6-Désir

Durant le court trajet en direction des toilettes, Flack essayait de reprendre ses esprits et sa lucidité. Inspirer, expirer, inspirer, expirer…Bien. Maintenant s'organiser. Il avait plusieurs points à régler…Un : avertir Mac du changement de plan. Le jeune détective savait qu'il allait passer un sale quart d'heure pour avoir mêlé Stella à cette histoire…Deux : demander à créer un passé criminel au nom de Stella Macanos alias Mac. Trois : essayer de reprendre le contrôle de la situation. A ce rythme, Dieu seul sait ce qui pourrait se passer. Quatre : s'excuser auprès de Stella. Il aurait vraiment pu trouver un autre moyen…Mais il s'était laissé influencer par son rêve, bloquant son cerveau à toutes autres solutions plus raisonnables. Quoique, au final, Stella semblait plutôt satisfaite…Et cinq : se calmer. Don pouvait se rappeler, sentir encore chaque baiser, chaque caresse prodigués par Stella et son corps et son cœur semblaient réclamer Stella encore plus, toujours plus…Un vrai drogué ! Mais maintenant, tout ce qu'il devait faire, c'est appeler Mac à temps et se préparer à son savon monumental.

Les deux policiers arrivèrent enfin aux toilettes, complètement désertes pour le moment. Parfait. Don lâcha la main de Stella pour prendre son portable tandis que la scientifique s'éloigna légèrement de lui, s'approchant d'un distributeur de…Flack ne put le voir. Haussant les épaules, il finit par lui tourner le dos et commença à pianoter le numéro de Mac. Soudain, il sentit deux mains agripper ses épaules, le retourner puis le plaquer contre le mur carrelé des toilettes. Qu'est-ce que… ?

Don (surpris et déstabilisé) Stel…Stella ?

Ce fut tout ce qu'il eut le temps de dire. La scientifique s'empara de ses lèvres avec passion et serra son corps élancé contre le sien pendant que ses mains vagabondaient sur ses fesses, son dos, son torse, sa nuque, son visage pour finir dans ses cheveux d'un noir profond. Et le désir que Don avait eu tellement de mal à contenir revint à la charge, plus fort, plus intense, plus brûlant. Et puis zut ! Tant pis ! Il avait encore un peu de temps…Flack ne résista plus à l'appel de ses sens…

Stella ne savait plus trop ce qu'elle faisait…Mais elle ne voulait qu'une seule chose : Flack. Là. Maintenant. Tout de suite. Ses ruses et ses manœuvres sensuelles pour se construire une couverture correcte s'étaient finalement retournées contre elle. La scientifique avait envie du jeune détective à un point qu'elle n'aurait jamais cru possible…Elle comptait bien assouvir son désir, d'une manière ou d'une autre. Voilà ce que ça donne quand on joue avec le feu…

Les deux policiers s'embrassaient avec force et passion et se serraient de plus en plus étroitement l'un contre l'autre, au point que Stella pouvait sentir le désir plus qu'évident de Flack. La scientifique fit remonter voluptueusement sa cuisse le long de la jambe du jeune détective qui y posa une main caressante et curieuse, remontant un peu la jupe noire de la jeune femme. Don finit par soulever Stella avec une surprenante facilité et la plaqua contre une des portes des cabines, continuant à l'embrasser avec faim. Après avoir rangé son portable dans sa poche, il vérifia à tâtons de sa main libre si la porte de la cabine voisine était ouverte. Un peu de discrétion serait la bienvenue…

La porte grinça et le couple s'engouffra dans la petite cabine, la refermant derrière eux. Stella se retrouva de nouveau plaquée mais cette fois contre la surface dure de la porte et le corps chaud et musclé de Flack. Quelle situation inattendue !

Don dévorait littéralement la jeune femme, chaque parcelle de sa peau n'échappant ni à ses mains, ni à ses lèvres, et il l'entendait soupirer de plaisir avec satisfaction. Des soupirs dont il rêvait depuis des mois…

Excité plus que de raison, Flack commença à faire glisser sa main sous la jupe de Stella, quand…

Will : Hé ! Don !

Les deux amants cessèrent tout mouvement, haletant. Stella s'inquiéta immédiatement alors que Don se mit à jurer. Ils pouvaient vraiment pas lui foutre un peu la paix, oui !

Don (agacé, la respiration saccadée) Heu…Ouais ?

Will (un grand sourire aux lèvres, amusé en entendant le souffle court de Don) Un p'tit cadeau de Jack. Il était pas sûr que t'en aurais sur toi.

Ayant repéré où se trouvait Don, Will lui tendit quelque chose au-dessus de la porte. Flack le saisit et se figea quand il vit ce que c'était, soudain très embarrassé.

Will (d'une voix chantante et enjouée) Protection ! Protection ! Jack prend soin de ses éléments…

Don (n'osant plus regarder Stella) Je vois ça…

Will (partant) Allez, je vous laisse. Ne traînez pas trop !

Puis les deux policiers entendirent la porte des toilettes se fermer, soulagés. Enfin presque…Flack n'arrivait pas à quitter le petit sachet carré des yeux. Qu'est-ce qu'il devait faire maintenant ? Ça allait trop loin…

Stella (le ramenant au moment présent, avec un petit sourire timide et amusée) C'est gentil à lui mais j'y avais déjà pensé.

Don (surpris, finissant par relever les yeux vers Stella) Q…Quoi ?

Stella (taquine) Enfin…On va le mettre de côté…Pour plus tard…

Et la scientifique rangea le préservatif, qu'elle avait précédemment acheté dans le distributeur présent dans les toilettes, dans la poche arrière du jean d'un Flack totalement stupéfait.

Don (balbutiant) Tu…Je…Tu veux qu'on…Là…Maintenant ?

Voilà qu'il bégayait maintenant ! Il fallait vraiment qu'il se reprenne…

Stella (amusée) Oui. Je ne serai pas encore sur mon perchoir vivant sinon…

Don (intrigué) Perchoir ?

Stella lui fit signe d'observer un peu leur position actuelle. En effet, malgré l'interruption de Will, Stella avait gardé ses jambes fermement nouées autour de la taille de Flack et tenait solidement les épaules du jeune homme pour ne pas tomber. De plus, elle était toujours plaquée contre la porte de leur lieu de…débauche. Quant à Flack, il était toujours serré contre elle, son bras droit entourait sa taille fine et sa main gauche, posée sous l'une de ses cuisses, la maintenait. Bravo, il avait réussi à oublier leur situation…heu…plus que sensuelle.

Secouant la tête pour se reprendre, Don repensa à Mac. D'abord, l'avertir. Après…Et bien…Il aviserait.

Stella (ramenant son attention sur elle, inquiète) Don ?

Don : Ecoute, Stella. Je dois appeler Mac. Vraiment. Pour lui signaler les derniers changements.

Stella : Vas-y.

Flack voulut déposer la scientifique mais celle-ci l'en empêcha, resserrant son étreinte autour de son corps. Stella voulait garder le contact, continuer à sentir la douce chaleur corporelle du jeune détective et elle le lui fit clairement comprendre à travers son regard embrasé. Don rougit alors et finit par caler plus confortablement Stella contre lui tout en récupérant son portable pour téléphoner enfin à Mac. Prenant une profonde inspiration et priant que la scientifique se tienne relativement tranquille, le jeune détective attendit que Mac réponde à son appel. Vite, vite, vite !

Mac (voix off) Taylor.

Don (à voix basse) Mac, ici Flack. Il y a du changement…

Mac (voix off- intrigué) Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Don (hésitant) Et bien…

Flack commença à expliquer sa situation actuelle…enfin pas toute sa situation. Il préféra ne pas dire à Mac qu'il avait fait passer Stella pour sa petite amie. Quand il pense qu'il aurait pu trouver d'autres idées ! La présenter comme une vieille amie ou une ancienne complice. Mais non, il n'avait pas du tout pensé avec sa tête ! Enfin, ça ne servait à rien de s'en vouloir maintenant, il ne pouvait plus rien y changer.

Pendant que Don discutait avec Mac, Stella avait juste posé sa tête sur l'épaule solide du jeune détective, se délectant de sa présence rassurante, puis elle commença à jouer avec les boutons de sa jolie chemise rouge, glissant ensuite sa main sur ses pectoraux musclés. Stella sentit Flack frissonner sous ses doigts avec satisfaction et continua avec douceur quand elle entendit soudain des voix qui s'approchaient. Oh, non…

Sam (la voix lointaine et assourdie par la musique) Tu crois qu'ils ont fini ?

Kevin (la voix au même volume) J'espère…Sinon, j'irai pisser ailleurs !

Stella agit alors rapidement : s'accrochant d'une seule main à l'épaule de Flack, elle commença à déboucler la ceinture du jeune détective avant de s'attaquer par la suite à ses sous-vêtements. Pas évident. Mais elle devait faire vite, ils arrivaient…

L'attention de Flack fut attirée par le soudain empressement de Stella. Il leva les yeux vers elle et lut dans son regard émeraude une certaine panique.

Don : Une seconde, Mac… (couvrant son téléphone sur son épaule) Stella ?

Stella : Sam et un autre arrivent…

Don (comprenant son idée, les yeux agrandis de stupeur) Tu veux qu'on…Maintenant ?

Stella : Ils croient qu'on est déjà entrain de le faire, Don ! Dépêche-toi !

Flack entendit en effet les voix de plus en plus proches de Sam et Kevin et la voix autoritaire de Stella le surprit. Comme son ordre…Faire l'amour dans ces circonstances était vraiment une première ! Un fait à ne pas mettre dans les annales de la police…

La voix pleine de panique, d'inquiétude et de persuasion de Stella finit par le convaincre, bien qu'il y sentit aussi une pointe de désir… Bon, il se devait d'agir. D'abord, se déshabiller juste assez. Ensuite se protéger. Et enfin, commencer, mais avec douceur et tendresse. Don ne voulait pas que cela soit primal, sauvage, animal. Il voulait mettre de l'amour dans cette étreinte improvisée et ainsi la considérait comme un point de départ d'une relation qu'il avait rêvée depuis plusieurs mois. Et le jeune homme comptait bien atteindre son but.

Flack embrassa d'abord Stella avec passion, tout en la serrant étroitement contre lui, et caressa tendrement son corps impatient tandis que la jeune femme se redressa un peu pour se positionner correctement. A peine Don l'avait-il touchée si amoureusement que Stella voulait déjà le sentir en elle. De toute manière, cela n'allait pas tarder…

Flack embrassait et caressait Stella encore et encore avec faim. Il en voulait plus, toujours plus…

Don finit par entrer en elle avec force, lui faisant pousser un petit cri, et bougea en elle doucement, faisant tout de même vibrer la porte sur laquelle la scientifique était appuyée. Stella s'accrocha à ses épaules et prit ses lèvres avec ardeur, encore et encore, ne s'arrêtant que pour reprendre de l'air ou pour crier lorsqu'une intense vague de plaisir la frappait.

Ne voulant surtout pas faire de mal à Stella, Don glissa sa main dans ses cheveux bouclés pour attirer son visage vers le sien, y déposant une multitude de baiser, tout en continuant son doux mouvement.

Quand Sam et Kevin finirent par entrer dans les toilettes, ils entendirent immédiatement les cris de plaisir de Stella et les gémissements rauques de Don et se regardèrent l'un l'autre, très gênés.

Sam (roulant des yeux) Ok…On dégage.

Kevin opina plusieurs fois de la tête et les deux hommes partirent en vitesse.

Les deux amants les avaient vaguement entendus mais s'en fichaient éperdument maintenant. Tout ce qui comptait, c'était l'autre et ce désir qui les tenaillait, un besoin irrépressible de l'assouvir.

Mac se rappela à leur bon souvenir. En effet, Flack n'avait pas lâché son portable et le serrait avec une telle force qu'il aurait pu le briser.

Mac (voix off- criant, inquiet) Flack ? Flack? Qu'est-ce qui se passe? Répondez, bon Dieu !

Don et Stella sursautèrent au son de la voix inquiète de Mac, surpris.

Don (haletant) Oh…Merde ! Mac ! Complètement…oublié. (finissant par reprendre la communication, tout en essayant de respirer plus régulièrement) Je suis…là, Mac.

Stella se mit à rire doucement et déposa des baisers légers sur le cou de Don, taquine. Elle adorait le déstabiliser…

Mac (voix off) C'était quoi, ces cris ?

Don (soupirant d'aise sous les doux baisers de Stella) Rieeeen…Des amoureux.

Stella se mit à rire contre son cou puis recommença à se mouvoir contre lui, embrassant le long du cou du jeune détective puis sa mâchoire et enfin le lobe de son oreille, le poussant à se mordre la lèvre pour ne pas gémir devant Mac.

Stella (pantelante de désir, chuchotant tout bas et caressant son torse, suppliante) Don… S'il te plaît…

Face à cette douce demande, Flack reprit là où il en était avec Stella, se délectant un peu plus de sa présence.

Don (perdant une nouvelle fois le contrôle de sa respiration) Je vais…devoir…raccrocher, Mac. Je… (soupirant bruyamment) Venez demain…A l'appart'. On vous y…attendra.

Mac (voix off- intrigué par l'étrange tonalité de la voix de Flack) Ok. On pourra voir ce qu'on va faire. Je viendrai à 10 heures.

Stella (chuchotant à l'oreille de Don) Dis-lui…d'avertir Melissa Cart…Cartwright. Elle devait…me rejoindre.

Don acquiesça et passa le message à Mac avant de raccrocher. Balançant son portable, le jeune détective reporta toute son attention sur Stella.

Don (sensuellement) Et maintenant, je suis tout à toi…

Stella lui sourit tendrement avant de l'embrasser et l'encouragea à continuer son doux et tendre mouvement en se pressant contre lui, agrippant le dos de sa chemise.

Don avait l'impression d'être devenu fou. Fou d'amour. Il augmenta la force de ses coups de reins, soulevant un peu plus Stella et la faisant crier plus fort. Elle finit par laisser échapper son prénom et le répéta un peu plus fort, encore et encore.

Les deux amants finirent par trouver leur rythme, un rythme fort et passionné, un rythme tendre et amoureux, un rythme complémentaire. Un rythme d'amour…

Don avait l'impression que le corps de Stella avait été créé pour s'imbriquer au sien, que le cœur de Stella n'était destiné qu'à lui et que son âme était liée uniquement à la sienne. Stella appartenait à Don comme Don appartenait à Stella.

L'orgasme envahit enfin les deux amants qui crièrent leurs noms, se serrant l'un contre l'autre avec ardeur et s'appuyant fermement contre la malheureuse porte fissurée, qui avait fait les frais de leur étreinte torride.

Flack sentit son corps se détendre, enfin libéré du désir qui le tenaillait depuis si longtemps, et posa son front contre celui de Stella, fixant son beau visage en souriant, tout en essayant de reprendre sa respiration.

Stella dénoua lentement ses jambes, libérant Flack de son étreinte, et retrouva la terre ferme, offrant au détective un magnifique sourire satisfait. La jeune femme l'observa avec attention et se figea de surprise. Elle n'y était pas allée de main morte ! Don avait les cheveux en désordre et ses lèvres étaient légèrement rouges à cause de leurs incalculables baisers. Son cou et ses épaules présentaient de magnifiques suçons et son torse avait hérité de quelques griffures.

Stella (contrite) Désolée.

Don (surpris) Pourquoi ? (inquiet) Tu regrettes ?

Stella (avec véhémence) Non ! Non, Don ! C'était… (avec un sourire comique) une excellente et merveilleuse improvisation…

Flack leva les yeux au ciel devant cette plaisanterie puis finit par rire.

Stella (taquine) Et je serai heureuse de recommencer. Quand tu voudras !

Don (avec un sourire chaleureux) Vraiment ?

Stella (caressant sa joue avant de lui déposer un rapide baiser) Oui, vraiment. (reprenant un air sérieux) On devrait revenir, non ?

Don : Oui. Nous sommes toujours en…hem…mission.

Les deux nouveaux amants se rhabillèrent prestement et quittèrent enfin leur cabine. Flack jeta le préservatif usagé avant de prendre tendrement la main de Stella dans la sienne et tous deux quittèrent les toilettes pour rejoindre Karington et sa bande.

Quand ils furent suffisamment loin, un homme sortit de l'ombre et entra dans les toilettes. Il enfila une paire de gants en latex et fouilla la poubelle. Il en sortit le préservatif précédemment jeté par Don et le glissa dans un sachet hermétique.

Will : Bon. On va voir ce que vos ADN vont nous raconter…