Note de l'auteur : Coucou, je suis désolé de mon long retard d'un mois mais je n'avais pas beaucoup le temps pour écrire mais je me suis rattrapé avec ce long chapitre. Merci à tous pour vos reviews ça me fait toujours plaisir.

Et bonne lecture : )

Disclaimer : Glee et Klaine ne m'appartient pas ni After

Couple : Evidemment c'est Kurt/Blaine et c'est du point de vu de Kurt

/!\ Rating M pour ce chapitre.


Chapitre 7

le lendemain matin, je retrouve Finn à la cafétéria et nous échangeons nos impressions sur le cours Nick de socio. Il m'a fallu une heure hier pour tout remettre en ordre après la petite plaisanterie de cet enquiquineur de Blaine. Je raconterais bien la scène à Finn, mais je ne tiens pas à ce qu'il ait une mauvaise opinion de moi, surtout maintenant que je connais la relation de leurs parents. Finn doit connaître un tas de chose sur Blaine, mais je ne veux pas lui poser la moindre question. Et je me fiche de ce que fait Blaine.

La journée passe vite et se termine par le cours de littérature où, comme d'habitude, Blaine s'assied à côté de moi. Mais aujourd'hui il ne semble pas disposé à regarder dans ma direction.

- Ceci est notre dernier cours consacré à Orgueil et préjugés, annonce le prof. J'espère que vous avez tous apprécié ce roman et puisque vous avez tous lu la fin, notre débat d'aujourd'hui portera sur l'utilisation de pressentiment chez Jane Austen. Diriez-vous que le lecteur s'attend à ce qu'Elizabeth et Darcy forment un couple à la fin ?

Certains étudiants chuchotent ou feuillettent leur livre au hasard comme s'ils allaient trouver la réponse immédiate. Seuls Finn et moi levons la main, comme toujours.

- Monsieur Hummel.

- Eh bien, la première fois où j'ai lu le livre, j'étais impatient de savoir s'ils seraient réunis à la fin, ou pas. Même maintenant, et je l'ai lu au moins dix fois, je suis toujours angoissé au début de leur relation. Darcy est si cruel et prononce des mots si haineux à propos d'Elizabeth et de sa famille que je ne sais jamais si elle pourra lui pardonner, et encore moins l'aimer.

Finn acquiesce, et je sourit.

- C'est n'importe quoi, dit une voix, rompant le silence qui suit mon intervention.

- Monsieur Anderson ? Vous voulez ajouter quelque chose ? Demande le professeur, visiblement étonné de la participation de Blaine.

- Oui. J'ai dit , c'est n'importe quoi. Les femmes veulent toujours ce qu'elles ne peuvent pas avoir. La muflerie de Darcy, c'est justement ce qui attire Elizabeth, c'est donc évident depuis le début qu'ils vont finir ensemble.

Blaine se tait et nettoie ses ongles comme s'il n'était pas le moins du monde intéressé par la discussion.

- Ce n'est pas vrai, les femmes ne veulent pas toujours ce qu'elles ne peuvent pas avoir. C'est seulement parce qu'il est trop fier pour admettre qu'il aime Elizabeth que Darcy se montre désagréable avec elle. Une fois qu'il cesse ce jeu, elle comprend qu'il l'aime réellement.

J'ai parlé plus fort que je ne le voulais. Beaucoup plus fort, tout le monde dans la salle a les yeux fixés sur nous. Blaine soupire.

- Je ne sais pas quel genre de type t'attire en général, mais je pense que s'il l'aimait, il ne se montrerait pas si odieux avec elle. La seule raison de sa demande en mariage en fin de compte, c'est qu'elle n'arrête pas de se jeter à ses pieds.

Il a dit ça avec tant de conviction que mon cœur se serre. Enfin, on a un aperçu de ce qu'il pense vraiment.

- Elle ne se je jette pas à ses pieds ! Il la manipule pour qu'elle le trouve attirant et il profite de sa faiblesse !

Et moi, je réponds avec tant de véhémence que toute la salle se tait pour de bon. Blaine est rouge de colère et j'imagine que cela doit être la même chose pour moi. Il hurle en agrippant le dossier de son siège :

- Il la « manipule » ? tu n'as rien compris, elle est... je veux dire, elle en a tellement marre de cette vie monotone qu'elle cherche un peu d'excitation, et elle se précipite sur lui.

- Oui, eh bien, si ce n'était pas un tel dragueur, il aurait pu l'arrêter la première fois au lieu de venir la retrouver dans sa chambre !

Les mots à peine sortis de ma bouche, je me rends compte que je me suis dévoilé. Des ricanements et des murmures de surprise fusent à travers la classe.

- je vous remercie pour ce débat très animé. Je pense que nous pouvons clore la discussion là-dessus...

sans écouter le prof jusqu'au bout, j'attrape mon sac à la voilée et me rue vers la sortie. Au milieu du hall, j'entends la voix de Blaine hurler dans mon dos :

- Tu ne vas pas t'échapper cette fois, Porcelaine !

Je sors, mais alors que j'ai déjà traversé la pelouse, il me rattrape et m'empoigne par le bras. Je me dégage brusquement.

- De quel droit tu me touches tout le temps comme ça ? Si tu m'attrapes encore une fois le bras, je te flanque ma main sur la figure !

Je suis le premier surpris de la violence de mes paroles, mais j'en ai plus qu'assez de ses conneries.

Pourtant, quand à nouveau il me saisit par le bras, je suis incapable de mettre ma menace à exécution.

- Qu'est-ce que tu veux, Blaine ? Me dire à quel point je suis pathétique ? Te moquer de moi pour être tomber dans le panneau encore une fois ? J'en ai vraiment marre de ce petit jeu. Je ne joue plus. J'ai un copain qui m'aime, et toi tu es détestable. Tu devrais vraiment te faire soigner pour tes sautes d'humeur. Je ne veux plus rien avoir affaire avec toi. Alors, rends-moi service, trouve un autre mec pour jouer à tes petits jeux, moi, c'est terminé !

- Je fais vraiment ressortir le pire en toi, c'est ça ?

Je me détourne et essaie de concentrer mon attention sur l'animation autour de moi. Le regard perplexe de certains étudiants s'attarde sur Blaine et moi un peu trop longtemps. Quand je me retourne à nouveau vers lui, ses doigts jouent avec un petit trou au bas de son t-shirt noir élimé. Je m'attends à le voir sourire ou même rire, mais il ne fait rien. Si je ne le connaissais pas, je pourrais croire qu'il est... blessé ? Mais je sais à quoi m'en tenir avec lui, je sais bien qu'il s'en fiche complètement.

- Je n'essaie pas de jouer avec toi, dit-il en se passant la main dans ses cheveux.

- Alors quoi ? Tes sautes d'humeur me donnent la migraine.

Un petit groupe nous entoure et j'aimerais me faire tout petit et disparaître dans un trou. En même temps, ça m'intéresse de savoir ce qu'il a à répondre.

Pourquoi je n'arrive pas à me tenir à l'écart ?

Je sais qu'il est dangereux et destructeur. Je ne me suis jamais montré aussi méchant avec personne. Il l'a cherché, c'est un fait, mais ça ne me plaît pas d'être méchant.

Une fois de plus, Blaine me prend par le bras et m'entraîne dans une petite ruelle entre deux bâtiments, loin des badauds.

- Kurt, je... je ne sais pas où j'en suis. C'est toi qui m'as embrassé en premier.

- Ouais... mais je te rappelle que j'étais ivre. Et hier, c'est toi qui m'as embrassé en premier.

- Ouais... mais tu ne m'as pas arrêté... Ça doit être épuisant ?

- Qu'est-ce qui doit être épuisant ?

- de faire comme si tu n'avais pas envie de moi, alors que nous savons toi et moi que c'est le contraire.

- Quoi ? Moi ? Je n'ai pas du tout envie de toi. J'ai un copain.

La véhémence avec laquelle ces mots sortent de ma bouche souligne leur absurdité et le fait sourire. Il vient plus près de moi.

- Un copain qui t'ennuie. Admets-le, Kurt. Pas à moi, mais à toi-même. Il t'ennuie.

D'une voix plus basse et sensuelle, il ajoute :

- Est-ce qu'une fois il t'a fait ressentir la même chose que moi ?

- Q... Quoi ? Bien sûr que oui.

Ce qui n'est pas vrai.

- Non... c'est faux. Je suis sûr qu'on ne t'a jamais caressé... pour de vrai.

Ses mots font courir en moi une sensation de chaleur que je commence à connaître. Je recule, mais il fait trois pas vers moi.

- En quoi ça te regarde ?

- Tu n'imagines pas ce que je pourrais te faire ressentir.

Je retiens mon souffle. Comment fait-il pour passer à ça juste après m'avoir hurlé dessus ? Et pourquoi est-ce que j'aime tant ce qu'il me dit ? Je suis sans voix. Le ton qu'il prend et les mots suggestifs qu'il emploie me rendent faible et vulnérable. Je suis comme un lapin piégé par un renard.

- Tu n'as pas besoin de le dire, en fait. Je le sais.

Il dit cela d'une voix grave et arrogante. Mais je me content de secouer la tête, incapable de faire autre chose. Son sourire s'élargit et je me recule instinctivement vers le mur. Il fait encore un pas vers moi, je prends une profonde respiration, pleine d'espoir. Ça ne va pas recommencer...
- Ton pouls s'accélère, non ? Tu as la bouche sèche. Tu pense à moi et tu ressens cette sensation... là en bas. Pas vrai, Porcelaine ?

Tout ce qu'il dit est vrai, et plus il me parle comme ça, plus j'ai envie de lui. C'est bizarre de désirer et de détester quelqu'un en même temps. Cette attirance est purement physique, c'est étrange quand je songe à quel point il est différent de Sam. Je ne me rappelle pas avoir jamais été attiré par quelqu'un d'autre que Sam.
Je sens que si je ne dis pas quelque chose tout de suite, il va gagner. Je ne veux pas qu'il ait ce pouvoir, et qu'en plus il gagne.

- Tu as tout faux.

- Je ne me trompe jamais. À ce sujet, en tout cas.

Son sourire suffit à m'envoyer de l'électricité dans tous le corps. Je fais un pas de côté avant qu'il ne me coince complètement contre le mur.

- Tu répètes que je me jette à tes pieds, mais là, c'est toi qui me coinces contre le mur.

Ma colère a rattrapé mon désir pour ce mec tatoué. Je m'assieds sur le trottoir pour lui échapper. C'est épuisant de discuter avec lui.

- Mais c'est toi qui as fait le premier pas. Comprends-moi bien, j'en ai été tout aussi surpris que toi.

- J'étais soûl et la nuit avait été longue, comme tu le sais. J'étais troublé parce que tu te montrais trop gentil avec moi. À ta façon, je veux dire.

- Je ne suis pas si méchant que ça avec toi.

Cela sonne plus comme une question que comme une affirmation.

- Si ! Tu fais tout ce que tu peux pour être infect. Pas seulement avec moi, d'ailleurs. Avec tout le monde. Mais j'ai l'impression que tu es bien pire avec moi.

- C'est vraiment n'importe quoi. Je ne suis pas pire avec toi qu'avec le reste des gens en général.

Je me lève d'un bond. Je sais bien que ce n'est pas possible de discuter normalement avec lui, que je vais payer pour ma franchise. Je hurle, en rebroussant chemin vers l'allée principale et la pelouse.

- Je ne sais pas pourquoi je continue à perdre mon temps.

- Hé, excuse-moi. Reviens, s'il te plaît.

Je grogne, mais mes pieds réagissent plus vite que mon cerveau et je me retrouve à quelques mètres de lui. Il s'assied sur le trottoir.

- Assieds-toi, m'ordonne-t-il, et j'obtempère. Pourquoi tu t'assieds si loin ? Tu n'as pas confiance en moi ?

- Bien sûr que non, qu'est-ce que tu crois ?

Il a l'air déçu mais se reprend vite.

Qu'est-ce ça peut lui faire que je ne lui fasse pas confiance ?

- Est-ce qu'on ne pourrait pas soit éviter de se rencontrer, soit être amis ? Je n'ai pas l'énergie de continuer de me bagarrer avec toi.

Je pousse un soupir en me rapprochant un peu de lui. Il prend une grande inspiration avant de répondre :

- Je n'ai pas envie de t'éviter.

Mon cœur s'affole dans ma poitrine.

- Je veux dire... je ne crois pas que nous puissions nous éviter puisque t'es le coloc d'une de mes meilleures amies. Donc, j'imagine qu'il ne nous reste plus qu'à essayer d'être amis.

Je suis déçu. Pourtant, c'est bien ce que je voulais, non ? Je ne vais pas continuer à embrasser Blaine et à tromper Sam.

- D'accord ? Donc on est amis ?

- Amis.

Il me tend la main.

- Pas « amis avec avantages en nature », je précise en rougissant.

Il rigole et reprends sa main pour jouer avec l'anneau dans son arcade sourcilière.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Comme si tu ne le savais pas. Quinn m'a tout dit.

- À propos d'elle et moi ?

- Toi et elle, et tous les autres garçons.

Je feins de rire, mais cela ressemble plus à un toux que j'amplifie pour avoir l'air naturel. Il hausse les sourcils, mais je ne dit rien. Il sourit comme s'il se rappelait de quelque chose :

- En fait, Quinn et moi... on s'est éclatés. Et ouais, il y a des mecs avec qui je baise. Mais qu'est-ce que ça peut te faire, puisqu'on est amis ?

Il dit ça avec nonchalance, mais moi je suis choqué. L'entendre admettre qu'il couche avec d'autres garçons ne devrait rien me faire, mais ce n'est pas le cas. Ce n'est pas mon mec. Mon mec c'est Sam. Sam. Sam.

- Rien, mais je ne vaux pas que tu croies que je serai l'un d'entre eux.

- Ah, ah... tu ne serais pas jaloux par hasard, Porcelaine ?

Il me fait marcher et je le bouscule. Jamais de ma vie je n'admettrai une chose pareille.

- Pas du tout ! Je plains ces pauvres mecs, c'est tout.
- Ne te donne pas cette peine. Ils aiment ça, tu peux me croire.

- Ok, ok. J'ai compris. On peut changer de sujet ?

Je soupire et je lève la tête pour regarder les nuages. J'ai besoin d'effacer de mon esprit l'image de Blaine et de son harem. Les yeux au ciel, je murmure d'un ton rêveur :

- Alors, tu vas essayer d'être plus aimable avec moi ?

- Mais oui. Et toi, tu vas essayer d'être moins coincé et teigneux tout le temps ?

Je le regarde et j'éclate de rire. Heureusement, il se met à rire avec moi. Cela change avantageusement des hurlement que nous échangeons habituellement. Je me rends bien compte que nous n'avons pas vraiment résolu le problème, celui des sentiments que j'éprouve peut-être ou pas, mais si je peux faire en sorte qu'il arrête de m'embrasser, je pourrai de nouveau me concentrer sur Sam et enrayer ce cycle infernal avant qu'il ne soit trop tard.

- Regarde-nous, là, comme deux bons amis.

Son accent est trop mignon quand il arrête de dire des vacheries. Bon sang, même dans ce cas il est mignon. Quand sa voix est douce, son accent la rend encore plus douce, comme du velours. Les mots roulent sur sa langue et passent ses lèvres roses... Je ne doit pas penser à ses lèvres. Je détache mon regard de son visage et me lève en enlevant les saletés sur mon jean.

- Ce jean est vraiment affreux, Kurt. Si nous devons devenir amis, je ne veux plus le voir.

Sur le moment cela me vexe, mais quand je lève les yeux, je vois qu'il sourit. Ça doit être sa façon de plaisanter, vache bien sûr, mais ce n'est pas sa méchanceté habituelle.

L'alarme de mon portable vibre.

- Je dois aller travailler.

- Tu règles l'alarme de ton téléphone pour savoir quand tu dois travailler ?

- Je règle l'alarme pour un tas de choses, c'est une habitude.

J'espère qu'il ne va pas insister.

- Dans ce cas, tu devrais mettre une alarme pour qu'on fasse quelque chose de cool demain après les cours.

Qui est ce mec ? Où est passé le vrai Blaine ?

- Je ne suis pas sûr que ma définition de « quelque chose de cool » soit la même que la tienne.

- Eh bien, on pourrait, genre, étrangler seulement un chat ou deux, ou mettre le feu à seulement un immeuble ou deux...

Je ne peux pas m'empêcher de rire et il sourit.

- Sérieux, ça ne te ferait pas de mal de t'amuser un peu et puisque nous sommes amis maintenant, on devrait faire quelque chose de cool tous les deux.

Avant de lui donner une réponse, j'ai besoin de réfléchir pour savoir si c'est une bonne idée de me retrouver seul avec lui. Mais sans m'en laisser le temps, il tourne les talons.

- Super. Je suis content que tu sois d'accord. À demain.

Et le voilà parti.

Sans rien dire, je me rassieds sur le bord du trottoir. J'ai la tête qui tourne après ce qui s'est passé ces vingt dernières minutes. D'abord, il me propose pratiquement de coucher avec lui, en disant en gros que je n'ai pas idée de tout ce qu'il peut me faire ressentir. L'instant d'après, il accepte de faire des efforts pour être plus gentil avec moi, et finalement nous rions ensemble, nous plaisantons et nous passons un moment très agréable. Je me pose encore un tas de questions à son sujet, mais je crois que je peux être ami avec lui, comme Quinn. Bon, peut-être pas comme elle, mais comme Mike ou les autres qui traînent avec lui.

C'est vraiment la meilleure solution. Finis les baisers, finie les avances de sa part. On est juste amis.

Mais en retournant vers ma chambre, en croisant tous les étudiants qui ne connaissent pas Blaine ni ses façons de faire, je n'arrive pas à me débarrasser totalement de la peur d'être tout bêtement tombé dans un autre de ses pièges.

Une fois rentré dans ma chambre, j'essaie de me mettre au travail, mais je n'arrive pas à me concentrer.

Pendant près de deux heures, je garde les yeux fixés sur mes notes sans lire vraiment, du coup je décide qu'une douche me fera le plus grand bien. Quand il y a du monde, je suis toujours aussi mal à l'aise dans ces douches mixtes, mais comme personne ne m'a jamais embêté, j'ai fini par m'y habituer.

C'est magique, l'eau chaude soulage mes tensions. Je devrais me sentir détendu et heureux que nous ayons pu conclure une sorte de trêve, Blaine et moi, mais en réalité ma colère et mon agacement ont fait place à de la nervosité et de la perplexité. J'ai accepté de me passer un moment avec lui demain, pour faire quelque chose de « sympa », mais cette idée me terrifie. J'espère franchement que tout va bien se passer. Je ne m'attends pas à ce que nous devenions les meilleurs amis du monde, mais j'aimerais que nous trouvions un arrangement pour éviter de nous prendre la tête à chaque fois.

Je suis si bien sous la douche que je joue les prolongations et rate Quinn rentrée et déjà ressortie. Elle m'a laissé un mot pour me dire que Puck l'emmène dîner à l'extérieur du campus. J'aime bien Puck. Il a l'air vraiment sympa. Si Quinn et Puck continuent de se voir, quand Sam viendra me rendre visite, on pourra peut-être sortir quelque part tous les quatre... À qui je vais faire croire ça ? Sam ne voudra jamais sortir avec des gens comme eux, mais je dois bien reconnaître qu'il y a seulement trois semaines, je n'aurais pas voulu, moi non plus.

Je finis par appeler Sam avant d'aller me coucher. Nous ne sommes pas parlé de la journée. Il est tellement bien élevé que dès qu'il décroche, il me demande si ma journée s'est bien passée. Je devrais lui dire que Blaine et moi, on a prévu de se balader demain, mais je ne le fais pas. Il me raconte que son équipe de foot a battu le lycée de Seattle à plate couture, alors qu'il sont très bons. Et je suis content pour lui parce qu'il a l'air vraiment heureux d'avoir bien joué.

La journée de lendemain se passe sans que je m'en rende compte. Quand Finn et moi pénétrons dans la salle pour le cours de littérature, Blaine est déjà à sa place.

- Tu n'as pas oublié notre rendez-vous de ce soir ?

Je reste bouché béé. Finn aussi. Je ne sais pas ce qui m'ennuie le plus, Blaine présentant les choses de cette façon ou ce que Finn va penser de moi. Notre entreprise pour devenir amis ne se présente pas tellement bien, pour l'instant. J'essaye de prendre l'air dégagé en me tournant vers Finn :

- On ne peut pas appeler ça un rendez-vous. On va se balader en toute amitié.

- C'est pareil, rétorque Blaine.

Je l'évite pendant tout le reste du cours... ce qui n'est pas difficile puisqu'il n'essaie plus de me parler. À la fin du cours, tout en rangeant ses affaires dans son sac à dos, Finn regarde Blaine, puis me dit à voix basse :

- Sois prudent ce soir.

- Oh ! On essaie juste de s'entendre puisque ma coloc est une de ses meilleures amies.

J'espère que Blaine ne m'a pas entendue.

- Je sais. Tu es un mec super et je ne suis pas sûr que Blaine mérite ta gentillesse.

Il a volontairement haussé le ton, et je lève les yeux, étonné.

- Tu n'as rien de mieux à faire que de déblatérer sur mon compte ? Va te faire voir, Finn Hudson !

C'est la voix cinglante de Blaine, dans mon dos. Finn fronce des sourcils et reporte les yeux sur moi.

- N'oublie pas ce que je t'ai dit.

Je le regarde s'éloigner en espérant ne pas l'avoir trop contrarié.

- Pourquoi t'es aussi vache avec lui vous êtes pratiquement frères tous les deux.

Blaine écarquille les yeux. Il gronde :

- Qu'est-ce que tu viens de dire ?

- Ben, tu sais, ton père et sa mère ?

Est-ce que Finn m'a baratiné ? Ou alors, je n'étais peut-être pas censé en parler. Finn ma dit de ne pas parler des rapports de Blaine et son père, mais je n'ai pas compris que ça englobait le reste. Il regarde d'un air furieux la porte par laquelle Finn est sorti.

- Occupe-toi de tes affaires. Je en sais pas pourquoi ce con t'a parlé de ça. Je vais devoir le faire taire, on dirait.

- Fiche -lui la paix, Blaine. Il n'avait pas l'intention de m'en parler, c'est juste sorti comme ça, sans le vouloir.

L'idée que Blaine pourrait faire du mal à Finn me rend malade. Je m'empresse de changer de sujet.

- Alors, on va où ?

- On ne va nulle part. Ce n'était pas une bonne idée.

Il me jette un regard mauvais, tourne les talons et s'en va. Je reste sur place quelques minutes pour voir s'il va changer d'avis et revenir sur ses pas.

De retour dans la chambre, je trouve Adam, Puck et Quinn. Puck dévore Quinn des yeux et Adam joue avec un briquet en métal. Habituellement, je n'apprécie pas d'avoir autant de visiteurs imprévus, mais Adam et Puck sont vraiment gentils et j'ai besoin de me changer les idées.

- Salut Kurt ! C'étais bien les cours ?

- Ça va, Quinn. Et toi ?

Quinn est tout sourires. Je ne peux pas m'empêcher de remarquer l'expression réjouie de Puck quand il la regarde. Je range mes livres sur la commode pendant qu'elle me raconte que le prof s'est renversé du café dessus, et qu'ils ont finis plus tôt.

- C'est sympa comment t'es habillé aujourd'hui, Kurt, me dit Adam.

- Tu aimes mon nouveau chino ?

- Ouais, où tu l'as trouvé ? Questionne Quinn.

- Chez Marc Jacobs, tu connais ?

- Non, mais ça te va très bien.

En la remerciant, je m'installe avec eux sur le lit de Quinn, trop petit, mais on se serre. On se met à parler des profs qui sont bizarres, et tout à coup la porte s'ouvre. Quatre têtes se tournent... Horreur ! C'est Blaine.

- Hé mec, tu pourrais frapper une fois de temps en temps, dit Quinn en haussant des épaules. J'aurais pu être à poil.

Elle se met à rire. Apparemment, elle ne lui tient pas de rigueur de ses mauvaises manières.

- Ça n'aurait pas été une découverte.

Puck ne semble pas apprécier la plaisanterie, mais les trois autres rigolent. Je ne trouve pas drôle non plus. Je déteste imaginer Quinn et Blaine ensemble.

- Oh ! Tais-toi, dit-elle en riant toujours.

Elle prend la main de Puck qui retrouve le sourire et se serre contre elle.

- Vous faites quelque chose, les gars ? Demanda Blaine en s'asseyant sur mon lit, en face de nous.

Je réprime l'envie de lui dire d'aller s'asseoir ailleurs. Un instant j'ai cru qu'il était venu pour s'excuser, mais je vois bien que c'est juste pour voir ses potes, dont je ne fais pas partie. Adam sourit.

- En fait, on voulait aller au ciné. Kurt, tu viens ?

- En fait, Kurt et moi avions des projets.

Blaine est intervenu sans me laisser le temps de répondre. Il a une voix bizarre. Seigneur, ce mec est trop lunatique.

- Quoi ? S'exclament Quinn et Adam, à l'unisson.

- Ouais, je suis venu le chercher.

Blaine se lève, met les mains dans ses poches et s'avance vers la porte en me regardant.

- T'es prêt ou quoi?

Dans ma tête, je hurle, non ! Pourtant j'acquiesce et me lève du lit de Quinn.

- Bon, ben, à plus les gars !

C'est tout juste si Blaine ne me pousse pas dehors. Il me conduit jusqu'à la voiture et, à ma grande surprise, m'ouvre la portière du côté passager. Je reste là, les bras croisés, à le regarder.

- D'accord, je me souviendrai de ne jamais t'ouvrir la porte, à l'avenir...

- C'était quoi, ça ? Je sais pertinemment que tu n'es pas venu me chercher, tu venais à peine de me dire que tu ne voulais pas sortir avec moi !

Voilà, nous recommençons à nous embrouiller. Il me rend vraiment fou.

- Si, je suis venu pour ça. Maintenant, monte dans la voiture.

- Non ! Si tu refuses de reconnaître que tu n'es pas venu pour me voir, je rentre immédiatement et je vais au ciné avec Adam.
Je le vois serrer la mâchoire. J'en étais sûr. Je ne sais pas quoi penser de cette révélation mais d'une certaines façon j'ai senti que Blaine ne voulait pas que j'aille au ciné avec Adam, et que c'est uniquement pour ça qu'il veut sortir avec moi, maintenant.

- Reconnais-le Blaine ou je m'en vais.

- Ok, d'accord. Je l'admets. Maintenant, monte dans cette fichue voiture. Je ne vais pas te supplier.

Il faut un tour de la voiture pour monter de côté conducteur. Contre toute raison, je monte aussi. Blaine a toujours l'air contrarié en quittant le parking. Il met de la musique, beaucoup trop fort. Je tends le bras pour l'éteindre.

- Ne touche pas à ma radio, râle-t-il.

- Si tu dois te montrer aussi désagréable, je ne vais pas passer du temps avec toi.

Je ne plaisante pas. Si c'est pour qu'il soit comme ça, je descends. Je me fiche de l'endroit où nous sommes, je ferai du stop pour rentrer s'il le faut. Je le revois en train de lancer mes notes en l'air, et j'ai bien envie d'arracher son poste et de le jeter par la portière. Si je savais comment le retirer du tableau de bord, je le ferais.

- Ok, mais ne touche pas à ma radio.

- Qu'est-ce que tu en as à faire que j'aille au ciné avec Adam, d'abord ? Quinn et Puck y allaient aussi.

- Je ne pense pas qu'Adam ait de bonnes intentions, c'est tout, dit-il calmement, les yeux rivés sur la route.

Je me met à rire et il fronce les sourcils.

- Oh, carrément ? Adam est gentil avec moi, lui au moins.

Je ne peux pas m'arrêter de rire. L'idée que Blaine essaie de me protéger, d'une façon ou d'une autre, me paraît vraiment hilarante. Adam est un ami, sans plus. Exactement comme Blaine. Il ne me répond pas et remet la musique. La guitare et la basse m'écorchent les oreilles.

- Pourrais-tu baisser, s'il te plaît ?

À mon grand étonnement, il baisse mais laisse la musique en bruit de fond.

- c'est vraiment horrible cette musique.

Ça le fait rire, il tape des doigts sur le volant.

- Pas du tout. Mais ça m'intéresserait de savoir ce que tu considères comme de la bonne musique.

Quand il sourit comme ça, il a l'air si insouciant, surtout avec le vent qui entre par la vitre baissée et joue dans ses cheveux. Il lève la main et rejette ses mèches en arrière. J'adore quand il a les cheveux en arrière comme ça. Je repousse cette idée.

- Eh bien, j'aime Beyoncé, Britney Spears et aussi Lady Gaga.

- Ça ne m'étonne pas de toi.

Il rigole, moi pas. Ce sont mes groupes préférés et je n'aime pas qu'on les attaque.

- Qu'est-ce que tu leur reproches ? Ils ont un talent fou et leur musique est formidable.

- Ouais... ils ont du talent. Un super talent pour endormir les gens.

Je lui donne une claque sur l'épaule, en plaisantant. Il fait semblant d'avoir mal et se met à rire.

- De toute façon, c'est comme ça, je les adore, dis-je en souriant.

Si seulement on pouvait garder ce ton léger, je pourrais passer un bon moment. Pour la première fois je regarde par la vitre, je ne sais pas du tout où nous sommes.

- Où va-t-on ?

- Dans un de mes endroits préférés.

- Et c'est où ?

- Tu veux toujours tout savoir à l'avance, hein ?

- Ouais... j'aime bien...

- Tou contrôler ?

Je garde le silence. Je sais bien qu'il a raison, mais je n'y peux rien, je suis comme ça.

- Je te le dirai une fois que nous y serons... c'est-à-dire dans 5 minutes tout au plus.

Je me renfonce dans le siège en cuir et tourne la tête pour jeter un coup d'oeil sur le siège arrière. D'un côté, il y a une pile désordonnée de manuels scolaires et de feuilles volantes et de l'autre, un sweatshirt noir molletonné.

- Il y a quelque chose qui te fait envie derrière ?

Je suis confus d'être surpris en train de fouiner.

- Qu'est-ce que c'est comme voiture.

D'abord je ne sais pas où nous allons, ensuite je suis pris en flagrant délit de curiosité, j'ai besoin de faire diversion.

- Une Ford Capri, c'est une voiture ancienne.

À l'évidence, il en est très fier. Il continue à me donner pleins de détails techniques auxquels je ne comprends rien du tout. Mais j'aime bien regarder ses lèvres pendant qu'il me parle, la façon dont elles bougent lentement en prononçant des mots au ralenti. Il me lance un ou deux coup d'oeil au cours de la conversation et finit par me dire d'un ton brusque :

- Je déteste qu'on me dévisage.

Mais il me sourit tout de suite après.

Nous empruntons une route gravillonnée et Blaine éteint la musique, si bien que nous n'entendons plus que le crissement des cailloux sous les pneus de la voiture. Je me rends compte soudain que nous sommes au milieu de nulle part et ça me rend nerveux. Nous sommes seuls, vraiment seuls. Il n'y pas de voitures, pas de maisons, rien.

- Ne t'inquiète pas, je ne t'ai pas amené ici pour te tuer !

Il dit ça sur le ton de la plaisanterie, mais ma gorge se serre. Ce n'est pas l'idée qu'il pourrait me tuer qui me fait peur, mais ce que je pourrais faire que je suis seul avec lui. Et je ne crois pas qu'il s'en rende compte.

Au bout d'un kilomètre environ, il arrête la voiture. Je regarde par la vitre, je ne vois rien d'autre que de l'herbe et des arbres. Il y a des fleurs sauvages jaunes sur les talus et une brise très agréable. Il faut reconnaître que cet endroit est calme et paisible. Mais pourquoi m'a-t-il amené ici ? Je descends de la voiture.

- Qu'est-ce qu'on est venus faire ici ?

- Premièrement, un peu de marche.

Je soupire.

Il m'a amené ici pour faire du sport ?

Il remarque mon manque d'enthousiasme et ajoute :

- Pas trop de marche.

Il longe une clairière où l'herbe est aplatie par les nombreux passages des promeneurs.

Nous marchons en silence, mis à part quelques commentaires peu aimable de Blaine qui trouve que j'avance trop lentement. Sans y prêter attention, je regarde autour de moi. Je commence à comprendre pourquoi il aime cet endroit. C'est si calme. Si paisible. Je pourrais rester ici éternellement à condition d'apporter un bouquin. Il quitte le chemin et pénètre sous les arbres. Ma méfiance naturelle est en alerte, mais je le suis. Quelques minutes plus tard, nous sortons du bois. Nous sommes au bord d'un ruisseau, ou plutôt d'une rivière. Je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où nous sommes, mais l'eau me semble assez profonde.

Sans dire un mot, Blaine enlève son t-shirt noir, j'en profite pour regarder son torse ta toué. Sous le soleil, les branches nues de l'arbre mort dessinées sur sa peau sont plus attirantes qu'inquiétantes. Il se penche pour détacher ses bottes noires crasseuses et, levant les yeux, surprend mon regard rivé sur son corps à moitié nu.

- Pourquoi tu te déshabille ?

Je regarde la rivière. Oh, no !

- Tu vas te baigner ? Là-dedans ?

- Ouais, et toi aussi. Je fais ça tout le temps.

Il déboutonne son pantalon et je dois m'obliger à ne pas regarder fixement les muscles de son dos qui saillent quand il se penche pour le retirer.

- Hors de question. Je ne me baigne pas là-dedans.

Cela ne me dérange pas de me baigner, mais pas dans un endroit perdu au milieu de nulle part.

- Et pourquoi pas ?

Il me montre la rivière et il ajoute :

- Elle est si propre qu'on peut voir le fond.

- Et alors... il y a probablement des poissons et Dieu sait quoi là-dedans.

Je sans bien que je suis ridicule, mais je m'en fiche.

- En plus, tu ne m'as prévenue que nous allions nous baigner et je n'ai pas de maillot.

Je ne vois pas ce qu'il peut répondre à ça.

- Tu veut me faire croire que tu es le genre de mec qui ne porte pas de sous-vêtements ?

Il a un sourire ironique, et je le regarde éberlué, lui et ses fossettes.

- Tu vois bien. Alors tu peux te baigner comme moi, en boxer.

Attends. Comme ça il a pensé qu'une fois ici, j'allais enlever tous mes vêtements et me baigner avec lui ?

Quelque chose en moi se contracte et une bouffée de chaleur m'envahit à l'idée de me retrouver nu dans l'eau avec Blaine. Qu'est-ce qu'il me fait, là ? Je n'ai jamais, jamais, eu ce genre de pensées avant de le connaître.

- Je ne vais pas me baigner en sous-vêtement, espèce de malade.

Je m'assieds dans l'herbe tendre.

- Je vais te regarder.

Il fronce des sourcils. Il n'est plus vêtu que d'un boxer moulant. C'est la deuxième fois que je le vois torse nu et il me paraît encore mieux foutu ici, en pleine lumière.

- Tu n'es pas marrant. Et en plus tu te prives de quelque chose !

Sur ce, il saute dans la rivière. Les yeux baissés, j'arrache des brins d'herbe que je tourne entre mes doigts. La voix de Blaine me parvient de la rivière.

- Elle est super bonne, Kurt.

D'où je suis, je vois les gouttes d'eau qui tombent de ses cheveux mouillés. En souriant, il rejette sa mèche en arrière et essuie l'eau qui coule sur son visage. L'espace s'un instant, je regrette de n'être pas quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus audacieux. Comme Quinn. Si j'étais Quinn, j'ôterais mes vêtements et je sauterais dans l'eau avec lui. J'enverrais de l'eau partout et je remonterais sur la barge juste pour sauter encore en l'éclaboussant. Je serais libre et insouciant. Mais je ne suis pas Quinn. Je suis Kurt.

- Jusqu'ici, c'est pas très marrant d'être ami avec toi... s'exclame Blaine en nageant jusqu'à la rive.

Je lève les yeux au ciel et il rigole.

- Enlève au moins tes chaussures et viens te tremper les pieds. L'eau est super bonne et bientôt il fera trop froid pour se baigner.

C'est vrai que je pourrais au moins me tremper les pieds. J'ôte mes chaussures et roule le bas de mon chino. Je m'approche du bord, plonge mes pieds dans l'eau en remuant les doigts de pied. Blaine a raison, elle est chaude et claire. Je ne peux m'empêcher de sourire.

- Alors, elle est bonne, non ? Allez, viens te baigner.

Je suis bien forcé de l'admettre. Il m'éclabousse, je recule en fronçant les sourcils.

- Si tu viens dans l'eau, je promets de répondre à une de tes question indiscrètes. Celle que tu voudras, mais rien qu'une.

Ma curiosité prend le dessus et je réfléchis en penchant la tête. Il est entouré de tant de mystères, et l'occasion se présente d'en élucider un, peut-être.

- L'offre expire dans une minute, dit-il disparaissant sous l'eau.

Je vois son corps élancé nager sous l'eau transparente. Je dois dire que cela fait envie et que le marché que Blaine m'a mis en main est tentant. Il a bien compris comment exploiter ma curiosité à son avantage. Sa tête réapparaît à la surface de l'eau.

- Kurt, arrête de te prendre la tête et saute.

- Je n'ai rien pour me changer. Si je saute dans l'eau tout habillé, je devrais rentrer avec des vêtements trempés.

Je ne sais comment faire, or maintenant j'ai presque envie de me baigner. En réalité, j'en ai vraiment envie.

- Prends mon t-shirt.

Je suis choqué de sa proposition et j'attends un instant, pensant qu'il plaisante, mais non il est sérieux.

- Allez, mets mon t-shirt, il est assez long pour que tu te baigne avec, et tu n'as qu'à garder ton boxer, si ça te chante, dit-il avec un sourire.

Je décide de suivre mon conseil et d'arrêter de me prendre la tête.

- D'accord, mais tourne-toi et ne me regarde pas pendant que je me change... je ne plaisante pas !

Je fais mon possible pour l'intimider mais je n'arrive qu'à le faire rire. Il se retourne et regarde de l'autre côté aussi vite que je peux, j'enlève mon t-shirt et j'attrape le sien. Blaine avait raison, il m'arrive à mi-cuisse.

J'apprécie son odeur au passage, comme une léger effluve d'eau de Cologne mêlé à une odeur qui n'appartient qu'à lui.

- Dépêche-toi, bon sang, sinon je me retourne.

Si j'avais un bâton sous la main, je le lui jetterais à la tête. Je déboutonne mon chino et l'enlève. Mes affaires soigneusement pliées, je les pose sur l'herbe à côté de mes chaussures. Quand Blaine se retourne, je tire sur l'ourlet de son t-shirt noir pour le faire descendre le plus bas possible.

Il ouvre de grands yeux en baladant son regard sur moi de la tête aux pieds. Il pince l'anneau de sa lèvre entre ses dents et je vois le rouge lui monter aux joues. Il doit avoir froid parce que je ne peux pas imaginer que c'est moi qui lui fait cet effet-là.

- Hum... tu viens dans l'eau, oui ou non ?

Sa voix est plus grave que d'habitude. J'acquiesce et avance lentement vers la berge.

- Vas-y, saute.

- J'arrive, j'arrive.

- Prends un peu d'élan.

- Ok.

Je recule de quelques pas et me met à courir. Je me sens stupide, mais ce n'est pas le moment de laisser ma tendance à trop réfléchir reprendre le dessus. Pourtant, au dernier instant, je regarde l'eau et m'arrête juste au bord de la berge.

- Oh, non ! Tu était si bien partie !

Il s'écroule de rire et je le trouve adorable.

Blaine, adorable ?

- Je ne peux pas.

Je ne sais pas ce qui m'arrête. L'eau est assez profonde pour sauter dedans, mais pas trop. Blaine a de l'eau jusqu'au menton, ce qui veut dire jusqu'à la poitrine pour moi.

- Tu as peur ?

Il le dit calmement, sans se moquer de moi.

- Non... je ne sais pas. Si, un peu.

- Assieds-toi au bord, je vais t'aider à descendre.

Je m'assieds en serrant les jambes pour qu'il ne voie pas mon boxer. Ce qui ne lui échappe pas et il sourit. Il s'approche de moi en marchant dans l'eau, m'agrippe les cuisses et... je m'enflamme instantanément.

Pourquoi faut-il que mon corps réagisse comme ça à chaque fois qu'il me touche ?

Si je veux que nous soyons amis, il ne faut pas que je cède à ce feu. Ses mains remontent jusqu'à ma taille.

- Prêt ?

Dès que je fais oui de la tête, il me soulève et me tire dans l'eau elle est super bonne et super agréable sur ma peau brûlante. Blaine me lâche trop tôt et je me mets debout. Nous sommes près du bord, l'eau m'arrive à peine sous la poitrine.

- Ne reste pas planté là comme un piquet.

Sans relever la moquerie, je fais quelques pas vers le milieu de la rivière. L'eau qui pénètre sous le t-shirt le fait remonter et je tire dessus. Une fois qu'il est à nouveau en place, il a l'air de vouloir y rester à peu près.

- Tu ferais aussi bien de l'enlever, dit Blaine avec un sourire moqueur, et je lui lance de l'eau.

- Tu as osé m'éclabousser ?

Il rit et je recommence. Il secoue sa chevelure dégoulinante et plonge pour venir m'attraper sous l'eau. Il enroule ses longs bras autour de ma taille et me fait couler. J'ai juste le temps de me pincer le nez. Je ne sais pas nager sans pince-nez. Quand nous émergeons de l'eau, Blaine est écroulé et je ne peux m'empêcher de rire avec lui. Je dois reconnaître que c'est beaucoup plus marrant que d'aller au ciné.

- Je ne sais pas ce qui est le plus drôle, le fait que tu t'éclate vraiment ou le fait que tu te pince le nez sous l'eau.

Il rit de plus belle. Dans un sursaut d'audace, je m'avance vers lui, sans me préoccuper de la façon dont le t-shirt remonte à la surface de l'eau, et j'essaie de lui appuyer la tête sous l'eau. Bien sûr, il est trop fort pour moi, il ne bouge pas mais rit à gorge déployée en découvrant ses dents magnifiques. Pourquoi n'est-il pas toujours comme ça ?

- Au fait, tu dois répondre à une question, si je me souviens bien.

Il regarde en direction de la berge.

- C'est juste. Une question, une seule.

Je ne sais pas laquelle choisir parmi toutes celle que je voudrais poser. Sans prendre le temps de réfléchir, pourtant, je me surprends à lui demander :

- Qui aimes-tu le plus ?

Pourquoi est-ce que je lui ai demandé ça ? Il y a des choses plus précises que je voudrais savoir, comme pourquoi il se montre toujours si désagréable ou pourquoi il vit aux États-Unis ?

Il me regarde avec méfiance, comme s'il était dérouté par ma question.

- Moi-même.

Il replonge sous l'eau pour quelques secondes. Quand il refait surface, je secoue la tête.

- Je ne te crois pas.

Je sais bien qu'il est arrogant, mais il doit bien aimer quelqu'un... qui que ce soit.

- Et tes parents ?

Je regrette immédiatement ma question. D'autant plus que son visage se tord et que ses yeux perdent la douceur qui me plaisait tant.

- Ne parle plus jamais de mes parents, d'accord ?

Je me giflerais d'avoir gâché l'ambiance de ce moment.

- Excuse moi. C'est de la simple curiosité. Tu étais d'accord pour répondre à une question.

Son visage se radoucit un peu et il s'approche de moi, faisant des vagues autour de nous.

- Je suis sincèrement désolé, Blaine. Je ne t'en parlerai plus jamais.

Je n'ai pas vraiment envie de m'embrouiller avec lui dans ce coin perdu. Trop énervé, il serait bien capable de m'abandonner ici tout seul.

Au moment où je m'y attend le moins, il me prend par la taille et me soulève hors de l'eau. Je bats l'air de ses jambes et des bras en poussant des cris pour qu'il me repose, mais tout ce que j'obtiens, c'est qu'il me jette dans l'eau en riant de plus belle. J'atterris quelques mètres plus loin et lorsque je refais surface, ses yeux sont brillants de joie.

- Tu vas me le payer !

Sa seule réaction à mon hurlement, c'est de faire semblant de bâiller, alors je nage vers lui. Il m'attrape à nouveau mais, cette fois, je croise les jambes autour de sa taille, sans réfléchir. Un cri étouffé sort de ses lèvres.

- Excuse-moi.

Je décroise les jambes, mais il les saisit et les remet en place autour de sa taille. Le courant électrique passe entre nous, plus fort encore que d'habitude.

Pourquoi cela se produit-il toujours ?

Je fais taire mes interrogations et m'accroche à son cou pour ne pas perdre l'équilibre.

- Qu'est-ce que tu me fais, Kurt ?

Il passe doucement son pouce sur ma lèvre inférieure.

- Je ne sais pas...

C'est la vérité. Du pouce il suit le contour de mes lèvres.

- Ces lèvres... quand je pense à tout ce qu'elles pourraient faire... dit-il d'un ton séducteur.

Une bouffée de chaleur monte en moi et je deviens tout mou dans ses bras.

- Tu veux que j'arrête ?

Il plonge son regard dans le mien, ses pupilles sont si dilatées que l'iris vert de ses yeux est réduit à un mince cercle. Avant de reprendre mes esprits, je secoue la tête et presse mon corps contre le sien sous l'eau.

- C'est impossible d'être simplement amis, tu t'en rends bien compte, hein ?

Je frissonne quand ses lèvres frôlent mon menton. Il continue de déposer des baisers le long de mes joues. Je sais qu'il a raison. Je n'ai pas la moindre idée de ce que nous sommes l'un pour l'autre, mais je sais que je ne serai jamais capable de n'être qu'un ami pour Blaine. Quand ses lèvres touchent le point sensible juste au-dessous de mon oreille, je pousse un gémissement, ce qui incite Blaine à recommencer, mais cette fois il aspire ma peau entre ses lèvres.

- Oh ! Blaine.

En gémissant, je serre les jambes autour de lui. Je passe les mains dans son dos en griffant légèrement sa peau. J'ai l'impression que je pourrais exploser simplement quand il m'embrasse dans le cou.

- Je veux t'entendre gémir mon nom, Kurt, encore et encore. Laisse-moi faire.

Son ton est désespéré et je sais au fond que je suis incapable de dire non.

- Dis-le, Kurt.

Il prend le lobe de mon oreille entre ses dents. Je fais oui de la tête.

- J'ai besoin que tu le dises, Bébé, à voix haute, pour savoir ce que tu veux vraiment.

Sa main se déplace et remonte sous le t-shirt que je porte et qui lui appartient.

- Je voudrais...

les mots sortent de ma bouche en se bousculant et il sourit dans mon cou, sans cesser le doux assaut de ses lèvres. Il ne dit rien mais empoigne mes cuisses, me soulève plus haut contre son torse et marche vars la berge pour sortir de l'eau en arrivant au bord, il me lâche et grimpe sur la berge. Je pousse un cri plaintif, flattant probablement son ego, mais pour l'instant, je m'en fiche complètement. Tout ce que je sais, c'est que j'ai envie de lui. J'ai besoin de lui. Il m'attrape les mains pour m'aider à le rejoindre sur la rive.

Ne sachant pas quoi faire, je reste debout dans l'herbe, son t-shirt trempé pesant sur mes épaules et je trouve qu'il est bien trop loin de moi. Il se penche un peu vers moi pour me regarder dans les yeux.

- Tu veux qu'on le fasse ici ? Ou dans ma chambre ?

- Ici.

Je regarde autour de moi. Nous sommes seuls et je prie pour que personne ne vienne.

- Tu es pressé ?

Il sourit et je fais une tentative pour paraître décontracté mais je ne suis pas sûr de donner le change.

La chaleur en moi n'est plus aussi intense maintenant que Blaine ne me touche plus.

- Viens ici, dit-il d'une voix basse qui la ranime.

Je traverse d'un pas feutré l'herbe douce sous mes pieds jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de Blaine. Immédiatement, ses mains s'emparent du bas du t-shirt et le relèvent par-dessus ma tête. La façon dont il me regarde suffit à me rendre fou, mes hormones échappent à mon contrôle. Mon pouls s'accélère tandis qu'il me regarde de la tête aux pieds une fois encore avant de me prendre par la main.

Il étale son t-shirt sur l'herbe en guise de couverture.

- Allonge-toi.

Il me guide vers le sol en s'étendant avec moi, lui couché sur le côté, appuyé sur mon coude, et moi sur le dos sur son t-shirt mouillé, nos visages face à face. Personne ne m'a jamais vu si dévêtue auparavant, et Blaine, lui, a déjà vu tant de garçons, des garçons sûrement plus beaux que moi. Je lève les mains pour couvrir ma nudité, mais Blaine se redresse, attrape mes poignets et les repousse sur les côtés.

- Ne te cache jamais, pas avec moi.

Il me regarde droit dans les yeux.

- C'est juste...

il ne me laisse pas finir.

- Non, je ne veux pas que tu caches ton corps, tu n'as pas à en avoir honte, Kurt.

Est-ce qu'il le pense vraiment?

- Je suis sérieux, regarde-toi.

On dirait qu'il lit dans mes pensées.

- Tu es sorti avec tellement de garçons.

Je bafouille et il fronce des sourcils.

- Aucun comme toi.

Je pourrais prendre ça de différentes manières, mais je préfère ne pas relever. J'essaie de me rappeler le peu de choses que je connais à propos du sexe.

- Est-ce que tu as un préservatif ?

- Un préservatif ?

Il rigole.

- Je n'ai pas l'intention de couché avec toi.

La panique me gagne.

Est-ce que tout ça n'est qu'un jeu destiné à m'humilier ?

- Oh !

C'est tout ce que je suis capable de dire avant de me relever. Mais il m'attrape par les épaules et, doucement, me force à m'allonger. Je suis sûr que je suis écarlate, je ne veux pas m'exposer à son regard sarcastique dans cet état. Je bouge.

- Où vas-tu ?

Tout à coup, il comprend.

- Oh... mais non, Kurt, ce n'est pas ce que je voulais dire, mais c'est simplement que tu n'as jamais rien fait... je veux dire rien du tout, donc je ne vais pas coucher avec toi.

Il me regarde fixement pendant un moment avant d'ajouter :

- Aujourd'hui.

Alors je sens la tension dans ma poitrine se relâcher un peu.

- Il y a beaucoup de choses que je veux te faire avant.

Il s'allonge au-dessus de moi en s'appuyant sur les mains, comme s'il faisait des pompes. Des gouttes d'eau tombent de ses cheveux encore mouillés sur mon visage et je grimace.

- Je n'arrive pas à croire que personne ne t'ait jamais baisé, murmure-t-il.

Il se déplace pour se recoucher sur le côté. Sa main descend le long de mon cou, puis me caresse du bout des doigts, mon torse, mon ventre, et s'arrête juste à l'élastique de mon boxer.

On est vraiment en train de faire ça, Blaine et moi ? Que va-t-il me faire ? Est-ce que je vais avoir mal ?

Une foule de question se bousculent dans ma tête, mais je les oublie dès l'instant où sa main se glisse dans mon boxer. Je l'entends retenir son souffle juste avant de poser ses lèvres sur les miennes.

Il bouge un peu ses doigts, et j'ai un petit sursaut.

- C'est bon ?

Il me caresse tout simplement, pourquoi est-ce si bon ? Je baisse les yeux et il ralentit le mouvement de ses doigts.

- Est-ce que c'est meilleur que quand tu le fait toi-même ?

Quoi ?

- Alors ?

- Q... Quoi ?

J'ai un peu du mal à contrôler mon esprit et mon corps, en ce moment.

- Quand tu te caresses ? Est-ce que c'est aussi bon ?

Je suis pris de court, je le fixe et vois dans son regard quelque chose se fermer.

- Attends... ne me dis pas que tu n'as jamais fait ça non plus, si ?

Dans sa voix percent la surprise et quelque chose d'autre... du désir ? Il m'embrasse de nouveau et sa main continue son mouvement de haut en bas.

- Tu est tellement réactif à mes caresses, tellement mouillé.

Je pousse un gémissement. Pourquoi ces mots obscènes sont-ils si sexy dans sa bouche ?

Soudain un petit pincement envoie une onde de choc qui me traverse de la tête aux pieds.

- Qu'est-ce que c'était... ça ?

Je gémis plus que je ne parle. Cela fait rire Blaine qui ne répond pas mais qui recommence. Ses lèvres descendent le long de mon cou, puis sur ma poitrine. Je sens monter dans mon ventre une tension délicieuse. Je ferme les yeux en me mordant les lèvres, mon dos se cambre encore une fois et mes jambes se mettent à trembler.

- C'est ça, Kurt, jouis pour moi.

Ses paroles me font perdre tout contrôle.

- Regarde-moi, Bébé, dit-il en ronronnant.

J'ouvre les yeux. La vue de sa bouche mordillant la peau de ma poitrine me fait basculer, et ma vue se trouble pendant quelques secondes.

- Blaine.

Je dis son nom, encore et encore, et le rouge qui lui monte aux joues me prouve qu'il adore ça.

Lentement il retire sa main et la pose sur mon ventre tandis que j'essaie de redonner à ma respiration un rythme normal. Mon corps ne s'est jamais senti aussi énergique et détendu à la fois.

- Tu as une minute pour récupérer.

Il rit tout seul et s'éloigné de moi. Je plisse le front. Je voudrais qu'il reste contre moi, mais bizarrement je suis incapable de parler. Je viens de vivre les instants les plus super de toute ma vie. Je m'assieds et regarde Blaine. Il à déjà remis son jeans et ses chaussures.

- On repart déjà ?

Ma gène s'entend clairement dans ma voix. J'avais pensé qu'il voudrait que je le caresse aussi, même si je ne sais très bien comment il faut faire, il aurait pu m'expliquer.

- Ouais. Tu voulais rester plus longtemps ?

- c'est juste que je pensais... je ne sais pas. Je pensais que peut-être tu voudrais que je te fasse quelque chose...

Je ne sais pas comment tourner ça. Heureusement pour moi, il m'interrompt.

- Oh non ! Ça va. Pour le moment.

Il me gratifie d'un petit sourire. Est-ce qu'il va redevenir blessant comme d'habitude ?

J'espère que non, pas après ce qui vient de se passer. Je viens de partager avec lui l'expérience la plus intime de toute ma vie. Je ne supporterais pas qu'il se montre odieux avec moi. Il a dit « pour le moment », donc peut-être voudra-t-il quelque chose plus tard ? Je commence à regretter ce qui s'est passé. J'essaie de ne pas faire attention à l'humidité entre mes cuisses. Blaine ramasse son t-shirt et me le tend.

Il voit ma perplexité et me dit :

- Pour t'essuyer.

Il jette un regarde vers mon entrejambe.

Oh ! Il ne prend pas la peine de se retourner pendant que j'essuie ma peau sensible à cet endroit. La façon dont il passe sa langue sur sa lèvre inférieure en me regardant ne m'échappe pas. Il sort son portable de sa poche de jean et fait défiler son écran du pouce, plusieurs fois. Je finis de faire ce qu'il m'a recommandé et je lui rends son t-shirt. En enfilant mes vêtements et mes chaussures, je trouve que l'atmosphère qui nous entoure est passée de passionnée à distante et je voudrais désormais être le plus loin possible de lui.

Nous retournons à la voiture. J'aimerais qu'il brise le silence, mais il ne dit pas un mot. Je commence déjà à m'imaginer les pires scénarios possibles. Il m'ouvre la portière et je le remercie d'un signe de tête.

- Il y a quelque chose qu'il ne va pas ? Demande-t-il en faisant reculer la voiture dans le chemin de gravillons.

- Je ne sais pas. Pourquoi es-tu si bizarre, maintenant ?

Je ne suis pas sûr d'avoir envie d'entendre la réponse, alors je le regarde pas.

- C'est plutôt toi qui est bizarre.

- Non, tu n'as pas dit un mot depuis que... tu sais bien.

- Depuis que je t'ai donné ton premier orgasme ?

Je reste bouche bée, les joues écarlates.

Pourquoi est-ce que je suis encore surpris par son obscénité ?

- Euh... oui. Depuis ce moment-là, tu n'as pas desserré les dents. Tu t'es rhabillé et nous sommes partis.

Il me semble que la franchise et ma meilleure option à ce moment-là, et j'ajoute :

- J'ai l'impression que tu te sers de moi ou quelque chose comme ça.

- Quoi ? Bien sûr que non. Si je me servais de toi, j'aurais obtenu quelque chose en contrepartie.

Il a dit ça si brusquement que les larmes me montent aux yeux. Je fais de mon mieux pour les retenir, mais il y en a une qui coule sur ma joue.

- Tu pleures ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

Il tend le bras et pose sa main sur ma cuisse. Étonnamment, cela me calme.

- Je ne voulais pas te froisser... excuse-moi. Je ne sais pas très bien ce qu'on est censés faire après s'être pelotés comme ça, et puis je n'avais pas l'intention de te larguer devant ta chambre et de partir de mon côtés. Je pensais qu'on pourrait peut-être dîner ensemble ou autre chose ?

Il me presse gentiment la cuisse. Je lui souris, soulagé. J'essuie la larme qui a coulé trop vite, et mon inquiétude s'envole avec elle.

Je ne sais pas ce qu'il y a chez Blaine qui me rend si émotif, dans tous les sens du terme. L'idée qu'il pourrait se servir de moi me contrarie plus qu'elle ne devrait. J'ai du mal à démêler mes sentiments pour lui, ils sont tellement contradictoires. Un instant, je le déteste et le moment d'après, j'ai envie de l'embrasser. Il me fait ressentir des choses que je n'aurais jamais imaginés, et pas seulement sur le plan sexuel. Il me fait passer du rire aux larmes, hurler de rire et de colère mais, plus que tout, il me fait sentir vivant.


Et voilà le chapitre est fini. J'espère que ça vous a plus. C'est le tous premier lemon que j'écris donc je ne sais pas si il est réussi. J'essayerai de sortir le prochain chapitre très rapidement pour vite rattraper mon gros retard.

J'espère que ce chapitre vous a plus et...

À la prochaine. : )