieu en notre honneur, j'en suis certain."

Un petit sourire étincelant se plaqua sur le visage du nain alors que son imagination voguait. Il était très certainement en train d'imaginer tous les feux, la nourriture et la bière qu'ils recevraient s'il devait y avoir un tel festin, pensa calmement Harry. Il pouvait presque voir de la bave dégouliner de la bouche de son ami, la trace qu'elle ferait alors qu'elle disparaîtrait dans la barbe rousse de Gimli. S'il y avait une chose que le robuste nain appréciait c'était une chope de bière.

Harry, lui, n'avait jamais particulièrement aimé l'alcool. Il avait toujours choisi de rester loin de ceci depuis qu'il était petit et avait vu l'effet qu'il avait sur son oncle, mais il n'avait jamais été du genre à réprimander ses amis juste parce qu'ils appréciaient quelque chose que lui n'aimait pas. En fait, c'était plutôt amusant de s'asseoir et de regarder les autres boire. Il avait, après cela, eut de quoi faire chanter ses camarades après les nombreuses ses séances de beuverie.

Alors qu'ils pensait à ses amis de son monde, un petit sentiment de nostalgie l'envahit. Cela faisait plus d'un mois qu'il avait beaucoup réfléchi et maintenant, alors qu'il marchait en silence, écoutant à peine les tentatives de discussion de Gimli, tout se précipitait en lui. Il était une personne horrible, déclara-t-il. Quel genre de personne se permettait d'être distraite par autre chose quand ses amis étaient en danger? Quel genre de personne dégoûtante pensait-elle réellement qu'il aurait été agréable de rester dans ce monde plutôt que dans le sien? Il aurait dû se battre pour trouver un moyen de rentrer à la maison; Au lieu de cela, il venait juste de renoncer après n'avoir rien trouvé à Fondcombe.

Gracieusement, il enjamba une bûche, en faisant attention à ne pas tomber, mettant tout son poids sur sa jambe droite. Ses poings étaient serrés, ses sourcils froncés, ses yeux agités montraient son agitation intérieure. Mais là encore, pensant à quel point il était horrible, il ne pouvait s'empêcher de penser combien le monde sorcier était lui aussi horrible. Ils étaient tous des adultes qui s'attendaient à ce qu'un garçon de 16 ans s'occupe de leurs problèmes. Ils semblaient l'utiliser comme sacrifice. Ils ne se souciaient pas de lui tant qu'ils avaient une personne à blâmer. Parfois, il était leur parfait golden-boy, d'autres fois il était le mouton noir et la source de toute leur misère.

Il était déchiré, il se sentait étiré dans deux côtés. C'était presque comme s'il était condamné à être misérable, peu importe la voie qu'il prenait. S'il choisissait de rester en Terre du Milieu, il se sentirait coupable et gêné car il aurait trahi ses amis. S'il choisissait de faire comme il avait été si déterminé à le faire depuis le début, à savoir retourner dans son monde, il mourrait probablement d'une mort atroce ou vivrait une vie misérable où il était soit le héros soit le méchant.

Aucune de ces options ne semblaient très prometteuses.

Pour être honnête, il ne savait plus quoi faire, c'était comme s'il n'était pas dans son propre corps mais comme s'il était contrôlé par quelqu'un d'autre. L'Anneau, Saruman, leur quête, les problèmes dans le monde sorcier, ses amis et son combat avec Legolas, ses émotions confuses envers l'elfe, tout était en bordel dans son esprit, menaçant de faire éclater sa tête. Il était à quelques minutes du débordement et il n'était pas sûr de pouvoir l'en empêcher.

Une douce lumière brillait sur eux alors que la lune se détachait de sa couverture nuageuse, elle reflétait magnifiquement l'eau, donnant l'impression que le ciel était en dessous d'eux et non au-dessus. D'un air absent, il se tourna pour faire face à la vue devant lui, stoppant ses mouvements. La lune semblait se moquer de lui.

"Les murs de la Moria…" Le murmure de Gimli l'atteignit, le faisant se retourner pour voir ce qui avait provoqué l'ébahissement du nain.

Et bien sûr que c'était ça. Une porte faite de lignes blanches brillantes, presque pures, sculptées dans les murs de la montagne. Les détails, si beaux qu'il se demandait qui avait pu les sculpter, l'ornait, donnant l'impression que c'était une porte faite pour la royauté. Elle s'étendait vers le haut dans une arche gracieusement arrondie, lui donnant l'air plus ovale qu'elle ne l'était en réalité.

C'était absolument magnifique.


The end.

Comme vous l'avez constaté, j'ai pris la liberté que Legolas et Harry se tutoie. Suite à ce qui c'est passé, il m'a semblé normal qu'il y ai malgré tout un certain rapprochement. En espérant que cela ne vos choque pas trop...