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Chapitre 7
Never let me down again
Merci de suivre mon histoire, bonne lecture !
« Never let me down again » est une chanson de Dépêche Mode.
Il est vingt heures dix et il est là, devant moi, une bouteille à la main. Je suis passé par toutes les émotions en deux heures, de l'espoir béat au cynisme le plus noir. Le pire ayant été les dix minutes fatidiques après vingt heures, pendant lesquelles je me suis dit qu'il ne viendrait pas. Classique.
Il me tend la bouteille emballée avec un petit sourire gêné, je murmure :
- Viens, entre. Fais comme chez toi.
Curieux comme c'est plus facile de s'engueuler ou se jeter des menaces à la figure que d'avoir l'air naturel. Il porte effectivement un jean blanc et un pull gris, j'essaie de ne pas penser qu'il est nu en dessous. Le chat vient s'entortiller autour de ses jambes, Draco se penche pour le caresser.
- Il est sympa ton chat. Comment il s'appelle déjà ?
- Ari. Enfin, Aristide. Colin et moi nous sommes battus comme des chiffonniers pour sa garde, après son départ. Pire qu'un divorce…
- Ah oui ?
- Mais finalement c'est le chat qui a choisi. Ari ne s'est jamais plu chez Colin, il a lacéré tous les meubles et rideaux et fait pipi partout. Alors il est revenu ici. Mais je ne me fais pas d'illusions, je sais bien que c'est parce qu'il a ses petites habitudes, c'est tout.
- Peut-être qu'il tient à toi ?
- Impossible. J'oublie de le nourrir une fois sur deux et je l'engueule tout le temps. Je suis invivable.
Draco sourit et s'assoit sur le canapé en regardant autour de lui.
- Dis donc, ça a changé ici.
- Oui, je ne supportais plus l'ambiance comic-strip et les couleurs me déprimaient.
- C'est bien. C'est zen.
Un ange passe et je me dis qu'on n'a rien à se dire. Horreur. Suis-je censé lui sauter dessus ou au contraire deviser civilement ? C'est beaucoup plus dur qu'au téléphone, finalement. Je dépose la bouteille sur la table et je monte le son de la chaîne, en désespoir de cause.
- Tu n'ouvres pas la bouteille ? Tu n'aimes pas le champagne ?
- Comment ? Oh si si, bien sûr…
- Je peux l'ouvrir si tu n'as pas l'habitude.
- Oh, je… j'ai un peu l'habitude, dis-je en découvrant un grand cru Veuve Cliquot. Je viens de là. Enfin ma famille habite là-bas. En Champagne.
- Vraiment ? Quelle chance ! Tu as dû en boire beaucoup dans ton enfance, fait-il en se calant dans le canapé.
- Euh… pas vraiment. Mon oncle est producteur mais c'était pas le genre de ma famille de boire du champagne.
Avant qu'il réponde je fais sauter le bouchon, le liquide dégouline le long du goulot alors que je n'ai rien préparé. Je regarde partout d'un air paniqué, il me semble qu'on n'a même pas de verres à champagne. Flûte.
- C'est con, on avait des verres sympas mais Colin est parti avec, dis-je en grimaçant.
- Et il ne t'a laissé que le chat…
- Exactement. Et pour boire le champagne c'est beaucoup moins pratique. Bon, à la guerre comme à la guerre, je vais prendre des verres normaux, tu ne m'en voudras pas, hein ?
- Si, terriblement. D'ailleurs je crois que je vais repartir, ajoute-t-il en souriant. Quel accueil déplorable…
Je lui tends un verre à coca bien rempli, il hausse les sourcils. J'ai l'air d'un con, j'ai l'air d'un con, me dis-je paniqué. Je m'assois à côté de lui sur le canapé, laissant une bonne distance entre nous. D'ordinaire les mecs je les drague dans les pubs, ils sont saouls et moi aussi, pas besoin de palabres.
- Bon hé bien à notre santé… fait-il en levant son verre vers moi.
- Oui… à nous. Enfin je veux dire… à notre santé !
Le liquide me picote la langue, faisant resurgir des souvenirs anciens. On finissait tous les verres des invités quand on était petits, mes frères et moi. C'était amer et ça nous faisait frissonner, après on riait comme des fous. Et on se prenait une torgnole de mon père, avec 5 paters et 6 avés.
- Et qu'est-ce que tu es venu faire ici ? demande Draco d'un ton poli.
Je fixe ses lèvres, son cou et j'oublie sa question. Une légère odeur musquée émane de son col, je voudrais y glisser mon nez pour le sentir mieux, je voudrais frôler sa peau de ma bouche.
- Enfin je veux dire à Londres ? reprend-il devant mon air hébété.
- Des photos.
- Mais pourquoi Londres ?
- Un vieux rêve d'enfance. Les Beatles, Dépêche Mode, David Bowie, tout ça. Je ne supportais plus la Champagne. Et puis…
- Et puis ?
- Rien, dis-je en avalant ma salive. Et toi ?
- Moi ? Je suis né à Londres, donc…
Son regard se voile d'une brume un peu narquoise, ça y est, il sait que je suis un plouc. Pour faire bonne mesure j'attaque :
- Et tu habites toujours chez tes parents ?
- Oui, répond-il posément en dégustant de petites gorgées.
- Amusant. Je ne supporterais pas de vivre encore chez les miens mais je suppose qu'on n'a pas les mêmes spécimens, dis-je en finissant mon verre cul sec et en me reversant une bonne rasade.
- Je suis très bien chez eux. Pas de courses, pas de linge à faire, pas de vaisselle. Pratique. Et ils ne sont pas chiants.
- T'as de la chance, je soupire.
Le champagne ajouté aux trois verres de rhum –quatre, si je compte celui que j'ai bu cul sec après avoir raccroché le téléphone – commence à me monter à la tête, je voudrais qu'on passe à autre chose mais je ne veux pas paraître empressé ou grossier –il me prend déjà pour un plouc. Nous sirotons nos verres en devisant agréablement des avantages et inconvénients de vivre seul quand soudain je dis le premier truc qui me passe par la tête –une mauvaise habitude.
- C'est pour échapper à Peter que tu restes chez tes parents ?
- Pardon ?
- Enfin je veux dire… j'avais cru comprendre…
- Comprendre quoi ? fait-il en sourcillant.
- Il me semblait que… tu avais peur de lui.
- Moi ? Non, répond-il en remettant son nez dans son verre. Je ne vois pas pourquoi j'aurais peur, il est charmant.
Il se crispe et boit à petites gorgées, mon cœur se serre. Ça ne me regarde pas mais je ne peux pas fermer les yeux –même si ce n'est pas moi qui irai m'affronter à ce type, c'est clair. Le mieux serait sans doute de passer à autre chose – à l'horizontale par exemple- mais je ressens ce petit pincement là, et j'ai terriblement envie de le prendre dans mes bras pour le rassurer. Je déglutis avant de murmurer :
- Je sais ce que c'est, la peur. Je connais très bien, même. Quand on est terrifié mais qu'on ne peut en parler à personne. Parce que ce serait pire…
Ses yeux se lèvent sur moi, j'y lis tant de choses qui me bouleversent que je pose ma main sur la sienne –glacée.
- Je sais exactement ce que tu ressens, Draco. Combien on est mal et combien on a honte même, quand ça arrive. J'ai vécu ça si souvent quand j'étais petit, j'ajoute en frissonnant. Il ne faut pas rester comme ça, sans rien faire ni rien dire, parce que ça vous bouffe. Même si c'est très difficile.
- C'était qui ? souffle-t-il. Ton père ?
Soudain un gouffre s'ouvre dans ma poitrine, j'y suis aspiré tout entier, je n'existe plus. Les mots se bloquent dans ma gorge, je sais que si je force je vais vomir, je secoue la tête.
- Harry ? Ça va ? interroge-t-il avec douceur. Tu es tout pâle.
- …
- Si tu ne veux rien me dire je comprendrai, tu sais. C'est vrai que c'est pas facile. Surtout en ce qui concerne ce qu'on a vécu enfant. Mais tu peux me faire confiance, je ne dirai rien, chuchote-t-il doucement.
- Merci… je croasse difficilement. Je suis con. Cinq ans d'analyse et je suis toujours incapable d'en parler. Plus tard peut-être. Quand on se connaîtra mieux, je te dirai tout.
La perspective de tout dire me donne le tournis mais plus tard est loin, très loin. Plus tard est souvent jamais, pour moi. La fuite, ma seule victoire. Je bois une longue gorgée à nouveau, essayant de me calmer. Sa main est toujours sous la mienne, moite, un réconfort en forme de secret d'enfance. On écoute le CD qui nous parle d'amitié, le chat s'installe confortablement sur ses genoux. Je me demande comment et pourquoi j'en suis venu à lui faire des confidences aussi rapidement, je n'ai jamais parlé de rien à Colin.
Après avoir fini son verre Draco regarde sa montre discrètement, je reprends :
- Il est venu me parler tu sais.
- Qui ?
- Peter. A Ascot. Il m'a dit qu'il s'inquiétait pour toi.
- N'importe quoi ! fait-il en retirant brusquement sa main de la mienne.
- Si, je te jure !
- Je te crois, Harry. Ça ne m'étonne pas. Il essaie de faire croire aux autres que je ne suis pas normal. Que je suis « fragile » comme il dit, ajoute-t-il à mi-voix.
- Pourquoi tu restes avec lui, alors ?
- Pourquoi tu ne me parles pas de ton enfance, Harry ?
Je sursaute, il soupire :
- Pardon, je n'aurais pas dû dire ça. Je… je ne sais pas comment t'expliquer. Je l'aime bien, on passe de bons moments en général. Parfois il est super délicat avec moi, tu ne peux pas savoir à quel point. Au début il était toujours comme ça, tendre et attentif, dit-il en souriant. On s'est rencontrés sur un tournage et… il a tout fait pour me séduire, on s'entendait si bien. J'étais vraiment… super amoureux, ensorcelé. Je n'avais rencontré quelqu'un qui me comprenne aussi bien, sans me juger. C'était magique…
Sa voix se perd dans les derniers sursauts d'une mélodie obsédante, il reste les yeux dans le vague, je sens la morsure de la jalousie.
- Et ?
- Et… je ne sais pas. Il a changé. Oh pas en public hein, il est toujours adorable, mais quand on est tous les deux il me pose des tonnes de questions et il me suit, c'est pénible.
- Non ?
- Si. Je le vois parfois, dans sa bagnole. Il dit que c'est parce qu'il s'inquiète pour moi mais ça devient pénible.
- Je comprends, oui.
- En fait… c'est depuis la séance où on a… enfin où on s'est rencontrés qu'il a changé, je crois qu'il soupçonne quelque chose, glisse-t-il à voix basse en fixant ma bouche.
- Il est jaloux, évidemment. Je suis désolé, dis-je sans en penser un mot.
- Il ne faut pas, reprend Draco en s'approchant de moi. C'était tellement…
Soudain sa bouche est sur la mienne, le chat saute à terre alors que nous nous enlaçons fiévreusement. En quelques secondes il me fait basculer sur le canapé, déboutonnant ma chemise fébrilement et je gémis sous ses assauts, fou de désir. Bientôt nos chairs nues viennent se rejoindre et je frissonne longuement lorsque son sexe frôle le mien à plusieurs reprises. Nous ne contrôlons plus rien, nous frottant l'un à l'autre sans retenue et quand j'empoigne nos verges dans ma main pour les caresser d'un même geste je l'entends feuler, un son qui me rend fou.
Je m'entends geindre à mon tour et murmurer des mots d'amour alors que sa bouche est partout sur moi, je lutte sans espoir contre la jouissance qui monte, irrépressible. Son visage est si beau que j'y pose mes mains éperdues, essayant de capter chaque millimètre de peau, chaque émotion. Nos regards ne se lâchent pas alors qu'il vient en moi pour la première fois et le plaisir m'emporte rapidement sous ses assauts rythmés.
- Je t'aime je t'aime je t'aime… dis-je comme une litanie alors que l'orgasme se prolonge dans sa main veloutée, malgré moi.
En grognant je retombe sur le canapé, un peu déçu par ma rapidité quand il me souffle à l'oreille :
- Ne t'inquiète pas, on a tout le temps. J'en veux encore.
- Oui, oui, oui, je répète quand il se love nu contre moi, tremblant.
- Mais pas tout de suite. Je veux rester contre toi, comme ça. Je me sens bien comme ça, protégé.
Une vague de tendresse me submerge, je le serre un peu plus fort contre moi, murmurant à son oreille « Je te protégerai, je te le jure », des mots qui réveillent un écho profond en moi, douloureux. Je cache mon visage dans son épaule pour mieux m'agripper à lui, ne faire qu'un, à jamais et je sens son abandon, sa confiance.
Je suis dans un état second, englué dans le plaisir physique et la langueur de nos membres quand mon téléphone sonne. Le fixe, que personne n'utilise plus.
- Merde, je souffle en essayant de me relever –en vain. Oh, je peux plus bouger.
- Ne réponds pas, dit-il avec inquiétude. Tu n'es pas là. Nous ne sommes pas là.
La voix de Charles s'élève soudain dans le silence –le répondeur. Je l'avais presque oublié celui-là.
- Harry, si tu es là, réponds-moi. Ou rappelle-moi. C'est urgent.
Il me semble qu'il hésite à ajouter quelque chose puis il raccroche, je soupire. Draco lève la tête vers moi, sourcils froncés :
- C'est qui ?
- Mon frère Charles.
- Oh, celui qui est prêtre en France ?
- Oui, tu as une bonne mémoire. Oh flûte j'ai pas envie de le rappeler. Je veux juste rester avec toi.
Il sourit, un sourire un peu triste, et passe la main dans mes cheveux.
- Tu ne pourras pas fuir toute ta vie. Ça doit être important, non ?
- Oui, je le crains hélas. Ma mère est hospitalisée, je présume que…
Les mots me manquent soudain, j'ai à nouveau une boule dans la gorge. Comme aux pires temps de mon enfance quand mon père me questionnait, l'air excédé. Je n'ai jamais rien dit, je n'ai jamais pu.
- Rappelle-le. Ne te rends pas malade pour rien.
- Mais tu resteras, hein ? Tu ne partiras pas ?
Encore un sourire triste, il opine comme on rassure un enfant angoissé sans raison. Je sais qu'il ment mais je n'arriverai pas à affronter ça seul. Je me relève avec difficulté de son corps humide, le froid me fait frissonner. Je n'ose pas imaginer le pire, je ne suis pas prêt à ça.
Après une douche rapide et après m'être rhabillé –je ne peux pas appeler mon frère en étant à poil- je saisis mon portable d'une main tremblante et je vais m'asseoir dans mon fauteuil préféré.
- Tu veux que je te laisse ? demande Draco qui est toujours nu sur le canapé-lit, affalé.
- Non, reste là. Je veux te voir, j'ai besoin de toi, dis-je d'une traite –en essayant de ne pas penser qu'il repartira, tôt ou tard.
Le téléphone sonne pendant une éternité avant que Charles ne décroche.
- Allo ?
- C'est moi.
- Quand même ! A quoi ça sert d'avoir portable s'il est toujours éteint ?
- Je ne voulais pas être dérangé. Qu'est-ce qui se passe ?
- Elle est dans le coma.
- A l'hôpital ?
- Oui.
- Oh merde. Maman…
Draco me fixe avec effroi et remonte le drap sur lui, un instant je me demande ce qu'il fait là, un instant le manque de ma mère me coupe le souffle.
- Elle… elle ne s'en sortira pas ?
- Les médecins ne savent pas. On a dû la réopérer d'urgence ce matin et depuis elle ne s'est pas réveillée. Elle a perdu beaucoup de sang je crois. Je n'en sais pas plus, je suis désolé.
Je gratte une petite tâche sur le fauteuil du bout de mon ongle, tout tangue autour.
- Mais… on peut faire quoi ?
- Prier.
- Oh arrête avec ça, Charles !
- Pourquoi ? Tu veux faire quoi, toi ? Donner des ordres aux médecins ? Tu sais ce qu'il faut faire, toi ?
C'est rare que mon frère perde son sang-froid mais là il est excédé, je perçois sa peur et son stress, il me semble que j'en sens l'odeur aigre.
- Non, je ne sais pas ce qu'il faut faire mais la prière me paraît un peu dérisoire, excuse-moi.
- Il faut que tu viennes. Tout de suite.
- Quoi ? T'es sûr ? Mais pourquoi ? dis-je en sentant une vague de terreur pure m'envahir.
- Parce que maman a demandé à ce que tous ses enfants soient près d'elle si… si jamais ça tournait mal.
- La vie est une affaire qui tourne toujours mal, Charles.
- Je ne pense pas que ce soit le moment de faire de l'humour.
- Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? dis-je en fixant Draco qui blêmit.
- Oui, je te demande de venir voir une dernière fois ta mère. Si tu ne le fais pas tu le regretteras toute ta vie.
- C'est une menace ?
- Non. Une certitude. Je vois des gens qui ont perdu des proches toute la journée, ils regrettent toujours de ne pas leur avoir dit adieu.
- Moi je regrette d'avoir toujours des nouvelles de mes proches, dis-je sèchement. Parce qu'ils sont tout sauf proches pour moi.
- Harry…
Je fixe Draco qui ne me quitte pas des yeux, inquiet, je m'accroche à sa beauté et à l'idée qu'on a fait l'amour, comme à une bouée, à un dernier espoir.
- Ecoute, fais comme tu veux, reprend Charles. Mais elle t'a réclamé tu sais.
- Maman m'a réclamé ? Je croyais qu'elle était dans le coma.
- Avant. Elle m'a fait jurer de t'appeler. Elle avait vraiment besoin de te voir.
- Pourquoi ? je demande d'un ton méfiant.
- Pour te demander pardon.
- C'est une blague ?
- Non. Je t'assure que non. J'aurais préféré qu'elle te le dise elle-même mais bon… Viens. Viens quand tu peux, mais vite.
Je raccroche doucement, bouleversé, Draco me lance :
- Ça ne va pas ?
- Tu comprends le français ?
- Oui, j'ai passé pas mal de vacances en Gironde. Elle va mourir ?
- On va tous mourir, dis-je bêtement en laissant tomber ma tête entre mes mains.
Pendant quelques instants il ne dit rien, je présume qu'il doit me prendre pour un monstre, lui qui habite chez ses parents. Mais je n'ai pas envie de m'expliquer, de me justifier. Je crois que j'aimerais qu'il parte, maintenant.
- Tu ne veux vraiment pas y aller ?
- Je ne le supporterais pas. Revoir mon père et mes frères ce serait… trop. Ne me demande pas pourquoi, s'il te plait.
Il hoche la tête et me tend les bras « Viens », je m'y love en luttant contre les sanglots. Sa douceur et sa gentillesse font craquer les barrages que j'ai édifiés pendant des années, les vannes s'ouvrent, je me mets à pleurer comme un gamin que je suis toujours.
- Oui, pleure, ça fait du bien. Tu n'as rien à me raconter si tu n'en as pas envie, je te comprends. Mais je suis là pour toi. Promis.
- Oh mon dieu je ne pourrai pas, Draco. Je ne pourrai pas.
- Chuuuut, ne dis rien. Je suis là pour toi, je ne te quitterai pas.
Nous restons un long moment enlacés jusqu'à ce que mes larmes sèchent peu à peu, même si des sanglots passagers me secouent encore parfois. Je ne sais plus du tout quelle heure il est mais il fait nuit et j'ai peur. Je me recroqueville contre lui, encore un peu.
- Tu sais, j'aime ma mère mais je n'arrive pas à… oublier le passé.
- Je comprends
- Mais je ne veux pas qu'elle meure…
- Bien sûr. Tu ne veux vraiment pas aller la voir ? Tu ne seras peut-être pas obligé de voir ton père et tes frères.
- Tu crois ? Tu ne connais pas ma famille.
- Tu peux aller à l'hôtel, non ? Tu fais ce que tu veux.
- Non. Non, je ne crois pas. A moins que…
- Quoi ?
- A moins que je loge chez mon frère, ce serait déjà plus supportable. Mais j'ai la trouille. Tu ne peux pas savoir combien ça me terrifie. Rien que l'idée de retourner en France, affronter leur regard…
- Il y a bien quelqu'un avec qui tu t'entends, non ? Ton frère, un cousin, un ami ?
- Oui, il y a mon frère et ma sœur Marine mais… je veux pas te quitter, dis-je d'une voix mourante.
Il sourit tendrement et passe ses mains sur mon visage :
- Je viendrai avec toi si tu as si peur. A deux on est plus forts.
- Tu ferais ça ? Et ton job ? dis-je sidéré.
- Je commence un tournage dans dix jours, j'ai un peu le temps. J'annulerai quelques rendez-vous, c'est pas tragique.
- Et tes parents ? Et Peter ?
- Je fais ce que je veux, déclare-t-il le visage dur. J'en ai marre qu'on décide à ma place, qu'on me surveille. Si je veux partir avec toi, je partirai avec toi. Point final.
Sa soudaine détermination m'étonne et me fait ciller mais comme ça m'arrange je n'insiste pas. Quand on aime on est prêt à tout, dit le dicton. C'est là que je me rends compte que je n'ai jamais aimé, probablement. Je reprends sa bouche avec ferveur, presque désespoir, pour tout oublier, quelques heures encore. Puis à bout de souffle je réalise que le fait d'arriver avec Draco va définitivement tuer ma mère. Merde.
A suivre…
Merci à vous qui aimez cette histoire, vous êtes de plus en plus nombreux à suivre cette fic, vos reviews et messages me font vraiment plaisir ^^
A bientôt ?
Je réponds ici aux non-inscrits :
Cecilia : Merci d'aimer mes personnages, ça me fait vraiment plaisir ! Je comprends que tu trouves Harry très loin de celui de JKR, c'est parfaitement exact, j'essaie de faire un peu évoluer les caractères par rapport au « canon » d'origine pour qu'ils ne soient pas trop prévisibles. Merci pour ta review !
Kisis : Merci pour ta review ! Hé oui, leur histoire est étrange, merci, je prends ça pour un compliment car j'essaie d'être un peu originale par rapport à tout ce qui a déjà été écrit sur ce site… J'espère que ça te plaira !
BISOUS !
