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Chapitre 7 : Un monstre

Depuis combien de temps Lucius Malfoy avait-il accepté de la former ? Depuis combien de temps faisait-elle subir à son corps d'aussi dures épreuves ? Les premiers jours, Hermione avait pensé qu'elle allait s'effondrer : ce n'était pas possible de survivre à un tel rythme, en ne dormant quasiment pas et en dépassant chaque seconde ses limites physiques et psychiques. Contre toute attente, la jeune femme avait tenu le choc, découvrant un corps et des capacités dont elle n'avait même jamais rêvé.

Son mentor lui avait enseigné la vitesse, l'art de se battre à l'épée, à main nue, le lancer de couteau, de shurikens et autres instruments de mort. Avec son aide, elle avait perfectionné sa maîtrise des sorts lancés sans baguette, art dans lequel elle excellait désormais. Il lui avait également appris à mordre, à contrôler ses crocs et ses pulsions, à dégager ses canines de telle façon que sa vitesse soit maximale et sa morsure profonde, et bien d'autres choses.

Pourtant, ce soir là, quelque chose n'allait pas. La jeune femme sentait sa tête tourner et ses jambes ne la portaient plus. En sortant de la salle de bain après leur entraînement, elle du se raccrocher à la poignée de porte pour ne pas d'effondrer. Proche de l'évanouissement, elle avait du mal à respirer et se traîna avec une difficulté croissante dans le salon, où elle s'écroula. Le Mangemort aux crocs acérés n'était pas là, il était sûrement sorti faire elle ne sais quoi, comme cela lui arrivait de temps en temps. Cette fois-ci cependant, agitée de soubresauts sur le tapi, elle aurait tout donné pour qu'il soit là et qu'il lui explique ce qui lui arrivait…

Enfin, il rentra. Il sentait le sang…

« Malfoy, articula-t-elle avec difficulté, qu'est-ce que c'est… que ce bordel ? C'était pas… prévu dans le… marché !

- Du calme, la rassura-t-il en s'agenouillant à ses côtés, ça fait partie du jeu, c'est le manque de sang. Nous sommes dépendants de ce breuvage sacré, il nous permet de survivre et de nous régénérer. J'avais prévu que cela arriverait bientôt, c'est d'ailleurs assez surprenant que tu aies tenu jusque là… Je t'ai ramené un peu d'hémoglobine, tu devrais tenir une semaine ou deux je pense, si tu en bois beaucoup.

- Je refuse !

- Alors tu mourras, rétorqua-t-il, laconique, chez les vampires, il n'y a pas de place pour les sentiments… »

Merde, elle n'avait pas fait tout cela pour rien, elle ne pouvait pas mourir bêtement, sur ce tapi, après tout ses efforts… Elle avait choisi de vivre, d'être vampire, alors elle irait jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix à payer !

La jeune femme tendit la main vers lui pour recevoir l'hémoglobine qu'il lui avait amenée.

« Attends, il faut que tu y ailles doucement, vu ton état. Une trop forte dose te tuerai sur le coup »

Un léger « plop » se fit entendre, et la sorcière supposa qu'il venait de déboucher une outre pleine. Il but une gorgée et se pencha sur son visage.

« Ouvre la bouche »

Une à une, des gouttes de sang tombèrent sur sa langue, glissant dans sa gorge. Ce n'était pas si mauvais, et Hermione sentait que son organisme revivait à ce contact. Il lui en fallait plus, beaucoup plus ! Lorsque le liquide écarlate cessa de se déverser en elle, elle se releva brusquement et, malgré elle, se mit à lécher les canines de son mentor, récupérant le sang qui lui maculait les crocs, puis ses lèvres. C'était si bon… Ce n'était pas un baiser, mais un contact avide, une soif inassouvie, dangereuse.

Alors l'homme lui remit la gourde. La jeune vampire se jeta dessus et la vida rapidement, dans de grandes lampées, grisée par ces sensations et ce goût merveilleux. Rassasiée, elle respira enfin.

« Tu vois, ce sang, je sais que tu l'as aimé, tu en as voulu encore, toujours plus. Tu as pris un plaisir immense à le laper, tu serais prête à tout pour recommencer si tu avais encore soif, n'est ce pas ? Oh, ne dit pas non, tes yeux parlent pour toi… Tu as aimé, plus que tout… Et tu sais d'où il provenait ? C'était un petit garçon de huit ans, enfermé dans les cachots, torturé, que j'ai saigné. Il a hurlé, il s'est débattu, il m'a supplié et m'a maudit. Et puis il est mort, en appelant sa mère, la voix brisée par les sanglots et la douleur. A la fin, il ne restait plus de lui qu'un petit corps brisé, desséché, écartelé… »

Sur ces paroles, il se leva en riant, avec un sadisme inimaginable. Alors, Hermione se mit à pleurer, sentant en elle les cris de l'enfant. Et elle comprit. Enfin. Elle était devenue un monstre.

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Une petite dose de sadisme pour la route…

Alors, vous en pensez quoi ?

BW & l'AD