Oi os amigos !
Eh oui je reconnais, j'ai encore un peu tardé, mais comme je vous l'avais dit, j'étais encore en vacances. Cependant, mon chapitre était prêt depuis quelques jours, mais Internet a fait des siennes et c'est à cause de ça si ce chapitre s'est fait attendre ^^. Donc si vous avez des réclamations, veuillez adresser vos plaintes à Orange… (voilà, ça c'est fait ^_^)
Revenons à nos moutons. Cette fois-ci, les deux POV seront différents, j'entends par là qu'on ne va pas revenir sur une scène deux fois de suite, comme ça avait été le cas avec la soirée chez les Cullen. J'avais pas été très claire la dernière fois, pardon.
Je dis toujours que le prochain chapitre sera plus court et bien ce ne sera toujours pas le cas pour celui-là ! Vous commencez à me connaitre, moi et mon blabla… (ma sœur lève les yeux au ciel quand elle me relit^^)
Réponses à quelques reviews anonymes :
Shiri19 : Tu devrais aimer ce chapitre, on avance très doucement mais surement ^^. Merci pour tes compliments !
Kim : Tu fais partie de ceux qui voudraient que j'avance plus vite et je peux comprendre cette frustration. Mais n'oublions pas qu'on est seulement au chapitre 7, il faut en garder pour la suite et surtout faire monter la mayonnaise ! *rire machiavélique*
Severien ! : Ce chapitre est pour toi, tu vas découvrir ce que réserve la petite sortie avec Alice.
Océéé : Plus on va me demander d'accélérer et plus je prendre mon temps, na ! Mais non, je ne suis pas aussi sadique, moi aussi j'ai hate de lire ma propre suite (si, si ^^). Il y aura une scène d'amour, mais je ne te dis pas quand ! Peut etre que ce sera la scène finale de la ff ou au beau milieu ! Qui sait ! Je me le demande encore…
Bellaagain : Il y aura plus d'entente, promis !
Emeline : Alors Emeline, je n'ai pas de qualificatifs pour te remercier correctement pour ta review, ça m'a vraiment touché, merci beaucoup ! J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes espérances.^^
Envolution : Rassure-toi, Edward comme Bella vont se radoucir. C'est une FF Edward/Blle et j'ai le gène du romantisme guimauve bien ancré lol.
Arya15 : Je ne peux décemment pas te laisser trépigner d'impatience de la sorte ! Tiens, voilà le chapitre !
Pour piqure de rappel : tous les personnages appartiennent à Mme Meyer (heureusement qu'elle sait pas que j'ai fait un Jacob gay…)
Place aux réjouissances !
Enjoy it !
Odrey.
Chapitre 7 : Coup de foudre à Seattle
Je retendis ma main et appuyai finalement sur la sonnette. J'étais tellement stressée que je pouvais entendre mon cœur battre dans mes oreilles. Soudain, j'entendis le verrou puis la porte s'ouvrit.
« Bonjour Bella » dit-il d'un ton neutre avant de déglutir.
POV Bella
« Bonjour » répondis-je timidement devant un Edward en costume noir seyant. J'avais subitement l'impression d'avoir 15 ans et de rencontrer pour la première fois un garçon en rendez-vous.
« Je t'en prie, entre. » dit-il tendu, en me faisant signe d'entrer.
Je resserrai ma prise autour de la lanière de mon sac qui pendait à mon épaule et pénétrai dans son appartement. C'était cosy et moderne bien que les murs beige clairs donnaient un aspect assez froid et impersonnel. Sur la gauche, un couloir dont une partie du mur était fait de briques de verre translucides, donnait accès à deux portes.
« De ce coté c'est la salle de bain » expliqua-t-il en me montrant la porte la plus proche, « et celle en face, au bout du couloir, c'est ma chambre » expliqua-t-il brièvement. Je hochai simplement la tête.
La porte d'entrée donnait sur un grand séjour. Directement en face se dressait un grand piano à queue, n'en n'ayant jamais vu de ma vie, je ne pus m'empêcher de m'approcher et laisser glisser mes mains sur les courbes sombres du bois. Sur le mur de droite, une gigantesque étagère remplie de CD et de vinyles se dressait le long du mur. Tournant la tête dans la direction opposée, le séjour se prolongeait en longueur et se terminait par un salon contemporain accueillant.
J'étais si intimidée par les lieux que je ne savais pas quoi dire. Edward passa devant moi. Il ne devait pas être plus à l'aise que moi vu sa posture : une main qui ne quittait pas ses cheveux et l'autre crispée dans sa poche.
« Euh, donc comme tu l'auras remarqué, ici c'est le salon. Et là, la cuisine »
Le séjour et la cuisine formait un angle droit. Son appartement était agréable car tout était ouvert et aéré, la cuisine américaine jouxtait le salon et la grande table à manger se trouvait juste à proximité.
« Et pour terminer, ici c'est la chambre d'amis, en l'occurrence la tienne pour les jours à venir. » dit-il avec une voix stressée.
Cette dernière pièce occupait l'angle que formaient le séjour et la cuisine. Pour la première fois, il ouvrit la porte et m'invita à y entrer. Je fus soufflée de constater que cette pièce était presque aussi grande que la salle chez moi. Une immense baie vitrée qui donnait une vue impressionnante sur Seattle, éclairait la chambre aux teintes claires et disposait d'un dressing de taille très appréciable. Tout ici, comme le reste de l'appartement, était décoré avec goût et simplicité.
Je posai mon sac sur le lit tiré à quatre épingle et suivit Edward qui sortait de la pièce. Quand je revins dans la pièce principale, je pris conscience de quelque chose. Tout était nickel, il n'y avait pas un brin de poussière, pas un objet qui n'était pas à sa place, tout était trop…parfait. J'avais soudain l'impression de me trouver dans une maison témoin avec un très mauvais agent immobilier.
« Ton appartement est vraiment sympa Edward. Il faudra que tu me préviennes quand ta femme de ménage viendra, histoire que je ne sois pas surprise quand je la verrai. Je ne tiens pas à lui assener un coup de poêle dans sa figure… » dis-je en balayant des yeux la pièce.
« Je n'ai pas de femme de ménage » répondit-il simplement.
« Ok je vois, t'as fait le grand ménage avant que je vienne, c'est ça ? » dis-je en souriant. Imaginer Edward nettoyer son appart de fond en comble pour une fille faisait vraiment cliché. Je tournai la tête et le regardai. Vu comment il fronçait les sourcils et serrait la mâchoire, j'avais dû toucher une corde sensible. Encore.
« Je n'ai pas de femme de ménage, ni fait de grand ménage avant que t'arrives. Je suis quelqu'un qui aime l'ordre et la propreté c'est tout. » dit-il froidement.
Oh non, 'monsieur psychorigide' est de retour. Au secours !
« Je préfère te prévenir tout de suite, je ne suis pas maniaque comme toi. Je suis une vraie bordélique, mais je vais essayer de faire des efforts » répondis-je en essayant de détendre l'atmosphère.
« Je ne suis pas maniaque » s'énerva-t-il.
« D'accord, d'accord… » dis-je en mettant mes paumes en l'air. Ça promettait tout ça…
« Je dois y aller » dit-il en regardant sa montre.
« Quoi, déjà ? » paniquai-je à l'idée de rester seule ici.
« Oui, j'ai rendez-vous. Je t'ai laissé un jeu de clé sur la table près de la porte d'entrée »
« Eh mais… est-ce que j'ai des consignes particulières à respecter quand je verrai Alice ? » demandai-je en le voyant prendre son attaché case et ses clés.
« Essayer de garder notre secret intact » répondit-il simplement.
« Ah, ah, la bonne blague ! » ironisai-je
« Ce n'était pas de l'humour » dit-il en sortant de l'appartement.
Je n'en revenais pas ! Non seulement il m'avait offert une visite plus que sommaire de sa maison, mais en plus, il m'abandonnait lâchement. S'il avait voulu ne pas me mettre mal à l'aise, il avait réussi haut la main. J'avais l'impression d'être une intruse qui n'avait rien à faire là. J'étais sur le point d'aller dans la chambre qu'il m'avait désigné pour attendre Alice, mais je me dis qu'en fin de compte si je devais vivre ici, il fallait que je m'approprie les lieux. Et comme monsieur psychorigide avait décidé de zapper l'option 'mettons à l'aise la pauvre Bella', la Bella en question allait explorer l'appartement de son propre chef.
Etant donné que je me trouvais à coté du piano, je fis quelque pas vers la grande étagère. Il avait une sacrée collection de disques de tout les styles, mais apparemment, Edward était fan de classique vu le nombre de CD. Première divergence entre nous.
Je soupirai et me retournai pour contempler le séjour. Il n'y avait quasiment aucun bibelot, aucune photo, juste quelques cadres ici et là. Je m'avançai doucement et dépassai le piano pour atteindre le salon à quelques pas de là. Trois canapés en tissu de couleur anthracite formaient un 'U' autour d'une grande table basse en verre fumé. Un grand écran plat accroché au mur surplombait un meuble TV contemporain en laque blanche.
Je m'approchai près de l'immense baie vitrée et fus soufflée de ne pas m'être rendue compte de l'impressionnante terrasse qui faisait tout l'angle de l'appartement. Je pouvais apercevoir plusieurs bains de soleil en teck avec de moelleux matelas blancs, et à coté, des végétaux en pots offraient un peu d'intimité à la vue des voisins.
Je continuai mon exploration vers la cuisine. Un 'punaise !' s'échappa de mes lèvres quand je vis qu'Edward possédait un équipement digne de professionnels. Un rapide coup d'œil dans les placards m'informa également qu'il disposait une vaisselle onéreuse et des ustensiles dernier cri.
Génial ! Un psychorigide écoutant de la musique classique et fan d'art culinaire…Que sera la prochaine découverte ? Une pièce cachée avec toutes les photos de ses victimes ?
Je ris toute seule en imaginant Edward en serial killer psychopathe.
Il me restait une pièce à découvrir, aussi, je traversai la grande pièce et rejoignis le couloir. La salle de bain était à l'image du reste, moderne et équipée. La douche à l'italienne était un vrai bijou, je n'avais jamais rien vu de tel. Elle était si grande que trois personnes pouvaient aisément se tenir à l'intérieur, et les petits spots incrustés au plafond diffusaient une douce lumière sur le carrelage sombre. La baignoire n'avait rien à envier avec ses jets et sa taille. Je me dépêchai de sortir pour éviter de succomber à la tentation de tout essayer. En refermant la porte, mes yeux tombèrent sur la porte qu'Edward avait désignée comme étant sa chambre. J'étais à deux doigts d'assouvir ma curiosité et voir si sa chambre renfermait un peu plus d'objets personnels, mais je me ravisai. Je n'étais pas chez moi et je n'avais aucun droit d'entrer dans sa chambre sans son consentement.
Je fis demi-tour et partis lire dans ma chambre en attendant Alice. Je me rendis compte que je m'étais assoupie quand j'entendis tambouriner à la porte. Je sautai du lit et courus hors de la pièce pour aller ouvrir.
« Salut Alice » dis-je penaude.
« J'ai bien cru que tu avais oublié notre rendez-vous, j'ai sonné deux fois avant de frapper ! » dit-elle en riant.
« Désolée, je me suis assoupie. J'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière » expliquai-je en lui disant d'entrer.
« C'est ça la vie de jeune mariée » dit-elle en me faisant un clin d'œil. Si elle savait…
« Euh, tu veux boire quelque chose ? » proposai-je timidement. J'avais vraiment du mal à faire croire que j'étais chez moi ici.
« Non, c'est gentil Bella. On va y aller »
« Et que va-t-on faire au juste ? » demandai-je.
« Du shopping voyons ! » s'écria-t-elle en levant les paumes au ciel comme si c'était la seule activité possible. Comment avais-je pu oublier qu'Alice était une fervente adepte de la secte du shopping ? Elle n'avait parlé pratiquement que de ça samedi soir.
« D'accord, j'attrape mon sac et on y va ». J'allai dans ma chambre et pris mon sac à main, puis rejoignis Alice. Elle me regardait avec suspicion. J'étais sur le point de lui demander ce qui n'allait pas quand je réalisai subitement ce qui l'avait fait tiquer. J'avais été chercher mon sac dans la 'chambre d'amis'. Rien de dramatique, mais à l'avenir il faudrait que je fasse attention à ce genre de détails.
Dans la voiture elle m'expliqua ce qu'elle faisait dans la vie. Après un parcours scolaire médiocre, Alice avait quitté la fac de psychologie pour monter son entreprise de conseil en image. Comme elle le disait, cela consistait essentiellement à relooker ou donner des conseils à des personnes fortunées qui souhaitait rebooster leur image, le plus souvent dans le cadre de leur activité professionnelles. Edward lui avait donné un précieux coup de main pour débuter en lui présentant quelques clients, notamment Aro et sa famille, grâce à qui elle avait réussi à se fait connaitre via ses nombreuses relations. Mais à part ça, Alice m'avait surpris en me disant que la télévision locale l'engageait de temps en temps pour faire une chronique beauté dans une émission matinale, sans compter son blog de trucs et astuces sur la mode qu'elle mettait à jour régulièrement.
« Eh bien, tu en fais des choses dis-moi ! » dis-je avec admiration.
« C'est vrai, mais c'est ça que j'aime. Et puis je suis payée pour faire les magasins ou essayer des produits, que demande le peuple ? » dit-elle en souriant.
« Vu comme ça, c'est le job de rêve » souris-je à mon tour avant d'arriver devant le plus grand mall de Seattle.
« Bon alors raconte-moi comment s'est passé votre mariage maintenant, je veux tout savoir ! » s'exclama-t-elle en sortant de la voiture.
Je me demandais quand est-ce qu'on allait arriver aux sujets épineux, et force était de constater que c'était encore trop tôt à mon gout.
« Tu sais bien que qu'il n'y a pas eu de folklore Alice. On est juste allé à la mairie signer un papier. Plus vite on était marié, mieux c'était. On ne voulait pas attendre plus longtemps » dis-je avec un rire forcé.
« Comme je vous envie… » dit-elle en soupirant.
« Pourquoi ? » demandai-je intriguée. J'avais pensé qu'Alice était le genre de fille à préparer son mariage depuis l'âge de huit ans.
« Pour trouver un amour si passionné qu'on veut sceller son union tout de suite ! C'est si beau…Rencontrer l'amour au premier regard, c'est si romantique ! ». Elle me regardait avec tendresse. J'étais dans une position inconfortable car je ne pouvais pas vraiment la contredire sur le fait qu'Edward et moi nous consumions d'amour, étant donné que c'était la raison officielle de notre mariage.
« Alice, je suis sûre que ça t'arriveras aussi ».
« Si seulement tu pouvais avoir raison… » dit-elle en rêvant alors que nous pénétrions dans le hall du centre commercial. « Au fait, rassure-moi, tu portais du blanc quand même ? » dit-elle en s'arrêtant sur place. Je dus alors lui expliquer dans les moindres détails la robe que j'avais mise et la manière dont je m'étais apprêtée. « Très bien. Maintenant je veux savoir ce qu'avait mis Edward ». Elle me regarda comme s'il s'agissait d'une question de la plus haute importance.
« Il portait un costume noir ajusté et une cravate fine. Ça lui allait vraiment très bien, il était très beau ». Et c'était un euphémisme, il était somptueux à mes yeux.
« Ah…le Armani » dit-elle en hochant doucement la tête comme si elle voyait très bien ce que je voulais dire. « Très bon choix. Normal c'est moi qui l'ai acheté ! » finit-elle en me faisant une œillade.
« C'est gentil à toi d'offrir de tels vêtements Alice ». Personnellement, Jasper allait pouvoir attendre un siècle avant que je puisse lui offrir un cadeau de ce prix.
« Ah mais, ce n'est pas moi qui l'ai payé, j'avais sa carte bancaire. Edward ne t'a pas dit ? ». Je lui fis signe que non. « Après avoir râlé longtemps après lui pour qu'il daigne s'acheter des vêtements convenables, il avait finit par me dire qu'il avait ouvert un compte spécial pour l'achat de ses habits et qu'il me confiait la carte de crédit. Du coup, c'est moi qui lui achète tous ses vêtements. Crois-moi c'est bien mieux comme ça, Edward est une vraie bille quand il s'agit de mode ! »
« A ce point là ? » m'inquiétai-je.
« Je t'assure, il n'a aucun gout. Mon frère est un crack pour ce qui est de la finance et le business en général, mais pour la mode, c'est une catastrophe ambulante. » expliqua-t-elle en écarquillant les yeux. A la voir, c'était presque une tare de ne pas savoir s'habiller correctement.
Je ris en imaginant Edward habillé en Mr Bean, je ne le connaissais qu'en beaux costumes pour l'essentiel.
« Heureusement que tu es là pour le sauver ! » ris-je en suivant Alice dans un magasin.
« A qui le dis-tu ! Tiens l'autre jour, j'ai réussi à jeter à vieux pull en laine bleu et blanc et rayures, il le trainait depuis plus de dix ans et était tout déformé, une vraie horreur. Le pire c'est qu'à chaque fois que je tentais de le mettre à la poubelle, il le reprenait de mes mains en prétextant qu'il le trouvait encore bien. N'importe quoi ! »
« Et t'as réussi à le jeter cette fois ? » demandai-je en souriant.
« Oui, mais ça, il ne le sait pas encore. » dit-elle avec un sourire en coin.
« Tu l'as piqué ? » dis-je de plus en plus amusée.
« Non seulement, j'ai réussi à le subtiliser dans son dressing, mais je l'ai aussi brulé. Comme ça on en reparlera plus ».
« Ça t'arrive souvent de contrarier Edward ? » demandai-je en riant.
« Tu plaisantes Bella ? C'est notre activité favorite à Emmett et moi, on adore le taquiner ! »
Je ris de plus belle en imaginant Edward se faire persécuter par ses frères et sœurs, car selon moi, il devait le vivre comme de la persécution. Soudain je pris conscience du lieu où nous nous trouvions.
« Des sous-vêtements masculins Alice ? Qu'est-ce qu'on fait là ? » m'étonnai-je.
« Un peu de shopping pour Edward… » dit-elle avec absence en regardant les articles devant elle. « Tiens, qu'est-ce tu penses de ça ? » ajouta-elle en me montrant un boxer en tirant les élastiques de chaque coté.
« Je…euh.. ». J'étais extrêmement gênée par la situation et je ne savais pas quoi lui répondre.
« Remarque, je suis peut être impolie. Tu voudras sûrement faire les achats d'Edward à ma place maintenant… » dit-elle avec tristesse.
« Quoi ?! Euh, non ! Je t'en prie, continue à faire ça, tu es bien plus douée que moi et j'aime beaucoup ce que tu lui achètes… » bafouillai-je.
« Ok, merci » dit-elle en retournant à l'examen du sous-vêtement qu'elle tenait entre ses mains.
« Je ne savais pas que cette activité allait jusqu'au choix de ses dessous… ». Je détournai le regard quand Alice mit son poing dans le boxer à l'emplacement du pénis et en admira l'effet. J'étais sûre que mes joues devaient être en feu.
« Oui c'est vrai qu'il peut le faire lui-même, mais tant que j'y suis… ». Elle leva les épaules. « Mais comme tu es là , tu vas pouvoir me dire ce que tu préfères, après tout, toi aussi tu les vois » dit-elle avec un regard complice.
Finalement, je repris contenance et m'amusai à choisir les boxers d'Edward, j'étais sûr qu'il allait apprécier le fait que j'avais participé au choix de ses sous-vêtements. Je jubilai de savoir qu'il allait être embarrassé.
« Dis-moi Alice, comment était Edward plus jeune ? » demandai-je après un moment par pure curiosité. J'étais vraiment à l'aise avec elle, j'avais l'impression de la connaitre depuis toujours.
« Sensiblement le même qu'aujourd'hui. Edward a toujours été quelqu'un d'introverti et de très timide, mais c'est le premier à rendre service aux autres. ». Je ne pus m'empêcher de sourire en repensant à ce qu'il avait fait pour moi alors qu'il ne me connaissait même pas, peu de gens auraient proposé de se marier avec une inconnue pour partager son assurance santé. « Je sais très bien qu'il peut paraitre très froid, mais quand on apprend à la connaitre, c'est vraiment quelqu'un d'adorable » dit-elle avec un sourire tendre. « Mais ça tu le sais, n'est-ce pas ? »
En réalité, je cherche encore Alice, je cherche encore…
« Oui adorable… » dis-je avec gêne.
« Il faut juste qu'il apprenne à avoir confiance en lui et en les autres. Plus facile à dire qu'à faire malheureusement, mais le fait qu'il t'ait épousé aussi vite, montre qu'il fait d'énormes progrès grâce à toi, c'est vraiment bien. »
« Sans doutes… » dis-je en restant évasive. « Et en tant que grand frère, il est comment ? » demandai-je.
« Pire qu'Emmett ! » s'exclama-t-elle alors que nous dirigions vers la lingerie féminine.
« C'est-à-dire ? »
« Du genre hyperprotecteur tu vois. Tu sais, on a peu d'écart d'âge tous les trois, Edward est plus vieux que moi d'à peine deux ans et Emmett a moins d'un an et demi de plus que lui. Du coup, on fréquente plus ou moins les mêmes personnes depuis le lycée. Quand je voulais aller en boîte, je devais me coltiner les deux frangins ! »
« C'était une demande de tes parents ? »
« Même pas ! Les parents me faisaient entièrement confiance, mais ce n'était pas le cas d'Emmett et Edward, ils se prenaient pour ma garde rapprochée ! Un vrai cauchemar pour moi… si un mec avait le malheur de poser les yeux sur moi, il avait affaire à eux. Emmett était un peu plus laxiste, mais Edward, lui, était un véritable chaperon et n'hésitait pas à aller s'expliquer avec le gars qui 'osait' me draguer. »
« Il ne devait pas beaucoup s'amuser pour passer son temps à faire ça » dis-je avec incrédulité.
« Edward ne venait pas dans les clubs pour s'amuser. Soit il venait pour surveiller sa petite sœur des mecs insistants, ou alors il ne venait que si on le forçait. Edward ne danse pas, Edward passe son temps sur une banquette à boire des bières et attendre qu'on le ramène chez lui. Un vrai rabat-joie ! » dit-elle avec exaspération.
Me voilà rassurée. Il était aussi trouble-fête qu'avec moi…
« Je te plains, ça devait être dur… » dis-je avec compassion.
« M'en parle pas ! Pour avoir la paix, j'ai du attendre d'être à la fac pour faire le mur ou inventer des plans foireux avec Kate pour espérer enfin sortir avec un mec tranquillement ! »
« Kate ? L'assistante d'Edward ? » demandai-je.
« Oui c'est ma meilleure amie, on se connait depuis le lycée. Mes frères la considèrent presque comme leur petite sœur tant on a passé du temps tous en ensemble. Enfin, depuis que j'ai appris que c'était le témoin à Edward, je sais pas si elle est encore ma meilleure amie… » finit-elle en fronçant les sourcils avant de rire. Je sentais que ce sujet risquait d'être sensible donc je m'abstins de la relancer dessus. « Bon assez parlé de moi et ma famille, à toi maintenant ! » dit-elle avec sourire.
« Que veux-tu savoir ? » dis-je un peu embarrassée. Je n'étais pas le genre de personne qui aimait parler de soi ou de sa vie, cela me mettait mal à l'aise.
« Je ne sais pas, comment as-tu vécu tes premiers flirts ou d'autres trucs que les filles se disent ! Ou tiens, comment as-tu connu ton meilleur ami, Jasper c'est bien ça ? » dit-elle en riant comme quelqu'un qui s'apprêtait à lire les détails croustillants des tabloïds. Après avoir envisagé sa première proposition un instant, je me rabattus vite sur l'option 'Jasper'. Je lui racontai alors comment il était arrivé dans ma ville vers l'âge de huit ans et la façon dont son père était parti, laissant sa femme et son fils derrière lui. La manière dont les deux vilains canards de l'école s'étaient retrouvés et comment on était vite devenus inséparables.
« Tu l'aimes beaucoup, non ? » demanda-t-elle avec chaleur.
« Enormément, c'est mon frère d'adoption, mon confident. Sans lui, je ne sais pas si je serais encore là… » dis-je avec un serrement à la gorge avant de détourner le regard pour cacher mon émotion.
« Il n'y a jamais rien eu entre vous ? » demanda-t-elle.
« Comment ça ? »
« Je ne vais pas te faire un dessin Bella, à force d'être si proche… »
« Non. Jasper ne m'a jamais regardé de cette façon. Le seul amour qu'il y ait entre nous est purement fraternel. Mais j'ai rendu jalouses un nombre incalculable de filles ! La plupart des copines qu'il a eues se persuadaient qu'on était plus que des amis, alors que c'était totalement faux. Tiens par exemple, la dernière en titre est allée jusqu'à lui demander de couper les ponts avec moi ! » expliquai-je.
« J'imagine qu'il a rompu à cause de ça ! Elle devait être cinglée » dit-elle avec réprobation comme si elle suivait un feuilleton télévisé.
« Il essaye encore actuellement ! Mais c'est une vraie malade cette fille, elle s'accroche à lui comme une tique sur un chien ! Je ne la supporte pas, à chaque fois que je la voie, je meure d'envie de lui donner une bonne tarte ! Mais Jasper est trop gentil, il n'aime pas blesser les gens. Pour lui l'agressivité ne sert à rien, le mieux est d'en discuter encore et encore… Sauf que l'autre, ça fait des mois qu'elle le tient ! » dis-je entre mes dents. A chaque fois que je parlais de Maria, l'énervement était au rendez-vous.
« Une pouffiasse en somme… » dit-elle en se reconcentrant sur son shopping.
« Et le mot est faible » répondis-je.
Nous continuâmes notre shopping tranquillement, discutant de tout et de rien. Alice me montra de magnifiques coordonnés de lingerie, mais mon budget m'interdisait formellement de poser les yeux sur des choses aussi chères. Après avoir fait le tour de tous les rayons et une dizaine d'autres magasins, nous décidâmes d'aller nous désaltérer dans un des cafés du mall. Nous déambulions dans les allées du centre commercial en rigolant comme deux adolescentes quand soudain, j'attrapai le bras d'Alice pour nous cacher derrière des plantes vertes du hall.
« Qu'est-ce qui t'arrives Bella ? » gloussa-t-elle.
« Quand on parle du loup… » murmurai-je en regardant les deux intéressés entre les feuilles. « Jasper et Maria sont là »
« C'est vrai ? Où ça ? » chuchota-t-elle à son tour en se dévissant le cou pour apercevoir quelque chose à travers le feuillage.
« Juste là, à table entrain de boire un café ou je sais pas quoi »
« Quoi ? L'espèce de brunette maquillée à la truelle et fringuée comme une ado de 14 ans c'est Maria ? Et… oh merde ! » s'écria-t-elle.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je en tournant la tête vers elle.
« Ne me dis pas que ce sublime mec blond au t-shirt blanc et au regard ravageur c'est …Jasper ?! » dit-elle en murmurant comme si elle était hypnotisée.
« Euh…si ». J'étais habituée à ce genre de regard qu'avaient les filles en voyant Jasper, mais là, Alice battait des records. Je croyais qu'elle était au bord de la syncope. « Enfin bref, j'ai pas envie de voir cette mégère de Maria, car là je pourrais difficilement me retenir de prendre sa tignasse et d'exploser sa tête sur la table » dis-je avec aigreur en reportant mon attention sur elle.
« Tu vas faire un effort Bella, un petit dernier. » dit Alice
« Pardon ? Je viens de te dire que je pouvais plus l'encadrer et tu viens me dire d'aller les voir ? » m'étranglai-je.
« C'est exactement ça. » chuchota-t-elle avec un air calculateur. « Pars devant moi, je te suis juste derrière. J'ai une idée pour aider ce pauvre Jasper… » finit-elle en me faisant un clin d'œil. Je ne connaissais pas encore bien Alice, mais mon intuition me disait de m'attendre à tout. J'acquiesçai et sortis de ma cachette en essayant de rester naturelle.
« Tiens ! Comme c'est amusant de se retrouver là ! » dis-je en feignant la surprise en arrivant à coté d'eux. Jasper m'offrit un large sourire tandis que Maria me fit un regard assassin. Si ses yeux avaient pu lancer des éclairs de feu, j'aurais été instantanément consumée sur place.
« Bella ! Tu es toute seule ? Alice n'est pas avec toi ? » demanda-t-il en regardant derrière moi.
« Si, si, elle est partie aux toilettes, elle me rejoins ici » mentis-je.
« Assieds-toi Bella, je t'en prie. » proposa-t-il alors que Maria le regardait avec incrédulité.
« Je ne voudrais pas vous déranger tous les deux, vous sembliez être en grande discussion » dis-je en regardant Jasper avec insistance.
« Exactement Bella, j'avais besoin de voir Jasper pour lui parler de choses personnelles, donc si tu veux bien nous excuser. » dit Maria avec froideur en me faisant signe de partir.
« Oh tu es là mon amour ! » s'écria Alice en arrivant derrière moi. « Tu ne m'as pas dit que tu venais ici, si j'avais su ! Qu'est-ce que tu m'as manqué ! » dit-elle avant de prendre les joues de Jasper dans ses mains et de l'embrasser avec ardeur.
J'étais complètement scié par la scène qui se déroulait devant mes yeux et je n'étais pas la seule. Maria avait la bouche grande ouverte de stupéfaction et Jasper n'avait pas bougé d'un pouce, seul ses lèvres contre celles d'Alice bougeaient. Après quelques secondes, Alice brisa leur baiser et soupira en le regardant avec des étoiles dans les yeux.
« Euh… toi aussi tu m'as manqué…chérie » bafouilla-t-il en reprenant ses esprits.
« Bonjour, je m'appelle Alice, je suis la copine de Jasper. Et tu es ? » dit-elle en tendant la main vers Maria.
« Sur le cul ! C'est quoi ce bordel Jazz ? C'est qui celle-là ?! » s'exclama-t-elle avec agressivité en donnant un coup de menton vers Alice.
« Elle vient de te le dire, c'est ma copine. Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça, mais à force de te voiler la face, voilà ce qui arrive » dit-il en passant son bras autour de la taille d'Alice.
J'étais sidérée que Jasper rentre dans le jeu d'Alice si facilement, c'était quand même la première fois qu'il la rencontrait. Il devait vraiment être au bout du rouleau avec Maria pour agir comme ça…
« Nan mais je rêve ! » s'écria-t-elle en se levant. « Tu me prends pour qui ? Tu crois que je suis le genre de femme qu'on trompe comme ça ? Encore moins avec une pétasse comme elle !». Les gens autour de nous commençaient à chuchoter et à nous regarder avec réprobation. Moi j'étais aux anges, il ne me manquait plus qu'un bon paquet de pop corn pour apprécier pleinement le spectacle.
« Je te demande un peu de respect ! Je ne t'ai pas trompé Maria, ça fait des mois que je te dis que c'est fini entre nous, ce n'est quand même pas de ma faute si tu te fais des films ! » dit Jasper avec énervement. Cette petite scène devait être une vraie délivrance pour lui, lui qui était d'habitude si gentleman avec les femmes.
« Je ne sais pas qui tu es pour parler comme ça, mais si c'est pour nous insulter autant partir ! » dit Alice pour en rajouter une couche.
« Toi, la ferme ! » dit Maria avec haine en s'adressant à Alice, puis elle reporta son attention à Jasper. « Tu me déçois vraiment Jasper et si c'est ce que tu veux, je m'en vais, mais ne viens pas pleurer pour que je revienne ! Quand on perd ma confiance c'est pour toujours ! » s'écria-t-elle avec théâtralité.
« Mais oui, c'est ça Maria…pars, pars ! » murmurai-je en levant les yeux au ciel.
« Et toi, espèce de…mégère ! » cracha-t-elle avec dégout en me regardant. Je pouffai de rire en constatant sa répartie pitoyable. « Tu as tout fichu en l'air entre Jazz et moi, tout est de ta faute ! Tu peux pas te trouver un mec et foutre la paix à Jasper ? »
« Oh, mais j'ai fait mieux que ça Maria, je me suis mariée, moi » répondis-je avec condescendance en montrant mon alliance.
La haine déformait son visage et après un regard mauvais à chacun d'entre nous, elle attrapa son sac à main avant de pousser rageusement les chaises sur son chemin pour partir.
« De toute façon, j'en avais marre de toi Jasper ! » cria-t-elle avant de disparaitre.
Je partis dans un éclat de rire en voyant le comportement puéril de Maria et sa mauvaise foi. A mon avis, elle avait enfin compris le message et ne reviendrait pas de sitôt.
« Je crois que je dois te remercier Alice et ce, même si j'avais dit à Bella de ne pas se mêler de ça » dit-il en me faisant les gros yeux. Je levai les yeux au ciel. « Je pense que Maria a compris maintenant » ajouta-t-il avec sourire en relâchant Alice.
« Tu n'as pas à me remercier, crois-moi, ce fut un plaisir ! » dit-elle avec un sourire en coin. « Et si cette fille te harcèle encore, n'hésite surtout pas à faire appel à moi ! »
Attends, elle le drague là ?
« Ok, je vais y penser » lui répondit-il avec un sourire charmeur.
Et il répond à ses avances en plus !
Aussitôt ils engagèrent la conversation avec aisance, comme s'ils se connaissaient depuis des années. J'étais un peu surprise car en général, Jasper était un peu timoré quand il parlait pour la première fois avec une fille qui lui plaisait. Car le connaissant, il ne faisait aucun doute qu'Alice lui avait tapé dans l'œil. Je regardai un instant cette dernière. Absorbée par les propos de Jasper, elle avait les coudes sur la table et tenait son menton dans une main. Subitement, j'avais l'impression d'être totalement inexistante à leurs yeux, j'aurais pu danser la macarena sur la table complètement nue, ils auraient continué leur conversation sans rien remarquer.
« …je travaille dans un journal local pour l'instant » entendis-je Jasper dire.
« Pour l'instant ? Tu as d'autres ambitions ? » demanda Alice.
« En fait, mon rêve est d'être journaliste sportif, mais je ne trouve pas de journal qui veuille m'engager » dit-il un peu penaud.
« Ecoute, je sais pas si ça peut t'aider, mais je connais très bien le type qui présente une chronique sport sur la chaine TV locale où je travaille parfois. Si tu veux je peux te le présenter, peut être qu'il a des contacts ? » proposa Alice.
« Ce serait vraiment super Alice, j'en serais ravi ! » dit-il tout sourire.
« Peut être qu'on était fait pour se rencontrer finalement… » dit Alice timidement en remettant une mèche de cheveux derrière ses oreilles.
« Peut être » dit-il avec un sourire en coin.
Je ne savais pas si je devais être contente ou pas d'assister à un coup de foudre en direct. Tout ceci n'arrangeait pas mes affaires. Si Jasper comptait sortir avec Alice, il serait dans l'obligation de rentrer dans notre mascarade à Edward et moi. Or déjà que le jeu était difficile pour nous, une personne de plus dans l'équation allait être un véritable défi pour garder notre couverture intacte. Un petit briefing avec Jasper devait s'imposer rapidement.
« Bon c'est pas tout ça, mais je pense qu'il faut qu'on y aille Alice » dis-je au bout d'un moment. Pour toute réponse, les deux tournèrent la tête de concert vers moi comme si c'était la première qu'ils voyaient que j'étais là.
« Hein ? Euh…oui t'as raison » me répondit-elle après qu'elle ait réalisé ce que je venais de dire. « On doit y aller… » dit-elle en regardant Jasper et en pointant son pouce derrière elle.
« Très bien, moi aussi je dois y aller de toute façon. J'ai rendez-vous avec Jake chez Peter dans… », il regarda sa montre, « ben en fait, j'avais rendez-vous depuis un bon quart d'heure déjà. » finit-il avec un air coupable.
« T'es bon pour payer une tournée Jazz ! » dis-je en riant.
« T'as raison Bee ! » répondit-il.
Peter était le propriétaire du bar qui se trouvait juste au coin de notre rue. Quand nous n'étions pas chez nous pour suivre les matchs, c'était là-bas que nous les regardions. Peter et sa femme, Charlotte, étaient devenus de très bons amis à force de fréquenter leur établissement. De plus, Peter était un mordu de sports extrêmes tout comme Jasper, et il n'était pas rare qu'ils partent en weekend faire du saut à l'élastique ou du kite surf ensemble.
« Alice, ce fut un honneur de faire ta connaissance » dit-il en tendant sa main avant de la rétracter préférant lui faire la bise au dernier moment.
« Moi de même Jasper, j'espère avoir l'occasion de te revoir très bientôt ».
« Je l'espère également ».
Je ne pus m'empêcher de rouler des yeux devant tant de révérences, cette profusion de testostérone et d'œstrogène me donnait presque envie de vomir. Voyant que ni l'un, ni l'autre ne bougeaient, je déposai un baiser sur la joue de Jasper avant de lui dire au revoir, puis tirai sur la main d'Alice pour l'entrainer avec moi. Après avoir fait quelques pas je me retournai discrètement et fis signe à Jasper avec mon pouce et mon auriculaire que je l'appellerai. Il hocha la tête et fit demi-tour pour partir.
« Il est sympa Jasper» dit Alice alors que nous traversions le mall pour rejoindre la voiture.
« Sympa ?! » souris-je. « J'avais cru comprendre que tu le trouvais un peu plus que 'sympa'… ». Je la regardai du coin de l'œil.
« Bon c'est vrai, il est plus que ça. Il est sympa, charmant, intéressant, intelligent, attentionné, gentleman…et mon dieu ! Qu'il est beau ! » s'écria-t-elle, telle une groupie parlant de Zac Effron.
« T'as réussi à voir tout ça toi ? » demandai-je avec un sourire en coin.
« Évidement Bella, ça se voit au premier coup d'œil qu'il est ce genre d'homme. » affirma-t-elle.
« Évidement… »
Je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche. C'était un message de Jasper.
T'avais raison, les Cullen sont pas
tous à l'image d'Edward. Alice est une chic fille.
peux-tu me donner son tel stp ?
Je soupirai en lisant son message.
« Alice, je pense à une chose, je n'ai pas ton numéro de portable, je n'ai même pas pensé à le demander à Edward ».
« Ah oui ? donne-moi ton portable, ce sera plus simple » dit-elle. Je retournai vite à l'écran d'accueil et lui tendis l'appareil. Quelques secondes plus tard, tandis qu'Alice me parlait, je renvoyai discrètement un message à Jasper dans lequel je lui glissai le numéro d'Alice.
Voilà Dom Juan. Mais pas de bêtises,
rappelle-toi qu'Alice n'est pas au courant
pour E et moi. Il faudra qu'on parle.
Une minute plus tard, je reçus une réponse.
OK. T'es une sœur pour moi ;-)
J'étais peut être une sœur pour lui, mais Alice avait un frère qui selon elle n'était pas commode avec ses prétendants. Je n'étais pas dans une situation facile. D'un coté je voulais en parler à Edward pour l'informer de la difficulté supplémentaire que ça allait être pour nous, mais d'un autre coté si je lui disais, il allait foutre la merde entre eux à en croire Alice. Déjà que ce n'était pas l'amitié folle entre Edward et Jasper…
Attendons de voir où ça va les mener avant de s'emballer.
Au moment où nous atteignîmes la voiture, Alice s'arrêta et se tourna vers moi. Elle semblait gênée.
« Bella…je voudrais te poser une question. »
« Bien sûr, vas-y » dis-je un peu étonnée.
« Je voulais savoir si ça te gênerait si je revoyais Jasper » dit-elle en se mordant l'intérieur de sa joue.
« Si ça me gênait ? Pas du tout Alice, tu as ma bénédiction si c'est ce que tu veux » dis-je en riant.
Le truc qui me gênait c'était le risque de se faire griller, mais à part ça, je n'avais rien contre.
« Super, merci Bella. Est-ce que tu pourrais me donner son numéro de téléphone ? Je pense que je vais l'appeler » dit-elle avec excitation.
Eh bien comme ça, j'étais fixée. Ils avaient bien l'intention de se revoir rapidement tous les deux.
« Bien sûr Alice. » répondis-je.
Après lui avoir donné ce qu'elle demandait, nous montâmes dans la voiture et prîmes le chemin de l'appartement d'Edward. Je sentais le stress monter à mesure que nous approchions, selon moi, notre première soirée ensemble n'allait pas être une partie de plaisir vu notre bref échange à midi.
*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*~*
POV Edward
Je plaquai ma tête contre l'appui-tête et fermai les yeux. Je venais de me garer dans mon parking mais je n'arrivais pas à me résoudre à sortir et rentrer chez moi. Enfin, chez nous, car ce n'était plus mon refuge dorénavant. J'avais vu la voiture d'Alice plus loin, non seulement Bella était rentrée mais Alice était toujours là. En d'autres termes, quand j'allais franchir la porte de l'appartement, j'allais devoir revêtir le costume de Mr Cullen, mari fou amoureux de Mme Cullen. Voilà notamment pourquoi je n'arrivais pas à sortir de ma voiture.
Mais il y avait autre chose. Je savais que Bella m'en voudrait pour l'accueil que je lui avais réservé ce midi. Je m'étais conduit comme un crétin, j'en avais conscience. Avant qu'elle n'arrive, j'avais eu l'intention de lui montrer que je pouvais être un gentleman. Après tout, si elle venait chez moi c'était uniquement pour me rendre service, la moindre des choses était de lui être reconnaissant pour ses efforts. Mais tout ça n'avait été que des bonnes intentions. Aussitôt qu'elle avait franchi le seuil, tout c'était envolé. Ce n'était pas la jeune femme qui me rendait service que j'avais eu en face de moi, c'était la fille terriblement attrayante qui m'empêchait de dormir et qui mettait mes émotions en vrac. Et la voir envahir mon territoire avait été la même chose qu'accepter qu'elle entre dans mon cœur, et ça, je l'avais formellement interdit malgré les protestations de mon subconscient.
Pour tenter de m'apaiser, je mis mon autoradio en marche. Je ris nerveusement en constatant qu'il s'agissait de L'été des Quatre Saisons de Vivaldi, en particulier L'orage*. Cette musique était loin d'être apaisante, au contraire j'avais plus l'impression qu'elle représentait la relation houleuse entre Bella et moi, et exprimait mon état émotionnel qui n'était autre que confusion et colère. J'étais à deux doigts de prendre ma batte de baseball dans mon coffre et de partir taper quelques balles comme je le faisais tous les soirs depuis que Bella m'avait appris qu'elle acceptait de venir. Ne pouvant plus me défouler sur mon piano, c'était la seule activité qui détendait.
Mais ce soir, il fallait que je fasse face à mes responsabilités, c'est moi qui avais voulu tout ça et je devais assumer. Aussi, j'attendis la fin de la musique et sortis enfin de ma Volvo. Pour la première fois depuis que j'habitais ici, je pris un temps infini à faire le chemin jusqu'à mon appartement. Je m'arrêtai longuement à la boîte aux lettres pour lire tous les courriers, chose que je faisais d'habitude en rentrant chez moi. Mais après ça, je n'avais plus aucune excuse pour ne pas y aller. Une fois devant ma porte, je respirai profondément plusieurs fois puis entrai.
A l'intérieur, je pouvais entendre des éclats de rire et je me rendis compte que je n'avais encore jamais entendu Bella rire de cette façon. Je dépassai l'entrée du couloir sur la gauche et pénétrai dans le séjour. Elles se trouvaient cote à cote sur un des canapés et Bella était pliée en deux tant elle riait.
« Bonjour Alice. » dis-je en m'avançant jusqu'au salon. « Qu'y a-t-il de si drôle ? » demandai-je en me plaçant derrière leur canapé. Une fois que Bella eut repris sa respiration, je mis mes mains sur ses épaules et me penchai pour déposer un timide baiser sur sa joue. Je la sentis se contracter mais elle ne laissa rien paraitre devant Alice et posa même une main sur la mienne.
« Je racontais à Bella la fois où Emmett avait mis des tranches de fromage sous la semelle de tes chaussures de baseball quand on était au lycée. Et la façon dont les gars de l'équipe te regardaient dans les vestiaires tant tu puais des pieds ! »
Bella et Alice se remirent à rire de plus belle.
« Oui, Emmett a toujours été un grand farceur » dis-je entre mes dents avant de relâcher les épaules de Bella. Je vis Bella me jeter un regard en coin, elle se retenait de rire en pinçant ses lèvres.
« Tu n'as pas riposté ? » demanda-t-elle soudainement.
« Si » répondis-je avant de me tourner et de me diriger vers le frigo prendre une bouteille d'eau. Je sentis mes lèvres s'étirer un instant en repensant à cela.
« Et ? » s'impatienta-t-elle. Tranquillement, je me retournai, dévissai le bouchon et bus une gorgée.
« Je vais te le dire moi. » dit Alice. J'étais étonnée qu'elle ait réussi à attendre si longtemps avant de cracher le morceau. « Il a été à l'origine de la rumeur qui a circulé sur Emmett. Il a fait courir le bruit qu'Emmett avait un herpès génital, ce qui était un drame pour lui car comme je te l'ai dit, Emmett était un vrai tombeur à l'époque. Du coup, plus aucune fille ne voulait sortir avec lui et sa réputation en a prit un sacré coup ! Heureusement que c'était la fin de l'année et qu'il rentrait à la fac à la rentrée »
« C'est vrai ? » s'amusa Bella. « Je ne pensais pas Edward Cullen capable d'une telle chose » dit-elle en me regardant en penchant la tête de coté alors que je revenais vers elles.
« Il y a encore beaucoup de choses que tu ignores sur moi mon cœur » dis-je à son oreille.
« Je n'en doute pas » me répondit-elle doucement en vrillant son regard dans le mien. Nous nous fixâmes quelques secondes puis je tournai la tête vers Alice.
« Est-ce que tu restes manger avec nous ? »
« Pour manger encore de la pizza ou des plats chinois ? Non merci. J'espère que tu es meilleure cuisinière que lui Bella ! » ria-t-elle en me pointant du doigt. « De toute façon, j'ai un appel important à passer, je vais rentrer » dit-elle à Bella en lui faisant un clin d'œil.
« Comme tu veux » répondis-je poliment. J'aimais autant qu'Alice parte pour pouvoir arrêter cette comédie, elle mettait mes nerfs à rude épreuve.
Les filles se levèrent du salon et s'enlacèrent pour se dire au revoir, puis Bella et moi accompagnâmes Alice jusqu'à la porte d'entrée.
« Bonne soirée les tourtereaux ! On s'appelle Bella, ok ? » dit-elle avant de sortir.
« Bien sûr Alice, bonne soirée » répondit-elle avant de fermer la porte.
Aussitôt la porte refermée, nous fîmes chacun un pas en arrière et sans un mot chacun partit dans une direction opposée. Bella repartit vers le salon et moi je m'éclipsai dans ma chambre. Je m'assis sur mon lit et tirai avec urgence sur ma cravate avant de déboutonner le premier bouton de ma chemise. J'avais besoin d'air.
Je ne savais pas combien de temps j'étais resté immobile, mais tôt ou tard, il allait falloir que je sorte de ma tanière. Rester cloitrer ici n'était pas une solution. Je finis par enlever mon costume et ma chemise et enfilai une tenue plus confortable avant de sortir. Quand je retournai dans le salon, je constatai que Bella était dans la cuisine. Elle ne m'avait pas entendu arriver et était entrain d'ouvrir les placards, elle était sûrement en quête de quelque chose à manger. Elle risquait d'être déçue.
« Tu cherches quelque chose ? » demandai-je avec amusement. Elle fit un tel sursaut qu'elle faillit laisser tomber la boite de conserve qu'elle tenait.
« Tu m'as fichu la trouille Edward ! » s'écria-t-elle en portant sa main libre au cœur.
« Désolé » dis-je en réprimant difficilement un sourire.
« C'est fou ce que tu a l'air désolé » dit-elle avec ironie en rebaissant les yeux sur la conserve. « Tu sais que cette chose est périmée depuis un an ? »
« C'est possible » dis-je simplement.
« Tu trouves ça normal ? » demanda-t-elle en écarquillant les yeux.
« Je n'ouvre jamais ce placard. Comme j'ouvre rarement celui de gauche et celui de droite. »
« Alice ne rigolait pas ? Tu es nul en cuisine ? ». Elle semblait de plus en plus atterrée.
« Elle était sérieuse » répondis-je un peu sur la défensive face à sa réaction. « Quoi ? C'est pas une tare à ce que je sache, je suis encore en vie, non ? »
« Mais…et tout ces appareils et ustensiles de cuisine ? ». Elle semblait totalement décontenancée à présent.
« Ma mère. C'est elle qui a acheté tout ça. Je ne sais pas à quoi ils servent, je sais à peine cuire un œuf ». Elle continuait de me regarder avec des grands yeux ronds et elle me mettait très mal à l'aise. Sentant que ce semblant de discussion allait rapidement m'agacer, je fis volte-face et repartis vers le séjour.
En passant près de la console où je posai mes papiers importants, mes yeux se posèrent sur une enveloppe en papier kraft. Maintenant qu'on était seul, l'heure était venue de faire une mise au point. En plus, j'en avais cruellement besoin.
« Bella ? Il faut qu'on parle » dis-je en prenant les papiers à l'intérieur de l'enveloppe. Je partis m'assoir sur un canapé et Bella vint me rejoindre sans un mot. Elle s'assit sur le canapé d'en face et la grande table basse nous mettait à bonne distance.
Bien. Ceci est mon bureau, Bella ma cliente et ceci, le contrat. Je fais ça à longueur de journée, il faut juste que je me mette en pilote automatique.
« J'ai ici le contrat de mariage » dis-je en gardant expressément les yeux sur les documents. « Il a été fait par mon avocat, j'ai vérifié, tout est en règle. Il stipule qu'il y a une séparation de biens, ainsi, tout ce que tu acquiers est à toi et seulement à toi. Idem pour ce qui est de mes biens. Ainsi, il n'y aura aucun problème de partage lors du divorce. Concernant celui-ci, il est écrit que tous les frais engagés seront à ma charge et qu'aucune pension ne sera versée à l'issue. Il va de soi que nous ferons un divorce à l'amiable. Es-tu d'accord avec les termes du contrat ? » demandai-je en levant finalement les yeux.
« Oui… Edward, c'est très généreux de ta part de faire ça » dit-elle timidement en vrillant son regard dans le mien. Gêné, je détournai le regard et reportai mon attention sur l'autre document en face de moi.
« J'ai…j'ai également rédigé un autre contrat. Mais cette fois-ci il s'agit d'une sorte de contrat officieux entre nous, comme ça tout sera clair entre nous et sans équivoque. » ajoutai-je après un petit moment.
« Je t'écoute »
« Il est dit que notre mariage prendra fin à l'annonce de ta rémission. Pendant toute la durée de notre union, mon assurance couvrira tous les frais liés à ta maladie. Et…et que ce mariage est un mariage d'intérêt exclusivement. Nous n'avons aucune obligation l'un envers l'autre si ce n'est celles citées plus haut. Voilà ».
Tu es libre Bella, je ne veux pas que tu te sentes obligée de quoique ce soit.
A nouveau, je relevai la tête et regardai Bella. Elle était dans la même position que tout à l'heure mais quand mon regard croisa le sien, elle baissa immédiatement les yeux et contempla ses mains. Je restai la regarder sans rien dire. Ses longs cheveux sombres étaient relevés en un chignon lâche et je pouvais voir la peau porcelaine de son cou fin. Involontairement, mes yeux suivirent la courbe de sa gorge et descendirent le long de son sternum où le décolleté de son t-shirt laissait deviner la naissance de ses seins.
« Ne devrait-on pas insérer le fait que je m'engage à jouer le rôle de la femme aimante devant ta famille ? » dit-elle finalement en relevant subitement la tête. Elle leva un sourcil quand elle surprit mon regard. Pour cacher mon malaise, instinctivement, je baissai les yeux sur la feuille que je tenais entre mes mains. Je déglutis péniblement.
« Euh… » bafouillai-je en essayant de comprendre ce que Bella venait de dire. « Non, ça, c'est juste un service que je te demande, tu es libre d'arrêter quand bon te semble. »
« D'accord… » murmura-t-elle après un instant. « Où dois-je signer ? » demanda-t-elle un peu plus fort. Incapable de la regarder après avoir été pris sur le fait, je pris le stylo et le contrat de mariage et les glissai vers elle.
« Il faut que tu parafes en bas de chaque page et tu signes sous ton nom sur la dernière feuille. » expliquai-je en prenant soin de fixer les documents et non Bella. Quand elle eut fini, je lui glissai notre contrat 'officieux' pour qu'elle en fasse autant.
« Voilà. » soupira-t-elle avec résignation.
Je repris tous les papiers et signai à mon tour.
« Je déposerai le contrat chez l'avocat demain, quant à notre arrangement, si tu n'y vois pas d'inconvénient, je vais le mettre dans mon coffre » dis-je en levant de nouveau les yeux furtivement.
« Tu as un coffre ici ? » s'étonna-t-elle.
« Oui. Pour mes affaires mais surtout pour les documents confidentiels de mes clients. Il m'arrive souvent de travailler chez moi. » expliquai-je.
Elle hocha lentement la tête. Un lourd silence s'abattit entre nous pendant quelques secondes.
« Ok…bon…voilà, c'est fait ! » dit-elle avec nervosité avant de se lever. « Je…Je vais voir si je peux trouver quelque chose à manger… » continua-t-elle en pointant avec absence la cuisine.
« Tu ne trouveras rien, comme l'a dit Alice, je suis un adepte des commandes par téléphone. Pour moi, faire des courses se résume à acheter de la bière la plupart du temps. »
« Bravo Edward, tu as tout compris aux messages de lutte contre l'obésité et aux maladies cardio-vasculaires. La prochaine fois que je vais à l'hôpital, viens avec moi pour faire un contrôle de cholestérol ! » dit-elle avec un sourire en coin en mettant ses mains sur ses hanches.
« Merci Bella, heureusement que tu es venue ici pour me dire ça. Tu me sauves la vie !» dis-je avec sarcasme. J'avais le droit à ce discours sans arrêt avec mon père, j'étais son grand désespoir.
Son sourire se fana instantanément. Elle soupira et roula des yeux avant de s'éloigner vers sa chambre. Je me levai à mon tour et passai nerveusement ma main dans mes cheveux en soufflant. Après l'échange qu'on avait eu, j'avais besoin d'une bonne douche froide. Je pris les documents en les reposai sur la console en allant dans la salle de bain. Une fois dans la douche, je fis couler l'eau froide directement sur moi et je ne pus m'empêcher de jurer sous la sensation glacée sur ma peau.
Cette cohabitation commençait plutôt mal. Ça faisait à peine une heure que j'étais rentré et déjà mon corps avait réussi à prendre le dessus sur ma raison. Mais je ne pouvais quand même pas demander à Bella de porter un col roulé !
Une tenue de nonne n'y changerait rien Cullen…
Ça allait être encore plus dur que je ne l'imaginais et pour la première fois, je me demandais si j'arriverais à résister. Comment vivre avec une personne qui vous attire inexplicablement sans poser les yeux sur elle ? Le rempart que j'avais bâti depuis ma rupture avec Tanya commençait se fissurer dangereusement. Ça me terrifiait.
Je me dépêchai de terminer ma douche puis sortis pour me sécher. Machinalement, je pris une serviette et l'enroulai nonchalamment autour de ma taille puis attrapai une autre serviette pour frotter mes cheveux. Par habitude, je ramassai mes habits et me dirigeai vers la porte de la salle de bain pour sortir. Lorsque j'ouvris la porte, je sursautai en trouvant Bella en face de moi, son poing en l'air tandis que son autre main tenait le téléphone. Complètement surprise elle aussi, elle se figea immédiatement. Nous étions totalement paralysés par la situation, mais le plus embarrassé, c'était bien moi. Je me sentais démuni avec ma serviette autour de ma taille et voir Bella descendre lentement les yeux de haut en bas sur mon corps n'arrangea rien.
« Je…euh…le téléphone…enfin, je veux dire… ta mère… » bafouilla Bella.
« Qu'est-ce qu'elle voulait ? » murmurai-je en fermant mes yeux pour ne pas me laisser déstabiliser. J'entendis Bella inspirer.
« Je me suis permise de répondre, elle voulait savoir si ça tenait toujours pour ton anniversaire. Je…je voulais te le demander à travers la porte mais…enfin voilà quoi. » expliqua-t-elle avec gêne. J'ouvris les yeux. « Désolée, ça aurait pu attendre, je suis stupide. » ajouta-t-elle rapidement avant de se retourner et partir.
« Bella ! » l'interpellai-je sans trop savoir pourquoi. Elle s'arrêta mais ne se retourna pas. « En fait…chaque année, pour mon anniversaire, on a l'habitude d'aller faire du bateau dans la baie et de pique-niquer sur la plage. Tout le monde est réuni. C'est une sorte de…une sorte de tradition, mais si tu préfères ne pas y aller… ou si tu as quelque chose d'autre de prévu, je- »
« Non, ça va. Je viendrai avec toi » dit-elle en se tournant légèrement puis en levant les yeux sur moi. « Je n'ai jamais fait de bateau » finit-elle avec une esquisse de sourire avant de continuer sa route et disparaitre dans la pièce d'à coté.
Je m'adossai au chambranle de la porte et laissai tomber ma tête en arrière. J'avais oublié mon anniversaire et cette lubie de mes parents d'aller pique-niquer. Peut être qu'avec Bella cette sortie annuelle me semblerait moins ennuyeuse…
Bella va sûrement se mettre en maillot bain, ce sera tout sauf ennuyeux…
Non, non, et non ! Il fallait que j'arrête de penser à ce genre de choses. Je me décollai du mur et m'engouffrai dans ma chambre pour m'habiller. Quand je fus prêt, je partis rejoindre Bella, elle était au salon et sortait des sacs tous les habits achetés.
« Tu as survécu au shopping avec Alice ? » dis-je pour essayer d'engager la conversation malgré la crispation dans ma voix.
« Ça s'est très bien passé puisque ce n'était pas pour moi les achats, je n'ai pas eu d'essayages à faire. » dit-elle à mon attention en haussant les sourcils.
« Ne me dis pas qu'elle t'as trainé dans un centre commercial rien que pour m'acheter des vêtements ? » paniquai-je un peu à l'idée que Bella participe à cette activité.
« Exactement. Mais il n'y a pas que des vêtements qu'on t'a choisi… » dit-elle en plongeant sa main dans un autre sac. Je fronçai les sourcils. « C'est fou ce que la lingerie homme peut être sexy ! » s'exclama-t-elle en brandissant un boxer.
« Vous m'avez choisi des boxers ?! » m'énervai-je avant d'arracher des mains celui que Bella tenait. Bella se mit à rire devant mon embarras. « C'est pas drôle Bella ! J'ai accepté qu'Alice m'achète des habits mais elle prend un peu trop de libertés là ! »
« Mon cher mari, il faut vraiment que t'apprennes à te détendre ! » dit-elle avec cynisme en croisant les bras sur son torse. « Je te connais depuis moins d'un mois, mais je savais que tu réagirais comme ça, t'es si prévisible ! » s'exclama-t-elle. Nous étions face à face et seulement une trentaine centimètres nous séparait.
« Je suis prévisible, hein ? » chuchotai-je alors que nous nous défiions du regard. Elle se contenta de hocher la tête doucement tandis que ses magnifiques yeux chocolat ne quittaient pas les miens. En baissant mes yeux, je vis ses lèvres s'entrouvrir et laisser passer son souffle de plus en plus rapide à mesure que les secondes passaient. Je n'arrivais pas à regarder autre chose que cette bouche tentante. Soudainement, le portable de Bella sonna et brisa la sorte de transe dans laquelle nous nous trouvions. J'avais l'impression d'avoir été hypnotisé contre ma volonté, je détestais ça.
« Excuse-moi » dit-elle avant de s'échapper et répondre à son appel dans sa chambre.
Je me laissai tomber sur le canapé et pris ma tête entre mes mains.
Chaque jour qui passait était de plus en plus difficile et je n'osais même pas imaginer le défi qu'allait représenter cette journée en mer.
* Les Quatre saisons de Vivaldi, L'estate, Concerto n° 2 en sol mineur, op. 8, presto.
Alors, rencontre E/B : fait, mariage : fait ; rencontre avec les Cullen : fait ; rencontre A/J : fait… ; La suite ? Voulez-vous (enfin) savoir ce qu'il y a eu entre Eddy et Tanya ? Ok, je vais voir ce que je peux faire, vous saurez tout la prochaine fois je pense ^_^.
Certains d'entre vous m'ont dit d'arrêter de papillonner des yeux sous peine de crampes…Vous avez peut être raison^^. Si je fais des yeux de cocker, j'aurais le droit à des reviews ? *fait ses plus beau yeux de cocker*
