Chapitre 7:

Après s'être vidé en son partenaire, Nanba s'endormit paisiblement à ses côtés. Seuls dans cette nuit pleine de secret.

Quand il se réveilla, Nanba se trouvait dans son lit au lycée d'Osaka. Il ne se souvenait pas de la soirée qu'il venait de vivre mais il avait mal partout, au bassin, à la tête. Il décida d'aller se laver mais lorsqu'il se retrouva face au miroir, il remarqua...

'Des suçons ?! Eeeeeh ?!'

'Qu'est-ce qui se passe ?' demanda quelqu'un en ouvrant la porte.

'Sekime ? Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ?'

'MA chambre, maintenant. Je suis le nouveau chef de dortoir.'

'Oh, je vois. Félicitations.'

'Il te reste encore les adieux... Enfin, pourquoi tu criais ?'

'Ah ça... En fait, j'ai bu tout le saké que vous aviez apporté et je t'avoues que je ne me souviens plus de ce que j'ai fait hier...'

'Ah, je vois. Tu devrais demander à Nakao. Il a passé la nuit à te chercher et t'as ramené tôt ce matin. Vous étiez dans un sale état d'ailleurs.'

'Ah. Merci.'

Tandis que Sekime déballait ses affaires en sifflotant, Nanba sortit à la recherche de son kohai. Il stressait en fait. Il imaginait le pire... est-ce qu'il avait dit à Nakao se qu'il ressentait pour lui ? Cela l'inquiétait au plus haut point.

Il alla dans la salle à manger. Les différents membres des dortoirs étaient allongés ça et là en ronflant.

'Sekime... Je t'aime...'

Nanba eu un mouvement de sursaut. Une déclaration ?! Puis il soupira, c'était juste Noe qui parlait dans son sommeil. Parmi tout les gens présent, il ne vit pas Nakao. Mais il trouva néanmoins Kayashima.

'Euh... T'aurais pas vu Nakao ?'

Kayashima, calme en toutes circonstances, le fixa d'un regard pesant.

'Je sais.'

'T-Tu sais quoi ?!' s'écria immédiatement son ancien chef de dortoir.

'Ton aura est sombre. Mais celle de Nakao était encore plus noire.

Malheureux. Cœur brisé. Tu sais ce que tu lui as fait ?'

'Non... Justement non...'

Le monde tourbillonait autour de Nanba. Qu'est-ce qu'il avait fait ?

'Ecoute, reprit calmement Kayashima. Il est parti tôt ce matin. Son train part dans 20 minutes. C'est les vacances donc il rentre chez lui. Dépêche toi de le rattraper. C'est peur-être la dernière fois que...'

Kayashima n'eut pas le temps de finir sa phrase que Nanba s'était déjà élancé dehors, direction la gare.

Il courait de toutes ses forces.

'Je sais pas pourquoi j'y vais ! Qu'est-ce que je ferai là-bas ?! Raah ! Puis merde !'

Il arriva une dizaine de minutes plus tard à la gare.

'Na... Senri ! Senri !'

Au fond de la petite gare, quelqu'un leva la tête. Nanba ne savait pas vraiment quoi dire, quoi faire.

'Quoi que j'ai pu te faire j'en suis désolé. Mais moi-même, j'aimerais savoir alors...'

'L'amour.'

'De quoi ?'

'Tu m'as fait l'amour.'

Un grand silence s'installa. Les deux amants d'un soir avaient, au final, la même peine : Nanba ne se souvenait pas. Et cela leur déchirait le cœur autant à l'un qu'à l'autre. Enfin, Nakao finit par déballer tout ce qu'il avait sur le cœur.

' Je n'en peux plus ! Tu m'as dit que tu m'aimais ! Tu m'as dit tout ces mots d'amour dont j'ai rêvé ! J'ai craqué, je t'ai laissé faire ! Et tu vois, c'était sûrement le meilleur moment de ma vie ! Mais aussi celui qui me fait le plus mal... Parce que tu t'en souviens même pas...'

Il se mit à sangloter. Nanba était incapable de bouger.

'Nos cœurs à l'unissons... ton corps sur le mien... tu fais très bien l'amour... je t'entendais crier mon nom...'

Il sanglota de plus belle. Il se trouvait vraiment pathétique à ce moment là. Il se souvenait encore des baisers de Nanba. De son corps fragile et brûlant sur lui... sa bouche si douce, son odeur... même le goût de ses lèvres était resté après ça ! Ses doigts fins qui caressait son torse... Puis qui caressèrent tendrement la bosse, un peu plus bas... l'excitation qui s'en suivit...

'Les meilleurs moments de ma vie...'murmura-t-il,'Et toi, tu peux même pas te souvenir de ça ! Je t'aime putain ! Et ça me tue à l'intérieur ! Mais je t'aime... Pour toujours...'

Nanba comprenait petit à petit la situation. Il ne se souvenait pas. Mais comme il aurait aimé ! Au fond de lui, son cœur pleurait. Mais à l'extérieur, il demeurait impassible.

'Le train en partance pour Tokyo est sur le point de démarrer. Veuillez présenter vos billets.'

Nakao, les larmes aux yeux, embrassa furtivement son amant éphémère et parti. Ce dernier ne le rattrapa pas. Trop abasourdi pour bouger.

Et le train partit, sous les larmes des deux hommes, qui souffraient intérieurement.